Hermione rassembla tout son courage pour faire comme si de rien était et ne pas avoir l'air bête devant les préfets-en-chefs qui devaient se trouver de l'autre côté de cette porte.

Malheureusement, lorsque Hermione eut fait coulisser la porte, elle remarqua instantanément que les banquettes spacieuses qui se faisaient face et qui étaient séparés d'une table en bois étaient totalement vides. A l'exception de celle de gauche, où Drago Malefoy s'y trouvait nonchalamment assit les jambes croisées, avec un air impassible sur le visage, lui faisant face.

- Ah, Granger, quelle surprise. Dit-il d'un ton faussement enjoué.

- Parles pour moi... Lâcha Hermione dans sa barbe tout en cherchant des yeux où s'asseoir.

- Bien sûr, avec plaisir, je vais parler à ta place. C'est très généreux de ta part de nous offrir à tous ton silence. Comme quoi, tu t'améliores avec les années, comme un bon vin.

- Non mais... c'est clair que toi, t'as plutôt tendance à moisir avec le temps, comme un vieux fromage, lâcha sèchement Hermione. Et puis, depuis quand toi tu es préfet ?

- Bah, depuis cette année Granger, réveilles-toi, répliqua-t-il ayant l'air réellement inquiet pour la santé mentale d'Hermione. Il me semblait qu'il y allait y avoir plus de monde... Bon, je suppose que la politesse exige que nous devrions avoir une sorte de... conversation ?

Hermione ne savait pas bien où elle devait se placer, elle comptait aller au plus loin de la fouine. Jusqu'à ce qu'elle remarque des petites plaques dorées sur les tables. Son nom était inscrit sur l'une d'elles, pile en face du Serpentard. La place à la droite de la sienne était réservé pour Ron, mais elle ne parvint pas à lire le nom inscrit à l'envers aux côtés de Malefoy, car le train venait de démarrer et lui fit avoir un mouvement brusque, elle s'assit alors aussitôt avec regret face à la seule personne présente.

- Mais qu'est ce qui te prends Malefoy ? Tu me parles, tu me poses des questions, tu veux converser avec moi, tu as l'air joueur et puis le pire, c'est que tu ne m'a pas encore traité de Sang-de-Bourbe, dit-elle d'un ton réprobateur en s'installant.

- Ah oui, bah alors justement j'allais y venir !... Mais Drago Malefoy fut coupé par un tumulte de voix et de rires s'engouffrant dans le wagon.

En effet, Ernie McMilan et Hannah Habot, visiblement les deux préfets de Poufsouffle, suivis d'Anthony Goldstein et Padma Patil, ceux de Serdaigle, riaient ensemble chaleureusement. Lorsque le groupe eut trouvé leurs places sur la banquette voisine Hermione remarqua que Pansy Parkinson les suivait d'un air de dégout, et vint s'asseoir directement aux côtés de Drago, le visage de la fille changea remarquablement vite, du dégout à une sorte de joie excessive lorsqu'elle remarqua son nouveau collègue préfet de Serpentard.

- Oh Drago ! T'es là, dit-elle d'une voix enjouée. Je t'avais pourtant dis de m'attendre à l'entrée du train !

- Oui ben, j'ai du oublier. Répliqua-t-il d'un ton las, tout en se collant du mieux qu'il pouvait à la fenêtre du train.

L'atmosphère auparavant calme du wagon venait de changer du tout au tout à l'arrivée des préfets, un ton chaleureux avait embrumer la pièce de rires et d'exclamations joyeuses, signe de retrouvailles après de longues vacances. Même Pansy Parkinson prenait part aux élans d'affection (presque tous pour Malefoy) et semblait faire un effort pour parler aux autres maisons. Et Hermione se sentait un peu seule malgré les essais des préfets de Poufsouffle de l'inclure dans les conversations. Elle fut bien pressée que Ron daigne enfin la rejoindre, mais où était-il cet idiot ? Malefoy sembla lire dans ses pensées et se pencha par dessus la table, pour lui chuchoter, à peine assez fort pour couvrir les tumultes des conversations alentours :

- Alors, la belette t'as laissé tomber ? Tu dois être bien triste de l'avoir comme bras droit, il ne sait même pas venir à l'heure le tout premier jour. Quelle équipe... Tu sais à qui demander, si tu as besoin d'aide Granger, dit-il d'un air narquois tout en tapotant sur l'insigne portant son propre nom, inscrit sur une plaque dorée couchée sur la table de bois.

- Alors si tu crois que je vais te demander de l'aide, tu te mets le doigt dans l'oeil Malefoy ! Répondit-elle visiblement à cours d'excuse pour son ami, Ron... Ron à simplement du régler quelque chose d'important !

