Titre : Taylor
Résumé : Suite de "La Nouvelle Salamandre". Harry apparaît dans le salon de Newt Scamander, sous l'œil surpris de Remus. Comment Hermione va-t-elle l'expliquer ? Et comment Harry va-t-il s'intégrer à cette nouvelle vie ?
Disclaimer : L'univers et les personnages d'Harry Potter ne nous appartiennent pas. Nous ne recevons aucune compensation financière pour la publication de cette histoire.
Pairing : Het et Homo
Rating : T
Statut : Terminée
Auteures : Epsilon et Pauu
Bêta : Epsilon et Pauu
Nda : Bonjour à tous et toutes !
Voici le dernier chapitre, l'épilogue, de Taylor, qui marque la fin de cette histoire ! La publication de ce deuxième tome a été compliquée pour nous deux, et nous devons vous avouer que c'est avec un soulagement certain que nous publions ce point final.
Merci de nous avoir suivi sur La Nouvelle Salamandre puis Taylor. Merci pour tous vos follows, fav, reviews. Ça a été un immense plaisir de voir que cette histoire a plu !
Pas de projet en cours pour le moment, pas de nouvelles publications programmées, nous vous souhaitons donc une bonne journée ou soirée, en fonction de l'heure à laquelle vous lisez ceci ! (même si vous nous retrouverez en fin de chapitre pour quelques anecdotes !)
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Chapitre 10
EPILOGUE
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Harry regarda le plan de travail du coin de l'œil, attendant, spatule en main. Au moment où il vit quelques doigts entrer dans son champ de vision, il se tourna vivement et mit un petit coup d'ustensile sur le membre gênant.
- Pas touche Remus ! rit-il.
Le lycanthrope recula d'un bond, plaquant son bras contre sa poitrine. Il regarda les truffes au chocolat posées sur le plat et réfléchit aux différentes options qui s'offraient à lui. Préférant finalement ne pas risquer de perdre un doigt dans un combat sanglant avec son petit-ami, il se résolut à ne pas goûter les desserts qu'il savait pourtant merveilleux.
- T'es dur… souffla-t-il avec déception. Je vais finir par mourir de faim à force de les attendre.
Harry sourit et ouvrit le placard au-dessus de sa tête, sortant une petite assiette sur laquelle trônait une truffe plus grosse que les autres. Devant les yeux émerveillés de Remus, il tendit l'assiette.
- Je te connais suffisamment pour savoir que l'odeur du chocolat t'attire comme un papillon par une flamme. Je ne voulais pas risquer le dessert prévu pour nos invités. Tu as- commença-t-il.
Il fut cependant coupé par un baiser ardent de la part de son compagnon. Tentant de stabiliser l'assiette, toujours dans sa main dans un équilibre précaire, il profita néanmoins du baiser de Remus. Son mari était toujours aussi passionné, même après toutes ces années et la routine qui s'était peu à peu installée dans leur quotidien.
- Je n'arrive pas à croire que nous sommes ensemble depuis près de dix ans, murmura Remus lorsqu'il recula.
- Je ne peux pas croire que je te supporte depuis dix ans, se moqua Harry tandis que son compagnon dévorait la truffe au chocolat.
Le brun leva les yeux au ciel puis redonna son attention au dessert qu'il préparait. Il ne restait plus grand chose à finaliser et Harry était particulièrement fier du résultat.
- Tu vas réussir ton examen haut la main, commenta Remus après quelques minutes de silence à l'observer.
Harry le regarda puis lui sourit, le remerciant en silence. La fin de Poudlard avait été une période compliquée pour Harry, qui n'avait eu aucune idée de ce qu'il voulait faire comme métier. Il avait finalement intégré l'école d'Auror, aux côtés de James, plus par besoin de se rendre utile que par réelle conviction. Après trois ans d'études et six ans d'exercice, il avait senti qu'il avait atteint sa limite et avait opté pour une reconversion. Soutenu par Remus et ses amis, il avait décidé d'ouvrir son propre restaurant et s'entraînait depuis plus d'un an à créer toutes sortes de plats et desserts.
