Une fois sortit du salon de thé, Drago Malefoy était on ne peut plus naturel, tandis que Hermione elle, était abasourdie de ce qui venait de se passer.

- Pourquoi tu te sens obligé de mentir comme ça Malefoy ? Demanda Hermione une fois que la porte s'était refermée derrière eux.

- Qu'est ce que tu veux dire par là ?

- Et bien... Et bien à aller dans le sens de Mrs Pieddodu ! Pourquoi lui faire croire que nous sommes a... que nous sommes en couple ? Qu'est ce que ça t'apportes ? Tu te rends compte que si elle le raconte à-

- Je n'ai jamais dis ça, la coupa-t-il. Je me montrais simplement sous mon meilleur jour c'est tout.

- Sous ton meilleur jour tu parles... bougonna Hermione en croisant les bras.

Le vent avait disparut et la ruelle était plutôt calme, bien que quelques sorciers vagabondaient dans la rue, sortant ou entrant dans les bars encore ouverts ou les auberges. Les deux ennemis s'étaient arrêtés sur le seuil du salon de thé et se faisaient face.

- Tu as un problème avec le fait que je dise à quelqu'un qu'on est ensemble? Demanda le blond tout en scrutant la jeune fille, un rictus aux lèvres. Ça te mets dans tout tes états...

- J'ai un problème avec... avec toi ! S'écria Hermione en posant un doigt dénonciateur sur le torse du blond. Idiot !

Il y eut un silence.

- Idiot ? Questionna Malefoy en se pinçant les lèvres. Écoutes moi bien ma petite Granger, tu crois vraiment que-

- Non, non, non alors toi tu vas m'écouter ! J'en ai plus que marre de tes petits jeux idiots, tu te crois vraiment fin à te jouer de moi comme ça ? Sérieusement tu...

Drago fronça les sourcils tandis qu'à chacune de ses phrases Hermione tapotait le torse du blond du bout de son index inlassablement en déblatérant des mots qu'il n'écoutait que d'une oreille.

- […] donc si tu m'appelles encore une fois ta petite Granger je te jure que...

Drago fit les gros yeux et stoppa l'infini discours d'Hermione en empoignant sa main dont le doigt bombardait le torse du blond depuis bien trop longtemps à son goût, ce qui la fit se taire d'un seul coup. Elle releva des yeux surpris vers lui pour la première fois depuis qu'ils étaient sortis du salon de thé. Et lorsqu'elle croisa le regard du blond, elle fut surprise d'y voir une étincelle d'amusement.

- Attends Granger tu viens vraiment de me faire toute une crise parce que je t'ai appelé ma petite Granger ? Demanda-t-il tandis qu'il ne cachait plus son sourire.

Il y eut un petit moment où aucun d'entre eux n'osa dire quoi que ce soit, Drago attendait une réponse les sourcils relevés en empoignant toujours fermement la main que Hermione pointait sur son torse.

- Je... Je crois oui, tenta Hermione d'une petite voix en se rendant compte de son propre comportement.

Il n'en fallut pas plus pour que le Serpentard pouffe d'un rire qu'il semblait retenir depuis quelques temps, et Hermione se détendit et suivit le blond en riant de bon cœur.

- Tu es vraiment incroyable Granger... dit-il dans un souffle moqueur comme si il n'arrivait pas à croire en cette situation.

- Merci... ironisa-t-elle.

À cet instant, tous deux semblèrent prendre conscience que leurs mains ne s'étaient pas lâchées, il leurs fallut un instant, un petit instant pour se rendre compte que ce geste n'était pas naturel, qu'il leur était interdit. Pourtant une seconde avant cette prise de conscience il ne sembla pas à Hermione que quelque chose clochait, c'était presque un geste instinctif, voire même anodin. Mais non, ça ne l'était pas, le moindre contact entre Hermione Granger et son tyran était tout sauf anodin, et dans un monde logique aucun contact ne devrait jamais être naturel pour eux. Et alors, presque dans un retour à la réalité bien trop brutal, les deux némésis arrêtèrent de rire et reprirent leurs air insondable et distant. Avec un arrière goût d'amertume leurs mains s'abandonnèrent d'un même mouvement, et leurs doigts se caressèrent lentement avant de se séparer.

Drago enfouit ses mains dans ses poches avant de se retourner pour scruter la grand-rue plutôt calme, il faisait dos à la jeune fille et regardait maintenant le ciel dégagé et plein d'étoiles.

