CHAPITRE 2
Le jour commençait à peine à se lever. Des rayons de soleil timides se faufilaient entre les constructions et venaient chatouiller l'enchevêtrement de briques, vitres et recoins qui constituait l'allée des enchanteurs. L'air avait le goût de la pluie qui était tombée durant la nuit. Comme si le monde avait décidé que cette chaleur étouffante devait enfin cesser.
Un arc-en-ciel se dessinait encore à peine au lointain.
Bientôt, la clameur perpétuelle reprendrait possession des lieux alors que la population commencerait sa journée. Pour l'heure, ces ruelles étaient occupées uniquement par leurs habitants, ceux qui en connaissaient les moindres secrets et les faisaient vivre.
Spica salua d'un signe de tête le potionniste qui tenait l'échoppe juste à côté de la sienne tandis qu'il déverrouillait la porte d'entrée de son magasin.
Il rentrait tout juste de ses emplettes matinales.
Un nouveau burin pesait lourdement dans la sacoche en cuir qui pendait à son épaule gauche. Il avait malheureusement ébréché le sien la veille lors de la réparation du mur de son atelier. Mais cela ne l'étonnait guère. Le dernier en date avait été acheté un peu au hasard un jour où il en avait un besoin crucial et que son fournisseur habituel n'en avait plus en stock. Le nouveau devrait être nettement plus solide et donc tenir le coup plus longtemps. Et au pire, il pourrait toujours le balancer à la figure du prochain auror qui franchirait les portes de son magasin si ce burin n'était pas à la hauteur de ses espérances.
Enfin, pour l'heure, il avait mieux à faire.
Il déposa son butin du jour sur le comptoir et se dirigea vers l'arrière-boutique. Le claquement régulier au fond de l'échoppe lui indiqua qu'Azhar était levé et s'était mis au travail.
Il ouvrit les volets, laissant entrer la lumière naturelle, puis se dirigea vers l'escalier pour grimper à l'étage.
La maison qu'il occupait avec Azhar avait autrefois appartenu à un herboriste. Il restait de cette ancienne activité des traces notables, notamment l'étrange verrière qui occupait près de la moitié de l'étage supérieur, et dans laquelle Spica faisait pousser des plantes de toutes sortes - notamment très utiles pour les rituels et les potions. Il n'était pas un prodige dans ce domaine, mais il ne se débrouillait pas trop mal.
Après tout, c'était là aussi le talent recherché chez un enchanteur. Être bon en tout en excellant dans les charmes et rituels de toutes sortes.
Il observa attentivement ses dernières pousses de sedum de feu. Les plantes possédaient un rouge brillant prometteur et lui seraient certainement très utiles dans un futur proche.
De nombreux autres végétaux poussaient sous la verrière, notamment des fleurs aux pétales parés de couleur qui n'étaient presque pas naturelles. Du moins, pas du point de vue d'un moldu. Mais Spica était né dans une famille de sang pur et il avait l'habitude des teintes étranges que prenaient pistils, boutons et corolles tandis que la plante se développait et que la tige se tortillait d'une manière élégante comme pour arriver à rivaliser avec la grâce de son bouquet.
Il avait planté certaines graines à peine une semaine plus tôt et il avait hâte de pouvoir utiliser les pousses qui en résulteraient dans certaines potions délicates. Ou du moins, si elles étaient trop délicates, il paierait volontiers son voisin pour s'en charger tout en lui fournissant les ingrédients, comme il le faisait régulièrement.
Se laissant tomber sur un banc en bois qui avait vu des jours meilleurs, il soupira profondément puis sortit sa baguette de sous sa robe.
Il l'agita quelques secondes, faisant siffler la bouilloire qui était installée sur une table plus loin, avant d'enchanter une tasse de thé pour venir jusqu'à lui.
Le liquide lui brûla la langue, mais c'était ce dont il avait besoin pour commencer sa journée. Il eut à peine le temps d'avaler son thé de travers qu'un phénix se matérialisa soudainement devant lui.
La tasse heurta le sol et se brisa en plusieurs morceaux.
Spica aurait pu protester contre la destruction d'un item qui avait fait partie du trésor autrefois amassé par sa famille, mais il ne put qu'émettre un miaulement terrifié.
Il sauta de la chaise et s'enfuit à toutes jambes - ahem, toutes pattes - puis fuir l'oiseau qui continuait de le suivre.
