56ème jour de Lairë (17 août), en l'an 1931 du 3ème âge [1]

Helwa poussa la porte de sa maison, affamée, fatiguée, sale, contente d'aller retrouver son lit. La nuit était tombée et l'heure était tardive. Elle inspira avec délectation l'odeur de cuisine qui flottait dans la grande et unique pièce du rez-de-chaussée. Son estomac gargouilla. Son dernier repas remontait au petit matin. La chaleur de la pièce l'enveloppa doucement et elle soupira de délectation.

Elle aimait rentrer chez elle après une journée entière passée au-dehors sur les routes ou dans la forêt. Helwa avisa son grand-père, Gawin, assis dans son vieux fauteuil usé, face à la cheminée. Il semblait fatigué lui aussi, mais de l'avis d'Helwa, son grand-père avait toujours l'air fatigué depuis quelques années. L'âge sûrement. Il fumait et de sa longue pipe s'élevait une fine fumée grise. Helwa aimait sentir l'odeur si caractéristique de l'herbe à pipe. D'aussi loin qu'elle se souvenait, elle l'avait toujours sentie envahir la maison, collée à ses vêtements, ses draps.

Parfois Helwa pensait que son grand-père n'avait peut-être plus l'âge de fumer autant mais ce dernier lui répondait que cela le calmait lorsqu'elle partait sans aucune nouvelle une journée ou plusieurs jours entiers. Alors Helwa se taisait, la culpabilité lui étreignant le cœur, et elle restait docilement à la maison une semaine ou deux jusqu'à ce que ce ne soit plus tenable et qu'elle reparte au-dehors, libre.

Elle se défit machinalement de sa longue et chaude cape brune, légèrement élimée et la pendit au mur :

—Tu rentres tard, déclara son grand-père, je pensais que tu serais partie pour plusieurs jours.

Même si le reproche n'était pas explicite, il était pourtant bien là, comme toujours. Helwa savait qu'il détestait la voir partir sans savoir ni où elle était ni pour combien de temps. Elle le savait inquiet et elle savait également que lorsqu'elle était là, son grand-père pouvait lui déléguer certaines tâches agricoles car son jeune âge la rendait plus vigoureuse et endurante. Elle savait aussi lire, compter, et un peu écrire contrairement à lui et il lui demandait souvent de faire les transactions avec ses acheteurs. Elle avait appris plus jeune grâce à leur voisine plus éduquée et plus aisée qu'eux.

A cet instant, Helwa était heureuse d'être de dos pour ne pas avoir à affronter son regard :

—Je ne suis pas partie loin grand-père, juste dans la forêt.

—J'avais besoin de toi aujourd'hui. Ne peux-tu donc pas rester sagement ici à la place que tu te dois de tenir ? Une femme ne court pas dans la forêt toute la journée par Manwë ! Tu devras bientôt te marier Helwa Isil ! Il va falloir que tu comprennes qu'une femme est tout l'opposé de ce que tu es. Tu ne pourras pas rester seule toute ta vie. Je ne te laisserais pas devenir vieille fille. Tu dois assurer l'avenir de mes terres.

Helwa soupira et se dirigea vers la cuisine pour avaler le reste de soupe. Elle se le servit et s'assit à la grande et massive table de bois :

—Je n'ai que dix-sept. Me marier n'est pas dans mes projets grand-père, tu le sais très bien. Une vie bien rangée, docile, enceinte tous les ans n'est pas ce que je souhaite.

—Il faudrait déjà qu'un homme s'intéresse à toi, bougonna-t-il, avec tes cheveux et cette manie que tu as d'être aussi effrontée, tu fais fuir tous tes prétendants. Mes terres vont être rachetées à ce train-là.

Aucun Homme ne te regardera jamais. Tu n'as aucun attrait.

—Bon débarras, répondit-elle ironique, ignorant la petite voix.

