si vous voulez une anecdote : le thème star est supposé être un des plus simples à caser dans un texte et pourtant, j'ai réussi à simplement le glisser de justesse 💀
ceci étant dit, j'aime bien ce texte ! j'y ai inclus beaucoup trop de personnages MAIS je l'aime bien. c'est un des quelques UA que j'aimerais beaucoup creuser, avec le système solaire, donc peut-être que je ferais quelque chose d'autre dessus à l'occasion :)
bonne lecture !
STARS :: KEYS :: BODYGUARD/CELEB AU!
« Putain de merde, j'ai perdu les clés. »
La déclaration de Kuroo resta un instant suspendue dans le vide ― et, pendant ce bref moment, le petit groupe derrière lui ne réalisa pas ce qui se produisait et poursuivit ce qu'il faisait dans la minute précédente. Kenma continua de pianoter distraitement sur son téléphone, Hinata et Kageyama passèrent de T'avais qu'à faire plus attention espèce de grande perche, t'aurais pu me renverser à De toute façon, t'es tellement petit que personne te remarquera jamais, Atsumu n'interrompit pas sa litanie au sujet de la dernière chose qu'avait faite son frère ― sans doute au grand-malheur de Mika, Daishou et Oikawa qui ne l'écoutaient que d'une oreille depuis au moins quinze minutes et Bokuto et Keiji ne cessèrent pas de commenter le dernier article ridicule au sujet du second, selon lequel il avait eu une enfance difficile parce que ses yeux cachaient une grande tristesse.
Néanmoins, dès que l'instant de flottement fut brisé ― et surtout, dès que l'information monta au cerveau de tout le monde et fut traitée par leurs neurones respectifs ―, tout s'arrêta net. Les discussions moururent, les disputes aussi, et même Kenma releva la tête de son téléphone, un air réellement surpris sur le visage. Encore un instant de plus et le bruit revint :
« QUOI ? » Les voix d'Hinata, Kageyama, Atsumu, Daishou et Kôtarô se mélangèrent de concert alors qu'ils se précipitaient tous les cinq vers Kuroo, qui contemplait son sac ouvert en grand avec un mélange de Je vais mourir et de Je vous avais bien dit que j'étais pas la personne la plus responsable du groupe, c'était Akaashi depuis le début.
« T'as bien regardé partout ? » La voix de Daishou se distingua ensuite des autres alors qu'il arrachait le sac des mains du jeune homme aux cheveux noirs pour le renverser sans délicatesse sur le sol devant eux.
« Ouais mais je suppose que maintenant on en est sûrs, rétorqua celui-ci, sarcastique.
― Une petite minute de silence pour toutes les affaires de Kuroo désormais recouvertes de boue, lâcha Oikawa en étouffant un rire.
― Mais non, il ne les a pas renversées là où… Bordel, Daishou, je sais que tu l'as fait exprès ! » Avant que les deux jeunes hommes ne commencent une énième dispute, Keiji intervint :
« Ce n'est pas la priorité, là, tout de suite. »
Ses mots parurent ramener un semblant de bon sens au sein des autres artistes et gardes du corps rassemblés devant la porte du petit pavillon qu'ils avaient loué. Ils se trouvaient en effet dans une situation qui exigeait une autre réaction que celle de la dispute : il était trois heures du matin, ils ne disposaient que de quelques dizaines de minutes de répit avant que les paparazzis qui entouraient habituellement leur cottage ne reviennent après s'être rendus compte que l'information comme quoi le célèbre groupe de musique Phoenix donnait un concert sur la plage était fausse, et ils étaient coincés dehors, sans la clé pour ouvrir la porte d'entrée.
Ce qui signifiait qu'ils ne seraient pas à l'abri des flashs des appareils photos, qui les découvriraient alors en tenue de plage et surtout, surtout accompagnés par des inconnus avec qui ils entretenaient une relation. Seuls Akaashi, Kageyama, Atsumu et Oikawa étaient en réalité des membres de Phoenix. Kuroo et Daishou étaient des artistes solistes de la même agence avec qui ils réalisaient parfois des collaborations ― mais Mika, Bokuto, Hinata et Kenma, eux, étaient loin d'être des chanteurs. Les trois derniers étaient des gardes du corps, la dernière une simple citoyenne « modèle » ― Keiji y mettait des guillemets, parce qu'on parlait de Mika qui était tout sauf une citoyenne parfaitement modèle.
