Bonsoir bonsoir ^^ On se retrouve aujourd'hui pour le chapitre 4 qui risque de satisfaire certain.e.s d'entre vous ! C'est que ça avance vite mine de rien XD

Je me permets de ressortir mes panneaux « Alerte description détaillée », mais promis, j'accorde à Touya un petit instant de calme uwu

Je remercie encore Blue Aaren qui s'est chargé de la bêta, et qui m'a même offert cette merveilleuse phrase que vous trouverez au fil de votre lecture XD (elle est en italique soulignée uwu)

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !

Les personnages de My Hero Academia appartiennent à Kohei Horikoshi, mais l'histoire, elle, m'appartient.


Chapitre 4 – Hawks


31 juillet, toujours sur les plages d'Ishigaki :

Touya se retourna brusquement et plongea sous l'eau jusqu'à ce qu'elle recouvre la moitié de son visage, ne laissant que son nez dehors pour pouvoir respirer. Quel sentiment allait bien pouvoir prendre le dessus, la colère d'être dérangé pendant l'ataraxie ou la panique d'être entièrement observé ? Il fronça ses sourcils et plissa ses yeux azur en tentant d'apercevoir l'imbécile qui venait de mettre fin à son seul instant de calme. Du peu qu'il voyait, il ne distinguait qu'une ombre assez grande qui agitait ses bras comme un imbécile, et soudain, l'ombre attrapa ce qu'il semblait être son téléphone et se présenta sous ce nouvel halo de lumière.

Des cheveux blonds, et un sourire tout aussi illuminant.. Merde. Le maître-nageur ?

« - Le voyeurisme aussi c'est interdit. » cracha Touya en sortant le reste de sa tête, la replongeant dès qu'il eut fini de parler. L'ombre éclata de rire et se rapprocha du bord ; plus aucun doute, c'était bel et bien lui. Il avait pas autre chose à foutre que venir l'emmerder ? Juste lui, en plus. Comme si être surpris à moitié nu ne suffisait pas, il fallait que ce soit Mister Corps-Parfait qui vienne à sa rencontre ! Bordel de merde, cracha-t-il pour lui-même pendant que le blond commençait à retirer ses chaussures. Est-ce qu'il allait finir par obtenir la paix ici ?!

« - L'eau est bonne ? » s'écria le jeune homme alors que Touya réfléchissait à un plan imparable pour disparaître sans laisser de trace. Pourquoi est-ce qu'il lui demandait ça ? Cet abruti comptait pas le rejoindre en plus de ça ?! Il allait lui répondre qu'elle était glacée dans l'espoir de le faire fuir, mais à peine sortit-il de nouveau la tête de l'eau pour parler que le maître-nageur retira son t-shirt et fonça à la mer. Les yeux de Touya s'écarquillèrent et il recula d'au moins dix mètres ; il ne fallait surtout pas qu'il le voit comme ça. Pas lui, pas maintenant, ni à aucun autre moment de sa putain de vie.

Touya tenta de se rapprocher du bord pendant que le blond se déplaçait sous l'eau, mais il n'eut le temps de faire qu'un pauvre petit mouvement. Le maître-nageur était déjà arrivé à ses côtés.

Lorsqu'il sortit de l'eau en balançant sa tête vers l'arrière et que ses cheveux fougueux se plaquèrent automatiquement sur son crâne, l'envie de fuir que ressentait Touya jusqu'ici s'évanouit soudainement. Le blond s'essuya le visage de ses mains, ce qui ne servit que très peu puisque l'eau continua de perler depuis ses mèches folles, retraçant les courbes de sa peau laiteuse. Le brun fît un effort monstre pour que son regard ne continue pas sa course sur le reste de son corps, et alors que ses yeux allaient s'égarer sur cette nuque immaculée et ces épaules musclées, son nouveau camarade se tourna soudainement vers lui et plongea ses yeux dans les siens.

