Salut tout le monde, aujourd'hui, nouveau OS inspiré de l'épisode The Gobelin, de la saison 3 où le petit être vert se joue de tous les habitants de Camelot, jusqu'à révéler, sous l'apparence de Gaius, que Merlin est un sorcier. Ce OS porte donc sur les cogitations d'Arthur, suite à ces révélations.

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Titre : Il suffisait d'un gobelin.

Episode : Il suffisait d'un gobelin…Et si Arthur avait deviné ? SE3E3

Pairing : pas de pairing particulier, libre à vous de l'imaginer !

Résumé : Arthur a toujours su que Merlin était différent. Seulement, il ne s'attendait pas à ça.

DISCLAIMER : Merlin ne m'appartient pas.

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Arthur avait beaucoup de mal à le croire. Ça lui paraissait impossible, irréalisable et surtout, complètement tiré par les cheveux. Merlin, son Merlin, un sorcier ? Il avait une envie folle de rire au nez de Gaius -qui se comportait d'ailleurs de manière très étrange ces derniers jours-. Pourtant, lorsque son père lui demanda d'aller chercher son serviteur et de l'amener expressément devant la cour, le jeune prince inclina la tête et sortit, accompagné de deux gardes. Sur le chemin, son cœur se serra, ses entrailles commencèrent à lui faire un peu mal. Même si Merlin était responsable, ce dont il doutait, même après les dires de Gaius, il ne voulait pas l'arrêter et encore moins l'amener à la mort. Ça lui serait très douloureux. Non, il ne voulait pas perdre son seul ami. S'il pouvait être ailleurs, faites qu'il ne soit pas dans le château, pria-t-il.

Mais son vœu ne fut pas exaucé. Il croisa Merlin dans le couloir, en arrivant vers ses appartements. Ce dernier marchait, visiblement résolu et en entendant les pas du prince et des gardes, il s'était retourné en disant d'une voix alarmée :

-Arthur. Il faut que je vous parle.

L'intéressé ne répondit pas, gardant son visage aussi froid et impassible qu'il lui fût possible et continua d'avancer, suivit des chevaliers. Arthur contempla son serviteur, évita son regard, qu'il savait un peu dérouté puis ordonna :

-Arrêtez-le.

-Quoi ?! s'étouffa Merlin avec un sourire, comme si Arthur ne faisait que plaisanter.

Mais en voyant le regard de son maître et en sentant les mains des gardes s'emparer de ses bras, son visage se décomposa :

-Arthur, qu'est-ce que vous faites ?

Le prince ne répondit pas, se contentant de le regarder, l'air profondément peiné et il conduisit les gardes devant la cour. Son père était debout, appuyé contre son trône et Gaius, les mains enfouies sous sa longue robe de médecin, regardait son pupille avancer, mains liées, d'un air profondément indifférent et presque, Arthur s'en trouva fort étonné, satisfait. Morgane, elle, était enfoncée dans son siège, un regard semblant signifier « bien fait », rivé vers Merlin.

-Est-ce vrai que tu es responsable des… désagréments causés à moi et aux autres membres de la cour ?

-Quoi ?! répéta Merlin pour la seconde fois. Non…

-Gaius.

-J'ai trouvé ceci dans ta chambre. C'est un livre de sorts et d'enchantements, déclara le médecin, pas peu fier en brandissant un énorme grimoire devant un Merlin décontenancé.

Arthur croisa les bras sur sa poitrine, avala difficilement sa salive. Pourquoi les preuves semblaient irréfutables ? N'y avait-il pas moyen que Gaius se trompe ?

-Il ment ! s'écria Merlin.

Il sembla hésiter un instant. Avala sa salive puis reprit :

-Ce n'est pas Gaius.

Arthur fronça les sourcils. Pitié Merlin, ne t'enfonce pas plus que tu ne l'es déjà…

-Qu'est-ce que tu racontes ? demanda-t-il néanmoins.

-Il est possédé par un gobelin !

-Ces accusations sont ridicules ! répliqua le vieux médecin.

-Explique pourquoi tu penses que Gaius est possédé… par un gobelin, demanda Uther d'un air ennuyé.

-Il le contrôle… Gaius est encore en lui… quelque part.

Merlin, par les dieux… Ne dis pas n'importe quoi…

-As-tu seulement des preuves pour ces accusations… questionna Arthur, un brin d'espoir encore en lui.

-Non ! s'exclama Merlin, l'air complètement désespéré, après quelques secondes de silence.

Arthur ferma les yeux. Il est condamné.

-Je crains que la magie ne l'ait corrompu. Cela me peine plus que tu ne puisses l'imaginer… fit Gaius, l'air absolument pas peiné.

-J'en doute fort, répliqua Merlin.

Pardon ? fit Arthur.

-J'ai donné l'asile à un sorcier, Monseigneur, et pour cela, je voudrais m'excuser.

-Vous n'êtes pas à blâmer, Gaius, répondit le roi en posant une main sur l'épaule de son médecin. Il est complètement fou.

