Coucou ! Je suis tellement désolée du temps que j'ai pu prendre pour le chapitre mais j'ai une bonne raison à cela, donc lisez bien. Donc, je suis en vacances depuis un moment et je passe la plus grande partie de mon temps dans le village où a grandi mon père, au milieu des montagnes, et je n'ai pas de réseau là-bas, aucune connexion internet, rien, nada. Pourquoi je passe la plus part de mon temps là-bas ?
Pour voir la famille de mon père, mais aussi parce que ma grand-mère paternelle a subi une opération à cause de l'eau de puits qu'elle buvait depuis longtemps. À cause de cette eau, un caillou de calcaire s'est formé dans son estomac et, comme elle ne pouvait pas l'éjecter elle-même, elle a dû avoir recours à une opération. Là, elle va très bien, elle remarche normalement.
Seconde chose, je vous avais dit que mon grand-père était malade. Il y a quelques mois, il a fait un AVC, ce qui l'a paralysé des pieds à la tête. Maintenant, il n'est paralysé que du côté gauche, mais il a toujours besoin d'une assistance, c'est donc pourquoi je ne peux pas aller tout le temps en ville pour avoir du réseau. J'espère que vous comprendrez la raison pour laquelle j'ai été inactive pendant ces vacances.
Certains pensent que je peux abandonner la fiction, pas du tout ! Cette fiction, c'est mon petit bébé, je l'abandonne pas. Seulement, elle sera très longue, avec beaucoup de chapitres. J'espère juste que cela ne sera pas fatiguant pour vous et que vous continuerez à lire, à apprécier et à commenter la fiction car, sans vous et vos commentaires, je n'en serais pas là. Ouf, j'ai l'impression de faire un discours aux oscars.
Lumati : Aww, merci ! Comme je l'ai déjà dit, j'aime beaucoup le suspense et je voulais vraiment vous mettre dans l'ambiance, comme si vous faisiez partie de l'histoire, comme si vous étiez à la place de Sakura. En tout cas, j'espère que la réaction d'Itachi te plaira, la vie de Sakura ne sera pas de tout repos.
Saitera : Un rencard entre eux serait tordant, faudrait que j'y pense. Ah, pour Shikamaru, tout sera expliqué ! J'étais à fond quand j'écrivais le chapitre, je suis contente qu'il a plu en majorité. Pour le patient, vous verrez son rôle dans l'histoire. Ah, le charme des Haruno, toujours infaillible. Je garde le secret, mais, en tout cas, tu entendras encore parler du patient. Quant à la fréquence de publication, je peux pas du tout te dire si je pourrai reprendre un chapitre toutes les deux semaines, pour les raisons que j'ai énoncées plus haut.
Satsuki Akatsuki : Ne t'en fais pas je sais parfaitement qui tu es, j'attends tout autant tes commentaires que toi tu attends mes chapitres. Donc j'aime aussi Shikamaru, je le trouve assez complexe mais c'est plaisant d'écrire sur lui, pour ton chéri d'amour tu verras dans les prochains chapitres s'il a rejoint le harem mdr. Dans beaucoup de fanfictions, je vois les auteurs se focaliser sur les deux personnages principaux et laissent derrière les personnages secondaires. Or, pour moi, on ne peut pas vraiment connaître et apprécier un personnage si celui-ci n'interagit pas avec son entourage. La scène avec Naruto et Compagnie devant le lycée est l'un de mes moments préférés dans le chapitre. J'ai l'impression de pas avoir été précise sur cela, mais Sasuke n'a jamais donné son nom de famille aux autres du groupe, ni à Naruto ou à Sakura, c'est pour cela que Sakura ne fait pas le lien. Vous pensez tous que le fou est Tobi, je ne dis rien pour garder le suspense mais vous verrez son identité, malheureusement pas avant plusieurs chapitres. Mais bien sûr, il voulait juste jouer avec elle et Ino mdr. Ton commentaire me fait super plaisir. Eh bien, si tu veux être prévenue je peux le faire par twitter si tu as, mon user est le même que sur le site fanfiction. C'est sûr que je vais continuer la fiction, j'ai juste peur de faire trop de chapitres, car il y a encore plein de choses qui vont arriver. Je suis trop contente que ma fiction soit l'une de tes préférées surtout que c'est une fic française. Faut pas que j'oublie de caler leur session de cuisine plus tard. Des fois, j'ai du mal à dormir à cause de cette imagination débordante, je suis contente que les chapitres puissent remonter le moral ! Dans ce chapitre, ainsi que dans l'autre, on sera dans l'arc du grand-frère en gros. J'essaye encore d'imaginer la rencontre, j'ai déjà une petite idée pour l'un d'eux, mais je suis ouverte à toute idée.
Sur ce, bonne lecture !
Disclaimer : L'univers de Naruto ne m'appartient pas.
Je ne savais pas à combien de kilomètres-heure je roulais, je ne regardais même pas le tableau de bord. La seule chose que j'avais en tête est Sakura. Je n'avais aucune idée de ce qui se passait, mais je n'allais pas rester les bras croisés à attendre son appel. J'avais laissé Mifune avertir mes parents de mon départ précipité. Avant tout, je devais passer un appel avant de retenter auprès de Sakura. J'appelais grâce au Bluetooth intégré à mon tableau de bord.
— Que puis-je faire pour vous, M. Uchiha ?
— Préparez un jet en direction de Konoha, je serai là dans dix minutes, dis-je sans ambages à la personne au bout du fil.
