Titre : Taylor
Résumé : Suite de "La Nouvelle Salamandre". Harry apparaît dans le salon de Newt Scamander, sous l'œil surpris de Remus. Comment Hermione va-t-elle l'expliquer ? Et comment Harry va-t-il s'intégrer à cette nouvelle vie ?
Disclaimer : L'univers et les personnages d'Harry Potter ne nous appartiennent pas. Nous ne recevons aucune compensation financière pour la publication de cette histoire.
Pairing : Het et Homo
Rating : T
Statut : Terminée
Auteures : Epsilon et Pauu
Bêta : Epsilon et Pauu
Nda : Bonjour tout le monde !
Une publication très rapide pour ce chapitre ! Week-end chargé pour Epsi et moi. Merci beaucoup pour vos premiers retours sur le premier chapitre de Taylor ! Nous espérons que la suite sera à la hauteur de vos attentes !
Bonne lecture !
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Dans le chapitre précédent :
Pitiponk est redevenu Harry sous les yeux de Remus. Hermione, Harry et Newton ont donc créé une histoire à lui raconter : Harry, qui était censé être en Afrique avec sa famille, avait subi une attaque : ses "parents" sont morts et lui a subi un maléfice qui l'avait transformé en chat des sables.
Hermione et Harry demande à Remus de garder ce secret, ainsi, pour tous leurs autres amis, Harry sera simplement de retour d'Afrique pour venir faire ses études à Poudlard. En parallèle, Hermione annonce à ses amis la mort de Pitiponk.
Dans un échange de lettres, Sirius propose à Hermione de venir avec Harry chez les Potter, pour le mois d'août.
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Chapitre 2
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Hermione, assise sur son lit, regardait la lettre qu'elle venait de recevoir de son petit-ami. Il était toujours étrange de penser de cette façon à Sirius. Elle avait d'abord été très enthousiaste à l'idée de passer un mois avec lui, mais l'arrivée d'Harry avait tout chamboulé.
- Quelque chose ne va pas ? demanda Harry en entrant dans la chambre.
Il s'installa sur son propre lit, en face d'elle, et regarda la lettre qu'elle dépliait et repliait sans cesse.
- Tu sais que Sirius m'a invitée chez les Potter pour les vacances ? demanda Hermione.
Harry acquiesça, fronçant les sourcils.
- Et que j'ai refusé, continua la jeune femme.
- Hermione… commença Harry.
- Non, le coupa-t-elle. Nous en avons déjà parlé et tu sais parfaitement que je ne te laisserai pas seul. Je viens de te retrouver Harry ! Il est hors de question que je parte pendant un mois.
- D'accord, je comprends. Mais je vois bien que tu es malheureuse à cause de cette décision.
- Je ne le suis pas. C'est juste que… Sirius ne rend pas les choses faciles… Il m'a proposé de t'emmener avec moi.
- Alors c'est parfait, répondit Harry, forçant un sourire sur son visage.
- Il n'y a rien de parfait. Je dois refuser une deuxième fois et la première n'a déjà pas été facile. Je ne veux pas le décevoir et je sais que je vais le rendre triste…
- Accepte, Hermione. Tu en meurs d'envie.
- Je ne peux pas t'imposer ça, souffla Hermione. Ils ne te connaissent pas et tu ne seras peut-être pas à l'aise avec eux pendant un temps, sachant qui ils sont... Tout cela est encore frais. Et puis, nous pouvons enfin passer du temps ensemble toi et moi, j'aimerais en profiter.
Harry se leva pour se réinstaller à côté d'elle. Il passa son bras autour de ses épaules et la serra contre lui.
- Ne te prive pas d'un bel été plein d'insouciance, dit-il. Nous passerons de très beaux moments avec eux. Nous savons parfaitement que bientôt, les rues ne seront plus aussi sûres que maintenant. Les actions de Vol… Tu-sais-qui, sont discrètes pour le moment, laissant la population dans un sentiment de sécurité mais ce ne sera bientôt plus le cas et nous connaîtrons à nouveau l'angoisse de la guerre. Passe du temps avec ton petit-ami et profite.
- Je ne sais pas… murmura Hermione.
Elle allait ajouter quelque chose, lorsque Harry se redressa soudainement.
- Tu n'étais pas montée pour te préparer pour le travail ? demanda-t-il.
- Mince ! cria-t-elle.
Elle se redressa précipitamment et attrapa son sac qu'elle balança sur son épaule. C'était effectivement ce qu'elle était venue chercher avant que la belle chouette de Sirius tape au carreau. Elle allait être en retard !
En se retournant, elle vit qu'Harry n'était plus sur le lit mais penché dans l'armoire. Il en sortit une paire de basket, qu'il posa sur le sol pour qu'elle puisse les enfiler, puis sauta sur ses pieds pour ouvrir la porte de la chambre. Hermione courut dans le couloir et le suivit jusqu'à la porte d'entrée qu'il avait déjà ouverte pour lui permettre de gagner du temps.
Hermione lui adressa un "merci", continua sa course dans le jardin pour passer les barrières magiques de la maison et enfin, transplana.
Harry resta à la porte, regardant l'endroit où son amie avait disparu, un sourire sur le visage. En baissant les yeux, il remarqua dans l'herbe, la lettre qu'Hermione avait dû laisser tomber sans s'en rendre compte : celle de Sirius. Il s'avança et la saisit, combattant l'envie de la lire.
Il avait paru assuré devant Hermione, affirmant qu'il accepterait de passer ce mois en présence de James, Lily, Sirius et Remus, mais la réalité était tout autre… Il avait peur de revoir ceux qui allaient, auraient pu, ne seraient jamais, ses parents et ne voulait pas affronter la probable jalousie de Sirius.
Cette crainte était légitime après tout. Il était là, sous sa forme de chat, lorsque Hermione avait parlé de lui avec admiration et il avait vu Sirius froncer les sourcils parfois, se demandant certainement s'il devait s'inquiéter. Harry savait que Sirius l'invitait par obligation, pour pouvoir passer du temps avec Hermione et pas réellement pour le voir.
