Titre : Taylor
Résumé : Suite de "La Nouvelle Salamandre". Harry apparaît dans le salon de Newt Scamander, sous l'œil surpris de Remus. Comment Hermione va-t-elle l'expliquer ? Et comment Harry va-t-il s'intégrer à cette nouvelle vie ?
Disclaimer : L'univers et les personnages d'Harry Potter ne nous appartiennent pas. Nous ne recevons aucune compensation financière pour la publication de cette histoire.
Pairing : Het et Homo
Rating : T
Statut : Terminée
Auteures : Epsilon et Pauu
Bêta : Epsilon et Pauu
Nda : Bonjour à tous et toutes !
Tout d'abord, nos excuses les plus sincères. Nous n'avons pas pu publier dimanche dernier pour différentes raisons. Avec Epsi, nous avons décidé d'attendre ce dimanche pour publier le nouveau chapitre, afin de repartir sur des bases "saines", et éviter de publier en milieu de semaine, ce qui est compliqué pour nous deux en ce moment.
Ne vous inquiétez pas, cette fiction ne sera pas abandonnée, elle est déjà finie d'être écrite. Il nous reste les deux derniers chapitres à corriger. D'ailleurs, en parlant de correction, vous commencez à être habitués : il est possible que plus d'erreurs que d'habitude se cachent dans ce chapitre ! N'hésitez pas à nous les transmettre, nous les corrigerons au plus vite !
Nous voilà donc cette semaine avec le chapitre 8 (encore deux avant la fin !) et le résumé du chapitre 7 juste en dessous ! Nous vous souhaitons une bonne lecture !
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Dans le chapitre précédent :
Après avoir reproché leur inconscience aux Maraudeurs concernant les nuits de pleine lune, Harry se retrouve face à Peter qui lui annonce qu'il n'est plus le bienvenue dans leur groupe d'amis. Bien qu'il connaisse le tempérament de Peter et devine qu'il s'agit principalement de mensonges, Harry pense qu'il y a un fond de vérité derrière ses paroles et s'éloigne.
Quelques temps plus tard, après un match de Quidditch, Remus attend Harry et tente de lui faire avouer ce qui ne va pas. Le lycanthrope devine que Peter a eu des mots durs et se précipite dans la salle des Gryffondor pour mettre la situation au clair avec Peter et les autres Maraudeurs.
Peter est dans une mauvaise situation face à ses amis, puis face au Professeur McGonagall qui lui reproche de ne pas avoir travaillé sur son projet avec sa partenaire Serpentard.
Après une nouvelle nuit de pleine lune, Harry rend visite à Remus dans l'infirmerie et ce dernier lui avoue qu'il voudrait sortir avec lui. L'arrivée de James et Sirius épargne à Harry de répondre à cette déclaration. Le Poufsouffle sort de l'infirmerie et va demander conseil à Hermione.
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Chapitre 8
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Les deux amis marchaient silencieusement dans les couloirs de Poudlard et Hermione jetaient régulièrement des regards soucieux à un Harry plongé dans ses pensées. Elle voyait bien que quelque chose le perturbait et il en fallait beaucoup pour dire cela du garçon qui s'était retrouvé de maintes fois face à Voldemort.
Harry fit trois passages devant le mur nu du septième étage et la petite porte en bois apparut lentement. Ils entrèrent et s'installèrent dans les fauteuils. Hermione remarqua que la salle était bien plus petite qu'à l'accoutumée, elle était bien loin de la grande pièce accueillante pour les étudiants de diverses maisons. Elle avait cette fois pris l'apparence d'un tout petit espace aux teintes chaudes, munis de deux sièges et d'une cheminée seulement.
- Alors ? demanda Hermione après quelques minutes d'un silence confortable.
- Je dois te dire quelque chose… J'aimerais que tu m'aides à y voir plus clair.
- Bien sûr, dit Hermione avec un sourire doux, posant une main sur la sienne. Qu'est-ce qui se passe ?
- Avant de te le dire, j'aimerais que tu me promettes que tu ne vas pas glousser, que tu ne me poseras pas mille et une questions et que tu seras la plus rationnelle possible à ce sujet.
- Je te le promets, répondit Hermione, fronçant les sourcils d'inquiétude.
- Remus m'a embrassé, lâcha Harry, comme s'il avait retenu cette information durant des années.
Après un moment de silence, durant lequel il n'arriva pas à lever les yeux pour regarder la réaction de son amie, celle-ci se mit à parler précipitamment :
- Ca s'est passé où ? haleta-t-elle, avant de reprendre. Quand ? Pourquoi tu ne me l'as pas dit ? Qu'est-ce qu'il a fait ensuite ? Il a mis la langue ? Tu as répondu à son baiser ? Mais dis-moi ! dit-elle en lui secouant l'épaule.
Comme seule réponse, Harry leva enfin la tête, l'air blasé. Hermione rougit et regarda le sol.
- Il n'y en avait pas mille et une… murmura-t-elle.
Lorsque ses yeux remontèrent pour croiser ceux de Harry, les deux amis éclatèrent d'un rire franc qui effaça aussitôt toutes les inquiétudes du Poufsouffle. Celui-ci se détendit immédiatement et s'affala sur le dossier de son siège avec bonheur.
- Je ne sais juste pas quoi penser, murmura-t-il, son regard perdu sur les flammes de la cheminée.
