Ouf ! J'en peux plus ! Je sais, je vous ai encore faits attendre et je ne pourrai jamais assez m'excuser pour ça. En tout cas, voici la suite de l'histoire, avec des moments doux, encore plus d'intrigue, et de l'humour, bien sûr. Ce chapitre a été très dur à taper, et je dois vous avouer que j'ai dû me forcer par moment pour l'écrire. Pas que l'envie se soit envolée mais, comme c'est un chapitre de transition, je devais le faire pour la suite de l'histoire.

Lumati : Yo ! Je sais ça fait… quatre mois ?! Ah ouais, c'est normal qu'on me demande si j'ai abandonné la fiction ou pas. Ah, avec Sasuke, je sais déjà comment ça finira avec lui. Aww, merci c'est super gentil de ta part. Je suis aussi de tout cœur avec toi. Bon courage !

Boomerang : Eh bien, tout d'abord, bien le bonjour, et merci d'avoir lu mon histoire. Ma réponse est que : je prends ta critique, je suis objective, tout ne peut pas plaire à tout le monde et il se trouve que c'est ma fiction pour toi. J'ai appris une leçon sur l'amour, c'est que tout n'est pas rose. Je ne vois pas la vie en noir ou en blanc, plutôt en gris, et je suis désolée, mais tout le monde à des défauts et il se trouve qu'avec Sakura, c'est sa bouche. Je ne suis pas désolée si son personnage est comme ça dans ma fiction, et je ne vais pas la changer pour autant, parce que l'amour, c'est aimer une personne avec ses qualités et ses défauts, et Itachi non plus n'est pas sans défauts. Quand on aime une personne, on l'aime en entier. C'est vrai, des fois, la personne qu'on aime peut être exaspérante, mais c'est comme ça. Merci encore pour ton commentaire et l'effort que tu as fait d'avoir lu en entier les vingt chapitres.

Saitera : Merci pour ta compréhension ! Pas du tout ! Que ce soit du côté de mes grands-parents paternels ou maternels, ils ne sont pas du tout comme les grands-parents de Sakura. Je tiens en compte ta proposition sur l'identité du patient. Pour Tobirama et Itachi, peut-être bien que oui, peut-être bien que non. C'est pour cela qu'il faut être très patient avec moi, mais la vérité éclatera, bientôt je l'espère.

Satsuki-Akatsuki : Toujours au rendez-vous ! Merci pour ta préoccupation pour ma famille, ça me touche ! Je prends en compte ta proposition pour le patient, moi aussi je fais ce genre de choses, t'inquiètes pas. Tobirama n'en revenait pas d'entendre ça, le pauvre. Et puis, best timing ever ! Itachi est revenu des courses ! Aww, merci encore ! Petite anecdote, je n'ai jamais vuLe Roi Lion.

Beta : Harley .

Sur ce, bonne lecture !

Disclaimer : L'univers de Naruto ne m'appartient pas.


Finalement, je n'avais pas bien dormi. Pendant une bonne partie de la nuit, je fixai ma fenêtre, avec la peur au ventre, la peur que cet homme puisse revenir pour moi ou pire, pour Ino. Quand nous étions devant la télé, avec Itachi, je m'étais sentie sereine et en sécurité, mais je ne pouvais pas entrer dans la chambre de Sasori juste pour avoir un câlin de mon petit ami. Rien qu'en y pensant, mes joues avaient vite rougi. Et puis, papa aurait pété un câble : accepter le petit ami de sa fille, qui est bien plus âgé qu'elle, était une chose, le laisser dormir avec elle en était une autre.

J'avais donc parlé par message avec Ino qui, elle non plus, n'arrivait pas à dormir. Elle était chez sa tante avec sa mère, tandis que son père courait encore derrière le patient, qui était devenu meurtrier en un soir. Je frissonnai malgré moi. Si nous n'avions pas eu les bons réflexes, nous aurions pu finir comme les voisins d'Ino. Je serrai ma couverture.

J'avais réussi à dormir un peu quand le soleil commença à se montrer. Mais ma vessie me réveilla une heure après, alors qu'il n'était que six heures du matin. Bordel !

Tout le monde dormait encore à cette heure-ci. Je me regardai dans le miroir, alors que je me lavai les mains. J'avais des cernes sous les yeux, et j'arrivais à peine à garder les paupières ouvertes mais, à chaque fois que je sentais que j'allais m'évanouir de sommeil, je revivais le moment où je voyais les yeux du patient. Ces yeux si enfantins, mais si vides en même temps. Je repris mes esprits en sursaut, je détournai mon regard vers le lavabo, de peur de le voir derrière moi, dans le reflet du miroir.

En sortant de la salle de bain, je fonçai directement dans quelqu'un. Mes yeux y voyaient encore flous, mais je savais avec certitude que c'était Itachi, parce que j'étais dans ses bras et que son odeur m'enveloppait. Pendant quelques secondes, personne ne parla. Il avait enroulé ses bras autour de moi, et j'avais posé ma tête sur son torse, je dormais presque debout. Il était chaud.

— Sakura, dit-il.

— Hmm ? marmonnai-je, ensommeillée.

— Regarde-moi.

Avec le peu de force qu'il me restait, je levai la tête et ouvrit à moitié les yeux pour le regarder. Il était toujours aussi magnifique et ses cheveux étaient détachés. Il était si beau… Il me regarda attentivement avant de me demander avec inquiétude :

— As-tu dormi cette nuit ?

— Un peu. Probablement une heure à tout casser.

— Tu aurais dû m'appeler, si tu n'arrivais pas à dormir, dit-il.

— Pour que Papa pète un plomb ? Non, merci, soupirai-je. Et puis, je parlai par message avec Ino. Elle non plus n'arrivait pas à dormir.

— Tu arrives à peine à te tenir debout. Viens.

Il m'embrassa le front avant de prendre ma main et de descendre les escaliers pour m'obliger à m'allonger sur le canapé, puis posa le plaid sur moi. Il me regardait avec une émotion intense. Je me sentais presque fondre sous son regard, si ce n'était pas la fatigue qui me donnait un mal de tête.

— As-tu besoin de quelque chose ? me demanda-t-il.

— Oui, toi, soufflai-je sans laisser le temps à mon cerveau de filtrer l'information.

