Il était là, devant elle, comme d'habitude pour la protéger, les yeux écarquillés sous la surprise. Pour être honnête, il s'était attendu à un choc, pas à ce contact glacé et tranchant.
Il baissa des yeux paniqués sur son abdomen. Contre toute attente, la lame était bien là. Elle avait traversé et ressortait juste en dessous de sa cote. Il jeta un regard suppliant sur sa partenaire et essaya de murmurer:
- Buginette ?
Il fut pris par une quinte de toux alors que l'individu tordu qui venait d'être désakumatisé retirait la lame d'un coup sec, provoquant une grimace de douleur sur le visage de Chat noir. Un flot de sang coula de sa bouche.
- Chat noir?
Il s'effondra sur le sol.
Ladybug maîtrisa l'individu avec son yoyo, et le suspendit dans le vide pour ne plus le voir. Elle se précipita auprès de chat noir. Elle essaya d'appuyer le plus fort possible sur la blessure, tentant d'enrayer l'hémorragie à tout prix. Chat noir la regarda avec des yeux voilés.
- Adrien, s'il te plaît, ne meurs pas d'accord? Je t'en supplie tu peux pas me faire ça! Je t'aime! Supplia Ladybug de sa voix brisée par le chagrin.
Il posa sa main sur la sienne et sourit avant de perdre connaissance.
- Plagg! Détransforme le !
Même s'il n'était pas censé obéir, le kwami sentait la blessure de son porteur comme si c'était la sienne, il obéit.
Un hélicoptère survola la zone, braquant un faisceau de lumière sur le couple.
- AU SECOURS ! AIDEZ MOI! S'il vous plaît..
Un mégaphone lui répondit:
- On vous envoie de l'aide Ladybug, tenez bon!
Ladybug pleurait à chaudes larmes , son corps secoué de sanglots tandis que ses mains se couvraient d'un sang chaud et épais. Ils avaient fait plusieurs erreurs ce soir là. Ils avaient sous estimé l'akumatisé, et la bataille avait été rude, mais surtout, ils n'avaient pas prévu que l'akumatisé en voudrait personnellement a Ladybug et Chat noir. Il les détestait. Et une fois que Ladybug avait liberé l'akuma et réparé les dégâts, ils n'avaient pas songé une seconde qu'il les attaquerait, a l'arme blanche cette fois ci. Et bien sur il avait fallu que Chat noir se jette sur elle pour la protéger.
L'hélicoptère de secours mis une éternité à arriver. Il allait mourir, Marinette en était persuadée,sa blessure était trop grave. Tikki puisa dans les limites de ses forces pour maintenir Marinette transformée, mais une fois arrivées à l'hôpital, elle ne tint plus, et Marinette du se cacher pour reprendre son apparence.
Le cœur d'Adrien avait arrêté de battre pendant le trajet. Les secours essayaient encore de le réanimer lorsqu'il fut emmené au bloc.La lame avait traversé de part en part, et les dégâts étaient considérables.
Marinette attendit dans le couloir, assise par terre, le visage dans ses mains, pleurant toutes les larmes de son corps. L'opération dura plus de cinq heures. Marinette resta la , à attendre. La nouvelle de l'admission d'Adrien aux urgences avait été retransmise sur la chaîne de télé locale. Marinette reçu la visite de ses parents, d'Alya et Nino, et même le père d'Adrien passa brièvement à l'hôpital, exigeant que l'on sauve la vie de son fils à tout prix. Marinette n'eut conscience d'aucune de ces visites. Elle était là, les yeux dans le vide, elle ne voyait plus rien, et elle ne voulait plus rien voir à part les grands yeux verts d'Adrien.
Lorsque cinq heures interminables plus tard, une infirmière vint la voir, Marinette n'était plus que l'ombre d'elle même.
- Mademoiselle?
Elle leva la tête, mais ne répondit pas.
- Son état est stable, vous voulez aller le voir?
Marinette hocha la tete. L'infirmière lui tendit la main pour l'aider à se lever et l'accompagna dans la chambre où Adrien était installé. Avant d'entrer, elle lui expliqua que les prochains jours seraient critiques, et qu'il faudrait être là pour lui, pour lui donner le courage de se battre pour vivre. Puis elle ouvrit la porte.
Le spectacle qui s'offrît à elle à ce moment là ne la réjouit en rien. Il était allongé la, des tubes branchés absolument partout où il y avait de la place, un bandage au travers de l'abdomen maintenait des pansements en place. Marinette prit place à côté de lui, la main sur la sienne et elle attendit. Parfois elle se réveillait, ce qui lui faisait prendre conscience qu'elle s'était endormie. Quelqu'un lui apporta de l'eau. Elle ne mangea rien, elle n'avait pas faim.
Pendant ce temps, dans Paris, de grands événements eurent lieu, Marinette n'en serait consciente que plusieurs jours plus tard.
Gabriel Agreste, qui avait été témoin de toute la scène grâce à ses Akumas, compris qu'il était responsable de l'état de son fils. Lui qui pensait voler les miraculous dans le but d'avoir de nouveau une famille, à quoi bon ? Si au final il détruisait lui même sa famille dans l'entreprise? En voyant Marinette au chevet de son fils, il comprit que Marinette et Ladybug ne faisaient qu'un. Il pénétra chez elle sous le couvert de la nuit, s'introduit dans sa chambre, et grâce à l'aide de son kwami, trouva la miracle box. Lorsqu'il l'ouvrît, tous les kwamis s'enfuirent dans un coin de la chambre, dans une panique générale. Gabriel les regarda, et contre toute attente, retira les miraculous du paon et du papillon qui étaient accrochés sur sa chemise. Il déposa délicatement les deux miraculous a leur place initiale et disparu.