Son estomac se contracta et il en eut du mal à respirer convenablement, mais Touya ne bougea pas. Une fois encore leurs regards s'affrontaient, mais avec bien plus de paix que la fois précédente, comme s'ils étaient heureux de se retrouver après avoir été trop longtemps séparés.

Ils avaient une couleur si particulière, ses yeux. Et bien que Touya ne pouvait en être certain, il crût apercevoir des reflets topaze et ensoleillés éclairer ces iris qui plongeaient jusqu'au plus profond de son âme. Est-ce que ces pierres précieuses trouvaient aussi que le bleu de ses propres yeux brillait d'une intensité atypique ? Et s'ils continuaient à s'aventurer ainsi dans son esprit, est-ce qu'ils parviendraient à apercevoir sa souffrance, profondément dissimulée dans les abysses ? Touya ne savait pas, mais ni les topazes du maître-nageur, ni ses saphirs ne se quittèrent. Le brun crût que cet instant dura une éternité ; de nouveau, rien ne pouvait l'obliger à se détacher de cet échange.

Ce fût le blond qui l'interrompit. Il lui offrit un sourire radieux, et se détourna pour plonger de nouveau sous l'eau en s'éloigna un peu de Touya qui réapprenait à s'oxygéner. Il préféra ne pas s'attarder sur pourquoi est-ce qu'un simple échange de regards le mettait dans cet état, parce qu'il ne connaissait que trop bien la réponse, puis lorsque le maître-nageur réapparut à la surface, il lui lança :

« - J'croyais que les baignades nocturnes étaient interdites. »

Le blond ricana à sa réflexion et se rapprocha à nouveau de lui en entamant un ridicule mouvement de brasse :

« - Elles le sont. » affirma-t-il en arrêtant sa nage à son niveau, pointant sa tête vers le ciel. « Si quelqu'un nous aperçoit, je dirai que tu sais pas nager et j'ai fait mon boulot en te sauvant de la noyade. »

Touya ne put retenir le rictus qui étira ses lèvres, et tourna de nouveau son regard vers lui. Alors il était aussi insolent que lui ? Ça promettait des échanges intéressants.

Le silence qui les entoura les apaisa, et Touya rejoignit le blond dans sa contemplation des astres. Le ciel était particulièrement éclairé cette nuit-là, ils avaient le droit à un spectacle des plus plaisants. La lumière des étoiles et de la lune se reflétait sur l'eau et sur leurs visages détendus, comme s'il faisait plein jour alors qu'il devait être vingt-trois heures passées. C'était d'un calme, et d'une atmosphère si paisible. Le bruit de leurs respirations ne rompait pas le charme, ils finirent même par respirer au même rythme. Ils restèrent là, dans l'eau froide de la mer, à regarder les astres. Et c'était beau.

Cependant, une pensée tirailla l'esprit de Touya, et elle fut rapidement rejoint par un tas de semblables qui l'empêchèrent de profiter pleinement des étoiles. D'un seul coup, il rompit le rêve en se tournant vers le blond qui était toujours aussi concentré, et lui demanda finalement :

« - T'es qui en fait ? »

Le blond sursauta légèrement en se tourna vers lui, et ses lèvres s'étirèrent en un grand sourire alors qu'il se gratta le crâne d'une main, l'air troublé. La question était légitime cela dit, Touya se demandait bien quel imbécile pouvait partager un instant aussi apaisant avec un parfait inconnu ; il réfléchit au fait que cette remarque s'appliquait également à son cas, ce qui lui donna envie de se gifler. Mettant fin à ses questions, le blond tendit sa main vers lui, ce foutu sourire toujours accroché à son visage, et il annonça :

« - C'est vrai ça, je me suis pas présenté ! » À peine la main de Touya eut-elle esquissé un mouvement que celle de l'autre la saisit pour la secouer vivement. « Je m'appelle Hawks, je suis l'animateur et le maître-nageur de la station ! » Sans déconner, faillit rétorquer Touya, mais le blond ne lui laissa pas un seul instant de répartie. « Toi c'est Touya, non ? Je crois avoir entendu ton frère t'appeler comme ça hier. »

Hawks. C'était donc ça son prénom. Plutôt atypique, clairement pas d'ici ; il venait donc de l'étranger ? Il n'avait pourtant aucun accent dans sa voix, et avait tout d'un japonais. M'enfin, cela importait peu. Touya avait désormais un nom qu'il pouvait mettre sur ce maître-nageur, le blond ou encore celui dont le simple regard le faisait frémir comme s'il était de nouveau un adolescent.