Alors qu'Hermione restait silencieuse, il prit conscience qu'il n'avait pas répondu à ses questions. Harry se tourna vers elle et retint un énième rire en voyant son expression : la Serdaigle se retenait visiblement de le harceler à nouveau.
- Ça s'est passé à l'infirmerie, commença-t-il à dire, tentant de se rappeler des questions de son amie. Il y a quelques minutes seulement. Je suis en train de t'en parler, je pouvais difficilement le faire plus tôt. Il m'a demandé de sortir avec lui. Pour la langue… Sommes-nous obligés d'en parler ? Et j'ai été si surpris que je suis resté aussi figé qu'un menhir.
- Il t'a demandé de sortir avec lui ? s'exclama une nouvelle fois Hermione. Je n'aurais pas pensé qu'il oserait le faire.
- Tu savais ? s'étonna Harry.
La Serdaigle lui adressa un sourire en coin.
- Disons que je m'en doutais depuis un moment, et quand Lily m'a raconté qu'il était allé confronter Peter pour toi, ça a confirmé mes soupçons. Il n'avait jamais fait ça pour personne, pas même pour James et Sirius qui sont indéniablement les deux personnes dont il est le plus proche.
Un nouveau silence s'installa entre eux, Harry était perdu dans ses pensées et Hermione le regardait, indulgente.
- Tu n'avais rien vu n'est-ce pas ? finit-elle par demander.
- Rien du tout, confirma Harry.
- Ça te gêne ? Que ce soit Remus ? Que ce soit un homme ?
Pour une raison qui lui était inconnue, Harry sentit ses joues rougir à nouveau.
- Non, répondit-il. Enfin je ne pense pas. Je veux dire, le fait que ce soit un homme, ça ne change rien, mais Remus ? Je n'avais jamais pensé à lui en ce sens. En fait… Je n'avais jamais pensé à quiconque en ce sens. Pas depuis que nous sommes arrivés ici.
- Le fait que je sorte avec Sirius ne t'a pas fait réfléchir ? Tu n'as pas pensé que tu pourrais être avec quelqu'un de la même façon ?
- Non… J'étais un chat quand tu t'es mis en couple. J'avais d'autres choses à penser comme… Eh bien, la prochaine souris que j'allais manger ou si ma toilette était bien faite. Et quand je suis redevenu moi-même…
- Notre couple était déjà solidement ancré dans ton esprit, murmura Hermione.
- C'est ça… répondit Harry sur le même ton. Et je n'ai pas été attiré par qui que ce soit depuis ce jour. Pas physiquement. J'aime les gens pour ce qu'ils sont, ce qu'ils font.
- Et quand tu penses à Remus ? La personne qu'il est à l'intérieur ? Ce qu'il fait ?
Harry prit une minute pour réfléchir à la demande d'Hermione. Il avait passé énormément de temps avec Remus et le connaissait très bien. Il pensa à tout ce qu'il savait sur lui.
- C'est quelqu'un de calme, doux et généreux, dit-il avec un sourire. Il est aussi loyal qu'un Poufsouffle et travailleur qu'un Serdaigle, et je suis persuadé que je pourrais lui trouver quelques qualités Serpentard. J'aime être avec lui, car il m'apaise. Il sait ce que je vis quand mes instincts refont surface. Malheureusement, il ne croit pas assez en lui pour s'affirmer. Ses amis sont sa seule faiblesse.
Le murmure de Harry s'atténua, ne laissant que le crépitement des flammes emplir la pièce d'un son doux et réconfortant. Il voyait énormément de qualité chez Remus et en les énonçant à voix haute, en pensant au fait qu'il était la personne importante pour le loup-garou, il eut une sensation étrange dans le creux de son estomac.
- Tu as ta réponse, non ? dit doucement Hermione.
Harry releva la tête, sans comprendre. Hermione lui sourit à nouveau et se tourna vers les flammes.
- Tu sais ce qui m'a fait comprendre que j'étais amoureuse de Sirius ? C'est le sentiment d'être à ma place quand j'étais à côté de lui. Je n'avais pas à mentir, je n'avais pas à faire d'effort, c'était juste facile d'être avec lui. Ce sentiment d'apaisement dont tu parles, encore aujourd'hui, il suffit qu'il soit dans la même pièce que moi pour que je le ressente.
- Et si je fais tout foirer ? demanda Harry après plusieurs secondes de silence. Et si je me trompe ? Ou qu'il se trompe ? Que l'un de nous se rend compte que c'était une erreur ?
- Aimer est à la fois la chose la plus facile et la plus difficile, lui répondit Hermione. Aie confiance en toi, en tes sentiments et en ses sentiments. Parle-lui de tes inquiétudes si tu le souhaites. Quoi qu'il arrive Harry, ça ne sera pas une erreur.
Harry regarda sa meilleure amie, étrangement apaisé par ses paroles.
- Ça fait longtemps, qu'on n'avait pas discuté. Juste tous les deux, je veux dire, déclara-t-il.
- C'est vrai, acquiesça Hermione. Il faudra qu'on se refasse ça.
Sur ces paroles, elle se leva. Harry la suivit du regard, étonné.
- En attendant, tu as quelque chose de plus urgent à faire je crois non ? déclara la Serdaigle, mutine.
- Je ne voi-
- Remus ! s'exclama Hermione en levant les yeux au ciel, exaspérée. Tu penses le faire attendre combien de temps ? Non pas qu'il risque de disparaître, mais autant lui donner sa réponse maintenant non ?
