J'ai réussi l'exploit de commencer avec trois textes successifs dont j'étais satisfaite du résultat, mais il en fallait bien un qui me laisse perplexe pour continuer :')
ce texte commence bien et se finit mal - pas au niveau de la trame, c'est du pur crack sans queue ni tête, mais au niveau de la logique et de la cohérence ,, ma manie de vouloir associer plusieurs thèmes me perdra un jour, je le sais.
j'espère néanmoins qu'il vous plaira et je vous souhaite une excellente lecture :)
METEOR SHOWER :: KITCHEN :: CRIME/YAKUZA AU!
« Dans la cuisine ? » Mika promena un regard suspicieux sur le petit groupe face à elle. « Je vous préviens, si vous étiez en train de dire que la place des femmes est à la cuisine, c'est vous que je cuisine pour ce soir. »
À voir la façon dont elle agitait désormais le couteau qu'elle avait saisi en entrant, nul doute qu'elle ne plaisantait qu'à moitié. Voire pas du tout. Keiji n'était pas sûr de vouloir trancher sur la question, et un bref regard au petit groupe à ses côtés lui apprit qu'il n'était pas le seul à penser de la sorte. Oikawa s'était pris de passion pour le bois de la table, Kuroo et Bokuto prétendaient chercher quelque chose dans les poches de l'autre et Kenma avait ressorti sa console.
Il supposait que c'était à lui de désamorcer la bombe face à eux.
« Les bijoux sont dans la cuisine. » corrigea-t-il doucement. Mika était arrivée au mauvais moment de leur conversation, alors que Kuroo venait de lâcher sur un ton triomphant l'emplacement de ce qui les intéressait.
« Oh. » La brunette haussa les épaules avant de reposer le couteau et de s'installer avec eux. « Qui planque ses bijoux dans la cuisine ? fit-elle observer avec un reniflement moqueur.
― Les gens riches qui veulent éviter d'être prévisibles pour les cambrioleurs, diagnostiqua Keiji. Ce n'est pas là qu'ils vont chercher en premier.
― Dommage pour lui qu'on ait les infos, alors. » commenta la jeune femme. Elle tira de leur pile de dossier une photo de leur cible, et la détailla de ses grands yeux noisettes. « Mince.
― Quoi, mince ? lâcha Kuroo.
― Il est plutôt mignon. C'est presque dommage. »
Le petit groupe leva les yeux au ciel de concert. Typique de Mika. Si la jeune femme n'était pas la meilleure faussaire de la région, ils auraient pu la mettre de côté, parce que ses lubies et sa manie de s'attacher à leurs cibles leur avaient déjà attiré des ennuis. La dernière fois qu'elle avait trouvé une de leurs victimes mignonne, elle avait dragué la personne en question en la croisant dans la rue et manqué de faire capoter leur couverture. Heureusement, Hitoka Yachi, fille de la députée Yachi, n'était pas assez perspicace pour deviner que la jolie brunette qui lui faisait des avances en avait aussi après l'argent de sa mère.
« C'est aussi un parfait enfoiré, si cela apaise ta conscience, fit remarquer Kuroo en haussant les épaules.
― C'est pas aussi ce que tu disais d'Oikawa ? » Un cri outragé s'échappa des lèvres du concerné alors qu'il se redressait.
« Sympa les amis, grimaça-t-il. J'aurais dû te laisser te faire trouer la peau ce jour-là, à Kyoto. »
Keiji soupira alors que les deux jeunes hommes commençaient leur bataille de piques habituelle, sans plus se soucier du plan dont ils discutaient originellement les détails. Leur syndicat du crime avait parfois des airs de vaste blague ― quand on les voyait ainsi, on avait du mal à croire qu'ils faisaient partie des groupes criminels les plus recherchés du Japon. Sous leurs airs enfantins, ils étaient de redoutables voleurs, avec un bon nombre de cambriolages à leur actif ― mais là, comme ça, c'était difficile de s'en souvenir.
Oikawa adorait les qualifier de Robins des bois low cost. Keiji le trouvait ridicule avec ce surnom vu et revu ― certes, ils ne dérobaient jamais tout l'argent de leurs victimes et redistribuaient une partie de leur butin à des orphelinats ou des associations, mais ils n'étaient pas non plus de formidables justiciers. Loin de là. Ils restaient des voleurs, qui blessaient parfois ceux qui s'interposaient, et n'étaient pas des enfants de chœur face à la police ― et qui conservaient quand même une grande partie de ce qu'ils volaient parce que même les héros ont droit à un salaire (il citait encore Oikawa).