Il ne parut pas surpris par ma demande, mais plutôt soulagé et content. Je lui fis un peu de place alors qu'il s'allongeait à mes côtés, mais il n'y avait définitivement pas assez d'espace pour deux avec la taille d'Itachi. Finalement, il avait une jambe repliée et une autre qui était posée au sol, et je m'étais retrouvée allongée sur son torse. Son bras droit était posé sur mon dos puisque je dormais sur le ventre, mais j'étais tellement fatiguée que je ne m'étais même pas rendu compte de tout cela, surtout pas de notre position.

— Dors, Sakura, murmura-t-il en caressant mes cheveux.

Mais j'étais déjà endormie.


Je somnolais encore, mais j'entendais tout autour de moi. Deux personnes parlaient entre elles : ma mère et Itachi. Que faisaient-ils dans ma chambre ? J'étais encore à moitié dans les vapes, j'écoutais à peine ce qu'ils disaient. J'étais si bien, ma chambre ne sentait pas le renfermé comme d'habitude, non elle sentait Itachi et mon lit était plus dur que d'habitude mais c'était pas grave parce que j'étais bien.

« Sakura, tu n'es pas dans ta chambre, mais sur le canapé du salon et ce qui est en dessous de toi n'est pas ton matelas, mais Itachi. Profites-en parce que ce sera peut-être la seule fois où tu dormiras sur lui ».

Je me raidis complètement. C'est vrai, je m'étais réveillée tôt à cause de ma vessie et puis, ensuite, Itachi était venu et m'avait emmenée jusqu'au salon pour que je puisse me reposer après la nuit que je venais de vivre. J'avais l'impression de sortir d'un film d'horreur, sauf que je n'étais pas morte, alléluia ! Mais, maintenant, je me trouvais allongée sur le torse d'Itachi, dans mon salon, avec ma mère pas loin, apparemment. Bordel ! Inner, dis-moi que je n'ai pas bavé sur Itac…

« Tu as bavé sur Itachi ».

Super, la situation pouvait ne pas être pire. J'espère ne pas avoir craché un océan sur sa chemise. Mine de rien, j'étais bien. L'odeur d'Itachi était masculine et réconfortante, mais si enivrante. Je reniflai discrètement. Rien que son odeur me faisait tourner la tête. Cet homme était dangereux, pour moi et pour la gent féminine. J'espérais qu'il ne pouvait pas sentir la rougeur de mes joues à travers sa chemise… Enfin j'espérais déjà qu'il ne voyait pas que j'étais réveillée.

— Donc, elle n'a pas dormi de la nuit ? dit ma mère, qui devait se trouver à l'entrée de la cuisine.

— Hmm, non.

— C'est compréhensible, avec ce qu'elle a vécu… Depuis qu'elle est née, Sakura a toujours ramené des problèmes, soupira maman.

Merci maman, ton soutien m'aide vraiment.

— Mais je suis soulagée que rien ne lui soit arrivé. Quand nous avons su ce qui s'était passé…

J'entendais des trémolos dans sa voix. C'était la première fois que j'entendais ma mère comme ça.

— Heureusement, elle n'a rien eu, dit Itachi.

Sa poitrine montait et descendait à chaque respiration qu'il prenait, et le battement de son cœur tapait contre mon oreille posée sur son torse. Je voulais bouger mes jambes, au moins, mais j'avais peur de faire un faux mouvement ou bien qu'Itachi se rende compte que j'étais réveillée. De plus, Ino m'avait raconté que les hommes se réveillaient souvent avec leurs…engins éveillés. Cette conversation n'aurait jamais lieu d'être, à la base. Nous étions en plein cours avec Kakashi-sensei, quand Ino m'avait soudainement chuchoté.

Saku, tu savais que les mecs se réveillaient avec une énorme érection, le matin ?

Hein !? avait été ma réponse.

Des fois, je me demandais pourquoi nous étions meilleures amies, et c'était à peu près pareil avec Naruto. Et puis, j'avais regardé par la fenêtre avec des envies de suicide, et tout était allé mieux. Mais qu'est-ce que je racontais, moi ?! J'étais vraiment fatiguée pour avoir ce genre de réflexions.

— Heureusement que Kizashi est encore endormi. Si c'est lui qui vous avait retrouvés sur le canapé, il aurait fait une crise cardiaque, dit maman, me faisant revenir à la réalité.

— Je peux vous assurer que Sakura et moi ne faisons rien de mal, dit Itachi.

Maintenant que j'y pensais, je sentais la main d'Itachi sur mon dos. Il le caressait doucement, me faisant presque ronronner de plaisir.

— Je sais, je dis simplement que je ne veux rien de louche entre vous, nous avons accepté votre relation mais un seul pas de travers et Kizashi sort son sabre samouraï, menaça maman.

La honte ! N'y a-t-il pas une seule fois où papa ne sort pas son sabre samouraï ? Je sentais les ondes dangereuses de maman pas loin. Elle était sérieuse ?!

— Bien, maintenant que tout est compris, je vais pouvoir me rendormir. Neuf heures, c'est trop tôt pour se réveiller un week-end.

J'entendis les pas de maman qui remontaient les escaliers, puis le silence. Je n'osais presque plus respirer, j'étais figée de la tête au pied, et mon nez me grattait !

— Je sais que tu es réveillée, Sakura.

Comment ?! Je me figeai complètement, peut-être que c'était un coup de bluff. Ou bien…

— J'entends ta respiration.

Zut ! J'avais donc raison, il avait des oreilles bioniques ! J'ouvris prudemment les yeux. Je vis flou pendant un moment. Je me demandais comment j'avais pu faire pour dormir avec la lumière du jour en pleine face. Je levai la tête pour rencontrer les yeux d'Itachi.

— Hey, dit-il doucement.

— Hey, répliquai-je en rougissant.

Nous restâmes à nous fixer dans les yeux pendant un moment, mais je commençais à avoir mal au cou. Bordel, ses cils étaient plus longs que les miens ! Sa beauté commençait à me faire perdre la tête. Je sentais mes joues se chauffer toutes seules. Je me grattai le nez parce que, là, ça me gênait vraiment.

— Tu as pu te reposer ? me demanda Itachi.

— Étonnamment, oui, avouai-je. Et toi ?

— Hn, mieux, sachant que tu étais à proximité.