Ses cheveux courts étaient bien pratiques pour ses activités de plein air. Il n'était pas question qu'elle les laisse repousser. Helwa les avait coupés à dix ans sur un coup de tête. Elle s'était fait remonter les bretelles par son grand-père mais il n'avait jamais pu la forcer à les laisser repousser. A chaque fois qu'il tentait une menace, Helwa se sauvait dehors et ne rentrait que quelques jours plus tard.

Son grand-père se rendait-il compte qu'il tenait ce discours à chaque fois qu'elle rentrait d'une « fugue » comme il aimait les appeler ? Helwa ne savait qu'en penser. Elle espérait que non, sinon cela serait clairement de la torture psychologique que de lui rappeler sa différence et de la faire culpabiliser ainsi. Helwa ne voulait pas se marier. Elle avait un caractère bien trempé, autonome et indépendant. Pourquoi aurait-elle besoin d'un homme dans sa vie ? Elle aimait être seule, détestait les gens de son âge et c'était réciproque. A Bree, tous la regardaient comme un chardon au milieu des jonquilles, ou comme une chose à ne pas approcher. Alors Helwa avait apprivoisé la solitude et se complaisait dedans depuis de nombreuses années.

Elle aimait la liberté de l'extérieur, le vent lui fouettant le visage, le soleil chauffant sa peau, la pluie, et cette merveilleuse impression d'avoir le monde à ses pieds. Helwa aimait aussi son grand-père bien que ce dernier ne soit pas toujours tendre avec elle. Elle aurait aimé le rendre fière d'elle mais elle avait fait le deuil de cette idée longtemps auparavant. Pourtant ce dernier l'avait élevée comme sa fille après que ses parents et sa femme soient morts de maladie lors d'un hiver particulièrement difficile. Helwa n'avait qu'un an et n'avait donc aucun souvenir de ses parents. Elle se sentait redevable à son grand-père tout en étant irrésistiblement attirée par le monde extérieur.

Helwa était tiraillée entre ce qu'elle pensait être son devoir, rester avec son grand-père, se marier pour garder leurs terres agricoles, et ce besoin d'aventures, de découvertes qui lui dévorait littéralement le cœur. Helwa sourit pensivement au souvenir de sa découverte de la tour de guet d'Amon Sûl, quelques années plus tôt. Elle était allée très loin cette fois-là et la jeune fille avait découvert, sur une grande plaine, les ruines d'une forteresse. Elle avait été en extase. Elle s'était renseignée comme elle avait pu et avait appris qu'elle se nommait Amon Sûl et qu'elle avait appartenu au peuple des Hommes du nord en Arnor, peuple disparu depuis longtemps. On la disait hantée mais pour avoir dormi dedans, Helwa pouvait affirmer qu'elle n'avait pas rencontré l'ombre d'un esprit.

Son grand-père se leva pour remplir son verre et passa à côté de la jeune fille :

—Tu empestes l'alcool ! s'exclama-t-il en colère, Je t'avais interdit de remettre les pieds dans cette auberge. Ce n'est pas un endroit convenable pour une fille. C'est dangereux ! Pense à ta vertu par tous les Valar !

Helwa soupira doucement pour rester discrète :

—Je n'y consomme jamais rien, répliqua-t-elle calmement, habituée à la discussion. Ce ne sont que mes vêtements qui absorbent l'odeur.

—Et encore heureux par Manwë ! Je ne comprends pas que tu ailles salir ton honneur en te rendant là-bas ! C'est mal famé !

—Personne ne m'a jamais touché. Mon honneur est sauf.

—Mais quel intérêt y trouves-tu donc ? Personne ne voudra d'une femme qui fréquente ce genre d'endroit.

—Les voyageurs y racontent leurs aventures, souffla Helwa rêveuse.

