Titre : Taylor

Résumé : Suite de "La Nouvelle Salamandre". Harry apparaît dans le salon de Newt Scamander, sous l'œil surpris de Remus. Comment Hermione va-t-elle l'expliquer ? Et comment Harry va-t-il s'intégrer à cette nouvelle vie ?

Disclaimer : L'univers et les personnages d'Harry Potter ne nous appartiennent pas. Nous ne recevons aucune compensation financière pour la publication de cette histoire.

Pairing : Het et Homo

Rating : T

Statut : Terminée

Auteures : Epsilon et Pauu

Bêta : Epsilon et Pauu

Nda : Bonjour à tous et toutes !

Nous nous retrouvons pour cette nouvelle histoire. Comme précisé dans le résumé, il s'agit de la suite de "La Nouvelle Salamandre", nous vous conseillons donc de lire cette dernière si vous souhaitez tout comprendre.

Nous publierons un chapitre par semaine, le dimanche. Malheureusement, nous ne pourrons toujours pas répondre à vos review. Nos rythmes de vie sont trop désynchronisés. Cependant nous lisons tous vos retours avec attention et ils nous font toujours chaud au cœur.

Nous vous remercions pour votre fidélité et vous souhaitons une bonne lecture !

A bientôt !

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Précédement :

Suite de "La Nouvelle Salamandre". Hermione, après un accident de Retourneur de Temps en pleine bataille avec les Mangemorts, est arrivée au temps des Maraudeurs. Elle a reconstruit sa vie, avec de nouveaux amis, une nouvelle famille, son petit-ami Sirius, et son fidèle chat Pitiponk.

Durant les vacances d'été, Pitiponk, qu'elle a sauvé de la bataille et emmené avec elle en 1977, est de plus en plus malade. Même le grand Newton Scamander ne sait comment l'aider. Alors que Remus leur rend visite, le chat des sables se transforme soudainement en un garçon aux yeux verts.

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Chapitre 1

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- Harry ! s'exclama Hermione. Harry ! Harry ! Enfin ! Tu as réussi !

Elle sentait les larmes couler sur ses joues alors qu'elle serrait son meilleur ami contre elle. Le soulagement provoquait des vagues de chaleur dans tout son être et l'angoisse qu'elle avait ressentie ces derniers mois s'évaporait soudainement.

Elle savait.

Elle l'avait toujours su.

Harry était capable de revenir. Si elle n'avait pas été apte à trouver un remède, elle avait été convaincue que Harry, avec sa magie indomptable et sa ténacité, parviendrait à s'extirper de sa prison de fourrure.

- Je suis si heureuse, murmura-t-elle, embrassant la tempe de son ami.

Celui-ci émit un son rauque, semblable au bruit que Pitiponk faisait parfois. Il était clairement déstabilisé. Mais qui ne le serait pas après avoir passé une année entière dans un corps de chat des sables ?

Il y eut un bruit derrière Hermione et celle-ci se souvint qu'ils avaient un public. Non seulement Newt était là, mais aussi Remus. Et, si son grand-père était au courant de la véritable identité de Pitiponk, ce n'était pas le cas du loup-garou qui les regardait avec surprise et crainte. La jeune fille jeta un coup d'œil inquiet autour d'elle et fut secouru par Newt qui prit doucement la parole.

- Monsieur Lupin, je suis certain que ce développement soudain vous surprend… Celui que vous connaissiez sous le doux surnom de Pitiponk, était en réalité Harry, l'ami d'Hermione. Il a été victime d'une terrible malédiction l'année dernière et nous prenons soin de lui depuis ce jour. Nous avons longuement tenté de le faire redevenir humain, mais nous avons échoué. Il semblerait qu'il ait finalement trouvé la force d'inverser le sortilège lui-même.

- Oh… murmura Remus, incapable de dire quoique ce soit d'autre.

Le chaton avec lequel il avait joué toute l'année, qui l'avait suivi tel un petit chien à chaque pleine lune, qui avait même dormi dans son lit lorsqu'il était trop malade, se révélait être un jeune homme d'approximativement son âge. C'était perturbant.

- Je… Je ferais mieux d'y aller… bafouilla-t-il.

- Bien ! répondit joyeusement Newton, le conduisant vers la sortie, d'une main sur son épaule. Je suis vraiment désolé d'écourter notre entretien. Je vous enverrai un hibou pour que nous puissions fixer un nouveau rendez-vous et parler plus précisément de votre condition.

Remus acquiesça par automatisme et franchit le seuil du salon, juste avant d'entendre la voix d'Hermione :

- Attends ! dit-elle, se tournant vers lui, sans lâcher le garçon aux cheveux noirs et ébouriffés qu'elle tenait dans ses bras. Je suis désolée… Je t'enverrai un hibou dès ce soir et je t'expliquerai tout. S'il te plaît, n'en parle à personne.

