Chapitre 13


-Ne touche pas à ça !

Spica attrapa de justesse la main de Procyon, qui s'apprêtait à effleurer l'une des runes les plus dangereuses du château.

Cela faisait à présent près de deux heures qu'ils travaillaient conjointement. Les neurones de Spica tournaient à plein régime tandis qu'il déchiffrait un à un les puzzles laissés par les fondateurs. Ils avaient commencé par réparer le cercle extérieur, puis s'avançaient doucement vers la pierre première, celle sur laquelle reposaient les protections du château tout entier. Jusqu'à présent, Procyon avait été rapide et efficace, faisant preuve d'une lucidité et d'une rapidité d'esprit impressionnante.

C'était comme s'il avait étudié tout cela auparavant. Spica avait tout de même gardé un œil sur lui. Procyon était différent depuis qu'ils avaient rencontré le dragon, comme si une idée entêtante était née dans son esprit. Il était plus vif, plus prompt à prendre une décision sans réfléchir. Et même si elles avaient à présent été bien fondées, Spica avait préféré se préparer au cas où quelque chose se produirait.

Le jeune homme tenta de se débattre.

-Lâchez-moi ! siffla-t-il. Laissez-moi continuer !

-Si vous appuyez sur cette rune, vous allez faire exploser le château tout entier, nous y compris ! s'exclama Spica. Vous ne vous rendez pas compte des dégâts que vous allez faire.

-Stupefix !

Le sort manqua Spica de quelques centimètres et l'enchanteur cligna des yeux. Il ne s'était pas attendu à cela. Il avait cru à une erreur de jeunesse, mais visiblement Procyon savait parfaitement ce qu'il faisait.

Ils étaient arrivés à une étape délicate, où la moindre erreur pouvait leur coûter la vie à eux et aux habitants du château tout entier. Et visiblement, c'était exactement ce que Procyon souhaitait faire.

Il sortit en vitesse sa baguette de sa poche tandis que la main du jeune homme glissait de sa poigne et se libérait enfin.

Du coin de l'œil, il pouvait voir que Cygnus et Colin se précipitaient vers eux. Mais Procyon était plus rapide.

La main du jeune homme faillit effleurer la rune mortelle, mais il fut soudainement projeté à l'autre bout de la pièce.

Un cri de stupeur franchit les lèvres de Spica tandis que la queue du dragon passait à quelques centimètres au-dessus de ses cheveux.

Déséquilibré, il tomba en arrière, sa tête claquant sur le sol plat et dur.

Il perdit connaissance une poignée de secondes, avant que ses pensées ne lui reviennent. Ce laps de temps fut suffisant pour que le dragon regagne le fond de la salle, et reprenne son observation silencieuse.

-Stupefix !

Le sort de Colin heurta la forme immobile de Procyon.

-Je savais qu'on ne pouvait pas lui faire confiance, marmonna-t-elle. C'était trop beau qu'un expert en runes nous tombe dessus comme ça. Il cachait bien son jeu et il a failli nous avoir.

Spica cligna des yeux, puis se redressa doucement en massant sa nuque douloureuse. Il serrait encore fermement sa baguette dans sa main droite et il la dirigea par réflexe en direction du dragon.

-Je crois qu'il vient de nous sauver la vie, le prévint Cygnus. Et je ne pense pas qu'il apprécierait que tu le prennes pour cible.

Spica abaissa lentement sa baguette, avant de pousser un profond soupir.

-Je ne pensais pas...balbutia-t-il. Je ne croyais pas qu'il ferait ça.

-Moi non plus, admit Cygnus. En tout cas, ça va être compliqué de le remonter, maintenant.

-Parce que vous voulez le remonter ? intervint Colin. Moi je le laisserai plutôt pourrir ici.

Elle eut un rire nerveux lorsque le dragon dévoila ses dents.

-C'était une blague, ajouta-t-elle précipitamment. Évidemment qu'on va le remonter. Dumbledore nous tuerait si on le laissait ici.

Les deux hommes roulèrent des yeux, puis Spica se remit au travail. Ils n'avaient pas de temps à perdre en bavardages. Il avança nettement moins vite qu'avec Procyon pour l'assister. Mais au moins, c'était plus sécurisant de le faire seul.


