- C'est inadmissible ! S'exclama le professeur Ombrage en jetant un œil aux deux badges de préfets, juste à côté de l'angelot. Et bien je vois qu'en plus vous êtes préfets ! Bien le bravo jeune gens, s'exclama-t-elle avec un sourire.
Les deux élèves se tenaient relativement droit et jugeaient plus sûr de ne rien dire.
- Et qu'est ce que c'est que ça ? Dit-elle alors qu'elle enlevait une feuille des cheveux de Drago qui se recula avec dégoût. Qu'est-ce que vous faisiez tous les deux ?
- On rentrait seulement de retenue... s'expliqua Hermione.
- Et bien que faites vous là alors ? Demanda-t-elle son sourire implacable sur le visage.
- On allait voir le professeur McGonagall qui nous as demandé dans son bur- commença à expliquer Hermione avant de se faire couper par le rire aiguë de la meringue géante.
- Et bien vous pouvez toujours essayer jeunes gens, mais le professeur McGonagall n'est pas là ce soir, ria-t-elle. Alors arrêtez de vous payer ma tête ! Suivez moi.
Hermione fit les gros yeux à Malefoy pour chercher une réponse alors que le professeur Ombrage leurs tournait le dos en les invitant à la suivre dans les couloirs sombres du château. Drago fit semblant de ne pas voir le regard interrogateur de la brune et suivit le professeur sans un mot.
- Et vous n'allez pas me faire croire qu'en sortant de retenue vous êtes débraillés à ce point ! Dit-elle alors qu'elle marchait rapidement avec de petits pas qui faisaient résonner le bruit de ses talons sur le sol froid. Un garçon et une fille qui se baladent à cette heure si tardive dans les couloirs non mais ! La situation est bien pire que je ne l'imaginais à Poudlard !
La tête d'Hermione semblait presque lui tourner tellement elle était perdue. Drago avait-il mentit ? Allaient-ils se faire doublement mettre en retenue ? Quelle excuse devait-elle donner si Drago Malefoy ne voulait en aucun cas l'aider ?
Les deux élèves suivaient le professeur Ombrage dans les couloirs jusqu'à son bureau, Hermione marcha volontairement plus lentement et arrêta le Serpentard sur son chemin.
- C'est quoi ça ? Chuchota-elle furieusement.
Comme réponse Drago ne lui donna qu'un regard mauvais et voulut reprendre sa route mais Hermione tenait maintenant fermement son bras.
- À quoi tu joues ? Força Hermione.
Drago arracha son bras de sa poigne d'un geste vif.
- À toi de me le dire, dit-il sans regarder Hermione tout en reprenant sa marche. À quoi on joue ?
Hermione réfléchit en une fraction de seconde, il fallait qu'il lui obéisse pour qu'il arrête de n'en faire qu'à sa tête.
- Action ou vérité Malefoy, commença-t-elle avant de se faire immédiatement couper par le blond.
- Action.
Il y eut un court silence.
- Sors nous de ce pétrin Malefoy, je te jure c'est impossible que je sois en retenue avec elle ! Et encore moins avec toi !
Et Hermione fut plus que surprise de voir Drago se diriger rapidement vers le professeur Ombrage. Ils échangèrent un mot, et soudain lorsqu'il furent parfaitement arrivé devant son bureau, le professeur Ombrage se tourna vers Hermione et la regarda d'un air condescendant. Drago Malefoy lui, détournait le regard.
- Bien Miss..., hésita-t-elle un instant avant de passer outre. Je vais avoir une petite discussion avec Mr. Malefoy dans mon bureau, vous nous attendrez ici.
- Euh, oui bien sûr... Oui parfaitement. Répondit-elle difficilement.
Et sans attendre la réponse de Hermione Dolores Ombrage et Drago Malefoy étaient déjà à l'intérieur du bureau. Et Hermione était plantée là.
Elle resta dans le couloir pendant ce qui lui parut plus d'une heure, elle avait décroché l'angelot de son pull, le fixant inlassablement battre des ailes. Hermione avait renoncé à rester debout et s'était assise sur le sol froid du couloir, elle avait même commencé à compter les minutes qu'ils passaient dans ce bureau.
Hermione eut le temps de se poser toutes les questions du monde avant qu'il sortent de cette pièce.