Remus acquiesça et se dirigea vers la sortie de la maison, disparaissant dans un craquement sonore, des tonnes de questions silencieuses brouillant son esprit. A peine avait-il quitté le salon des Scamander que Newt se tourna vers Hermione et Harry, un énigmatique sourire sur les lèvres.

- Hé bien, jeune homme, il semble que nous avons des choses à nous dire.

Harry, encore hébété de ce qui venait de lui arriver, se contenta d'hocher la tête, ses bras entourant toujours Hermione. Il entendait vaguement son amie chuchoter à son oreille, mais ses paroles perdaient leur sens quand elles atteignaient son cerveau et il se contenta de se laisser porter par la voix rassurante, fermant les yeux quelques instants.

Il n'eut pas conscience de s'être endormi. Quand il rouvrit les yeux, il était allongé sur le canapé, Hermione assise sur un siège à ses côtés, lisait un livre, les sourcils froncés.

- Harry ! s'exclama-t-elle, soulagée en le voyant bouger. Newt m'avait dit de ne pas m'inquiéter, et que tu étais probablement juste fatigué de ta transformation, mais j'avais si peur que tu redeviennes Pitiponk à ton réveil.

Harry ouvrit la bouche pour répondre, mais un bruit de porte l'interrompit. Quelques secondes plus tard, Newt les avait rejoints et posa un plateau sur la table basse. Trois tasses fumantes et une théière y étaient disposées.

- J'ai fait un thé à la rose, déclara-t-il doucement. Il vous redonnera un peu de force et vous éclairera l'esprit, du moins je l'espère.

Une nouvelle fois, Harry acquiesça en silence et, sous l'œil protecteur d'Hermione, se releva doucement pour s'asseoir puis se saisit d'une tasse. Il huma plusieurs fois les volutes de fumées, se rappelant la première fois qu'Hermione en avait bu, un an auparavant alors qu'elle arrivait dans cette époque.

Il trempa sa langue dans le liquide ambré et chaud pour en tester la température, puis satisfait, lappa le thé. Une douce vague de bien-être le traversa et, pour la première fois depuis qu'il s'était transformé, il eut le sentiment que son cerveau se remettait en route. Il prit ainsi conscience du sourire amusé de Newt et du rire caché d'Hermione.

- Quoi ? fit-il.

Il eut presqu'un sursaut en entendant sa propre voix, il y avait si longtemps qu'il avait parlé et avait songé pendant longtemps qu'il ne le referait plus jamais. Les yeux brouillés de larmes d'Hermione lui firent comprendre qu'elle n'en pensait pas moins. Harry lui sourit doucement et attrapa l'une de ses mains, la caressant de son pouce.

- Tu agis comme un chat, répondit finalement Hermione à sa question, la voix encore un peu tremblante. Tu humes ton thé, tu le lappes, c'est mignon, se moqua-t-elle

Les joues d'Harry se colorèrent de rouge

- Je t'y verrai bien toi, après avoir passé un an dans la peau d'un chat, grogna-t-il, la voix rauque.

- Il vous faudra sûrement un peu de temps avant de reprendre vos marques, intervint Newt la voix basse. Soyez indulgent envers vous-même, et ne vous étonnez pas si certaines de vos habitudes "Pitiponkesque" se manifestent sous votre forme humaine.

Harry acquiesça une nouvelle fois.

- Tu penses qu'il pourra redevenir Pitiponk ? s'enquit Hermione, mi-soucieuse, mi-intéressée.

- Nous ne pouvons pas le savoir, répondit Newt. Seuls les jours, et peut-être même les mois, à venir nous le diront. Je vous propose de ne pas nous attarder sur ce sujet trop incertain. Il nous faut peaufiner une histoire à votre propos, Harry. Je pense que m'inventer un nouveau petit-fils commencerait à éveiller certains soupçons.

Hermione et Harry échangèrent un regard. Le brun était certes déconcerté par les événements récents, tout comme son amie, mais il était cependant en terrain connu, avec des personnes qu'il appréciait. Il se souvenait de toute l'année écoulée, depuis la bataille sur le Chemin de Traverse jusqu'à sa récente transformation. Il avait ainsi le sentiment de déjà connaître Newt, qui l'avait toujours traité avec une grande douceur et qui, malgré sa forme féline, lui avait toujours parlé comme à un humain.

- Avant tout ça, de quoi vous souvenez-vous ? reprit le sorcier âgé, faisant écho aux pensées d'Harry. J'aimerais que vous me racontiez si ça ne vous dérange pas.

- Oh, tutoyez-moi, s'il-vous-plait, répondit Harry. J'ai l'impression d'être un étranger, alors que nous nous connaissons depuis des mois.