Elle se rendait à l'auberge le soir, sa cape sur la tête pour cacher son visage et elle s'asseyait près de la cheminée où les voyageurs de passage captivaient leur auditoire en racontant leurs découvertes. Ils parlaient d'Elfes, de Nains, de Gobelins parfois même de Trolls ou d'Orcs ! La plupart des gens n'en croyaient pas un seul mot. Ces créatures, si elles existaient bien, se cachaient et vivaient plus loin au sud et à l'est mais certainement pas ici en Eriador. Helwa, elle, voulait les débusquer, en apprendre toujours plus sur eux et les récits de ces hommes la faisaient rêver :

—Leurs aventures, ironisa son grand-père, et puis quoi encore ? Ce ne sont que des balivernes ! Des contes ! Il faut que tu apprennes à vivre les pieds sur terre Helwa !

Cette dernière ne répondit rien mais elle brûlait de lui répéter ce qu'avait énoncé un homme, ce soir-là, à l'auberge. D'après ses dires, il y aurait une cité elfique dans le Rhudaur près de la Bruinen à une dizaine de jours à pieds. Il avait affirmé l'avoir vue. Helwa n'en revenait pas qu'un trésor pareil se cache non loin d'ici. Il lui fallait vérifier à tout prix si ses dires étaient vrais.

Entre temps Helwa était montée dans sa chambre sans un mot et avait laissé son grand-père bien énervé, comme toujours quand elle rentrait. Elle prépara silencieusement ses affaires pour le lendemain et se mit au lit un grand sourire aux lèvres.

La discussion de ce soir l'avait confortée dans son projet. En sortant de l'auberge, elle avait décidé effrontément de partir bientôt pour cette cité cachée. Helwa partirait demain. Elle tentait de ne pas y penser mais les mots de son grand-père l'avaient blessée comme toujours. Elle ne se sentait pas prise en compte. Helwa avait besoin d'air. Elle allait partir pour... deux semaines, peut-être plus. Le temps d'aller voir, de revenir et de flâner un peu. Le temps de se ressourcer et d'oublier toutes ces histoires de mariage.

Helwa fixait le plafond éclairé par la lune. La petite voix aussi était toujours méchante avec elle. Elle appuyait toujours les propos de son grand-père et de tous ceux qui lui faisaient des reproches. Elle avait une voix moqueuse et railleuse. Mais Helwa était habituée. La petite voix était là depuis de nombreuses années maintenant. Parfois elle se prenait à penser que cette dernière avait toujours été là. Elle était peut-être maudite après tout. On lui avait peut-être jetée un sort à la naissance. Helwa s'était souvent posée la question. Cela expliquerait pourquoi les autres la traitaient comme une pestiférée.

La plupart des personnes du village et des alentours croyaient dur comme fer à la puissance de forces maléfiques, jetant des malédictions et amenant des désastres sur les Hommes. En revanche ils semblaient avoir oublié une règle simple : il n'y avait pas d'ombre sans lumière. Pour le grand-père d'Helwa, la lumière venait d'Eru Ilúvatar, le grand être suprême, et des Valar, ses émissaires de lumière. Cette croyance perdurait depuis des générations dans sa famille et il l'avait transmise avec ferveur à Helwa qui avait une grande foi en ces dieux. Elle les priait tous les soirs, dans le noir, murmurant ses paroles à des puissances invisibles mais rassurantes.

Le lendemain, à l'aube naissante, Helwa ouvrit les yeux, le cœur battant d'excitation. Elle se prépara dans le plus grand silence et sortit de sa chambre. Elle descendit ensuite les escaliers sans faire craquer le bois jusque dans la cuisine.

Au cours de ses excursions, Helwa avait acquis le silence du serpent, la souplesse et l'agilité du chat pour monter dans les arbres, la célérité de la biche traquée, l'ouïe fine de la chouette et la vue perçante de la buse à l'affut. Cela lui permettait de se glisser dans n'importe quel endroit discrètement et d'échapper à la plupart des êtres vivants qui tentaient de la prendre en chasse. Pour survivre au dehors, elle avait dû apprendre, parfois à ses dépens, les propriétés des différentes plantes de la forêt et à suivre une piste.

