Et bonsoiiiir, ici Zodiaaque de retour non pas pour vous jouer de mauvais tours, mais pour une charmante fanfic' sur My Hero Academia. J'ai récemment rejoint un forum du manga (le lien est disponible sur mon profil si ça vous intéresse uwu) qui m'a donnée un regain de motivation : en voici le résultat x)

J'ai prévu le scénario de trente chapitres, pour pouvoir poster environ toutes les deux semaines, histoire de me laisser le temps d'écrire les prochains x) Le pairing sera un Hawks/Dabi, mais qui sera plutôt centré sur du Hawks/Touya, donc je vous mets déjà en garde contre quelques spoilers qui traîneront par-ci par-là ! (si vous êtes étrangers à la théorie "Dabi=Touya", je vous encourage à faire vos propres recherches, mais une fois de plus attention aux spoilers si vous n'êtes pas à jour !). Il y aura aussi quelques potentiels spoilers quant aux réelles identités de certains personnages, mais je vous préviendrai dès que ce sera le cas uwu À vos risques et périls !

Le raiting M se justifie par le langage très poli de Touya (qui est très OOC mais promis c'est pour le bon déroulement du scénar', et par les lemons à venir (même si vous avez encore le temps uwu). Je vous conseille donc de passer votre chemin si vous faites partie des plus jeunes ou que cela ne vous plaît pas x) Je vous préviens aussi que le genre de cette fic' est Hurt/Comfort, mais qu'il faudra passer par beaucoup de "Hurt" avant de pouvoir arriver au "Comfort ", attention à vous si vous êtes sensibles/facilement choqué.e.s. Encore une petite chose : je précise que je ne suis absolument pas une spécialiste de tout ce qui est brûlures/greffes de peaux, et que je me base uniquement sur des recherches personnelles. Si jamais je venais à dire une énormité à ce sujet, n'hésitez pas à me reprendre 'w'

La cover de la fic' appartient à /_0000tora sur Twitter ! Iel a gentiment accepté que j'utilise son fanart comme couverture, vous pouvez retrouver son boulot grâce au lien sur mon profil ! (if you're seeing this, again, thank you soo much !)

Enfin, un grand merci à tous ceux du serveur qui m'ont aidée pour le scénario, la cover de la fic' et même certains dialogues ! Vous êtes adorables x3 Et j'en profite également pour remercier de nouveau Blue Aaren pour la bêta, et toute l'aide qu'il m'a apportée w

Bref, je vais enfin pouvoir vous laisser avec la lecture XD En espérant que ça vous plaira !

Les personnages de My Hero Academia appartiennent à Kohei Horikoshi, mais l'histoire, elle, m'appartient.


Chapitre 1 – Que les vacances commencent


30 juillet, Ishigaki, préfecture d'Okinawa :

La voiture des Todoroki surmonta un énième dos-d'âne et Touya se cogna la tête si fort contre la vitre où il était appuyé qu'il se réveilla. Il grimaça en portant machinalement sa main sur sa douleur, mais n'ouvrit pas ses yeux pour autant ; s'il les ouvrait, il se rendrait compte de sa position actuelle et de la route qu'il parcourait, et il préférait éviter de faire une crise d'angoisse en plein chemin. La conduite de son frère n'était pas dangereuse, au contraire, Touya était persuadé qu'il respectait les limitations de vitesse et qu'il observait avec attention chaque panneaux de signalisation, honorant ainsi son statut de jeune conducteur. Mais cela ne changeait pas le fond du problème ; Touya se trouvait de nouveau dans une voiture.

La douce voix de sa mère le convainquit d'entrouvrir ses paupières pour l'observer. Souriante, rayonnante comme un ange tombé des cieux, elle ne quittait pas son fils cadet des yeux. Natsuo quant à lui, fredonnait gaiement le thème principal du film qu'il avait regardé dans l'avion. Satisfait du merveilleux tableau qui se dessinait devant lui, Touya ferma de nouveau ses yeux en inspirant un grand coup.