« Bon, on peut reprendre le plan ? » finit-il par soupirer. Oikawa et Kuroo étaient partis pour des heures si on ne les arrêtait pas.
« Je t'écoute, Akaashi ! » lui sourit Bokuto. Il était bien le seul, et c'était son petit ami alors il manquait d'objectivité, mais Keiji lui sourit en retour, sous le regard amusé de Mika.
« Comment on s'y prend alors ? demanda celle-ci. Vous avez besoin de quoi comme faux papiers ?
― Diplômes de chef cuisinier, de commis de cuisine et deux étoiles Michelin, répondit Kuroo, revenant visiblement sur terre.
― Vous vous faites passer pour des cuistos ? Eh bah, vous allez l'empoisonner, ricana la brunette.
― Pour entrer dans une cuisine, faut bien, soupira Oikawa. Mais ne t'inquiète pas, on va envoyer Iwaizumi et Akaashi, ils vont gérer. » Keiji soupira ― il n'avait aucune envie de jouer les cuisiniers, mais au moins, il pourrait compter sur Iwaizumi pour maîtriser la situation. Le jeune homme, bien qu'absent de cette réunion, était un excellent combattant et gardait la tête froide en toute circonstances.
« Et vous vous faites quoi ? reprit la jeune femme en observant successivement Bokuto, Oikawa, Kuroo et Kenma ― le seul à ne pas la regarder en retour.
― Kenma va s'occuper des caméras, comme d'hab. Et nous trois, on sera de la police, comme notre précédente mission.
― La police ?
― Oui, pour faire une diversion. On se présentera pour un contrôle de routine en prétextant du tapage signalé par les voisins. Cela permettra à nos cuisiniers de dérober les bijoux ― sinon, l'autre tordu va passer son temps à les surveiller, il est perfectionniste et maniaque. »
Tous les gens qui avaient de l'argent ou des bijoux l'étaient un peu, songea Akaashi, et honnêtement, il les comprenait. D'ailleurs, au final, les précautions de leur cible avaient quand même fonctionné, puisqu'ils se retrouvaient avec un plan millimétré à la seconde pour parvenir à lui dérober ses biens. Au moindre faux pas, ils se retrouveraient non pas dans le petit appartement qui leur servait de planque, mais dans les cellules du commissariat le plus proche. Et sans doute, à long terme, dans une prison.
Enfin, tels étaient les risques de leur métier après tout... Keiji n'aurait pas dit qu'ils le faisaient par passion... Mais presque. La vie était ennuyeuse autrement.
Alors qu'ils mettaient au point les derniers détails de leur plan, son regard se posa sur le visage fermé de leur cible, puis sur son nom et sa fonction. Le PDG de la marque de vêtements de sport Nohebi, Suguru Daishou. Réputé pour son cœur de pierre et sa langue de vipère, personne ne serait surpris qu'il se fasse alors cambrioler et déposséder de ses précieux bijoux achetés au prix fort. Keiji n'entretenait pas de grief particulier contre lui, mais ne se sentait pas particulièrement désolé non plus après avoir entendu les récits de ceux qui l'avaient offensé ―les anecdotes sur ses piques mesquines et blessantes ne faisaient pas de lui un personnage très attachant, il fallait le dire.
Avec un tel personnage, ils ne risquaient pas de s'ennuyer.
« Vous êtes sûr que vous avez eu deux étoiles Michelin ? Vous ne parlez pas de celles que vos clients ont laissé à votre garage pour voitures ? »
En effet, ils n'allaient pas s'ennuyer. Keiji se retint de lever les yeux au ciel, et vit du coin de l'œil Iwaizumi faire le même effort. Ils avaient à peine déposé leurs affaires sur le comptoir de la cuisine que la langue de vipère de leur hôte frappait. Encore une fois, Keiji avait du mal à le plaindre pour ce qui allait lui arriver.
« Faites nous confiance, monsieur Daishou, se força-t-il à répondre sur un ton extrêmement respectueux. Nous ne vous décevrons pas. »
L'autre ne parut absolument pas convaincu, mais eut la décence de garder le silence, cette fois. Son regard balayait intensément la cuisine, mais il était impossible, même pour les yeux observateurs de Keiji, de déterminer s'ils se posaient sur un coin en particulier pour le surveiller. Une chose était sûre : l'autre n'allait pas les lâcher d'une semelle. Il recevait ce soir-là des invités, et avait donc engagé un chef cuisiner et un commis pour préparer le repas ; habituellement, il organisait ce genre d'événements dans des restaurants chics, mais n'avait pas pu se défiler quand on lui avait demandé de faire une célébration directement chez lui. Telles étaient les informations rassemblées par Oikawa et Kuroo, chargés de se renseigner en amont sur leur cible.