Mais surtout, elle eut le temps de remettre ses idées en place, depuis le début de sa retenue ce soir là jusqu'au moment où elle se faisait attraper par Ombrage, son esprit était embrouillé.
Avec Drago Malefoy, tout était toujours si confus, entre la haine et... quoi que ça puisse être, la limite était bien trop fine. Bien trop floue, et ils passaient de l'un à l'autre avec une facilité déconcertante. Si déconcertante que même Hermione était perdue. Entre les citrouilles, l'amusement, la dispute bien plus explosive que d'habitude puis Fred et le mensonge de Drago, Hermione n'y voyait plus clair.
Entre le petit objet qu'elle gardait entre ses doigts et le regard froid d'un garçon. Entre l'ange et le démon, Hermione n'arrivait pas à le cerner.
Elle caressa le badge de son pouce, et un sentiment étrange prit part d'elle, le même que celui de ce soir là, sur le chemin de retour de chez Mrs Pieddodu, ce sentiment de chaleur qu'Hermione avait ressentit. Le même sentiment qui l'avait accaparée toute entière quand sa main de glace n'avait pas hésité à prendre la main ensanglantée d'une Sang-de-Bourbe, le même sentiment qui l'avait poussé à goûter ce stupide bonbon le lendemain matin.
Mais cette fois ce sentiment lui paraissait acre, lorsqu'elle tenait dans ses mains cet objet si fragile elle voyait le regard fuyant du garçon. Pourquoi n'avait-elle jamais d'explication ? Pourquoi partait-il toujours sans rien dire, comme s'ils étaient tous les deux dans un gigantesque jeu de devinette et Hermione se devait de trouver les réponses aux actes incompréhensible de Drago Malefoy. Elle n'en pouvait plus, et c'est lorsqu'elle se dit qu'elle le ferait parler que la porte du bureau d'Ombrage s'ouvrit.
Hermione se releva alors que Drago sortait du bureau et que la porte se referma immédiatement derrière lui.
- Qu'est-ce que... ? Demanda Hermione dans un souffle tout en regardant la grande porte belle et bien fermée.
Lorsqu'elle se retourna, le Serpentard était déjà loin dans le couloir. Hermione le rattrapa en courant, tenant fermement le petit ange dans sa main.
- Qu'est ce qu'il s'est passé Malefoy ? Elle ne vas pas nous mettre en retenue ? Demanda-t-elle cherchant désespérément le regard du blond qui était fixé droit devant lui loin au fond du couloir.
Aucune réponse tandis qu'il marchait rapidement et d'un pas sûr en direction des escaliers. Hermione sentait un nouveau sentiment prendre part d'elle, à nouveau, la rage, elle se plaça devant lui, le stoppant d'une main sur son torse.
- Drago Malefoy tu vas me dire tout de suite ce qui vient de se passer ! S'écria-t-elle d'un air dur.
Le Serpentard semblait d'abord surpris, peut-être par la façon dont elle venait de s'imposer devant lui avec son regard de braise ou alors surpris du son mélodieux que son prénom prenait sortit de sa bouche, quoi qu'il en soit, il se reprit très rapidement.
- Tu m'as demandé de régler le problème Granger, tu veux t'en plaindre maintenant ? Demanda-t-il sarcastiquement. Le problème est réglé, c'est tout ce que tu as à savoir.
- Non ce n'est pas « tout ce que j'ai à savoir » ! s'écria-t-elle le moins bruyamment possible. Alors maintenant on s'arrête et tu vas prononcer plus que deux phrases mystérieuse et pleines de suspens pour une fois dans ta vie !
Hermione était si furieuse qu'elle martelait presque de son poing le torse du blond, le faisant se reculer jusqu'à ce qu'il soit dos au mur, littéralement. Elle ne lui laisserait plus le choix de s'enfuir cette fois. Elle se sentait puissante, plus forte que jamais, et son regard semblait briller d'une flamme ardente.
- Qu'est ce que tu veux que je te dise Granger ? Demanda-t-il violemment, une moue pleine de révulsion sur son visage malgré le fait qu'il n'osait pas bouger du mur froid du couloir.
Hermione se retrouva à nouveau confuse sur l'instant, que voulait-elle qu'il dise ? Des questions lui brûlaient la langue et auraient voulues sortir sans aucun filtre, mais Hermione elle même ne comprenait pas ces questions.