— B-bien sûr, M. Uchiha ! Tout de suite, M. Uchiha !
Je raccrochai sans plus tarder, pour reporter mon attention sur la route à semi-déserte. Je zigzaguai entre les voitures pour me frayer un chemin jusqu'à l'aéroport. Tout l'aéroport appartenait à la famille, toute la ville était au creux de la main de Madara. C'était assez inquiétant de savoir qu'une famille pouvait avoir autant de connexions et de pouvoir dans ce pays si puissant économiquement qu'était le Japon.
Ce n'était donc pas surprenant que nous ayions une partie privée dans l'édifice, pour les jets privés. Je retentai encore une fois d'appeler Sakura, en espérant que, cette fois-ci, elle y réponde.
— A-allô ?
Sa voix était fébrile.
— Sakura…
J'étais si soulagé d'entendre sa voix.
— Comment vas-tu ?
En tout premier lieu, je voulais savoir si elle était bien et n'avait subi aucun préjudice.
— Bien, je crois, dit-elle incertaine.
— Tu crois ? Es-tu blessée ? demandai-je, inquiet.
— Non, non j'ai rien, répondit-elle avec plus de force dans la voix.
J'inspirai. Je n'avais même pas senti que j'avais retenu mon inquiétude tout ce temps. J'avais des dizaines de scénarios en tête sur ce qui s'était passé. Ce qui était sûr était que peu importe ce qui était arrivé ou ce qui pourrait m'empêcher d'y aller, j'irais coûte que coûte à Konoha.
— Que s'est-il passé ? m'enquis-je.
— Je-je sais pas, Itachi !
Sa voix craqua et j'entendis ses sanglots au bout du fil. Je resserrai ma prise sur le volant, faisant blanchir mes jointures. Je n'aimais pas le son de ses pleurs et ses sanglots. Je ressentais une légère brûlure derrière les yeux je devais me rendre au plus vite auprès de Sakura.
— J'arrive immédiatement Sakura.
Je continuais à accélérer.
— Tu-tu vas raccrocher ? demanda-t-elle en reniflant.
— Non, reste en ligne, Sakura. J'ai besoin de savoir que tu vas bien.
Je resserrai la mâchoire. Ce n'était ni le moment, ni l'endroit pour avoir une attaque, Sakura avait besoin de moi.
— Tu es au volant ? demanda Sakura.
— Oui, je ne suis qu'à quelques kilomètres de l'aéroport.
— C'est dangereux !
— Ne t'inquiète pas pour moi, j'ai un système qui relie mon portable à mon tableau de bord, la rassurai-je.
— Je m'inquiète quand même.
Une voiture klaxonna quand je la doublai. Mes articulations étaient blanches et ma mâchoire droite, tant je serrais les dents. Mes yeux commençaient à voir beaucoup trop net et j'arrivais presque à entendre les coups de feu de guerre.
— Sakura, distrais-moi.
— Q-q-quoi ? bégaya-t-elle.
— Distrais-moi.
— M-mais… comment je fais ça, moi ?
— Fais-le !
Je haussai légèrement de la voix, avant d'adoucir celle-ci, presque comme une supplication :
— S'il te plaît…
— Euh… je t'aime ? dit-elle comme une question. Je t'aime, je t'aime, je t'aime ! Est-ce que je t'ai dit je t'aime ? Ouais, je crois que je l'ai dis… je t'aime !
— Je t'aime aussi, Sakura, soupirai-je.
Mon pouls diminua, mes doigts se desserrèrent du volant. J'avais passé ce début de panique sans m'isoler et sans quitter la réalité. Je m'étais rassuré juste avec la voix de Sakura. Je pris une petite route privée qui me conduisit à l'arrière de l'aéroport, à la partie réservée à notre famille.
— Je-je vais devoir raccrocher, Itachi. Je suis au commissariat, m'avoua Sakura au bout du fil.
J'en étais presque à me frotter le front. Quelque chose était définitivement arrivé, quelque chose de si grave que Sakura avait dû se rendre au poste de police.
— D'accord, je te rappelle quand je me poserai à Konoha, j'arrive.
Je ne lui laissai pas le temps de réagir et je terminai l'appel avant de sortir de mon véhicule.
— Garez la voiture au parking privé, et faites en sorte qu'une voiture soit prête dès mon atterrissage à Konoha, dis-je à l'employé qui était là quand je sortis de ma voitur. Et prévenez ma mère et Shisui de mon départ, continuai-je avant de lui lancer les clés de ma voiture.
— Bien M. Uchiha.
Sans plus attendre, je montai les escaliers de l'avion pour pouvoir m'installer sur l'un des fauteuils. Le pilote m'accueillit dans l'appareil.
— Bonjour M. Uchi…
— Je veux être à Konoha dans moins d'une heure, ordonnai-je sans lui laisser le temps de me saluer.
— M-mais monsieur…
— Ai-je été clair ? demandai-je avec froideur.
— O-ou-oui monsieur !
Il ne prit pas beaucoup de temps à partir pour se mettre derrière son volant à côté du copilote. Un steward ferma la porte de l'appareil avant de me demander si je voulais un rafraîchissement, je le fis partir d'un mouvement de la main avant de fixer le ciel noir par le hublot. Mon index droit commençait à taper dans le vide, un tic nerveux de ma part. J'avais passé une attaque de panique, mais il se pouvait que j'en aie d'autres à tout moment. Ce n'était jamais calculé et elles arrivaient à des moments quelconques. Cela faisait un moment que je n'en avais pas eue, pas depuis que j'étais avec Sakura. Elle pouvait être la clé de ma guérison.