Newt hocha la tête, acceptant à condition qu'Harry fasse de même à son égard. Harry acquiesça à son tour, prit une nouvelle gorgée de thé - résistant à l'envie de laper le breuvage - et inspira puis expira longuement. Il entreprit ensuite d'expliquer tout ce dont il se souvenait à Hermione et Newt.

Il évoqua en premier la confrontation avec Ron et comment ce dernier, contrairement à ce qu'Hermione pensait, l'avait sûrement sauvé. Il raconta à son amie que Ron avait stupefixié les deux Mangemorts qui le tenaient dans les secondes qui avaient suivi sa transformation, alors que l'allée était encore emplie de fumée. Il se souvenait très bien de la voix du roux qui s'excusait auprès de lui, avant que son visage redevienne visible et vide de toute émotion.

Hermione, bouleversée l'écouta en silence, puis laissa couler des larmes silencieuses, regrettant d'avoir pensé que Ron les avait réellement trahis. Harry et Hermione savaient tous les deux qu'ils passeraient de nombreuses heures à élaborer des théories pour essayer de comprendre le comportement de leur meilleur ami. Ce n'était cependant ni l'heure, ni l'endroit.

Une fois la Serdaigle calmée, Harry continua son récit. Il leur parla de sa surprise en se découvrant chat et de l'étrange facilité avec laquelle il s'était habitué à ce corps, comme si les instincts félins avaient pris le dessus dès la première seconde, mais sans jamais lui ôter sa faculté de penser.

Il passa rapidement sur l'été qu'il avait vécu chez les Scamander, et sur l'année scolaire à Poudlard. Harry évoqua quelques souvenirs précis, pour leur montrer qu'il se rappelait effectivement de tout, puis il exprima le sentiment de lassitude qui était né en lui, peu de temps après Noël, balayant la résignation d'être un chat pour la fin de sa vie. Il n'avait pas eu envie d'abandonner Hermione, il avait eu envie d'être là pour elle, pour la soutenir, pour lui raconter la vérité sur Ron, pour qu'elle ne soit plus seule.

A partir de là, il n'avait eu plus qu'une pensée en tête : redevenir lui-même. Plus cette idée grandissait en lui, plus il passait son temps à dormir, épuisé. Il avait commencé à faire des rêves étranges vers fin avril. Il se voyait tantôt redevenir humain, tantôt disparaître, ou plutôt, il voyait sa conscience disparaître. Dans ces rêves, il n'était plus Harry dans le corps de Pitiponk, il était simplement Pitiponk, un chat comme un autre.

Harry avait fini par comprendre qu'il s'agissait des deux conséquences possibles à sa fatigue : soit il trouvait la force de redevenir lui-même, soit il n'existerait plus. Les deux dernières semaines étaient les plus floues. Il se rappelait simplement cette grande fatigue, d'avoir beaucoup dormi et d'avoir oscillé entre un état de conscience de lui-même et de non-conscience.

Il s'était passé presqu'une heure quand Harry se tut. Il tenait toujours la main d'Hermione et leurs regards s'accrochaient régulièrement, se transmettant mutuellement tout le soutien, l'amitié et la force qu'ils ressentaient. Ils commencèrent à parler de la suite, de ce qu'ils pourraient - ou non - dire aux autres, de ce que ferait Harry et de leur histoire commune. Soixante nouvelles minutes plus tard, la théière était vide, le soleil commençait à se coucher et Harry avait désormais un passé dans cette époque.

Ce soir-là, couchés dans des lits jumeaux, Harry et Hermione regardaient le plafond, réfléchissant à la journée intense qu'ils avaient vécue. Aucun d'eux n'arrivait à dormir, leurs sentiments mêlant joie, appréhension et excitation, troublant leur tranquillité.

- Pourquoi m'as-tu appelé Pitiponk ? demanda finalement Harry, fixant une représentation d'hypogriffe peinte au-dessus de son lit.

- Oh…, souffla Hermione. C'est vraiment très simple. J'ai tout d'abord pensé à te nommer Harry, car c'est un prénom courant après tout, puis je me dis que si mes calculs étaient exacts, et ils le sont toujours, nous étions à l'époque de tes parents. Je ne voulais pas laisser le moindre indice qui pouvait laisser croire que tu étais bel et bien Harry, leur futur fils. Car s'il venait à avoir un enfant, le nommer comme cela et qu'ils apprenaient par la suite que je venais du futur, il y aurait eu des complications. Si j'étais enfermée à Azkaban pour avoir remonté le temps, je ne voulais pas que tu subisses la même chose. C'était stupide, je sais, mais je ne voulais pas que cela arrive. J'avais peur de changer le futur ! Si je me liais d'amitié avec Lily et James un jour, jamais ils n'auraient appelé leur fils comme le chat de leur ami ! Alors, je sais que j'ai finalement beaucoup changé le futur finalement, mais je ne pouvais pas le savoir à cet instant ! J'ai réagi par instinct…

