Chapitre 2 : Un début monotone
Le soir même, Elizabeth repris le métro dans le sens inverse pour rentrer dans son petit appartement près de Marylebone. La journée a été épuisante. De plus, elle se sentait très impolie d'avoir écouté une conversation dans laquelle elle n'a pas été invitée.
Mais bon, elle a entendu son prénom, était-ce plus impoli d'écouter en cachette une conversation, ou de parler en cachette de ses collègues ?
Après avoir monté les nombreux escaliers de son immeuble, elle tourna la clé dans sa porte d'entrée et fut accueillie par Chouki, son chat. Chouki était un British Shorthair blanc à poils courts. Il avait 4 ans.
Après s'être fait couler un café, elle s'assied sur son canapé et regarda son iPhone. Ses amis lui avait laissé quelques messages pour lui souhaiter une bonne première journée de travail mais elle n'avait pas le cœur à répondre. Alors qu'elle regardait les informations sur la télé, son esprit ne pu s'empêcher de repenser à la conversation de Blaise et Emily. Elle avait surpris des mots étranges, qu'elle n'avait jamais entendu avant mais elle était incapable de s'en rappeler.
Pourquoi le fait qu'elle soit étudiante était si surprenant ? Normalement, les entreprises ont l'habitude d'avoir recours à des stagiaires ou à des jeunes en début de carrière. Mais au fond d'elle, Elizabeth savait que son statut d'étudiant n'était pas le problème. Et puis, il est peu fréquent qu'une entreprise ait l'intégralité de ses salariés qui viennent de la même école. Ecole qui n'est, soit dit en passant, ni un collège ni un lycée.
Surtout qu'ils ont globalement tous le même âge. Emily et Blaise devaient avoir dans les 5 ans de plus qu'Elizabeth grand maximum.
Elle tapa le nom de « Drago Malefoy » sur internet mais ne trouva rien. Elle essaya « Blaise Zabini » mais sans succès. Etrange. Des jeunes entre 25 et 30 ans, apparement plutôt agréables à regarder qui ne sont sur aucun réseaux sociaux ?
Elizabeth eu faim. A part quelques cafés et un petit sandwich à midi, elle n'avait rien dans le ventre. N'étant pas une grande cuisinière, elle mit de l'eau à chauffer pour les pâtes et fit une sauce à base de crème. Comme elle avait emménagé depuis seulement une semaine, elle n'était pas encore habituée à tous les boutons du four, du lave vaisselle ou de la plaque de cuisson.
C'était son tout premier appartement. Le jour où elle a emménagé, elle était tellement contente d'avoir sa vie à elle. Elle a passé des semaines à imaginer la décoration de chaque pièce. Enfin, soyons réalistes, il n'y avait pas beaucoup de pièces. C'était un tout petit appartement avec une cuisine qui servait aussi de salon, une salle de bain et une chambre. Mais cela était amplement suffisant pour Elizabeth, et surtout c'était tout ce qu'elle pouvait se permettre niveau budget.
Le lendemain matin, Elizabeth se réveilla assez tôt, pris le métro et s'installa à son bureau. Emily n'était pas encore arrivée. Elle avait terminé les dossiers de la veille donc n'avait rien à faire. Comme elle avait laissé la porte ouverte, elle faisait semblant de lire de manière très intéressée les papiers qu'elle avait intentionnellement laissé sur la table. Sait-on jamais, si les autres pensaient qu'elle ne travaillait pas dès les premiers jours !
Après une trentaine de minutes, Emily arriva, lui dit bonjour et commença à travailler. Au bout d'un petit moment, Elizabeth osa l'interrompre pour lui rappeler qu'elle avait fini ses dossiers.
- Ah oui mince, Drago n'est toujours pas rentré de vacances, je vais faire le tour pour voir si d'autres gens ont besoin de classer leurs affaires.
Elizabeth était un peu déçue mais se contenta d'acquiescer.
Les prochains jours furent très ennuyants. A part classer des feuilles par ordre alphabétique ou chronologique, elle ne faisait pas grand chose. En plus, tous les midis Emily disparaissait et elle devait manger toute seule.
Afin d'échapper à l'ambiance pesante du bureau, Elizabeth sortait se balader tous les midis. Mais le mois de septembre n'était pas si beau que ça à Londres et elle se retrouvait souvent à manger dans le froid dans le marché couvert en face.
Les jours passaient et se ressemblaient tous. Le mois de septembre touchait à sa fin.
Un matin alors qu'elle regardait les dossiers qu'elle avait empilé, Emily arriva tout sourire en s'exclamant :
- Ça y est ! Drago est rentré j'ai tes dossiers clients !