En bref, ils se trouvaient dans une belle situation merdique. Si les reporters arrivaient, ils n'allaient pas se priver de réaliser une pluie de photographies collectors ― sans doute sous-titrées en majuscules : Des chanteurs du label PPS repérés après une soirée nocturne avec leurs gardes du corps et une inconnue ― entretiendraient-ils des liens plus forts que professionnels ? Heureusement qu'Iwaizumi et Sakusa étaient repartis de leur côté finalement, parce qu'il allait déjà leur falloir un bon paquet de mauvaise foi pour justifier cette sortie si jamais les photos étaient prises et publiées. Et même leurs agents n'allaient sans doute pas les aider ― Keiji se souvenait très bien de l'avertissement de Nekomata et Ukai : Si vous merdez, on vous laisse vous débrouiller ! Nul doute que les deux vieux oiseaux de PPS allaient mettre leur menace à exécution ― s'ils ne faisaient pas un infarctus devant les titres des journaux people.
« Bon, on fait quoi ? reprit finalement Atsumu. On peut peut-être encore repartir sur la plage, camper à la belle étoile. La crique était déserte.
― Ouais mais on risque de se faire surprendre demain, rétorqua Oikawa. Et le résultat sera le même. Il faut au moins qu'on dorme dans un endroit abrité.
― On rentre par la fenêtre sinon ? Je connais quelques combines pour ouvrir tous types de fenêtres verrouillés, proposa Mika ― personne ne voulut demander comment elle connaissait ce genre de choses.
― Impossible, répondit Kageyama, le système d'alarme est perfectionné. La police sera là dans dix minutes maximum, en pensant à un cambrioleur.
― Si tu sais ouvrir une fenêtre, tu sais ouvrir une porte, non ? lâcha Kuroo en croisant les bras sur sa poitrine.
― Non. Les diamants, ça ouvre le verre, pas le métal, génie.
― Tu lui as acheté une bague avec un diamant ? s'exclama le chanteur aux cheveux noirs en décochant un regard mi-surpris mi-agacé à Daishou.
― Je me la suis achetée toute seule, rétorqua la principale concernée.
― Avec ma carte bancaire, ajouta malgré tout son petit ami.
― T'aurais dû acheter un passe-partout, soupira Oikawa dramatiquement. Là, on en aurait bien besoin. »
Keiji admettait qu'il était un peu à court d'idées pour les tirer d'affaire. Impossible de réserver un hôtel aussi tard, surtout qu'ils étaient un peu en retrait du centre-ville et sans véhicule à leur disposition. Impossible également d'appeler un serrurier à cette heure, personne ne travaillait au beau milieu de la nuit. Et même s'il y avait une permanence, leurs agents avaient bien mentionné que rares étaient ceux qui acceptaient de s'aventurer jusqu'à leur cottage, car la route était difficile.
Pour paraphraser ce que répétait Daishou depuis trois minutes, ils étaient dans une belle situation de merde.
« On ne pourrait pas aller dormir chez Iwaizumi ou Sakusa ? s'enquit finalement Mika. Ce n'est pas l'idéal pour eux, mais si on n'a pas le choix.
― Sakusa ? répéta Atsumu d'un air moqueur. Tu rêves si tu t'imagines qu'il va nous accueillir. Il va juste nous laisser dehors si on vient sonner chez lui, et nous dire de nous débrouiller.
― Même si tu lui fais les yeux doux ? hasarda Bokuto.
― C'est dépassé les yeux doux, le coupa Oikawa. Mieux vaut qu'il enlève son t-shirt et qu'il…
― On se reconcentre s'il vous plaît. » soupira Keiji. La conversation dérapait sur un terrain glissant qui n'était pas vraiment de mise dans leur situation. « Et Iwaizumi ? répéta-t-il en direction du brun, qui fit la moue.
― Vu la taille de son studio, il ne pourra accueillir que deux personnes maximum. Alors à moins que quelqu'un ne se sente d'humeur égoïste pour m'accompagner dormir là-bas…
― J'aimerais qu'Iwaizumi te laisse dehors, pour la peine. » marmonna Kuroo.