Dans tous les cas, à ce moment, ma petite amie était au commissariat de police, en tant que victime, témoin ou bien fautive, je n'en savais rien. De ce que j'avais pu constater verbalement, quelque chose était arrivé, quelque chose qui l'avait fait réagir, et qui l'avait mise dans une profonde détress. Konoha était une ville paisible, mais qui avait énormément de secrets cachés. Une ville paisible… paisible, avec un patient dangereux de l'asile qui s'était récemment enfui. Cela avait-il un lien avec les sanglots de Sakura ?
Je devais la voir pour savoir, comprendre, et la prendre dans mes bras pour la rassurer.
En vol commercial, le vol durait en moyenne deux bonnes heures et, effectivement, le pilote du jet avait fait en sorte qu'en pratiquement trois quart d'heures, j'étais posé à l'aéroport de Konoha. Une Mercedes – classe S – m'attendait après ma descente. Je me fondis dans la nuit pour rejoindre rapidement la maison des Haruno. Je rebranchai le système Bluetooth pour appeler Sakura.
Elle était plus calme que tout à l'heure et parlait doucement, presque comme s'il elle ne voulait pas qu'on l'entende. Elle était chez elle, en sécurité. Ce fut sa mère qui m'ouvrit la porte de leur maison.
— Itachi, c'est toi, dit-elle, légèrement perturbée et soulagée.
— Madame Haruno, saluai-je.
— Mebuki, Itachi, soupira-t-elle. Appelle-moi Mebuki.
J'avançai dans leur salon alors qu'elle fermait la porte derrière moi. La maison était silencieuse. Il y avait un énorme contraste par rapport au dîner avec sa famille.
— Comment va-t-elle ? demandai-je.
— Elle est bouleversée après ce qui s'est passé, mais Ino a été encore plus affectée, soupira-t-elle avec fatigue.
— Ino ? questionnai-je.
— Assieds-toi Itachi, me dit-elle en tapotant le canapé pour que je m'y installe. Il faut que je t'explique ce qu'il s'est passé avant que tu n'ailles voir Sakura. Elle est dans sa chambre avec son père.
Malgré mon besoin de voir Sakura, je devais me calmer pour avoir une explication sur les événements de cette nuit, et ce fut la mère de Sakura qui m'en informa. Le patient échappé de l'asile rôdait dans la rue de la maison d' Ino, la meilleure amie de Sakura. Entre vingt heures quinze et vingt heures vingt-cinq, l'individu s'était introduit dans la maison d'Ino, alors qu'elle était chez elle, en compagnie de Sakura. Il avait essayé de s'en prendre à elles, mais grâce aux cieux, elles n'avaient rien. On ne pouvait pas en dire autant des voisins de la jeune fille, qui avait été brutalement assassinés une demi-heure plus tôt.
Sakura m'avait appelé pendant leur fuite. Si elles n'avaient pas réussi à s'échapper, cela aurait été probablement leur mort que j'aurai entendu, et cela me laissait avec le cœur lourd mais elles étaient en vie, en sécurité. Sakura était dans sa chambre, saine et sauve. Mais le patient courait toujours, et nous n'avions aucune certitude qu'il ne reviendrait pas pour tuer les deux jeunes filles. Mebuki me laissa rejoindre le second étage de la maisonnette. La porte de la chambre de Sakura était fermée, mais Sasori y était adossé, le visage baissé.
Il se leva quand j'arrivai, ses yeux étaient las et son dos courbé. Il ne me jeta qu'un seul regard avant d'entrer dans sa chambre et de fermer la porte derrière lui. Je n'avais pas besoin de poser mon oreille sur la porte de la chambre de Sakura pour l'entendre parler avec son père. Je ne voulais pas écouter leur conversation privée, je choisis donc de faire connaître ma présence auprès d'eux.
Son père ouvrit la porte, puis la ferma derrière lui. Il me fit face, l'inquiétude était peinte sur son visage.
— Itachi, je suis content de te voir, me dit Kizashi.
— Comment va-t-elle ?
— Bien. Elle était assez chamboulée il y a encore une heure, mais elle va mieux.
— Puis-je la voir ?
— Bien sûr, mais je serai plus serein si tu laissais la porte ouverte.
— Évidemment.
J'entrai dans la chambre de Sakura en laissant la porte entrouverte. Elle était allongée sur son lit avec dans ses bras un coussin. À part la lumière lunaire, la chambre était plongée dans le noir. Elle avait l'air perdue dans ses pensées mais, quand elle me vit, son expression changea complètement.
— Itachi, souffla-t-elle, soulagée.
Elle s'assit et mit de côté le coussin qu'elle tenait dans les mains. Je m'installai à côté d'elle et la regardait attentivement. Aucun de nous ne parlait, nous nous regardions juste avec compréhension. Elle n'avait aucune blessure apparente et elle ne montrait aucune trace de fatigue, seulement le soulagement de me voir. Après un seul regard, elle vint se blottir dans mes bras tandis que je m'allongeai à moitié sur son lit. Son odeur florale vint titiller mes narines et les courbes de son corps s'emboîtaient aux miennes. Elle était si belle et si fragile dans mes bras. Nous restâmes comme cela pendant quelques minutes.