Un silence lui répondit et Hermione eut peur qu'Harry se moque d'elle. Toutes ces angoisses lui avaient semblé légitimes sur le moment, mais maintenant qu'elle les exprimait à voix haute, elle avait peur d'être ridicule. Hermione allait continuer de se justifier, lorsque Harry parla enfin :

- Il n'y a qu'Hermione Granger pour imaginer tant de scénarios en quelques secondes…, pouffa-t-il doucement avec tendresse. Pardon. Je veux dire, Hermione Scamander.

- Je n'avais pas entendu mon véritable nom de famille depuis plus d'un an…

Un nouveau silence s'installa, bien plus confortable que le précédent, chacun réfléchissant à la tournure folle qu'avait pris leur vie l'année précédente.

- Et tu sors avec Sirius… murmura Harry.

Hermione se mit à rougir immédiatement, se souvenant que son ami avait été présent durant les derniers mois et qu'il n'avait rien raté de ses déboires amoureux. Elle sortait maintenant avec son parrain. Et si elle avait réussi à oublier le Sirius de leur époque, ce n'était peut-être pas le cas de Harry.

- Ça te gêne ? demanda-t-elle franchement.

- Je ne pense pas… répondit le Survivant. Je veux dire… Sirius n'est clairement pas la même personne que celle que nous connaissions. Tout comme Snape n'est plus notre horrible professeur de potion. Je ne peux pas continuer à voir Sirius comme mon parrain, celui qui aurait pu m'élever… Il est un adolescent, comme toi et moi. Pour James et Lily, c'est un peu plus dur cependant. Je pense que je t'en aurais voulu si tu étais sorti avec mon père !

- Berk ! gémit Hermione. Je suis désolée Harry, mais James… Non !

Harry se mit à rire, étouffant le son pour ne pas réveiller Newt qui avait eu l'amabilité d'accueillir les deux voyageurs du temps qu'ils étaient. Après plusieurs secondes d'un silence confortable, Harry se tourna vers Hermione. Il arrivait à peine à la distinguer dans le noir.

- Tu as écrit à Remus ? demanda-t-il.

- Oui, tout à l'heure, quand tu prenais ta douche, répondit la sorcière. Je lui ai proposé qu'on se voit demain, après mon travail pour lui expliquer tout ça.

Harry acquiesça d'un mouvement de tête, bien qu'Hermione ne pouvait le voir.

- Est-ce que ça te dérange si je suis là ? Au moment de lui parler je veux dire…

- Bien sûr que non ! s'exclama Hermione, en se relevant dans son lit. Pourquoi cela me gênerait ? Ca te concerne, je pense même, au contraire, qu'il est important que tu sois là.

- C'est juste que Remus est ton ami, répondit Harry. Il ne me connaît pas, ma présence pourrait gêner.

- Mais Remus est aussi t-

Hermione s'interrompit. Elle ne savait pas ce qu'elle avait voulu dire. Remus n'était pas l'ami de Harry, il n'était plus son professeur, ni l'ami de son parrain. La brune réalisa soudainement que si elle avait refait sa vie depuis l'année précédente, ce n'était pas le cas de son meilleur ami. Harry ne connaissait personne, ou plutôt : personne ne connaissait Harry. Il allait devoir tout recommencer, comme elle, et Hermione savait à quel point c'était difficile.

- Ça va aller Hermione, chuchota Harry, comme s'il avait conscience de ce qui venait de traverser l'esprit de la sorcière. Après tout, tu es là.

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- Bonjour Remus, salua Hermione en s'installant à la table sur la terrasse d'un café.

Remus ne répondit pas immédiatement, regardant simplement son amie et le jeune homme qui l'accompagnait. Celui-ci s'éclaircit la gorge, clairement mal à l'aise, sans oser s'asseoir.

- Je te présente Harry, mon meilleur ami depuis l'enfance. Harry je te présente…

Elle s'interrompit, se rendant compte qu'Harry connaissait déjà l'identité de Remus, mais surtout que Remus savait qu'il le connaissait.

- Bonjour, dit finalement Remus, son visage exprimant toujours son incompréhension et sa crainte.

Hermione attira Harry sur la chaise à côté d'elle et commanda trois bièraubeurre, indiquant qu'elle offrait sa consommation à Remus. Celui-ci ne prit pas la peine de contester, trop absorbé par la présence du garçon qu'il avait cru être un chat pendant un an.