Mon cœur rata un battement. Des fois, je me demandais si Itachi se rendait compte de ce qu'il disait, avec moi. J'avais remarqué qu'il s'adaptait à chaque personne, sa façon de parler était différente. Avec des inconnus, il était poli et neutre, avec ma famille, respectueux et attentif, et avec moi, c'était comme s'il se laissait aller. Son visage était moins serré, moins froid et ses yeux plus chauds et il me souriait, vraiment, pas un sourire poli qu'il donnait à tout le monde. Je me sentais privilégiée et aimé et, peu à peu, je commençais à me rendre compte combien j'avais de la chance d'être avec lui.

— Qu'y a-t-il, Sakura ? me demanda-t-il alors que je le regardais fixement.

— Rien… enfin, si… peut-être que non… euh…

— Y a-t-il quelque chose que tu voudrais me dire ?

Devrais-je vraiment le demander ?

— Itachi… Qu'est-ce que tu aimes chez moi ?

Il ne parut pas surpris par ma question, juste interrogatif. Seul un de ses sourcils se leva. Il me regarda dans les yeux un petit instant avant de répondre.

— Pourquoi me poses-tu cette question ?

J'avais aussi remarqué qu'il sautait une question en en posant une autre.

— J'ai lu dans un magazine qu'une femme a toujours besoin de se faire réconforter par des paroles douces, bien que je trouve ça un peu niais et mensonger, parce que si son conjoint ne lui dit pas la vérité, ça fera encore plus de mal, ce qui aboutira à plein de disputes. Ensuite, la femme ira chez ses copines pour pleurer sur sa relation et l'homme ira boire des verres avec ses potes pour tout oublier… Tiens, ça me fait penser à un film. Ce que je veux dire c'est : qu'est-ce que tu aimes chez moi ? dis-je à bout de souffle après mes divagations.

Itachi me regardait avec amusement et un léger sourire aux lèvres.

— Veux-tu que je te réconforte avec des paroles douces ? me dit-il taquin, présumai-je.

— Non, je veux que tu me dises la vérité. Je suis… Itachi, je suis pas le genre de fille avec qui tu devrais être, soufflai-je.

— Et avec quel genre de filles devrais-je être ? me questionna-t-il.

— Une femme, belle, classe, sophistiqué, qui ne jure pas à-tout-va, qui ne pense pas à manger h24, pas moi en gros, dis-je, accablée.

C'était ça ma plus grande peur, qu'Itachi trouve quelqu'un de mieux, de bien mieux que moi. Je connaissais mes défauts et je ne faisais rien pour les changer parce que c'était ce que mes parents m'avaient appris, à m'aimer comme je suis, avec mes qualités et mes défauts, car si je me conforme à la société d'aujourd'hui, je ne ferais que suivre le mouvement et je ne serais pas ma propre personne.

— Donc… C'est ce que tu penses ? Laisse-moi te contredire. Tu es ta propre personne, tu ne fais pas attention aux regards qui t'entourent, tu es honnête, douce, franche, amusante, intelligente, tu es tout à la fois. Quelques mots grossiers ne me feront pas fuir, c'est rafraîchissant de pouvoir être avec une personne qui se moque de tout et prend plaisir aux petites choses de la vie. C'est pour cela que je t'aime, finit Itachi.

Bon, maintenant, j'étais en train de pleurer et de mouiller encore plus sa chemise. Il était si doux, si prévenant. Itachi n'était pas vraiment une personne qui montre ses sentiments, encore moins par la parole, plus par les actions et les gestes. Mais, avec moi, il parlait honnêtement et librement. Je repensais à nos conversations sur le site, site qui n'était plus lieu d'être dans ma barre de favoris. Je devais vraiment me désabonner — Itachi l'avait-il fait ?

— Tu pleures ? entendis-je.

— Non ! L'océan coule de mes yeux !

— Vraiment ? rit-il doucement. Belle métaphore. Et Sakura, tu n'es pas une fille, tu es une femme indépendante.

— Je suis désolé d'avoir mouillé ta chemise, reniflai-je.

— Je vais simplement la changer.

— Tu as des vêtements de rechange avec toi ? demandai-je.

— Je me débrouillerai pour m'en procurer une propre.

Pendant un moment, seul le silence resta, mais il n'était pas gênant, plutôt reposant. D'habitude, je n'aimais pas trop que l'on me touche les cheveux, mais je trouvais qu'avec Itachi, c'était le contraire. Ses longs doigts couraient doucement sur mon cuir chevelu, il faisait attention à ne pas s'empêtrer dans mes nœuds. Je me trouvais presque à ronronner de plaisir. Maintenant que je le remarquais, Itachi avait encore les cheveux détachés. J'avais une envie folle de faire courir mes mains dans sa chevelure, j'étais sûre qu'ils étaient aussi doux qu'ils en avaient l'air.

— Sakura, entendis-je.

— Mmh ? marmonnai-je.

— Que s'est-il vraiment passé, hier soir ?

Qu'est-ce qui s'est passé hier soir ? À part m'être faite courser par un probable tueur en série, rien d'autre. Je ne pensais pas qu'il m'aurait posé cette question. Pour être honnête, elle m'avait un peu prise au dépourvu mais bon, si ce n'était pas par moi, Itachi aurait su ce qu'il s'était passé soit par Ino ou bien par le commissariat de police, car ne l'oublions pas, les Uchiha ont effectivement quitté la ville, mais la police reste tout de même la leur, et ça depuis des siècles.

— Quand j'y pense, ça a l'air un peu surréaliste, dis-je. J'étais chez Ino quand c'est arrivé, en y repensent, avant que ça arrive, j'allais rentrer chez moi, mais j'avais un mauvais pressentiment, j'ai donc préféré rester chez elle et y dormir. À un moment, je suis descendue à la cuisine pour prendre des collations et c'est là que j'ai remarqué que la porte de la cuisine était ouverte. Elle donnait sur la cour arrière du jardin. Quand j'ai demandé à Ino si c'était elle qui l'avait ouverte, j'ai senti mon cœur commencer à tomber quand elle m'a dit non. Et puis, c'est là que tout à dégénérer, l'homme est sorti de presque nulle part, il était habillé d'une combinaison grise avec de grandes taches rouges dessus. Il avait un masque qui cachait son visage.

— Qu'as-tu fait, à ce moment précis ? me demanda Itachi d'une voix neutre.