Il lui fallut une heure supplémentaire pour mener à bien sa tâche.

Il scella habilement sa magie dans les pierres, puis souffla avec soulagement.

Avec un peu de chance, cela durerait quelques centaines d'années avant que quelqu'un d'autre n'ait à descendre à nouveau dans ces souterrains.

-J'ai terminé ! annonça-t-il. Nous allons enfin pouvoir remonter à la surface et avoir une petite conversation avec notre jeune ami.

Durant tout le temps que dura la remontée dans le puits, Colin passa son temps à se plaindre.

Lorsqu'ils atteignirent enfin le haut du puits, ils étaient tous les trois à bout de souffle.

-Eh bien maintenant il ne nous reste plus qu'à repartir dans l'autre sens, soupira Spica. Avec un peu de chance, ce sera moins pénible.

-On ne peut pas essayer de voir où cette cheminée nous mène ? s'enquit Colin qui transportait toujours la forme inerte de Procyon sur ses épaules. Si ça se trouve, ce serait beaucoup plus rapide. Et puis maintenant nous avons fini de réparer toutes les protections, donc plus besoin de faire de détour.

Ils levèrent la tête. Le puits au-dessus d'eux était horriblement sombre et il était difficile de savoir où il pouvait mener.

Spica fit la moue.

-Il n'y a rien d'indiqué à ce sujet sur ma carte. Ce serait un pari un peu hasardeux de se lancer là-dedans. Merlin sait où nous allons atterrir. Et si ça se trouve, c'est une voie sans issue.

-Lumos Maxima !

La lumière produite par la baguette de Cygnus ne fut pas suffisante.

Ils parvinrent à distinguer plusieurs centaines de mètres du puits, constitué de pierres à la texture brillante, mais rien qui ne puisse dévoiler une éventuelle issue.

-Ça aurait été bien plus simple si nous avions pu transplaner, soupira Spica. Vu le temps qu'il nous a fallu pour arriver jusqu'ici, nous en avons au moins pour un jour de marche. Et je ne vous parle même pas de la galère que ça va être pour faire passer Procyon aux endroits les plus étroits. Le seul moyen serait de le réanimer.

-Moui, on va éviter ça, déclara Colin en faisant la moue. Je préfère éviter de mourir pour le moment, merci bien. Et je suppose que je n'aurai pas le droit de l'éviscérer s'il m'agresse ?

Spica roula des yeux.

-Évidemment, marmonna-t-il.

Il se gratta la nuque. La décision n'allait pas être facile à prendre. Cela le démangeait énormément d'aller voir où menait la partie supérieure du puits. Mais était-ce vraiment raisonnable ?

-Il n'y a pas une sorte de voie rapide de sortie ? Je suppose que les fondateurs ne refaisaient pas tout le chemin en sens inverse après avoir atterri ici ? s'enquit Cygnus.

Spica fit la moue.

La carte ne disait vraiment rien à ce sujet et cela l'embêtait un peu de se lancer dans l'inconnu. Leur mission était terminée et il serait dommage de se blesser ou de se perdre inutilement.

Tout à leur réflexion, ils remarquèrent au dernier moment que le dragon les avait suivis et s'était posé juste à leur gauche.

Le cri de stupeur de Spica se répercuta sur les murs.

-Il faut que tu arrêtes de faire ça, mon vieux, souffla-t-il en posant une main sur son torse. Mon cœur ne va pas tenir, sinon.

Le dragon dévoila ses dents en un sourire visiblement ravi.

-Et ça le fait rire en plus, ronchonna l'enchanteur.

Il soupira de nouveau, puis sursauta lorsque le museau du dragon lui cogna doucement le bras.

-Je ne suis pas comestible ! s'exclama-t-il précipitamment. Je t'assure que j'ai très mauvais goût !

Mais le dragon se dirigea ensuite vers Cygnus et répéta son geste.

-Peut-être souhaite-t-il nous indiquer le chemin ? fit le botaniste. Je m'y connais peu en dragon, mais je sais que certains étaient autrefois capables de transporter des sorciers. Peut-être que celui-ci en fait partie ?