Daishou ricana, Oikawa lui tira la langue puérilement et Keiji leva les yeux au ciel. Ils étaient le pire groupe de bras cassés qu'il connaisse. S'ils avaient été dans une télé-réalité, le public se serait amusé de leur incapacité à se supporter et de leurs disputes incessantes. Ils s'entendaient mieux qu'on ne l'aurait pensé en les écoutant, mais beaucoup d'entre eux entretenaient une certaine habitude de se jeter des piques par affection ― Daishou et Kuroo s'étaient détestés pendant un bon moment par pure rivalité artistique, avant d'être obligés de se supporter mutuellement quand Mika et Kenma s'étaient découvert une passion commune pour les jeux vidéos et avaient commencé à leur imposer des sorties à quatre lorsqu'on mélangeait les deux solistes à Atsumu et Oikawa, qui adoraient se moquer de l'autre, l'atmosphère devenait incroyablement électrique, même si tout le monde savait que les quatre idiots s'adoraient.
« OK, soupira Keiji, dans ce cas, je ne vois qu'une solution.
― On trouve une maison vide et on entre dedans pour la nuit ? » hasarda Hinata. Mon dieu, songea Keiji, si même l'âme habituellement la plus honnête de leur groupe s'y mettait, ils étaient fichus.
« Non. On se sépare en deux groupes. Le premier va partir à la recherche des paparazzis et les distraire s'ils sont déjà en train de revenir ici. Le second cherche ces foutues clés. » Son emploi d'une vulgarité ― certes modérée, mais déjà inhabituelle dans sa bouche ― sembla réveiller tous ceux qui l'écoutaient, y compris Kenma qui était resté en retrait de la conversation tout le long.
« Tu penses qu'on a une chance de les trouver par cette obscurité ? dit Oikawa, sceptique.
― On n'a pas vraiment le choix. On a les lampes de nos téléphones, si on arrive à accrocher un reflet, on les retrouvera peut-être. Elles doivent être sur la plage, non ? demanda-t-il à l'intention de Kuroo.
― Je ne vois pas où elles pourraient être d'autre, répondit le jeune homme aux cheveux noirs. Elles étaient dans mon sac quand on est parti, et c'est le seul endroit où je l'ai ouvert. » Keiji opina pensivement après cette réponse.
« OK, alors Bokuto, Hinata, Kenma, Mika, Kuroo et moi, on va sur la plage les chercher. Les autres, je compte sur vous pour distraire les paparazzis.
― Dis-donc, intervint Oikawa en croisant les bras sur sa poitrine, pourquoi tu es le seul du groupe à t'en tirer correctement ?
― Et pourquoi vous êtes six, et nous quatre ? renchérit Atsumu.
― Parce qu'on a besoin de plus de mains pour chercher les clés sur une grande plage, que Bokuto, Hinata, Kenma et Mika doivent impérativement rester loin des paparazzis et qu'on a besoin de Kuroo pour nous rappeler son trajet, répondit le jeune homme aux cheveux foncés.
― Ça ne nous dit pas pourquoi toi… »
Keiji ne l'écoutait déjà plus ― désolé Oikawa, songea-t-il, mais je n'ai aucune envie de m'afficher devant eux, et vous ferez ça très bien entre drama queens. Entre Oikawa, Atsumu et Daishou, les reporters n'allaient pas s'ennuyer. Il souhaita intérieurement bonne chance à Kageyama pour les supporter, avant de détaler vers la petite crique où ils avaient passé la soirée sans laisser le temps à ses comparses de continuer de protester.
Le petit groupe qu'il avait désigné le suivit, sans doute tout aussi content que lui de pouvoir échapper à la tâche ardue de faire face aux paparazzis. Ils redescendirent doucement en direction de la petite crique dans laquelle ils avaient élu domicile tout le début de soirée ― et même une bonne partie de la nuit puisqu'ils n'avaient pris le chemin de leur cottage qu'à trois heures du matin ―, un peu en retrait par rapport au reste de la plage mais assez large pour permettre à tout leur petit groupe bruyant de s'y amuser sans déranger personne d'autre.
Sur le chemin déjà, ils prirent le temps de balayer le sable avec les lampes intégrées à leurs téléphones, au cas où les clés seraient tombées du sac mal fermé de Kuroo ― celui-ci assurait l'avoir correctement refermé, mais plus personne ne pouvait le confirmer maintenant que Daishou l'avait renversé sur le sol. Ils n'aperçurent malheureusement rien, et se retrouvèrent ainsi un peu plus démunis face à la grande étendue de sable fin où ils s'étaient installés.
« Heureusement que la mer descend, commenta Kenma, sinon, on aurait pu dire adieu à ces clés.