- Pourquoi avoir accepté ces jeux idiots ? Pourquoi tu te moques pas de moi en dehors de nos retenues ? Pourquoi... pourquoi ce stupide pin's ? Cette stupide plume ? Ces stupides bonbons ? Pourquoi ces petites attentions ? Pourquoi me tenir la main tant de fois ? Pourquoi ces regards ? Pourquoi tu me montres cette facette de toi ? Je veux pas la voir ! Je veux pas la voir parce que je supporte pas ne pas la comprendre ! Alors montre la moi complètement ou ne me la montre pas du tout ! Parce que je supporte pas la nouvelle vision que j'ai de toi... Si seulement tu pouvais redevenir simplement l'idiot d'harceleur de Poudlard !
Des larmes lui étaient montées aux yeux sans même qu'elle ne comprenne pourquoi, encore une question qui n'aura aucune réponse. Car rien de toutes ces questions n'était en fait sortit de sa bouche.
- Alors ? Demanda-t-il, la faisant sortir de ses pensées, elle releva les yeux vers le blond qu'elle plaquait toujours fermement contre le mur.
Et pour la deuxième fois de la soirée, Drago Malefoy était surpris, surpris que les yeux avant enflammées de la lionne étaient maintenant comme submergées par la marée, une marée qui n'avait tout de même pas perdue de sa violence, ni de sa grandeur. Dans ses yeux noisettes, si noisettes qu'ils semblaient presque rouges, Drago la voyait comme pour la première fois.
Et quoi qu'il ait vu dans ce regard, il repensera longtemps au geste instinctif qu'il a eut cette nuit là.
Drago releva sa main pour rencontrer la joue d'Hermione. Ses doigts longs et fins étaient froids comme du marbre sur la peau chaude de la lionne. Son pouce caressa sa peau de miel pour effleurer le coin de son œil et retirer une larme.
- Qu'est-ce que tu veux savoir Granger ? Demanda-t-il une nouvelle fois, et jamais Hermione n'avait entendu ce ton dans la voix du Serpentard.
Et Hermione était perdue dans les yeux gris du garçon, la fixant d'une façon dont jamais personne ne l'avait jamais regardé. À cet instant Hermione eut l'impression qu'elle le voyait pour la première fois. Son poing toujours fermement posé sur sa poitrine, elle tenait d'une poigne de moins en moins forte l'ange alors que son corps entiers frissonnait à son touché.
Alors qu'il replaçait une mèche derrière l'oreille de la Gryffondor, il semblait scruter la moindre parcelle de son regard.
- Action ou vérité, demande moi de dire la vérité Granger, dit-il alors que les yeux de Drago déviaient entre les siens, comme s'il ne pouvait pas décider lequel des deux était le plus beau.
Après ces mots de Drago, les questions qui taraudaient l'esprit d'Hermione Granger avaient disparues.
- Non, dit-elle pleine d'assurance. Choisis action, et tiens toi-y.
Drago semblait ne pas savoir quoi lui répondre, Hermione releva un sourcil en attente d'une réponse de sa part. Le blond acquiesça d'un signe de tête alors qu'il faisait toujours dos au mur de pierres froides.
- Montres-toi à moi, Malefoy. Reprit-elle alors que son regard était encré dans ses yeux gris. Montres moi le vrai toi, celui que je vois maintenant, pas celui que tout le monde espère que tu sois. Dévoiles toi à moi et je saurais devenir ce dont tu as tant besoin.
Peut-être était-ce trop pour lui, qui avait toujours apprit à repousser quiconque menaçait son mur de pierres qu'il avait apprit à construire tout autour de lui. Peut-être ne savait-il pas comment réagir autrement, mais à cet instant Drago Malefoy agit par instinct. Il repoussa la main chaude qu'Hermione avait posée sur son torse, par instinct.
- Tu penses me connaître Granger ? Ne crois pas que ton âme charitable dégoûtante de Gryffondor peut quelque chose pour moi ! Ta manie de vouloir aider les plus faibles tu peux te la garder. J'ai pas besoin d'aide ! S'écria-t-il dans un sorte de murmure plein de haine. J'ai pas besoin d'aide ! Pas de toi. Pas d'une Sang-de-Bourbe ! Tu penses tout connaître hein, tu crois que tu peux tout mémoriser, tout percer à jour, tout retenir ?