- Tu ne penses pas que je dois encore réfléchir ? demanda Harry, anxieux.
- Je te connais Harry. Réfléchir n'est pas ton fort. Tu as de l'instinct et tu es courageux, fais avec ce qui te caractérise. Va voir Remus et dis-lui ce que tu m'as dit.
Harry acquiesça et se leva à son tour. Lorsque la porte de la Salle sur Demande fut refermée derrière eux, il se mit à courir, abandonnant Hermione dont le rire joyeux le suivit jusqu'au bout du couloir. Il descendit les escaliers quatre à quatre, fut dévié de sa trajectoire par le jeu de ceux-ci et manqua de tomber plusieurs fois, avant d'arriver devant l'entrée de l'infirmerie.
Il ouvrit la porte avec précipitation, alertant les trois Maraudeurs qui sursautèrent.
- Harry ? Qu'est-ce qui te prend ? demanda James, un sourcil relevé.
- Je… Lily te cherche, répondit Harry, disant la première chose qui lui passa par la tête.
- Pourquoi ? demanda Sirius.
- Hermione aussi, dit le Poufsouffle. Je n'ai pas bien compris… Une histoire de pétards, de chaussettes ou de magazines légers… expliqua-t-il, croisant les doigts pour que l'un de ses sujets résonne aux oreilles des deux Gryffondor qui accumulaient les blagues et les cachoteries.
Les deux garçons se regardèrent, soudainement pâles, et se levèrent précipitamment pour courir vers la sortie.
- On se voit plus tard Lunard !
- Qu'est-ce que c'est que ces histoires ? demanda Remus en se tournant vers Harry, un air étonné sur le visage.
- Aucune idée, répondit le Poufsouffle.
- Alors pourq-
- Je suis bien quand je suis avec toi, l'interrompit rapidement Harry, fixant un point entre le sol et ses mains. Je ne sais pas trop ce que ça veut dire, mais je sais que tu es quelqu'un de doux et généreux, et loyal. Et quand tu es là, je suis… bien.
Harry osa relever les yeux, lentement, et croisa les orbes ambres de Remus. La surprise et l'incompréhension s'y lisaient.
- Je pense que tu es quelqu'un d'incroyable, et que je suis un idiot de ne pas l'avoir remarqué plus tôt. Enfin, non. Je sais depuis longtemps que tu es incroyable. Mais je n'avais pas… Je ne savais pas. En fait, je ne sais toujours pas.
- Harry, qu'est-ce qu-
Remus n'eut pas le temps de terminer sa phrase. Harry s'était approché rapidement de lui, brisant le petit mètre qui les séparait et avait capturé ses lèvres, comme il l'avait fait quelques minutes plus tôt. Cependant, au lieu de rester immobile, Remus répondit au baiser et enroula ses bras autour de Harry.
C'était maladroit et précipité, mais cet instant plongea les deux jeunes hommes dans une euphorie bienvenue. Ce fut avec plaisir qu'ils se séparèrent pour se retrouver à nouveau et avec délectation qu'ils jouèrent de leurs lèvres. Après quelques minutes, Remus s'écarta, souriant, et posa son front contre celui de Harry, les yeux fermés, une main sur sa nuque.
- Ça veut dire oui ? Tout ton charabia à l'instant c'était pour ça ?
Harry rougit et se recula légèrement, s'asseyant sur la chaise à côté du lit.
- Oui ? dit-il hésitant. Enfin. Oui.
Remus laissa échapper un rire léger.
- Tu es très rassurant Harry, se moqua-t-il. Je n'ai pas du tout l'impression que tu fais ça juste pour me faire plaisir.
- Non ! protesta vivement le Poufsouffle. Non, ce n'est pas ça. C'est juste… je n'y avais jamais pensé avant. A toi. Pas en ce sens, et ça fait bizarre. Mais j'ai vraiment envie d'essayer. J'ai vraiment envie de sortir avec toi.
- J'en suis heureux, sourit Remus.
- C'est vraiment… nul, non ? Je veux dire… dans les films ils s'embrassent parfaitement, sur une petite musique, et ils restent ensemble jusqu'à la fin de temps.
- Tu n'as pas aimé notre baiser ?
- Ce n'est pas ça, c'est juste… Pas comme je l'imaginais, je suppose.
- Tu n'avais jamais embrassé personne ?
- Si. Une fois. C'était une fille et… Ce n'était pas aussi réussi que celui-ci, rit le Poufsouffle.
- Alors j'imagine que nous sommes juste des adolescents et que nous devons apprendre, sourit Remus. Plus nous passerons de temps ensemble, comme un couple, plus cela deviendra naturel et instinctif.
Le loup-garou posa ses pieds par terre, s'asseyant sur son lit, en face de Harry. Il porta une main à sa joue et l'embrassa à nouveau, doucement, délicatement, jusqu'à ce que son compagnon gémisse de bonheur.
- Tu vois, murmura Remus. De mieux en mieux.
Il se pencha pour se délecter encore de la sensation, lorsqu'un raclement de gorge se fit entendre derrière lui :
- Hum hum.
Les deux adolescents se figèrent en reconnaissant l'intonation féminine. Ils tournèrent la tête lentement et aperçurent Lily, qui se tenait au pied du lit de Remus. La jeune femme avait les poings fermés, posés sur ses hanches dans une posture de réprimande, cependant le sourire sur son visage était en parfaite contradiction.
