Titre : Taylor

Résumé : Suite de "La Nouvelle Salamandre". Harry apparaît dans le salon de Newt Scamander, sous l'œil surpris de Remus. Comment Hermione va-t-elle l'expliquer ? Et comment Harry va-t-il s'intégrer à cette nouvelle vie ?

Disclaimer : L'univers et les personnages d'Harry Potter ne nous appartiennent pas. Nous ne recevons aucune compensation financière pour la publication de cette histoire.

Pairing : Het et Homo

Rating : T

Statut : Terminée

Auteures : Epsilon et Pauu

Bêta : Epsilon et Pauu

Nda : Bonjour, bonsoir !

Comment allez-vous ? Merci pour vos retours sur les précédents chapitres, une fois n'est pas coutume... enfin non justement, ça commence à devenir une coutume, Epsi et moi ne pouvons pas forcément prendre le temps de nous poser pour publier ce chapitre !

Nous lisons toujours attentivement vos reviews, elles nous motivent toujours, mais la période restecompliquée ! On espère ce pendant que vous allez toustes bien !

Bonne lecture !

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Dans le chapitre précédent : Toujours pendant les vacances, la bande d'amis organise des sorties et des événements, notamment l'anniversaire d'Hermione et Harry, une excuse toute trouvée pour une fête pas si improvisée !

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Chapitre 4

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Quelques heures après avoir commencé les préparatifs de la fête, ils étaient tous attablés sur la terrasse, discutant joyeusement tout en dégustant les canapés d'Hermione. La nuit commençait à tomber et des petites lanternes flottaient autour d'eux. Chacun avait un cocktail à portée de main et ils riaient joyeusement, partageant des anecdotes.

- Si on faisait un jeu ? proposa Sirius avec excitation.

- Quel jeu ? demanda Lily avant de porter son verre à ses lèvres.

- J'en ai plusieurs dans ma chambre, réfléchit James. Hogwart Mystery ? Celui dans lequel tu dois trouver qui a tué le Professeur Binns à Poudlard, où et avec quel sort, expliqua-t-il lorsqu'il reçut des regards perplexes.

- Ça ne m'a pas l'air très amusant… souffla Remus.

- De toute façon c'est toujours Trelawney… marmonna James avant de reprendre. Et une partie d'aiguise-méninge ?

- Ce n'est pas une potion ça ? demanda Lily.

- C'est aussi un jeu. Tu ne le savais pas ? Je crois que c'est la première fois que je t'apprends quelque chose... C'est un jeu basique avec des questions sur les traditions sorcières, l'histoire de la magie ou même les inventions magiques.

Lily fronça les sourcils lorsque Hermione murmura "Cranium" à Harry, mais son attention fut reprise par Sirius et Remus qui tentaient de lui expliquer à quel point ce jeu était bien. Sirius l'aimait car il connaissait la plupart des réponses, ayant été élevé dans une famille traditionaliste et très intéressée par l'histoire. Remus aimait énormément apprendre et était plutôt cultivé lui-même. Ils semblaient enthousiastes à l'idée d'y jouer.

Harry, de son côté, commençait à paniquer. Non seulement, il s'était toujours endormi pendant les cours de Binns, mais en plus il n'avait pas grandi au sein d'une famille sorcière. La plupart de ces sujets lui étaient inconnus. Il acceptait totalement de perdre à un jeu, ce n'était pas la question, mais il avait peur que les autres se rendent compte que son passé n'était pas ce qu'il semblait être. Hermione lui lança un regard appuyé et il parla avant même de réfléchir :

- Vous connaissez le jeu des post-it* ? dit-il d'une voix légèrement aiguë.

Il glapit lorsqu'il reçut un coup de pied dans le tibias de la part d'Hermione.

- Le jeu des quoi ? demanda Sirius, interessé.

- C'est un jeu Moldu, dit-il en se frottant la nuque, rougissant de l'attention portée sur lui. Mais maintenant que j'y pense, nous ne pouvons pas y jouer, nous n'avons pas de post-it, bafouilla-t-il, rougissant plus encore.

- Tu te trompes Harry, déclara Hermione d'un air supérieur, attrapant sa baguette.

Elle murmura un accio et aussitôt, un petit bloc jaune passa devant le groupe d'amis pour se poser dans sa main. Harry le regarda, les yeux écarquillés.

- Pourquoi diable as-tu ça ? demanda Harry.

- Il y a beaucoup de sorts, renifla Hermione. Mais aucun d'entre eux ne permet de marquer différentes pages d'un livre tout en y mettant des annotations et tout cela, sans abîmer l'ouvrage. J'ai toujours des post-it sur moi.

- Tu es merveilleuse ! s'attendrit Sirius, l'embrassant sur la joue. Alors, c'est quoi ce jeu ? demanda-t-il ensuite.

Harry gémit intérieurement. Il aurait préféré que Sirius oubli, mais c'était toujours mieux que cette sorte de Cranium sorcier.

- Bien, dit-il en prenant le petit bloc de feuilles collantes.

Avant même de pouvoir demander un stylo, Hermione attira une plume et un encrier pour lui. Il la remercia avec un sourire et commença son explication.

- Je vais écrire ici le nom d'une personne que vous connaissez. Parce qu'elle est célèbre ou qu'elle vous est proche, peu importe.

Il prit la plume et écrivit sur l'un des post-it, cachant le nom pour tout le monde. Lorsqu'il eut terminé, il reprit :

- Ensuite, je décolle délicatement cette petite feuille de la précédente et la recolle sur le front de mon partenaire de droite.

D'un geste vif qui prit tout le monde par surprise, Harry posa sa main, un peu brusquement, sur le visage d'Hermione, y accrochant la feuille. La jeune fille couina d'indignation et murmura une insulte voilée. Lorsque Harry montra enfin le nom qu'il avait écrit, tous le regardèrent avec interrogation. Il continua :

- Ce nom est la nouvelle identité d' Hermione ! Le but du jeu pour elle, est de trouver le nom et le prénom de la personne sur le papier en nous posant des questions auxquelles nous ne pouvons répondre que par oui ou par non. Nous allons commencer avec Hermione toute seule pour vous montrer, mais quand elle aura trouvé, nous aurons tous un post-it choisi par notre partenaire et nous jouerons à tour de rôle.