Il notifia que ses doigts étaient bien trop proches des cicatrices de son poignet, alors il retira sa main prestement. Avant que Hawks ne puisse percevoir son malaise, Touya finit par lâcher sur son ton habituel :

« - Ouais. C'est ça. »

Le blond ne se formalisa pas du manque de loquacité du brun, bien au contraire, il en profita pour combler le silence qui aurait pu s'installer. En cinq minutes, Touya avait pu apprendre que si Hawks était né à Tokyo comme lui, il vivait désormais aux États-Unis, où il y travaillait comme mannequin pour financer ses études d'éducateur spécialisé. Le brun n'en fût absolument pas surpris, il était taillé pour. Qu'il ait un emploi de cette branche relevait presque de l'évidence ; un corps si parfait ne pouvait être qu'admiré, poussé sur le devant de la scène. À l'inverse du sien, qui se contenterait d'éteindre la salle et de fermer les rideaux une fois le show terminé.

Hawks continuait de parler, se faisant parfois les réponses à ses propres questions. À sa plus grande surprise, Touya n'en fût pas dérangé ; ses réflexions arrivaient même parfois à lui arracher un ricanement, ou un simple étirement des lèvres. Ce type avait dans sa voix et sa façon de s'exprimer un certain détachement, dans lequel le brun se retrouvait légèrement, à la différence que Hawks n'avait pas l'air de n'avoir rien à foutre de ce qui l'entourait. Mais qu'est-ce qu'il était putain de bavard. Il n'allait pas d'un point A à un point B ; il passait par l'alphabet entier, avant de revenir à B. Pourtant, même s'il ne se contentait que de simples hochements de tête ou de marmonnements, Touya appréciait ces échanges ; il se surprit même à relancer la conversation quand la voix du blond s'éteignait enfin. Il se mentit en se disant que s'il participait à l'entretien de la discussion, c'était uniquement pour ne pas retourner auprès de sa famille, donc chaque membre avait déjà dû rejoindre sa chambre respective. La réalité était tout autre ; dans cette voix grave qui ne s'arrêtait plus, il y avait un petit quelque chose qui donnait à Hawks un air de doux rêveur, de profond imbécile heureux. Et au lieu de trouver ça profondément niais et chiant, comme il l'aurait ressenti habituellement, Touya trouva ce détail.. attachant.

Il sût que c'était le moment de fuir.

« - J'me les gèle. » arriva-t-il à déclarer pendant l'unique instant où Hawks garda le silence pendant plus d'un dixième de seconde. Il allait annoncer sa future sortie quand Hawks le prit de court. Un vrai moulin à paroles.

« - Tu veux qu'on sorte ? » Touya eut envie de lui rétorquer qu'il ne lui avait pas proposé de l'accompagner, mais le blond commençait déjà à se rapprocher du sable. Alors que le brun le suivait lentement, le ventre se noua à mesure que son corps se dévoilait, Hawks se retourna lentement et reprit : « J'y pense, tu veux peut-être sortir d'abord pour te rhabiller ? »

Le visage de Touya se fendit en deux, tant la surprise le traversa de toute part. Le blond ne se mut pas, patientant tranquillement que le brun fasse de l'ordre dans son esprit. Ce dernier se crut en plein rêve ; est-ce que quelqu'un venait vraiment d'être aussi avenant avec lui ? Sans lui poser de question sur son état ? Ça cachait forcément quelque chose. Touya avait pris l'habitude de se voir adresser des mots polis suintants de pitié, il en connaissait désormais la mélodie par cœur. Alors putain, pourquoi la voix du blond n'avait pas changé ? Est-ce qu'il le faisait par intérêt, pour mieux s'en prendre à lui plus tard ? Y avait-il d'autres inconnus qui les attendaient sur le sable, pour participer à l'humiliation du monstre de la station ? Est-ce qu'il pouvait réellement se sentir autant en sécurité ?