— Dis, Itachi, tu ne m'as jamais dit quel était ton rêve ? me demanda-t-elle doucement.
— Mon rêve ? répétai-je tout en posant ma main droite sur ses cheveux.
— Oui, je t'ai déjà dit le mien sur le site, mais, toi, tu ne me l'as jamais dit.
Je pris un temps pour réfléchir. Quel était mon rêve ? On ne m'avait jamais posé la question étant petit, et puis, je n'y avais jamais vraiment réfléchi. J'avais seulement réalisé ce que père et les anciens du clan voulait de moi, devenir le chef de la police pour ensuite prendre la tête du clan. Mon avenir était déjà tout tracé pour eux. Ils avaient même pensé à ma future épouse, sauf qu'ils avaient omis de mettre Sakura dans l'équation. Qui aurait cru qu'elle et moi allions nous rencontrer ? Personne, pas même moi, mais j'en étais heureux.
— Je n'y ai jamais pensé, avouai-je.
— Tu n'as jamais eu de rêves quand tu étais petit ? me demanda-t-elle en se relevant légèrement pour me regarder.
— Je ne m'en rappelle pas.
Quand elle réfléchissait, elle faisait une légère moue qui la rendait tellement mignonne. Je continuai à fixer ses beaux yeux émeraude. Nous étions le parfait opposé physique et mental, mais, d'une certaine manière, c'était ce qui nous avait réunis, et grâce à cela que nous étions tombés amoureux. Bien sûr, je savais qu'elle avait encore des doutes sur moi. Qui n'en n'aurait pas ? Nous avions huit années d'écarts, et plus de trois cents kilomètres nous séparait. J'avais vu beaucoup de situations de ce genre : un adolescent qui rencontrait une personne du sexe opposé et, en général, cela ne se terminait pas comme ce que Sakura et moi vivions.
— Tu aimais quoi quand tu étais petit ? me demanda-t-elle soudainement.
Je réfléchis à sa question. Ce que j'aimais quand j'étais petit ? Bonne question. Toutes mes années scolaires, je n'avais fais que travailler sous les yeux vigilants de Père et de mes professeurs particuliers. Je n'avais des loisirs qu'en présence de Mère, qui avait fait en sorte que je vive le semblant de vie insouciante qu'avaient les enfants de mon âge. Je me souviens avoir toujours voulu la paix dans le monde et sauver les gens, tel un justicier masqué. Mère m'avait aussi offert une figurine Superman pour mes cinq ans, l'une de mes dernières années insouciantes, avant que le massacre des enfants du clan ne commence.
— J'aimais les jeux que m'offrait ma mère, confessai-je.
— Elle t'offrait quoi ? demanda-t-elle, intéressée.
— Des petites voitures ou bien des figurines. Le tout premier cadeau qu'elle m'ait offert était une mappemonde.
— Une mappemonde ?
Elle s'arrêta un moment avant d'écarquiller les yeux.
— Je sais ! Je vais te donner l'un de mes rêves ! s'écria-t-elle avec joie.
— Me donner l'un de tes rêves ?
— Oui ! Faire le tour du monde, ce sera ton nouveau rêve ! T'en penses quoi ? demanda-t-elle timidement à la fin, craignant que je refuse sa proposition.
Les seuls « voyages » que j'avais pu faire étaient ceux entre Kumo et Konoha, et quand j'avais été envoyé dans les pays en guerres, une période que j'aurais aimé oublier. Mais son idée me plaisait : faire le tour du monde, plus tard, avec Sakura.
— Ça me plaît. Mon nouveau rêve sera de faire le tour du monde, lui dis-je avec un petit sourire.
— J'ai hâte de voir ton rêve se réaliser ! dit-elle, enthousiaste, les joues roses.
Elle était si parfaite et pensait si tendrement à moi ainsi qu'à mes rêves. Elle était la première femme après Mère à se soucier réellement de moi, elle serait une parfaite matriarche. Je m'approchai doucement d'elle, prudemment, pour ne pas l'effrayer. Son regard se noya dans le mien tandis que sa respiration devenait plus haletante. Je posai mes lèvres sur les siennes. Comme dans mon souvenir, elles étaient douces, moins humides mais chaudes. Elle était encore maladroite quant à la direction à prendre, mais elle devait laisser ses instincts la guider.
— Tu devrais te reposer à présent, lui conseillai-je après que nous dûmes arrêter notre baiser pour que Sakura reprenne son souffle.
— Même après tout ce qui s'est passé, je n'arrive pas à m'endormir.
— Y a-t-il quelque chose d'autre que tu aimerais faire ?
Je caressai son bras de bas en haut.
— Aujourd'hui, au centre commercial avec Ino, j'ai vus des DVD de films Disney donc je me suis dis que, quand tu reviendrais, on pourrait les voir ensemble. Enfin, si tu veux, chuchota-t-elle doucement à la fin.
— Quel film as-tu pris ? demandai-je doucement.
— J'en ai pris trois : Raiponce, La Reine des neiges et Le Roi Lion, dit-elle avec enthousiasme.
— Veux-tu les voir maintenant ? lui demandai-je.
— Avec toi ? Bien sûr !
Je venais de me souvenir d'une conversation que nous avions eu un jour. Sakura m'avait énuméré toutes les sucreries qu'elle aimerait mangé lors de la projection d'un film avec les commentaires qui l'accompagnait, et j'avais tout retenu.