Un silence gênant s'installa entre les trois amis, jusqu'à ce que Lily prenne la parole :
- Alors ! Vous allez m'expliquer ? Depuis quand vous sortez ensemble ? Qui s'est déclaré à qui ? Comment ça s'est fait ? Les autres sont au courant ? Ou peut-être… je suis la première à le savoir ? C'est ça ? Je suis tellement contente pour vous !
- Tu n'as pas croisé James ? intervint Harry, tentant de détourner la conversation. Il te cherchait.
- Non, je ne l'ai pas croisé, répondit Lily en balayant la question d'un mouvement de main. Mais tu ne m'auras pas. Alors ?
Harry et Remus se regardèrent quelques secondes, puis le loup-garou souffla de dépit, un petit sourire sur les lèvres.
- On ne pourra pas se débarrasser d'elle, se moqua-t-il gentiment. Autant lui répondre.
- Tout à fait, ponctua Lily. Voilà des paroles sensées.
- Remus m'a embrassé puis m'a dit qu'il avait des sentiments pour moi, j'ai paniqué et je suis parti. Je suis allé voir Hermione pour lui demander conseil, elle m'a fait réaliser qu'il y avait quelque chose entre Remus et moi et que je devais foncer. C'est ce que j'ai fait. Je suis arrivé ici, j'ai fait déguerpir James et Sirius en leur faisant croire que Hermione et toi étiez fâchées contre eux, j'ai bafouillé, j'ai embrassé Remus. Il m'a embrassé. Puis il a recommencé. Et encore. Et encore. Et il était sur le point de le refaire quand tu es arrivé, débita Harry d'une voix monotone.
- Mais alors… Je viens de briser votre moment romantique ! haleta Lily. Je suis désolée ! Je me retourne et finissez ! Faites comme si je n'étais pas là !
La Gryffondor s'exécuta, montrant son dos à ses amis, les mains sur les yeux de façon totalement inutile. Remus se mit à rire, cachant son visage dans le cou de Harry.
- C'est sûr que c'est nettement plus romantique maintenant, soupira Harry, levant les yeux au ciel.
Lily tourna la tête et leur tira la langue avant de leur faire face à nouveau.
- Vous allez en parler aux autres ? demanda-t-elle, redevenue sérieuse. Ou vous voulez garder le secret ?
- On n'a pas vraiment eu le temps d'en parler Lily, répondit Remus.
- Oh… bien sûr. Vous savez quoi ? Je vais vous laisser.
Face aux regards de ses deux amis, Lily grimaça.
- C'est ce que vous attendez depuis tout à l'heure hein ? Que je revienne plus tard ?
A nouveau, Remus éclata d'un doux rire, imité par Harry. Lily sourit et partit, à la recherche de son petit-ami pour savoir ce qu'il lui cachait. Le nouveau couple s'observa alors, avant que le loup-garou ne tende la main vers le Poufsouffle. Celui-ci la prit avec étonnement et fut conduit à s'asseoir sur le lit.
- Alors ? murmura-t-il. C'est quoi la suite ?
- Harry… Par ta présence, tes conseils, le soutien de la famille Scamander, j'ai gagné assez de confiance en moi pour me déclarer aujourd'hui. Je suis pourtant tout aussi perdu que toi en ce moment, répondit Remus avec un sourire.
- D'accord. Alors je pense que… Je vais t'embrasser, pour te dire au revoir, et je vais partir faire mes devoirs. Je dois encore chercher les plantes qui s'épanouissent le jour précédent la pleine lune pour notre projet. Je vais aller en cours et tenter sans grand espoir de suivre les leçons. Dès que la pression sera trop grande, je vais courir et raconter tout ce qui s'est passé à Hermione. Je vais regretter pour la première fois de faire du Quidditch, parce qu'avec mon entrainement, je ne pourrai pas venir te voir avant la fermeture de l'infirmerie. Ce soir, j'irai me coucher, plein de rêves et d'angoisses. Et je reviendrai te voir demain matin où je t'embrasserai à nouveau.
Remus déglutit et ses yeux se fixèrent sur les lèvres de Harry. Lorsqu'il releva le regard, il sourit et parla à son tour.
- Quant à moi, je vais rester couché et me reposer, attendant fébrilement que mes deux meilleurs amis reviennent après s'être fait passer un savon. Le reste de ma journée sera très ennuyeuse et je vais me demander si tu viendras vraiment demain, si tu n'essaieras pas de me repousser quand tu auras réalisé que ton petit-ami est un loup-garou. Et quand tu seras là demain, à me prouver que j'avais tort de douter, je t'embrasserai à mon tour.
- Je ne te connais que depuis quelques mois, déclara Harry d'une voix douce. Mais c'est comme si je savais que tu allais dire ces mots.
- Nous avons tout le temps pour nous connaître plus encore, murmura Remus.
Harry fit un sourire radieux et se pencha pour embrasser le Gryffondor. Tous deux échangèrent une profonde étreinte, avant de se séparer pour la journée, chacun pensant à ce qu'ils venaient de vivre.
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Le mois d'avril commençait bien pour les élèves de Poudlard. Le soleil était présent, le vent léger et une douce chaleur s'était posé dans le parc du château. A quelques mètres de la cabane d'Hagrid, un groupe atypique composé de Gryffondor, Poufsouffle, Serdaigle et Serpentard révisait joyeusement. Ou du moins, tentait de réviser.