Lorsqu'ils reçurent leur consommation dans un silence pesant, Hermione se décida à parler, jouant nerveusement avec la manche de sa veste.

- Je vous avais déjà parlé d'Harry, commença-t-elle, hésitante. Mon meilleur ami qui était parti vivre en Afrique.

Remus hocha la tête, confirmant ses paroles. Harry sourit tendrement à Hermione, tentant de lui insuffler le courage dont elle avait besoin. La sorcière ouvrit et ferma plusieurs fois la bouche, mais aucun son n'en sortit.

- Laisse-moi expliquer, intervint alors Harry, une note d'interrogation dans la voix pour laisser le choix à Hermione de refuser.

Il était loin de ressentir l'assurance qu'il cherchait à montrer à Hermione, mais il n'avait rien à perdre. Remus ne le connaissait pas encore, du moins pas en tant que sorcier, et il se disait que ça ferait plus naturel s'il racontait l'histoire qu'ils avaient inventée la veille. Après tout, c'était désormais la sienne et cela l'aiderait à se familiariser avec.

- Tout d'abord, je suis très heureux de pouvoir te parler Remus et je veux que tu saches que, tout comme Hermione, je garderai ton secret. Jusque dans la tombe s'il le fallait.

Harry tenta un sourire réconfortant. Il ne savait pas s'il avait adopté la bonne approche en évoquant immédiatement le sujet du lycantrhopisme. Il se demanda s'il n'avait pas fait une erreur en voyant les épaules du Gryffondor se tendre.

- J'espère juste te montrer que tu peux me faire confiance, reprit-il rapidement.

- Je ne suis pas très à l'aise avec ça… murmura Remus, baissant son regard.

- Tu ne devrais pas être si mal à cause de ça, répondit Hermione, posant sa main sur celle de Remus qui était sur la table. Je t'ai accepté, tout comme Sirius, James, Peter, Lily, Regulus. Harry a aussi été élevé dans la tolérance et t'accepte comme tu es. Depuis le début. Depuis un an.

Le silence s'installa entre les trois jeunes gens, avant qu'Harry reprenne la parole :

- Je suis parti en Afrique avec mes parents il y a quelques années, murmura-t-il. Nous avions une belle vie, jusqu'à l'attaque de l'année dernière…

- L'attaque ? demanda le loup-garou.

- Nous n'avons jamais su pourquoi, ni comment… Le fait est que le pays dans lequel nous étions était en conflit à cette époque. Tout était interne à la politique nationale et très secret. Alors que nous sortions d'une salle de spectacle, nous sommes tombés dans une embuscade. Ma mère a été blessée et j'ai été transformé en… Pitiponk. Mon père a été tué sur le coup.

- Je suis désolée, souffla Remus, sincèrement triste pour l'ami d'Hermione.

- Ma mère a été transportée à l'hôpital local alors qu'elle me serrait dans ses bras. Ils ne pouvaient la sauver. Tout ce qu'elle a pu faire a été de donner des instructions avant de rendre son dernier souffle. Je devais être confié aux soins de la famille Scamander, celle de ma meilleure amie d'enfance avec qui elle avait gardé contact. Elle devait penser que Newton ou Artemis pourraient inverser le sortilège, ou au moins s'occuper d'un sorcier transformé en chat des sables.

- Le Ministère a été efficace, reprit Hermione. Harry nous a été confié avant les grandes vacances scolaires. J'étais déjà inscrite à Poudlard, mais je me refusais de le laisser après le traumatisme qu'il venait de vivre. J'ai pensé abandonner et continuer mon enseignement à domicile, mais mon père m'a convaincue de l'emmener avec moi à Poudlard.

- Ce n'était pas une quelconque stratégie pour découvrir tous vos secrets, continua Harry. J'étais vraiment un félin et je ne pouvais pas sortir de ce corps. Je n'avais aucun moyen de communiquer avec Hermione et elle n'avait aucune assurance de mon retour en tant que sorcier. Mes instincts animaux ont commencé à prendre le dessus sur mon âme humaine et j'ai combattu autant que je le pouvais, c'était la raison pour laquelle je m'affaiblissais. Et je suis revenu à ma véritable forme. Tout ce que j'ai pu voir quand j'étais Pitiponk, ce que j'ai pu entendre, ne m'intéresse pas, je garderai ces secrets, mais je ne peux pas simplement les oublier. A moins que… murmura-t-il, fixant ses yeux verts dans ceux d'ambre du loup-garou.

Il y eut un nouveau silence tendu.

- A moins que ? répéta Remus.

- C'est hors de question Harry ! claqua Hermione.

- Si c'est ce qu'il désire… grinça Harry, ses yeux toujours braqués dans ceux de Remus.

- Je refuse de te lancer un Oubliettes ! chuchota furieusement la jeune fille.