- Ça t'as dérangé tant que ça ? Demanda-t-il sans se retourner.

- Quoi ?

- Ce qu'elle à insinué sur nous.

Hermione leva les yeux vers le ciel étoilé elle aussi, elle prit une grande bouffée d'air.

- Je ne sais pas, finit-elle par dire dans un souffle. Je devrais ?

Drago sembla réfléchir un instant.

- On devrait oui, dit-il en détournant le regard vers la jeune fille, ses yeux était doux et un petit rictus s'étalait sur ses lèvres.

Hermione ne put empêcher un sentiment d'allégresse de l'envelopper toute entière, le ciel semblait veiller sur eux d'une façon qu'Hermione n'avait jamais connu.

Et sans se dire un mot les deux ennemis se dirigèrent vers la boutique de confiseries Honeydukes où le professeur Gobe-Planche les rejoignit au même moment. Hermione savait qu'à cet instant le sujet de ce qui avait put se passer dans le salon de thé ou de ce qu'ils avaient put se dire à l'extérieur était clos, et dans un sens elle l'appréciait. Car la jeune fille ne pouvait faire autrement que de se dire que si l'un des deux devait être dérangé par cette insinuation, c'était bien Malefoy car pour lui, être affilié à une Sang-de-Bourbe comme elle était dégoûtant.

- Ah parfait vous êtes déjà là ! Alors maintenant que ça c'est fait nous allons récupérer les friandises d'Halloween ici, dit-elle en donnant un petit mouvement de menton vers la porte de la boutique Honeydukes. C'est la première fois que Dumbledore insiste pour se fournir ici, préparez vos muscles parce que le principal adore les bonbons !

La femme accentua sa phrase d'un grand mouvement pour ouvrir la porte de la confiserie, et ne vit pas les yeux du Serpentard rouler dans leurs orbites avec dédain tandis qu'il imitait silencieusement les paroles du professeur qu'il semblait clairement trouver idiote.

Lorsque Hermione jeta son regard dans la grande salle, il s'arrêta sur une gigantesque pile de cartons qui trônait au milieu de la grande pièce, les boîtes touchaient presque le plafond. Hermione ne put s'empêcher de penser à voix haute d'émerveillement « C'est Ron qui va être comblé ! » dans un souffle étourdi face aux si nombreux cartons et donc à la multitude de friandises qu'ils renfermaient.

Hermione était entré dans la boutique et regardait avec enchantement les boîtes empilées qui mesuraient presque deux fois sa taille, et elle ne put s'empêcher d'imaginer la tête de ses amis lorsqu'ils verront toutes ces friandises sur la table du dîner d'Halloween, et surtout celle de Ron qui peinait toujours à se décider sur les bonbons qu'il allait acheter avec son mince argent de poche à chaque sortie à Pré-Au-Lard.

- C'est vraiment génial professeur ! Les élèves vont être aux anges avec tout ce stock !

- C'est sûr Miss-Granger ! Attendez moi ici il faut que je parle à Mr. Flume.

« C'est vraiment génial professeur, c'est mon idiot de petit ami avec la capacité de réflexion d'un nourrisson qui va être content ! » imita grossièrement le Serpentard avec une petite voix irritable alors qu'il passait derrière Hermione. La jeune fille attendit que le professeur Gobe-Planche soit sortie de la pièce en suivant le propriétaire de la boutique pour se retourner furieusement vers le Serpentard qui venait d'enfouir dans la poche de sa cape un petit paquet de Gnomes au poivre.

- Qu'est ce que tu viens de dire Malefoy ? Demanda-t-elle furieusement. Non tu sais quoi pas besoin de me répéter tes horreurs, je peux presque les deviner à force ! Ron est tout sauf bête alors je t'interdis de-

- Tu veux vraiment prendre son partit en ce qui concerne ses capacités intellectuelles ? Le partit de celui qui n'est même pas capable de remplir un devoir seul sans recopier sur toi ?

Hermione s'arrêta un instant alors qu'elle était prête à renchérir.

- Comment tu sais ça, toi ? Demanda-t-elle les sourcils froncé de surprise.

- J'aurais pu parier ma baguette, Granger, dit-il d'un air fier d'avoir touché dans le mille.