— J'ai couru et j'ai remonté les escaliers. Ino et moi, on s'est enfermées dans sa chambre et c'est là que je t'ai accidentellement appelé. Je voulais joindre la police, mais j'étais bien trop secouée pour correctement appuyer sur le bouton d'urgence.

— Et après ?

— Après, rien. Au début, il frappait contre la porte puis plus rien, aucun son, aucun mouvement. Ensuite, il était à la fenêtre de la chambre d'Ino, et il avait cassé le verre de la fenêtre. On est vite sorti de la chambre et de la maison. Je ne sais pas comment il a fait, mais il était encore sorti de nulle part sans qu'on le voit sortir de la maison d'Ino et s'est mis à nous courir après. Heureusement, il y avait deux étudiants pas loin qui ont réussi à le maîtriser, mais il s'est enfui dans la seconde d'après.

— Tu as eu le bon réflexe. Sakura, je ne veux plus jamais que tu sois dans ce genre de situations, dit-il gravement.

— Et moi, j'aimerais arrêter de m'inquiéter pour toi à cause de ton boulot, soufflai-je.

— Tu t'inquiètes pour moi ?

— Bien sûr !

— Pourtant, je ne suis plus sur le terrain depuis ma promotion. J'accepte seulement les enquêtes et je supervise les équipes, rien d'extraordinaire.

— J'espère bien.

Il continuait à me caresser les cheveux tandis que je restais encore allongée sur son torse… torse, je me crispai encore une fois. Pour l'instant, ça allait doucement, mais je n'étais vraiment pas tactile, à part quand je dormais chez Ino et que celle-ci me prenait pour son coussin. C'était ma toute première relation. Même si Itachi avait dit qu'on allait prendre ça lentement, j'étais encore assez éloignée de tout ça. Notre relation à longue distance m'aidait à garder l'esprit clair, mais il y avait des moments dans la journée où je voulais tellement être avec lui… foutue relation à longue distance.

Ce que j'avais fais devant mon écran d'ordinateur n'était presque rien comparé à être en face d'Itachi. Je n'avais pas pensé aux répercussions que cela engendrerait après notre appel vidéo, mais maintenant j'étais en couple avec Itachi et je trouvais que c'était difficile et compliqué d'entretenir une relation physique avec lui. Rien ne venait naturellement, je voulais pouvoir me rapprocher de lui, mais je ne savais pas comment faire et j'avais peur. Je n'y avais pas fais vraiment attention pendant l'appel mais, en réalité, je complexe assez de ma petite poitrine. Aux yeux de certains, j'étais encore une petite fille et je voulais qu'Itachi me voit comme une femme.

— J'ai déjà serré la main de Barack Obama, dit soudainement Itachi.

— Eh ? Eh !

— Oui, dit-il en riant doucement. Ma famille n'est pas seulement dans l'économie mais aussi dans la politique.

— Quand est-ce que c'est arrivé ? demandai-je, intéressée.

— L'année dernière, le premier ministre, Shinzo Abe, a organisé un gala. Évidemment, notre famille a été invitée. Il y avait plusieurs représentants politiques, dont le président des États-Unis, et c'est ainsi que j'ai pu le rencontrer et lui serrer la main.

— Vous vous êtes parlé ?! demandai-je précipitamment.

— Oui, c'est un homme très simple, c'est facile de communiquer avec lui.

J'y crois pas… J'avais serré la main de Barack Obama… indirectement. Je regardai, fébrile, ma main gauche, puis portai un regard timide sur Itachi, je voulais lui poser une question sur sa famille, mais je ne voulais pas être non plus indiscrète.

— Itachi, ta famille n'est pas que dans la police ? lui demandai-je avec précaution.

Il me regardait à travers ses cils. Son visage se rapprocha doucement du mien et ses lèvres se séparèrent, qu'est-ce que ?… Instinctivement, je fermai les yeux et cachai mon visage dans la chemise d'Itachi.

— Désolé, Sakura, tu ne dois pas être à l'aise dans cette position, s'excusa Itachi.

Je rouvrais les yeux. Itachi avait reposé sa tête sur l'accoudoir du canapé et me regardait, désolé. J'avais peut-être rêvé, mais j'avais l'impression qu'il était déçu.

— Itachi…

— Je n'aurai pas dû essayer de t'embrasser alors que tu es encore mal à l'aise avec ça, je m'en excuse.

Mes joues devinrent rouges. Il était si prévenant et patient et, en plus, il pensait que j'avais reculé parce que je ne voulais pas l'embrasser à cause du début de notre relation. Mon cœur se réchauffa à sa prévenance.

— Ce n'est pas pour ça, en fait… Je ne me suis pas brossé les dents, donc j'ai peur d'avoir mauvaise haleine, c'est pour ça que je n'ai pas voulu t'embrasser, avouai-je, honteuse.

— J'ai sauté à certaines conclusions… Me permettras-tu de t'embrasser ?

— Tu-tu es sûr ? demandai-je.

Il me répondit en resserrant son étreinte autour de moi et en approchant son visage du mien. J'avais les lèvres fermées. Dieu, s'il te plaît, fait qu'Itachi ne sente pas mon haleine à travers mon souffle. Ses lèvres restaient douces sur les miennes. Ce n'était pas un baiser exigeant, il était simple et doux, mais il faisait son effet. Itachi retira ses lèvres quand je manquai de souffle, mais continua à picorer mes lèvres quelques fois avant de reposer sa tête sur l'accoudoir avec un sourire satisfait. J'avais la tête qui tournait légèrement.

— Tu vois ? Ton haleine n'était pas du tout mauvaise.

Il marqua une pause avant de continuer.

— Ma famille contribue à l'économie émergente du pays.

— Donc, vous protégez le pays et en même temps vous favorisez son épanouissement ?

— Je n'aurais pas dit mieux, dit-il avec un regard doux.

Je crois pas que je réussirais à vivre longtemps si Itachi continuait à me regarder et à me toucher ainsi.

Pour ma part, je suis morte trente-six fois.

Et tu viens de ressusciter une trente-septième fois, bravo à toi, Inner.

— Tu es sûre de ne pas vouloir te rendormir ? me demanda Itachi, inquiet.

Je ne savais toujours pas comment je faisais pour comprendre chacune de ses émotions, quand je le pouvais, bien sûr.

— Non, pas pour le moment. Et puis, j'ai l'impression qu'un truc horrible va bientôt passer la porte de chez moi, dis-je en frissonnant.

