C'était la journée la plus chaude du mois, et Hermione confinée au 12, Square Grimmaurd depuis le début de l'été prenait une pause dans l'assainissement de la grande maison de Sirius Black. Allongée de tout son long sur le lit qu'elle venait de désinfecter une nouvelle fois, elle poussa un soupir désespéré à l'idée de devoir très bientôt retourner faire face à toute sorte de créatures cachées dans les recoins de la chambre qu'elle partageait avec Ginny Weasley. La plus petite et aussi, la seule fille de la famille nombreuse de Molly et Arthur Weasley.
Hermione ne pouvait jamais se reposer quelques minutes sans que ses pensées se perdent vers la venue de Harry, dans un futur plus ou moins proche (elle ne savait pas). Ce qu'elle savait bien par contre, c'est que ce dernier serait horriblement énervé contre elle et Ronald Weasley dès son retour parmi eux. Effectivement, Harry Potter serait probablement très en colère un mois sans nouvelles (ou presque) de Ron et d'Hermione, sensés être ses meilleurs amis, sensé pouvoir tout se raconter. Les quelques lettres qu'ils avaient pu lui envoyer étaient en vérité sans fond, sans aucun indice sur ce qui pouvait se passer dans le monde magique, ni même sur des choses si futiles que l'endroit où elle passait ses vacances. Définitivement, en repensant aux lettres vides de sens que Hermione lui avait envoyé cet été, elle en vient (comme à chaque fois qu'elle y pensait) à la conclusion que Harry serait furieux. Mais furieux comment ? Serait-il énervé au point de ne plus leur parler ? Ou pire, serait-il énervé au point de leurs crier dessus à pleins poumons ? Elle ne pouvait qu'imaginer, mais rien que d'y penser lui tordait les boyaux d'anxiété.
Au même moment, Ronald Weasley entrait dans la chambre sans frapper comme à son habitude. Il avait un air grave et tenait deux enveloppes dans sa main.
- Harry nous a envoyé une lettre, à chacun d'entre nous, même à Sirius, dit Ron, le visage marqué d'une moue révélatrice. Hedwige avait l'air furieuse...
Il jeta la lettre destinée à Hermione sur le lit où elle s'était relevée à une vitesse folle à l'annonce de son ami. Et tous les deux ouvrirent leurs lettres respectives.
« Je viens d'être attaqué par des Détraqueurs et on va peut-être me renvoyer de Poudlard. Je veux savoir ce qui se passe et quand je pourrais enfin sortir d'ici. »
C'était bien pire que ce qu'Hermione avait pût imaginer, il ne restait pas silencieux, et ne semblait pas vouloir crier à pleins poumons, sa rage était telle qu'il parlait clairement et elle pouvait entendre raisonner dans sa tête le ton de reproche calme mais cassant de son ami.
Ron affichait un visage bien plus marqué par le stress qu'à son arrivé quand Hermione eut finit de lire sa lettre, il semblait presque être à deux doigts de pleurer. Elle sut alors que les deux lettres avaient un contenu identique.
- Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Demanda Ron avec une voix suraiguë.
- Olala. Je ne sais pas..., dit-elle dans un souffle tout en continuant de relire ces deux petites phrases lourdes de sens. Je..., des Détraqueurs ?! C'est impossible.
Les deux amis restèrent dans la chambre de la jeune fille encore quelques minutes en ne balbutiant que des bouts de phrases prononcées avec stupeur comme « Renvoyé de Poudlard ?! » ou à nouveau, « Des Détraqueurs ? », avant de se ruer dans la cuisine pour en savoir plus.
Là, ils retrouvèrent Sirius et plusieurs membres de l'Ordre rassemblés autour de la table où la lettre de Sirius y était couchée. On leur interdira alors de répondre à Harry, ce qui eut comme effet de rassurer Hermione tout en la stressant encore au moins une centaine de fois plus qu'elle ne l'était déjà une dizaines de minutes auparavant.
Il se passa alors encore trois jours, avant que Harry ne soit escorté par sa garde rapprochée au 12, Square Grimmaurd. Et comme elle l'eut redouté, son ami était d'une humeur exécrable, mais elle ne pouvait lui en vouloir. Après un certain temps en sa compagnie dans la noble maison des Blacks, Harry semblait toujours avoir beaucoup de rancoeur au fond de lui. Encore une fois, Hermione ne pouvait le lui reprocher.
Heureusement, après son audience au ministère Harry semblait s'être débarrassé d'un poids qui pesait lourd sur ses épaules, et souriait bien plus, malgré qu'il ait croisé Lucius Malefoy au Ministère, la perspective de retourner à Poudlard sans l'ombre d'un doute l'avait remit sur pieds. Les trois amis étaient alors enchantés de retourner à l'école de sorcellerie ensemble et de commencer une nouvelle année.