Plus tard, Il fit emmener sa femme au temple des miraculous, et la laissa aux bons soins des Moines. Il n'existait pour l'heure aucun remède à son état, mais les moines promirent de faire de leur mieux pour déchiffrer les grimoires et trouver une solution. Il attendrait, et raconterait tout à Adrien une fois qu'il serait rétabli. Gabriel ne prendrait plus jamais le risque de perdre son fils. Il chérirait chaque instant passé à ses côtés et s'efforcerait d'être digne de lui, ce hero intrépide qui avait sauvé paris tant de fois.
Marinette n'avait plus aucun espoir. Cela faisait trois jours qu'Adrien n'avait pas bougé. Il n'avait toujours pas repris connaissance et même si les infirmières répétaient que son état était stable ( ça veut dire quoi d'ailleurs stable? Être mort c'est un état relativement stable aussi...) Marinette ne voyait aucune amélioration, et était persuadée qu'elle avait perdu l'amour de sa vie ce soir la, sur ce toit.
Les infirmières venaient, refaisaient le pansement, changeaient la perfusion, et repartaient. Encore, et encore, et encore.
Plagg n'avait pas non plus quitté le chevet d'Adrien. Il était blotti dans son cou et se cachait dès que quelqu'un entrait. La petite créature était désespérée. Même s'il ne l'aurait jamais dit dans d'autres circonstances , Adrien était le meilleur Chat noir qu'il eut connu. Lui et Ladybug étaient le duo le plus soudé et le plus complémentaire qu'il ait vu ces 500 dernières années. Le monde en serait assombri s'il venait à mourir.
Adrien de son côté flottait dans un brouillard bienfaisant où il n'y avait ni douleur , ni inquiétudes. Il resta la un moment, à se demander ce qu'il allait faire d'une éternité dans ce monde si apaisant. Puis, une pression sur sa main lui fit froncer les sourcils. Il avait l'impression d'être de plus en plus lourd, comme s'il était en train de tomber de son nuage de béatitude et qu'il risquait de s'écraser au sol. Il sentit que peu être l'heure était venue de se réveiller. Il continua de descendre à ce qui lui sembla être une vitesse fulgurante. Lorsqu'enfin il percuta le sol dans un choc sourd, il ouvrit les yeux.
Tout était blanc autour de lui. Est ce qu'il était mort? Probablement pas. Adrien ne savait pas ce que ça faisait d'être mort, mais il était persuadé que ce n'était pas aussi douloureux. Il essaya de comprendre ce qui avait bien pu se passer. Il remonta dans ses souvenirs, le combat, Ladybug, et l'homme akumatisé avec sa dague.. ah oui, la dague. Il se rappelait clairement avoir vu la dague sortir par son estomac. Il grimaça en y repensant. Il regarda son ventre et vit les bandages. C'était donc ça cette sensation d'avoir un trou béant au milieu du corps... il continua son tour d'inspection des lieux. Une machine bipait régulièrement à côté de lui, un hôpital. Il était à l'hôpital. Un mouvement près de sa main attira son attention. Ces cheveux bruns... Marinette. Elle était là. Évidemment qu'elle était là. Elle dormait. Nouveau froncement de sourcils, pourquoi elle était là? Est ce qu'il était détransformé?
Adrien aperçu Plagg qui dormait blotti entre ses deux pieds. Alors Marinette savait. Il souleva délicatement sa main, et caressa ses cheveux. Elle sursauta.
- Adrien ? Tu es réveillé?
Elle redressa et prit sa main, la portant contre sa joue comme si c'était le trésor le plus précieux du monde.
- Ne me fais plus jamais ça tu entends?
Des larmes coulèrent sur ses joues.
Adrien regarda son visage et compris qu'elle avait passé un sale moment . Ses yeux étaient entourés de cernes violettes , son teint était cireux, ses joues creuses...
- Marinette qu'est ce qui t'es arrivé?
- Arrivé à qui ? A moi? Répondit elle, choquée qu'il pose une question pareille.
Il acquiesça.
- Je t'ai vu mourir imbecile!! Tu es mort dans mes bras! Et tu me demande ce qui m'est arrivé? C'est moi qui aurait du me prendre cette dague! Pas toi!
Elle éclata en sanglots sur le lit.
Adrien essayait d'assimiler le sens de ses paroles, quand il vit Tikki sur l'épaule de Marinette, elle lui tapotait gentiment la tête, espérant la calmer. Et il compris enfin. Marinette. Ladybug.
- Moi aussi je t'aime ma Lady. Dit il enfin, en réponse à la déclaration qu'elle lui avait fait une éternité plus tôt.
Elle releva la tête, séchant ses larmes de sa manche, et murmura en se jetant à son cou:
- Oh, mon chaton.
Quelques semaines plus tard, Adrien sortait de l'hôpital. Personne ne se questionna sur le fait que lui et Marinette sortent ensemble. Tout le monde avait compris qui il était, mais ils gardèrent le secret. Il avait donné sa vie pour les sauver, et ils lui seraient toujours redevables.
Marinette, en trouvant les deux miraculous perdus à leur place dans la miracle box, compris que Paris n'aurait plus besoin de Ladybug et Chat noir pour l'instant.
Ils resteraient vigilants, à l'affût de la moindre menace.
Car après tout, ils étaient Ladybug et Chat noir, et ils le seraient toujours. Ensemble.
A suivre : chapitre bonus !