Heureusement, Remus avait un travail stable qui leur avait permis cette opportunité. Le couple n'était pas très dépensier, fournissant une bonne avance pour le projet et les Gobelins de Gringotts avaient été très favorables et prêtaient les restes du capital de base. Après les tensions subies dans le monde sorcier à cause de Lord Voldemort, qui avait terrifié quelque temps la Grande-Bretagne, le Ministère faisait tout pour valoriser et apporter son soutien à la population. Pour résumer, Harry avait eu tous les feux au vert pour nourrir son projet.
A quelques mois de l'ouverture de son enseigne, il se sentait à la fois épanoui et confiant.
- Je te le dis, continua Remus. Le monde entier viendra en Angleterre pour goûter tes plats.
Harry roula des yeux, un sourire aux lèvres.
- Au moins… murmura-t-il.
Son petit-ami allait répondre, mais fut interrompu par la sonnette de leur petite maison. Ils regardèrent l'horloge accrochée dans la cuisine et échangèrent un sourire de connivence quand ils virent l'heure.
- Trente minutes d'avance, ça ne peut qu'être Lily ! commenta Remus, un sourire aux lèvres, avant de sortir de la pièce pour aller ouvrir à leur amie.
Quand il ouvrit le battant, il aperçut en effet la rouquine et ses lèvres se courbèrent encore un peu plus en apercevant le ventre arrondi de la sorcière. Lily était enceinte pour la troisième fois. James et elle avait eu un premier enfant, Paris, deux ans après la fin de Poudlard. Ils étaient encore en études et, si la grossesse n'était pas prévue, ils avaient accueilli l'enfant dans leur vie avec tendresse et amour.
James et Lily avaient tant bien que mal réussi à concilier vie de jeunes parents et études, et le premier avait brillamment passé les examens d'Auror tandis que la deuxième avait ouvert son cabinet de psychomage. Trois ans plus tard, Paris était devenu grand frère d'une petite Eléonore.
- Tu es magnifique ! déclara immédiatement Harry qui venait de les rejoindre.
- Merci ! répondit James avec vanité. Je n'arrête pas de le dire, mais l'attention ne se porte que sur elle ! dit-il en désignant son épouse.
Il ne fallut pas attendre longtemps pour que Lily attaque James à coup de coude dans les côtes. Harry se mit à rire aux pitreries de ses amis et se décala pour les laisser entrer.
Les crises de grossesses de Lily étaient légendaires au sein du groupe. Elle passait toujours d'une humeur à l'autre en un quart de seconde, surprenant tous ses proches. Seul James savait la faire sourire avec son humour idiot.
- Tu n'en as pas marre de l'embêter ? demanda Remus en riant, prenant leur cape pour les ranger dans la penderie.
- Tu as vu ? Il s'accapare mes compliments ! gémit Lily. Il n'y a déjà pas beaucoup de points positifs à être enceinte, il ne peut pas m'enlever ça !
- Tu es radieuse Lily, répondit Remus, l'embrassant sur la joue.
- Où est mon adorable filleul ? demanda Harry en refermant la porte.
- Paris et Eléonore sont restés avec "tante Hermione et oncle Sirius" cette après-midi. Pour qu'on puisse profiter de quelques moments de calme avant l'arrivée du bébé. Et Aliath voulait montrer sa nouvelle cabane à ses cousins.
- Sirius a fini de la construire ? se moqua gentiment Remus.
- Oui ! Enfin, répondit Lily.
Hermione et Sirius avaient acheté une maison au début de l'année, déménageant de l'appartement qu'ils occupaient jusqu'alors. Aliath avait trois ans et ils avaient tous les deux ressenti le besoin d'avoir un jardin pour lui permettre de jouer en extérieur. Sirius s'était mis en tête de construire une cabane dans un immense mimosa, mais sans user de magie. Malgré leur moqueries et blagues récurrentes, ses amis avaient été les premiers à l'aider dans ce projet qui lui avait pris plus de sept mois.
