Hey,

Un nouvel OS aujourd'hui sur un personnage que j'ai trouvé intéressant dès sa première apparition dans la série mais dont le développement, en particulier ses relations avec les autres personnages, m'a déçu : Mordred. J'avoue que je rageais à chaque fois que Merlin lui lançait un regard méfiant, à chaque fois qu'il essayait d'enranyer le destin alors qu'il aurait simplement pu lui faire confiance. Et le pire dans tout cela, c'est qu'Arthur ne semble pas se souvenir que Mordred est un druide ! Bien entendu, tout ça n'enlève en rien au charme de la série qui restera à jamais ma préférée de toutes. En plus, ça nous laisse le loisir d'écrire des fanfictions, donc ils sont pardonnés. ;-)Tout ça pour dire aujourd'hui, je rends hommage à ce personnage que j'aime beaucoup dans une de mes fics, j'espère qu'elle vous plaira.

Titre: Une promesse...

Pairing : Merdred

Episode : Et si Merlin avait fait confiance à Mordred ? (post SE5EP2)

DISCLAIMER : Merlin ne m'appartient pas.

Résumé : Merlin n'a jamais eu confiance en Mordred. Mais quand les sentiments s'en mêlent, difficile de rester impassible.

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Aussi loin que Mordred se souvenait, il s'était toujours senti différent. Il y'avait sa magie, certes, le fait qu'il soit un druide, bien entendu, mais même parmi eux, Mordred se savait à part. A l'âge où les garçons s'intéressaient aux filles et les courtisaient, lui s'était surpris à ne rien ressentir pour elles, jamais. Pas une once d'attirrance. Il avait essayé pourtant, quand Kara était entrée dans sa vie, seulement, lorsqu'il l'avait embrassée pour la première fois, il avait su qu'il n'y en aurait guère d'autre. Il s'était souvent interrogé à ce sujet. Qu'est-ce qui clochait chez lui ? Pourquoi se sentait-il mal à l'aise quand elle lui prenait la main, quand elle l'embrassait ? Pourtant il appréciait la jeune fille mais... il y'avait autre chose, il le savait, en revanche, il ignorait quoi. Il n'avait pas eu le courage de le lui dire au début de leur relation. Et lorsqu'il s'était décidé, leur camp avait été attaqué et il avait dû fuir loin de Kara, à Ismere. Là, il avait rencontré les chasseurs d'esclaves de Morgane et il avait choisi de les suivre, pour éviter de finir dans les cavernes sous la forteresse.

Et puis il était apparu. Au détour d'une livraison de cette chair humaine, comme un ange venu de nouveau le sauver des griffes du cruel destin qui s'acharnait sur lui.

Et Mordred avait compris. Il avait compris que s'il ne ressentait rien pour Kara, c'était tout simplement parce qu'il était attiré par les hommes.

Et en particulier par Merlin.

Au début, il avait refusé de l'accepter, on le tuerait déjà pour ce qu'il était, il ne pouvait se permettre d'être exécuté en plus pour qui il aimait. Ses sentiments quels qu'ils furent étaient impossibles.

Et puis, il s'était rendu compte qu'il ne pouvait les retenir.

Et lorsqu'il avait vu le regard de Merlin, son air méfiant, presque effrayé quand il le regardait, il avait senti son coeur se briser. Il avait eu beau tenter de savoir pourquoi Merlin agissait ainsi, le magicien était resté fermé à ses questions.

Il avait toujours admiré Emrys, il était le héros de son enfance, l'homme qui avait choisi de risquer sa vie pour lui, des années auparavant et maintenant, il était celui dont il était irrémédiablement tombé amoureux. Et savoir qu'il le haïssait tant, sans raison apparente rendait Mordred malade.

Malade d'amour et de douleur.

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Merlin ne pensait jamais le revoir un jour. A dire vrai, il aurait préféré ne jamais le revoir. Même s'il n'avait jamais cru Kilgharrah, il avait peur que le dragon ait raison. Encore plus aujourd'hui, maintenant qu'il avait vu la vision, maintenant que la diamère lui avait révélé qu'Arthur causerait sa propre perte. En faisant confiance à Mordred ? Si c'était le cas, il ne devrait pas faire la même erreur.