La bataille fut très rapidement perdue lorsque le chat se prit les pattes dans la bordure de la porte et fit un vol plané dans l'escalier.
Spica parvint à se retransformer et transplana du mieux qu'il put pour tenter d'éviter une rencontre fortuite avec le sol. Il effectua une roulade avant, mais finit tout de même à plat ventre sur le parquet. Sa robe puait le thé et il en avait même encore sur la figure. Ses cheveux noirs étaient dans un désordre des plus horribles et il était sérieusement remonté contre ce volatile qui avait osé troubler son calme matinal.
Il cligna les yeux, hébété face au bleu beaucoup trop vif des bottes juste devant lui.
Il releva lentement la tête, pour se trouver nez à nez avec une robe à la couleur jaune beaucoup trop agressive - surtout en considérant les petites étoiles rouges qui brillaient à intervalles réguliers.
Un soupir finit par franchir ses lèvres lorsque son regard rencontra enfin les yeux pétillants d'un sorcier qu'il aurait préféré oublier.
-Professeur Dumbledore, marmonna-t-il en se relevant. Qu'est-ce qui vous amène dans mon humble demeure à cette heure si matinale ?
Si le sorcier perçut le sarcasme, il ne le releva pas. Le pétillement ne décrut pas dans les yeux du vieil homme tandis que Spica tendait la main pour que sa baguette revienne vers lui. Il l'avait égaré à l'étage lors de sa chute. Mais fort heureusement, l'anneau runique qu'il portait à la main gauche, petit bijou de sa création, lui permettait de rapatrier sans problème celle qui était nécessaire à sa survie.
Il se sentit tout de suite mieux lorsque la baguette en if, avec crin de licorne, fut de nouveau dans sa main.
-Je vois que vous ne maîtrisez toujours pas vos transformations, Monsieur...
-Spica, le coupa l'enchanteur. Juste Spica.
Le vieil homme haussa un sourcil.
-Je vois, sourit-il. Je comprends maintenant pourquoi j'ai mis aussi longtemps à retrouver votre trace. Spica, donc. Intéressant.
-Il ne s'agit que de mon prénom, professeur, se défendit-il. Et vous savez comme moi qu'être connu par mon nom de famille ne m'apporterait que des problèmes.
Le professeur Dumbledore se contenta de sourire de cet air parfaitement neutre et agaçant que Spica avait connu lors des sept années qu'il avait passées à Poudlard.
-Si vous pouviez m'informer de la raison de votre venue, reprit Spica. J'ai beaucoup de travail, en ce moment.
-Avec les nouvelles restrictions du ministère, n'est-ce pas ? s'enquit Dumbledore.
-Vous devriez le savoir mieux que quiconque, siffla l'enchanteur. Après tout, n'êtes-vous pas l'une des figures les plus puissantes du Winzengamot ?
Il avait horreur des politiciens.
Ils étaient tous les mêmes. Arrogants, assoiffés par la gloire et le pouvoir. Ils croyaient pouvoir tout contrôler, être ceux qui tiraient les ficelles du monde sorcier tout entier.
-Ne généralisez pas les décisions d'une poignée de personnes, murmura Dumbledore. Certains font de leur mieux pour éviter que des évènements regrettables ne se produisent. Malheureusement, peu osent se dresser contre le gouvernement actuel. Et cela sera peut-être notre perte.
Il eut un geste évasif de la main.
-Mais parlons d'autre chose, continua-t-il. Vous évoquiez votre travail. C'est précisément pour cela que je viens vous voir. J'ai besoin de votre talent, Spica, pour un travail bien particulier à Poudlard.
L'enchanteur renifla.
-Si vous souhaitez que j'aille enseigner à une bande de gamins braillards, vous pouvez aller vous faire voir.
-Il ne s'agit absolument pas de cela ! le rassura le vieillard. Je peux vous assurer que la mission pour laquelle j'ai besoin de vos compétences est entièrement liée au château en lui-même. Vous êtes probablement au courant de l'évènement qui se déroulera à Poudlard l'année prochaine ?
Spica roula des yeux.
-Le tournoi des trois sorciers n'est un secret pour personne, professeur, fit-il. À part peut-être pour les sorciers moyens qui croient dur comme fer ce qui est raconté dans la gazette. Cela fait des mois que l'information a fuité. Je suis d'ailleurs assez surpris que vous ayez autorisé ce genre de folie.