« - Touya. » La douce voix de Hawks le ramena sur Terre, et lorsqu'il se concentra de nouveau sur lui, Touya fût soulagé de voir que son regard toujours aussi tendre n'avait pas changé non plus. Hawks lui sourit, achevant les dernières craintes qu'il lui restait, apaisant presque son cœur. « C'était pas une question piège. » Il se gratta à nouveau le front du bout du doigt, geste que Touya trouva ridiculement enfantin, mais niaisement attrayant. « Est-ce que je t'aurais mis mal à l'aise ?

- C'est ta tronche de coq mal plumé qu'est censée me mettre mal à l'aise ? » trancha Touya, essayant de redevenir lui-même. Hawks rigolait encore de sa remarque quand Touya rajouta « Dégage de là. J'vais me rhabiller pendant que tu retourneras à l'intérieur. »

Le blond ne prit pas personnellement son agressivité, et il finit par reprendre son chemin vers le sable. Touya le suivit avec un bon mètre de distance. Lorsque Hawks foula de nouveau l'étendue sablée, le brun eut un instant de recul. Comme il s'y était attendu, il sentait de nouveau son sang s'écouler le long de ses plaies, lui signifiant atrocement que la paix qu'il avait ressentie était désormais révolue. En arrivant vers ses affaires après avoir vérifié que le blond était suffisamment éloigné, il sût que son t-shirt serait bientôt collé contre son torse trempé, et qu'il ne lui permettrait pas de dissimuler ses blessures. Et merde, marmonna-t-il en étirant son vêtement une fois qu'il fût de nouveau habillé, dans l'espoir de noyer le poisson. Il ne se rendit même pas compte que ses pas l'avaient porté près de Hawks, qui avait pour la première fois les yeux rivés sur ses plaies.

Ils restèrent là, figés l'un face à l'autre, n'osant piper mot alors qu'une vraie assemblée générale se déroulait dans le cœur et le cerveau de Touya.

Et voilà, ils y étaient. Ce fût trop beau pour être vrai, Hawks allait finir par prétexter un appel urgent ou il ne savait quelle autre connerie, et il s'enfuirait en courant. Il ne s'en formula pas, et ignorant son cœur qui se préparait déjà à la sentence, Touya tourna sa tête vers la mer toujours aussi calme. Il serra son t-shirt sanglant ; ce n'était qu'un affrontement de plus, il y survivrait. Comme toutes les autres fois.

« - Tu as eu le temps de te faire attaquer par un requin pendant que je sortais de l'eau ? »

Touya fît volte-face vers Hawks ; sans qu'il ne se contrôle, il laissa échapper une série de ricanements, et il fût rejoint par Hawks dans l'instant qui suivit.

« - Preuve que t'es un maître-nageur à chier, t'as rien remarqué. » lui lança-t-il sur le même ton, ravi de constater qu'une fois encore, Hawks ne réagissait pas comme le commun des mortels.

Ils riaient toujours ensemble, et Touya n'eut pas la force de s'arrêter. Il ressentit une émotion qu'il ne sut qualifier tant il n'avait pas l'habitude de l'éprouver. Voir que le blond ne tenait absolument pas rigueur de son état physique enveloppa son cœur, et apaisa son âme le temps que le rire de Hawks s'évanouisse. Les cicatrices de son visage le tirèrent à nouveau, mais cette fois-ci pour une bonne raison ; Touya souriait sincèrement.

« - Mais c'est qu'il sait sourire ! » souleva Hawks en se penchant vers le brun qui lui persifla une nouvelle réflexion en lui adressa un magnifique doigt d'honneur.

