Tons aigres

— Nico !

Will sortait de l'hôpital et venait de voir le dos de son petit-ami. Entre les cheveux noirs en bataille et la veste de motards qu'il portait désormais, impossible qu'il le confonde avec qui que ce soit. La silhouette s'arrêta et se tourna doucement, il ne lui en fallut pas plus pour voir que quelque chose n'allait pas. Il posa immédiatement la question qui découlait logiquement :

— Qu'est-ce qu'il y a ?

Mais Nico répondit un « rien » si définitif qu'il ne put creuser davantage. Ils rentrèrent ensemble dans le silence le plus complet alors que Will espérait encore que son compagnon finirait par lui parler. Las il partit prendre sa douche sans chercher davantage à comprendre. Comment pouvait-il encore être si secret quand ça faisait plusieurs années qu'ils sortaient ensemble ?

Et sa colère ne baissa pas quand il se rendit compte que Nico avait nettoyé la salle de bain. Il n'avait plus besoin de secouer trois gel douche avant d'en trouver un qui contienne encore du savon. Il supposa qu'il avait fait pareil pour le frigo et la cuisine, Nico était assez carré quand il s'occupait des tâches ménagers. Enfin, cela n'empêchait pas de bavasser comme une tombe − c'est-à-dire pas des masses.

— Quand est-ce que tu vas me dire ce qui va pas ? explosa Will qui avait arrêté de s'essuyer pour sortir à grandes enjambées de la salle d'eau.

— Tu montres ton cul aux voisins, fit remarquer Nico qui arrêta brusquement de mettre la table.

Le blond jura et déploya sa serviette pour mieux cacher sa personne ; ils avaient des voisins qui profitaient bien du vis-à-vis.

— C'est réglé, maintenant parles-moi. Tu n'étais pas d'aussi mauvaise humeur quand tu m'as dit que tu passais me chercher.

Nico ne répondit pas de suite, il préféra s'asseoir avant tout. Et ce petit geste l'inquiéta plus que tout le reste. L'eau encore sur son torse devenait glacée, il eut peur et pensa même à écourter la conversation. C'était pas en train de se passer n'est-ce pas ?

— Je suis arrivé trop en avance, révéla Nico d'une voix blanche. J'ai entendu tes collègues parler de toi, ils disaient que tu t'étais accointer avec une Kayla.

Euh... Will fronça les sourcils, il avait vraiment du mal à comprendre où son petit-ami voulait en venir. Il hésita avant d'ouvrir la bouche mais ne put s'empêcher de demander :

— Et c'est tout ?

Nico eut un regard furieux qui le fit déglutir difficilement. Il leva une main en signe de paix alors qu'il s'avançait doucement.

— Je n'aurais pas cru que le fait que tu couches avec cette femme serait résumé par un « c'est tout », grogna Nico qui malgré son air impressionnant contenait semble-t-il sa colère.

Will respira un grand coup et s'empressa de le corriger :

— Le terme n'a pas du tout été utilisé dans ce sens, assura-t-il. De nos jours, ça veut juste dire fréquenter familièrement.

Le fils d'Hadès resta un instant muet de stupeur avant de rougir adorablement tout en baissant les yeux. Rassuré, Will s'approcha pour saisir sa main et la serrer dans la sienne.

— J'adore que tu sois jaloux pour moi, assura-t-il dans un murmure intime.

Mais Nico semblait vraiment honteux de sa réaction et il s'excusa platement :

— Je n'aurais pas du réagir comme ça, c'est n'importe quoi. Quoi qu'il se passe, je veux que tu sois heureux, soutint-il avec toute la ferveur que ce regard charbonneux pouvait contenir.

— Ce qui me rend heureux c'est toi, répondit Will avec ce sourire complice qu'il lui réservait.


Voici un petit texte écrit lors de la Nuit du Fof avec comme thème « s'accointer ». Bonne journée !