-Ce n'est pas moi qui suis fou, c'est lui ! se défendit Merlin.

-Silence ! se récria Uther.

Merlin lança un regard si plaidant qu'un instant, Arthur crut que son père n'allait pas le condamner. Pourtant Uther acheva sa phrase, sur un ton froid et sans appel :

-Tu es coupable d'user d'enchantements et de sorcellerie et pour cela, je te condamne à mort.

Puis il ordonna :

-Emmenez-le !

Les gardes obligèrent Merlin à se retourner et l'entraînèrent vers les cachots. Arthur, lui, n'arrivait toujours pas à y croire. Et le regard que lui lança Merlin n'était pas pour arranger ses questionnements.

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Quelques minutes plus tard, il était de retour dans ses appartements. Il fallait qu'il réfléchisse. A pas mal de choses. D'abord au comportement de Gaius. Il semblait dans un état second ces derniers jours. Il devenait cupide et vulgaire, très différent de l'homme d'honneur, sage et intelligent qu'Arthur connaissait. Et puis pourquoi accusait-il Merlin de sorcellerie ? Que cela soit vrai ou faux, Arthur doutait que Gaius vienne dénoncer Merlin. Le vieil homme avait bien trop d'affection pour son pupille. Combien de fois était-il venu voir Arthur avant l'une de leurs expéditions pour lui faire promettre de veiller sur le jeune garçon ? Combien de fois Arthur l'avait-il vu regarder Merlin avec anxiété alors qu'il s'apprêtait à affronter le danger ? Non, Gaius aimait Merlin comme un fils, et aucun père sain d'esprit ne pouvait livrer son enfant aux mains de la justice parce que son seul crime était d'exister.

Sauf si le père en question était possédé par un gobelin.

D'accord, l'excuse de Merlin était très tirée par les cheveux et très peu probable, mais… et si c'était vrai ?

Et puis comment Merlin aurait-il pu être un sorcier ? Arthur avait été bercé toute son enfance par l'idée que les sorciers étaient des êtres vils qui n'agissaient que pour le mal et qui se plaisaient à rendre la vie dure aux simples gens comme lui. Il n'avait entendu toute son enfance une seule chose : la magie est un crime pour lequel la seule sentence est la mort. Les sorciers sont des monstres qu'il faut exterminer.

Mais Merlin était loin de l'image qu'Arthur avait d'un monstre.

Il n'était pas repoussant.

Il n'était pas méchant, non, Merlin avait d'ailleurs la capacité de voir la bonté en tout le monde.

Il n'était pas manipulateur, il était naïf.

Il n'était pas sanguinaire, Merlin haïssait toute forme de violence, même la chasse.

Il n'était pas menteur, il disait toujours ce qu'il pensait vrai, même à Arthur.

Et le livre d'enchantements alors ? Il semblait à Arthur l'avoir déjà vu quelque part… et pas dans la bibliothèque royale. Serait-il possible qu'il se trompe sur la nature de Merlin ?

Non.

Mais peut-être que son père se trompait sur les sorciers. Peut-être n'étaient-ils tous pas vils. Depuis tout le temps que Merlin était au service d'Arthur, il ne lui avait montré qu'une loyauté indéfectible, il avait même plusieurs fois offert sa vie pour le sauver. Si Merlin était un sorcier, alors il n'était pas comme la description qu'Uther en faisait.

Arthur réfléchit.

Et puis la vérité le frappa.

Il y'avait bien trop de coïncidences pour que les dires de Gaius soient faux.

Trop de situations où ils auraient dû mourir et où ils avaient survécu.

Trop de fois où Merlin l'avait mis en garde à propos de magiciens ou d'artefacts.

Trop de fois où il avait vu juste.

Merlin avait parfois l'air trop idiot pour l'être réellement.

Il cachait quelque chose.

Il y'a quelque chose chez toi, Merlin. Je n'arrive pas à savoir quoi.

Maintenant Arthur savait.

Et bizarrement, cela ne le dérangeait pas.

Il avait comme le sentiment que… que Merlin était auprès de lui pour une bonne raison.

Je resterai à vos côtés comme je l'ai toujours été. En vous protégeant.

C'était cela, oui. Merlin était sérieux quand il avait dit cela.

Arthur passa une main dans ses cheveux. Il ne l'avait jamais pris au sérieux. Même quand il avait affirmé devant toute la cour qu'il était un sorcier. Même quand Aredian l'avait fait arrêter pour sorcellerie. Et même quand Gaius avait dit que le bracelet lui appartenait alors que c'était faux.

Pour protéger Merlin.

Parce que c'était vrai.

Gaius ! Il avait réfuté les preuves qui accusaient Merlin ! Cette fois il l'accusait lui-même.

Merlin avait sûrement raison, lui aussi. Alors le prince vérifierait par lui-même.

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Merlin avait réussi à capturer le gobelin qui possédait Gaius.

-Etes-vous en train de me dire que c'était vous le responsable de… ma calvitie, nos flatulences et nos furoncles… et les oreilles d'âne d'Arthur ?