Helwa prit son sac et y mit un peu de pain, quelques fruits et surtout de l'eau. Sa large cape élimée sur ses épaules, elle sortit au-dehors dans l'aube matinale. Elle rabattit sa capuche sur sa tête pour masquer son identité et pris la direction de la route de l'Est. Elle savait que cette route menait jusqu'aux monts brumeux. Ce qu'il y avait au-delà de cette immense chaine de montagne, elle l'ignorait. Helwa ne connaissait personne en possession d'une telle carte. Le voyageur qui avait parlé de la cité elfique avait déclaré qu'elle devait se trouver près de cette route. Helwa n'avait qu'à la suivre jusqu'à la Bruinen et alors elle aviserait au moment opportun. Elle avait calculé qu'elle devrait en avoir pour au moins huit à neuf jours de marche à un rythme rapide.

Elle s'engagea sur la route dans l'humidité du matin. Elle ne croisa pas grand monde sur la route à cette heure, seulement quelques paysans et quelques marchands. Elle pria rapidement Manwë, le Vala de l'air et le seigneur des Valar, de lui permettre de faire bon voyage et d'atteindre son but.

Helwa connaissait par cœur les récits de création du monde. Au centre de tout, se trouvait Eru Ilúvatar, le grand créateur, qui siégeait en maître dans le vide. De sa pensée jaillirent les Ainur, des êtres puissants qui créèrent avec lui, le monde. Quatorze d'entre eux, les plus puissants, prirent une forme charnelle et descendirent sur la Terre pour l'embellir et veiller sur elle : les Valar. Ces derniers étaient aidés et servis par les Maiar, des êtres puissants, chargés d'aider les Valar dans leurs tâches.

Pour passer le temps, la jeune fille se mit à chantonner un long et très ancien poème qu'elle avait appris dès son plus jeune âge destiné à lui apprendre à différencier les Valar et leurs pouvoirs. Sa voix s'éleva dans le silence de l'aube, accompagnée seulement de quelques oiseaux :

Par-delà la grande mer où la houle gronde,

Au pays béni d'Aman, terre à l'ouest du monde,

Règne la lumière des quatorze Valar,

Envoyés par le tout-puissant Eru Ilúvatar.

Mort, souffrances, maladies, leurs sont inconnues ;

Beauté, majesté, immortalité leurs sont échues.

Veiller avec bonté sur les enfants d'Eru,

Elfes et Hommes, est le sort qui leur est dévolu.

Sur le mont Taniquetil, père des montagnes,

Manwë, sage maître des cieux, scrute la terre

Et Varda l'éclatante, feu du ciel, sa compagne,

Assise à ses côtés, des étoiles est la mère.

Yavanna aux cheveux d'or et ornés de fleurs

Fait surgir animaux et plantes de ses mains.

Aulë le Forgeron est l'élu de son cœur,

Roi des entrailles du monde et Père des Nains.

Oromë, chasseur au destrier rayonnant,

Chevauche à travers Les Plaines de lumière

Aux côtés de Nessa la danseuse ; riant,

Libre, insouciante et gracieuse, d'une voix claire.

Creusant, déplaçant vallées et monts enneigés,

Tulkas, fort, endurant, a façonné le globe.

Vána la toujours jeune, éternelle beauté,

Va à travers champs ; oiseaux et fleurs sur sa robe.

Dans les jardins sereins et verdoyants de Lórien

Médite Irmo, maître des songes et des illusions.

Il s'accorde à Estë qui éloigne les peines

De tous les esprits et corps par la guérison.

Dans les profondeurs des océans vit Ulmo

Puissant sage et solitaire seigneur des eaux.

Et dans les montagnes de l'ouest, pleure Nienna

D'où le deuil et la compassion pour cent la voix.