-L'entente cordiale internationale est cruciale en ces temps sombres, fut la réponse de Dumbledore.
-Temps sombres ? releva Spica. Il ne faut pas non plus exagérer. Depuis l'évasion de Black, plus grand-chose ne s'est produit.
Il plissa les yeux.
-Trêve de plaisanteries. Qu'attendez-vous de moi, exactement ? s'enquit-il.
-J'ai besoin de quelqu'un pour renforcer les protections du château. Quelqu'un qui s'y connaît en runes, en enchantement et en magies un peu obscures.
-Vous avez besoin d'un enchanteur, conclut Spica.
-En effet, acquiesça Dumbledore. J'ai pensé tout de suite à vous. Votre réputation n'est plus à faire. J'ai juste eu quelques difficultés à vous trouver.
Spica fit la moue.
Il n'avait vraiment pas envie d'être mêlé aux genres de problèmes que pouvait amener un quelconque lien avec Poudlard. Si certains découvraient qu'il avait participé au renforcement des protections du château…Il ne donnait pas cher de sa peau.
Il allait devoir se montrer prudent.
Très prudent.
-Combien ? fit-il.
Le vieil homme cligna des yeux.
-Je vous demande pardon ?
-Combien pour deux mois de travail ? répéta Spica. Vous vous rendez compte que cela risque de durer très longtemps. Et ce ne sera pas un travail aisé.
-Voyons, ne pouvez-vous pas faire un geste envers votre ancienne école ? La sûreté des élèves ne devrait-elle pas être l'affaire de tous ?
-Ai-je l'air de me soucier de la sûreté de vos élèves, professeur ? siffla l'homme. Combien ?
Le vieil homme soupira, puis sortit un parchemin de sous sa robe.
-Les gobelins m'avaient prévenu que vous ne travailleriez pas pour rien. Voilà le prix qu'ils m'ont suggéré.
Spica prit le contrat que le vieil homme lui tendit.
Il écarquilla les yeux.
C'était bien plus que ce qu'il gagnait en une année de travail.
Il allait devoir songer à remercier chaleureusement son banquier la prochaine fois qu'il le verrait.
-Je vais y réfléchir, déclara-t-il. Mais je veux une totale confidentialité à ce sujet. Si j'accepte cette mission, personne ne doit être au courant. Je risque gros si cela venait à se savoir.
Il eut une grimace face au sourire du professeur Dumbledore. Le vieil homme savait déjà probablement qu'il avait gagné la partie.
-Je vous attends dans une semaine, annonça-t-il.
Spica ouvrit la bouche pour protester, mais le directeur de l'école de sorcellerie disparut dans un craquement assourdissant, laissant l'enchanteur ruminer sur cette politesse qui se perdait de plus en plus…
-Je le déteste, marmonna-t-il. Il a toujours une manière de se comporter avec les gens…
Il détailla à nouveau le contrat avec attention. Ce dernier était rédigé dans la plus pure tradition gobeline, avec des alinéas à n'en plus finir. Le professeur Dumbledore ne s'était pas moqué de lui.
Mais il devait prendre le temps d'analyser les risques.
Il allait bientôt devoir rendre une petite visite à son banquier. En espérant que ce dernier lui assure qu'il n'y avait pas d'entourloupes dissimulées dans ces lignes.
S'il y avait bien une chose dont Spica avait horreur, c'était que l'on se moque de lui. Et il n'avait absolument pas confiance en Dumbledore. Pas confiance du tout.
Au-dehors, l'allée continuait de se réveiller peu à peu. Il percevait le murmure indistinct des badauds, le bruit de leurs pas sur les briques au sol.
Il allait être temps de commencer sa journée.
Il verrait tout cela plus tard, lorsqu'il aurait du temps devant lui.
Il se sécha d'un coup de baguette puis remit de l'ordre dans ses cheveux.
Le contrat alla trouver une place dans une poche intérieure de sa robe qu'il avait charmée pour y stocker toutes les choses importantes qu'il ne souhaitait pas endommager.
Gringotts grouillait de monde en ce début d'après-midi. Comme si tous s'étaient donnés rendez-vous dans ce cœur de la finance sorcière.
Spica dut se frayer un chemin au travers de foule, s'attirant parfois un regard noir de certains badauds qu'il avait bousculés un peu trop brusquement.