Natsuo prit encore un virage ; qu'est-ce que c'était long. Ils n'avaient fait que deux heures d'avion depuis l'aéroport de Tokyo jusqu'à celui de Ishigaki, en préfecture d'Okinawa, mais il avait eu l'impression d'avoir passé des mois entier dans cet avion. Ses parents avaient proposé à Shoto, son dernier frère, d'inviter ses amis et leur famille à partir en vacances avec eux, ce qu'il avait tout de suite accepté ; Touya, lui, considérait cette initiative comme la pire des tortures. Entendre cet imbécile de Kaminari pleurer au décollage, cette brute de Bakugo lui crier de la boucler pour qu'il puisse dormir, et enfin la mère de ce dernier leur hurler de la mettre en veilleuse, avait rallongé la durée du trajet d'au moins douze heures. Et par-dessus tout cela, Rei l'avait fait placer à la pire place possible, au fond de l'avion près du couloir des stewarts, pour qu'ils puissent lui prodiguer les premiers soins au cas où. Il était déjà épuisé alors que les vacances n'avaient pas encore officiellement commencé.

Heureusement qu'ils s'étaient tous séparés pour rejoindre la station balnéaire, Touya n'aurait pas supporté d'être encore à proximité de la troupe des adolescents, et encore moins de se retrouver dans une voiture avec son père. C'était souvent comme ça qu'il se représentait l'Enfer, si jamais il en existait un : coincé dans un véhicule, avec Enji Todoroki au volant.

Cependant, même s'il avait dormi plus d'une demi-heure, Touya commençait à prendre conscience de la route qu'ils parcouraient et il sentit sa phobie et ses angoisses habituelles commencer à tordre son estomac. Il avait certes moins peur que s'il avait été au volant – cette simple pensée suffisait à le rendre malade – mais il se mît tout de même à angoisser. Quand il se força à calmer sa respiration en inspirant profondément, les agrafes au niveau de son torse le tirèrent et il étouffa une plainte, espérant que sa mère ne l'entendrait pas.

« - Tout va bien mon chéri ? » demanda tendrement sa mère, ses sourcils froncés brisant l'harmonie de son si beau visage.

Touya sourit faiblement en cherchant sa ventoline dans ses poches, médicament dont il ne pouvait plus se passer ; ses poumons étaient déjà faibles avant que l'incident n'arrive, devoir supporter des greffes de peau sur l'ensemble de son corps avait rendu leur travail encore plus difficile. Il croisa le regard inquisitif de son petit frère dans le rétroviseur ; s'il y avait bien une chose qu'il ne voulait pas commettre, c'était inquiéter sa famille.
Du moins ces deux-là, et sa petite sœur.

« - Ça va. » répondit simplement Touya en trouvant finalement l'objet de sa convoitise. Il l'apporta à ses lèvres et termina avant d'inspirer deux bouffées de produits : « J'me languis juste qu'on arrive. »

La poudre médicamenteuse lui permit d'inspirer plus fort, mais ne calma malheureusement pas la douleur de ses cicatrices. Celles sur ses bras, son visage et sa jambe gauche le laissaient relativement tranquille, bien qu'il fallût les contrôler de temps à autre, mais celles de son torse et de son dos ne lui avaient jamais accordé ne serait-ce que quelques secondes de répit. Ses agrafes lui tiraient la peau comme si elles voulaient tester la capacité maximale d'élasticité de ses greffes, mais Aizawa, son chirurgien, était toujours confiant quand Touya lui parlait de ses douleurs. D'après lui, c'était l'endroit où la cicatrisation et l'intégration des nouveaux fragments de peau mettaient le plus de temps à s'effectuer, et il ne pouvait que prendre son mal en patience en attendant qu'il ne ressente plus rien. Et si Aizawa le disait, c'était forcément vrai.

Touya reporta son regard vers sa mère, qui ne s'était ni retournée, ni ne l'avait lâché des yeux. Il tendit sa main vers elle qu'elle saisit avec délicatesse, retraçant timidement du bout des doigts la démarcation entre la peau de sa main et la greffe qui partait de son poignet.
Qu'est-ce qu'elle était belle, Rei Todoroki. Un diamant brut qui prenait vie sous ses yeux.

Sa mère avait toujours été la plus présente à ses côtés, depuis l'accident, il y avait de cela presque cinq ans. Chaque nuit où ses cauchemars avaient pris le dessus, elle l'avait consolé jusqu'à ce qu'il s'endorme. À chaque nouvelle intervention, elle avait attendu pendant des heures, même si elle s'endormait la plupart du temps sur les chaises très incommodes de la salle d'attente de l'hôpital. Même quand il était né, elle s'était dévouée corps et âme à l'épanouissement de ce prématuré, dont le cœur pouvait cesser de battre à n'importe quel moment de la journée, ou qui pouvait oublier de respirer pendant la nuit. Rei était une mère et une femme extraordinaire.