- Peu importe ! C'est pas parce qu'il est mauvais à l'école que c'est une une personne bête ! Ron est la meilleure personne que j'ai pu connaître et je suis vraiment désolée s'il t'es impossible d'avoir une amitié véritable et non basée sur les capacités intellectuelles ou sur le statut social d'une personne !

Drago plissa ses yeux d'un air mauvais en écoutant les paroles de la brune, ses yeux gris comme un ciel orageux la scrutait avec une mine de dégoût sur les lèvres.

- Même s'il me payait pour je refuserais de lui parler plus de deux minutes. Être ami avec quelqu'un qui agit comme un enfant et qu'il faut couver comme une mère par peur qu'il fasse un caprice, c'est pas pour moi franchement.

- Ah oui pardon j'avais totalement oublié que tu es le pro des relations amicales ! Toi qui as pour seuls « amis » deux brutes qui te servent de garde rapprochée et ta fiancée qui a été choisie par ton papounet chéri !

La tension était à son comble pour les deux ennemis, signe que chacun d'entre eux touchait une corde sensible.

- Je t'interdis de parler de mon père, dit-il d'un air dur.

- Et moi je t'interdis de parler de Ron ainsi.

- Tu le crois vraiment si futé hein ? Demanda-t-il avec mépris

- Bien plus futé que toi.

La moue de Malefoy se tira en une grimace dédaigneuse qu'elle avait tant eut l'habitude de voir toutes ces années.

- C'est pour ça qu'il est même pas capable de se rendre compte que tu l'aimes alors ?!

À ces mots, il y eut un silence si tendu que le monde autour d'Hermione semblait rapetisser. Les mots de Drago Malefoy prononcés si durement résonnèrent longtemps dans la pièce vide. Les yeux du Serpentard étaient si froids qu'ils la déstabilisèrent un instant, avant que sa rage ne reprenne le dessus. Elle ne pouvait pas se laisser marcher dessus, elle refusait d'avoir cette conversation avec lui. Le regard de la brune était si dur qu'il en aurait fait redouter plus d'un, mais pas lui.

- Ça n'a rien à voir Malefoy, dit-elle d'un ton implacable.

- Ça à tout à voir Granger. Ça ne te déranges pas cette fois hein ? Pesta-t-il l'air mauvais.

- De quoi tu parles ? Se plaint-elle.

- Je viens de dire que la belette était ton petit ami, et la seule chose que tu as retenu c'est que je l'ai insulté. Et tu n'as pas nié quand j'ai dis que tu étais amoureuse de lui. Toi la petite Miss-Je-Sais-Tout qui aime tant la justesse des mots.

- Et qu'est-ce que ça peut te faire ? Demanda-t-elle furieusement. Tu ne me connais pas Malefoy.

Pendant un instant aucun des deux ne prononça un mot, ils se regardaient férocement sans se lâcher des yeux.

- Tu as raison je te connais pas, Granger.

Drago ferma les yeux un instant en prenant une grande bouffée d'air et lorsqu'il les rouvrit il détourna son regard dur de Hermione. Un simple geste, une mâchoire contractée, des lèvres pincées et un regard fuyant, une simple phrase murmurée à soi-même « À quoi je joue ? », suffirent pour que Hermione ressente cette terrible impression de s'écraser de très haut.

Un pincement au cœur mais surtout, une trop grande fierté pour revenir en arrière l'empêcha d'apaiser la situation. Pourquoi le ferait-elle après tout ? Elle était Hermione Granger et il était Drago Malefoy, elle n'avait aucun compte à lui rendre et tant pis si ses mots étaient parfois trop durs car ceux de son ennemi l'avaient touchés à trop nombreuses reprises. Hermione se consola en se disant qu'il l'avait mérité, pour tout ce qu'il lui avait fait subir toutes ces années, et surtout, la jeune fille ne comprenait pas pourquoi ses mots semblaient avoir touché le si imperturbable Drago Malefoy. Lui qui était semblable à l'eau glacée d'un lac, toujours impassible et indifférent. Drago Malefoy, l'imperturbable Prince des Serpentards, lui qui ne laissait jamais ses émotions le gagner et pendant un certain nombre d'années, Hermione pensait que son tyran n'en avait aucunes. Cette question taraudait l'esprit de la brune tout le long de sa scolarité, pourquoi était-il si froid si vile et manipulateur ? Il n'y avait aucune faille dans son jeux, si son attitude en était un. Tout avait toujours été parfaitement lisse et constant dans son comportement, toujours la même haine injustifiée toutes ces années, cette fierté d'être un Serpentard et envers et contre tout un Malefoy. Le seul et l'unique héritier de la prestigieuse famille Malefoy, cette fierté de son rang et surtout, de son sang. Tout avait toujours été parfaitement lisse et constant dans sa haine pour tout ce que Hermione représentait, pour lui, elle n'était qu'une Sang-de-Bourbe, une fille dont le sang était salit par ses propres parents, sa simple existence provoquait chez lui un dégoût.

