Mes petits pieds foulaient le sol de marbre froid en cette soirée de novembre. Je me dirigeais vers la Tour d'astronomie, je n'avais pas le coeur à rester avec les autres ce soir là, j'avais besoin de sentir le vent froid courir le long de ma peau. De me changer les idées. Je prêtais attention à tous les bruits que j'entendais, je ne souhaitais pas me faire prendre par un professeur. Avec le temps, et dû à mon rôle de préfète, j'avais finis par comprendre quand et où les professeurs passaient pour faire leurs rondes. Je ne devais donc rencontrer personne jusqu'à mon arrivée.
Discrètement, j'avais gravis les marches de la Tour, je commençais à sentir l'air frais du dehors, je resserrais donc ma cape autour de mes épaules. Je me stoppais soudainement au milieu des marches, j'entendais des pleurs en haut. Je tendis l'oreille, des sanglots provenant d'un homme vraisemblablement; je me tenais là. Est-ce que je devais continuer à monter ? J'hésitais, puis étant de nature curieuse je décidais de continuer mon ascension, toujours dans le silence complet. J'atteignis enfin la pièce circulaire, les pleurs étaient plus forts. Un rayon de lune passa à travers les épais nuages de novembre pour venir éclairer le haut de la tour, je jetais un rapide coup d'oeil, la personne qui pleurait était en dehors de la balustrade.
Mon souffle se coupa dans ma gorge, allait-il sauter ? J'avais peur d'ouvrir la bouche et de le faire sursauter, si je faisais cela il y avait de grandes chances pour que le garçon tombe. Si je ne disais rien, il allait peut-être sauter et s'écraser des dizaines de mètres plus bas. Je soufflais, certainement un peu trop fort car il se retourna. Ses yeux gris frappèrent les miens, et pour la première fois depuis six ans, je pus lire dans ses yeux des émotions, de la douleur, de la peur, du désespoir. Il ne dit rien, et se retourna de nouveau, il fit mine de se pencher en avant. Je retins mon souffle et je m'approchais tout doucement. L'impression d'avoir affaire à un animal effrayé se faufila dans mon esprit, je mis cette pensée de côté.
« Ne saute pas.
- Pourquoi ? Qu'est-ce que ça changerait à ta vie ?
- Le sang est difficile à nettoyer. » Pourquoi avais-je dis cela, aucune idée. Mais dans une tentative désespérée je tendis ma main au garçon, il me toisa du regard pendant quelques secondes, je lui souris pour l'encourager ou m'encourager moi, il soupira et prit ma main. Lentement il repassa du bon côté de la balustrade, sa main glacée était toujours dans ma paume.
Les yeux argentés de Drago Malefoy se posèrent dans les miens pour la seconde fois en moins de cinq minutes, je lui esquissais un petit sourire. Je lisais sa douleur, pour la première fois depuis six ans, le masque de Drago était tombé, je pouvais voir ses émotions. Je resserrais ma main sur la sienne, dans une tentative de lui remonter quelque peu le moral, mais les larmes sur ses joues étaient toujours présentes, même si il ne pleurait plus. Il me hocha la tête et se dirigea vers les escaliers, sa chevelure argentée disparu bientôt de mon champ de vision. Pourquoi avait-il accepté ma main tendue ?
J'espère que le prologue vous plait, et vous donnera envie de lire la suite, à bientôt !
- Silver-Slytherin△⃒⃘