« - Ferme là un peu, on se croirait à la ferme. »

Touya reprit ses esprits. Il n'était pas un grand adepte des scènes d'amitié niaises et interminables, aussi son visage se referma et la neutralité qui le caractérisait si bien retrouva sa place attitrée sur son expression faciale. Il osa jeter un coup d'œil à ses vêtements ; son haut tentait bien de fusionner avec son torse, et la couleur blanche avait laissé place à une grande tâche amarante qui tirait sur le rose à cause de l'eau. Il grimaça ; s'il rentrait dans cet état, il allait se faire sévèrement remonter les bretelles, que ce soit par Shoto, Fuyumi ou – pas Enji – un autre membre de sa famille. Touya commença à se sentir mal, voir tout ce sang qui lui appartenait s'écouler lui donna la nausée. Il ne sût si Hawks perçut son malaise, mais ce dernier mit un terme à ses rêveries en lui lançant :

« - Viens, j'ai des vêtements de rechange au local des employés. » Il lui ordonna de le suivre d'un signe de tête, et avant que Touya ne le coupe pour refuser, il enchaîna : « Je peux t'éviter le discours moralisateur des tiens, ne me fais pas croire que tu as une meilleure solution. »

Un point pour lui, le brun n'avait absolument aucune alternative à cette proposition. Mais le fait d'avoir une dette envers ce quasi inconnu, surtout aussi symbolique à ces yeux, le chamboula quelque peu. Il ignora son cœur qui s'affolait une fois de plus ; il allait simplement lui emprunter des vêtements, ce n'était pas comme s'ils finiraient par se marier.

Ils marchèrent le long du couloir extérieur, et Hawks déverrouilla une porte ornée d'un écriteau « PERSONNEL UNIQUEMENT ». À l'intérieur, il faisait moite, mais tout était très propre. Cela ne dura pas plus qu'un instant, Hawks ouvrit son casier et récupéra une tenue trop grande qu'on lui avait dit de garder. Il l'envoya à Touya qui la réceptionna à la volée, ce dernier ne laissant exprimer aucun sentiment. Il en avait suffisamment fait pour ce soir, à tel point qu'il se demandait s'il pourrait de nouveau ressentir quoi que ce soit d'ici les prochains jours.

À peine eut-il saisi la tenue que Hawks s'assit sur le banc qui séparait les couloirs de casier, et il lança un jeu sur son portable. Prenant ce soudain désintérêt comme un moyen de le laisser s'occuper en paix, Touya retira avec délicatesse son t-shirt, en veillant à ce qu'il ne se coince dans aucune de ses agrafes. Il ne lui manquerait plus que ça, que son haut s'agrippe et qu'il demande à Hawks de l'aider. Réalisant à quel point leurs physiques en deviendraient proches, Touya secoua sa tête pour s'empêcher de penser. Il en avait suffisamment fait pour ce soir.

Une fois sa tête sortie de son nouveau haut, bien plus épais et plus sec, l'attention de Touya se focalisa une fois encore sur ce blond si étrange. Il se demandait bien pourquoi est-ce qu'il avait été aussi cordial, et aussi amical avec lui, alors qu'il n'avait vraiment aucune raison de le faire. Ils étaient tellement différents l'un de l'autre. Hawks était un soleil à lui tout seul, il inondait de sa bonne humeur son entourage entier, et transpirait la confiance et la sympathie. Derrière lui, tapi dans l'ombre, Touya attendait patiemment que ses blessures achèvent le peu d'envie de vivre qu'il lui restait. Il repensa aux conneries que Himiko sortait de temps à autre, sur les anges gardiens et les âmes sœurs qui finissaient toujours par se retrouver. Les restes de bonheur qu'il lui restait sur ses lèvres s'évanouirent finalement ; c'était lorsqu'il pensait à la jeune fille qu'il se sentait le plus coupable. Les fantômes de ses amis ne cesseraient décidemment jamais de le hanter.