L'extrême opposé de son père, qui ne faisait que le brusquer pour qu'il surmonte son traumatisme. En vain.

« - On est bientôt arrivé frangin, t'en fais pas. » l'informa Natsuo qui abandonna enfin les virages pour entamer les derniers kilomètres sur une ligne droite.

Son petit frère aussi avait été un ange. Ils avaient toujours été très proches, et ne se présentaient jamais l'un sans l'autre ; qu'est-ce que Touya avait été heureux quand sa mère lui avait annoncé qu'elle attendait un petit garçon, alors que le brun allait avoir cinq ans. Pendant ses séjours prolongés à l'hôpital, Natsuo l'avait rejoint chaque soir après ses cours, et s'il n'avait pas apporté à manger, c'était parce qu'il avait amené des jeux-vidéo ou des bandes-dessinées pour que Touya évite de se concentrer sur ses blessures. Une fois ses examens en poche, il s'était même spécialisé dans des études de médecine, dans l'espoir de pouvoir un jour aider son grand-frère ; pour leur plus grand bonheur, il avait validé sa première année.

Fuyumi, sa cadette de tout juste une année, avait été elle aussi d'un soutien sans faille. C'était d'ailleurs elle qui était venue le chercher à son ultime sortie de l'hôpital ; Natsuo passait ses examens de fin d'année et Rei s'était sentie trop fatiguée pour conduire. Fuyumi avait pris le temps de remplir tous les papiers, de discuter avec les médecins, et ils s'étaient même arrêtés manger une glace avant de rentrer. Et une fois de retour à la maison, entre les disputes quotidiennes avec son paternel, les infirmiers qui se relayaient entre eux et les innombrables crises, jamais leur soutien ne s'était épuisé. Il n'y avait pas un instant où Touya ne se sentait pas reconnaissant de les avoir auprès de lui.

Le paysage sablé disparut au fur et à mesure pour laisser apparaître de longues places de parking, et la boule qui compressait le ventre de Touya depuis de longues minutes se desserra lentement. Il put de nouveau respirer normalement, tout allait bien, il allait bientôt descendre de la voiture. La station balnéaire ressemblait à toutes les autres, l'immeuble principal était d'un blanc aveuglant, quelques parasols style hawaïens se distinguant au loin, bordant très certainement une eau limpide aux aspects paradisiaques. Un tableau que Touya détestait déjà.

Il n'eut même pas le temps de poser un pied au sol qu'il entendit déjà les remarques émerveillées de ses désormais compagnons pour les quatre semaines à venir. Il ignora délibérément son dernier frère et son père qui sortaient de la même voiture que Midoriya et sa mère, mais il ne put protéger ses tympans de l'attaque surprise de la voix de l'adolescent aux cheveux verts. Shoto disait souvent que Midoriya marmonnait énormément, mais Touya était loin de se douter que c'était aussi vrai, et il voulait déjà que cela cesse et qu'on laisse ses oreilles tranquille. Voir Kaminari, Ashido, Uraraka et Kirishima courir dans tous les sens acheva le peu de patience qu'il avait ; heureusement pour lui que les Bakugo avaient décidé de la mettre en veilleuse.

Une vraie colonie de vacances.

Lorsqu'il voulut se passer une main dans ses cheveux noirs – ses racines blanches commençaient à refaire leur apparition, il fallait qu'il pense à racheter de la teinture – et qu'il sentit une légère pression sur ses doigts, l'empêchant de se recoiffer, Touya abaissa sa tête. La petite Eri serrait doucement sa main, cachée derrière sa jambe cicatrisée.

« - Dis.. Tu crois que je pourrais voir la mer depuis ma fenêtre ? »

Les lèvres du jeune adulte s'étirèrent dans un sourire sincère, le premier et le dernier de la journée ; elle qui était si timide et qui ne parlait uniquement quand elle le jugeait nécessaire, Eri ne faisait abstraction de sa pudeur que lorsqu'elle était avec Touya. Il détestait profondément les enfants, nec plus ultra de l'insupportable, mais avec Eri, c'était différent. C'était comme s'ils pouvaient être réellement eux quand ils passaient du temps ensemble, le brun éprouvait même parfois de la joie quand son père lui demandait de la garder lorsque leur maison était vide. Eri était la seule qui ne la questionnait pas sur ses brûlures, et malgré ses six ans, elle était la seule qui comprenait à quel point il était dur d'être différent des autres.

Une enfant albinos et un adulte brûlé au troisième degré. Touya ne comprenait que trop bien qu'ils formaient un duo plus qu'étrange.