Au tout dernier jour des vacances, Ron ouvra une nouvelle fois à la volée la porte de la chambre d'Hermione et Ginny, tout en lançant une lettre sur le lit de la brune qui était entrain de relire une nouvelle fois l'Histoire de Poudlard.
- Les listes pour l'école ! J'ai déjà donné à Ginny et aux jumeaux les leurs ! Dit-il avant de partir en trombe pour donner sa lettre à Harry dans leur chambre.
Hermione se dépêcha d'ouvrir l'enveloppe pour découvrir quels ouvrages seraient demandés pour cette année de BUSES. Elle découvrit avec grande satisfaction que plusieurs livres étaient déjà en sa possession et qu'elle les avait déjà lu au moins deux fois chacun. Elle se rendit vite compte que la lettre contenait en réalité deux papiers. Intriguée, elle se rua sur la deuxième page, emplie d'une écriture longue et fine.
« Cher Miss Granger,
Moi, Albus Dumbledor, ai l'honneur de vous annoncer, Miss Granger, qu'en cette nouvelle année à Poudlard vous avez été choisie parmi les élèves de cinquième année de la maison Gryffondor pour honorer la noble tâche de Préfète.
Nous espérons pouvoir vous faire confiance pour représenter au mieux, aux yeux des professeurs et des autres maisons, le savoir vivre et la bonne tenue de la maison Gryffondor. D'être dans la capacité de guider les élèves de première année dans le droit chemin et de représenter pour eux un modèle d'autorité et de droiture sur lequel ils pourront compter.
Votre première tâche en tant que préfète de la maison Gryffondor sera de vous rendre dans le compartiment réservé à ces derniers pour discuter de vos prochains devoirs dans le train en direction de Poudlard.
En vous remerciant, et en vous espérant en bonne santé, je vous prie d'agréer, cher Mrs Granger, l'expression de mes sentiments distingués.
Albus P.W.B Dumbledor
Commandeur du Grand Ordre de Merlin, Première Classe
Président-sorcier du Magenmagot
Grand Manitou de la Confédération Internationale des Soricers
Directeur de l'Ecole de Sorcellerie Poudlard »
Elle n'en croyait pas ses yeux, elle avait été nommée préfète par Dumbledor ! Elle n'avait osé l'imaginer trop souvent de peur d'être déçue. Et d'ailleurs toutes ces histoires d'Ordre du Phénix ou de maison à récurer du sol au plafond lui avait un peu fait oublier cette espérance, mais maintenant la lettre et le magnifique badge prouvait qu'elle était nommée préfète. Etait-il possible que Harry, fut choisit lui aussi ? D'un mouvement rapide elle courra hors de la chambre surexcitée, pour aller rejoindre ses amis et partager sa joie.
- Vous avez.. Vous avez eu... ?
Elle vit directement l'insigne dans la main de Harry et se jeta à son cou en criant.
- Oh Harry, je le savais ! S'exclama-t-elle surexcitée. Harry ! Moi aussi !
Harry la coupa précipitamment pour lui apprendre qu'elle avait fait la plus grosse bourde de sa vie. En effet, ce n'était pas Harry qui avait été élu préfet, mais bien Ron. Elle rougit d'avoir directement imaginé Harry dans ce rôle, et que Ron n'eut jamais effleuré ses pensées.
Elle se rendit compte que les jumeaux étaient présents et se sentit encore plus honteuse contrairement à elle, ils avaient un sourire à s'en décrocher la mâchoire.
Fred, le plus proche d'elle prit un grand plaisir à encadrer ses épaules de son bras et de dire tout haut d'un air très fier :
- Surprise ?
- Non... Non pas du tout, enfin... Wouaouh, Ron... C'est génial.. ! Je suis super fière de toi, tu as fais... enfin tu es devenu...
L'étreinte de Fred semblait lui brouiller les idées d'autant qu'il la faisait bouger de droite à gauche d'un air de fête. Hermione ne sentait plus son visage et ne savait que dire pour se rattraper, tous les yeux étaient braqués sur elle et Ron semblait la maudire d'un regard de braise. Heureusement pour elle sa sauveuse venait de rentrer dans la pièce : Mrs Weasley. Elle était tranquillement venu donner leurs robes de sorciers fraîchement lavées à Ron et Harry.
Grâce à une généreuse intervention de George pour faire remarquer que l'insigne de préfet de Ron irait merveilleusement bien avec ses robes de sorcier neuves, Mrs Weasley mit peu de temps à comprendre et à réagir grandement à cette merveilleuse nouvelle. Ce qui éclipsa totalement la bourde de Hermione. Fred s'empressa de chuchoter « Sauvée n'est-ce pas ? De rien. » d'un air moqueur. Auquel elle n'hésita pas a répondre : « Vous ne m'avez pas du tout sauvée vous deux ! Je ne sais même pas si vous seriez capable de le faire un jour ! » répliqua-t-elle dans une sorte de chuchotement criard à l'adresse des jumeaux pendant que leur mère et Ron parlaient joyeusement de quel cadeau il pourrait choisir pour fêter son nouveau titre.