Une de leurs plus grandes interrogations restait de savoir s'il avait déplacé les bijoux préventivement ou non. Du point de vue d'Akaashi, ce n'était pas souhaitable mais cela aurait été plus logique. Au lieu de les surveiller intensément de crainte qu'ils ne les découvrent par hasard, il n'avait qu'à les disposer dans une autre pièce. Mais sans doute craignait-il les intrusions ― la cuisine était la seule pièce de son domicile à laquelle on ne pouvait pas accéder depuis l'extérieur ; la seule fenêtre était en hauteur, et donnait sur une rue avec de nombreuses autres maisons. Peut-être avait-il donc privilégié cette cachette avant tout, même dans cette situation tendue. Ils avaient parié sur cela en tout cas.
Essayant de faire fi du stress que causait le regard incessant de Daishou, Iwaizumi et Akaashi se mirent à la tâche. Ils espéraient que la diversion ne tarderait pas trop à arriver ― si Daishou s'intéressait à ce qu'ils préparaient, il remarquerait vite qu'ils n'étaient pas du tout des pros. Ils pouvaient faire illusion le temps nécessaire à ce que la venue des policiers ne semble pas calculée mais ils auraient du mal à la maintenir sur le long terme.
D'autant plus que le jeune PDG était très attentif au moindre de leurs gestes. Keiji sentait sur lui ses deux orbes vertes en quasi-permanence il ne les détournait que pour répondre à quelques appels ou messages, parce qu'il n'avait pas d'autre solution. Lorsque la sonnette résonna enfin dans la maison, les deux comparses eurent du mal à retenir un soupir de soulagement.
Dès que Daishou tourna les talons en pestant, les deux faux cuisiniers se mirent à la tâche. Ils avaient repéré quelques endroits où pouvaient être cachés les fameux bijoux qu'ils étaient venus dérober, et avaient bien l'intention de les fouiller en détail. Les éclats de voix en provenance de l'entrée leur parvenaient vaguement, et ils purent ainsi suivre une légère conversation pour se tenir informés de la situation devant.
« Oui ? » La voix de Daishou respirait l'agacement ― sans doute songeait-ils qu'ils étaient sans surveillance dans sa précieuse cuisine.
« Pardon de vous déranger, souffla la voix doucereuse d'Oikawa, mais on nous a signalé du tapage dans la rue.
― Du tapage ? Vous avez l'impression que j'en suis le responsable ? cingla Daishou.
― Écoutez monsieur, c'est l'adresse qu'on nous a indiquée… »
Keiji savait qu'il avait prévu de faire tourner le jeune homme en bourrique un petit moment, avant de s'excuser pour avoir mal noté un chiffre. Kuroo et Bokuto étaient supposés juste le soutenir, mais Akaashi se doutait que Kuroo ne résisterait pas à faire quelques remarques mesquines à son tour. Il méprisait le jeune PDG pour une vieille histoire de lycée, et pouvait être vraiment, vraiment vicieux quand il le voulait. Oikawa et lui étaient le pire duo imaginable quand on en venait à cela.
Iwaizumi le tira de ses pensées en lui indiquant un tiroir à double fond qu'il venait de mettre à jour. Une poignée de bijoux étincela quand ils poussèrent le fond, et ils échangèrent un petit regard ravi. Cela avait été plus simple qu'espéré… Mais, en détaillant les bijoux amassés, le jeune homme aux cheveux foncés fronça les sourcils. Il en manquait, indéniablement. Il avait passé beaucoup de temps à observer les fiches détaillant le nombre de bijoux qu'ils visaient, et un seul coup d'œil suffisait à constater que tous n'étaient pas là.
« Il en a caché ailleurs, constata-t-il finalement.
― Ce type est vicieux jusqu'au bout, souffla Iwaizumi. Reprenons. » Ils se remirent à la tâche après avoir empoché les bijoux déjà retrouvés. Akaashi gardait une oreille attentive en direction de la porte, où leurs coéquipiers faisaient des nerfs de Daishou une jolie pelote.