Alors oui, il ne la connaissait pas. Et il n'avait aucune raison d'avoir envie de la découvrir, et ce simple fait était établit depuis le premier jours. Alors pourquoi cette affirmation lui faisait si mal ?

- Et bien les enfants c'est quoi cette ambiance ici ? Demanda le professeur Gobe-Planche la mine amusée alors qu'elle rentrait en trombe dans la pièce suivit du propriétaire de la boutique.

Aucun des deux élèves ne répondit, et Drago pesta entre ses dents des mots qu'Hermione ne put et ne voulut comprendre.

Le professeur Gobe-Planche s'arrêta un instant pour regarder les deux élèves d'un air suspicieux, puis elle se dit qu'elle n'avait pas que ça à faire de régler les problèmes entres élèves, et surtout pas se frotter aux problèmes entre Gryffondor et Serpentards. En réalité elle s'était presque inquiétée de voir ces deux élèves ci en particulier agir comme s'ils étaient amis depuis le début de cette retenue.

- Bon ! Les enfants ! J'ai convenu avec le professeur McGonagall de votre punition pour ce soir, entreprit-elle d'expliquer.

« Être avec cette Sang-de-Bourbe est déjà une punition suffisante... » grommela Malefoy entre ses dents tandis qu'ils se tenait les bras croisés en retrait du professeur et de Hermione.

- Qu'avez vous dit Mr Malefoy ? Demanda le professeur abruptement.

- J'ai dis qu'on était plus des enfants.

La bonne femme ne répondit qu'en pouffant un rire avant de reprendre ses explications. Hermione se retourna vers le Serpentard et mima furieusement « C'est quoi ton putain de problème ? » avec ses lèvres pour que le professeur ne l'entende pas. Le blond la regarda avec dédain de haut en bas avant de répondre sans un bruit lui aussi et en mimant très distinctement « C'est toi mon putain de problème. » tout en terminant sa phrase par son implacable mouvement dédaigneux du menton accompagné de la moue presque dégoûtée que prenaient ses lèvres.

Hermione plissa les yeux avant de se concentrer pleinement sur les explications que le professeur donnait :

- … et donc vous devrez ramener ces cartons sans aide magique comme le professeur McGonagall me l'a spécifié.

- C'est une blague ? Pesta Drago.

- Le professeur McGonagall n'est pas du genre à faire des blagues Mr. Malefoy, aboya le professeur. Mais j'allais y venir, vous n'aurez qu'un seul carton par personne à porter jusqu'au château car je prends en compte leurs taille et leurs poids bien évidemment. J'emporterais le reste des cartons moi même grâce à la magie, aussi car sinon nous y serrons encore demain matin !

La grande femme fit un petit mouvement de baguette et quatre cartons se mirent à voleter l'un derrière l'autre derrière elle avec une aisance surprenante tandis qu'elle sortait déjà de la boutique.

- Allez jeunes gens on y va tout de suite ! Reprit-elle. C'est impensable que je dépasse l'heure qui m'a été donné par Minerva, j'ai bien mérité mon week-end moi !

Hermione se retrouva un peu hébétée pendant un instant devant les deux gigantesques cartons qui se tenaient devant elle.

- Bon t'attends le déluge Granger ?

Elle prit une si grande inspiration que Drago pensa qu'elle allait s'envoler. La jeune fille était si exaspérée qu'elle songea un instant réitérer leurs petite altercation en troisième année. Mais Hermione finit par se dire que le lieu n'était pas adéquat et qu'elle risquerait une nouvelle année de retenue ou encore pire, elle risquerait de perdre son insigne de préfète.

- J'attends le jour où tu la fermeras mais je pense que ça sert à rien vu que tu n'es même pas capable de tenir deux secondes.