Et pourtant, quand il avait revu le druide... Merlin s'était soudain senti défaillir, son coeur avait loupé quelques battements et il était certain que cela n'avait strictement rien à voir avec le fait qu'il avait reconnu le jeune magicien. Il n'avait pas envie de comprendre ce qu'il entrevoyait qui lui arrivait. Il n'en avait pas le droit. Et même si cela lui faisait mal, il avait grandi et savait ce que le mot devoir signifiait. Et son devoir passait avant tout, même son propre désir. Il préférait donc omettre ce désir-là. Parce que du moment qu'il se laisserait aller, il manquerait à son devoir et il ne devait pas échouer, pas maintenant, pas si proche. Il ne supporterait d'ailleurs pas cet échec. Non, la mort d'Arthur serait la pire des punitions qu'on pourrait lui infliger pour cette erreur.

Il n'avait pas le droit de la commettre, même si cela signifiait devoir résister encore et encore.

OOooOO

《Merlin.

Le jeune magicien sursauta en entendant la voix qui provenait de derrière son épaule. Il l'avait pourtant senti arriver, c'était comme si sa magie s'accordait ce qu'il se refusait. Elle s'entremêlait à celle de Mordred, s'imprégnait d'elle. Il l'invita à parler d'un signe de la tête, sans lâcher du regard les feuilles qu'il pilait avec une attention exagérée.

Ils étaient seuls, Gaius était parti faire sa tournée matinale dans la ville-basse. Merlin jeta un oeil par-dessus son épaule et ne put s'empêcher de remarquer à quel point la cape rouge des chevaliers de Camelot seyait bien au druide.

Ce dernier ne semblait pas décidé à parler.

En vérité, Mordred ne savait que dire, il

y'avait tant de choses qui se bousculaient à ses lèvres... et puis il était subjugué par l'activité des mains de Merlin. Le sorcier refusait de le regarder, il le savait.

- Félicitations. Je n'ai pas eu l'occasion de te le dire depuis ton adoubement.

- Merci.

Mordred sentit ses joues prendre une teinte rosée.

- Tu le mérites, je t'ai vu combattre.

Merlin risqua un coup d'oeil vers lui. Mordred accrocha son regard. Emrys délaissa son travail et se tourna vers lui.

- Tu as besoin de quelque chose ?

- Non, je...

Il marqua un instant de silence, ferma les yeux et tenta de maîtriser le tremblement de sa voix.

- Pourquoi es-tu comme cela ?

Merlin haussa un sourcil mais Mordred savait qu'il faisait exprès de ne pas comprendre.

- Je sais que tu te méfies de moi, Merlin. Pourquoi ?

Le sorcier se détourna, fit mine de chercher quelque chose.

- Je t'en prie, Merlin.

- J'aimerai sincèrement te faire confiance, Mordred. Sincèrement. Mais je ne peux pas. Pas après ce que je sais.

Ils se fixèrent un instant, la tension entre eux si palpable, si puissante que Merlin se demanda un instant si leurs magies n'allaient pas en faire des leurs.

La porte s'ouvrit sur Gaius.

- Arthur te...

Il s'interrompit en voyant Mordred. Merlin fit le va-et-vient entre les fioles posées sur la table de bois, en saisit une et la mit entre les mains de Mordred, non sans ressentir une décharge électrique à son contact.

- Cela devrait soulager ta douleur.

Il lui adressa un regard significatif.

Il n'a pas besoin de savoir.

Je n'en ai pas fini avec toi, répondit mentalement le druide.

Je suis désolé, vraiment.

Je te prouverai que tu as tort.

Estimant que le temps où leurs mains étaient liées s'éternisait, Merlin se recula, sans cesser de fixer Mordred.

- Merci, murmura le druide.

Il lui lança une dernière oeillade et se détourna, puis sortit.

- Arthur te demande, il a besoin de toi pour se préparer pour l'entraînement.

Merlin acquiesça, ignora le regard interrogateur de Gaius quant à la présence de Mordred (il n'avait pas dû croire à l'histoire de Merlin) et sortit.

OOooOO

Arthur l'attendait dans ses appartements. En silence, perdu dans ses pensées, Merlin étala l'armure du roi sur la table sous les yeux attentifs de son maître. Celui-ci semblait avoir une idée qui lui trottait dans la tête. Merlin s'apprêtait à lui faire enfiler la cotte de maille quand le jeune souverain interrogea :

- Il y'a quelque chose qui te tracasse, Merlin ?