Il écrasa l'ange tombé violemment sur le sol après qu'il ait repoussé Hermione, par instinct.
- Gardes ça pour ta bonne conscience, reprit-il en s'approchant d'elle d'un pas nonchalant et supérieur. Je sais bien que tu penses que tout connaître, tout apprendre par cœur, peut compenser le fait que ta magie ne t'appartient pas, n'appartient pas à ta famille, qu'elle n'est qu'une chance. Continues ton petit jeu, mais moi je vois bien qu'au fond de toi tu as simplement peur de ne pas être assez bonne pour nous, les vrais sorciers. Parce que au fond, tu le sais bien, que ta magie ne t'appartient pas comme elle nous appartient à nous, que tu n'es pas digne de ta magie. Alors tu te noies dans tes livres, pour compenser, pour gagner le peu de respect que tu puisses avoir des vrais sorciers. Alors ton petit jeu de petite sorcière modèle et autoritaire tu peux te le garder, ça ne marche pas avec moi. Et encore pire, ne fais surtout pas semblant de me donner ta pitié comme si on était une sorte de... de je ne sais quoi sachant que ta première peur, la toute première, quand Ombrage nous a attrapé était le fait que tes petits amis saches qu'on ait été ensemble cette nuit. Je ne suis pas un prix que tu peux te vanter d'avoir reçu, je ne suis pas une sorte d'expérience que tu dois compléter, et encore mois ton ami, ni un elfe à sauver, dégages de ma vue. Crèves écrasée par ton savoir Granger.
La jeune fille sembla presque stoïque devant cette réaction, ce qui enragea Drago tout autant qu'il en eut presque peur. Son regard était figé sur l'ange maintenant fissuré sur le sol.
- C'est terminé, commença-t-elle d'une voix dure mais reposée. C'est terminé Malefoy, c'est la seule chance que je t'ai donnée, et tu l'a cassée, dit-elle en regardant l'angelot dont les ailes ne bougeaient maintenant plus.
Il y eut un silence, et Hermione releva des yeux vides vers lui.
- Tu as raison, tu n'as pas besoin d'aide, tu n'as pas besoin de ma pitié, tu as besoin de personne. Et j'ai bien compris que toute personne qui tente de t'approcher aurait forcément de mauvaises intentions en ton égard, Ô toi le grand Drago Malefoy. Alors restes tout seul. Et j'espère du fond de mon cœur que tu vas continuer à repousser tout le monde toute ta triste vie, et que, quand tu finiras seul, dans ton manoir vide, à y pourrir, j'espère que tu regrettera ce moment. Parce que j'étais prête à... j'étais prête à te tendre la main. J'espère que ton sang et ta magie si pure te tiendront bonne compagnie.
Hermione et Drago se regardèrent, avec toute la haine et le dégoût dont il était possible de mettre dans un regard, sans aucun mot. La mâchoire de Drago semblait si crispée et le reflet de la lune l'entourait d'une sorte de halo blanchâtre. Après quelques secondes, Hermione brisa ce contact, jeta un dernier coup d'oeil au semblant de souvenir qui gisait maintenant brisé au sol, puis elle voulut partir. Et elle serait partie, si seulement des doigts aussi froids que la pierre ne lui avaient pas agrippés l'avant bras, ne l'avaient pas faite se retourner si facilement.
Et tout à coup, il était contre elle, et elle était contre lui. Si près qu'elle sentait la froideur ses lèvres sur les siennes, sa main gelée dans son cou, encerclant sa mâchoire, et son autre main avait quitté son poignet et épousait parfaitement son bassin. Leurs corps ne formaient plus qu'un et leurs visage étaient tout deux légèrement penchés, leurs bouches légèrement ouvertes, leurs yeux légèrement fermés comme une invitation à poursuivre ce geste. Mais ce n'était pas un baiser, pas vraiment, leurs lèvres ne se touchaient pas vraiment. Hermione pouvait sentir le bout du nez de Drago sur sa joue, aussi doux qu'un frôlement. Et ils semblaient tous deux s'être arrêtés dans ce mouvement, comme un duel, comme une confrontation, et leurs lèvres entrouvertes n'attendaient plus que le début du combat. Hermione avait tellement chaud qu'elle hésita une demie seconde à combler ce vide. Et à la seconde ou cette idée lui traversa l'esprit, Hermione se défit de Drago.