― Tu pourrais y mettre plus de cœur à la tâche, rétorqua Kuroo. Sinon, tu ne pourras pas charger ton portable avant demain.
― Il est encore à 60%, je l'ai mis en charge avant qu'on parte. » Le jeune homme aux cheveux noirs coiffés en pointe soupira d'agacement, avant de se diriger vers le coin où il était installé pour le balayer avec sa lampe.
« Tu penses qu'on va les trouver ? s'enquit Bokuto en rejoignant son petit ami qui scannait un coin de la plage, tout en passant la main sur le sol au cas où le sable serait trop épais pour qu'on distingue bien ce qui s'était enfoncé dedans.
― Il vaut mieux, répondit son compagnon. Sinon, les agents vont nous incendier, et les journaux people vont adorer écrire sur nous pendant au moins deux semaines.
― C'est si grave que cela, s'ils apprennent pour nos… fréquentations ? »
Akaashi soupira légèrement en observant son petit ami, et en profita pour attraper sa main et la serrer légèrement. Cela ne serait pas un drame en soi, ni même une tragédie… mais la presse peopleallait se faire un plaisir de répandre des rumeurs sur eux et les réseaux sociaux allaient devenir incontrôlables. Aux yeux de tous, ils étaient des personnalités publiques, dont la vie entière devait être connue instantanément par tout le monde. Ils s'affichaient exagérément sur les réseaux, conformément aux ordres de leur community manager, pour entretenir cette illusion de proximité avec leurs fans. Si jamais on apprenait qu'ils avaient des relations amoureuses privées, certains de ces dits fans allaient laisser la folie s'emparer d'eux, c'était certain.
Et puis, l'autre problème, c'était que Daishou était le seul quota hétérosexuel de leur petit groupe d'artistes. Ce qui, sur six, était bien peu, il fallait l'admettre. Kuroo, Bokuto et lui étaient ouvertement homosexuels, tandis qu'Oikawa et Atsumu s'affirmaient respectivement bisexuel et pansexuel. Ils étaient bien loin des fantasmes que leurs fans féminines pouvaient avoir sur eux, et si leurs agents n'avaient pas vraiment de problèmes avec leurs orientations sexuelles, cela ne serait sans doute pas l'avis du grand public.
Donc, s'ils pouvaient éviter de se coltiner une avalanche d'articles faisant des hypothèses sur leurs fréquentations après avoir été surpris en train de passer la nuit sur une plage tous ensemble, cela ferait leur affaire. Il n'y avait pas écrit sur leurs fronts qui était en couple avec qui, mais ils auraient du mal à faire avaler à des reporters déchaînés qu'ils étaient juste amis, surtout quand Mika portait une bague beaucoup trop chère en comparaison de ses autres accessoires, qu'elle était une parfaite inconnue dans le monde de la musique, et des gardes du corps n'étaient pas censés surveiller les artistes au point de se retrouver dans la mer avec eux ― torses nus, évidemment.
« Disons qu'on survivra, répondit-il finalement, mais que ça va être compliqué pour les prochains mois. Et qu'on pourrait être obligés de rompre. » Les yeux de Bokuto s'écarquillèrent.
« On va retrouver ces clés. Hors de question que tu rompes avec moi, 'kaashi. »
Le susnommé laissa échapper un léger rire. Typiquement Bokuto. Le jour où Nekomata était venu lui dire qu'ils allaient lui assigner un garde du corps, le claviériste du groupe l'avait mal pris. Un garde du corps ? Pour quoi faire ? Ils n'étaient pas célèbres au point d'avoir des fans déchaînés et effrayants à leurs trousses.
Néanmoins, il admettait que son jugement avait vacillé quand il avait rencontré Bokuto. Parce qu'en plus d'être extrêmement bien bâti et visuellement agréable à regarder, le garde du corps était adorable. Dynamique, souriant, optimiste ― sauf quand il passait par ses phases de dépression un peu inattendues pour diverses raisons ― et surtout, très attentionné. Le garde du corps avait tout de suite compris que Keiji n'avait pas vraiment envie d'avoir quelqu'un sur son dos en permanence, même pour le protéger. Alors Kôtarô avait préféré devenir quelqu'un d'autre : un ami d'abord, un amant ensuite.