Les yeux du loup-garou s'écarquillèrent alors qu'il prenait conscience de ce que Harry insinuait. Aussitôt, il secoua la tête et leva ses mains devant lui.

- Non, dit-il. Je te fais confiance ! N'efface pas tes souvenirs.

Harry relâcha sa respiration qu'il n'avait pas conscience d'avoir retenue.

- Merci, déclara-t-il avec une légère grimace.

- Tu étais vraiment sérieux ?

- Bien sûr, c'est ton secret. Et tu es libre de le protéger.

Harry lui offrit un léger sourire et un silence s'installa entre eux. Tandis que Remus buvait une gorgée de sa bièraubeurre, il perçut un échange de regards entre Hermione Harry. Il attendit quelques secondes qu'ils s'expriment mais aucun des deux ne semblaient se décider.

- Il y a un problème ? finit-il par demander.

- C'est juste… commença Hermione, la voix basse.

- On aimerait que tu gardes le secret, termina Harry. On y a beaucoup réfléchi hier soir et, on pense tous les deux qu'il vaut mieux ne rien dire aux autres.

Harry regarda un instant Remus puis reprit avant que ce dernier ait pu parler :

- Ce n'est pas que j'ai peur de leur remarques ou de ce qu'ils vont penser mais je vais rentrer à Poudlard en septembre, et je pense qu'il sera plus facile de faire comme si je ne connaissais personne.

- Cela ne poserait aucun problème à nos amis, dit Remus avec incompréhension. S'ils m'ont accepté, il n'y aura aucun souci pour toi.

- C'est plus compliqué que ça, intervint Hermione, les yeux baissés.

- Réfléchis quelques minutes à ce que j'ai fait en tant que chat…

Remus chercha dans son esprit ce qu'il avait pu se passer de si compliqué. Il se souvint de ce moment où tout le monde se déshabillait dans les dortoirs pour se mettre en pyjama, et que Pitiponk était tranquillement installé sur le rebord de la fenêtre. Il était heureux d'avoir toujours été pudique et de préférer s'enfermer dans la salle de bain. James et Sirius en revanche… Il se souvint aussi de ce dernier, chuchotant des choses à l'oreille d'Hermione, le chat sur les genoux. Remus savait parfaitement qu'Hermione était la première personne à qui Sirius osait s'ouvrir réellement. Il lui avait raconté des bribes de son enfance, alors qu'il avait toujours refusé d'en parler avec les Maraudeurs.

Sirius se sentirait trahi de savoir qu'Harry était au courant de tout.

Remus essaya de rassembler les souvenirs de cette année concernant Pitiponk et rougit lorsqu'il se souvint que celui-ci avait dormi dans son lit, collé contre lui, à de nombreuses reprises.

- Et tu ne sais pas tout… murmura Harry. J'étais là par exemple, quand Peter a demandé à Angela si elle voulait sortir avec lui et qu'elle lui a ri au visage. Je suis entré un jour dans le dortoir sur James et Lily en plein préliminaire, dit-il avec un frisson. J'ai vu la réaction de Sirius lorsqu'il a reçu une lettre de son père.

- Il n'y a aucun bien à ce qu'ils sachent tout ça… dit Hermione avec inquiétude.

- Tu n'auras pas l'impression de leur mentir ? A tous ? demanda Remus.

- Je veux recommencer ma vie, répondit Harry avec conviction. Je veux tout recommencer à zéro. Oublier ma vie de chat, ma vie d'avant. Je veux rencontrer James, Lily, Sirius et les autres avec des yeux nouveaux. Je veux apprendre à les connaître et tout ce que j'ai vu ne sera qu'un lointain souvenir. C'est déjà un peu le cas d'ailleurs. Les souvenirs de cette année sont déjà plus flous qu'hier. Je ne vais peut-être même pas les garder.

Remus hocha la tête, convaincu par le discours d'Harry.

- Alors ? Tu es d'accord pour garder notre secret ? demanda Hermione.

- Je le suis… murmura Remus. Mais qu'allez-vous dire pour Pitiponk ?

- Tout le monde savait qu'il était malade. Je vais leur dire qu'il nous a quitté, souffla Hermione. Ce sera difficile, mais une fois l'épreuve passée, tout rentrera dans l'ordre, j'en suis persuadée.

- D'accord, reprit le loup-garou. Mais… Comment expliquer ça ? dit-il en désignant Harry du doigt.

Hermione tourna la tête, seulement pour voir Harry apparemment totalement détaché de la conversation, qui se léchait mollement la main avant de la passer dans ses cheveux.

- Harry ! s'écria la jeune fille, attrapant précipitamment les mains de son ami pour les reposer sur la table devant lui. Nous avons constaté avec grand-père qu'il restait quelques instincts à Harry. Ils devraient disparaître une fois qu'il se sera réhabituer son corps humain, mais pour le moment, ce n'est pas le cas.