Je me tortillai légèrement. La télécommande me piquait la hanche, je me demandais comment elle avait réussi à se glisser entre Itachi et moi.

— Pourquoi la télécommande est entre toi et moi ? dis-je avec une légère grimace.

— Sakura… souffla Itachi.

Je le regardai, il avait l'air d'être mal à l'aise.

— Ce n'est pas la télécommande…

Je le regardai pendant un long moment, ne comprenant pas ce qu'il voulait dire… pas… la télécommande ? Je sautai du canapé pour me plaquer contre un coin de la salle à manger, oh mon Dieu ! Ino avait raison ! Je regardai Itachi qui se relevait sur le canapé mais restait tout de même assis.

— Je suis désolé, Sakura, je reste tout de même un homme, s'excusa Itachi, peiné.

— Ce-ce n'est pas ta faute ! bredouillai-je. C'est moi qui suis naïve.

— N'est-ce pas un peu familier ? dit-il en me regardant la tête légèrement penchée. Nous nous excusons à tour de rôle.

— Ne t'excuse pas, dis-je. C'est en fait, une réaction normale de ta part… C'est normal que les hommes se réveillent de cette façon, continuai-je en regardant le sol.

— J'aimerais dire ça, mais ce n'est pas pour cela que j'avais… une érection. Je ne veux pas qu'il y ait de gêne entre nous, Sakura. Je t'aime, tu es ma petite amie et t'avoir allongée dans mes bras a tout naturellement attisé ma libido.

Ok, Sakura, calme-toi, ce n'est pas le moment de défaillir. Tu ne peux pas contrôler tes rougissements mais reste calme. Pourquoi ses mots m'excitaient-ils ?! Argh ! Chaque mot qui sortait de la bouche d'Itachi valait de l'or, sa tête elle-même valait de l'or ! Mais étrangement, savoir que je pouvais… lui donner ce genre de réaction me satisfaisait beaucoup. C'était donc pour cela qu'Itachi était excité, parce que j'étais allongée sur lui. Quel effet ça aurait fait si j'avais été en dessous de lui ? Oh ! Mais à quoi je pense !

— Sakura, j'aimerais que tu sois honnête avec moi : quelles sont tes pensées, en ce moment ? me demanda sérieusement Itachi.

— Maintenant ? toussai-je. Eh bien, je suis un peu gênée, c'est la première fois de ma vie que je fais face à ce genre de situation, mais pour être tout à fait honnête, je me sens… belle. En fait, je me dis que je suis assez belle à tes yeux pour pouvoir te donner ce genre de réaction physique avec un simple contact, expliquai-je.

— Bien sûr que tu es belle, Sakura. Je suis content que nous ayons pu en parler librement, toi et moi. Aller, viens.

Itachi me tendait sa main. Je me relevai trop rapidement, ma tête commença à tourner. Houla, je crois que je vais tomber. Je sentis les bras forts d'Itachi se poser sur mes hanches, arrêtant ma descente au sol. Whoa, j'ai vu le monde dans une tout autre dimension pendant deux secondes.

— C'est bien ce que je pensais, tu es encore très fatiguée, Sakura. Viens, je vais te ramener à ta chambre.

Il avait pas tort, sur ce coup-là. J'avais encore la tête qui tournait et les yeux qui tombaient, en même temps, trois heures de sommeil, ce n'était pas vraiment sain. Je laissai Itachi me guider jusqu'à ma chambre, qui était encore à moitié plongée dans la pénombre. Je voyais mon lit m'appeler doucement pour que je vienne me recroqueviller dessus.

— Tu as gardé le bouquet de roses, observa Itachi.

Le bouquet de roses de notre premier rendez-vous était encore posé sur mon bureau, il manquait plusieurs fleurs et ceux qui restaient avaient quelques pétales fanés.

— Bien sûr, c'est un cadeau que tu m'as offert.

— Les fleurs se sont déjà fanées.

— Je sais, et quand ça arrive, je les garde précieusement dans une jarre, dis-je en pointant du doigt ledit objet qui était posé en haut de mon armoire.

Itachi ne dit rien, mais il m'embrassa doucement les lèvres, comme tout à l'heure, sans trop forcer. Chaque pétale qui était tombé s'étaient retrouvé dans cette jarre en verre, qui figurait maintenant sur le haut de mon armoire, là où elle serait en sécurité et où je pouvais l'admirer quand j'étais allongée sur mon lit.


Je regardai Sakura s'endormir doucement. Elle avait enfin concédé à s'allonger sur son lit pour pouvoir se reposer. Le repos était nécessaire après la soirée qu'elle avait endurée. Entendre ce qui s'était passé, de sa bouche, était un certain soulagement pour moi, mais il y avait toujours quelque chose qui n'allait pas. Comment se fait-il que le patient courait toujours en ville ? Des mesures nécessaires auraient dû être prises en ce qui concernait ce dangereux criminel. Il fallait que j'aille au poste de police pour comprendre, mais, à l'instant, ce qu'il me fallait, c'était de nouveaux vêtements. Heureusement que je connaissais un tailleur qui pourrait me dépanner.

Je jetai un dernier coup d'œil à Sakura avant de redescendre au rez-de-chaussée, avec mes clés de voiture en main. Je sortis de la maison des Haruno et m'embarquai dans ma voiture pour aller en ville. Je repensai à ma conversation avec Sakura sur l'intimité. Je m'étonnais moi-même, je n'étais pas vraiment une personne… sensuelle. J'avais peu d'expérience, en réalité je n'avais aucune expérience sexuelle, j'étais une personne « végétarienne », d'après Kisame. Mon corps n'a jamais ressenti la nécessité de ressentir un plaisir provenant de mon organe reproducteur. Mais avec Sakura, c'était comme si je découvrais une nouvelle facette de mon corps. J'avais envie de la toucher, de la prendre dans mes bras, de l'embrasser. Depuis que je la connaissais, je m'étais retrouvé à faire une chose que je n'avais jamais faite auparavant, me masturber. Ça m'avait perturbé au tout début mais, avec le temps, le reste venait naturellement. L'avoir eue dans mes bras, il y a quelques minutes de cela, avait été une douce torture pour moi. Finalement, nous étions tous les deux novices dans cette facette du corps humain.