- Bien, commença Hermione, se redressant sur sa chaise. Suis-je une personne célèbre ?

- Oui, répondit Harry avec un sourire.

Aussitôt les autres se mirent à ricaner, comprenant le piège qu'Harry avait déjà tendu à Hermione. Newt Scamander était évidemment une personne célèbre, mais Hermione ne pensait à lui qu'en tant que grand-père et trouverait donc difficilement.

Effectivement, lorsque la jeune fille eut confirmation qu'il s'agissait d'un homme, elle se concentra sur des grands inventeurs, des stars de musique et même des politiciens. Ce fut après de longues minutes et plusieurs indices sur les créatures magiques, qu'Hermione trouva enfin que le nom sur son post-it était celui de son grand-père. Elle fit une grimace à Harry, souriant tout de même joyeusement à la ruse.

- Génial ! s'exclama Sirius d'un air ravi. Je veux jouer !

- On tourne dans le sens des aiguilles d'une montre ! s'exclama Hermione. Ca sera plus simple, dit-elle, jetant un regard à Harry.

Effectivement, elle le connaissait très bien et saurait quel nom il serait susceptible de trouver ou non. Heureusement, personne ne protesta et tous prirent un papier pour y écrire quelque chose et le coller sur le front de son voisin de gauche. Ils se regardèrent tous avec différents niveaux d'amusement et regardèrent Harry qui semblait être l'animateur de la soirée.

- Bien, qui commence ? demanda celui-ci.

Lily, d'un air blasé, leva la main et lança un regard en biais à son petit-ami qui avait collé le post-it sur son visage.

- Vas-y, acquiesça Harry. Une dernière information avant de commencer, à partir du moment où vous essayez de deviner le nom de la personne, si vous avez faux ou si la réponse à la question posée est "non", votre tour se termine.

Tout le monde acquiesça et Lily posa sa question.

- Est-ce que je suis Severus ? demanda-t-elle d'une voix lasse.

- Servillus pour être exact ! ricana Sirius.

- J'en étais sûre ! grogna Lily. Tu vas arrêter avec lui ?!

- Mais tu as dit que tu voulais que je l'accepte dans ta vie ! Quoi de mieux que de te le coller sur le front ! Aïe ! Lily ! s'écria James lorsqu'il reçut une tape sur le bras.

Quelques minutes de cris et de rires plus tard, le jeu put reprendre. Afin que Lily puisse jouer un peu plus longtemps que précédemment, James lui avait redonné un nouveau post-it, sous la surveillance de leurs amis. La rouquine posa sa première question, tout en lançant un regard douteux à son petit-ami.

- Est-ce que je suis une femme ?

Un concert de réponses négatives s'éleva et Lily haussa les épaules, réfléchissant déjà aux prochaines questions qu'elle poserait.

- Est-ce que je suis beau ? demanda alors Sirius, un air fier sur le visage.

Hermione et Remus levèrent au ciel, tandis que James acquiesçait vivement, hilare. Lily et Harry se jetèrent un regard et haussèrent les épaules en même temps.

- Disons que ça dépend du point de vue, commenta Harry.

- Vous ne m'aidez pas, grogna Sirius, de mauvaise foi.

- Tu avais qu'à poser une question plus intelligente, se moqua Hermione.

- Est-ce que je suis connu ?

- Oui.

- Je suis un homme politique ?

Le tour de Sirius se termina tandis que tout le monde hochait la tête négativement et Hermione prit alors le relais, ensuite succédée par Harry, puis Remus, et James avant de revenir à Lily. Pendant de nombreuses minutes, les six amis tentèrent de trouver le nom accroché à leur front.

- Est-ce que je suis… blond ? souffla James de dépit après plusieurs tours, une grimace sur le visage.

Des éclats de rire s'élevèrent, confirmant ce qu'il craignait.

- Remus, espèce de traître, s'exclama James en se tournant vers son ami qui avait choisi le nom pour lui. Est-ce que je suis Lucius Malefoy ?

Des cris de félicitations retentirent sur la terrasse, largement exagérés par l'euphorie qui régnait dans leur groupe et aidés quelque peu par l'alcool.

- Qu'est-ce qui t'a mis sur la voie ? finit par demander Hermione, après un temps.

- Déjà que Harry et toi ne le connaissiez pas, répondit James, toujours grimaçant d'avoir eu le nom de Malefoy sur son front. Je me suis douté qu'il était à Poudlard avant votre arrivée, ensuite… ça a été assez simple. Mais vraiment ? Malefoy ?

- Qui est-ce ? demanda alors Harry, qui avait fait attention depuis le début du jeu à ne pas montrer qu'il le connaissait en réalité.

- Le fils d'Abraxas Malefoy, peut-être que tu en as déjà entendu parler, répondit Remus. C'est l'une des familles de "Sang-Pur" les plus riches de l'Angleterre. Lucius était en sixième année quand on est arrivé à Poudlard. Il nous détestait. On lui rendait bien.

- Il y a eu un article de journal récemment sur lui non ? intervint alors Hermione, les sourcils froncés tandis qu'elle essayait de se rappeler de ce qu'elle avait lu. A propos de son mariage avec…

- Narcissa, compléta Sirius après plusieurs secondes.

- C'est ça ! s'exclama la brune. Narcissa Black ! Elle est de ta famille non ?

- Ma cousine, confirma le Gryffondor, d'un air étrangement détaché avant d'arborer un air mesquin. Je vous laisse deviner qui n'a pas été invité à son mariage.

- Tu aurais certainement coloré sa belle robe blanche en dentelle avec des couleurs plus Gryffondor, ricana Remus, reprenant une gorgée de son Bloody Mary.

- Ou je me serais acharné sur les cheveux ridiculement blonds de Lucy, répondit Sirius de la même façon. D'ailleurs, j'ai pensé a-

- Garius Tomkink ! hurla Hermione lui coupant brusquement la parole.

Elle n'avait pas remarqué qu'elle s'était relevée de son siège pour crier à plein poumon. Aussitôt qu'elle le fit, elle rougit et se réinstalla.

- Bravo Hermione, tu as trouvé le nom sur ton post-it, rit Remus. Néanmoins, pourquoi ce cri désespéré ?