Harry regardait Hermione sans comprendre pourquoi elle maintenait ses bras contre le bois.

- J'ai fait quelque chose de mal ? demanda-t-il naïvement, faisant pouffer Remus malgré lui.

Hermione soupira et le lâcha enfin, sortant sa baguette pour lui lancer un sortilège de nettoyage.

- Les humains ne se lavent pas avec leur propre bave Harry…

- Je ne me lave pas avec ma propre bave, se récria Harry, un air de dégoût inscrit sur le visage.

Hermione laissa échapper un nouveau soupir et se tourna vers Remus, ne cherchant même pas à s'expliquer.

- C'est ça le pire, il ne s'en rend même pas compte, dit-elle sur un faux air de confidence à Remus, soutirant un nouveau sourire à ce dernier. A vrai dire, j'aurais une deuxième question. Est-ce que tu pourrais m'aider à cacher ces petites habitudes ? demanda-t-elle ensuite, soucieuse.

Remus acquiesça sans une hésitation puis se tourna vers Harry, qui les observait, moitié boudeur, moitié intrigué. Leurs regards se rencontrèrent et Remus remarqua pour la première fois la couleur émeraude des yeux d'Harry.

- Tu as la même couleur d'yeux que Lily, commenta le lycanthrope, souriant.

Hermione se tendit à ses paroles mais Remus, tourné vers l'autre sorcier, ne sembla pas le remarquer. Harry sourit à son tour.

- N'est-ce pas ? Il faudrait qu'on les compare ! s'exclama-t-il sur le ton de la blague. A dire vrai, je les tiens de ma mère, ça et ma myopie. Autant la couleur me plait, autant je me serais bien passé du second trait.

Sa remarque souleva un rire chez Remus. Ce dernier termina sa bièraubeurre puis jeta un œil à la montre qu'il portait, il leur adressa ensuite un sourire d'excuses.

- Je suis vraiment désolé, mais je dois y aller. C'est l'anniversaire de mon père ce soir, et j'ai promis à ma mère de l'aider à préparer le gâteau.

Les trois adolescents se saluèrent joyeusement et Remus leur répéta sa promesse de garder le secret et d'aider Hermione pour l'année à venir. Harry et Hermione le regardèrent quitter la terrasse puis soufflèrent tous les deux de soulagement, évacuant une tension qu'ils n'avaient pas forcément eu conscience de ressentir.

- Ça s'est bien passé, commenta Hermione. Remus est vraiment quelqu'un de bien.

- Tu en as douté ? se moqua gentiment Harry.

La jeune femme ne prit pas la peine de répondre et lui tira la langue, puérilement.

- Tu as très bien géré Harry, pour sa dernière question.

- Je m'y étais préparé. Je veux dire... à part Sirius, notre Sirius, qui me répétait sans cesse que je ressemblais à mon père, tous les autres me parlaient des yeux de ma mère. Alors… j'avais préparé cette réponse. Autant assumer la ressemblance et la faire passer pour un joyeux hasard que de chercher à la cacher.

- Je suis impressionnée !

- Tu ne me pensais pas capable d'une telle idée ?

- Quoi ? s'exclama Hermione, les joues rouges. Mais non, mais pas du tout ! Je sais pertinemment que tu es quelqu'un d'intelligent et de-

Elle fut interrompue par un éclat de rire : Harry, hilare, se tenait à sa chaise. Elle hésita entre bouder à son tour, le réprimander gentiment ou rire avec lui. Finalement, elle opta pour la troisième option, pensant qu'il y avait trop longtemps qu'elle n'avait pas eu de fou rire avec son meilleur ami.

Plusieurs minutes s'écoulèrent durant lesquelles Harry imita grossièrement la réaction de son amie. Quand ils furent calmés, un doux silence s'installa entre eux. Ce fut Hermione qui le brisa.

- Tu n'as pas peur qu'on te reconnaisse ? s'enquit-elle finalement, plus songeuse que réellement inquiète. Avec James.

Harry ne répondit pas immédiatement, jouant avec son verre de lait commandé après le départ de Remus.

- Pas vraiment, finit-il par répondre. Tu as remarqué comme moi que finalement, on n'est pas si semblable avec James. Bien sûr, on a des traits en commun mais je pense que ça devient une évidence seulement quand on connaît notre lien. Tu sais… dans le début de l'année, quand ma conscience était encore très présente, je me suis demandé si Sirius trouvait vraiment que je ressemblais à James.

- Comment ça ?