- Non. Qu'est-ce qui vous fait dire cela ? demanda le valet, sans oser croiser le regard d'Arthur.

- Je n'ai pas vu ton sourire depuis que nous sommes revenus d'Ismere. Tu ne m'as fait aucune remarque désobligeante depuis des jours !

- Cela vous manque-t-il à ce point ?

- Merlin, que se passe-t-il ?

L'intéressé soupira. Il ne couperait visiblement pas à l'interrogatoire. Mais il ne pouvait décemment pas dire à Arthur quelque chose comme "Juste l'histoire habituelle, quelqu'un en veut à votre vie et vous ne le voyez pas. Sauf que cette fois, je n'arrive pas à haïr cette personne."

- Rien de bien grave.

- C'est Mordred ?

Merlin laissa tomber le canon par terre de surprise. L'objet s'écrasa contre le pied d'Arthur. Ses états d'âme transparaissaient-ils à ce point ?

- Ah, ah, fit le roi, fier d'avoir touché le point sensible.

- Ce n'est pas...

- Merlin, tu ne peux pas me mentir, le coupa Arthur, je te connais trop bien.

- Vous seriez surpris, ne put s'empêcher de dire le sorcier.

- Qu'est-ce que cela est-il sensé signifier ?

- Rien. Rien.

Merlin détourna le regard, ramassa le canon.

- Tu l'apprécies, n'est-ce pas ?

- De la même manière que vous, répondit Merlin.

- Je n'en suis pas si sûr.

- Qu'est-ce que vous voulez dire ? demanda Merlin en resserrant le plastron d'Arthur, ses mains commençant à trembler de peur qu'Arthur ne mette le doigt sur ce à quoi il ne voulait absolument pas penser. Il mit un certain temps avant de parvenir à rattacher les sangles.

- Peut-être te sens-tu... comment dire...

- Non, le coupa sèchement Merlin, refusant qu'il aille plus loin dans son raisonnement.

- Merlin...

- Vous faites erreur, s'obstina le magicien.

Le ton montait, il sentait que la tension devenait plus épaisse, il voulait fuir avant qu'Arthur ne lui expose la terrible vérité au visage.

- Merlin...

- Non ! s'exclama-t-il en s'éloignant pour prendre l'épée d'Arthur et la lui donner.

- Pourquoi est-ce si dur à admettre, Merlin ? explosa Arthur.

- Parce que je ne peux pas aimer quelqu'un qui est destiné à vous tuer ! riposta Merlin en se tournant vivement vers son maître, l'épée fouettant l'air.

- Pardon ? fit Arthur, perdu.

Merlin se mordit la lèvre.

- Quest-ce que cela signifie, Merlin ?

- Je... Je sais... on m'a dit... montré... que vous mourrez de la main de Mordred.

- Qui ? demanda le roi, plus intrigué qu'irrité.

- Un homme. Un druide, capable de prévoir l'avenir. Il était sur son lit de mort et il m'a montré ce qu'il avait vu. Il m'a dit qu'à l'heure où Camelot fleurissait, les graines de sa destruction avaient été semées. Je vous ai vu... face à lui... Il plantait son épée dans votre ventre, Arthur. Comment puis-je admettre que je suis... attiré par lui ?

- Merlin...

- Vous souvenez-vous seulement de qui il est ? le coupa Merlin.

Arthur resta muet.

- C'est un druide, vous le savez, n'est-ce pas ?

Merlin ne pouvait croire qu'Arthur l'avait omis. Il ne pouvait pas ne pas s'en souvenir... si ?

- Je...

- Arthur... vous...

- Si.

- Vous ne semblez voir que ce qui vous arrange, Arthur.

Le regard de Merlin se voila un instant. S'il savait à son propos, aurait-il choisi d'oublier aussi ? Il n'était guère étonnant qu'il n'ait jamais remarqué que Merlin fût un sorcier. Il a préféré ignorer tous les signes. Sans exception.

- Je suis désolé, Merlin.

Merlin haussa un sourcil.

- C'est seulement que... j'ai l'impression de trahir mon père... Mais Mordred est valeureux, il m'a sauvé la vie et... es-tu certain de ce que tu as vu ?

Merlin acquiesça.

- Dois-je le renvoyer ? L'exiler ? Le...

- Non ! s'exclama Merlin avant qu'Arthur ne prononce le mot et sans pouvoir se retenir.

Même si la vie d'Arthur était en danger, il se sentait incapable de condamner Mordred.