Elle ponctua ses mots en se dirigeant vers un des deux cartons et entreprit de le soulever. Hermione fut si surprise du poids qu'elle faillit tomber en arrière, mais elle se contenu et ne perdit pas pieds devant Malefoy. Elle ne se ridiculiserait pas devant lui et encore mieux, elle ne se montrerait jamais en état d'infériorité face à lui, elle n'avait besoin de l'aide de personne.

Le carton était si grand dans ses bras qu'il dépassait sa tête et ne lui permettait pas de voir devant elle. Tant pis, Hermione partait déjà vers la porte que malheureusement, le professeur Gobe-Planche avait laissé se refermer derrière elle.

- Merde putain... jura Hermione entre ses dents sous l'effort.

La jeune fille étant de dos elle ne put voir la mine du blond s'illuminer derrière elle.

- Je te sens un peu sur les nerfs Granger, ironisa-t-il en venant se tenir à côté d'elle tranquillement. C'est pas tout les jours que je t'entends jurer.

- Je me demande pourquoi... siffla la jeune fille qui commençait à avoir mal aux jointures de ses mains.

- Besoin d'aide peut-être ? Demanda-t-il un rictus amusé et supérieur sur le visage.

- Certainement pas. Dégage de ma vue espèce de fouine, dit-elle en déposant le carton à côté de la porte pour l'ouvrir.

Drago leva les mains en l'air au niveau de son visage en signe capitulation, son regard toujours amusé de la voir en difficulté.

La jeune fille ouvrit la porte et la tint avec son pied tout en récupérant le carton au sol avant de rapidement sortir de la boutique, fermant la porte au nez du Serpentard qui venait de lui aussi récupérer son carton.

L'air frais de la nuit parvint au visage d'Hermione et lui fit du bien, la colère lui était montée à la tête et elle n'avait à présent qu'une seule envie : rentrer dans son dortoir pour être le plus loin possible de cet idiot.

Elle, amoureuse de Ron ? Et d'ailleurs, qu'est-ce que ça pouvait lui faire ? Ça ne le regarde absolument pas ! Bien sûr, elle aimait Ron oui, toutes ces années. Et oui, il ne l'avait jamais remarqué, mais le fait que Drago Malefoy lui-même, l'avait remarqué la mettait en rogne d'une façon qu'elle-même ne comprenait pas. Pourquoi cet idiot de Ron n'était pas capable de le comprendre après cinq années alors que cet idiot de Malefoy à qui elle ne parlait que depuis moins de deux mois l'avait deviné ?

- Attention t'as de la fumée qui sort des oreilles Granger, s'éleva la voix si caractéristique du Serpentard alors qu'il passait aisément à côté d'elle malgré qu'il portait lui aussi le carton dans ses bras.

- Au moins moi j'ai pas volé des Gnomes au Poivre chez Honeydukes pour avoir besoin de fumer de la tête, renchérit-elle.

Il y eut un silence où Hermione ne put savoir la réaction du blond car il marchait maintenant devant elle, son carton l'empêchait de voir où elle mettait les pieds.

- Tu l'as vu, et tu n'as rien dis à personne ? S'éleva la voix du blond devant elle.

- Écoutes Malefoy, j'ai pas que ça à faire. Voles ce que tu veux, harcèles qui tu veux, fais tes petites crises à qui tu veux, ronchonnes comme tu veux mais s'il te plais fais tout ça loin de moi, j'en ai ma claque ce soir.

Drago allait renchérir mais Hermione reprit de plus belle, elle avait besoin de tout sortir.

- J'en peux plus de tes petites sautes d'humeur ok ? Un moment ça va bien et l'autre tu t'acharnes sur moi sans aucune raison. Alors tu vois je crois bien que dans l'histoire c'est toi l'enfant et pas Ron.

Il y eut un silence, et Hermione remercia ces immense boîtes de l'empêcher de voir la mine du blond, tout était beaucoup plus facile à dire lorsqu'elle ne faisait pas face à ses yeux orageux. Hermione allait reprendre de plus belle lorsqu'elle se prit une grande masse bien fixée au sol de plein fouet.

- Putain Granger tu pourrais éviter de me foncer dedans comme ça ! T'as vraiment une de ces manies quand il s'agit des violences physiques... grogna Drago Malefoy.