Au même moment, la porte du compartiment s'ouvrit à la volée sur un rouquin visiblement aux anges, les bras pleins de sucreries. Malefoy souffla du nez d'un air moqueur en se redressant contre la banquette les bras croisés, satisfait. Le regard flamboyant vers Hermione, arquant un sourcil l'air de dire « Quelque chose d'important tu viens de dire ? ».

Ron s'assit lourdement à côté d'elle, en expliquant joyeusement qu'un élève de première année lui avait offert tous ces bonbons sans raison, l'air surexcité. Hermione ne put s'empêcher de faire la moue à l'idée que Malefoy avait certainement le sentiment d'avoir marqué un point. Les préfets en chefs les avaient rejoins un peu plus tard pour leur faire part de ce en quoi consistait leurs devoirs de préfets. Rien de ce qu'ils annoncèrent surpris Hermione qui était déjà au courant des devoirs qu'ils leurs étaient demandés tout au long de l'année. Et elle ne put s'empêcher de ressentir une rage folle à la vue de Pansy Parkinson roucoulant autour de Malefoy tout le long des annonces importantes. Et lui donnant des coups dans les tibias, disait-elle « sans faire exprès », une bonne vingtaine de fois.

À la sortie du wagon elle donna directement une tape dans l'épaule de Ron.

- Aouch ! Hermione ?

- Espèce de gros balourd ! T'étais obligé de nous faire honte comme ça ? S'exclama Hermione d'un air de supplication.

- Quoi ? S'exclama Ron, réellement choqué. Oh Hermione arrête maintenant, t'es vraiment pas drôle du tout, tu sais pas t'amuser ou quoi ? J'ai eu des bonbons gratuits, tu devrais être contente. En voyant la tête que faisait Hermione, Ron se rendit compte qu'il y a peut-être été un peu fort, et rajouta : En fait tu es jalouse tu en voulais n'est ce pas ? D'un ton blagueur, en avançant ses bras pleins vers elle.

Hermione, d'abord choquée de ses paroles, ne put s'empêcher de rire, avant de le pousser jusqu'à l'arrière du wagon avec entrain, et un regain de bonne humeur. Tandis que Ron se demandait à voix haute si il n'aurait pas du partager avec les autres préfets.

Après tout, ce n'est que Malefoy, que Ron soit en retard, à l'heure ou en avance, il l'aurait de toutes façons charrié. Et Hermione se dit qu'elle ne devait pas tenir rigueur à Ron d'avoir plus ou moins sous entendu qu'elle était une rabat-joie. Ron était comme ça après tout.

En arrivant dans le compartiment où se trouvait Harry, Ginny, Luna et Neville, Hermione put enfin relâcher la pression après que Ron ait annoncé le nouveau préfet de Serpentard.

- Et devine qui l'accompagne dans cette noble tâche de nous casser les bonbons jusqu'à la fin de l'année... Pansy Parkinson ! s'exclama-t-elle. Comment a-t-elle fait pour être préfète, elle qui est plus bête qu'un troll de montagne !

Après avoir passé un bon moment à discuter des nouveaux préfets de chaque maison, l'ambiance redevint bonne enfant avec un Ron qui se moquait allégrement de Goyle, pressé de pouvoir certainement très bientôt lui donner une punition sous le regard réprobateur d'Hermione. Les sujets de discussions fusèrent pendant plusieurs heures dans la bonne humeur générale jusqu'à ce que le compartiment s'ouvrit une nouvelle fois laissant place à Drago Malefoy accompagné de ses deux Bulldogs Crabbe et Goyle.

Et Harry, dans leurs course effréné à « qui sera le plus exécrable des deux », ne pu s'empêcher d'ouvrir la bouche le premier

- Qu'est ce que tu veux Malefoy ?

- Tutut, Potter, enfin. Dit Malefoy de sa voix trainante. Poli. Ou je risque de devoir te donner une retenue.

Malefoy avait bien grandit, il devait avoir gagné encore une dizaines de centimètres mais son teint restait tout aussi pâle que ses cheveux, et Hermione eut la réflexion qu'il ne devait certainement pas passer ses vacances au soleil.

- Alors Potter, ça fait quoi d'être derrière Weasley pour une fois ?

Voyant la réaction de son ami Hermione préféra se lever et faire face à Drago qui bloquait l'encadrement de la porte de ses bras. Dans l'espoir qu'il reporte toute son attention sur elle et évitant ainsi à Harry de dire une bêtise qu'il pourrait regretter.

- Fiche le camp Malefoy, ou alors moi je te ferais partir.

- Ouhouh, Granger mord cette année ! Ironisa-t-il avec les rires de Crabbe et Goyle derrière lui. Qu'est ce que tu comptes faire Granger, essayer de me frapper à nouveau, comme la Sang-de-Bourbe que tu es ?