Depuis quelques minutes, quatre élèves se faisaient face. Regulus et Severus, des rictus identiques sur leurs lèvres, menaçaient James et Sirius de leur baguette. Les deux Gryffondor n'étaient cependant pas en reste et visaient également leurs deux camarades. La scène aurait pu paraître dangereuse ou rappeler à certains élèves de vieilles querelles mais les rires des élèves autour d'eux venaient briser ce sentiment.
Lily et Hermione se tenaient l'une à l'autre, essoufflées d'avoir trop ri, et des sillons de larmes marquaient leurs joues. Harry et Remus, tendrement enlacés, encourageaient chacun l'équipe de leur choix.
- Vas-y Regulus ! Fais-lui mordre le tapis ! hurla joyeusement Harry.
Remus tenta de faire taire le Poufsouffle d'une main mais ce dernier se débattit et se libéra.
- Vas-y Reg ! Vas-...
Son cri se tut tandis que Remus, dans une stratégie totalement illégale, l'embrassait amoureusement. Harry ne put cependant s'empêcher de sourire et répondit avec plaisir à l'initiative.
- Traître, murmura-t-il après quelques secondes.
Le lycanthrope lui fit un clin d'œil avant de crier des conseils à James et Sirius. Les quatre combattants avaient commencé un pseudo-duel dans l'objectif de réviser les différents sorts - inoffensifs - qu'ils avaient vu en cours cette année. Rapidement, ils avaient cependant élargi la gamme de sort à tous ceux qu'ils avaient appris depuis la première année.
Regulus était le premier à avoir lancé un Rictusempra à James, qui s'était effondré sur le sol dans de grands éclats de rire. Une fois libéré du sortilège par Sirius, James s'était vengé en lançant un sort de Cheveux Drus à son opposant. Le rayon turquoise avait cependant touché Severus et les sept autres élèves n'avaient pas pu garder leur sérieux face à la nouvelle apparence du Serpentard. Suite à ça, le duel avait dégénéré et c'était à ceux qui lanceraient les sorts les plus ridicules à leurs adversaires.
Même les professeurs amenés à passer dans les parages refusaient d'arrêter le pseudo duel ; voir les différentes maisons s'amuser, sans que ce soit au détriment de qui que ce soit était décidément un spectacle bien trop rare. Le Professeur McGonagall s'était discrètement métamorphosé en chat et observait leurs pitreries depuis un muret, profitant de la chaleur du soleil.
- Ça, c'est pour mon doudou, feu lapino ! cria Regulus, envoyant à Sirius un sortilège qui parsema sa peau de taches multicolores.
Au lieu de se fâcher, comme il l'aurait fait quelques mois plus tôt, Sirius se mit à rire, les yeux brillant de larmes de bonheur.
- C'est mère qui m'avait demandé, dit-il entre deux halètements de joie. Enfin, elle me l'avait mis dans les mains avec une chandelle allumée, qu'est-ce que je pouvais faire d'autre que le brûler ? Tu l'emportais partout et elle en avait honte.
Regulus fut outré et répliqua avec un sort piquant que Sirius esquiva habilement, tout en envoyant un sort d'extension aux chaussures de son frère. Celui-ci trébucha et s'écrasa par terre, dans un couinement indigne de la prestance des Black.
- Ça, c'était pour la soupière de grand-mère, rit Sirius. C'était pas moi qui l'avait cassée, je sais que c'était toi ! dit-il, esquivant un nouveau sort sous les insultes colorées de Regulus.
- Tu ne trouves pas ça bizarre comme façon de régler ses problèmes ? murmura Harry à son petit-ami.
- Ils sont frères, répondit Remus en haussant les épaules. Je pense que c'est la façon la plus saine possible.
- J'aime les voir rire… Et regarde, dit Harry en désignant Lily et Hermione toujours en train d'encourager l'un ou l'autre des concurrents.
Remus sourit en voyant les deux jeunes femmes si complices. Elles furent rejointes par Alice et Franck. Autour d'eux, plusieurs autres élèves, d'autres maisons, prenaient partie dans la bonne humeur.
- Je n'aurais jamais pensé ça possible l'année dernière. C'est vous… Votre arrivée à changer tellement de choses…
- Peut-être même plus que tu le penses, murmura Harry, avant d'embarquer Remus dans un baiser époustouflant pour lui faire oublier toutes questions qu'il aurait pu se poser après cette réplique.
Une exclamation, plus importante que les précédentes, les interrompit et ils redonnèrent leur attention à la scène du duel. Avec stupeur, ils virent Regulus qui embrassait Severus avec passion tandis que James et Sirius étaient à terre, après avoir visiblement perdu.
- Prends-toi ça dans les dents, frérot, s'exclama Regulus en se reculant, un immense sourire aux lèvres, ses doigts encore enlacés à ceux de Severus.
Ce dernier fixait le Serdaigle avec un air que personne ne lui avait jamais vu.
- James ! s'écria Sirius sans faire attention à son frère. Severus rougit ! Severus est un adolescent ! Il n'est pas une chauve-souris !
Une nouvelle salve de rire résonna dans le parc tandis que ledit Severus lança un sort de sa conception au Gryffondor. Pendant plusieurs secondes rien ne se passa, puis Sirius voulut parler et des bulles de savon sortirent de sa bouche. Elles étaient multicolores et de toutes les formes.
- Alors, beau-frère, ricana Severus. Tu as un problème ?