Peut-être pourrait-il convaincre Hermione qu'il avait besoin de rester seul et que ce mois sans elle lui permettrait de se préparer à la rentrée. Il ne voulait être un poids pour qui que ce soit, et il avait déjà l'impression d'en être un pour les Scamander, qui l'avaient accueilli avec joie comme ils l'avaient fait pour Hermione.
A l'inverse de son amie, il n'avait pas cherché de travail, car il ne pouvait pas se permettre de se comporter comme un chat devant quiconque, donc il restait principalement à la maison ou en présence d'Hermione qui pouvait contrôler les réflexes qu'il n'avait pas conscience d'avoir. Acheter des fournitures allait coûter cher et il était totalement dépendant des Scamander pour cela. Il essayait de compenser avec des tâches ménagères, des travaux dans le jardin, mais n'arrivait pas à se sentir à sa place. Il le serait encore moins au milieu des Maraudeurs pendant un mois…
Hermione avait son permis de transplanage et pourrait parfaitement aller chez eux mais revenir le voir régulièrement. Ainsi, tout le monde serait heureux.
Avec toutes ces idées en tête, Harry ne vit pas que quelqu'un s'approchait de lui, avant que l'ombre de Remus n'apparaisse à ses pieds.
- Bonjour, dit celui-ci alors qu'Harry relevait la tête.
- Bonjour Remus, le salua-t-il en retour. Tu cherches Hermione ? Elle vient de partir au travail à l'instant.
Comme par réflexe, Remus se tourna vers l'allée puis focalisa à nouveau son regard sur Harry.
- A vrai dire, je venais voir si Newton était là, il m'avait proposé de passer dans la semaine, sans me donner de date précise.
Harry lui adressa un regard gêné.
- Newt n'est pas là ce matin, il est chez Artemis.
- Ha, d'accord. Pas de problème.
Un moment de flottement s'installa entre eux, puis Remus recula d'un pas.
- Je te souhaite une bonne journée alors, déclara-t-il souriant.
Harry hocha la tête et lui rendit la pareille, puis le regarda se retourner et s'éloigner. Remus avait déjà atteint la barrière qui délimitait l'entrée de la propriété quand il le héla. L'autre s'arrêta et pivota, surpris.
- Ça te dit une balade sur le Chemin de Traverse ? proposa Harry avant de prendre un air contrit. Je ne suis pas encore très à l'aise seul dehors.
Il se prépara au refus de Remus, les épaules basses. Après tout, l'adolescent le connaissait à peine et il n'avait probablement pas envie de passer une partie de sa matinée avec lui.
- Avec plaisir, répondit au contraire Remus.
Le sourire sincère qu'il affichait désarçonna Harry. Durant l'année qui s'était écoulée, Harry avait bien vu la gentillesse et l'humanité qui se dégageait du lycanthrope, mais il n'avait pas pensé qu'il y aurait aussi le droit. Pas alors que Remus connaissait son passé de Pitiponk.
- Ne sois pas si surpris, rit Remus. Tu es un ami d'Hermione, quelque chose me dit qu'on va passer pas mal de temps ensemble, alors autant apprendre à se connaître maintenant.
Harry resta immobile plusieurs secondes puis, se décidant enfin, ferma la porte derrière lui, apposa un sort que Newt lui avait appris pour fermer la maison grâce à la nouvelle baguette qu'Hermione lui avait offert la semaine précédente et rejoignit Remus. Les deux sorciers se dirigèrent silencieusement vers le Chemin de Traverse et s'immobilisèrent quand ils arrivèrent à la jonction avec leur ruelle.
- Où veux-tu aller ? s'enquit Remus.
- Nul part en particulier, je ne me lasse pas de me promener ici, de voir l'animation, les boutiques, la Magie.
- Tu es Né-Moldu ? demanda Remus, commençant à marcher en direction de la rue principale.
- Non, mais ça ne m'empêche pas d'admirer la magie. J'ai passé beaucoup de temps dans le monde Moldu quand j'étais enfant.
- Moi aussi. Mes parents ne voulaient pas que quiconque apprenne que j'étais… tu sais… Alors nous déménagions très souvent. Et toujours dans le monde Moldu. C'était facile pour ma mère qui en était une, mais mon père était d'origine magique et n'avait jamais quitté ce monde.
- Alors tu changeais tout le temps d'endroit ? demanda Harry.
- Tous les six mois environ. Quand les gens commençaient à se demander ce qu'étaient ces hurlements qui venaient de chez nous.
- Ce ne devait pas être facile… Tu n'avais pas le temps de te faire des amis.
- Les enfants se font des amis très rapidement, déclara Remus avec un sourire nostalgique. Mais moi non… J'avais toujours peur qu'ils découvrent mon secret, que je dise quelque chose qu'il ne fallait pas où qu'ils entendent parler des cris chez moi. Et les cicatrices qui déforment mon visage n'aidaient pas. Je n'ai pas le sourire charmeur de James ou Sirius, dit-il en riant.
Harry regarda le profil de Remus, qui lui parlait de sa vie si facilement alors qu'ils n'avaient même pas dépassé le bout de la rue, comme si le secret qu'ils partageaient rendait toutes les paroles possibles, comme s'ils se connaissaient depuis longtemps. C'était un peu le cas finalement.
Harry ne pensait pas que les cicatrices de Remus déformaient son visage. Nettes et tranchantes, elles auraient pu lui donner un côté "bad boy" s'il avait été plus ténébreux. Là, elles cassaient simplement sa douceur. C'était dur à déterminer.
- James, Sirius et Peter ont été tes premiers amis ? demanda Harry.
- Les premiers, murmura Remus. Et je leur en serai toujours redevable.
- Redevable ?