Spica le dévisagea comme s'il était devenu fou.

-As-tu perdu l'esprit ? souffla-t-il. Merlin sait où il va nous emmener ! Et je n'ai pas particulièrement envie de finir en ragoût pour dragon parce que je lui aurais rayé une écaille. Merci bien.

-Il ne devrait pas avoir de problème à ce sujet, déclara Cygnus qui grimpait déjà sur le dos de la créature. Cela ne doit pas être la première fois qu'il transporte des sorciers. Tout se passera bien.

Il protesta une dernière fois lorsque Cygnus lui jeta un sort de lévitation pour le poser sur le dos du dragon.

-Je te hais, gémit-il. Je te hais profondément.

-Cela ne fait aucun doute, lui répondit Cygnus avec un doux sourire.

Il fusilla du regard Colin qui ricanait tandis qu'elle grimpait à son tour sur le dos de la créature, Procyon toujours sur ses épaules. Elle souleva la forme du jeune homme pour la déposer juste devant elle.

-C'est parti ! s'exclama-t-elle. J'ai toujours voulu voler sur un dragon !

Le hurlement de Spica s'entendit probablement à des centaines de mètres à la ronde, tandis que le dragon prenait son envol. Une chevauchée à dos de dragon n'était pas de tout repos et ils ne tardèrent pas à s'en rendre compte. Plusieurs fois, Colin dut raffermir sa prise sur Procyon pour éviter qu'il ne bascule par-dessus bord.

-Heureusement qu'il est stupéfixié, ricana la jeune femme au bout de plusieurs minutes de vol chaotiques. Sinon je crois qu'il aurait déjà essayé de m'étrangler.

Le dragon s'était rapidement élevé dans le puits, fonçant vers l'obscurité. Bien trop vite au goût de Spica. Il remerciait Merlin de ne pas avoir mangé grand-chose le matin même, ou sinon son estomac aurait abandonné son repas depuis bien longtemps.

Le dragon slalomait entre les excroissances diverses qui étaient présentes sur la paroi du puits. Des racines, des plantes, et parfois des pierres qui étaient le vestige de ponts suspendus au-dessus du vide.

Il espérait sincèrement que le dragon savait ce qu'il faisait, car il n'avait guère envie de mourir d'une façon aussi violente.

La traversée parut durer une éternité. Ils progressaient à toute vitesse dans une obscurité presque totale. Ils avaient dû ranger leurs baguettes, pour se cramponner le plus possible au dragon. Oubliés étaient donc les lumos qui les avaient éclairés jusque-là.

Lorsqu'enfin ils aperçurent de la lumière, ce fut pour être éblouis par celle de l'extérieur. Le dragon émergea en poussant un cri strident. Il fit plusieurs fois le tour de la clairière, puis se posa au sol et s'ébroua, envoyant ses passagers voler sur le sol. Puis il fit demi-tour et disparu dans le trou qui s'était formé dans le sol, et qui disparut immédiatement après son passage.

Le tout avait duré à peine une poignée de secondes, laissant à peine le temps aux trois compagnons de comprendre ce qui était en train de leur arriver.

Spica cligna des yeux.

Il était allongé de tout son long dans une herbe sèche, dans une clairière qu'il ne reconnaissait pas.

-Où sommes-nous ? balbutia-t-il.

-Dans la forêt interdite, il me semble, déclara Cygnus. Je suis déjà venu ici une ou deux fois. Il y a longtemps. Je ne pensais même pas qu'un souterrain débouchait ici.

Il se gratta la nuque, puis se releva lentement et épousseta ses vêtements.

-C'est quoi ce machin ?

L'interrogation formulée par Colin le fit se retourner, et il écarquilla les yeux tandis que son visage perdait de ses couleurs.

-Oh Merlin, souffla-t-il.

-Courrez !

Le cri de Cygnus le sortit de sa torpeur et il s'élança parmi les arbres et buissons dans une course pour sa vie.