De surprise, Sirius laissa échapper de nombreuses nouvelles bulles. Les élèves autour d'eux eurent une exclamation ravie quand ils virent qu'elles devenaient parfois des animaux qui gambadaient légèrement avant d'éclater dans un "Pop".
- Ce sort est incroyable Severus, s'extasia Hermione, au grand damne de son petit-ami.
Le Serpentard haussa les épaules, tentant de reprendre son air habituel. Il avait cependant gardé la main de Regulus dans la sienne et semblait contenir difficilement un sourire.
- Il l'a confectionné pendant qu'on travaillait sur notre projet, compléta Regulus. En plus d'être un futur Maître des Potions, il a de sacrés aptitudes en sortilèges. C'est un monstre.
- Un monstre avec lequel tu sors, s'exclama joyeusement Hermione, un air narquois sur le visage.
Les joues de Regulus se colorèrent quelque peu, mais avant qu'il ait pu dire autre chose, Lily se trouva à leurs côtés.
- Depuis combien de temps ? s'écria-t-elle. Quand avez-vous commencé à sortir ensemble ?
- En début d'année, répondit Regulus après un regard vers son compagnon. Nous nous sommes rapprochés, d'abord grâce à Hermione, puis nous avons décidé de nous mettre en binôme pour notre projet.
- Ce devoir a réuni beaucoup de personnes… déclara Hermione avec un sourire rêveur. Regardez Peter et Monroe, ils sont sans arrêt ensemble…
- Pas par choix, ricana Sirius, les professeurs les forcent à travailler ensemble. Peter ne fait que de se plaindre dans les dortoirs !
Alors que James et Sirius parlaient des plaintes incessantes de leur ami au sujet de son binôme, Lily se pencha et murmura à l'oreille d'Hermione :
- Je n'en suis pas si sûre, gloussa-t-elle.
- Tu sais quelque chose ?
- Peut-être… Tu sais qu- commença la jeune femme rousse.
- Lily ? la coupa James, criant de sa place.
- Quoi ? grogna-t-elle.
- Tu me dois un Galion.
- Pourquoi ?
- Tu ne te souviens pas ? Nous avons parié il y a plus de trois mois qu'Harry et Remus arriveraient en retard à leur prochain entretien avec leur professeur référent pour leur projet. Ils en sont à cinq minutes de retard. Ah non… Six !
Remus et Harry se relevèrent d'un bond, regardant James, les yeux écarquillés. Hermione avait déjà jeté un tempus et leur faisait signe de se dépêcher.
- Tu… Tu avais prévu tout ça ? demanda Harry faisant un signe de main sur l'ensemble de leur groupe.
- Pour qui tu me prends ? gronda James. Je savais qu'un nouvel élève attirerait l'attention de Remus, que vous vous lieriez d'amitié et que vous finiriez par faire vos devoirs ensemble. Je n'avais pas prévu le projet de l'année, coup de chance servant mes plans, mais je savais que vos passions communes pour les créatures et la lecture vous rapprocheraient encore plus. Je savais que, poussé par l'exemple des magnifiques couples autour de vous…
Il suspendit sa phrase, désignant un à un les couples rassemblés dans le parc, et reprit :
- Vous auriez envie de sortir l'un avec l'autre et que vous vous trouveriez enfin.
- James, l'appela doucement Lily.
- Attends Lily ! Je n'ai pas fini. Je savais que Harry et Hermione nous pousseraient à nous allier avec d'autres maisons, que les beaux jours reviendraient et que personne ne pourrait résister à l'envie d'étudier sous le soleil timide d'avril. Je savais que vous seriez tellement enchevêtrés l'un dans l'autre, que vous ne verriez pas le temps passer et que vous ratteriez cette chance inouïe de montrer vos multiples progrès au Professeur Chourave.
Un silence se fit tout autour, si bien que même les oiseaux semblaient s'être arrêtés de chanter. James, de dos, pour un effet dramatique déclara finalement :
- Ou alors, je m'en suis souvenu il y a dix minutes et j'ai décidé de faire durer un peu le duel pour un Galion facilement acquis, dit-il en se retournant, un sourire charmant sur les lèvres.
Son sourire s'effaça quand il vit que Harry et Remus étaient déjà loin, en train de courir vers le château, et tous les élèves hilares autour de lui.
- Tu crois qu'il s'est rendu compte à la fin de son discours ou avant ? Qu'on était parti je veux dire ? demanda justement Harry alors qu'ils passaient les portes du château avec Remus.
- Je suis quasiment sûr qu'il n'a rien vu avant d'avoir fini, ricana son petit-ami.
Ils se moquèrent encore quelques secondes de leur ami puis arrivèrent en face du bureau du Professeur Chourave. La porte était fermée et ils prirent un instant pour reprendre leur souffle, avant de se lancer un regard puis de frapper sur le pan de bois. Ce dernier s'ouvrit aussitôt et le Professeur Chourave apparut.
- Vous êtes en retard Messieurs, fit-elle dans une remontrance légère.
Remus et Harry présentèrent leurs excuses d'une seule et même voix, puis un sourire amusé étira les lèvres de la botaniste.
- Alors ? Qui a gagné ? demanda-t-elle sur le ton de la confidence.
Les deux élèves se regardèrent quelques instants sans comprendre, puis échangèrent un sourire de connivence.
- Regulus et Severus, évidemment ! répondit Harry tandis qu'ils rentraient dans le bureau.