« - Je suis sûr que oui. » répondit-il en ébouriffant ses cheveux blancs, lui arrachant un rire d'une mélodie divine.
« - Tu m'accompagneras à la plage ? » demanda la petite en tirant sur les pans de son t-shirt. « Et avec Totoshi et Papa vous m'aiderez à faire des châteaux de sable ? On pourra manger des glaces ? »

Touya n'osa pas couper l'enfant tant son enthousiasme le faisait sourire. Ledit Totoshi arriva à leur niveau et récupéra sa petite sœur dans ses bras en saluant Touya d'un mouvement de tête que ce dernier lui rendit ; lui non plus n'était pas très bavard, sacré trait de famille.

« - Elle ne va pas te lâcher de tout le séjour. J'espère que tu en as conscience. »

Touya se retourna vers l'adulte qui lui parlait et ses lèvres s'étirèrent de nouveau. Si sa fille était la seule qui ne posait aucune question quant à sa santé, Aizawa était l'unique personne dont Touya supportait les questionnements incessants. Ancien collègue de travail de Rei, il était devenu son chirurgien attitré dès l'instant où son corps calciné avait pénétré l'hôpital central de Tokyo.
Cela lui faisait du bien, de parler de lui avec quelqu'un sans que ce dernier le fasse uniquement par pitié.

« - Vous vous êtes habillés et coiffés. » nota Touya en observant les cheveux d'Aizawa aussi noirs que les siens coiffés en queue basse, et les vêtements aux couleurs chaudes qui remplaçaient l'éternelle tenue de sport qu'il portait au quotidien. « Vous projetez de tromper votre femme ?

- Le trajet en voiture ne t'a pas retiré ton sens de l'humour. » rétorqua l'adulte en se tournant à son tour vers l'immeuble. « Elle s'est assurée qu'on se souvienne d'elle à travers mon nouveau style vestimentaire. »

Touya souffla du nez et suivit la troupe qui s'engageait vers l'accueil. Mrs Joke excellait en tant que dramaturge, mais il se demandait parfois si elle n'avait pas fait de ses tenues de théâtre un usage quotidien et personnel. Il repensa péniblement à la seule et unique fois où elle avait réussi à le faire participer à une de ses représentations pour enfant. Il avait fait un pompier ; l'ironie avait un goût sacrément amer.

Arrivés dans le hall d'entrée, Touya réalisa à quel point ils étaient nombreux. Midoriya et sa mère, Bakugo avec ses parents et ses meilleurs amis, Aizawa et ses deux enfants, les Todoroki au grand complet et les deux filles que Yaoyorozu avait incrustées, ils étaient quasiment une vingtaine. Son père était un homme intelligent, il ne pouvait pas lui enlever ça ; quoi de mieux que d'inviter toute la populace dans sa station balnéaire pour passer pour l'homme généreux ? Aucun frais pour qui que ce soit, sur les plages les plus paradisiaques d'Okinawa. Le rêve pour tellement d'humains, il n'arriverait jamais à berner Touya.

À peine son père prit la parole qu'il enfonça ses écouteurs dans ses oreilles en se rapprochant de Natsuo, tout aussi distrait. Ils savaient qu'il ne dirait rien de bien intéressant, du moins rien d'indispensable pour le déroulement du séjour. Au-dessus de Lemon Tree de Fools Garden, Touya entendit la voix autoritaire de son père souhaiter aux autres un bon séjour, conclure son discours improvisé par un sobre « Que les vacances commencent », et il put enfin augmenter la distance de sécurité entre eux deux pour récupérer la clé de sa chambre en compagnie du reste de sa famille.

Chambre 777. Entre celle de ses parents et de Fuyumi, et en face de celle de Natsuo. Au cas où, bien évidemment.

Il eut à peine le temps de soupirer que l'ascenseur les avait déjà déposés à leur étage. D'un pas très peu enjoué, contrairement à ses frères et sœurs qui étaient aussi joyeux que s'ils s'étaient rendus à Disney Land, il arriva finalement à la hauteur de sa porte et laissa sa mère embrasser sa joue avant qu'il ne pénètre dans sa chambre. Tout aussi impersonnelle que l'immeuble, l'entrée donnait directement sur un imposant lit à baldaquin en bois, collé contre le mur sur la droite, et dont les volants blancs étaient attachés pour ne pas s'envoler sous la brise. En face de lui, Touya faisait face à une immense baie vitrée, et en s'approchant d'elle, il accorda qu'il se trouvait dans un lieu particulièrement beau. Il avait une vue sensationnelle sur la mer, teintée de bleu turquoise et éclaircie par les rayons du soleil. Il espérait que Eri aussi allait pouvoir profiter d'un si beau paysage.

