Ce matin-là, le capitaine Castelli et son co-équipier le lieutenant Nicolas Barrel, furent appelés à six heures du matin. La commissaire Véra Madigan avait reçu un appel d'une de ses relations haut placées à Paris. Un des hommes vendant de la mauvaise came a été vu prenant le premier train à la Gare de Lyon très tôt ce matin. Le dealer a déjà fait une dizaine de victimes. Deux d'entre elles sont mortes. C'est ainsi qu'après un briefing, Nicolas, Léo et quelques policiers partirent en civiles afin de procéder à l'arrestation du coupable. D'autres les accompagnent en tenue de service et prétexteront un contrôle routinier de papier. Se mêlant à la foule, tous gardaient un œil discret sur les voyageurs.

Le train arrive en gare et l'homme descend tranquillement, affichant un sourire serein. Quelques secondes plus tard, il est rejoint par un individu. Grosse surprise pour les flics qui ne se laissent pas impressionner. Ils font mine de se faire contrôler eux aussi. Certains jouent la comédie en se rebellant, comme Léo Castelli. Ainsi ils n'éveillent aucun soupçon. L'idée marche, car lorsque l'un des deux hommes est inspecté à quelques centimètres de Nicolas, celui-ci sort ses menottes à une vitesse fulgurante. Il procède à l'arrestation du premier, tandis que son acolyte en profite pour fuir avec la marchandise planquée dans la valise.

Léo se lance à sa poursuite avec un autre collègue. Cinq minutes plus tard, ils reviennent avec le complice. Ils sont ensuite emmenés au commissariat.

– Belle prise. Bravo Nico. Tu as assuré.

- Ce n'était rien, il était juste à côté de moi et...

- Nico, ça va ?

Barrel vient de se taire. Son visage se ferme et il fronce les sourcils. Parmi les voyageurs contrôlés, une jeune femme attire son attention. Elle donne ses papiers et repart, tout est en règle.

Le Lieutenant, au grand étonnement de tous, décide de se lancer à sa poursuite. Castelli surprit, se dirige vers son collègue et lui demande le nom et prénom de cette dernière.

D'après ses dires, elle s'appelle Phoebe Parks.

Nicolas revient quelques minutes plus tard, affichant une tête énervée. Il est sur les nerfs : il n'a pas réussi à la rattraper. Il a réagi à la dernière minute et fulmine.

- Tu peux m'expliquer ?

- Je n'ai pas envie d'en parler.

- Nico, tu me dois des explications ! Tu pars en pleine intervention !

- À la fin, nuance. On ne va pas en faire une affaire d'État !

- Je suis ton co-équipier, mais aussi ton supérieur. S'il t'était arrivé quelque chose, c'était moi le responsable !

- Colle-moi un rapport. Fais-toi plaisir !

- Tu sais que je ne le ferais pas ! Bordel, Nico, qu'est-ce qu'il se passe ?

- Rien. Juste des problèmes personnels.

- Ça ne doit pas empiéter sur ton travail de flic.

- Ça va, je la connais la musique. Dès qu'on franchit la porte du commissariat, on met ses difficultés privés de côté et on se concentre sur le boulot. On ne pense à rien d'autre.

- Justement. Tu l'as oublié.

- Je suis désolé ça te va comme ça ?

- File, je te donne ta journée.

- Pardon ?

- C'est un ordre. Je ne veux plus te voir pour aujourd'hui. Fais ce que tu veux. Mais lorsque tu reviendras demain, je souhaite retrouver le flic que je connais.

- À demain, lui dit-il froidement.

Nicolas n'est pas dupe : il sait que Castelli a l'intention de chercher des informations sur la jeune femme. Si lui se contentait d'un ordinateur, le Lieutenant était bel et bien décidé à le trouver. Mais à l'ancienne. Il a un avantage sur son partenaire qui ignore tout de ce que va engendrer ce retour. Et surtout, connaître la raison de sa venue à Marseille.