- Au fait, Severus et Regulus vont arriver un peu en retard, annonça Lily alors qu'ils s'asseyaient dans le salon.
- Vous les avez vus ?
La rousse hocha la tête et caressa son ventre doucement.
- Severus est venu avec moi à l'échographie cet après-midi comme James n'était pas disponible. Il m'a expliqué qu'ils avaient un rendez-vous avec l'assistante sociale.
- Vraiment ? s'extasia Harry, ravi.
Quelques mois plus tôt, Regulus et Severus avaient commencé des démarches pour adopter un enfant, mais leur dossier avait été mis en attente après leur première visite chez un psychomage. Le professionnel avait estimé que Severus était "dans l'incapacité d'élever un enfant correctement en vue de son passé familial". La décision avait été particulièrement douloureuse à recevoir et avait fait bondir Lily.
La rousse ne pouvant elle-même établir le bilan psychologique des deux sorciers, elle avait tout fait pour qu'un de ses confrères, un ancien professeur avec qui elle avait gardé contact, rencontre Regulus et Severus pour le deuxième bilan. Suite à ça, le dossier du couple était passé en commission et ils attendaient, depuis, qu'on leur annonce la décision.
- Ils vont donc enfin savoir si les démarches reprennent ? s'enquit Remus.
- Si tout se passe bien et que personne ne leur met de bâton dans les roues, acquiesça Lily.
- De toute façon, ils ont toujours leur plan B si cela n'aboutit pas, déclara James avec un sourire narquois.
- Un plan B ? demanda Harry avec incompréhension.
- Hermione ne vous l'a pas dit ? s'enquit James. Elle s'est proposée pour être leur mère-porteuse ! Et étonnement, Sirius n'était pas rebuté par l'idée. Il veut aider son frère et… Vu qu'il n'a pas d'utérus, il s'est dit qu'il pourrait mieux protéger son futur neveu s'il était dans sa… enfin bref… Je crois qu'il était ivre quand il m'a passé cet appel par cheminette…
Le groupe se mit à rire et Harry regarda autour de lui. Sur la table basse, agrandie pour l'occasion, tout comme le sofa, Remus avait déjà préparé des verres, quelques bols de fruits secs et le punch qu'il avait lui-même préparé. Il ne manquait que les amuses-bouches qu'il avait cuisiné l'après-midi même. Il s'excusa auprès de ses invités et quitta la pièce.
Harry revint quelques secondes plus tard, faisant léviter derrière lui plusieurs plats contenant des brochettes de fruits, des toasts et des petits cakes salés. Les invités scandèrent au génie et Remus dû quitter la pièce lorsqu'il entendit la sonnette retentir. Il revint quelques secondes plus tard, accompagné par Hermione, Sirius et les trois enfants.
- Parain ! cria Paris, sautant dans les bras de Harry.
Celui-ci l'attrapa au vol et le fit tourner dans les airs, faisant rire l'enfant à plein poumon. Il le reposa et s'assura qu'il ne tombe pas, avant de se tourner vers Eléonore et de lui infliger le même châtiment. Lorsqu'elle fut à côté de son frère, il se tourna vers Aliath qui l'observait, caché derrière la robe de son père.
- Toujours aussi timide ? dit-il avec un sourire doux, tendant la main vers l'enfant.
Après un regard interrogatif vers son père, qui acquiesça, tout sourire, le petit garçon se dirigea à pas mesurés vers Harry qui le prit dans ses bras et le serra contre lui, sachant qu'il n'aimait pas les sensations fortes comme les plus grands.
- Alors, comment vont les cousins ? demanda Harry.
- On n'est pas cousin, répondit Paris, croisant les bras sur sa poitrine.