- Je sais qui je suis depuis plus de dix minutes ! Mais j'avais oublié son nom ! C'est idiot de ma part ! Je n'oublie jamais rien. Alors quand je l'ai trouvé…

Les rires lui répondirent alors qu'elle se frappait le front avec le plat de la main. Elle reprit :

- L'auteur de l'histoire de la magie, franchement Hermione ! Réfléchis !

Plusieurs autres tours plus tard, Lily trouva qu'elle incarnait Harold Minchum, le Ministre de la magie. Remus rit avant de crier le nom de Minerva McGonagall, et Harry fut particulièrement heureux d'avoir lu le livre "Le Quidditch à travers les âges" lorsqu'il réalisa que son personnage était Broman Wright, l'inventeur du Vif d'Or. Lorsqu'ils commencèrent à manger les pizzas, Sirius restait le seul avec son post-it sur le front.

- Alors… réfléchit-il à voix haute. J'ai un rapport avec Dumbledore… J'ai été à Poudlard. L'histoire de la magie était certainement mon cours préféré. J'écris des critiques… Je ne suis pas gros, n'ai pas les cheveux blonds, pas d'enfants, ni de femme… Suis-je un homme important ?

Ses amis se mirent à ricaner et Sirius fronça les sourcils, ne comprenant pas leur hilarité.

- Non, répondit finalement Remus.

- Mais qu'est-ce qu'il se passe à la fin ? grogna Sirius. Je ne comprends pas ! J'ai posé toutes les questions possibles !

- Pourtant, tu n'as pas mentionné le fait qu'il te manquait peut-être une chose dans le pantalon… ricana Hermione, les joues rosées.

Sirius ouvrit la bouche pour répondre, mais ne le fit pas, fronçant les sourcils. Après quelques secondes de réflexion, il hoqueta de terreur :

- Je me suis fait couper le pénis ?!

La question du Gryffondor était si inattendue qu'un long silence la suivit puis, à nouveau, ses cinq amis partirent dans des fous rires inarrêtables.

- Mais quoi ? Quoi encore ? Ce n'est quand même pas ma faute si vous êtes complètement incohérents dans vos indices !

Pendant de nombreuses minutes, Sirius tenta vainement de se justifier, accusant à tort et à travers ses amis, sans pourtant comprendre l'erreur qu'il avait faite. Finalement, alors qu'ils avaient tous fini leurs parts de pizzas, sauf Sirius, Harry eut pitié de lui.

- Sirius…. tu es une femme, déclara-t-il mi-desespéré, mi-hilare.

L'héritier Black se figea sur place, debout sur sa chaise, la bouche grande ouverte et les yeux écarquillés. Lentement, très lentement, il se tourna vers Harry.

- Mais…

- Oui Sirius ? dit Remus, un immense sourire sur les lèvres.

- Je…

- Tu ? reprit Lily, moqueuse.

- Ce n'est pas…

- Ce n'est pas ? répéta James bêtement.

- Hermione ! chouina Sirius en pivotant légèrement vers sa petite amie.

Cette dernière n'était cependant pas prête à l'aider et riait à plein poumon, les larmes aux yeux, le front posé contre l'épaule d'Harry.

- Je suis Bathilda Tourdesac ? fini par déclarer Sirius, dépité en se laissant retomber sur sa chaise.

Un tonnerre d'applaudissements retentit sur la terrasse. James et Remus se levèrent comme un seul homme et se rapprochèrent de leur meilleur ami. Malgré l'alcool qu'ils avaient bu et la soirée qui était avancée, ils parvinrent à soulever sa chaise au-dessus de leur tête, s'égosillant sur la réussite d'un Sirius boudeur. Sous les regards joyeux de Lily, Hermione et Harry, Sirius finit par perdre son air grognon et se prit au jeu, mimant la fausse modestie.

Du haut de son siège levé, il ne remarqua pas que ses amis s'approchaient dangereusement de la piscine et que Remus tituba légèrement, tombant droit dans l'eau. Il emporta avec lui la chaise, Sirius et James, cramponné à l'autre côté de celle-ci. Leurs amis repartirent de plus belle dans un fou-rire. Il ne fallut que très peu de temps pour qu'ils les rejoignent tous et qu'ils profitent d'un bain de minuit, avant que petit à petit, certains sortent pour continuer le repas.

- C'est bizarre, rit James lorsqu'il fut seul dans la piscine avec Harry.

Le calme régnait malgré les rires à quelques mètres de là. Aucun des deux ne bougeait, rendant l'eau immobile. Il faisait très sombre et ils ne pouvaient distinguer que leur visage et parfois la silhouette d'une chauve-souris passer au-dessus de leur tête.

- Qu'est-ce qui est bizarre ? demanda Harry en regardant les lumières scintillantes au-dessus de la terrasse.

- Je crois que c'est la première fois qu'on se retrouve tous les deux. Il y a toujours quelqu'un avec nous d'habitude.

Harry se figea légèrement, réfléchissant à cela. C'était vrai. Harry avait passé beaucoup de temps avec Lily, dont il ne connaissait rien auparavant, avec Hermione, évidemment, et avec Remus avec qui il pouvait s'ouvrir plus facilement. Les deux adolescents ressentaient un certain écho dans les ressentis de l'autre, surement à cause de leurs instincts animaux exacerbés depuis leur transformation forcée. En revanche, Harry n'avait pas vraiment cherché la compagnie de James, qui lui paraissait parfois trop immature et arrogant. Le fait qu'il ait été, dans une autre vie, son père, n'y changeait rien. Il arrivait petit à petit à s'éloigner de son passé. Il se considérait avant tout comme un enfant de la magie et le frère d'Hermione.

- Ça va ? demanda James, les sourcils froncés.

- Oui, pardon. J'essayais de me souvenir de ces derniers jours.

- Par Merlin ! Si tu essaies de réfléchir, c'est que tu n'as pas assez bu, répondit James avec un sourire taquin, l'éclaboussant un peu.

Harry se mit à rire.

- Je pense que nous avons tous bien assez bu ! Quand nous sommes tous tombés dans la piscine, j'ai vu les elfes cachés derrière les buissons. Ils doivent attendre que l'un de nous se noie…

James rit à son tour et le calme reprit place entre eux. C'était agréable et confortable.

- Tu me rappelles quelqu'un… murmura James après un instant de silence.

- Q… Quoi ? haleta Harry, s'agitant légèrement dans l'eau.

- Je sais ! Tu ressembles à mon cousin !

