Premier soin
— Salut, l'accueillit Will avec un regard distrait.
Nico hocha la tête et s'assit sur un des lits de l'infirmerie. Un pensionnaire était en train de se faire soigner par Will. Vu les traits tendus, Nico s'attendait à quelques remontrances. Il ne lui semblait pas avoir fait quelque chose de stupide, il avait pris des risques mesurés et avait donné des nouvelles autant que possible.
Il avait dû louper quelque chose.
Le pensionnaire faiblement blessé ne s'attarda pas et les deux hommes se retrouvèrent seuls. Will était le plus âgé des pensionnaires maintenant, pour la simple et bonne raison qu'il venait uniquement l'été pour passer un peu de temps tranquille avec son petit ami. Son appartement à Boston était exigu et les monstres étaient bien trop excités d'avoir deux héros à se mettre sous la dent. D'autant que l'aura de Nico ne passait jamais inaperçue.
— Tu es blessé ?
Nico secoua la tête. Il avait travaillé très proprement à vrai dire. Il s'avança silencieusement et posa sa main froide sur l'avant-bras de son compagnon.
— Pose-toi et dis-moi ce qu'il se passe, quémanda-t-il doucement.
Après avoir vécu colérique toute son adolescence, le jeune homme n'avait plus envie de se battre ou de se quereller. La plupart de leurs disputes n'étaient qu'une suite de remarques acides ou blasées qui finissaient par un compromis tout bête. Will fronça les sourcils, se concentra sur le rangement de ses instruments avec un soin maniaque avant de se tourner vers Nico avec frustration.
— Tu accoures à chaque fois qu'il t'appelle ? questionna-t-il durement.
— Tu me reproches d'avoir donné un coup de main à un ami ? répliqua Nico surpris.
— Non.
Will passa un main nerveuse dans ses cheveux trop longs. Il était fatigué depuis qu'il avait commencé son externat, très fatigué. Il s'assit à côté de Nico et se tourna pour lui faire face. Il aimait ce contact visuel.
— J'ai l'impression que Percy est prioritaire à tes yeux, explicita-t-il lentement. Ça me rend jaloux.
— Percy est un ami, seulement un ami, répéta Nico. Je ne vois pas de quoi tu es jaloux.
— Pourtant quand il te contacte, tu accoures, fit observer son petit-ami avec autant de détachement que possible - pas beaucoup. Y compris quand tu sais que je ne suis là que pour toi et que j'espère passer du temps avec toi.
— Percy avait un vrai problème, objecta le fils d'Hadès. Mais je comprends que tu aies pu te sentit délaisser.
Nico saisit la main de son petit-ami et l'embrassa du bout des lèvres.
— Je suis désolé de t'avoir fait te sentir ainsi, ce n'est pas ce que je veux et ça ne se reproduira plus.
Un petit rire échappa au grand blond. C'était curieux mais Nico était d'une rare intensité et solennité concernant leur relation. S'il fallait être sincère, il reconnaîtrait que cela était flatteur. Son air décidé et grave apportait une touche de noblesse à leur petite histoire d'amour.
— Je ne repars plus, les autres quêtes attendront septembre pour ma part.
Petit texte écrit pour la 122e Nuit du Fof avec comme thème "objection".