Leur relation devait rester à peu près secrète ― mais au sein de leur petit groupe d'artistes de PPS, nul besoin de trop se cacher. Kuroo et Kageyama fricotaient avec leurs propres gardes du corps ― ils se souvenaient encore tous de leur surprise quand ils avaient vus ces deux hommes frêles se présenter comme tels, mais Hinata était incroyablement rapide, et Kenma avait un taser, deux arguments qui les avaient convaincus de leur efficacité ― et les trois autres hurluberlus avaient leurs propres rencontres secrètes, amis de lycée ou rencontres hasardeuses dans la rue.
En somme : ils étaient tous liés par le secret de leurs relations respectives, et par conséquent, tous dans le même bateau.
Ils poursuivirent leurs recherches un bon moment, sondant chaque parcelle de sable dans l'espoir de finalement mettre la main sur un objet métallique en forme de clé. A un moment, ils eurent l'impression d'entendre des éclats de voix portés par la mer, mais personne ne se montra à eux et ils préférèrent en déduire que tout se passait bien du côté de la diversion. Nul doute que l'absence de Keiji serait remarquée par les paparazzis, mais il trouverait une excuse le lendemain. Kuroo et lui mettraient au point quelque chose, et tout s'arrangerait… S'ils trouvaient ces foutues clés qui n'avaient pas pu disparaître, bon sang !
« On devrait peut-être contacter Sakusa et Iwaizumi aussi, finit-il par dire alors qu'ils arrivaient au bout du sable. Peut-être qu'ils ont emporté la clé avec eux…
― Il est quatre heures du matin, Akaashi, rétorqua Kuroo. Ils sont sûrement en train de faire de beaux rêves, contrairement à nous.
― On a fait le tour sans la trouver, fit remarquer Hinata. Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? » Ses cinq comparses observèrent un long silence songeur ― Keiji allait ouvrir la bouche, quand un flash d'appareil photo les illumina soudainement.
« Regardez ! cria une voix inconnue. Je crois que c'est Tetsurô Kuroo !
― Merde, jura le concerné à mi-voix.
― On est morts, commenta Kenma avec son optimisme légendaire.
― Taisez-vous et venez ! »
Akaashi les entraîna à l'abri des rochers, dans un coin accidenté où les reporters auraient du mal à les suivre depuis les hauteurs ― et perdraient un temps fou à descendre dans tous les cas. Pour le moment, il leur fallait se cacher, et ces rochers offraient bon nombre de cachettes si on oubliait les risques de chute ou de blessure.
« Que fait la diversion ? marmonna Kuroo qui le talonnait.
― Suguru m'a envoyé un message, commenta Mika. Ils se sont fait encercler par des fans.
― A quatre heures du matin ?!
― Apparemment, il n'est pas question de dormir quand on peut avoir l'opportunité d'apercevoir Phoenix. Je cite son message. » Le petit groupe soupira de concert en se ratatinant derrière un rocher immense ― ils avaient remarqué par hasard qu'on pouvait se glisser derrière, ce qui ne serait sans doute pas le cas des reporters s'ils passaient trop rapidement devant.
« Je suppose qu'on n'a plus qu'à attendre, soupira Kuroo. Super soirée, vraiment. Les agents vont nous tuer. Ils nous avaient prévenus. On va avoir droit à leurs deux versions dragons demain et…
― Putain de merde. » L'injure, lâchée cette fois par Mika, les fit sursauter. Elle les ignora et se tourna vers Bokuto.
« Les dragons ! » La remarque était obscure, mais le jeune homme aux cheveux bicolores parut la saisir.
« J'arrive pas à croire qu'on ait oublié !
― De quoi vous parlez ? s'enquit Hinata, visiblement intéressé.
― Tu vois les deux rochers en forme de dragons dans le jardin ? Avec les étoiles peintes dessus ? » La question s'adressait au plus petit du groupe, mais tous hochèrent la tête ― ils avaient remarqué ces deux petits rochers sculptés en dehors du cottage. « On avait trouvé une deuxième clé entre eux. On l'a remise là pour s'en servir au cas où… »
Il y eut un long, très long silence, et Keiji soupira. S'il n'était pas aussi amoureux de Bokuto, il l'aurait bien frappé pour cet oubli tragique qui leur avait valu toute cette aventure.
(Il allait déjà devoir empêcher Kuroo, ainsi que Daishou, Oikawa et Atsumu quand ils apprendraient l'histoire, de commettre un meurtre envers son petit ami.)