- Ton cousin ?

- Mh, Marvin est Australien. Je ne le vois pas souvent, une fois par an à Noël.

- Oh… Je ne savais pas que tu avais un cousin, répondit Harry les dents serrées.

Pourquoi n'avait-il pas pu aller chez Marvin dans son autre vie, quand ses parents avaient été assassinés ? Comment se faisait-il qu'il n'avait aucune idée de l'existence de ce cousin Australien ?

- Comment aurais-tu pu le savoir ? ricana James, le faisant sursauter. On se connait depuis quelques semaines.

- C'est vrai… bredouilla Harry.

- Mais tes yeux me font penser à ceux de Lily, dit James.

Harry s'agita encore. Il savait qu'il était différent de James et qu'il n'y avait aucune chance pour qu'aucun d'entre eux devine qui il était. Les voyages dans le temps étaient rares et très contrôlé par le Ministère. Le dernier recensé était en 1945, et de quelques heures, tout au plus. Un voyage aussi long, sans conséquence sur la santé de ceux qui l'avaient subi était inédit. Non… Jamais il ne pourrait deviner.

- Mais sans vouloir te vexer mon pote, les siens sont plus beaux, continua James avec un sourire brillant.

Harry l'imita et se détendit. Personne ne pouvait deviner.

- Je suis assez d'accord, dit-il.

- Tu ne veux pas sortir avec elle, n'est-ce pas ? questionna James, fronçant les sourcils.

Harry, qui avait abaissé son corps dans l'eau jusqu'au dessus de sa bouche pour se réchauffer, souffla de surprise, éclaboussant le Gryffondor. Par Merlin, c'était dégoûtant ! Lui ? Et Lily ? Berk !

- Non ! Définitivement pas, répondit-il sincèrement. Vous êtes bien ensemble. Vous semblez heureux et amoureux.

- Nous le sommes, répondit James avec un sourire qui ne pouvait pas être plus large. Elle est merveilleuse. Tu sais, beaucoup pense qu'elle étudie trop, qu'elle ne pense que ça et qu'elle n'est finalement qu'un cerveau, mais si elle se donne du mal, ce n'est pas pour être la meilleure, impressionner, battre tout le monde. Si elle essaie de tout savoir, c'est pour pouvoir aider tout le monde.

- Aider tout le monde ? répéta Harry.

- Elle veut pouvoir être utile en toute circonstance. Que ce soit pour aider ses amis lors d'un devoir ou pour, plus tard, pouvoir soigner des gens, libérer les Elfes de Maison de leurs conditions ou apporter tout ce qui est nécessaire à un clan de créatures au Ministère. Elle ne tirera jamais la gloire de tout ce qu'elle pourra accomplir contrairement à moi. Son cœur… souffla James. Son cœur est immense. Elle me fascine.

Harry ne répondit pas, soufflé par la sincérité qu'il voyait pour la première fois chez James. Celui-ci continua :

- Je me demande souvent ce qu'elle fait avec un crétin comme moi, dit-il avec aigreur. Mais en réalité, je crois qu'elle me sauve un peu, moi aussi. C'est elle qui me fait redescendre, qui me fait comprendre les choses que je ne pourrai pas appréhender, de par ma fermeture d'esprit ou mon éducation. Elle m'ouvre les portes d'un tout autre monde. En échange, je la fais rire autant que possible. Je la sors de ses doutes perpétuels et de ses angoisses au sujet du monde...

Encore une fois, Harry ne dit rien, ému au-delà des mots par cette déclaration. Quelques années plus tôt, il s'était demandé pourquoi James s'était intéressé si ardemment à Lily alors qu'ils n'étaient que des enfants, pourquoi Lily avait finalement accepté de sortir avec lui. S'ils seraient restés ensemble toute leur vie s'ils n'étaient pas morts.

Les réponses à ses questions semblaient évidentes maintenant.

Ils furent interrompus par la femme dont James parlait avec tant de tendresse. Elle s'approcha du bord de la piscine, s'accroupit et passa une main dans les cheveux presque secs de son petit-ami.

- Alors ? dit-elle avec un rire. On pensait que vous vous étiez noyés. Vous venez ? On va apporter le gâteau.

Après qu'ils eurent acquiescé, elle repartit et se réinstalla à sa place à table. Les deux garçons la regardèrent un instant avant que James secoue la tête.

- Pardon de t'avoir embêté avec mes histoires Harry, dit-il en riant. Je pense que j'ai bu un peu trop. Je deviens sentimental.

- Tu ne m'as pas embêté, répondit Harry avec un sourire. J'aime te voir comme ça.

Ils sortirent tous deux de la piscine. James effectua un geste souple sur le rebord, roulant des muscles, pour s'en extirper, et Harry leva les yeux au ciel face à cette démonstration. Il sourit cependant et, bien moins théâtral que son nouvel ami, prit les escaliers. Ils se dirigèrent tous les deux vers leurs compagnons et Remus força Harry à s'asseoir à côté du siège d'Hermione.

La brune lui sourit et s'apprêtait à lui dire quelque chose quand, soudainement, Sirius et James pointèrent leur baguette sur eux.

- Désolés ! firent-ils d'une même voix, les yeux brillants de malice et un grand sourire sur les lèvres, ne semblant pas du tout désolés.

Ni Harry, ni Hermione n'eurent le temps de réagir. Ils purent simplement voir chacun un sortilège rose pâle les atteindre, puis ce fut le silence et le noir complet. Pendant une fraction de seconde, une vague de panique traversa Harry, juste le temps de se rappeler qu'il était en lieu sûr, avec des sorciers qui ne lui voulaient aucun mal et qui leur faisaient une simple surprise, comme les adolescents qu'ils étaient.

En effet, à peine cinq secondes plus tard, sa vue revint, ainsi que son ouïe. Le gâteau qu'ils avaient préparé plus tôt dans la journée avait été posé sur la table et différents cadeaux, de plus ou moins grandes tailles étaient disposés autour. Il fallut plusieurs secondes à Harry avant de comprendre ce qui le gênait dans ce décor d'anniversaire pourtant banal.

La table était plus loin que lorsqu'il avait été plongé dans le noir, comme si elle avait reculé de plusieurs mètres, et elle était plus basse. Etrangement, Hermione qui était à côté de lui quelques secondes plus tôt, ne l'était plus et l'observait étrangement, tout comme Lily, James, Sirius et Remus.