- Il s'agirait aussi de ne pas t'arrêter plein milieu du chemin imbécile ! Cria-t-elle alors qu'elle était à deux doigts de tomber en arrière sous le poids du carton remplit de confiseries qu'elle portait. Je vois pas devant moi je te rappelle !

Drago n'ajouta rien d'autre qu'une sorte de grognement de mécontentement avant qu'Hermione entende le bruit de ses pas sur le chemin boueux qui mène vers le château reprendre de plus belle. Et la jeune fille ne put s'empêcher de penser que à peine moins d'une heure avant les deux ennemis marchaient tranquillement et presque amicalement vers le village, rien ne pouvait être plus opposé que ça, rien ne pouvait être plus opposé qu'eux.

Hermione ruminait encore plusieurs minutes sur le long chemin qui menait vers les portes d'entrées du château dans le silence le plus total. Un hiboux au loin hululait et la lune était à présent haut dans le ciel et illuminait d'une lumière bleuté les environs. Hermione avait de plus en plus de mal à tenir le carton dans ses bras et passait son temps à gigoter et changer la position de ses mains qui lui faisaient maintenant terriblement mal, la jeune fille était aussi très concentrée à ne pas trébucher sur toutes les pierres qui jonchaient le sol et qu'elle avait du mal à voir. Elle appréciait le fait que Drago, qui semblait marcher tranquillement devant elle vu le bruit constant de ses pas, ne disait rien de plus. La jeune fille n'aurait pas supporté d'autres remarques désobligeantes que ce soit sur elle ou sur ses amis.

- Branche.

- Quoi ? Demanda-t-elle confuse.

La seconde qui suivit Hermione se retrouva confusément assise sur l'herbe trop humide qui jonchait les deux côté du chemin. La grande boîte à quelques mètres d'elle et ses hanches lui faisant affreusement mal.

- J'avais dit branche espèce d'empotée, dit-il alors qu'il déposait son carton sur celui d'Hermione avant de se diriger vers elle.

- Tu aurais pu être un peu plus clair quand même ! Dit-elle en se dépoussiérant les paumes des mains rageusement.

Elle remarqua que la paume de sa main droite était ouverte et saignait. Il manquait plus que ça, se disait-elle alors qu'elle tentait de nettoyer la terre pour y voir mieux.

- Bien joué, s'éleva la voix de Drago tout à coup bien trop proche d'elle.

La jeune fille sursauta un petit peu avant de dévisager d'un air ahurit le jeune homme qui se tenait maintenant accroupit près d'elle et qui examinait sa main d'un regard tranquille bien que ses sourcils soient froncés comme à son habitude.

- Tu arriveras à soigner ça ? Demanda-t-il tandis que Hermione cachait le sang qui coulait le long de sa paume de son regard dur sans aucune raison.

- Tu me prends pour qui Malefoy ? C'est de la sorcellerie élémentaire !

- Que très peu de sorciers de notre âge savent mettre en pratique sur eux même, renchérit-il calmement.

Il avait raison, et Hermione ne sut quoi lui répondre.

- Et bien moi si figures toi !

- Bien sûr, tu as emprunté Soins des blessures minimes et moyennes au moins trois fois rien que cette année, souffla-t-il alors qu'il se relevait difficilement.

Ce fut au tour de la jeune fille de froncer les sourcils d'un air surpris.

- Si tu faisais un peu plus attention à ce qui t'entoure Granger tu saurais que la bibliothèque ne t'es pas exclusive, expliqua-t-il sans qu'elle ne doive demander comment il pouvait savoir quel livre elle empruntait.

Une fois que le Serpentard avait défroissé sa robe de sorcier, Hermione qui était toujours assise sur l'herbe froide fut encore plus surprise de voir une main fine et soignée se tendre devant son visage étonné. Hermione regarda sa propre main pleine de sang avant de lancer un regard interrogateur au blond qui n'avait pas bougé. Son regard perçait celui de la jeune fille, il lui tendait une main assurée en une sorte de promesse non formulée de paix pour la soirée, et Hermione n'osa pas y songer mais, elle symbolisait peut-être aussi un pardon qu'il n'osait pas avouer.

Sa main ensanglantée empoigna la main forte et presque glacée de Drago qui la fit se relever beaucoup plus aisément qu'elle ne l'avait espéré.