À la seconde où sa main froide quitta sa joue, elle sentit étrangement l'air tiède toucher sa peau à nouveau, d'une façon trop désagréable. Elle avait froid, trop froid, et Hermione se précipita vers les escaliers.
Sur tout le chemin, Hermione avait l'impression qu'elle manquait d'air, et lorsqu'elle arriva devant les escaliers qu'elle aurait dû monter, par instinct, elle les descendit. Et plus elle descendait de marches plus l'envie de courir lui prenait. Prenant des bouffées d'air saccadées, comme si ses poumons s'étaient tant rapetissés qu'il lui était impossible de respirer, elle arrivait bientôt dans le grand hall.
Elle avait désespérément besoin d'air, si désespérément qu'elle crut que les derniers mètres qui la séparaient de la grande porte seraient ses derniers. Et quand elle poussa la porte l'air glacial lui piqua les joues comme de milliers de petits aiguilles.
Mais ça ne lui suffisait pas, ce n'était pas le même froid que celui qui lui semblait figée en elle. Elle avait besoin d'aller plus loin, quelques mètres de plus, courant comme si sa vie en dépendait dans la nuit noire, elle se retrouva agenouillée devant l'immense lac noir, dressé devant elle comme un drap noir et luisant.
- L-lumos, dit-elle avec difficulté.
Ce fut lorsque Hermione remarqua son propre reflet dans l'eau qu'elle réussit à respirer plus calmement. Ses mains tremblantes touchèrent la surface glacée du lac et son visage se flouta quelques secondes avant de reprendre un rythme calme et régulier, de petites vaguelettes venaient se déferler doucement sur l'herbe, au rythme du calamar géant qui flottait sans doute tranquillement dans l'eau. Et ce fut lorsque le froid glacial de l'eau lui rappela si délicieusement la main de Drago sur son visage qu'Hermione donna rageusement un grand coup sur son reflet, pile là où ses mains l'avaient délicatement touchée. Le bruit strident fissura la nuit noire, et Hermione tomba en arrière sous la surprise, presque comme si elle ne s'était pas rendue compte qu'elle venait de frapper de l'eau, qu'elle ne s'était pas attendue à être trempée par le retour des gouttes d'eau, parle lac qui se retournait maintenant contre elle.
Il était si froid, ce lac, ce garçon... Et pourtant le toucher lui faisant tant de bien, tellement de bien que ça en était presque instinctif. Un instinct qui se retournait toujours contre elle. Comme un feux ardent, qui réchauffe, qui fait du bien, qui permet de se sentir en sécurité, mais qui brûle. Qui brûle avec tellement de force pour que personne ne puisse s'en approcher.
Et il semblait que peu importait ce qu'elle essayait de faire pour apaiser ce feux ardent, il ne cessait de la brûler. Dans son incessante danse, ses flammes imprévisibles venaient la titiller pour la faire venir à lui, et elle ne pouvait résister, malgré les brûlures. Mais finissant toujours pas la laisser seule et gelée.
C'est à ce moment là, trempée, glacée, assise dans la boue, sa baguette à moitié immergée dans l'eau noire, qu'elle retrouva ses esprits. Hermione se releva alors, avec le terrible sentiment de honte, mêlé à un froid glacial qui l'accompagna jusqu'à sa salle commune.
Et malgré qu'elle ait si froid, Ron était là, endormit dans le grand fauteuil, il était toujours là Ron, il ne brûlait pas. La bouche entre-ouverte son bras inanimé pendant dans le vide. Et Hermione, ses joues presque anesthésiées par le froid, s'assit sur le sol, tout près de Ron. Le feu s'apprêtait à s'endormir dans la cheminée et Hermione ramena ses jambes vers elle, posa la tête contre le fauteuil et son regard se perdit sur la main du roux. Elle resta ainsi longtemps, bercée par la respiration continue et reposante de Ron. Et sans y réfléchir, dans un souffle Hermione toucha les doigts longs et forts de Ron, ils étaient si chauds, Hermione en eut des frissons.