Enfin, Harry sentit la pierre froide sous la paume de ses mains. Il baissa le regard et découvrit la pierre blanche du petit muret qui entourait la terrasse des Potter, à quelques centimètres seulement de son visage. Ce fut à ce moment que Harry prit conscience de sa position. Il était accroupi sur ce dernier, les mains entre les pieds, le dos étrangement rond.

- Harry ? l'appela doucement Hermione en s'approchant.

Le brun releva le regard vers elle et ouvrit la bouche, cherchant à expliquer son geste. Ne trouvant rien à dire, il descendit du muret, silencieux, les joues rouges de gêne.

- Désolé, finit-il par dire après avoir rejoint les autres. Ça m'a surpris.

Pendant un long moment, personne ne parla, puis Remus fit un pas vers lui.

- On dirait que je ne suis pas le seul esprit animal dans le groupe ! commenta-t-il, rieur. Le saut que tu as fait était incroyable, Harry !

Le fait que Remus tentait d'alléger l'atmosphère en évoquant son "problème de fourrure" fit chaud au coeur à Harry. Il le remercia en silence d'un regard appuyé avant de secouer la tête, riant doucement. Il fut enlacé par son amie qui lui murmura à l'oreille qu'il avait eu l'air ridiculement adorable. Lily l'entendit et se mit à rire, toute gêne maintenant envolée.

- En tout cas, reprit Sirius, on saura qu'il ne faut plus te faire de surprise ! On voulait simplement vous déstabiliser et nous donner le temps de préparer tout ça, dit-il en désignant la table sur laquelle reposait le gâteau et les cadeaux. Mais je crois qu'on y a été un peu fort…

- Disons que j'ai appris à vous connaître depuis un an et que pour moi ça allait, intervint Hermione. Prévenez simplement Harry avant la prochaine, histoire qu'il s'habitue.

- Mais Hermione ! Ca ne serait plus une surprise alors ! s'écria Sirius.

La brune se tourna vers son petit ami et lui offrit un air compatissant.

- C'est le but Sirius, c'est le but.

Sa remarque fit rire l'assemblée et le comportement étrange d'Harry fut mis de côté tandis que Lily les pressait de se rapprocher du gâteau pour qu'ils soufflent leurs bougies. Dans un parfait ensemble, ils éteignirent les flammes et furent immédiatement assaillis d'étreintes et de félicitations.

Lorsque Sirius les poussa sur leurs chaises et leur tendit un cadeau chacun, ils les ouvrirent avec un sourire de connivence.

- Le but est de trouver de qui ils viennent ! s'écria Sirius.

Hermione déballa un jolie pendentif, qui représentait un petit chien d'onyx.

- Je dirais que ça vient de toi, Sirius, dit-elle avec un sourire.

- Comment as-tu deviné ? répondit l'homme haussant comiquement un sourcil à plusieurs reprises.

Hermione se mit à rire et se leva pour embrasser son petit ami.

De son côté, Harry enlevait délicatement le papier kraft d'une boîte, contenant un livre. Lorsqu'il lu le titre, il écarquilla légèrement les yeux, la bouche entrouverte. Sur la première de couverture, l'illustration d'un petit chat jouant avec une pelote de laine était dessinée sous le titre "Mignon chaton".

Levant les yeux, il fixa son regard sur celui de Remus qui lui souriait d'un air narquois.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda avidement Lily lorsqu'elle vit la forme d'un livre sur les genoux de son ami.

- C'est… déglutit Harry. Un livre sur les chats.

- Pourquoi ?

- Quand j'ai rencontré Remus, je lui ai dit que j'aimais les chats.

- Et je pensais qu'un livre était plus adapté à cette boite qu'un véritable Fléreur, intervint le loup-garou.

Harry se mit à rire bruyamment et se leva pour enlacer Remus qui répondit à son étreinte.

- Tu veux que tout le monde le découvre ? murmura Harry.

- Je ne pouvais pas savoir que tu feulerais comme un guépard devant nos amis, ricana Remus.

La distribution des cadeaux continua de longues minutes et ils eurent la joie de recevoir aussi bien des cadeaux précieux de leurs proches que des sucreries et babioles des amis plus lointains. Lorsque le soleil se leva finalement sur l'Angleterre, ce fut devant les yeux émerveillés de six adolescents somnolents et heureux.

.oOo.

- Harry Taylor !

Harry releva la tête et prit une longue inspiration tandis que le silence se faisait dans la Grande Salle. Albus Dumbledore venait d'expliquer son arrivée aux élèves de Poudlard et il était maintenant amené à s'avancer vers le professeur qui tenait le Choixpeau magique. Stressé, il chercha Hermione du regard. Ce fut cependant les visages de Lily, Remus, James et Sirius qu'il aperçut. Par habitude, il avait regardé la table des rouge et or, oubliant que son amie était désormais à Serdaigle.

Son retour à Poudlard avait été particulier. Accompagné d'Hermione et du petit groupe de Gryffondor, il avait feint la surprise à chaque nouvelle étape de son trajet, s'intéressant aux diverses anecdotes de ses amis. Quand il avait passé les immenses portes de l'entrée principale, il s'était figé instinctivement. Seule Hermione avait compris la réelle raison.

La brune lui avait attrapé la main, avec douceur, et Harry avait lu dans son regard le miroir de ses émotions. Hermione était passé par là, un an plus tôt, et même si Harry n'avait pas connu la solitude qu'elle avait éprouvée, il savait qu'ils partagaient un sentiment identique d'étrangeté. Comme s'il était de retour à la maison, mais que cette dernière n'était plus exactement la même.

Comme pour Hermione l'année précédente, le Professeur Flitwick était venu le chercher et l'avait accompagné dans la salle attenante à la Grande Salle, juste derrière la table des professeurs. Harry avait alors attendu que les élèves s'assoient à leur table puis que le directeur annonce la répartition, en commençant par lui. Il était sorti de la pièce, fébrile, et s'était figé une nouvelle fois, une angoisse sourde montant en lui, avant de se diriger vers ce qui scellerait une nouvelle fois son destin.

Alors qu'il s'asseyait sur le tabouret, Harry trouva enfin Hermione dans la salle. Cette dernière lui offrit un sourire rassurant puis, quand le professeur posa le Choixpeau sur sa tête, il ferma les yeux.

