Note de l'auteure : salut ! Cet OS répond à un copc : écrire un texte où deux âmes sœurs se rencontrent au milieu d'une étendue d'eau et le pangolin apparaît avec un tuba
Merci Marina, Angelica et Litany pour leurs review sur les chapitres précédents !
Si l'on avait demandé à Jaime à quoi ressemblerait, selon lui, la fin des temps, il aurait certainement répondu quelque chose du genre « Un enchaînement terrible de catastrophes dévastatrices où les rares survivants seraient réduits à manger de vieilles boîtes de conserves et à se tuer les uns les autres avec des armes à feu vaguement rouillées pour un oui ou pour un non ».
Le pire dans tout cela, c'est que Jaime aurait eu raison – à un détail près.
La fin des temps était en effet née d'un enchaînement terrible de catastrophes dévastatrices ; en premier lieu, les nombreuses disputes qui avaient jalonnées la politique de Westeros et qui avaient laissées les sept pays en total désarrois lorsque les premiers cas de contamination s'étaient manifestés. Au début, personne n'avait vraiment prêté attention à deux mecs qui toussaient dans le Nord ; tout le monde était bien trop occupé à se faire la guerre. Puis les deux mecs en question avaient arrêtés de tousser (jusque là, c'était plutôt cool), la raison étant due au fait qu'ils étaient morts (ce qui était moins cool, mais ce qui arrivait néanmoins assez souvent), avant de renaître finalement sous la forme de zombies des neiges (ce qui était certes cool sur le papier mais pas dans la réalité, et pour le coup assez rare). Et puis de là, et bien le premier avait mordu un troisième, le deuxième griffé un quatrième, et vous connaissez la suite, on commence comme ça et on ne s'arrête plus.
Westeros s'était donc retrouvé plongé dans une invasion de zombies des glaces – à qui ont avait donné le poétique surnom de Marcheurs Blancs –, ce qui nous amenait à la deuxième partie de réponse de Jaime.
Les survivants, plutôt rares d'ailleurs – parce qu'il avait fallu un certain temps avant de comprendre que le gentil bonhomme de neige qui vous faisait face n'était pas là pour jouer mais pour vous tuer – en étaient désormais réduits à fuir, se cacher et tenter de rares sorties pour récupérer de vieilles boîtes de conserve pour avoir de quoi se mettre sous la dent. Certains survivants, un peu plus réfléchit que les autres et ayant compris que la situation risquait de durer, avaient essayé de créer leurs propres jardins et potagers, histoire d'avoir de quoi manger dans la durer. Malheureusement, toutes leurs tentatives avaient échouées : les Marcheurs Blancs ne se contentaient pas de tuer, marcher, mordre et griffer, ils amenaient avec eux un froid glacial qui empêchait la moindre plantation.
En gros, l'humanité était un chouilla dans la merde.
Ce constat, vous l'aurez compris, amenait au dernier élément de la réponse de Jaime : l'humanité s'entre-tuait pour un oui ou pour un non. Mais, au lieu de le faire avec des armes à feu comme le blond l'avait dit, les survivants avaient recours à des armes légèrement plus... inattendues.
La glace apportée par les Marcheurs Blanc avait en effet gelé toutes les armes conventionnelles : adieu donc pistolets, revolver, arcs, épées ou couteaux, dont le métal se brisait en éclats dès qu'ils entraient en collision. Un seul objet avait bénéficié du froid des zombies : les frites de piscine.
Oui, vous avez bien lu.
Les frites de piscine, ces charmants petits objets utilisés l'été pour flotter dans l'eau ou frapper votre petit frère avec sans risquer de se faire gronder par vos parents car l'objet était mou donc acceptable dans la bagarre, et bien ces frites de piscine avaient été reconverties en arme de destruction massive. Enfin, il ne fallait pas exagérer non plus, comparé à la bombe H la frite de piscine avait moins de puissance de frappe, mais en l'état actuel des choses, elle était tout de même la plus inquiétante puisque c'était la seule qui fonctionnait. Jaime n'avait jamais bien compris comment cela était possible – apparemment le froid avait solidifié la mousse de polyéthylène qui la composait – et de toute façon, en avait présentement rien à faire.
Il s'était en effet allongé dans un abris de fortune installé dans les ruines d'une ancienne ferme, lorsqu'il avait entendu des pas. Ce n'étaient pas les pas des Marcheurs Blancs auxquels il avait dû faire face plusieurs fois – l'un d'entre eux l'avait même mordu à la main droite une fois, ce qui avait conduit Locke, l'homme avec qui il faisait alors équipe, à lui amputer sans tergiverser avec un bout de glace, histoire que l'infection ne remonte pas. Enfin bref, tous ces joyeux souvenirs pour dire que si cela avait été un ou des Marcheurs Blancs, Jaime l'aurait reconnu. Là, les pas étaient humains – ce qui n'était guère mieux. Au moins les zombies on leur tapait dessus avec la frite jusqu'à écraser leur crâne, autant avec les humains c'était parfois plus compliqués : ils se défendaient.
Le plus silencieusement possible, Jaime attrapa sa frite de piscine pour la mettre devant lui, prêt à attaquer l'imprudent qui se dirigeait vers lui.
Cependant, il n'eut pas l'occasion de la dégainer : arrivé à sa hauteur, l'inconnu eut à peine le temps de lui jeter un coup d'œil qu'il s'évanouit devant lui.
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Lorsqu'elle se réveilla, l'inconnue – que Jaime avait pris pour un homme au début – porta instinctivement la main vers sa frite de piscine, en vain.
- Elle est ici, dit Jaime.
La fille se tourna vers lui, ses grands yeux bleus remplis d'inquiétude et de méfiance. Se fut lorsqu'elle se redressa que Jaime put voir une chose qui lui avait échappé : sa joue droite était complètement défigurée, comme si quelqu'un l'avait mordu. Devant cette vision, il se saisit de sa propre frite de piscine.
- Ce n'est pas un Marcheur Blanc qui m'a fait ça, dit-elle calmement après avoir suivi son geste.
- Ah ? Et c'est quoi alors ? Désolé pour le manque de discrétion, mais en ce moment, c'est un luxe qu'on ne peut se permettre.
La blonde l'observa quelques instants en silence, avant de murmurer :
- J'étais retenue par des hommes. Comme les réserves se font de plus en plus rares, ils gardaient des gens prisonniers pour... et bien les manger. Quand ce fut mon tour, j'ai réussi à les assommer, mais ils avaient déjà arrachés ma joue.
Ce fut à Jaime de se taire devant l'horreur de son récit qui, malheureusement, ne l'étonnait pas plus que cela. Puis, sans un mot, il lui jeta sa frite de piscine.
- Pas besoin de me prendre en pitié, grommela la blonde.
- Je ne vous prend pas en pitié. Je pense simplement qu'on ferait un bon « nous » J'ai besoin d'un nouveau coéquipier pour espérer survivre dans cette merde, vous aussi manifestement, et vous n'avez pas été touchée par un Marcheur Blanc. Tout est parfait, donc. Vous voulez de la sardine moisie ?
En temps normal, Brienne aurait été dégoûtée par ce repas. Mais en ces temps apocalyptiques, c'était peut-être la proposition la plus gentille qu'on avait pu lui faire. Ainsi, elle accepta d'un hochement de tête l'offre du blond.
Petit mot de fin : je pense que j'écrirai une suite avec une scène de bagarre frite dans mon recueil de crack fic, vu que celui-ci c'est juste pour les rencontres.