« Vous voyez bien que personne ne fait du bruit ici ! lâcha ce dernier, exaspéré. Vous vous êtes trompé de numéro, c'est tout. Vu votre sourire d'imbécile heureux, ça ne m'étonne pas. » Le concerné rétorqua sur un ton amusé :
« Je vous assure que je sais compter jusqu'à dix, monsieur. Mes collègues aussi, d'ailleurs. »
Secouant la tête avec consternation, Akaashi songea que le jeune PDG allait devenir chèvre avec Oikawa. Cela faisait leur affaire d'un autre côté, car ils avaient besoin de temps. Après avoir retourné tous les tiroirs, ils passèrent aux placards, déplaçant avec soin les ustensiles de cuisine dedans pour ne pas faire trop de bruit ― même si, sincèrement, Daishou devait être plus occupé à se retenir de lever la main sur un membre «des forces de l'ordre » qu'à écouter les sons en provenance de sa cuisine.
Malheureusement, ils ne trouvèrent pas les bijoux manquants dans la pièce, même après avoir retourné tous les endroits possibles pour cacher des objets précieux. Enfin, tous... Ils avaient volontairement laissé de côté les appareils électroménagers les plus complexes, peu désireux de les ouvrir pour savoir si les bijoux avaient été glissés dedans ― en théorie, s'il y avait eu des joyaux dedans, ils n'auraient pas pu fonctionner correctement, de toute façon.
En désespoir de cause, Keiji envoya un message à Bokuto, qui ne participait pas à la conversation devant pour le prévenir du problème. Il reçut une réponse rapide quelques minutes plus tard ― qui l'inquiéta cependant : J'arrive.
Comment ça, j'arrive ? songea le jeune homme en relisant le message plusieurs fois. Il n'était pas supposé venir les rejoindre ― d'ailleurs, comment pourrait-il s'y prendre ? Quelques secondes plus tard, il entendit distinctement Oikawa pousser une exclamation exagérée de stupeur, et déclarer :
« Vous allez rire, monsieur Daishou, mais en fait, c'était la maison d'à côté. Bonne journée ! »
Tant de temps passé à le convaincre pour révéler une erreur aussi piteuse. Akaashi avait presque de la peine pour Oikawa qui venait sans doute de se faire très, très violemment critiquer par Daishou dans son esprit après avoir fait étalage de sa stupidité. Mais qu'importe, le brun avait accepté de se ridiculiser pour les biens de ces joyaux, et ils allaient devoir faire de leur mieux pour sortir au moins ceux qui avaient été trouvés.
Le plan prévoyait normalement désormais qu'ils cachent les bijoux dans leurs affaires personnelles et qu'ils laissent leurs coéquipiers policiers continuer de jouer avec les nerfs du PDG d'une autre façon : ils allaient rendre réel le tapage qui leur avait été faussement signalé. Le but étant principalement de tellement agacer Daishou qu'il ne prendrait pas garde aux cuisiniers engagés, et qu'il ne les soupçonnerait pas de s'être alliés aux policiers quand il découvrirait le vol.
Leur plan se trouvait néanmoins bouleversé par l'absence d'une partie des bijoux. Ils pouvaient en théorie continuer comme prévu avec un pactole plus petit, mais le butin final serait partagé en neuf pour que chacun touche sa part et qu'il reste quelque chose à donner ― et s'il était trop petit, ils en sortiraient plus perdants qu'autre chose.
« Bokuto m'a dit qu'il arrivait, finit-il par murmurer à Iwaizumi avant que Daishou ne revienne, passablement énervé.
― Je crains le pire, répondit celui-ci sur le même ton.
― Vous baillez aux corneilles ? cingla le PDG en entrant dans la pièce. Ça n'avance pas là.
― Nous aurions besoin d'huile d'olive, mais j'ignore où..., commença à se justifier Iwaizumi, mais l'autre le coupa :
― Vous ne savez pas ouvrir un placard ? maugréa Daishou en joignant le geste à la parole pour lui donner ce qu'il voulait. Entre vous et ces abrutis de policiers... »
Il marmonna une flopée d'insultes dans sa barbe inexistante pendant un moment, tandis qu'Akaashi et Iwaizumi reprenaient leurs illusions de professionnels. Ils préparèrent le repas pendant une dizaine de minutes sans incident notable, jusqu'à ce que les nerfs de Daishou à peine apaisés soient remis à rude épreuve : une musique insupportablement fausse et forte s'éleva de la maison voisine.
« Je rêve. » lâcha le propriétaire de la maison en se redressant et en quittant la pièce pour trouver une fenêtre. Iwaizumi et Akaashi connaissaient déjà l'origine de cette musique terrible, mais ils se penchèrent pour suivre le PDG du regard pour renforcer leur rôle.
« Votre quartier est souvent animé ? demanda Iwaizumi sur un air dégagé.