- Oh, j'en connais un qui est fâché, le taquina sa mère.
- Ils se sont disputés juste avant de partir, gloussa Hermione. Paris jouait avec un bout de bois du jardin et faisait semblant d'être le Professeur Dumbledore. Aliath a eu un petit accident de magie et l'a réduit en poussière.
Elle déposa un baiser sur le front de Paris et partit s'asseoir sur un fauteuil que fit venir Remus.
- Tu sais que Sirius est mon frère, déclara James à son fils, l'attirant pour s'asseoir sur ses genoux. Même si ce n'est pas par le sang, ce n'est pas très important, notre famille peut être celle que nous choisissons.
- Et ben moi je choisis que Aliath c'est pas mon cousin.
En face de lui, Aliath qui était assis sur les genoux de sa mère, fit un grand sourire à Paris et déclara :
- Pa'is éon cou'in.
Paris le regarda un moment, les sourcils froncés, semblant réfléchir sous les regards amusés des adultes. Finalement, ce fut Eléonore qui mis tout le monde d'accord en proposant :
- On va jouer aux balais ?
Harry avait acheté des petits balais, adaptés à la taille des enfants qui ne volaient pas vraiment mais qui étaient ensorcelés pour être si légers qu'ils pouvaient les porter sans faire d'effort. C'était un jeu que Paris comme Aliath aimaient énormément et en quelques secondes, leur dispute était oubliée.
Ils coururent dans la pièce de jeu, située juste à côté du salon, et Lily émit un petit rire.
- Si seulement nos disputes pouvaient être aussi futiles et faciles à régler que celle-ci, soupira-t-elle.
Ses amis acquiescèrent et pendant plusieurs minutes, la conversation tourna autour des disputes enfantines. Remus était celui qui avait le plus d'expérience à partager. Depuis six ans, il travaillait en tant que professeur dans l'école pour jeunes sorciers qu'Hermione avait ouverte. Son lot quotidien était d'écouter les plaintes des enfants et de régler les conflits sans gravité.
- J'ai eu un nouvel élève dans ma classe cette année. Le petit Théodore Nott, il m'a dit que son meilleur copain lui avait cassé son matériel de potion. Devinez le nom de ce gamin ? demanda Remus avec un sourire ironique. Draco Malfoy !
- C'est pas vrai ? gloussa Sirius. Ma cousine a enfanté un monstre ! Surprenant.
- Tu le saurais si tu venais parfois aux réunions de famille, fit une voix sortant de la cheminée.
Tous se tournèrent pour voir Regulus en sortir élégamment, vite suivi par Severus. Celui-ci portait une bouteille de vin et la tendit à Harry lorsque le brun se leva.
- Nous sommes de mauvais invités ! gémit Hermione. Nous n'avons rien apporté ! Sirius ! Tu aurais pu y penser !
- Moi, j'apportais les enfants ici un par un par transplanage en faisant attention qu'il ne se faufile pas quand j'avais le dos tourné, ou plutôt, quand j'étais parti pour en chercher un autre. C'est toi qui étais en retard à cause des dernières inscriptions.
- Tu…, pâlit Hermione. Tu veux dire que tu n'as pas pris de Portoloin comme je te l'ai demandé ? Tu as vraiment laissé les enfants seuls entre deux transplanages ?
- Je ne suis pas idiot ! Je leur ai laissé un donut pour les occuper !
- Tu as quoi ? s'étrangla Hermione.
- J'ai pris le carnet-Potoloin que tu avais prévu, répondit Sirius, un immense sourire sur les lèvres avant de l'embrasser.
Hermione resta un moment interdite avant de taper son mari plusieurs fois.
- Tu. Es. Un. Monstre ! s'exclama-t-elle sous les rires de leurs amis. Pourquoi je t'ai épousé ? Je me pose vraiment la question !