« Seriez-vous un ami d'Hermione Scamander ? Deux voyages dans le temps, si près l'un de l'autre, deux anciens-futurs Gryffondors, vous ne pouvez que vous connaitre. Je suis heureux de savoir que vous n'êtes pas seuls dans cette aventure. Changer d'époque est déstabilisant. Hum… ancien Gryffondor, mais est-ce réellement votre place ? Serpentard peut-être ? Je vois que ça éveille en vous des émotions particulières. Pas Serpentard donc. peut-être… oui… pourquoi pas. Fidèle, juste et loyal. Alors ça sera…»

- POUFSOUFFLE, cria le Choixpeau, déclenchant des applaudissements ravis à la table des jaune et noir.

Surpris, Harry se releva mécaniquement du tabouret et se dirigea vers les tables. Seul un œil bien avisé aurait pu remarquer sa légère hésitation lorsqu'il passa devant la table des Gryffondors et continua vers celle de Poufsouffle, mais personne ne le fit grâce au vacarme des lions.

Une grande partie des élèves de Poudlard était surpris de voir James Potter et Sirius Black debout sur leur banc, applaudissant et sifflant pour un nouvel arrivant dans une autre maison. Remus, Lily et Peter - dans une moindre mesure - applaudissaient plus calmement, souriant à Harry.

Celui-ci s'installa à sa table, sentit quelques tapes dans son dos et entendit des félicitations de toutes parts.

Il était désorienté et véritablement sous le choc. Poufsouffle ? Il avait été réparti à Poufsouffle ? Il avait tout imaginé. Il avait pensé retourner à Gryffondor et loger avec Sirius, James et Remus. Il avait pensé aller à Serpentard, comme le Choixpeau lui avait dit la première fois et même aller à Serdaigle, avec Hermione. Mais Poufsouffle ?

Était-ce pour autant une mauvaise chose ? Les élèves se moquaient souvent des Poufsouffle. Pourtant, Harry avait connu un élève dans cette maison et il était le plus intelligent, gentil et courageux qu'il connaissait : Cédric Diggory. Harry devait avouer qu'il n'avait jamais tenté de connaître cette maison et comptait bien réparer cette erreur.

- Je suis Bao, commença le jeune homme en face de lui, tandis que la répartition des premières années commençait. C'est vietnamien, précisa-t-il avec un sourire.

- Bonjour, répondit l'ancien lion. Moi c'est Harry.

- Je suis préfet en chef. Si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas à m'en parler.

- Merci Bao.

Des applaudissements retentirent de la table des rouge et or, et ils virent un élève timide s'avancer vers ce qui serait désormais sa maison. Sirius et James étaient aussi exubérants que d'habitude, et se levèrent de leur banc pour aller accueillir le jeune Gryffondor rouge de gêne. Alors qu'ils se rasseyaient, James fit un geste de main vers Harry, auquel ce dernier répondit.

- Tu connais les Maraudeurs ? interrogea une élève sur sa gauche, curieuse.

Harry acquiesça d'un hochement de tête.

- Je suis un ami d'Hermione Scamander.

- Oh la Serdaigle qui est arrivée l'année dernière, c'est ça ? s'enquit Bao.

- Surtout la petite amie de Sirius ! s'exclama un autre Poufsouffle dont Harry ne connaissait pas le nom. Sans vouloir vexer ton amie, je ne sais pas si elle a de la chance ou pas de sortir avec lui.

Sa remarque avait été dite sur un ton mutin et fit rire Harry.

- Pour tout t'avouer, je pense qu'elle non plus ne le sait pas toujours.

Au même moment, il croisa le regard d'Hermione, assise à la table des bleu et bronze et lui tira la langue gentiment. Cette dernière leva un sourcil, le regard blasé, et Harry put presque entendre ses pensées.

- Je m'appelle Lena au fait, fit la Poufsouffle à sa gauche. Je suis aussi en septième année. Tout comme Oliver, Jack, Sasha, Helena et Lucy.

Au fur et à mesure que Lena avait cité les prénoms, deux garçons et trois filles avaient levé leur main pour se manifester.

- Alors, d'où viens-tu ? demanda Jack, assis à droite de Bao. Qu'est-ce qui t'amène à Poudlard en septième année ?

- Mes parents faisaient mon enseignement, expliqua Harry qui avait décidé de rester le plus vague possible pour ne pas se perdre dans des détails et des questions auxquelles il n'aurait pas de réponse. Ils sont décédés dans un accident et les Scamander m'ont pris sous leur aile.

Ses nouveaux camarades se lancèrent des regards désolés puis murmurèrent plusieurs phrases de condoléances.

- Ne vous inquiétez pas, sourit doucement Harry. J'ai été accompagné depuis que c'est arrivé, Hermione est une formidable amie qui m'a aidé à aller de l'avant et à m'habituer à ma nouvelle vie ici. Pour le moment, je préfère simplement ne pas trop en parler.

Il n'eut pas besoin d'en dire plus, le dernier des nouveaux élèves venait d'être réparti à Serpentard et Dumbledore réclamait le silence pour son discours de rentrée. Comme d'habitude, celui-ci était décousu, étonnant et joyeux, remplissant Harry de joie. L'année précédente, il se trouvait dans les dortoirs à ce moment de la soirée et n'avait pas pu y assister. Être là, attablé, le remplissait d'une joie particulière.

Ils mangèrent tous ensemble, apprenant à se connaître. L'ancien Gryffondor était surpris de se sentir aussi à l'aise dans ce groupe qu'il ne connaissait pas, à cette table qu'il n'avait jamais vraiment regardée, dans un endroit pourtant si familier. Ses nouveaux colocataires étaient gentils, semblaient se soucier de son bien être, de sa vie. Ils ne parlèrent plus de sa famille, mais s'interressèrent à ses matières préférées, à ses passes-temps.

Lorsque le directeur annonça la fin du repas, Harry demanda à Bao s'il pouvait l'attendre quelques minutes, et lorsque celui-ci accepta, il se précipita vers Hermione et la serra dans ses bras.

- Je n'en reviens pas Harry ! Tu es à Poufsouffle ! s'écria celle-ci en l'enlaçant.

- Qui l'aurait cru… dit-il.

- Moi ! répondit une voix derrière lui.