- Sans eux, je n'aurais jamais connu l'amitié. Les soirées passées ensemble, les jeux, les blagues, les rires, les retenues en commun. Sans eux, je n'aurais jamais connu ce bonheur.
- Tu les portes en haute estime, constata Harry.
Il n'aimait pas la façon dont Remus se dévalorisait et pensait qu'il devait quelque chose aux Maraudeurs, mais il n'exprima pas son opinion, sachant que le loup-garou se braquerait.
- J'espère que vous passerez de bonnes vacances ensemble, dit-il finalement. Tu pourras te faire le plein de beaux souvenirs.
- Comment ça "vous" ? demanda Remus, s'arrêtant brusquement. Tu ne viens pas ?
Harry fut surpris par la question. Il ne se doutait pas que Remus était au courant et était certain que Sirius l'avait invité par pure politesse ou au moins pour qu'Hermione vienne. Il était certain qu'il n'en avait pas parlé aux autres, ou peut-être seulement à James parce qu'ils vivaient ensemble.
- Quoi ? demanda-t-il.
- Je sais que Sirius t'a invité pour les vacances, j'étais là quand il écrivait la lettre à Hermione.
- Oh… Eh bien… souffla Harry, mal à l'aise. Je comptais décliner en effet.
- Pourquoi ?
- Hé bien tu sais… enfin…
Remus leva un sourcil face à lui et Harry se sentit tout petit, comme si, alors qu'il n'avait même pas encore expliqué sa raison, il commençait à comprendre qu'elle était stupide.
- C'est juste que je ne veux pas vous déranger. Sirius est jaloux de moi, et je dis ça sans prétention c'est juste… tellement évident. Il m'invite uniquement pour voir Hermione. Je vais gâcher vos vacances.
Remus était resté de marbre tout au long de son discours si bien qu'Harry se sentait encore plus petit. Finalement, le lycanthrope éclata de rire au milieu de la rue, attirant l'attention quelques secondes sur eux deux. Étonné, Harry le regarda, sans comprendre. Il fallut plusieurs minutes pour que Remus se calme et entreprit d'expliquer à Harry sa réaction.
- Sirius était tellement persuadé que sa jalousie était passée inaperçue, qu'Hermione ne l'avait pas remarqué, finit-il par déclarer, les yeux rieurs. Lily n'arrêtait pas de lever les yeux au ciel quand il écrivait la lettre, et il l'a reformulée de nombreuses fois pour être sûr que ça ne soit pas perceptible.
- Tu vois, intervint Harry qui ne voyait pas en quoi c'était drôle, il ne veut pas de moi.
- Ne te méprends pas Harry. Sirius est certes jaloux, mais il a réellement envie de te rencontrer. Je crois pouvoir dire qu'il fait preuve de maturité pour la première fois de sa vie.
Face au regard d'incompréhension de Harry, Remus reprit :
- Sirius est jaloux de toi, c'est indéniable. Mais il aime Hermione, c'est indéniable aussi. Et il sait que tu es important dans sa vie et donc que c'est à lui de s'adapter, et non l'inverse. De plus, Sirius n'est pas un méchant. Personne n'a eu besoin de lui chuchoter l'idée de t'inviter, il l'a fait en pleine conscience et, je me répète mais je pense que c'est nécessaire pour que ça rentre dans ton crâne, il a vraiment envie de te rencontrer.
- Pour comprendre que je ne suis pas un danger ? ajouta Harry, influencé par la confiance et la bonne humeur de son interlocuteur.
Une nouvelle fois, Remus s'exclaffa.
- Tu rigoles ? Quand il va te voir arriver avec tes beaux yeux verts et tes cheveux en bataille, il va paniquer. Encore plus quand il va se rendre compte que Hermione et toi êtes bien plus proches qu'il ne l'imagine.
- Alors…
- Alors tu dois absolument venir Harry ! insista Remus, un immense sourire sur les lèvres. Sirius n'a jamais eu de concurrent en affaires de cœur, ça lui fera les pieds.
Harry resta un moment interdit puis leva la main droite, deux doigts relevés.
- Deux choses avant d'accepter, déclara-t-il. Un : es-tu vraiment l'ami de Sirius ? Deux : tu sais que je ne suis pas un concurrent n'est-ce pas ? Hermione est comme une sœur pour moi.
- Oui aux deux questions, répondit Remus. J'ai bien vu ces derniers jours qu'Hermione et toi n'aviez pas ce genre de relation, mais mon cher ami Sirius, lui, ne le sait pas.
- Tu veux le voir souffrir ? demanda Harry. Tu as un petit côté sadique effrayant.
- Il pense toujours qu'il est le meilleur en tout et nous le rabâche à longueur de journée. Il va se rendre compte qu'il n'est pas le seul dans le cœur de la belle Hermione et arrêtera un peu de nous casser les oreilles.
- Ça va être une bonne ambiance, maugréa Harry. Je vais rester dans un coin de la pièce car je ne connais personne, mais Sirius me fusillera du regard à chaque occasion, ce qui énerva Hermione qui se fâchera contre Sirius. Vraiment génial !
Remus se mit à rire et continua sa route sur le Chemin de Traverse.
- Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit. Sirius est jaloux, mais il est curieux et meurt d'envie de savoir qui tu es. Il va certainement t'inonder de questions.
- Et si je décide de me lécher la patte en plein interrogatoire ?
- Je serai là pour te couvrir, répondit Remus avec un clin d'œil. Je n'aurai qu'à dire que c'était une blague, ou un gage. Je t'assure que Sirius et James font plus de choses bizarres que tu ne le penses, ils ne remarqueraient probablement pas si tu décidais d'utiliser la table basse comme litière.
Harry eut un frisson d'horreur, imaginant la honte qu'il éprouverait à faire une telle chose. Se souvenir de s'être intégralement léché sous forme de chat était déjà bien trop présent dans son esprit. Il releva la tête lorsqu'il entendit Remus rire et sourit à son tour. C'était agréable de voir le loup-garou heureux et insouciant.