-Il ne pouvait pas nous déposer autre part ? hurla-t-il tandis qu'il continuait de courir le plus vite possible. Parce que vraiment, un nid d'acromentula est l'endroit absolument parfait, évidemment !

-La ferme ! cria Colin qui menait leur petit groupe. Arrête de te plaindre et cours espèce d'abruti !

-L'abruti t'emmerde ! hurla Spica en retour !

Ils ne parvinrent à éviter la bestiole que lorsqu'ils atteignirent l'orée de la forêt.

Ils ne perdirent pas de temps et se dirigèrent en direction du parc de Poudlard.

Ce dernier brillait sous la lumière de ce début d'après-midi d'été. L'herbe était verte, le ciel bleu, et le calme qui régnait dans ces lieux tranchait beaucoup trop avec la frayeur qu'ils venaient de vivre.

Spica s'effondra dans l'herbe.

Il avait presque envie de s'y rouler, tant il était agréable de sentir sous ses pieds autre chose qu'une pierre humide et couverte d'algues et de moisissures.

La lueur du soleil lui faisait presque mal aux yeux. Après avoir été dans le noir pendant plusieurs jours, il était difficile de se réhabituer à une telle clarté. Fort heureusement, la forêt interdite et son obscurité presque constante avaient été un bon intermédiaire avant le retour à une réalité un peu brutale.

-Quel bonheur ! s'exclama-t-il. Plus de moisissures ! Plus de dragons ! Plus d'accromentula ! Lorsque tout ça sera fini, je vais me prendre quelques jours de vacances !

Il soupira d'aise.

-Le soleil, l'herbe et rien d'autre ! Avec peut-être quelques grimoires, après tout j'ai beaucoup de choses à lire ces derniers temps.

-Si vous avez fini, fit Colin en roulant des yeux. Je vous rappelle que nous devons encore amener ce jeune homme à Dumbledore.

Elle avait posé la forme inerte de Procyon sur le sol et roulait des yeux comme pour soulager la douleur qu'elle ressentait dans ces dernières.

-Il est un peu lourd, se plaignit-il. Visiblement ses parents l'ont un peu trop nourri.

-Ce sera répété, rit Cygnus. Mais je peux vous assurer que je connais des jeunes gens bien plus lourds que lui. Et ce n'est pas comme si vous aviez dû porter Spica.

-Eh ! Je ne suis pas si lourd que ça ! se défendit l'enchanteur. Et puis Colin a raison, nous devrions nous remettre en route.

Il se releva et passa distraitement sa main sur son ventre. Il avait plutôt maigri ses derniers temps.

-Je parlais de tes muscles, lui souffla Cygnus

Spica rosit. Il n'avait pas songé à cela. Il détourna le regard et fit de son mieux pour se concentrer sur l'entrevue à venir avec le directeur. Ils avaient encore beaucoup à faire, mais ensuite il avait bien l'intention de profiter de la présence de Cygnus.

Il humidifia ses lèvres.

Les prochains jours promettaient d'être intéressants et il avait soudainement hâte d'être au soir même.

Il ne put s'empêcher de sourire lorsqu'il croisa de nouveau le regard de Cygnus.

Ils s'empressèrent de traverser le parc pour rejoindre les portes du château.

Ils croisèrent dans les couloirs Minerva McGonagall, qui leur dédia un regard stupéfait.

-Oh Merlin ! Qu'est-il arrivé au jeune Nott ? Le professeur Flitwick le cherche depuis plusieurs jours !

-Stupéfixié ! lâcha Colin. Il a tenté de nous tuer.

-Comment ? balbutia le professeur.

Spica soupira.

-C'est une longue histoire, marmonna-t-il. Nous devons nous entretenir avec le directeur.

-Je viens avec vous ! affirma-t-elle. À cette heure-ci, il est probablement dans son bureau. Suivez-moi !

Spica roula des yeux et se mordit la langue pour éviter de rétorquer qu'il savait parfaitement où ledit bureau se trouvait. Après tout il avait eu l'occasion de s'y rendre plusieurs fois en étant étudiant, mais il la laissa tout de même les mener dans les couloirs du château.