- Minerva doit donc quelques Gallions à Filius, répondit leur professeur en leur adressant un clin d'œil. Installez-vous, après tout, nous ne sommes pas là pour nous amuser. Comment vous en sortez-vous avec votre projet ?
Remus et Harry s'assirent sur les deux chaises qui faisaient face au bureau et le Gryffondor sortit une liasse de parchemins sur lesquels ils prenaient leurs notes. Il prit le premier qu'il tendit à Harry et le Serdaigle commença à résumer leurs avancées :
- Depuis le dernier rendez-vous, nous avons eu quelques entretiens avec Newt Scamander, le célèbre Magizoologiste. Il nous a donné plusieurs ouvrages sur les plantes et les créatures magiques, et nous a aidé à trouver une approche un peu plus douce dans nos problématiques.
Remus prit un autre parchemin et le tendit à Madame Chourave qui s'en saisit.
- Monsieur Scamander nous a aussi donné les coordonnées de Jack Hightown, l'un de ses confrères vivant en Ecosse. Cet homme a une maîtrise en botanique et a été mordu par un loup-garou à l'âge de trente-six ans. Il vit aujourd'hui reclus mais continue ses recherches et est à l'origine de beaucoup de manuels scolaires, notamment ceux utilisés dans vos cours, Professeur.
- Je connais Monsieur Hightown de réputation, répondit Pomona. Il a toujours refusé la moindre discussion avec les élèves cependant, de même avec ses collègues chercheurs.
- C'est vrai, mais Monsieur Scamander l'a convaincu de nous recevoir, déclara Remus, souriant timidement. Il a évoqué le fait que j'avais moi-même été mordu et que je tirerais un grand bénéfice de cet entretien.
- Quelle chance vous avez ! Cet homme est vraiment brillant !
- Pourriez-vous signer le parchemin qui nous permettrait de sortir samedi prochain dans le but de le rencontrer ? demanda poliment Harry.
- Bien sûr, bien sûr ! répondit la professeur de botanique.
Elle attrapa sa plume dans son encrier et griffonna son accord en bas du parchemin.
- Ensuite ? demanda-t-elle en leur rendant l'attestation de sortie. Où en êtes-vous dans la rédaction pure du devoir ? Avez-vous corrigé le point de vue du troisième chapitre, comme je vous l'avais recommandé ?
- Bien sûr, répondit Remus en tirant d'autres parchemins pour lui montrer. Nous avons suivi vos directives et allongé la partie sur les Amarantes, car nous avons trouvé d'autres informations dans le livre que le Professeur Slughorn a retrouvé. J'ai marqué ces passages.
Ils attendirent que le professeur acquiesce et Harry reprit la parole lorsque ce fut fait :
- Nous avons aussi ajouté un index pour la fin du projet dans lequel nous répertorions toutes nos sources. C'est ce qu'ils font dans les écoles Moldues pour que les professeurs ou autres lecteurs puissent retrouver facilement les informations citées.
- C'est intelligent… murmura le Professeur Chourave en étudiant le document.
Quand elle releva son visage, un sourire sincère y était affiché.
- Vous vous débrouillez particulièrement bien dans l'élaboration de ce projet, Messieurs. Je vous propose qu'on se revoit dans un mois, ce qui vous laisse le temps de retranscrire et mettre en forme les informations que Monsieur Hightown vous transmettra. D'ici là, j'aimerais aussi que vous réfléchissiez à une problématique que vous n'avez pas pu aborder, ou que vous n'avez pas réussi à aborder.
Les deux élèves acquiescèrent et, sentant que l'entretien était terminé, se levèrent de leurs chaises.
- Monsieur Taylor ? appela le professeur alors qu'ils allaient quitter le bureau. Je suis très fière de votre implication dans ce devoir et dans le fonctionnement de la Maison des Poufsouffle. Je me doute qu'il n'a pas été facile de s'intégrer dans un groupe formé depuis sept ans.
Harry rougit, remercia Chourave puis Remus et lui sortirent dans le couloir.
- Alors Taylor, on se fait bien voir par sa directrice de maison ? se moqua le lycanthrope tandis qu'il attrapait la main d'Harry pour lier leurs doigts.
Harry leva les yeux au ciel et s'apprêta à tirer la langue à son petit-ami. Quand il se tourna vers lui, il décida finalement de l'embrasser, prenant Remus par surprise.
- Tu peux parler, déclara-t-il ensuite en reprenant la route du parc, faisant fi des joues rouges du Gryffondor. Tu es le chouchou de McGo.
- Faux, argua Remus. Il y a une nouvelle élève en première année, c'est définitivement sa nouvelle chouchoute.
- Les profs ont le droit à un chouchou par année, répondit Harry en levant les épaules.
- Tu as vraiment réponse à tout.
- Toujours, tu devrais le savoir depuis le temps.
Remus leva les yeux au ciel, mais un sourire éclairait son visage. Ils traversèrent les différents couloirs du château, parlant joyeusement de divers sujets jusqu'à ce qu'Harry s'arrête, le visage intrigué.
- En fait non, il y a une chose pour laquelle je n'ai pas de réponse. Tu vois cette élève là-bas ?
Remus suivit du regard la direction qu'Harry indiquait. Il pointait une élève de Gryffondor en sixième année. Quand cette dernière les vit, elle leur adressa un geste de la main joyeux auquel ils répondirent tous les deux.
- C'est avec elle que tu es allé au bal de Noël l'année dernière, n'est-ce pas ?