Après lui avoir expliqué les choses à faire. Elizabeth commença (enfin!) sa carrière. Le travail était plutôt difficile car les méthodes appliquées n'étaient pas forcément celles qu'elle avait apprise à l'école mais elle adorait ça. L'ambiance commençait à se détendre.
Les journées passèrent beaucoup plus vite, Emily commençait à redevenir de bonne humeur et Elizabeth ne faisait plus remarquer les détails qu'elle trouvait bizarres. Mais un détail l'embêta. On était désormais début octobre, et elle n'avait pas reçu sa paye. Après réflexion, elle n'avait jamais entendu parler de sa rémunération depuis le moment où elle a signé son contrat.
Alors qu'elle invitait Emily à manger avec elle, elle en profita pour lui poser la question.
- Ah bon ? Tu n'as rien reçu ? J'en toucherai un mot à Drago ne t'inquiète pas, peut être que tu n'es pas encore rentrée dans l'effectif de l'entreprise.
Le lendemain, Elizabeth vit sur son bureau une enveloppe avec écrit « Mlle Byrnes » à la main. Elle l'ouvrît et des rouleaux de grosses pièces. Mais elle n'avait jamais vu ses pièces auparavant. Elles étaient beaucoup plus grosses et lourdes que les livres anglaises. Le montant total était de 250.
Emily entra et vit l'enveloppe et dit :
- Eh bah voilà, problème réglé ! avec un clin d'œil
- Mais, ce ne sont pas des vraies pièces ça ?
- Comment ça ? Ce sont des vrais gallions… Oh… oui, j'avais pas pensé à ça. Elizabeth suis moi, je vais t'emmener voir Drago tu lui expliqueras la situation.
Elizabeth suivit Emily dans le long couloir en marbre. Elles montèrent d'un étage. C'était un grand escalier avec une longue rampe, suspendue sur des colonnes type archéologie grecque. Vraiment sublime, pensa Elizabeth.
Elles arrivèrent devant une porte noire et Emily toqua. Après avoir entendu une voix grave dire « Entrez », Emily ouvra la porte.
L'homme qui se trouvait à l'intérieur était assis à son bureau. La pièce était immense, et contrairement au reste de l'immeuble, tous les meubles étaient en bois sombre. Il y avait une grande cheminée qui crépitait au fond de la salle. Un tourne disque ancien jouait une musique classique interprétée par un orchestre symphonique. Derrière lui, il y avait la bibliothèque la plus énorme qu'Elisabeth n'ait jamais vu. Les livres étaient tous d'un bleu roi avec une reliure dorée.
L'homme dévisagea les deux filles. Bien qu'assis, il avait l'air très grand. Il avait des yeux bleus très clairs, presque gris, et des cheveux très blonds. Objectivement, il était très beau, mais il affichait un air d'ennui et d'énervement. Il était vêtu d'un costume noir et avait au poignet une montre dorée.
- Bonjour Drago, commença Emily. Je te présente Elizabeth Byrnes, c'est l'alternante que nous avons embauché, cela fait déjà un mois qu'elle est ici.
- C'est la… commença Drago
- Oui, coupa sèchement Emily.
- Et donc, pourquoi me l'amènes-tu ici ? J'avais des consignes relativement claires je te rappelle.
Drago avait l'air sérieusement énervé. C'est comme si les deux filles le dérangeaient en pleine réunion importante alors qu'il était seul.
- Il y a un soucis au niveau de sa rémunération
- Je l'ai fait déposer hier soir
- Oui, en Gallions.
Emily insista sur ce dernier mot, en soutenant le regard de Drago.
- Je vois. Je demanderai aux ressources humaines de les convertir en argent moldu.
- Merci Drago.
- Emily, tâche de ne plus la ramener ici. C'est la dernière fois que je te le dis.
Les filles sortirent. Elizabeth était complètement muette. Elle était tellement terrorisée par son patron qu'elle n'a pas pu prononcer un mot durant toute cette entrevue. Elle attendit d'être arrivée à son bureau et demanda à Emily :
- C'est quoi « moldu » ?
Emily était clairement mal à l'aise. Elle essaya de changer de sujet mais savait d'avance que c'était trop tard.
- Tu sais, je ne pense pas que ce soit à moi de t'expliquer ça. Je suis désolée de ne pas répondre à ta question mais je préfère ne pas me mêler de ça. Je ne veux pas que les problèmes retombent sur moi.
Elizabeth était déçue, mais elle la compris. Si sa carrière était en jeu, elle aurait peut être eu la même réaction.
- Pourquoi monsieur Malefoy ne s'est pas adressé directement à moi et a fait comme si j'étais pas là ?
- Il a toujours été hautain avec tout le monde. C'est l'héritier d'une grande famille de sorciers au sang pur alors il se croit tout permis.
- Tu as dit de sorciers ?