Il se retourna et vit Remus, un sourire bienveillant sur le visage. Les autres Maraudeurs étaient là aussi, Peter légèrement en retrait par rapport aux autres, ne connaissant pas encore Harry.

- D'ailleurs Paddy, tu me dois trois Mornilles ! continua Remus.

- Tu as parié que j'irais chez les Poufsouffle ? haleta Harry.

- Exactement ! Et j'ai gagné !

- Félicitations Harry ! déclara Lily. Les Poufsouffle ont de très belles valeurs.

- Tu nous raconteras comment est leur salle commune ? demanda Sirius avec un clin d'œil appuyé.

Avant que Harry ne puisse répondre, Bao était à ses côtés, posant une main sur son épaule.

- On y va ? demanda-t-il gentiment. Je dois te conduire à notre dortoir et il y a des première année intimidés qui attendent… dit-il en désignant un groupe d'enfants.

Harry sourit et leur fit un petit signe, avant d'acquiescer.

- J'y vais, dit-il aux Maraudeurs, Hermione et Lily. On se voit demain.

- Occupe toi bien de notre poulain Hoang ! déclara James en s'adressant à Bao. On te le confie.

Le Préfet en chef Poufsouffle leva les yeux au ciel et conduisit Harry vers le groupe de premières années. Ils échangèrent quelques mots puis Bao prit son rôle à cœur, guidant le groupe d'élèves et répondant à leurs questions. Harry de son côté, suivait, perdu dans ses pensées, redécouvrant tous ces détails qui différaient du Poudlard de son époque. L'année précédente, il avait parcouru les couloirs du château en tant que Pitiponk, le revoir en tant que Harry était encore différent.

Ils traversèrent le hall d'entrée, contournèrent l'escalier principal et descendirent les quelques marches qui menaient au sous-sol. Ils arrivèrent à l'entrée d'un long couloir décoré de différents tableaux représentants fruits, légumes et autres mets colorés. Ils passèrent devant la toile peinte d'une immense coupe de fruits et Harry eut un sourire en glissant son regard sur la poire. L'accès aux cuisines ne lui était pas inconnu et il était sûr qu'il était le même à cette époque.

Ils marchèrent encore quelques mètres puis Bao les fit s'arrêter devant un renfoncement de pierre dans lequel une pile de grands tonneaux avait été entassée.

- Vous voyez le deuxième tonneau en partant du bas ? demanda Bao d'une voix forte pour être sûr que tout le monde l'entende. Celui-ci.

Il accompagna sa phrase d'un geste de la main et plusieurs élèves hochèrent la tête.

- Pour entrer dans notre Salle Commune, il vous faut toquer comme ceci sur ce tonneau, et uniquement celui-ci.

Une deuxième fois, il joignit paroles et actions, et s'approcha du tonneau. Il toqua quelques coups selon un rythme bien particulier, révélant un passage en pente douce qui montait sur une courte distance. De là où il était, Harry pouvait apercevoir la salle commune de sa nouvelle maison.

- Il s'agit du rythme d'Helga Poufsouffle, connu seulement des élèves de notre maison. La Salle Commune des Poufsouffle, peut-être plus que les autres maisons, est une zone de respect, d'écoute et de tolérance. Rares sont ceux d'une autre maison à y entrer.

Un silence suivit sa déclaration tandis que les nouveaux élèves s'imprégnaient de ce qui était dit et tentaient de se rappeler du rythme.

- Pour information, si vous n'avez pas le bon rythme ou si vous toquez sur le mauvais tonneau, un système de sécurité s'enclenchera. Reculez s'il vous plaît.

Le petit groupe qu'ils formaient recula, sous les chuchotements surpris mais intrigués. A quelques mètres d'eux, trois élèves plus âgés les rejoignirent.

- Il va recommencer, déclara l'un deux en riant.

- Vraiment je ne comprends pas pourquoi il fait ça tous les ans, ajouta un autre.

Harry, qui les avait entendus, n'eut pas le temps de leur demander de quoi ils parlaient. Bao s'était approché du tonneau, mais y avait frappé un air légèrement différent. Aussitôt, les autres tonneaux s'ouvrirent et un flot d'un liquide ambré se déversa sur le Préfet en chef. Une forte odeur de vinaigre emplit l'air, tirant des grimaces à chaque élève présent.

- Vous aurez compris pourquoi il vaut mieux éviter de se tromper, reprit Bao après quelques secondes, recouvert de vinaigre. Je vous conseille de vous faire accompagner par des élèves plus âgés les premiers temps, ça évitera quelques incommodités.

Sur ces dernières paroles, il toqua à nouveau sur le tonneau, au bon rythme cette fois-ci et le passage se révéla. Les élèves de première année entrèrent tour à tour, certains grimaçant en passant devant Bao, d'autres lui lançant des sourires contrits.

- Tu es un Préfet dévoué, commenta Harry en s'arrêtant devant son camarade de classe.

- Et surtout incompris, répondit Bao tandis qu'ils rentraient tous les deux dans la Salle Commune et que certains des Poufsouffle se moquaient gentiment de lui.

Malgré les rires légers et les quelques commentaires qui s'étaient levés dans la pièce, nombreux d'entre eux s'étaient approchés de Bao pour l'aider à se débarrasser du liquide et de l'odeur. En quelques secondes, il retrouva une apparence normale.

Harry en profita pour regarder la Salle Commune qu'il n'avait encore jamais vue. Il la trouva immédiatement agréable et confortable. La pièce était colorée de jaune et de noir évidemment, soutenue par des nuances douces de miel et cuivre. Il y avait des plantes partout et elles s'épanouissaient sous la lumière délicate qui venait de nulle part. Les fenêtres étaient étroites et rondes, donnant au raz de la pelouse verte du parc de Poudlard.

- C'est notre chef de maison, Pomona Chourave, qui tient absolument à ce qu'il y ait des plantes, déclara Bao en le voyant regarder les pots en cuivres suspendus au plafond et débordant de fougères et de lierres. C'est son domaine après tout. Elle est professeure de botanique.

Harry acquiesça et regarda en direction de la cheminée dans laquelle un feu ronflait tranquillement. Le manteau était gravé de blaireaux dansant et surplombé d'un immense tableau d'une femme souriante. Elle semblait avoir environ soixante ans, ses cheveux étaient relevés dans un chignon lâche et elle portait une robe cuivre et une cape marron. Elle tenait en main une coupe en argent qu'elle leva en direction d'Harry, accompagné d'un clin d'œil. Le cadre à moulure dorée indiquait "Helga Poufsouffle".