- C'est d'accord, je viendrai, dit-il finalement.
- Ouf ! soupira exagérément Remus. J'avais peur d'être seul au milieu de deux couples qui bavent.
Harry se mit à rire à son tour et tous les deux s'arrêtèrent devant le magasin de Quidditch, regardant les nouveaux modèles qui, pour Harry, étaient pourtant très vieux.
- J'espère que je pourrai jouer au Quidditch cette année, murmura-t-il pour lui-même.
- Tu joues à quel poste ? demanda Remus.
- Attrapeur, répondit Harry.
- Serpentard a le même attrapeur depuis trois ans, commença Remus. Je ne m'intéresse pas trop au Quidditch, mais je crois qu'il est plutôt bon. Il entrera en sixième année. Serdaigle a aussi son attrapeur qui entrera en quatrième ou cinquième année. Par contre, le poste sera libre chez les Gryffondor et les Poufsouffle.
- Gryffondor… murmura Harry.
- Tu aimerais être dans cette maison ? interrogea Remus en se tournant vers lui.
Harry ne répondit pas immédiatement. A vrai dire, il n'y avait pas encore réfléchi. Il n'oubliait pas que le choixpeau avait failli l'envoyer à Serpentard lors de sa répartition et il se demanda si l'artefact voudrait l'y répartir à nouveau cette année. Verrait-il en Harry un sorcier qui a voyagé dans le temps ? Il faudrait qu'il demande à Hermione comment ça s'était passé pour elle. Harry n'avait pas envie d'aller à Serpentard, mais avait-il envie de retourner à Gryffondor ? Gryffondor sans Ron, sans Hermione et les Weasleys. Il poussa un long soupir.
- Tout va bien Harry ?
- Oui, oui, répondit vivement le sorcier. J'étais simplement en train de me demander ce que je ferais si jamais le choixpeau ne trouvait pas de maison pour moi.
- Ça n'arrivera pas, se moqua gentiment Remus. Ça n'est jamais arrivé.
Harry haussa les épaules, montrant ainsi qu'il ne souhaitait pas vraiment s'attarder sur le sujet. Il se détourna de la devanture du magasin, et reprit sa marche, rapidement suivi par Remus. Les deux adolescents parcoururent le Chemin de Traverse une grande partie de la matinée, discutant joyeusement. Vers midi, ils décidèrent de rendre visite à Hermione, dans la boutique de Fleury & Bott.
Cette dernière était en train de ranger des livres dans les différents étalages quand ils entrèrent dans le magasin. Hermione les accueillit avec un sourire, ravie.
- Bonjour Remus ! Que faites-vous là ?
- On était en train de se promener et on s'est dit qu'on allait venir te chercher, répondit Harry. Remus mange avec nous.
Le regard étonné que jeta Remus à Harry fit lever les yeux au ciel à Hermione.
- Harry, en un an, aurais-tu oublié qu'on impose pas aux gens de manger ensemble ?
- Je ne te l'ai pas demandé ? demanda Harry, surpris en se tournant vers Remus.
Le lycanthrope secoua la tête de gauche à droite, un mince sourire sur les lèvres.
- Oh… fit Harry. Tu veux manger avec nous ce midi ?
Sa question déclencha le rire des deux autres sorciers mais Remus accepta. Cinq minutes plus tard, ils sortaient de la boutique après qu'Hermione eut salué ses patrons. Sur le chemin du retour jusqu'à la maison des Scamander, Harry et Remus réussirent à convaincre Hermione qu'elle devait effectivement venir au Manoir Potter pour l'été, accompagnée de Harry, et que ce dernier ne venait pas par obligation, mais par envie. Quand ils atteignirent le portail, l'affaire était décidée : Harry et Hermione iraient passer leur mois d'août avec les Maraudeurs et Lily.
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- Bienvenue au Manoir Potter ! scanda James lorsqu'il ouvrit la porte.
Hermione gloussa et entra dans la bâtisse. Harry resta sur le seuil, n'osant pas avancer. Même s'il avait réussi à se détacher de son ancienne vie grâce à son année sous forme féline, cela lui faisait tout de même une drôle de sensation de se tenir devant la maison de ses grand-parents, celle dans laquelle son père avait grandi.
Son amie le vit et, souriant toujours, fit marche arrière pour lui prendre la main et le tirer avec elle dans le couloir du manoir.
- Vous êtes les derniers, déclara James, ses yeux restant quelques secondes supplémentaires sur leur main liées.
- Je travaillais cette après-midi, répondit Hermione. Et je devais rentrer prendre mes affaires.
- Ne t'inquiète pas, dit James, les guidant vers le salon dans lequel attendaient Remus, Sirius et Lily.
Dès qu'ils furent entrés, la Gryffondor sauta sur la Serdaigle et l'enlaça avec force, l'obligeantt à lâcher la main de Harry, qui resta en retrait.
- Tu m'as manqué ! dit Lily, la poussant jusqu'au canapé pour qu'elle s'y assoit.
Aussitôt, les deux jeunes filles furent engagées dans une conversation intense, ignorant tout ce qui les entourait. Sirius grogna en voyant sa petite-amie accaparée par Lily, mais reconcentra son attention sur Harry qui, timide, recula d'un pas. Il fut sauvé par Remus qui s'approcha de lui, le saluant d'une petite tape dans le dos.
- Bonjour Harry, dit-il. Comment vas-tu ?
- Hum… Bien, répondit le jeune homme.
- Laisse-moi te présenter Lily, sur le canapé. James ici et Sirius à sa gauche, expliqua Remus en désignant tour à tour chaque personne.
- Bonjour, souffla Harry. J'ai beaucoup entendu parler de vous.
Il haïssait le rouge qu'il sentait monter sur ses joues. Il avait dix-sept ans et n'aurait pas dû être si gêné devant ces autres adolescents, des amis d'Hermione. James le salua à nouveau, tout sourire alors que Sirius continuait de le scruter d'un œil évaluateur.