Touya fît un rapide saut dans sa salle de bain ; il refusa d'admettre que la présence d'une longue baignoire le rendait profondément heureux. Il avait dû renoncer à l'idée de se détendre dans n'importe quelle étendue d'eau pendant de nombreux mois, en attendant que ses greffes cicatrisent. Quand il avait enfin appris que ses plaies s'étaient refermées, il avait passé presque deux heures dans sa baignoire. À son plus grand plaisir, il remarqua que le grand miroir qui surplombait la vasque du lavabo était d'ores et déjà recouvert d'un drap très épais. Ses lèvres s'étirèrent faiblement, sentant une pointe de morosité étreindre violemment son cœur ; il adorait à quel point sa mère pouvait se montrer prévenante avec lui, mais il aurait préféré encore pouvoir observer son reflet dans une glace sans craindre l'image que le miroir lui renverrait.

Retournant vers l'entrée, il ferma la porte à double tour et ouvrit en grand sa fenêtre. Il sortit son paquet de cigarettes et son briquet en tremblant, comme un adict en manque – et c'était exactement comme ça qu'il se sentait – et lorsque le premier nuage de fumée remplit ses poumons, il sentit une réelle délivrance le guérir de tous ses maux. Du moins, jusqu'à ce qu'il ne finisse de fumer. Il ne fumait pas devant Rei, il estimait qu'il l'avait suffisamment déçue et il ne voulait pas lui donner une raison nécessaire de s'en faire pour lui. Et il ne voulait surtout pas que cela remonte aux oreilles de Enji, qui s'empresserait d'utiliser cette découverte comme nouveau sujet de dispute. Les habitudes avaient la vie dure, chez les Todoroki.

Il commençait à défaire ses bagages dans le grand placard collé à la porte d'entrée – décidément, c'était une chambre pensée pour des basketteurs, et bien qu'il fît plus d'un mètre quatre-vingts, Touya se serait presque senti petit – quand on frappa à sa porte. Il s'empressa d'éteindre sa cigarette et d'aller la jeter par la fenêtre, mais ce ne fût que Natsuo qui venait lui remettre sa trousse de médicaments. Il sermonna son grand-frère en lui rappelant qu'être le fils du propriétaire des lieux ne lui donnait pas l'autorisation de le polluer, et il retourna vaquer à ses occupations. Touya soupira.

En attrapant sa sacoche pleine de traitements, une pensée lugubre enveloppa l'esprit de Touya de ses bras accueillants mais recouverts de barbelés, et ignorant les fils métalleux qui tâchaient de rouvrir les cicatrices du brun, elle lui chuchota tendrement de sa voix stridente qu'il suffisait de jeter la trousse par la fenêtre, et de la suivre dans sa course, pour que tout soit enfin réglé. Touya chassa cette grande dame en secouant sa tête et en plantant ses ongles dans sa chair pure, pour le ramener à la réalité. Inlassablement, il commença son décompte, 31, 34, 37, 40*, encore et encore. Ce n'était pas le moment, il ne devait pas flancher. Fuir était trop simple, il devait être fort.

Il s'écroula sur son lit en croisant ses bras sur son front, ce n'était qu'une question de minutes avant que la migraine ne l'envahisse complètement. Il entendit la voix de Bakugo hurler à Shoto de « dégager et de choisir un autre pieux dans cette putain de chambre commune », et il ferma les yeux en soupirant. La migraine venait officiellement de faire son apparition.

Un mois ici. Ça promettait d'être long.


* : On conseille souvent aux personnes qui font des crises de panique/angoisse de se concentrer sur autre chose. Dans mon cas, compter m'a toujours aidée, alors je pars d'un nombre au hasard et je compte de trois en trois jusqu'à ce que ça aille mieux, exactement comme le fait Touya.

Et voilà ! J'espère que ça ne vous aura pas fait fuir, promiiis l'ambiance est pas aussi dramatique tout le long XD

N'hésitez pas à lâcher une petite review si ça vous a plu ^^ On se retrouve dans deux semaines pour le chapitre 2 où Touya fera une rencontre.. assez inattendue. [Tu es la pro' du suspens dis-moi.]

Des bisous,
Zodiaaque.