- Je me demande s'il ne voulait pas juste que je lui ressemble. Il en avait tellement envie qu'il voyait son meilleur ami à travers moi. Mais finalement, je suis plus chétif, moins grand, mon nez est différent… Pleins de petits détails qui me rendent unique. Je ne m'inquiète pas non. Il n'y aucune raison de s'inquiéter. Et puis, si James et Lily ont un jour un enfant, il ne grandira pas dans les mêmes conditions que moi. Il sera certainement plus grand, plus fort, mieux dans son corps, tout simplement. Et maintenant que Remus à vu à quoi je ressemblais, je ne pense pas qu'on puisse changer quoi que ce soit de toute façon.

Harry termina son discours avec un air rassurant et confiant. Après quelques instants de réflexion, Hermione acquiesça.

- Je pense aussi qu'il n'y a pas à s'inquiéter. Je n'avais jamais vu les choses comme toi, mais je pense que tu as raison.

- Comment ça ? Insinuerais-tu pour la deuxième fois que je suis intelligent ?

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Ma belle, ma princesse, ma petite salamandre,

Peut-être vas-tu penser que j'en fais trop, mais tu sais être la seule à avoir cet effet sur moi. Je suis dévasté par ton rejet, si bien que je suis cambré, une main sur le front, comme dans un soap Moldu. Moi, ton bel apollon, n'ai pas le droit de te rendre visite ? Mais trêve de plaisanteries… J'aimerais tellement te serrer dans mes bras, embrasser ta nuque et peut-être soulager un temps soit peu ta peine.

Je sais que tu aimais beaucoup Pitiponk et je dois avouer que j'appréciais ce chat moi aussi. Tu dois être bouleversée. Je comprends ton besoin de rester seule quelques jours. J'aimerais simplement avoir l'occasion de te voir et de te serrer dans mes bras. J'aimerais essayer de te faire rire. Je sais que tu me traites souvent d'idiot, mais que dans le fond, tu aimes ma stupidité, car elle te fait sourire.

Pense-y, d'accord ? Une lettre de toi et j'accoure, peu importe ce que je faisais, peu importe à quel point ma bataille d'eau avec James est sur le point de finir. Je suis prêt à perdre pour te voir.

J'ai beau essayer de faire courber tes jolies lèvres avec mes bêtises, sache que je t'envoie toute ma tendresse et mon amour pour combattre ta peine.

J'espère que, malgré tout, tu accepteras de passer le mois d'août avec nous. Le manoir des Potter est trop grand pour James et moi. Un peu de compagnie nous ferait du bien et je suis certain qu'à toi aussi.

Dans l'attente de ta réponse,

Avec toute ma tendresse,

Sirius Apollon Black

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Cher Sirius,

Arrête un peu de faire l'idiot. C'est vrai que j'ai souri, mais ce n'est pas une raison pour fanfaronner et raconter à tout le monde que tu es le plus drôle. Je te remercie de tenir compte de mes choix. Tu es attentionné, qui l'aurait cru ?

Effectivement, je suis très triste en ce moment. La perte de Pitiponk est difficile, même si je savais depuis plusieurs semaines que cela allait se produire. Il était malade depuis longtemps.

Je suis désolée, mais je ne pense pas venir pour le mois d'août.

Attends avant de crier ! Je t'ai parlé de mon meilleur ami, Harry. Il est de retour en Angleterre après des évènements difficiles et mon grand-père à décidé de le prendre sous son aile. Il intégrera Poudlard à la rentrée et je ne peux pas venir m'amuser avec vous et le laisser seul pendant un mois. Tu le comprends, n'est-ce pas ?

J'espère que tu ne m'en veux pas.

Avec amour,

Hermione

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Ma chère Salamandre,

Harry est ici ? Le Harry ? Celui dont tu me parles si souvent ? Dois-je m'inquiéter ? Je veux dire, tu me vantes souvent ses mérites "Harry a chevauché un Hippogriffe", "Harry a volé un oeuf de dragon sur son balai", "Harry a su faire un patronus corporel à l'âge de treize ans."

Je suis sûr qu'il n'est même pas animagus lui…

Je grogne, mais je suis content que tu retrouves ton ami. Tu m'as tellement parlé de lui que j'ai l'impression de le connaître un peu. Viens au manoir avec lui pour les vacances ! Nous l'acceuillerons bien et sans farce, je te le promets !

Et puis Remus serait heureux qu'il soit là ! Il n'aura pas l'impression de tenir la chandelle entre James et Lily, et toi et moi.

J'aimerais vraiment que tu viennes Hermione… Ne me demande pas de te supplier !

Avec tendresse,

Sirius

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Voilà qui clôt ce premier chapitre !

Alors qu'en avez-vous pensé ? Nous espérons que cette suite vous plaira autant que le premier "tome" !

A dimanche prochain,

Aupaupsi