CherryBlossomNumberOne : Quand je regarde un film j'aimerais trop avoir avec moi toutes les sucreries que j'adore !
CorbeauNoir : Quelles sucreries aimes-tu ?
CherryBlossomNumberOne : Kit Kat, parce que c'est la vie, Glace Oréo c'est juste trop bon, Cookies – sérieux, qui n'aime pas les cookies ? – Tartelettes à la fraise j'en mange toujours, Coca-Cola parce que apparemment je suis droguée du coca ? Skittles, je pourrais en manger pendant des heures, et plein d'autres !
— Eh bien, nous pourrions regarder ces films dans le salon, suggérai-je.
— Vraiment ? Super ! s'exclama-t-elle.
— Il y a quelque chose que je dois faire d'abord. Je reviens vite.
Je lui donnais un dernier baiser avant de partir.
— … Bien Minato, merci encore. Bonne nuit.
Mon frère posa le combiné avec un soupir avant de se tourner vers sa femme. Ils allaient bientôt se coucher quand ils avaient reçu l'appel de Minato Namikaze, l'homme qui avait succédé à mon frère à la place de maire.
— Que te voulait-il, chéri ? demanda Mito.
— Il m'informait que la police avait repéré le patient échappé, mais qu'il s'était aussitôt enfui, soupira-t-il. Il devrait se diriger vers nos quartiers, maintenant.
— J'espère que personne n'est dehors en ce moment, s'inquiéta sa femme.
— Où a-t-il été repéré ? demandai-je.
— Vers le quartier des fleurs. Il aurait tué un couple à proximité de…
Il laissa sa phrase en suspens.
— À proximité de ?
Je n'aimais pas le ton qu'il employait.
— Juste à côté de la maison des Yamanaka.
— Oh mon Dieu, j'espère qu'ils n'ont rien ! s'exclama Mito.
— Heureusement non. Inoichi est au commissariat et sa femme de l'autre côté de la ville.
— Et leur fille ?
— Malheureusement, elle était chez elle avec une amie au moment des meurtres, et le patient a réussi à rentrer chez elle, mais elles ont réussi à s'enfuir, nous informa-t-il.
— Une amie ? Quelle amie ? demandai-je suspicieusement.
Il refusa de répondre.
— Quelle amie, Hashirama ? Le questionnais-je de nouveau devant son silence.
— Sakura Haruno, admit-il.
La bouteille d'eau dans mes mains tomba au sol. Sakura avait failli mourir, Sakura avait été aux mains d'une personne dangereuse. Je ne réfléchis plus et courut jusque chez elle. Au diable le patient qui rôdait aux alentours ! Si celui-ci était à portée de mains, je le tuerais ! Comment faisait-elle pour toujours se mettre dans ce genre de situations ?
Je traversai une intersection. À chaque fois que je croisais son groupe, ils étaient dans une situation dangereuse ou embarrassante, à croire qu'ils attirent le danger ensemble. Je passai un feu vert vide de circulation. Sur les plus de soixante-dix mille personnes qui vivaient à Konoha, Sakura avait réussi à se retrouver au même endroit et au même moment que le patient. J'étais dans la rue de Sakura. Ce qui ne m'étonnait pas, c'était qu'elle avait réussi à s'enfuir dans ce moment de danger.
J'étais sur le pas de sa porte.
— Tu as fait vite Itac-Tobirama-san ? dit-elle en ouvrant la porte de chez elle.
Elle me regardait avec ses grands yeux verts et avait une légère couverture drapée autour de ses épaules. Elle avait l'air bien. Aucune blessure visible sur elle, et elle n'avait pas l'air de souffrir. Elle allait bien. Je soupirai de soulagement. J'avais la gorge sèche à cause de ma course et je commençais vraiment à faire mon âge.
— Euh, bonjour Tobirama-san. Comment allez-vous ? me demanda-t-elle.
— Tu vas bien ? dis-je sans ambages.
— Oui, pourquoi ?
Elle avait l'air confuse de ma question.
— J'ai eu vent de ce qui s'est passé tout à l'heure, l'informai-je.
— Oh… Oh, je vois. Non je vais bien. Vous êtes venu pour voir comment j'allais ?
Elle avait l'air gênée de sa demande.
— Oui.
Il n'y avait aucun lieu de mentir.
— Merci Tobirama-san.
Elle avait l'air contente que je me soucie d'elle de cette façon.
— Qui est à la porte, Sakura ?
Sa mère vint se poster derrière sa fille pour voir à qui elle parlait.
— Oh Tobirama-sama ! Quel bon vent vous amène ?
— Depuis quand tu utilises cette expression ? marmonna sa fille de côté.
— J'ai été informé de ce qui s'est passé un peu plus tôt avec votre fille, expliquai-je un peu penaud mais tout en gardant un visage passif.
C'était une situation assez spéciale. J'avais l'âge de son mari, l'âge du père de Sakura, et, pourtant, j'étais en face de Mebuki Haruno et je prenais des nouvelles de sa fille, qui avait failli se faire tuer plus tôt dans la soirée, et tout ça en plein milieu de la nuit, sur le pas de leur porte. Se doutait-elle que j'avais des sentiments pour sa fille ? C'était assez probable, puisqu'elle était juste derrière sa fille, avec sa main posée sur l'épaule de celle-ci et qu'elle me regardait d'un œil vif.
— Et vous êtes venu voir comment elle allait ? demanda-t-elle. Quelle gentillesse de votre part ! Voulez-vous quelque chose à boire ?