Il sonda Hermione d'un regard qui semblait sans aucun doute lui demander si ça irait pour elle, et Hermione acquiesça d'un petit signe de tête. Drago fit alors volte face, se dirigea rapidement vers les deux boîtes et souleva la sienne avant de reprendre son chemin tranquillement. Hermione ne put s'empêcher de voir que l'intérieur la main droite de Malefoy était d'un rouge écarlate sur sa paume nacrée. Hermione prit une seconde pour observe sa propre main, le sang s'était étalé sur la quasi-entièreté de sa paume, le sang qui était si sale selon lui, était maintenant répandu sur sa propre peau. Et il s'en fichait.

Hermione agrippa le carton comme elle put, il ne lui restait plus que quelques mètres pour arriver à la grille de l'école. Elle marchait le plus vite possible et se trouva rapidement non loin de la hutte de Hagrid, dont la lumière éclairait toujours les alentours, la porte du Garde-Chasse était entre-ouverte et la voix de Madame Gobe-Planche s'y échappait.

- Oh posez ça ici mon garçon, et retournez vite dans vos dortoirs ! Il est plus que l'heure !

Une fois que Hermione était arrivée sur le pas de la porte, elle vit la silhouette de Drago Malefoy marcher rapidement vers les portes du château. Il était déjà partit. Hermione déglutit difficilement et entra dans la hutte où la chaleur du feu de cheminée l'assénât aussitôt. Une pile de quatre cartons parfaitement superposés dans un coin lui indiquait où elle devrait poser le sien, Madame Gobe-Planche étant occupée à raviver les flammes dans la cheminée ne l'avait pas remarquée. Hermione posa alors son carton au sol, et fut plus que soulagée lorsqu'elle fut débarrassée du poids. Elle étira son dos avant que son regard ne se pose sur le carton juste à côté du sien, elle remarqua tout de suite sur le côté droit une marque rouge foncée de la forme de la main de Drago estampée sur la boîte. Un petit sourire s'étala sur son visage lorsqu'elle remarqua que la même marque était disposée presque à l'identique sur le carton qu'Hermione avait porté.

La jeune fille fut si prise par ces deux petits détails qu'elle mit du temps à remarquer le petit sachet noir qui était déposé sur le carton que Drago avait déposé.

Elle fut si étonnée que Hermione vérifia que le professeur Gobe-Planche était toujours occupée et ne la regardait pas. Alors comme un enfant trop curieux, Hermione prit le paquet du carton et se mit dos au professeur, mais dans ce mouvement quelque chose tomba sur le sol. Hermione enfouit le paquet dans sa poche et s'accroupit pour mieux voir un petit objet était effectivement tombé, Hermione le prit en prenant soin de ne pas faire trop de bruit.

Accroupie au milieux des cartons, la main toujours pleine de sang, Hermione examina le minuscule objet qui avait été placé là par le Serpentard.

Un petit pin's représentant un angelot visant avec son arc et dont la petite flèche se finissait d'un cœur rouge sang gisait dans la main de la brune dont le sang avait séché. Les petites ailes de l'angelot tourbillonnaient inlassablement et Hermione se retrouva à sourire bêtement lorsqu'elle réalisa que ce que Mrs Pieddodu avait soufflé à l'oreille du blond dans la boutique était probablement au sujet de cet angelot. La vieille femme avait dut le lui donner à ce moment là, et ce détail emplit le cœur de Hermione d'un sentiment qui lui plaqua un sourire aux lèvres. L'image de Drago chassant avec une si grande conviction les angelots qui voletaient au dessus de leurs tête ne quittait pas l'esprit d'Hermione et la fit pouffer de rire.

- Vous ne rentrez pas dans votre dortoir Miss Granger ? Demanda le professeur Gobe-Planche et fit sortir Hermione de ses rêveries. Votre baguette est sur la table.

- Oh, si bien-sûr professeur, répondit-elle en récupérant sa baguette et elle se dirigea vers la sortie. Bonne soirée !

Le professeur acquiesça dans un grognement et Hermione se dépêcha d'entrer dans le château. Aussitôt, elle sortit le sachet qu'elle avait caché dans sa poche et fut surprise de voir le paquet de Gnomes au Poivre que Drago avait « emprunté » chez Honeydukes. Un petit sourire exaspérée s'étendit sur ses lèvres et ses yeux brillèrent d'une petite lueur espiègle tout le long de son chemin vers sa salle commune.