Sirius tenta de se défendre comme il put, s'excusant en riant. Après quelques minutes, Hermione s'arrêta et, à la surprise de toute le monde, des larmes perlaient au coin de ses yeux. Elle renifla et tourna la tête avant de disparaître dans la cuisine en silence.
- Il y a un problème ? s'inquiéta immédiatement Lily en se tournant vers Sirius.
Le sorcier secoua la tête de gauche à droite, tout aussi perdu. D'habitude Hermione prenait bien ce genre de blague et se contentait de le traiter de l'idiot au bout de plusieurs minutes avant de l'embrasser.
- Je vais la voir, intervint Harry avant de se tourner vers Regulus et Severus. Installez-vous, mais interdiction de parler de votre rendez-vous avec l'assistante sociale, vous attendez notre retour !
Ils leur lança un regard faussement menaçant avant de rejoindre sa meilleure amie dans la cuisine.
- 'Mione ? appela-t-il doucement quand il eut fermé la porte derrière lui. Qu'est-ce qu'il se passe ?
La brune était appuyée contre le plan de travail, la tête dans les mains. Il s'approcha d'elle et la prit dans ses bras. Hermione se relâcha intégralement contre lui et l'enlaça à son tour. Il l'entendit respirer profondément, puis elle déclara, la gorge serrée :
- J'ai reçu le dossier d'inscription de Ronald Weasley juste avant de venir ici.
- Oh… murmura Harry, comprenant soudainement les sentiments de sa meilleure amie. Molly doit être débordée avec tous les enfants. Il ne fait aucun doute que tu lui as rendu un énorme service en créant cette école. Et heureusement, ce ne sont pas les jumeaux qu'elle a inscrits.
- Oui, gloussa Hermione à travers ses larmes.
- Et pour ton plus grand bonheur, Lucius Malfoy n'inscrirait jamais son fils dans une école comme celle-ci ! Quelle chance.
Hermione rit à nouveau et se blottit un peu plus dans l'étreinte de son ami. Il y eut un petit silence, avant qu'Harry ne reprenne la parole :
- Tu sais, Newton m'a contacté la semaine dernière pour me présenter quelqu'un. Elvis Wilfred. Un homme un peu bourru et craintif.
- Pourquoi voulait-il que tu le rencontres ? demanda Hermione.
- Parce que je recherche des employés pour mon futur restaurant, et qu'Elvis a du mal à trouver sa place dans la société. Devine pourquoi ?
Hermione secoua la tête de gauche à droite.
- Il vient de 1758 !
- Quoi ? haleta Hermione. C'est un voyageur lui aussi ?
- C'est exact. C'est un voyage déclaré cependant. Grâce à ses relations au Ministère, Newt a eu accès à ces informations et il a pensé que je serais le plus à même de comprendre ses différences de langage, de mœurs, de règles…
- Le Choixpeau nous avait bien dit qu'il y avait eu d'autres voyageurs, mais c'est toujours surprenant d'en rencontrer. Tu te souviens de la petite Bianca ?
Harry acquiesça, songeant à la triste histoire de l'enfant. Bianca était la première voyageuse qu'ils avaient rencontrée. Elle avait été trouvée dans la cour de l'école par Remus et Harry, un matin d'hiver. Ils avaient amené l'enfant à Sainte Mangouste et Harry, en congé ce jour-là, était resté près d'elle toute la journée.
Quand Bianca s'était réveillée, il avait fallu peu de temps à l'ancien Poufsouffle pour comprendre qu'elle avait voyagé dans le temps. Âgée de cinq ans, la petite sorcière n'avait même pas su dire de quelle époque elle venait.
- Je me souviens aussi de la discussion qui a suivi son arrivée ici, déclara Harry en s'extrayant de ses souvenirs.
- Un de nos plus grands désaccords.
James avait fait partie de l'équipe d'Auror qui avait suivi l'affaire de Bianca, il avait donc été mis au courant de son voyage dans le temps. Remus, qui avait trouvé l'enfant, était également au courant. Suite à cela, Harry avait émis l'idée à sa meilleure amie qu'ils révèlent leur secret à leur petit groupe, ce à quoi Hermione n'avait pas adhéré.
