Le lendemain était une journée morose, la pluie martela doucement les fenêtres de l'école toute la journée. Leurs cours de Métamorphose et de Sortilège se passèrent sans encombre, mis à part les mises en gardes des professeurs concernant la difficulté des BUSES. Le Professeur McGonagall ne fit aucune allusion à une mauvaise conduite des élèves, ni de celle d'Hermione et Malefoy il y a deux jours ni de celle de Harry pendant le cours d'Ombrage la veille.
Après le repas, le premier cours de Soin aux Créatures Magique commençait, et la fine pluie ne s'était pas arrêté depuis la veille. Le chemin jusqu'à la hutte de Hagrid était glissant et il était impossible de ne pas remarquer l'absence de ce dernier. Les Gryffondor étaient presque déjà tous arrivés à quelques mètres de de la hutte d'Hagrid et s'étaient regroupés près du professeur Gobe-Planche autour d'une grande table. Harry, Ron et Hermione venaient à peine d'arriver que les rires qu'ils connaissaient si bien résonnaient déjà derrière eux. Malefoy accompagné comme à son habitude de Crabbe, Goyle, Parkinson et d'autres Serpentards encore comme Blaise Zabini, qui semblaient beaucoup s'amuser à se moquer de Harry, vu comme ils le pointaient du doigt. Hermione sentait déjà sa température monter.
Bien ! Tout le monde est là ? aboya le professeur Gobe-Planche. Alors on s'y met. Qui, peut me dire ce qui est posé sur cette table ?
Hermione avait déjà levé la main de manière énergique, et Malefoy l'avait imité grossièrement, levant le bras si rapidement qu'il semblait sautiller sur place, ce qui fit incroyablement rire Pansy Parkinson. Son rire sonnait si aigu que, au même moment Hermione et Drago se retournèrent et sifflèrent d'une même voix « Tais toi Parkinson ! ».
« Étrange », c'était ce qui traversa l'esprit d'Hermione quand son regard soudain gêné croisa celui du blond, ils étaient tous bouche bée, y comprit Malefoy. Hermione se retourna vivement, puis releva la main, bien décidée à faire comme si de rien était.
Ce sont des Botruc, dit Hermione. Ils gardent la foret, les arbres en général. Surtout ceux qui servent à fabriquer les baguettes.
Exactement Miss Granger ! Dix points pour Gryffondor. Clama le professeur Gobe-Planche avant de reprendre ses explications.
Puis Hermione, tout le long de la première partie du cours qui servait aux informations donna plus de détails sur ses connaissances, ce qui lui permit de faire gagner à la maison Gryffondor 20 points en tout avant de passer à la pratique. La pratique, consistant à observer les Botruc et les cloportes. Ils devaient en faire un dessin comportant toutes les parties de leurs corps. Hermione était accroupie un peu plus loin que le groupe d'élèves, le pan de sa robe de sorcière traînant dans l'herbe mouillée, son carnet tout près d'elle pour éviter que les gouttes de pluie ne le touchent trop. Elle avait déjà commencé son schéma quand une voix trainante pas loin d'elle arriva à sa portée, elle tendit l'oreille espérant entendre ce que disait Drago Malefoy.
… gros balourd ne tardera pas à devoir repartir à l'instant même où il remettra ses gros pieds de géant dégoûtants sur le sol de Poudlard. Papa à de bonnes liaisons avec le ministère, et il semble bien qu'ils se soient enfin rendus compte d'à quel point certains professeurs ici sont des incapables et de faire le tri.
Puis de petits rires fusèrent, il fallut rassembler tous les efforts du monde pour qu'Hermionne puisse s'empêcher d'aller en coller une à Malefoy. Comment osait-il parler comme ça de Hagrid ? Hermione toujours accroupie par terre retenait presque son souffle pour s'empêcher de pester contre Serpentard, son visage était rouge de rage. Elle fixait son carnet, vierge de toute goutte de pluie.
Alors Granger, on écoute les conversations privées ?
La voix de Malefoy paraissait si forte dans les oreilles de la brune qu'elle sursauta, faillit tomber en arrière, les fesses dans l'herbe boueuse et mouillée du parc. Mais Drago, soudainement accroupi à coté d'elle l'avait agrippé fermement par le bras et d'un geste la fit pencher dans l'autre sens, vers lui. Son geste était si brusque que Hermione était maintenant tombée en avant, contre le torse de Drago. Mais sa poigne l'avait cherché, il l'avait tiré vers lui avec une force qu'elle ne lui connaissait pas. Elle était si terrifié par ce qui venait de se passer qu'elle n'osa pas bouger d'un poil. La tête enfouie dans l'épaule de Drago, complètement immergé dans cette douce odeur sucrée qui venait lui chatouiller les narines, elle retint sa respiration, comme pétrifiée. Et les mots qu'il prononça près de son oreille eurent un effet électrisant. Encore une fois son souffle contre sa nuque fit monter étrangement la température des joues de la brune.
C'est vraiment mal d'écouter les conversations privées Granger. sais ce qui est mal aussi ? C'est d'écouter aux portes, c'est d'ailleurs une fâcheuse tendance qu'à mon amie Pansy. Elle ne peut pas s'empêcher d'écouter aux portes, encore plus quand je suis dans une pièce avec une autre fille. Heureusement, moi j'ai tendance à le savoir depuis le temps, alors je dis rien. Mais ce serait vraiment très dommage, qu'elle m'ait avoué avoir entendu une conversation que j'ai eu avec une sang-de-bourbe, il y a deux jours dans la salle des potions. Heureusement Granger, elle a mystérieusement oublié tout ce qu'elle avait pu entendre. Comme. Par. Magie. Siffla-t-il, son souffle caressant inlassablement la peau nue d'Hermione à chaque mot.
Il la relâcha soudainement, et se releva, triomphant, un sourire narquois sur le visage. Et avant de s'éloigner, il ajouta :
Tu m'en dois une Granger.
Elle resta plantée là très longtemps, accroupie dans l'herbe mouillée le vent tiède de Septembre faisait voleter ses cheveux. Comme emmitouflée dans son propre corps pour se protéger elle était accroupie en boule, son carnet tombé à côté d'elle était tout ce qui témoignait de la scène qui s'était déroulée quelques secondes auparavant. Le calme après la tempête. Les pages se marquant doucement de petits ronds d'eau, apparaissant aléatoirement sur le papier. Sa tête était cachée dans ses coudes, ses mains protégeaient sa nuque, s'autorisant enfin à prendre de grandes bouffées d'air.