- Oui, acquiesça Remus sans comprendre où voulait en venir Harry.
- Tu m'a dit que tu savais être gay depuis plusieurs années. Pourquoi être allé au bal avec une fille ?
Le lycanthrope observa son petit-ami avec surprise, avant de sourire sournoisement.
-Tiens donc… Te voilà à ma merci pour cette réponse. Que m'offres-tu en échange de cet incroyable savoir ?
- Ville créature, siffla Harry, se détournant pour reprendre son chemin.
- Ne boude pas ! rit Remus, l'attrapant par le bras. Je vais t'expliquer.
Ils se fixèrent un instant, le Poufsouffle feintant une frustration et une colère qu'il ne ressentait pas et Remus le fixant avec un sourire tendre, absolument pas dupe. Après un moment de silence, le loup-garou laissa échapper un petit gloussement et embrassa la joue de son petit-ami.
- Alors ? J'attends, déclara Harry, tapant exagérément du pied avec un air revêche.
- Nous avions un accord, répondit Remus, haussant les épaules.
- Un accord ?
- Ses parents voulaient qu'elle y aille avec un garçon de Gryffondor dont ils connaissaient la famille. Ils essayaient d'arranger un mariage après leurs études. Elle a contré en disant qu'elle avait déjà un cavalier et s'est retrouvée bien embêtée que ce ne soit pas le cas.
- Alors elle t'a demandé ? le questionna Harry, trop absorbé par l'histoire pour faire semblant d'être fâché.
- J'ai entendu quand elle en parlait à ses amies à la bibliothèque, répondit Remus, haussant à nouveau les épaules. Et comme les Maraudeurs me mettaient la pression pour que je vienne accompagné et que je n'avais pas encore le courage d'inviter qui que ce soit... Encore moins d'avouer mon homosexualité à Poudlard… C'était l'occasion rêvée pour nous deux.
- Je comprends mieux, souffla Harry.
- Et puis, rien dans le règlement ne stipule que nous devons aller au bal avec quelqu'un dont nous sommes amoureux. Je l'ai invitée en ami, tout comme Regulus par exemple.
- Quoi Regulus ?
- Idiot… Tu ne vois pas qu'il s'intéresse à Severus depuis longtemps ? Sa cavalière était uniquement son amie.
- Oui bon, ça va… grogna Harry reprenant son chemin dans le couloir. Je n'ai jamais été très observateur.
- Heureusement pour moi, ricana Remus. Tu aurais remarqué bien trop tôt que j'étais amoureux de toi, trop tôt pour que je ne puisse l'admettre.
Le loup-garou fronça les sourcils lorsqu'il vit Harry s'arrêter net dans sa marche, ne comprenant pas ce qui le faisait réagir ainsi. Il y eut un silence, puis le Poufsouffle se tourna lentement vers Remus, ses yeux verts si intenses braqués dans les siens.
- Tu es amoureux de moi ? murmura-t-il.
Remus rougit légèrement mais ne détourna pas le regard pour autant. Silencieux, il hocha la tête de haut en bas.
- Je ne t'oblige à rien, déclara-t-il ensuite. Je sais que tu n'étais pas sûr de toi et que c'était nouveau, mais-
- Moi aussi, l'interrompit Harry, un immense sourire sur les lèvres.
Remus devint écarlate puis brisa la distance entre Harry et lui, l'embrassant avec ferveur. Aucun d'eux ne fit attention aux regards des élèves sur eux, ni aux sourires de connivence que ces derniers s'échangeaient, ils ne les voyaient de toute façon pas.
- Humhum, il s'agirait de vous trouver une chambre, fit cependant une voix près d'eux, brisant leur étreinte.
Ils se séparèrent de quelques centimètres et aperçurent leurs amis qui venaient de les rejoindre dans le hall du château. Sirius, qui venait de les interrompre, affichait un faux air dégoûté.
- Jaloux, ronchonna Remus, si bas que seul Harry put l'entendre.
Le Poufsouffle laissa échapper un rire léger attisant la curiosité de l'Animagus.
- Quoi ? fit-il. Qu'est-ce que tu lui as dit ? Tu t'es moqué de moi ? Je suis sûr que oui !
Il se jeta sur Remus qui prit la fuite en riant et les deux adolescents traversèrent le hall sous les regards amusés des autres élèves. De son côté, Harry se rapprocha de Lily et Hermione.
- Je vois que tout se passe bien entre vous deux, remarqua Hermione avec un ton mi-amusé, mi-attendri.
- Plutôt oui, répondit Harry, restant volontairement énigmatique.
Hermione se rapprocha de lui et passa un bras au-dessus de ses épaules, l'attirant dans une douce étreinte.
- Je suis contente pour toi, murmura-t-elle.
- Je suis content pour nous, fit Harry sur le même ton.
Ils échangèrent un regard et dans leurs yeux brillaient la même lueur de bonheur partagé. Ils restèrent un moment enlacés, observant Sirius qui poursuivait toujours Remus, puis l'Animagus s'aperçut de leur proximité et se dirigea vers eux :
- Hé ! Avoir Remus ne te suffit pas ? hurla Sirius, faussement énervé. Tu vas connaître mon courroux Harry Taylor !
Le brun éclata d'un rire joyeux et se décala derrière sa meilleure amie, se recroquevillant pour se cacher dans son dos.
- Protège-moi Hermione ! Ne le laisse pas m'avoir !
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Aupaupsi