— Depuis quand tu parles comme ça ? marmonna une autre fois sa fille.
— De l'eau, s'il vous plaît.
— Sakura, propose une chaise à notre invité pendant que je vais chercher de l'eau, lui dit sa mère en allant dans la cuisine.
— J'ai l'impression d'être dans un autre monde, murmura celle-ci, ahurie. Hmm, venez vous asseoir, Tobirama-san, continua-t-elle en me désignant le canapé.
C'était assez ironique que la première fois que je rentrais chez eux était pour un verre d'eau, mais j'étais assez satisfait de cela. L'intérieur de la maison était simple, très convivial avec beaucoup de photos encadrées aux murs et des couleurs claires. Cela ressemblait vraiment à la famille Haruno.
— Oh, au fait Sakura, où est Itachi ? demanda Mebuki Hruno depuis la cuisine. Je ne vois plus sa voiture garée devant…
— Il est sorti, l'informa sa fille en me regardant de biais. Il m'a dit qu'il allait revenir vite.
— Itachi ? demandai-je sans me contenir.
Je n'avais pas eu vent d'un Itachi dans l'entourage de Sakura. Probablement un cousin, proche ou éloigné, qui rendait visite. C'était ce que je voulais croire.
— Euh, Itachi est mon… petit ami, dit-elle si doucement que je faillis ne pas l'entendre.
Finalement, j'étais arrivé trop tard.
J'avais réussi à trouver rapidement une épicerie qui vendait toutes les sucreries qu'aimait Sakura. Le magasin était vide, le caissier à moitié somnolant sur son lieu de travail mis à part. Je ne m'éternisai pas longtemps et payai mes achats avant de les poser sur le siège avant de ma voiture et de reprendre ma route jusqu'à la maison de Sakura. Quelle fut ma surprise en voyant que la famille avait un invité.
— Itachi, tu es revenu ! s'exclama Sakura, joyeuse, en se levant.
— Je t'ai dit que j'allais faire vite, lui dis-je en souriant doucement.
— Alors, c'est vous Itachi, dit soudainement l'homme en se tenant droit.
— Vous êtes ? demandai-je.
Celui-ci avait l'air assez en colère et hostile. Au vu de sa posture, il essayait de m'intimider. Cela aurait pu fonctionner, s'il avait été plus grand que moi en taille, mais je le dépassais facilement de quelques centimètres. Et puis, ce n'était pas un regard et une façon de se tenir qui allait me faire plier en deux.
— Tobirama Senju, dit-il en me tendant sa main.
— Itachi Uchiha, répondis-je en la serrant.
Quelque chose s'était passé à l'annonce de mon nom. L'atmosphère s'était soudainement refroidie et sa poigne sur ma main s'était resserrée, pas tant qu'il pourrait me faire mal, ni même me déranger, mais assez évidente pour comprendre que quelque chose l'avait fait réagir à la mention de mon nom.
— Il n'y a plus aucun Uchiha dans la ville, dit-il.
— Nous avons tous déménagés à Kumo.
— Es-tu affilié à Madara Uchiha ?
— C'est un oncle lointain.
Et ce fut comme ça que finit notre conversation. J'avais répondu à ses questions en essayant de divulguer le moins de choses personnelles, sur moi ou ma famille. Bien sûr que je connaissais Tobirama Senju, tout le monde le connaissait dans notre famille. Les plus grands faisaient peur aux plus jeunes dans le composé en l'appelant « le démon aux cheveux blancs ». Il était représenté comme le plus grand ennemi de la famille, après la personne qui avait ordonné le massacre d'une dizaine de nos petits.
— Je vais devoir vous quitter, mon frère m'attend. Merci pour le verre d'eau, Madame Haruno, Uchiha, Sakura.
Il prit un ton normal pour la mère de Sakura, une voix sèche pour moi et une expression douce pour Sakura. Je plissai les yeux. C'était donc pour cela qu'il avait essayé de m'écraser la main… Sakura avait l'air gênée, mais contente, de le voir partir. Elle le savait aussi. Elle et moi devrions probablement avoir une conversation ensemble. Je soupirai. Pourquoi ne suis-pas étonné de voir un rival ? Allais-je devoir me battre pour garder ma place ? Cela serait assez étrange. Sakura déteignait vraiment sur moi, mais, ce qui était sûr, c'était que je ne pouvais ignorer les élans de jalousie qui me venaient à l'esprit.
— Bon, je vais vous laisser, je vais aller me coucher, annonça Mebuki. Itachi, Sakura, n'oubliez pas de tout éteindre.
— Ok, bonne nuit 'man ! Tu es parti où ? me demanda Sakura, impatiente.
— Je suis parti acheter ce que tu aimes, l'informai-je en lui tendant le sac d'épicerie.
— Whoa, tout ce que j'aime ! Y a des Kit Kat… Oh ! et des tartelettes à la fraise ! s'exclama-t-elle. Tu t'es souvenu de tout ce que j'aimais…
— Comme tu t'es souvenue que je n'avais pas de rêve…
— Ce qui était assez triste par la même occasion, hip ! Je viens de m'en souvenir !
— Qu'y a-t-il ? demandai-je.
— Je ne t'ai jamais demandé ta date d'anniversaire, avoua-t-elle, honteuse.
— Ma date d'anniversaire ? C'est le 9 juin.
— Le 9 juin ? s'écria-t-elle. Mais… c'est dans deux semaines !