Il parvint toutefois enfin à se faufiler vers le comptoir destiné aux affaires et contrats.
Il salua le Gobelin au comptoir, après avoir patienté derrière deux nains rabougris qui voulaient monter une fabrique de champignons.
-Je souhaiterais m'adresser à CrocArgent, annonça-t-il. Nous avions rendez-vous à treize heures.
Il sortit sa montre de sa poche. Il avait encore cinq minutes d'avance.
-Nom ?
Spica lui répondit distraitement tout en vérifiant que son contrat était bien dans la poche de sa veste - veste qu'il ressortait chaque fois qu'il devait se rendre à Gringotts afin de ressembler un minimum au sang pur de bonne famille qu'il était.
-CrocArgent vous recevra d'ici quelques minutes. Souhaitez-vous que je vous conduise dans un salon pour patienter ?
-Ça ira, je vais attendre ici, le remercia-t-il.
Toujours la même question et toujours la même réponse. Les salons privés étaient en général réservés aux familles les plus riches. Aux meilleurs clients de Gringotts.
Spica avait horreur d'être considéré comme tel. Cela lui rappelait bien trop ses origines.
Il s'appuya contre le mur le plus proche, à l'endroit exact où le gobelin venait chaque fois le chercher. Le recoin était sombre, loin du tumulte ambiant. Il se demandait parfois comme les gobelins faisaient pour arriver à travailler avec autant de bruit. Ou peut-être y avait-il des sorts de silence autour d'eux ? Il n'aurait sans doute jamais de réponse.
-Spica. Quelle joie de te revoir !
L'enchanteur serra les dents. Voilà quelqu'un qu'il se serait bien passé de rencontrer. Et là était le problème chaque fois qu'il posait un orteil sur le chemin de traverse. Il y avait toujours des gêneurs qui lui pourrissaient sa journée.
Lucius Malefoy était l'un d'eux.
-Lucius, déclara-t-il avec son sourire le plus hypocrite. Comment vas-tu ?
À vrai dire, il s'en fichait pas mal. Mais ils avaient été élevés dans les mêmes cercles, et la politesse était donc de mise.
L'aristocrate était, comme à chaque fois que Spica le croisait, vêtu d'une robe qui coûtait probablement aussi cher que ce que Spica gagnait en six mois de travail. Sa main était refermée sur une cane richement ciselée.
En bref, il puait l'argent. Et pas forcément l'argent très propre, d'ailleurs. Spica le savait aussi bien que quiconque.
-Que fais-tu ici ? J'ose espérer que tu n'as pas de problème avec les gobelins ? déclara Malfoy sans même répondre à la question.
-Évidemment que non. Je suis juste venu pour éclaircir un point de détail sur l'un de mes derniers contrats. Tu sais ce que c'est, les problèmes qui vont avec le travail.
À vrai dire, il se doutait bien que Lucius Malefoy ignorait parfaitement tous des ennuis qui allaient avec une quelconque activité professionnelle. L'aristocrate n'avait jamais levé le petit doigt de sa vie. Spica se demandait même des fois si Lucius serait même capable de vendre quelque service que ce soit pour gagner sa vie.
-Quand cesseras-tu donc cela, Spica ? soupira Lucius. Les coffres de ta famille n'attendent que toi. Après ce qui est arrivé à ton cousin, tu aurais entièrement le droit de réclamer la fortune familiale.
-Cela ne m'intéresse pas, siffla l'enchanteur. Tu le sais parfaitement.
Il tourna la tête lorsque son nom fut appelé.
-Je dois y aller, annonça-t-il. Peut-être à une prochaine fois. D'ici là, porte-toi bien.
Lucius ne lui rendit pas son salut, mais Spica s'en fichait pas mal.
Il s'inclina bien platement devant CrocArgent, le remerciant de le recevoir. Il avait mieux à faire que de ruminer sur les vieilles connaissances du passé. Les affaires n'attendaient pas et il avait un certain pactole à gagner si le contrat de Dumbledore s'avérait honnête.
...
Quelques heures plus tard, c'était un Spica épuisé qui marchait d'un pas rapide dans l'allée des enchanteurs. L'entretien avec CrocArgent avait duré plus longtemps que prévu. Le gobelin avait tenu à vérifier tous les tenants et aboutissants du contrat, arguant qu'il ne faisait pas vraiment confiance à celui qui avait rédigé cela.