- Et toi Malefoy, qu'est-ce que tu comptes faire, aller pleurer chez ton papa ? Clama Harry, derrière Hermione.

Les lèvres de Drago se pincèrent et toute trace de sourire ou d'humour disparut de son visage. Il lâcha l'encadrement de la porte et dans un dernier regard à Harry il ajouta :

- Fais très attention Potter, cette année je vais pas te lâcher, je vais te suivre à la trace. Comme un chien.

À ces mots ses sourcils se arquèrent, il regarda Hermione dans les yeux un dernière fois avant de quitter fièrement le compartiment. Il avait définitivement marqué un point. Harry semblait déconfit, il avait compris où Malefoy voulait en venir.

- Tiens Hermione, tu me passe un autre chocogrenouille ? Demanda Ron qui semblait n'avoir rien remarqué.

- Tu n'avais pas besoin de prendre partit pour moi Hermione. A moins que, encore une fois, Dumbledor t'ai donné l'ordre de m'empêcher de vivre par moi même. Et qu'il te sois impossible de ne pas écouter les ordres des professeurs à la lettre. C'est pitoyable. Dit-il dans sa barbe.

Elle était si choquée des mots de son ami qu'elle n'osa même pas répondre. Comme aux débuts de ses vacances, elle se dit que Harry avait le droit d'être en colère. Elle se laissait alors faire.

Hermione et Harry, pour le reste du voyage semblaient perdus dans leurs pensées qui de toutes évidences, devaient se rejoindre. Hermione le savait, Sirius n'aurait jamais du les escorter jusqu'à la gare, mais elle se garda bien de le dire, de peur de s'attirer les foudres d'Harry à nouveaux.

Il faudrait bientôt enfiler les robes de sorciers, et il serait enfin temps pour Hermione et Ron de superviser la descente du train. La mission semblait se passer à merveille pour Hermione, jusqu'à ce qu'elle entendre une voix trainante qu'elle connaissait si bien, semblant crier contre quelqu'un sur le quai. Elle se rua parmi les élèves tout aussi petits les uns que les autres, sa tête blonde dépassait de plusieurs centimètres ainsi que celles de ses deux acolytes plusieurs mètres devant elle. Il s'en prenait à un première année, blond avec des lunettes qui semblait effrayé.

- Je te jure que si tu recommences je n'hésiterais pas à...

- Malfoy ! Cria-t-elle par dessus encore plusieurs petites têtes qui les séparaient, elle et la bande de Serpentards.

Arrivée à son niveau, elle le tira par la manche de sa robe pour libérer le passage et l'emmener plus loin, et le pauvre première année en profita pour filer au plus vite, suivit de Crabbe et Goyle.

- Qu'est ce que tu fabriques déjà à cracher ton venin si tôt?

- Ça te regardes, peut-être ce que je peux ou ne peux pas faire ? Répondit-il sur un ton bourru.

- J'hésiterais pas à te signaler si tu continues à te comporter comme ça Malefoy ! Sois un peu digne de ton insigne bon-sang !

A ces mots, toute son attention se porta sur elle, il avait un air de défi, un air grave. Il se pencha vers elle pour arriver à sa hauteur, les mains dans les poches. Leurs visages bien plus proches qu'ils ne l'avaient jamais été. Une étincelle pleine de fougue passa devant ses yeux.

- Si tu crois que j'en ai quelque chose à faire de mon insigne tu te trompes Granger, par contre, ne crois pas que tu puisses me provoquer ainsi sans représailles... Il lui fit relever la tête du bout de ses doigts. Tu risquerais de le regretter... Puis dans un petit mouvement brusque de sa main, il repoussa le visage de la jeune fille avant de se retourner et de se mêler à nouveau à la foule d'élèves d'un pas nonchalant, ne se gardant pas d'en pousser deux ou trois au passage.

Pour la première fois, Hermione Granger ressentit un pointe de peur au fond d'elle. Depuis sa première année à Poudlard, la jeune fille avait dû faire face aux nombreuses reproches, insultes, gestes déplacés et autres menaces de la part du fils Malefoy. Mais elle avait toujours sut passer outre, elle savait bien qu'au final, ce n'était que des mots. Et que c'était à elle de choisir si ils l'impacteraient ou non. Elle avait toujours choisit que non, Malefoy ne lui ferait pas peur, et savait au fond d'elle que ses menaces n'en étaient pas vraiment.

Mais jamais, Drago Malefoy n'avait touché ne serait-ce qu'à un cheveux d'Hermione, jamais il ne s'était approché si près d'elle, et jamais elle n'avait vu cette lueur dans ses yeux. Etait-elle allé trop loin ?

Hermione préféra chasser ses doutes de son esprit et vite retrouver ses amis. Se gardant bien de leur raconter son altercation avec le Serpentard en détails.