Le bureau du directeur était identique à lui-même et Dumbledore était assis derrière son bureau, une pile de parchemins posés devant lui. La chose étonnante était que Severus Rogue était également présent, et les regarda entrer en levant un sourcil. Spica fit de son mieux pour l'ignorer.

-Ah ! Vous voilà donc ! Je me disais bien que vous ne devriez plus tarder ! Je vois que vous avez retrouvé notre jeune Nott. Comme s'est passé votre périple ? Les protections sont-elles en place.

-Elles sont parfaitement en place, ronchonna Spica, mais vous aviez oublié quelques détails, comme la quantité de pièges dont regorgent vos foutus souterrains !

Le ton de sa voix avait cru soudainement, comme s'il n'était plus capable de retenir la frustration de ces derniers jours.

-Et un dragon ! Un foutu dragon ! continua-t-il.

-Ah ! Vous avez donc rencontré le gardien de notre école, sourit Dumbledore. Comment va-t-il ?

-Vous saviez ! fulmina Spica. Vous saviez et vous nous avez laissé descendre dans ces foutus souterrains ? Nous aurions pu mourir !

-Il est temps que vous vous en rendiez compte, grinça Rogue.

-Vous, la ferme ! siffla Spica.

Puis il se tourna à nouveau vers Dumbledore.

-Vous vous rendez compte du danger dans lequel vous nous avez mis ? Ah maintenant je comprends mieux le montant exorbitant du salaire !

-Allons, il n'y avait rien à craindre. La situation était totalement sous contrôle.

-Sous contrôle ? répéta l'enchanteur d'un air incrédule. Vous vous foutez de moi !

-Monsieur Lestrange...

-Spica ! le coupa ce dernier.

-Monsieur Lestrange, reprit Dumbledore d'un ton plus dur, je peux vous assurer que ce dragon ne vous aurait fait aucun mal. Il est le gardien de l'école et garde les protections depuis des centaines d'années.

-Et peut-être auriez-vous pu nous informer de sa présence ? siffla Spica. Nous avons failli mourir !

-Ça aurait pu être pire, tout de même, tenta Cygnus comme pour le raisonner. Après tout, nous sommes tous en vie, et les protections ont été mises à jour.

-Et ce n'est pas grâce à lui ! intervint Colin en posant Procyon au sol. Ce petit idiot a tenté de nous tuer ! Nous l'avons trouvé juste après être descendus. Il nous est tombé dessus. Il nous a annoncé qu'il avait fait une erreur lors de ses recherches et que le sol s'était effondré sous lui. Ses connaissances ont été utiles à Spica. Mais lors de la consolidation de la protection principale, il a tenté de tout faire exploser !

Quelques secondes s'écoulèrent, avant que Dumbledore ne reprenne la parole.

-Êtes-vous certaine de cette affirmation ? demanda-t-il doucement.

-Affirmatif ! lui assura Colin.

-J'ai voulu l'arrêter, reprit Spica d'un ton plus calme. J'ai cru qu'il avait fait une erreur. Mais visiblement, c'était exactement ce qu'il cherchait. Je crois qu'il voulait tout faire exploser. Nous, les souterrains, Poudlard tout entier.

-C'est une accusation grave, murmura Dumbledore.

-Nous pouvons vous fournir notre souvenir de ce qu'il s'est passé, reprit Spica. Si vous avez une pensine à proximité ?

Le partage de souvenirs ne dura que quelques minutes, et le directeur ressortit de la pensine avec un air grave.

-J'avais peur d'une telle chose, admit-il sombrement. Le jeune Nott paraissait bien sombre ces derniers temps, mais j'ignorais qu'il préparait quelque chose comme ceci. J'avais espoir que ses études lui permettent de se changer les idées. Je crois que nous devrons le faire suivre par un médicomage. Nous devrions déjà le porter à l'infirmerie. Mme Pomfresh pourra s'occuper de ses blessures.

Il soupira.

-Quant à vous trois, reprit-il, je vous remercie pour vos services. Je vous fais confiance pour me remettre un rapport complet de vos travaux. Mais pour l'instant, je vous laisse prendre du repos. Il me semble que vous en avez grandement besoin.


Fin du chapitre 13.