— Que puis-je faire pour vous, Monsieur ? Me demanda le vendeur après que je fus entré dans sa boutique, qui était la seule de la rue à être ouverte.

— Je veux voir vos meilleurs sélections de costumes sur mesure.

— Tout de suite, Monsieur !

Le vendeur ne prit pas longtemps pour revenir, suivi de son assistant, avec plusieurs costumes entre les mains. Je préférais les couleurs sombres ou neutres dans mes choix vestimentaires, pour me fondre dans la masse. Par chance, un costume noir, qui était composé d'une chemise de la même couleur et de la cravate qui était pareille, m'allait à peu près, seul le pantalon avait besoin d'être réajusté. L'assistant avait pris mes mesures pour celui-ci.

— Je prends ce costume. Je veux aussi que vous me fassiez trois autres, gris clair, foncé et marron. Faites-les parvenir à cette adresse avant quatorze heures, dis-je en donnant un bout de papier avec l'adresse de Sakura dessus. Voici ma carte bancaire, finis-je en tendant ma carte.

— C'est un délai si court, Monsieur…

Le vendeur écarquilla les yeux, envoyant mon nom inscrit sur ma carte.

— B-bien-sûr ! Nous ferons de notre mieux, Monsieur Uchiha !

Après avoir payé mes achats. Je rentrais avec le seul costume que j'avais en main à la maison des Haruno. Avant de partir, j'avais précautionneusement pris les clefs de la maison. Au moins, je n'aurais pas besoin de réveiller une tierce personne dans la maisonnette. La maison était encore silencieuse quand j'entrai dans la salle de bain. Elle était assez petite pour une famille de leur nombre, et il y avait énormément de produits de bain en tout genre, qu'ils soient féminins ou masculins. Je portais toujours dans ma voiture, une trousse de toilette, quand j'allais au travail. C'était une aubaine pour moi, je n'aurais pas à utiliser les produits de bain des Haruno.

J'attachai mes cheveux de manière à ce qu'ils ne tombent pas sur ma chemise, pour ne pas la mouiller. En redescendant dans le salon, j'entendais des bruits de grésillement, comme du beurre sur une poêle chaude.

— Ah, tu es réveillé, Itachi. Il me semblait bien t'avoir entendu dire que tu allais dormir dans la chambre de Sasori, me salua le père de Sakura alors qu'il sortait de la cuisine.

— Haruno-san.

— Alors, bien dormi ? me questionna-t-il avec un sourire aimable.

— Bien, et vous ?

— Très bien. Ce matin, je fais des gaufres, c'est le petit déjeuner préféré des enfants. Même si je travaille à mon compte, je n'ai pas souvent le temps de préparer le dîner pour mes enfants, donc j'en profite.

Je n'avais jamais vu Père cuisiner pour quelconque, que ce soit pour mère ou pour lui. Nous avions des cuisiniers dans notre maison, mais la majorité des plats étaient fais par Mère, qui préférait préparer elle-même nos repas. Avant la naissance de Sasuke, n'ayant personne à qui me référer, à part Shisui, je restais près de mère, et elle passait tout son temps dans le jardin ou dans la cuisine. Je la voyais préparer plusieurs plats et elle me demandait de l'aide parfois, bien que j'avais déjà compris qu'elle faisait cela pour que je puisse me débrouiller plus tard et ne pas me reposer sur le dos des autres et ainsi passer du temps avec moi.

Je regardais Kizashi s'affairer dans la cuisine pour préparer le petit déjeuner pour sa famille. Il avait l'air d'aimer ça, il sifflotait et souriait dans le vide.

— Vous aimez cela, n'est-ce pas ? Cuisiner, lui demandais-je.

— Hm ? Oh oui ! Mes enfants ne le savent pas mais avant de tenir mon épicerie, je travaillais comme apprenti pâtissier, j'étais un as pour créer des gâteaux en tout genre ! dit-il fièrement.

— Mais vous avez arrêté.

— Eh bien, dit-il mélancolique, mes enfants sont bien plus importants qu'un rêve d'adulte, mais je ne regrette rien, car j'ai maintenant Mebuki et mes enfants et c'est tout ce qui compte.

Je mentirais si je disais que son discours ne m'avait pas quelque peu touché. Je ne voyais pas Père dire ce genre de choses. Il ne répondait qu'avec quelques gestes ou mimiques, que seule Mère pouvait comprendre. J'admirais l'amour que portait Kizashi pour Sasori et Sakura. J'aimerais pouvoir exprimer autant mon affection pour mes enfants dans le futur.

— Et toi, Itachi ? me demanda Kizashi en se tournant vers moi. Il y a peu de choses que je sais à ton propos.

— Que voulez-vous savoir ?

— Tu as déjà fait un service militaire, si je ne me trompe. Tu as l'air jeune. À quel âge es-tu entré dans l'armée ?

— Après mon diplôme. J'avais quinze ans.

Ce n'était pas vraiment un service militaire, c'était appelé les Forces japonaises d'autodéfense/ J'avais été diplômé en avance, ayant sauté plusieurs grades. J'étais jeune, quelque peu téméraire, et si naïf.

— Si jeune ! S'exclama Kizashi. Pourquoi ?

— J'avais des rêves en tête, probablement, dis-je vaguement.

Mais une partie était pour m'extraire des griffes de mon clan, en ce temps-là, Madara Uchiha m'avait déjà approché pour me parler du rôle que je jouerais plus tard dans le clan, la place qu'il pourrait m'offrir. Je ne voulais pas de ça à mon âge. En ma seule présence, ma mère s'était opposée à ce que je prenne autant de responsabilités alors que je n'étais encore qu'un enfant à ses yeux. Je m'étais senti acculé. N'ayant que peu de choix, j'avais choisi la solution radicale : l'armée. Je pensais que, loin des anciens, loin de Madara, je pourrais respirer et vivre un peu librement, mais ça avait été une grossière erreur, qui m'a valu des cicatrices émotionnelles et physiques. J'avais des attaques de panique et je ne pouvais plus me montrer torse nu à quiconque, sauf une fois, avec Sakura.

Je sentis mon portable vibrer dans la poche de mon pantalon. Coupant court à mes pensées, je m'excusai auprès de Kizashi et m'éloignait de la cuisine pour prendre l'appel.

— Allô, répondis-je.

— Grand frère, où es-tu ? demanda Sasuke sans ambages.