Pour elle, tous les souvenirs de cette ancienne vie n'étaient qu'un lointain cauchemar. Elle était née le jour où elle était arrivée dans le jardin de Newton et avait fait un trait net sur "l'avant". Harry n'avait pas été dans cette optique là, ce qui avait créé des tensions entre les deux amis.
Soupirant, Hermione se blottit encore un peu dans l'étreinte de Harry. Elle n'entendit pas la porte de la cuisine s'ouvrir, mais sentit son corps être manipulé pour atterrir dans d'autres bras.
- Elle a reçu le dossier d'un enfant prénommé Ron, souffla Harry.
- Oh… murmura Sirius, propriétaire des bras forts qui l'encerclaient à présent.
Sirius savait que Ron était un sujet sensible. Hermione se contenta de respirer profondément l'odeur rassurante de son compagnon, se calmant encore, jusqu'à se détendre totalement dans son étreinte.
Harry retourna dans le salon et tous ses amis se tournèrent vers lui, soucieux et curieux.
- Une dure journée au travail, dit-il simplement pour les rassurer, avant de venir s'asseoir à côté de Remus. Alors, racontez-nous, ce rendez-vous avec l'assistante sociale, ça a donné quoi ?
En face de lui, Regulus et Severus échangèrent un regard avant de lever les yeux au ciel.
- Donc on ne peut pas en parler quand tu n'es pas là, mais le fait que Hermione et Sirius soient encore dans la cuisine ne te gène pas ? se moqua Regulus.
Harry grommela pour la forme mais prit son mal en patience et ils discutèrent de banalités le temps que le couple revienne. Severus évoqua ainsi à quel point les élèves de Poudlard étaient de plus en plus stupides au fur et à mesure des années et Regulus leur raconta quelques anecdotes du service d'urgence dans lequel il exerçait. Quand Hermione et Sirius revinrent, une quinzaine de minutes plus tard, la brune avait retrouvé le sourire et semblait plus apaisée.
Elle s'excusa auprès de ses amis et ils s'installèrent. Harry n'attendit pas plus longtemps pour presser Regulus et Severus de leur raconter leur rendez-vous.
- Ça s'est bien passé, commença Regulus qui ne chercha pas à faire durer le suspens plus longtemps. L'expertise de Monsieur Albon a remis en question le premier bilan psychologique - encore merci Lily. Il s'est avéré que le premier psychomage que nous avons croisé a déjà refusé plusieurs couples homosexuels. Il avait cependant toujours réussi à trouver des raisons qui paraissaient sensées aux yeux de la commission d'adoption.
- Ce veracrasse a été démis de ses fonctions au sein de l'organisme d'adoption, déclara Severus avec un sourire ravi. Et grâce à notre histoire, les dossiers qu'il a refusés depuis plusieurs années vont tous être réévalués.
- Ça doit représenter un travail titanesque, commenta Hermione.
- Honnêtement, je n'ai pas pitié pour eux, répondit Regulus. Ils paient pour leur inattention. A un moment, quand un soi-disant professionnel recale toujours les mêmes profils de couple, il faut se poser les bonnes questions, non ?
- Alors trinquons ! répondit simplement Harry en remplissant les derniers verres. A votre futur enfant, qui aura la chance d'avoir des parents merveilleux et à la déchéance de ce veracrasse ! dit-il en levant sa coupe.
- A vous ! répondirent les autres, trinquant avec joie.
Les enfants firent une rapide apparition pour manger quelques amuses-bouches et boire quelques gorgées de jus de citrouille, avant de repartir en trombe dans la salle de jeu.
- Et vous ? demanda finalement James, s'adressant à Harry et Remus. Quand aurons-nous le plaisir de voir un petit Lupin-Taylor courir partout ?
- Oh… Eh bien… hésita Harry, les joues rouges.