- James, je crois qu'on a un problème, murmura alors ce dernier sans aucune discrétion.
- Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda James de la même façon.
Leurs manières faisaient penser aux jumeaux Weasley. Des blagueurs invétérés et presque fusionnels, c'était étrange qu'ils soient physiquement si différents l'un de l'autre.
- Je crois qu'Hermione est amoureuse de toi, déclara sérieusement Sirius à James.
- Quoi ? haletèrent Remus, Harry et James à l'unisson.
- Regarde ! expliqua Sirius en s'approchant de Harry pour se tenir à côté de lui et désigner son crâne. Il a les cheveux noirs en bataille ! Comme toi ! Elle se sert peut-être de lui pour se rappeler que tu ne seras jamais à elle !
Alors qu'un silence étrange planait sur le petit groupe, Harry le brisa d'un rire tonitruant. Plié en deux, une main sur la bouche, l'autre sur son ventre, il prit plusieurs secondes à calmer son fou-rire. Lorsqu'il le fit, il regarda Sirius qui n'avait pas bougé, toujours à côté de lui.
- Remus m'avait dit que vous étiez bizarres, mais je ne pensais pas que c'était à ce point ! Je suis ravi de vous rencontrer enfin. Hermione m'a très souvent dit à quel point son petit-ami était formidable.
- Ah voilà ! s'écria Sirius. Là on se comprend ! dit-il en passant son bras sur les épaules d'Harry. Viens, on va boire un verre !
Harry se laissa embarquer, jetant un regard rapide à Hermione qui discutaient toujours avec Lily. Les deux amies semblaient perdues dans un monde qui leur était propre et un sourire se dessina sur les lèvres d'Harry. A son époque, Hermione n'avait jamais eu de relation aussi proche avec une autre fille et elle lui avait confié un jour que, parfois, cela lui pesait. Il était sincèrement ravi du lien qui unissait Lily et Hermione
- Alors, parle-nous un peu de toi ! s'enquit James tandis qu'ils s'installaient dans le jardin, sous l'ombre d'un arbre et que des bièraubeurres apparaissaient près d'eux. Hermione nous a dit que tu avais vécu en Afrique ? Comment c'est ?
Harry acquiesça mais revêtit son visage d'un masque de nostalgie amère, qu'il avait travaillé avec Hermione.
- Oui, j'y ai vécu plusieurs années. Mais je préférerais autant ne pas en parler, confia-t-il. Mes derniers instants là-bas ne sont pas très joyeux.
Il laissa sa phrase en suspens. Avec Hermione, ils avaient pensé que c'était la meilleure stratégie pour cacher le fait qu'Harry n'avait jamais mis les pieds en Afrique. En évoquant que son passé était douloureux, il évitait les questions indiscrètes et se contenterait de répondre au strict minimum grâce à Newt qui lui avait inculqué quelques bases de culture.
L'ambiance joyeuse qui régnait depuis leur arrivée baissa soudainement d'un cran.
- Les parents d'Harry sont morts il y a peu, expliqua Remus à sa place d'une voix douce.
- Oh… désolé mec, déclara Sirius.
Harry haussa les épaules et arbora une expression mi-détachée, mi-peinée.
- On change de sujet ? demanda-t-il.
- Tu joues au Quidditch ? demanda immédiatement James, évoquant son sport préféré pour alléger l'atmosphère.
- Oui ! J'occupe habituellement le poste d'attrapeur.
- Jamie est poursuiveur ! déclara Sirius, montrant son ami assis à côté de lui. On l'encourage à tous les matchs !
- Parfois même un peu trop, grogna James. Tu te souviens de la banderole de brume que tu as fait apparaître ? J'ai foncé dedans alors que j'étais prêt à marquer, ce qui m'a valu une chute et la reprise du Souafle.
- Oui, mais c'était marrant, répondit Sirius, clôturant apparemment le débat.
Harry se mit à rire et entreprit de raconter son premier match, celui où il avait attrapé le vif d'or avec la bouche. Derrière eux, Hermione et Lily s'étaient approchées et les observaient tranquillement.
- Il est mignon, murmura Lily à son amie.
- Lily ! souffla la Serdaigle, outré et frissonnant d'effroi. Tu penses à James ?
- Pas mignon comme ça ! ricana Lily. Mignon comme… Envie de lui faire des câlins et de le protéger. James est un dieu grec, ça n'a rien à voir.
- Si tu le dis… répondit Hermione.
- Alors, il ne se passe vraiment rien entre vous ?
- Non. Harry est comme mon frère. Rien que de l'imaginer c'est… beurk ! dit-elle avec une grimace.
- Bien. Je voulais m'en assurer. Tout le monde a vu que tu lui tenais la main. Tu vas devoir rassurer Sirius.
- Il ne voulait pas entrer… souffla Hermione. Se retrouver ici, alors que je lui ai si souvent parlé de vous… C'était difficile. Il est plutôt timide. Je lui tenais la main pour l'encourager.
- Ce n'est pas moi que tu dois convaincre, gloussa Lily, désignant Sirius du doigt.
Hermione sourit, voyant les deux hommes de sa vie discuter joyeusement. Quand Sirius verrait à quel point Harry était génial, à quel point ils étaient proches, il serait plus inquiet encore. Décidée, elle alla jusqu'à la table et s'installa sur le banc, à côté de son petit-ami. Elle attrapa sa main sur sa cuisse et lui donna une petite pression.
Sirius se désintéressa de la conversation entre Harry et James pour l'observer. Leur regard se croisèrent et Hermione sourit avec douceur. Une petite étincelle de tendresse brilla dans les orbes gris de Sirius. Elle allait s'assurer qu'il sache qu'il n'y avait rien de romantique entre Harry et elle, que rien ne se mettrait entre eux.