Fred et George s'amusèrent encore un peu à chambrer Ron avant de quitter la pièce qui devint brusquement très silencieuse, laissant Harry et Hermione seuls.
- C'est génial Hermione, je suis super fier de toi. Quelle surprise. Dit le brun dans une sorte de fausse exclamation qui rendit à Hermione ses joues de feu.
- M-Merci, Harry, désolée pour tout à l'heure... Euh.. Je crois que j'aimerais envoyer une lettre à mes parents pour les prévenir.. Je peux t'emprunter Hedwige ? Demanda-t-elle d'un ton mal assuré.
- Bien sûr, vas-y fonce. Prends Hedwige ! Dit Harry d'une voix horriblement enjolivée que Hermione n'eut pas de mal à déceler et décida de vite quitter la pièce avec ladite chouette.
Une fois dans sa chambre Hermione ne put se retenir d'en parler à Ginny, en se disant qu'en ce moment, elle avait la fâcheuse tendance d'énerver tous ceux qui l'entourent. Bien sûr, Ginny lui fit bien comprendre qu'ils étaient tous, comme elle le disait « des idiots finis ».
Les deux jeunes filles s'étaient beaucoup rapprochées durant ces dernières années, le tempérament de Ginny avait tendance à toujours lui remonter le moral et à la faire extrêmement rire. Ce qui lui permettait de trouver un peu de réconfort quand elle en avait besoin.
Le soir même, une petite fête avait été organisé pour Ron et Hermione, les deux nouveaux préfets, et fierté de la grande famille de l'Ordre. Hermione était enchantée et prête à prendre ses responsabilités très au sérieux, et de rendre Dumbledor et le Professeur McGonagal fiers.
C'est alors avec une joie non dissimulée qu'elle voulu se rendre presque directement à l'intérieur du train en arrivant sur le quai 9¾ le lendemain matin, accompagnée de Tonks, Fol Oeil, la quasi entièreté de la famille Weasley, et Sirius. Qui avait insisté pour accompagner Harry sous sa forme de chien. Hermione en était sûre, c'était une mauvaise idée.
En montant à bord du train elle dut cependant rappeler à Harry (et Ron) que Ron et elle se devaient de se rendre tout d'abord dans le compartiment des préfets, et que donc Harry serait seul un moment. Il répondit que ce n'était pas grave avec amertume.
Le compartiment des préfets se trouvait dans le wagon tout à l'avant du train, Hermione ressentit une pression en se disant qu'elle allait être bien en retard, même si elle avait presque vingt minutes d'avance.
- Ron ! Dépêche toi c'est plus les vacances ! Scanda-t-elle à son ami qui s'était arrêté à plusieurs portes pour dire bonjour à des gens qu'Hermione ne pu apercevoir depuis la foule d'élèves qui cherchait un compartiment et qui, au passage l'écrasait contre les parois.
- Oui, bah, euh.. Laisse moi deux minutes ok ? S'écria Ron au loin, je dois vraiment voir le...
Mais elle ne put entendre la fin de sa phrase et décida d'aller directement dans le compartiment des préfets. Elle réussit difficilement à arriver au bout du wagon. Elle se tenait anxieusement devant la porte qui menait au compartiment réservé. Qui semblait extraordinairement belle aux yeux d'Hermione même si rien ne changeait des autres portes des autres wagons. Le seul changement perceptible était que sur la vitre on pouvait y lire « Préfets uniquement » en lettres d'or. Son cœur se tendit et elle allait avancer la main vers la poignée quand elle fut stoppée dans son élan par quelqu'un qui l'agrippa juste avant elle, et l'ouvrit d'un mouvement souple.
Lorsqu'elle aperçut Drago Malefoy, son cœur se relâcha et toute trace de stress se dissipa, laissant place à une lassitude extrême.
- Après moi Granger, dit-il en passant devant elle, puis en lui refermant la porte-coulissante au nez, avec un grand sourire qui dura approximativement une demie-seconde.
Elle se retrouva alors hébétée devant l'insigne « Préfets uniquement » qui semblait désormais lui rire au nez. Hermione rassembla tout son courage pour faire comme si de rien était et ne pas avoir l'air bête devant les préfets-en-chefs qui devaient se trouver de l'autre côté de cette porte.
Coucou!
Je me suis dit que étant donné que je suis entrain poster cette fanfiction sur Wattpad et AO3, autant vous la proposer ici! Si ce début vous plais, n'hésiter par à la rechercher sur ces deux autres sites pour avoir plus de chapitres déjà postés!
Et s'il vous plais n'hésitez pas à me donner vos avis! Je vous en serais très reconnaissante!