Il regarda Remus qui acquiesça avec un sourire doux et se tourna vers leurs amis, avant de répondre :
- Nous en avons longuement discuté, et… Jamais, en réalité.
- Quoi ? cria James, gagnant un nouveau coup de coude de la part de Lily.
- Quel manque de tact, James ! grogna-t-elle. Ne réagis pas comme si c'était quelque chose de mal.
- J'exprime ma surprise !
- Tu ne devrais pas être surpris, mais essayer de comprendre !
- Chut vous deux ! les coupa Sirius. Je veux savoir pourquoi je n'aurais pas autant de gamins que prévu à balancer sur mes épaules d'ici les dix prochaines années.
Harry ricana derrière sa main, sachant que Sirius aimait effectivement beaucoup jouer avec les enfants et voulait en avoir le plus possible. C'était aussi une excuse pour créer sa propre équipe de Quidditch miniature d'après lui.
- Nous sommes heureux de cette façon, déclara finalement Remus. On s'aime et nous n'avons pas l'impression qu'il manque quelque chose à notre vie.
- Après tout, ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants, c'est un peu dépassé, vous ne trouvez pas ? rit son compagnon.
Sirius et Regulus leur jetèrent des regards d'incompréhension et Hermione soupira.
- Vraiment, je vais te faire lire des contes moldus à Aliath, ton manque de culture dans ce domaine me fascine.
- Pour être tout à fait honnête, reprit Harry sans laisser le temps à Sirius de rétorquer une réponse quelconque. J'ai toujours cru qu'une famille était composée de deux parents et d'un ou plusieurs enfants. Je pensais donc que pour avoir ma propre famille, il nous fallait adopter.
Il fit une pause dans son discours et attrapa la main de Remus, enlaçant leurs doigts.
- En discutant avec Remus, j'ai compris que je n'en avais pour autant pas envie, que j'essayais de coller à une image que j'avais en tête. Il m'a fait comprendre une chose importante.
- Laquelle ? interrogea Lily.
- Une famille, c'est plein de conjugaisons*. Nous deux, dans cette maison, ensemble, c'est ce qui forme ma famille, notre famille. Aujourd'hui, c'est ce qui me rend heureux.
La rousse acquiesça, semblant comprendre ce que voulait dire Harry.
- De toute façon, entre les trois Potter, le Scamander et probablement les autres qui vont suivre et les onze futur Black-Snape, il y aura suffisamment d'enfants autour de nous, termina Remus en riant.
- Ne dis pas n'importe quoi, cingla Severus. Je vois déjà suffisamment de gamins dans ma journées, hors de question d'en avoir onze chez moi quand je rentre.
Un rire général suivit sa déclaration mais Hermione balaya sa remarque d'une main.
- Ne nous la fait pas Sev', on sait pertinemment que tu adores les enfants et que, tout aussi grognon que tu es, tu adores également ton métier.
- Je ne voulais pas devenir professeur, contra Severus, mais le professeur Dumbledore avait besoin de quelqu'un et-
- Et tu aurais très bien pu faire qu'une seule année le temps qu'il trouve quelqu'un d'autre, intervint Regulus. Tu ne trompes personne, amour.
Une nouvelle salve de rires s'éleva dans le petit salon et Remus proposa de s'installer autour de la table à manger. Sa proposition fut immédiatement validée et tout le monde se leva. Hermione et Harry restèrent un peu en retrait et quand leurs regards se croisèrent, Harry sut qu'ils pensaient à la même chose.
Ils avaient fait du chemin depuis leur arrivée le 1 juin 1977. Même si l'adaptation d'Harry avait été plus chaotique que celle d'Hermione, à cause de cette année entière sous la forme d'un chat des sables, ils avaient tenu bon ensemble et étaient fiers de leur parcours. Ils s'étaient fait des amis merveilleux, des compagnons rêvés et Hermione avait même réalisé un rêve qu'elle avait enfoui au fond d'elle depuis l'adolescence, celui d'être maman.