- Alors, vous avez traumatisé mon meilleur ami ? déclara-t-elle après quelques secondes, tandis qu'un silence s'installait.
- Comment peux-tu penser ça ? s'offusqua exagérément son petit-ami. Nous ne ferions jamais ça.
Hermione leva un sourcil, vers Sirius, tentant d'arborer un air douteux, son sourire cassait cependant l'effet désiré.
- J'ai entendu ta blague sur James et moi tout à l'heure !
- Harry a ri, se justifia Sirius, un immense sourire sur les lèvres. Je ne l'ai pas traumatisé, je l'ai mis à l'aise, comme savent si bien le faire les Maraudeurs.
Sa remarque pleine d'assurance fit rire l'assemblée et il récolta une légère tape sur le bras de la part d'Hermione.
- Tout va bien 'Mione, intervint Harry. Le Quidditch permet de briser facilement la glace.
- Ha ça, c'est sûr que James pourrait pardonner son pire ennemi si ce dernier se mettait à parler Quidditch avec lui, déclara Lily, déclenchant de nouveaux rires autour d'elle.
James tenta de se justifier, redoublant l'hilarité du petit groupe.
- Il me semble t'avoir entendu discuter avec Severus des chances qu'avait l'équipe de Serdaigle de remonter au classement juste avant le dernier match de l'année, appuya Hermione, presqu'innocemment.
James, prit au piège, grommela, tandis que Sirius faisait semblant de s'offusquer une nouvelle fois, criant à la trahison de son meilleur ami.
- Ils sont toujours comme ça ? demanda Harry à Remus tandis que James, allongé sur le sol, tentait de se faire pardonner par Sirius.
Bien qu'il les ait côtoyés durant un an, il préférait rester dans son rôle de petit nouveau et il devait bien avouer qu'il n'avait pas passé autant de temps avec eux qu'avec Remus, Lily ou Hermione.
- Non, répondit Remus sur un ton désespéré. Là, ils sont calmes.
Lily et Hermione qui l'avaient entendu pouffèrent de concert.
- Hé ! Les gars ! s'exclama alors James en se relevant subitement, oubliant toute mascarade de pardon. On va se baigner ?
Hermione et Harry échangèrent un regard mi-étonné, mi-enchanté.
- Tu as une piscine ? demanda la première.
- Bien sûr ! Pourquoi Sirius t'aurait-il prévenu d'apporter vos maillots de bain ? s'enquit James comme s'il s'agissait de la chose la plus évidente au monde.
- A vrai dire, on avait plus pensé à une après-midi au bord de la plage, répondit harry.
- C'est prévu aussi ! Mais d'abord : piscine ! Je veux tout le monde en tenue dans moins de dix minutes.
Sur ces paroles, Sirius et lui disparurent, bras dessus, bras dessous, vers le salon. Après un moment de flottement, les quatre autres se levèrent et les suivirent, ravis. Il fallut à peine dix minutes pour que les six sorciers et sorcières se retrouvent au bord de la piscine immense, en tenue de bain. James et Sirius, toujours les plus exubérants, plongèrent dans l'eau sans sommation, rapidement suivis de Lily et de Remus.
Seul Harry resta un moment interdit devant un tel spectacle. C'était la première fois qu'il se baignait dans une piscine privée, lui qui avait été à la piscine municipale uniquement quand il était en primaire, avec l'école.
- Harry, l'appela Hermione. Tu viens ?
Harry sortit de ses pensées et acquiesça, s'approchant du bassin. Alors qu'il arrivait près des escaliers qui descendaient dans l'eau, James passa à côté de lui et l'éclaboussa de quelques gouttes d'eau. Instinctivement, Harry émit un son proche du feulement d'un chat et fit un saut en arrière. Son comportement ne passa pas inaperçu, et James, Lily et Sirius le regardèrent avec des yeux grands ouverts, surpris.
Lorsqu'Harry se rendit compte que son comportement n'avait pas été naturel pour les autres, il sut que son instinct félin avait encore frappé. Celui-ci lui dictait qu'il n'aimait pas l'eau alors que son véritable lui s'en moquait éperdument. Mais comment expliquer cela aux autres ?
- P… Pardon… bafouilla-t-il.
- Tu as peur de l'eau ? demanda James, les sourcils froncés.
- Non ! J'ai… J'ai cru voir une méduse.
- Une méduse ? Dans une piscine ? demanda lentement Sirius.
- Désolé ! déclara Remus, attirant l'attention sur lui et désignant sa serviette qui flottait mollement à la surface de l'eau. Je voulais m'essuyer le visage et elle est tombée.
Sirius et James se moquèrent gentiment de la réaction exagérée de Harry et de Remus - Quel était l'intérêt de se sécher le visage dans une piscine ? - et reprirent leur activité, à savoir : qui nagerait le plus longtemps ?
Remus sortit de la piscine avec sa serviette imbibée d'eau et entreprit de l'essorer pour pouvoir la faire sécher. Harry le rejoint et l'aida à tordre le tissu pour en extraire chaque goutte.
- Merci… murmura-t-il.
- Pas de problème, répondit Remus avec un sourire. J'avais promis de vous aider et ma serviette était juste à côté. Ça ne m'a pas coûté trop d'effort.
- Peut-être, mais tu aurais pu me laisser me débrouiller seul au lieu de m'aider. Quel idiot… grogna-t-il avec frustration, s'éloignant d'un mouvement brusque.
Il était fâché contre lui-même de ne pouvoir se contrôler plus que ça. Il avait essayé de travailler avec Newt pour supprimer ces réflexes, mais ceux-ci étaient imprévisibles et refaisaient surface dans n'importe quelle situation. Harry sursauta lorsqu'il sentit une main sur son épaule. Remus s'était approché et le regardait avec bienveillance et un peu de tristesse.