— Qu'y a-t-il ? Quelque chose ne va pas, petit frère ? le questionnai-je, préoccupé.

— Tu as disparu depuis hier. Maman est inquiète, on a essayé de te joindre plusieurs fois.

Effectivement, mon portable était rempli d'appels et de messages manqués. J'avais éteint mon portable pour ne pas gaspiller ma batterie, oubliant complètement Mère et Sasuke qui aurait pu être inquiet, ce qui était vraisemblablement le cas. Il y avait aussi Shisui et Obito qui avait essayé de m'appeler. Ne voir aucun signe de père était une chose normale pour moi, comme s'il pouvait se soucier d'autre chose que de lui et mère.

— Excuse-moi, j'ai eu un appel d'urgence hier soir et j'ai dû prendre un avion direct pour Konoha.

— Konoha ? Pourquoi ?

— Je t'expliquerai en rentrant, le rassurai-je.

— Hmm… Tu es sûr que ça va, grand-frère ?

— Il n'y a pas besoin de s'inquiéter pour moi, Sasuke. Parle-moi de ta journée d'hier.


Il fait beau aujourd'hui, pensa Tobirama. L'air était frais, le soleil haut et la chaleur qui coulait doucement sur sa peau était agréable, mais son cœur était entaché par quelques nuages sombres. Il avait eu une nuit agitée, ne pouvant pas dormir avec toutes les pensées qui se bousculaient dans sa tête. Il était resté assis à regarder le jardin fleuri de sa maison jusqu'au lever du soleil. Il avait eu le temps de réfléchir. Le destin était vraiment contre lui, pensait-il amèrement. Retrouver la femme qu'il aimait dans les bras d'un Uchiha était une coïncidence bien trop écrasante. Il avait dû être mauvais dans une ancienne vie pour que cela lui arrive.

Avait-il attendu trop longtemps ? Il avait eu l'intention de laisser Sakura finir ses études secondaires avant de tenter un quelconque geste envers elle. Il avait pensé agir trop rapidement le soir où il lui avait envoyé un message, quelque chose qu'il avait vu dans les médias et qu'il avait amèrement regretté. Mais, au contraire, il avait été trop en retard. Il ne savait pas depuis combien de temps elle était en couple avec cet homme, mais cela avait l'air sérieux. Le ton qu'elle avait employé avec lui, le regard doux qu'elle lui avait jeté. Ha, Sakura Haruno était bel et bien amoureuse de cet homme.

Tobirama ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même de ne pas avoir agi à temps. Il regardait le seul cerisier en fleurs planté dans leur composé. Rien n'était perdu. Cette génération tombait amoureuse aussi vite que la pluie tombait au sol, il n'y avait aucun doute que Sakura pouvait tomber amoureuse d'un autre homme par la suite, un homme du nom de Tobirama Senju et cet homme n'abandonnerait pas, même s'il n'y avait aucun espoir.


— Qu'est-ce que tu fais, Maman ? demanda Sasori après avoir descendu les escaliers avec les cheveux en pétard et les yeux bouffis.

— Je me prépare à appeler la famille pour les informer de ce qu'il s'est passé hier soir, répondit-elle.

Elle était assise sur le canapé avec, en face d'elle, le téléphone de la maison, un bloc-notes et une tasse de thé glacé. Je m'étais réveillée à l'odeur des gaufres de papa. Je ne pouvais pas continuer à dormir, ni faire une sieste plus tard dans la journée, avec Itachi à la maison. Mais bon, j'étais bien trop impatiente pour pouvoir me rendormir.

— Pourquoi ils ont besoin de savoir ? questionna Sasori.

— Parce que c'est la famille, dit-elle comme si c'était évident.

— T'es sûre que c'est pas pour rendre jalouse tante Kamiko ? marmonna Sasori.

— Tu as dit quelque chose, Sasori ? demanda Maman avec un regard noir.

— Non ! Rien du tout ! Ah, Papa, t'as fait des gaufres ! s'exclama mon frère en s'éclipsant dans la cuisine.

Je continuais à manger mes gaufres avec délectation. C'était si bon ! Papa était le meilleur pour préparer des sucreries. Il a quelques années de ça, Papa avait eu un accident de travail, l'obligeant à rester deux mois à la maison avec un plâtre au bras droit. Je devais avoir quatorze ans. Quand je rentrais à la maison, Papa m'attendait déjà dans la cuisine pour que nous puissions préparer des gâteaux ensemble. Sasori avait essayé une fois avec nous, mais il avait mélangé la pâte à gâteaux avec du sel au lieu du sucre, c'était le pire gâteau que j'avais mangé.

Je décidai de rajouter de la crème chantilly sur mes gaufres. Je pris la bouteille mais Sasori avait eu la même idée que moi. Nous nous regardâmes droit dans les yeux, oubliant tout autour de nous. Nous avions un compte à régler.

— Dans le jardin, dit-on d'une même voix.

Nous nous levâmes en même temps et sortîmes dans le jardin. Chacun de nous se tenait en face de l'autre à au moins trois mètres d'écart. Une légère brise soufflait sur mes cheveux, j'avais une conversation mentale avec Sasori.

« Celui qui capitule en premier aura perdu ».

« Tu vas manger la poussière ».

D'un geste rapide, je pris un caillou au sol et le jetai sur Sasori, qui l'esquiva et m'en lança un à son tour.

— Que font-ils ? demanda Itachi à la porte de la maison.

— C'est leur façon de régler leurs problèmes, répondit Papa.

— N'est-ce pas dangereux ?

— Avec eux ? Non.

Pendant au moins dix minutes, nous continuâmes à nous lancer des cailloux, sans qu'aucun de nous ne lâche l'affaire, même quand on se faisait toucher. Soudain, je sentis une légère douleur sur mon front, l'enfoiré !

— Tu l'as fais exprès ! criai-je.

— C'est pas ma faute si ton front fait la même superficie que la Russie !

Je lançai avec plus de ferveur les cailloux que j'avais dans les mains. Je réussis à le frapper entre les deux yeux, bien fait ! Encore une dizaine de minutes avant que nous nous effondrions sur l'herbe, exténués mais avec les épaules plus légères.

— Tu sais, souffla Sasori, je suis désolé pour ce qu'il s'est passé pendant le mariage de tante Rachel.

— Ouais, moi aussi je suis désolé.

— Trêve ?