Il n'avait rien trouvé. Le contrat était parfaitement normal, même si la somme d'argent proposée était astronomique par rapport à ce qu'il y avait d'écrit sur le parchemin.
CrocArgent lui avait conseillé d'être prudent et de ne pas aller plus loin que les missions qui lui étaient assignées.
Ce fut d'une humeur songeuse que l'homme poussa la porte de l'Érable. Il s'agissait de l'auberge fréquentée par les commerçants de l'allée des enchanteurs lorsque ces derniers avaient fini leur journée de travail et souhaitaient se détendre ou raconter à d'autres quels clients étranges ils avaient eus ce jour-là.
Les yeux de Spica s'habituèrent assez vite à l'obscurité ambiante, et il salua d'un geste l'assemblée avant de se diriger vers le comptoir où étaient déjà attablées certaines de ses connaissances.
-Eh Spica ! Tu as entendu la dernière ? C'est un sang pur, un sang mêlé, et un né moldu qui entrent dans un bar. Et le sang pur dit au né moldu...
-Tu sais ce que je leur dis au né-moldu, moi ? Intervint un autre homme. Eh bien, je leur dis que tant qu'ils ne viennent pas nous emmerder en nous imposant leur style de vie, ils sont les bienvenues. Tant pis pour ce qu'en pensent certains. Moi ça me fait plus de clients, alors tant mieux.
Plusieurs personnes levèrent leur verre à cette affirmation.
-T'es pas marrant, Procyon, tu ne m'as même pas laissé finir ma blague.
-Je m'en brosse la baguette, de ta blague, Marcus, rétorqua le dénommé Procyon. Ça fait trois jours que tu nous la racontes, alors je commence à la connaître par cœur.
Il tendit son verre pour que le barman le lui remplisse à nouveau.
Spica s'installa à son tour au comptoir, saluant Procyon et Marcus d'un signe de tête. Les deux hommes tenaient une librairie depuis des années. Une référence pour quiconque cherchait des livres obscures sur des potions en tout genre. L'on racontait même que les aurors du ministère y venaient de temps à autre lorsqu'ils avaient besoin d'aide pour identifier un breuvage en particulier durant l'une de leurs enquêtes.
-Un whisky pur feu, demanda-t-il au barman.
Il posa quelques mornilles sur le comptoir et remercia l'homme d'un signe de tête lorsque ce dernier poussa un verre dans sa direction.
-Alors mon vieux, qu'est-ce qui t'amène ? s'enquit Procyon. J'ai vu qu'Azhar tenait la boutique tout seul, aujourd'hui ? J'avais besoin de tes conseils, mais il semblerait que je doive revenir demain. C'est un brave petit gars, mais il n'a pas encore tout ton savoir.
-Il arrive à s'en sortir sans problème. Et il peut me joindre en cas de demande urgente, lui assura Spica.
Il sortit de sa poche une petite sphère qu'il posa sur le comptoir et qui ressemblait étrangement à un rappeltout.
-Il suffit d'activer une suite de runes pour que celle d'Azhar se mette à sautiller, expliqua-t-il. Nous avons développé cela il y a peu. Et cela nous permet de communiquer sans problème.
-Intéressant, murmura Marcus. Tu comptes mettre ça sur le marché ?
Les yeux de l'homme brillaient d'un éclat intéressé, et Spica savait qu'il le compterait d'ores et déjà parmi ses futurs clients.
-Pas avant la fin de l'année, fit-il toutefois. Nous devons encore peaufiner quelques réglages.
- Tiens-moi au courant, Spica, déclara Marcus. Cela nous aiderait vraiment dans nos affaires. Mais où étais-tu donc cet après-midi ?
-Gringotts, déclara l'homme. J'avais besoin de faire vérifier un contrat. On m'a proposé un boulot qui durera tout l'été. Je n'ai pas encore accepté, mais il est fort probable qu'Azhar travaille seul jusque septembre.
Il savait d'ores et déjà que le jeune homme n'aurait pas tant de travail que cela durant les deux mois estivaux et il pourrait toujours s'occuper des affaires urgentes le soir après son travail à Poudlard.
Il espérait simplement que Dumbledore ne le forcerait pas à loger au château. Il avait suffisamment de mauvais souvenirs du pensionnat pour ne pas se sentir complètement à l'aise dans ces lieux.
FIN DU DEUXIÈME CHAPITRE