- Je sais ce que c'est, murmura-t-il. Je sais ce qu'on éprouve à ne pouvoir se contrôler. L'essentiel, je pense, est d'avoir quelqu'un pour partager ces moments…
Harry releva les yeux et observa Remus, puis Hermione qui continuait de jouer dans l'eau tout en lui jetant des regards inquiets. Le loup-garou avait raison. Il n'était pas le seul à avoir des problèmes, d'autant plus que les siens ne dureraient peut-être pas. Remus était un loup-garou et le resterait jusqu'à la fin de ses jours.
- Excuse-moi, dit-il. C'est juste que… C'est une journée stressante, avec toutes ces rencontres et ces yeux braqués sur moi. Je serai un compagnon bien plus agréable quand j'aurai pris mes marques.
- Un compagnon, pouffa Remus. Allez, viens ! dit-il en étalant sa serviette sur le sol. J'irai chercher ma baguette plus tard pour la sécher. On va voir si tu as toujours peur des méduses !
Remus termina sa phrase avec un immense sourire, poussant Harry vers la piscine. Ce dernier fit semblant de résister, puis, à quelques centimètres seulement du bassin, il tira Remus avec lui et les deux sorciers tombèrent dans l'eau, créant une immense vague d'éclaboussures.
- Espèce de traître ! s'exclama Remus en riant quand il sortit la tête de l'eau. C'est comme ça que tu me remercies ?
Seul un éclat de rire lui répondit. Harry et Remus se rapprochèrent de Lily et Hermione qui discutaient, en jetant des regards de temps en temps à leur moitié respective.
- Ça va Harry ? s'enquit doucement Lily.
- Hum, désolé pour tout à l'heure, répondit ce dernier. Je ne sais pas trop ce qui m'a pris, la pression de vous rencontrer j'imagine.
- Ne t'excuse pas, je comprends tout à fait. Et puis ces deux là, dit-elle en pointant les deux Maraudeurs restant du doigt, ne facilitent pas les choses.
- Et pourtant vous sortez chacune avec l'un deux.
- Parce qu'ils ont des grands cœurs avant tout, enchérit Hermione, un doux sourire sur les lèvres et le regard brillant.
Remus se tourna vers Harry et lui lança un regard lourd de sens.
- Tu vois pourquoi j'avais absolument besoin que tu sois là ? Comment étais-je censé survivre un mois avec eux sinon ?
- Vous avez l'air de bien vous entendre tous les deux, commenta Lily.
Harry et Remus se lancèrent un regard et le même sourire hésitant se dessina sur leur visage.
- J'ai passé pas mal de temps ces dernières semaines chez les Scamander, expliqua le lycanthrope. Pour parler avec Newton. J'ai pu apprendre à connaître Harry.
- C'est bien, déclara doucement la Gryffondor. Je suis contente pour toi Remus.
Elle ne précisa pas si elle parlait de ces discussions avec Newton Scamander ou de son amitié naissante avec Harry.
Ils restèrent plusieurs heures dans la piscine, jouant, discutant, riant. Harry pensa qu'il n'avait pas passé d'aussi bon moment depuis très longtemps. Après un waterpolo dont son équipe, composée de Hermione et de Remus, sortit vainqueur, ils sortirent de l'eau pour manger sur la terrasse.
Le repas était délicieux et les Maraudeurs furent surpris lorsque Hermione demanda à voir les elfes de maison pour les féliciter. Ceux-ci rougirent jusqu'au bout de leurs oreilles et redoublèrent d'effort pour les combler, heureux d'être complimentés et de faire plaisir.
Les anecdotes se succèdaient au fil des discussions et Hermione et Harry, qui étaient censés avoir été ensemble à l'école primaire, avaient du mal à parler de leur passé, de peur de s'emmêler les pinceaux.
Ils furent pourtant bien obligés lorsque les Maraudeurs insistèrent pour connaître un peu leur histoire commune. Harry se lança dans son récit, malgré sa peur. Il savait qu'il pouvait compter sur Hermione pour rectifier le tire au cas où il dirait quelque chose qu'il ne fallait pas.
- J'ai détesté Hermione au moment où je l'ai rencontrée, lâcha-t-il sans préambule.
Les regards se tournèrent vers Hermione qui, à la surprise de tous, souriait. Elle se souvenait parfaitement de sa première discussion avec Harry.
- Pour sa défense, dit-elle avec amusement, je n'étais pas très agréable.
- Elle nous faisait la morale en permanence, critiquait nos jeux et déballait tout son savoir à la moindre occasion.
- Hermione est intelligente, déclara Lily, les sourcils froncés. Je ne vois pas le problème avec le fait qu'elle essaie de remplir vos têtes de moineaux.
- Hermione est intelligente oui, répondit Harry avec un sourire. Mais elle avait tendance à le faire remarquer à chaque fois qu'elle ouvrait la bouche. Et j'étais un idiot qui pensait que tout le monde se moquerait de moi si je ne savais pas tout. Je ressentais comme une insulte sa façon de me rappeler que j'avais tort.
- Je n'avais aucune confiance en moi, expliqua Hermione. Je n'avais jamais eu d'ami car j'étais la fille bizarre de l'école. La seule chose que je réussissais était mes études, alors j'essayais d'en faire profiter les autres pour attirer leur attention.
- Je le sais maintenant, dit Harry avec douceur. Mais à l'époque j'étais tout aussi perdu que toi et tout ce que tu me disais me rappelait à quel point j'étais moi-même mauvais pour les études...
Il se tourna vers les autres qui les regardaient avec intérêt et continua :
- Ron a été mon tout premier ami et Hermione était sans arrêt derrière nous pour nous sermonner. Nous étions stupides, c'était évident, mais nous n'aimions pas qu'elle nous le dise, rit-il. Puis un jour, elle a été en danger. Avec Ron, nous avons appris qu'elle pleurait, seule, dans les toilettes des filles et l'alarme de l'école a résonné. Au lieu de suivre les directives et d'aller dans les classes sécurisées, nous sommes allés la chercher.
- Quel était le problème ? demanda Remus.