Vous n'étiez pas obligé de le rappeler, Père… songea Arthur alors qu'il apercevait le sourire naissant sur les lèvres de son valet.

-Je crains que oui, Monseigneur. Ou du moins c'était le gobelin le coupable pendant qu'il me possédait.

-La magie a le pouvoir de corrompre même les hommes les plus honorables, acquiesça le roi.

-Toutefois, je puis vous assurer que Merlin était totalement innocent, continua le médecin en désignant son pupille.

-Alors il est pardonné.

A cet instant, le gobelin enfermé dans la boîte amenée par Merlin, Guenièvre et Gaius s'agita, faisant trembler l'objet sur le sol.

-Puis-je suggérer de conserver cette boîte là où personne ne pourra jamais l'ouvrir ? interrogea Gaius.

-Bien, bien, fit Uther, rapidement, un regard mal assuré en direction de l'objet en question.

Il se tourna vers Arthur.

-Veille à ce qu'on la mette dans les caves.

Gaius et Merlin s'inclinèrent et se détournèrent.

-Gaius, rappela le roi. Savez qui est coupable d'avoir libéré ce… ce gobelin ?

-Je crains que non, Sire.

Une nouvelle fois, le médecin s'inclina, imité de Merlin et ils se détournèrent.

-Enfermez-le dans les caves, ordonna le roi aux gardes qui s'empressèrent de prendre la boîte. La cour peut se diviser.

Aussitôt, Arthur se leva et dès qu'il fut hors de vision, il se mit à courir pour rattraper son serviteur.

-Merlin !

Le jeune homme s'arrêta, se retourna, imité par Gaius.

-Oui ?

-Je peux te parler une minute ?

Arthur le vit échanger un regard avec Gaius puis finalement, il acquiesça tandis qu'Arthur se dandinait d'un pied sur l'autre. Le jeune serviteur rejoignit son maître et le suivit, jusque dans ses appartements. Dès qu'ils furent entrés, Arthur verrouilla la porte. Merlin attendait, les mains dans le dos. Le prince considéra son valet du regard, le jaugeant un instant. Était-ce une bonne idée de confronter Merlin de cette façon ? Ne valait-il pas mieux qu'il attende que celui-ci lui dise par lui-même ?

-Sire ?

-Pourquoi tu ne me l'as jamais dit ? fit Arthur, disant la première chose qui lui passait par la tête.

-Je vous demande pardon ? répondit Merlin, les sourcils froncés.

Arthur plongea son regard dans celui de Merlin, avança d'un pas. Le serviteur ne semblait pas comprendre.

-Arthur ?

-Merlin… Le gobelin…

Arthur n'arrivait pas à formuler sa pensée. Alors qu'il allait lui dire, cela lui semblait tellement grotesque que…

-Vous pensez qu'il a raison ? demanda finalement Merlin à voix basse. A propos de ce que je suis.

Merlin était étonnement calme. Si jamais on l'avait accusé de sorcellerie, Arthur n'aurait jamais réagi de cette manière.

Non.

Merlin semblait calme. Mais il s'était nettement tendu, ses épaules étaient légèrement remontées et il tordait ses mains nerveusement.

-Oui, dit finalement le prince, sur le même ton.

-Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?

-Il y'a trop de coïncidences, Merlin. Trop de choses qui nous sont arrivées sont… inexplicables. Sauf s'il disait la vérité.

Arthur sonda le regard océan de son valet. Mais il n'avait que l'impression de nager dans des eaux troubles, sans aucun moyen de voir plus profond.

-Merlin, dis-moi… est-ce que c'est vrai ?

-Qu'est-ce que vous me feriez si ça l'était ?

-Je n'en ai aucune idée… avoua Arthur d'une voix tremblante.

Le regard de Merlin s'agrandit. Puis se fit interrogatif.

-Est-ce qu'on peut vraiment tuer quelqu'un pour ce qu'il est, Merlin ?

-Ce n'est pas à moi d'en décider, dit tristement le valet.

-Je te pose la question. D'homme à homme, Merlin. Réponds-y.

Il fit non de la tête, ses yeux brillants de larmes retenus.

-On ne peut pas changer la manière dont on est né. Ce qui compte c'est ce que l'on choisit de devenir. Un sorcier, il a le choix, comme un prince. Il peut utiliser son pouvoir pour le bien. Ou pour le mal. La tyrannie.

Il y'avait une sorte d'accusation dans la voix de son valet. Ses yeux lançaient des éclairs brillant de larmes.

-C'est vrai, Merlin, n'est-ce pas ?

Merlin le regarda, soutint son regard. Une larme coula finalement le long de sa joue. Puis il acquiesça en silence. Arthur leva la tête vers le ciel, passa une main dans ses cheveux puis rit nerveusement. Il était comme… soulagé. Finalement, le rire de Merlin entrecoupé de respirations bruyantes se mêla au sien. Arthur tourna la tête, fixa le jeune sorcier.

-Ne me cache plus rien à l'avenir, Merlin. »

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Et voilà, j'espère que ça vous a plu !