― Non. » siffla Daishou en se dirigeant vers la porte d'entrée. Il l'ouvrit et passa la tête dehors en lâchant : « Et comme par hasard, ces idiots de flics ne sont plus là ? »
Keiji était prêt à l'observer s'énerver dans le vent pendant un moment, mais il fut coupé dans ses pensées par un bruit à l'arrière de la maison. Daishou semblait trop éloigné pour l'entendre ; heureusement, parce que Bokuto apparut quelques secondes ensuite dans le couloir, un air satisfait sur le visage qui ne rassurait pas son petit ami.
« Comment t'es entré ? lui demanda ce dernier immédiatement.
― Kenma a coupé le système d'alarme, je suis passé par la fenêtre. Kuroo et Oikawa gèrent le tapage dans la maison adjacente.
― Si Kenma pouvait couper le système d'alarme, pourquoi ne sommes-nous pas juste venu un jour où ce type imbuvable travaillait ? commenta Iwaizumi avec justesse.
― Parce que... » Ils laissèrent la question en suspens. Parce que Kenma préférait les laisser se débrouiller tout seuls, et ne les aider que lorsqu'ils étaient coincés dans des situations désastreuses. Il ne bougeait le petit doigt que lorsqu'il n'y avait plus d'autre solution.
« Je vais fouiller les autres pièces, déclara ensuite Bokuto. Les bijoux sont peut-être cachés ailleurs. Si dans dix minutes, je n'ai rien trouvé, on applique la stratégie de repli normale. »
Les deux autres opinèrent avant de retourner à leur poste discrètement. Daishou avait disparu de leur champ de vision, sans doute parti visiter ses voisins tapageurs ― qui étaient en réalité en séjour à Miami, bien loin du Japon ― pour leur crier dessus. Keiji en profita donc pour prêter main forte à Bokuto ; ils avaient besoin de gagner un maximum de temps, et cela le rassurait de surveiller que son petit ami distrait ne laissait pas trop de traces de leur passage en déplaçant les objets.
Leurs recherches, même à deux, ne furent néanmoins pas plus fructueuses que les précédentes dans la cuisine : les bijoux ne semblaient nulle part. Et, alors que Bokuto allait repartir par là où il était entré et que Keiji s'apprêtait à redescendre dans la cuisine, ils entendirent la sirène caractéristique de la police qui se rapprochait.
Ils avaient évidemment envisagé l'hypothèse que Daishou appelle réellement la police, mais comptaient mettre en route leur plan de retraite avant que sa patience n'excède ses limites. Il semblait néanmoins qu'ils avaient surestimé lesdites limites, et ils allaient désormais devoir faire preuve de prudence pour s'en aller... Ou au contraire, se hâter de le faire ― tant pis pour la discrétion qui aurait dû être de mise.
Akaashi se dépêcha de rejoindre Iwaizumi. Ils remballèrent leurs affaires, et se dirigèrent vers la fenêtre du rez-de-chaussée par laquelle était passée Bokuto. Manque de chance ― Daishou était juste devant pour discuter avec les policiers. Le petit groupe termina donc sa fuite au premier étage, du côté opposé à celui où se trouvaient les policiers ― mais avec beaucoup moins de grâce et de discrétion puisqu'ils durent se laisser tomber lourdement sur le sol.
(S'ils n'avaient pas de chevilles tordues après cela...)
Contre toute attente, et malgré leur chance apparemment peu élevée en ce jour, ils parvinrent à disparaître sans plus de problèmes, et purent se séparer pour retourner à leur planque en empruntant des chemins différents au cas où ils auraient été repérés et suivis. Bokuto et Keiji avaient le même itinéraire, et ils en profitèrent pour souffler un petit peu ― et tant pis si un policier les pistait et observait leurs mains enlacées de loin.
« Dommage pour les bijoux, souffla le jeune homme aux cheveux bicolores. Je me demande où ils sont. Il les a vendus tu penses ?
― Ce serait étonnant, il n'a eu aucune rentrée d'argent exceptionnelle ces derniers temps d'après Kenma. »
Akaashi ne comprenait pas non plus ce mystère ; et, soudain, son regard accrocha une affiche qui volait dans la rue. Son regard se posa dessus ― et, quelques secondes plus tard, il se flagellait pour sa stupidité.
Exposition en plein air – Sculpture en forme de pluie d'étoiles filantes.
Du 30 juillet au 08 août inclus - Entrée gratuite.
Avec la participation du PDG Suguru Daishou, qui a prêté ses bijoux à l'artiste.