Il y avait eu, bien sûr, des hauts et des bas. Les réflexes félins d'Harry avaient perduré bien plus longtemps qu'il l'avait tout d'abord envisagé. Il avait failli se faire surprendre par James, Sirius et Lily plus d'une fois, mais Remus avait toujours été présent. Ils avaient vu la montée en puissance de Tom Riddle, qui avait été étouffé dans l'œuf lorsqu'il avait affronté Dumbledore. L'homme avait été réduit en poussière par plusieurs sorts inoffensifs simultanés, prouvant ainsi qu'une âme séparée à de multiples reprises n'étaient pas des plus stables. Newton n'avait jamais avoué comment il s'était débarrassé des Horcruxes, ni quelle créature il avait utilisé pour le faire, mais Hermione et Harry n'avaient pas insisté. Ce n'était plus leur guerre.
Ainsi, quand le premier né de James et Lily était né, un mois en avance et quasiment dans les gradins du match de Quidditch amateur du Ministère, qu'Harry avait d'ailleurs remporté, celui-ci avait été serein. Il avait même été nommé parrain de l'enfant, car c'était sa feinte de Wronski, méconnue à cette époque, qui avait surpris Lily et avait déclenché l'accouchement. Une douce ironie lorsque Hermione et Harry y repensaient.
Tout allait bien. Certes, ils pensaient parfois à leur vie passée, mais profitaient d'autant plus de celle qu'ils vivaient à présent.
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F.I.N.
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*Rendons à César ce qui appartient à César… Enfin en l'occurrence à Ben Mazué ce qui appartient à Ben Mazué. "La famille c'est plein de conjugaison" est une phrase tirée de sa chanson "Parents" (Paradis, 2020) que nous avons trouvée particulièrement juste. Il a été assez amusant de constater qu'on avait imaginé toutes les deux la même chose pour Harry et Remus, sans se concerter.
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Vous aussi vous vous demandez ce qu'est devenu Peter ? Vous avez été surpris.e de son absence dans ce chapitre ? Savoir ce qu'il est devenu est a-bso-lu-ment vital pour vous ? Alors voici la réponse :
Après la sortie de Poudlard, Peter a mis de long mois a regagner la confiance des Maraudeurs, mais il a réussi à se faire pardonner. Il n'a cependant jamais retrouvé sa place de Maraudeur. Il n'a pas trahi pour autant, le règne du Seigneur des Ténèbres étant déjà sur le déclin. Après avoir hésité à devenir geôlier de Azkaban, il s'est finalement engagé dans une association engagée dans la préservation de la nature. Il y a rencontré Easton, une jeune autrichienne, de qui il est tombé amoureux. Ils vivent aujourd'hui tous les deux dans le pays de la jeune femme. Peter s'est bien intégré dans cette nouvelle vie, s'est fait de nouveaux amis et a pris des distances avec son adolescence pleine de doutes et de rancunes. Le couple élève des chevaux et a fêté la naissance de leur petite fille, Kristin, peu de temps après la naissance de Aliath.
Peter entretient des relations cordiales avec ses anciens camarades de Poudlard, et ils continuent à se voir quelques fois par an, même si la distance et leurs vies respectives rendent leurs rencontres de plus en plus rares.
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Anecdote : Nous ne savons pas si vous avez fait attention, mais le prénom du premier enfant de James et Lily est Paris. On peut imaginer une demande en mariage au sommet de la tour Eiffel, une conception dans un hôtel de luxe du 16ème arrondissement, que nenni ! Ça nous faisait juste marrer que l'enfant s'appelle "Pas Harry". Paris... Voila…
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Sur cette blague plus que douteuse, nous sommes heureuses d'annoncer la fin. La vraie. Pas de tome 3. Pas de deuxième Epilogue. Non. C'est stop. Ça suffit.
Par contre on a une histoire de vampire qui…