— Trêve.

Avec une poignée de main et un sourire au visage, nous avions fait la paix. Après ça, le reste de la matinée se passa normalement, dans la famille Haruno. Maman continuait à téléphoner aux gens de la famille, enfin elle me passait surtout l'appel. Itachi avait fait le tour du quartier parce que Papa voulait lui montrer le magnifique paysage, ses propres mots. Après avoir pris une douche, je compris enfin pourquoi j'avais un mauvais présage : le truc horrible avait toqué à la porte de la maison.

— Oy ! Ouvrez tout de suite cette porte ! Faut qu'on voie si la petite est encore en vie ou pas !

— Les vieux ! crissai-je en même temps que Sasori.

— On arrive papa ! cria maman. Kizashi, tu peux aller leur ouvrir la porte ?

— Bien sûr, ma chérie ! dit-il en souriant.

— Vous allez où, vous ? demanda maman qui avait réussi à nous rattraper, Sasori et moi, avant que nous ayons pu nous enfuir.

— Nulle part, Maman, répondit Sasori.

— Y a intérêt.

Je voyais du coin de l'œil Itachi nous regarder avec un demi-sourire amusé. J'avais raison quand je disais que quelque d'horrible allait passer le pas de la porte. Papi rentra en premier et me fonça directement dessus. Il me tenait les épaules et me regarda sous toutes les coutures, avant de jeter un soupir de soulagement. Je le regardais, décontenancée. Est-ce qu'il était inquiet que quelque chose m'arrive ? C'était assez bizarre de sa part.

— Au moins il t'aura fais courir, dit-il.

Non, en fait non, il s'en fout carrément.

— Oy, je vais te tuer, le vieux.

— Oh ! Itachi, tu es là aussi ! s'enthousiasma Mamie en le prenant dans ses bras.

Il parut étonné de son geste mais passa ses bras autour de mamie, c'était si mignon !

— Comment allez-vous, Yumiko-san ?

— Oh, très bien. Mais quand Mebuki nous a appelés pour nous dire que Sakura avait été attaquée par un homme dangereux, mon mari a directement foncé dans sa voiture pour venir jusqu'ici, dit-elle avec drame.

— Oi ! Pourquoi tu dis ça à un étranger, Yumiko !

— Itachi n'est pas un étranger, chéri, c'est le petit ami de Sakura, dit-elle avec évidence.

— Si vous voulez bien m'excuser, il a quelque chose que je dois faire, s'excusa Itachi.

Non ! M'abandonne pas ici avec ce fou ! Je sentis la poigne de Sasori sur mon poignet et ses yeux me foudroyaient sur place.

« M'abandonne pas la naine, si tu le fais, jte chie dessus » disait-il avec ses yeux.

Je soupirai. La seule chose que je pouvais faire pour le moment était de supporter le vieux fou. Avec un peu de chance, je pourrais rester auprès de Mamie. Itachi remis sa veste et vint vers moi.

— Où vas-tu ? lui demandai-je doucement.

— Je vais au commissariat de police, il n'y a pas lieu de s'inquiéter. La seule chose à faire est de rester avec ta famille et de discuter avec eux, me dit-il avant de m'embrasser le front.

J'écarquillai les yeux. C'était rare qu'il soit affectueux en public, mais quand il le faisait, ça me rendait fébrile.

— Sois prudent, murmurai-je.


— Bonjour, Uchiha-san. Vous vouliez me voir ?

En arrivant dans le commissariat de police, la première action que j'avais entamée fut de demander la présence de la personne en charge de l'affaire du patient fou et de l'attaque sur Sakura et son amie. Je me rappelle d'avoir visité à plusieurs reprises le bâtiment quand nous étions encore à Konoha. L'emblème de notre clan avait été couvert de plusieurs couches de peintures, l'intérieur aussi avait changé, il y avait plus d'espace et de luminosité.

— Bonjour, j'aimerais avoir accès au dossier sur l'attaque de la maison Yamanaka, la nuit dernière, dis-je.

— Hmm… Vous savez, Uchiha-san, je n'ai pas le droit de divulguer un quelconque dossier à un inconnu.

— Je connais parfaitement mon métier, Shiranui-san, mais il me semble que le commissariat de police actuel est toujours sous la direction du clan Uchiha.

Mon interlocuteur soupira avec son cure-dents entre les lèvres avant de se retourner pour que je le suive. Je l'entendis murmurer sous son souffle « Sacrés Uchiha, venir comme bon leur semble. ». Plusieurs regards se tournèrent vers nous quand nous passâmes. Shiranui-san me fit entrer dans son bureau et ferma la porte derrière lui. Il ouvrit un tiroir et en sortit un dossier qu'il me tendit.

— Voici le dossier.

Encore debout, je commençais à analyser celui-ci. Il y avait peu d'information sur le patient, seulement un prénom et une approximation de sa date de naissance. Ce qui m'intriguait était la cause de son incarcération. Il y avait plusieurs années de cela, un incendie avait été déclaré dans l'école primaire de la ville. Les dégâts avaient été considérables, mais il n'y avait eu aucun blessé et l'école avait réouverte cinq mois plus tard. Je me demandais si c'était pour cela que Sakura était plus âgée que Sasuke alors qu'ils étaient dans la même année ? Il était dit que l'incendie était d'origine criminelle et que le responsable n'était autre que le patient.

D'après Sakura, le père d'Ino travaillait dans le commissariat. Je voulais converser avec lui à propos de l'enquête, même s'il n'était pas dessus, pour cause personnelle. Le couple qui habitait à côté des Yamanaka était dans leur quarantaine et étaient employés dans la pharmacie et l'hôpital de la ville. Ils avaient l'air d'un couple tout à fait normal, rien à propos d'eux ne sortait de l'ordinaire. J'entendis le téléphone sur le bureau de Shiranui-san sonner.

— Gemna à l'appareil, répondit-il. Attends, je te mets sur haut-parleur, continua-t-il.

— Ok, j'ai effectué l'autopsie sur Uzuki Yugao et Gekkou Hayate. Ils ont été tués de plusieurs coups de couteaux au thorax, mais il y a quelque chose qui ne va pas.

— Explique.

J'écoutais d'une oreille attentive l'information cruciale que la personne au bout du fil allait donner.

— Leur mort ne remonte pas à hier soir, mais bel et bien à trois jours.