— Et alors ? demandai-je, curieux.
— Bah… pour fêter. Tu ne fêtes pas ton anniversaire ? me demanda-t-elle prudemment.
— Pas spécialement. Je reçois des félicitations de certaines personnes de ma famille et un gâteau préparé par ma mère, lui expliquai-je, nonchalant.
— Tu n'as jamais eu de fêtes d'anniversaire ? demanda-t-elle, larmoyante.
— Non, pas à ma connaissance, dis-je avec précaution.
Sa réaction me déroutait un peu.
— Oh je sais ! s'exclama-t-elle en claquant des doigts.
— Quoi ?
— Rien, rien du tout, répondit-elle rapidement en me regardant innocemment.
Il ne fallait pas être un génie pour comprendre qu'elle préparait mentalement quelque chose pour mon anniversaire. Fille têtue qui essayait de rendre toutes les personnes autour d'elle heureux… Mais je laissais tel quel, elle avait l'air contente de son idée.
— J'ai préparé des pop-corn. Sucré ou salé ? me demanda-t-elle.
— Sucré, répondis-je.
— Très bon choix. J'arrive, je vais tout préparer dans la cuisine. Mets-toi à l'aise en attendant, me dit-elle en se dirigeant dans la cuisine avec le sac d'épicerie.
— Je préfère t'aider, répondis-je en la suivant.
Ensemble, nous préparâmes les apéritifs pour notre soirée. Elle posait sur un plateau un bol rempli de pop-corn sucré et, autour, un peu de ce que j'avais acheté. Elle me proposa aussi un bol de glace, mais je refusai. Je voyais bien qu'elle voulait le pot pour elle seule.
— Alors, on commence par quoi ? demanda-t-elle en me montrant les trois films.
— N'importe lequel me conviendra, lui dis-je.
— Hmm, j'ai pas envie de finir par le plus triste… Commençons par Le Roi Lion, conclut-elle avec un sourire.
Elle vint s'asseoir sur le canapé, légèrement éloignée de moi. Il lui faudrait encore du temps pour s'habituer à moi. Elle appuya sur la télécommande pour commencer le film. Ensuite, elle s'enroula dans une couverture avant de prendre le bol de pop-corn et de se coller soudainement à moi. J'étais un peu surpris. Finalement elle commençait à s'habituer à ma présence et à mon contact. J'enroulai mon bras gauche autour de ses épaules et elle posa la tête sur mon torse. Je ne pouvais pas voir son visage, mais je sentais la chaleur rayonner de sa joue. Elle avait encore son parfum floral et ses cheveux doux qui étaient drapés sur son dos. J'embrassai le haut de sa tête avant de suivre le film avec elle.
— Non ! Scar ! Sale enflure, il avait confiance en toi ! pleura-t-elle à la mort de Mufasa. De toute façon, la roue tourne. Bientôt, ce sera ton tour de te faire péter le cul, ajouta-t-elle en essayant de raisonner.
Je ris doucement. Elle faisait quelques commentaires, par-ci par-là, mais rien qui puisse m'empêcher de visionner le film. Au contraire, ses commentaires me faisaient assez rire et j'en appréciais d'autant plus le film.
— Oh, l'enculé ! Tu t'es fais le père et maintenant, tu veux te faire le fils. T'as pas honte ? lança-t-elle à l'attention de Scar.
A la fin du film, le frère de Sakura descendit des escaliers et s'engouffra dans la cuisine sans nous jeter le moindre regard. Sakura était fatiguée. Je la voyais bailler et ses yeux tombaient. Il était temps que je parte.
— Je vais devoir y aller, il se fait tard, l'informai-je en me levant du canapé.
— À cette heure-ci ? Il est une heure du matin, dit-elle inquiète. Tu peux dormir sur le canapé…
Nous regardâmes tous les deux ledit canapé, qui était bien trop petit pour moi. Nous savions que ce n'était pas possible, j'allais devoir trouver un hôtel pour cette nuit.
— J'irai dormir à l'hôtel.
— Vraiment ? me demanda-t-elle, déçue.
— Tu peux dormir dans ma chambre, annonça soudainement Sasori en sortant de la cuisine avec une bouteille d'eau à la main. Il y a assez de place et je crois qu'il y a un futon dans mon placard.
— Tu es sûr ? lui demandai-je.
— Ouais, je vais aller le sortir, dit-il, ennuyé, avant de remonter les escaliers.
— Eh bien, c'est décidé, tu dors ici ce soir, me dit Sakura avec un sourire.
Je l'aidai à ranger ce que nous avions mangé sur la table basse. Elle éteignit la télévision et les lumières avant que l'on remonte à l'étage.
— Bonne nuit, Itachi, me dit-elle avec un sourire timide.
— Bonne nuit, Sakura. Puis-je t'embrasser ?
Elle hocha de la tête avec les joues roses avant de se mettre sur la pointe des pieds. Je devais me baisser pour pouvoir mettre mes bras autour de sa petite taille et l'embrasser, mais un toussotement nous arrêta.
— J'ai sorti le futon, dit le frère de Sakura, neutre.
— Merci, lui dis-je en m'éloignant de Sakura, mais en gardant mes bras autour d'elle.
Vraisemblablement, il avait encore une certaine animosité envers moi.
Il regarda Sakura. Elle non plus ne lui avait probablement pas parlé depuis le mariage. Je savais pourtant qu'elle n'aimait pas être en froid avec son frère. Je devrais probablement parler avec lui pour essayer d'arranger cela.