Non loin vit Vairë, la tisseuse du destin,

Filant la création et destruction des êtres.

L'éminent Mandos, drapé de ténèbres est sien,

Berger des âmes dans la mort, dont il est maître.

Les derniers mots moururent dans l'air alors qu'Helwa continue sa route. Elle avait rabaissé sa cape et contemplait le paysage autour d'elle. De longues plaines, amoncelées de rochers, et se décrochant dans la brume lointaine, des chaînes de montagnes au sommet vieilli par les âges.

Helwa aimait bien ce poème. Il parlait de Nains et d'Elfes, de terres inconnues au-delà du monde. Elle avait pris l'habitude de le chanter tous les jours quand elle s'ennuyait, pour égayer son temps.

La chanson parlait des quatorze Valar mais omettait la part d'ombre qui allait toujours de pair avec la lumière. Il y avait eu un quinzième Vala: Melkor. Il avait été le plus puissant des Valar et aussi le plus rebelle, avide de pouvoir. Il avait voulu asservir le monde et le modeler selon sa vision de ténèbres. Melkor fut rebaptisé par la suite «Morgoth, le noir ennemi» par les Valar et les Elfes des anciens âges car il forma sa propre armée de créatures monstrueuses et fit plusieurs guerres aux Valar et aux Elfes. A cause de lui, nombre d'Elfes, d'Hommes et de Nains tombèrent et de nombreuses guerres furent entreprises pour l'empêcher de mettre à bien ses sombres projets. D'après les récits de son grand-père, il aurait été vaincu par les Valar, il y a maintenant de nombreux millénaires de cela. Mais son Maia et serviteur Sauron avait représailles son sombre dessein et conduit ses troupes contre les Elfes et les Hommes de la Terre du Milieu pour en prendre le contrôle deux milles ans auparavant. Lui aussi fut vaincu.

Cependant des croyances persistaient dans le cœur des Hommes. Des rumeurs de cavaliers noirs, maudits, errants dans le nord de l'ancien royaume de l'Arnor, tout au nord de la Terre du Milieu étaient très répandus. A l'inverse en Eriador, Eru Ilúvatar, les Valar et les Maiar avaient disparus. Plus personne chez les humains ou les semis-hommes ne les respectaient ni même ne se souvenait de leur existence. D'ailleurs, d'après son grand-père, il en était de même pour tous les royaumes des hommes. Seules quelques familles persistaient encore dans leurs croyances et étaient souvent mal vues de la population.

On racontait dans les contes que certains peuples elfiques venaient directement des terres immortelles et avaient été bénis par les Valar. Les voyageurs racontaient qu'ils possédaient vaincre la mort, qu'ils possédaient de puissants pouvoirs et embrouillaient les esprits des hommes qui s'approchaient trop haut. Cela lui faisait peur mais elle n'avait jamais reculé devant sa peur, sauf celle du mariage, mais c'était différent-ce pas?

La route était très praticable. La terre était bien sèche car il n'avait pas beaucoup plu. On n'était qu'à la fin de l'été. Cela arrangeait bien Helwa qui savait qu'elle pourrait trouver des choses à manger en forêt car à cette époque il restait beaucoup de fruits sur les arbres et dans les buissons.


[1] La temporalité de cette histoire est basée sur le calendrier de Fondcombe, contenant six mois dans une année. Yestarë est le premier jour de l'année et n'appartient à aucun mois, puis vient Tuilië (le printemps, 54 jours), Lairë (l'été, 72 jours), Yavië (l'automne, 54 jours), vient ensuite trois jours médians, les Enderis, puis le mois de Quellë (l'étiolement, 54 jours), Krivië (l'hiver, 72 jours), Coirë (la rêverdie, 54 jours) et enfin Mettarë le dernier jour de l'année et précède Yestarë. L'année elfique commence fin avril (le 29 dans notre calendrier).