Harry ne pouvait pas parler du troll, car ils étaient censés être à l'école Moldu, il devait donc trouver un équivalent.
- Un homme armé, poursuivi par la police, était entré par la lucarne des toilettes des filles et s'y était caché sans savoir qu'Hermione était à l'intérieur. Lorsque nous sommes entrés, il venait de la trouver. Nous avons manoeuvré pour le distraire, afin qu'elle puisse s'échapper et nous avons réussi en prime à l'assommer.
- Quelle histoire ! s'exclama Sirius.
- Et ensuite ? demanda James.
- Les professeurs sont arrivés et Hermione nous a défendus. Elle a dit que nous l'avions sauvée. La police est arrivée et nous avons été emmenés en sécurité. Après ce jour, nous ne nous sommes plus jamais quittés, déclara Harry avec tendresse.
- Jusqu'à ce que tu partes en Afrique, contra Hermione.
- Mon corps y était mais mon coeur était avec toi 'Mione, répondit Harry.
- Eho ! grogna Sirius.
- Il faut que tu comprennes quelque chose Sirius, déclara Harry avec le sourire. Hermione et moi sommes liés comme aucun de vous ne peut certainement le comprendre. Nous avons vécu des choses très fortes et avons échappé à des dangers incomparables. Ce que nous ressentons l'un pour l'autre est une affection sans limite, mais qui ne pourra jamais être charnelle, ni romantique. J'ai une partie de son coeur, oui, tout comme elle a une partie du mien, mais si tu le prends en compte dans votre relation, ce ne sera jamais un obstacle pour vous. C'est, et ça restera, le lien de frère et soeur que nous connaissons depuis de nombreuses années.
Sirius avait écarquillé les yeux au fur et à mesure de son discours, ne s'attendant pas à tant de solennité. Il ouvrit la bouche et la referma plusieurs fois, ne sachant pas quoi dire. Autour d'eux, les autres restèrent silencieux. James, Lily et Remus avaient conscience qu'il s'agissait d'une discussion qui concernaient Sirius, Hermione et Harry. Hermione, elle, attendait de voir la réaction de son petit-ami.
- J'ai compris, je suis un idiot jaloux, finit par marmonner Sirius, bougon. Mais ça serait plus facile si tu me disais que tu aimais les hommes.
- Sirius ! s'exclama Hermione.
Harry, de son côté, laissa cependant échapper un rire.
- Si ça te fait plaisir : j'aime les hommes, déclara Harry, les sourcils froncés.
- Vraiment ? s'extasia Sirius.
Harry acquiesça d'un mouvement de tête regardant intensément Sirius pour essayer de comprendre si le problème était résolu. Celui-ci le vit et plissa les yeux.
- Tu es vraiment gay ?
Harry ne lui répondit pas, ne sachant quoi dire. A ses côtés, Hermione voulait intervenir, comprenant qu'Harry était redevenu Pitiponk quelques instants et avait littéralement répondu ce que Sirius voulait entendre. Elle avait remarqué ce nouveau trait chez son ami : par moment, il répondait à une question simplement pour faire plaisir à la personne en face de lui. L'incompréhension entre les deux sorciers était cependant trop amusante pour qu'elle s'en mêle. Lily, James et Remus, eux, suivaient la conversation comme ils auraient suivi un match de tennis, passant leur regard de Harry à Sirius, et inversement.
- Ça dépend, finit par déclarer Harry. Est-ce que ça pose un problème si j'aime les hommes ?
Un sourire discret courba les lèvres d'Hermione. Elle était presque persuadée que c'était à nouveau l'expérience Pitiponk qui s'exprimait dans cette question. Récemment, Harry et elle avaient eu une discussion très intéressante sur la notion de genre. Quand le brun était sous sa forme de chat, il n'avait jamais eu conscience de l'aspect "mâle" ou "femelle". Ainsi, si Hermione extrapolait un peu sa pensée, cela pouvait expliquer sa réaction, après tout, ce n'était sûrement pas l'éducation des Dursleys qui lui faisait dire ça.
Sirius ne répondit pas immédiatement et se tourna vers James, qui lui-même se tourna vers Lily. Cette dernière leva les yeux au ciel, à l'instar de son amie, et prit la parole.
- Pas vraiment, répondit-elle. Enfin, pour nous, aucun problème. J'ai un oncle qui est homosexuel, donc personnellement je ne vois pas le problème. Après, pour la société sorcière de Londres, c'est un autre point de vue.
- Les réactions sorcières restent cependant moins violentes que celles des Moldus, intervint James. Disons qu'ici, en Angleterre, les homosexuels se montrent peu, pour éviter d'être pointé du doigt, mais s'ils le font, ils ne seront pas battus ou quoi que ce soit du genre.
Harry acquiesça à ses explications et se tourna à nouveau vers Sirius.
- Alors j'aime les hommes, comme ça tout est réglé.
- Mais non ! s'exclama Sirius. Là j'ai juste le sentiment que tu dis ça pour me faire plaisir et...
- Et ? insista Hermione qui s'amusait beaucoup de voir Harry faire tourner son petit-ami en bourrique sans le savoir.
Sirius se tourna vers lui, le regard perdu.
- Et je sais plus quoi penser moi, déclara-t-il.
Hermione le fixa du regard quelques secondes puis éclata d'un rire frais. Vexé, Sirius arbora un masque boudeur.
- Tu as qu'à te mêler de ce qui te regarde, un point c'est tout, lui glissa moqueusement Hermione avant de l'embrasser.
- Alors du coup, tu.. enfin… oh et puis je laisse tomber !
Sa dernière remarque fit rire ses amis et James lui donna une tape de consolation dans le dos.
.oOo.
Et voilà !
On se retrouve la semaine prochaine pour le troisième chapitre et, je l'espère, un peut plus de temps pour papoter en note d'auteur !
Pauu-Aya aux commandes de Aupaupsi !
Bonne soirée / journée