— Euh, bah, bonne nuit, alors, dit Sakura avant de s'engouffrer dans sa chambre après un dernier câlin.
Il n'y avait plus que son frère et moi. Il me détailla de haut en bas avec un regard noir avant de rentrer dans la pièce, laissant la porte ouverte pour moi. Sa chambre était un peu plus grande que celle de sa sœur et moins ordonnée. Une lampe posée sur son bureau éclairait la pièce toute entière, Sasori était assis sur sa chaise de bureau et s'était remis devant l'écran de son ordinateur.
— J'ai un projet à rendre mardi matin, donc ça serait super de ta part si tu pouvais ne faire aucun bruit, me dit-il avec dédain.
— Tu ne m'apprécies pas, lui dis-je.
— Sans blague, Sherlock. Tu l'as trouvée tout seule, celle-là ? rétorqua-t-il, sarcastique.
— Je sais que tu es très protecteur de ta sœur. Je suis moi-même protecteur de mon petit frère, expliquai-je.
— Tu as un petit frère ? me demanda-t-il, quelque peu intéressé.
— Oui, du même grade scolaire que Sakura.
— Donc, tu comprends ce que je ressens à propos ta relation avec elle ?
Il avait tourné sa chaise vers moi. J'avais toute son attention.
— Bien sûr. Je peux comprendre que la différence d'âge qu'elle et moi avons te rebute un peu. Je dois t'avouer qu'au début, j'avais un peu de mal avec le fait qu'elle était bien plus jeune que moi.
— Vraiment ? Mais vous avez quand même continué.
— Sakura n'est pas une personne qu'on oublie facilement. Nous ne sommes qu'au début de notre relation. Je ne vais pas te voler ta sœur.
— Elle est stupide, mais c'est ma sœur. Bien sûr que je m'inquiète ! Elle rentre des cours et d'un coup, elle nous sort « J'ai un petit ami ». Elle qui n'a jamais été intéressée par les garçons, du jour au lendemain, elle est dans une relation, qui plus est avec un homme plus âgé qu'elle. Elle a dû fumer un truc pas net dans sa vie pour prendre ce genre de décisions.
Il avait dit tout cela d'une traite. Je voyais maintenant d'où venait le flux constant de paroles de Sakura.
— Les gens peuvent prendre des décisions stupides, mais qui à la fin se révèlent être les meilleurs décisions qu'ils ont pu prendre dans leur vie, répondis-je.
— T'es philosophe, toi ?
— Je vois d'où Sakura tient son humour.
Il parut étonné de ma phrase mais content. Il eut un moment de silence avant que Sasori reprenne la parole.
— Vous vous êtes vraiment rencontrés par hasard, dans la rue ?
— Sakura ne veut que vos parents le sachent mais nous nous sommes rencontrés sur un site de rencontres, avouai-je brusquement.
Plusieurs émotions passèrent sur son visage – plusieurs couleurs, aussi – avant qu'il essaye de courir vers la chambre de Sakura en furie.
— Je le savais ! Elle va m'entendre celle-là ! grogna-t-il entre ses dents.
Je l'avais rattrapé avant qu'il n'ouvre la porte de sa chambre. Ce n'était jamais bon de prendre des décisions précipitées sous le coup de la colère, j'en avais déjà fais les frais.
— Calme-toi Sasori, tentai-je pour le raisonner.
— Toi, lâche-moi ! T'es pas mieux ! C'est ton hobby de traquer des jeunes filles sur le net ?! Je savais depuis le début que votre histoire était louche !
— Si tu entres dans la chambre de Sakura, elle sera encore plus en colère après toi. Vous êtes pareil à partir tête baissé dans la bataille.
— Comment tu peux savoir ça ?!
— Parce qu'elle me parlait constamment de toi sur le site.
Il arrêta complètement de se débattre et tourna son regard vers le sol.
— Elle parlait de moi ? me demanda-t-il, incertain. Avec toi ?
— Oui. Elle me racontait ce que vous faisiez enfants, pour rendre vos parents fous, et vos constantes bagarres.
— Pff… Bien sûr, cette enfant va raconter tout et n'importe quoi à un inconnu, marmonna-t-il.
— Elle m'a également dit qu'elle t'aimait beaucoup mais que jamais elle ne te le dirait de peur de te donner de l'importance.
— Quelle fille stupide… Je la reconnais bien.
Je le lâchai, voyant qu'il avait décrispé ses muscles.
— Ok. Pour l'instant, je dirai rien, mais c'est pas pour autant que je t'accepte comme possible futur beau-frère. Au moindre coup foireux de ta part, t'es mort, compris ? menaça-t-il en me pointant du doigt.
— Marché conclu, dis-je.
Nous n'étions pas devenus amis en une soirée, mais nous nous étions entendus sur quelque chose et au moins nous avions allégé la détresse de Sakura. Il ne manquait plus que le frère et la sœur se parlent, et cela au plus vite.
— Tu devrais parler avec Sakura. Votre distance lui fait du mal.
— Comme tu l'as dis, elle et moi sommes pareils. Deux têtes de mules. Mais je suis son grand frère et, en tant que tel, je dois lui montrer l'exemple. Je lui parlerai demain. En attendant, je dois finir ce projet, sinon mon prof va tuer et m'enterrer dans sa cave, conclut-il avec une grimace.
Ils étaient définitivement les mêmes.