- Alors quoi ?

- Je ne sais pas, Arthur. Je ne sais pas.

Arthur n'avait jamais vu Merlin en proie à de tels doutes. Si désespéré, si peu sûr de lui.

- Je crois que tu devrais lui parler, Merlin.

Le jeune homme lui adressa un drôle de regard.

- Peut-être, dit-il finalement.

Il lui tendit son épée.

- Vous êtes prêt.

Arthur acquiesça et se dirigea vers la porte.

- Pense à ce que je t'aie dit, Merlin.

OOooOO

Merlin ne dormait pas. Les mots d'Arthur tournaient en boucle dans sa tête. Le jeune homme se leva, ne prit ni la peine de se chausser, ni celle de mettre une veste et il sortit de ses appartements pour rejoindre ceux de Mordred. Il hésita à toquer et opta finalement pour un sortilège.

- Tospringe, murmura-t-il.

Il y'eut un déclic et il entra dans la chambre. Le jeune chevalier ne dormait pas non plus.

- Leoht, entendit-il.

Le visage de Mordred lui apparut baigné dans la lumière bleutée de l'orbe bleue.

- Merlin ?

Le sorcier s'approcha du lit où le druide se trouvait et s'assit au bord de ce dernier.

- Qu'est-ce que tu fais là ?

- On n'avait pas terminé notre discussion.

L'expression de Mordred exprimait l'incompréhension.

Le jeune druide avait du mal à se concentrer. Sa magie et celle d'Emrys se mélangeaient et le simple fait que le jeune homme soit ici, dans ses appartements...

- Tu aurais pu te faire prendre à ne pas respecter le couvre-feu.

- On sait tous les deux que ça ne m'aurait pas vraiment posé de problème.

Merlin sourit et le coeur de Mordred eut un raté. Il lui sourit en retour.

- Ecoute Mordred... je suis désolé de devoir me comporter de cette manière avec toi... si tu savais à quel point j'aimerai pouvoir te faire confiance...

Mordred posa sa main sur celle du magicien, la décharge le traversant à nouveau. Au regard que lui adressa Merlin, il comprit qu'il n'était pas le seul.

- Tu peux.

- Je t'ai vu tuer Arthur, lâcha Merlin.

Mordred resta interdit un instant. Qu'est-ce que cela signifiait-il ?

- Par... don ?

- Un druide capable de prédire l'avenir m'a montré une vision où tu enfonçais ton épée dans son flanc... c'est pour cette raison que... je ne peux pas accepter cela...

Merlin plongea son regard dans le sien.

- Tu crois vraiment que je serais capable d'une telle chose ?

- Je...

- Arthur m'a sauvé la vie, cela, jamais je ne l'oublierai. Je sais qu'un jour, grâce à lui, nous serons libres, toi, moi et tous ceux qui sont comme nous. Et jamais, je ne pourrais faire quelque chose qui te ferait du mal, Merlin. Jamais.

Merlin avait tant envie de croire à ses paroles. Si seulement il pouvait oublier cette vision...

- Pourquoi tu me voues une telle loyauté, Mordred ? Je ne la mérite pas.

- Au contraire.

Il y'eut un moment de silence. Mordred resserra ses doigts sur ceux du sorcier. Merlin recouvrit leurs mains de la sienne. Mordred sourit. Leurs magies s'entrelaçaient, ils pouvaient presque les voir.

- Je suis désolé, Mordred.

Le jeune druide sourit doucement.

- Je sais comment tu peux te faire pardonner.

Ils échangèrent un regard.

Un sourire.

Merlin se rapprocha doucement de Mordred. Ce dernier éteignit l'orbe dans sa main et approcha son visage de celui de Merlin, sa main se posant dans le dos du magicien dont il sentait presque la peau sous sa fine chemise. Ils se regardèrent un moment puis leurs lèvres s'unirent, s'accordant enfin avec la magie qui les unissait et leur criait la vérité depuis le début. C'était doux et simple, comme une promesse.

- Suis-je pardonné ? interrogea Merlin avec un sourire amusé.

- Hmm... pas tout à fait...》 répondit Mordred, espiègle.

Merlin posa sa bouche sur la sienne, leurs doigts s'entrelaçant doucement, se serrant, comme pour vérifier qu'ils étaient bien là, tous les deux.

Une promesse, oui.

Une promesse pour l'avenir.

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