- Viens, déclara Bao, le sortant de ses pensées, je vais te montrer notre dortoir.

Harry le suivit docilement et le vit ouvrir une porte ronde comme un couvercle de tonneau, bien plus grand cependant. Ils s'engagèrent ensuite dans un tunnel, semblable à une galerie souterraine.

- Ici c'est l'accès aux dortoirs des garçons. Celui des filles est de l'autre côté de la Salle Commune, près de la cheminée. Mais je te conseille de ne pas t'en approcher, Miss Poufsouffle ne tolérait aucun écart à ce niveau.

- Mais les filles ont le droit de venir dans les nôtres je suppose, soupira Harry, se souvenant parfaitement du dortoir des Gryffondor.

- Non, répondit Bao, fronçant les sourcils. Les filles reçoivent le même traitement si elles s'approchent. Pourquoi ?

- Oh… Je ne sais pas, bafouilla Harry. Tu ne m'as parlé que des garçons, j'en ai conclu que c'était le même fonctionnement que chez les Gryffondor.

- Les Gryffondor ont toujours été bizarres… marmonna le Préfet. Mais comment connais-tu leur système ?

- J'ai passé l'été avec James, Sirius, Remus et Lily, répondit Harry, haussant les épaules. Ils m'ont raconté plein de choses.

- Je vois. Scamander t'a parlé des Serdaigle ?

- Elle l'a fait. Apparemment, Rowena pensait que les élèves passeraient bien plus de temps à étudier qu'à batifoler. Elle n'a pas mis de restrictions. Et d'après Hermione, Rowena avait tort, plaisanta-t-il.

Bao se mit à rire et le conduisit à l'extrémité du tunnel. Il ouvrit la porte et présenta le lieu à Harry.

- Bienvenue dans ta nouvelle chambre pour les mois à venir, dit-il avec un geste de main.

Le nouveau Poufsouffle entra et regarda son environnement. Le dortoir était une pièce ronde. Il y avait quatre lits simples en bois clair, couverts d'épaisses courtepointes en patchwork. A côté de chacun d'eux, il y avait une petite table de chevet et à leurs pieds les malles étaient déposées et ouvertes, invitant les élèves à ranger leurs affaires. Les mêmes fenêtres que dans la salle commune, rondes et en hauteur étaient munies de rideaux noirs. La seule autre porte donnait accès à la salle de bain.

- Tu es tout à gauche, déclara Bao en montrant le lit le plus proche de celle-ci. Ensuite c'est moi, puis Olivier et Jack.

Harry acquiesça silencieusement, ne sachant quoi dire. Heureusement pour lui, Bao sembla comprendre sa situation et lui sourit :

- Tu n'as qu'à te familiariser avec les lieux et ranger tes affaires. Je retourne dans la Salle Commune avec les autres, n'hésite pas à nous rejoindre si tu le souhaites quand tu as fini.

Il ponctua sa phrase d'un hochement de tête et sortit du dortoir. Harry resta quelques secondes à fixer la porte avant de se rapprocher de son lit. Il passa les quinze minutes suivantes à observer la pièce ainsi que la salle de bain, et à vider quelques affaires de sa malle. Quand il eut posé un cadre sur sa table de chevet - une photo d'Hermione et lui cet été, en train de rire à une blague de James - il décida de descendre, comme l'avait proposé Bao.

Il fut surpris de voir une grande majorité des élèves assise à même le sol autour de la cheminée, canapé et fauteuils ayant été poussés contre les murs. Tous les âges se mélangeaient et, si certains parlaient entre eux à voix basse, la plupart écoutaient une élève, qui devait être en sixième année, expliquant comment se déroulerait la première journée de cours. Jack lui fit un geste de la main et Harry s'assit à côté de lui.

- Toutes les rentrées se passent comme ça à Poufsouffle, murmura Jack à son intention. Personne n'est obligé de participer, mais ça se fait naturellement. Les anciens élèves partagent leur expérience avec les nouveaux et ces derniers peuvent poser toutes les questions qu'ils souhaitent.

- C'est… génial, commenta Harry qui aurait apprécié vivre ça à sa première année, peut-être aurait-il pu éviter d'être en retard à son premier cours.

Jack lui sourit et ils écoutèrent la fin de l'explication de leur camarade. Ensuite les questions et réponses s'enchainèrent, tous les sujets étaient abordés et, contrairement à ce qu'avait pu penser Harry, il n'y avait pas que les premières années qui posaient des questions. Des élèves d'années supérieures interrogeaient leur aînés sur leurs nouvelles matières, les examens de fin d'années et autres sujets. Jamais aucun jugement n'était prononcé.

Petit à petit, les plus jeunes partirent se coucher, quelque peu forcés par Bao. Les sujets de conversation dévièrent alors sur des sujets plus matures, toujours aussi librement : les septième années évoquèrent leur projet pour l'après Poudlard, ils discutèrent de l'actualité et du climat politique qui changeait, de filles, de garçons... Quand Harry, Jack, Oliver et le Prefet en chef rejoignirent leur chambre, la soirée était bien avancée et le nouveau Poufsouffle savait déjà qu'il se ferait rapidement à cette maison.

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*Le saviez-vous ?

Le post-it a été inventé dans les années 70 mais n'a été commercialisé qu'à partir des années 80. Ce qui rend son utilisation complètement anachronique dans cette histoire. MAIS l'avantage c'est que :

1) vous avez appris la date de création des post-it,

2) vous pourrez vous la péter en société ! Allez, je suis gentille, je vous rajoute même quelques informations :

Le post-it est le résultat des expériences scientifiques menées par Spencer Silver et Arthur Fry. Il est commercialisé en 1980 aux Etats-Unis et au Canada, et arrive en Europe en 1981.

Alors ? Ca vous en bouche un coin non ? Non ? Ouais je comprends... Allez ! A la semaine prochaine,

Aupaupsi

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Edit du chapitre : Une petite erreur s'était glissée dans ce chapitre concernant le nom de famille d'Hermione ! Il s'agit bien de "Scamander" et non "Granger" Merci à Nanoumaniak de l'avoir soulignée ! :)