Son chagrin dégoulinait au même rythme que les dernières gouttes d'eau de mer sur ses joues, et que son sang sur sa poitrine. Lorsque son regard se porta sur Hawks, il vit que ce dernier s'était légèrement retourné vers lui. Il lui lança un sourire timide, plus du tout railleur, et bien plus empathique que tous les précédents. Touya y répondit, et il laissa même échapper un faible « Merci », sans laisser entendre la moindre envie de redémarrer une conversation. Le « Y'a pas de quoi » de Hawks parvint à ses oreilles, et avant que l'ambiance ne devienne encore plus pesante qu'elle ne l'était déjà, Touya se rua dehors pendant que Hawks refermait la porte par laquelle ils étaient entrés.

Les deux garçons se dirigèrent vers l'ascenseur, qu'ils prirent en silence. Hawks avait insisté pour le raccompagner, et Touya ne s'était plus senti de refuser ; il n'osa pas se demander s'il ne voulait plus être seul, ou s'il voulait plutôt profiter de quelques maigres instants auprès du blond. Tout ce qu'il se demandait, c'est qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir sortir à ses proches pour s'excuser d'avoir craqué.

Quand ils arrivèrent à la porte de la chambre de Natsuo, la main de Touya s'évanouit dans son mouvement avant qu'il ne frappe. Son petit frère allait encore l'engueuler, Aizawa aussi, et ils auraient une fois de plus raison. Le brun savait qu'ils ne seraient pas sincères et que ce serait pour son bien, mais la culpabilité était pour Touya comme une seconde peau ; parfois, il se disait qu'elle était tellement épaisse qu'elle aurait pu recouvrir l'entièreté de ses cicatrices.

Hawks s'approcha de lui, et d'un geste délicat, il écarta Touya de l'entrée pour qu'il frappe lui-même à la porte. Natsuo mit un moment avant de venir ouvrir, et la tronche qu'il tira lorsqu'il vit le visage inconnu de Hawks aurait rendu Touya hilare s'il ne s'était pas senti aussi mal. Il ne comprit pas ce que le blond marmonna à son frère, il se sentait déjà partir et tout ce qu'il souhaitait, c'était panser ses plaies ouvertes et dormir jusqu'à la fin des temps.

Le brun releva son regard lorsqu'il sentit les mains de son frère le happer, et quand il entendit la porte de Fuyumi s'ouvrir et que cette dernière se précipita vers lui, ses paupières se fermèrent et il fût à deux doigts de défaillir. Les mains douces de Hawks le retinrent de s'écrouler au dernier moment, et tous les trois, ils s'appliquèrent à raccompagner le jeune adulte dans sa chambre où ils l'allongèrent sur son lit. Touya rouvrit ses yeux ; ses rideaux étaient d'un blanc immaculé, il ne l'avait jamais remarqué. Cinq minutes plus tard, peut-être même dix, ou alors peut-être un instant en fin de compte, Aizawa se trouvait au-dessus de lui et donnait à Natsuo des indications précises sur comment bien désinfecter les blessures pour qu'elles se referment sans embuche. Une main serrait la sienne, mais à qui appartenait-elle ?

Il ne percevait plus aucun son, que la voix de Morphée qui lui intimait de venir le rejoindre. Avant que ses yeux ne se referment jusqu'au lendemain, Touya crût apercevoir la chevelure de Hawks proche de celle de sa sœur. Il croisa les yeux du maître-nageur voilés d'une profonde inquiétude, et intimement, viscéralement, quelque chose chuchota à Touya qu'il ne voudrait plus jamais revoir ce regard-là. L'instant d'après, Hawks était sorti, et Touya se laissa enfin partir vers d'autres horizons.


C'est sur le sommeil de Touya que s'achève ce quatrième chapitre. J'espère qu'il vous a autant plu que les autres, d'ailleurs je vous remercie pour les review que vous prenez le temps de laisser, elles me font extrêmement plaisir x3 N'hésitez pas à me dire si vous avez aimé ce chapitre ! On se retrouvera le 27 juillet pour le chapitre 5, qui.. devrait lever le mystère sur certains points importants, mais je n'en dis pas plus uwu

A dans deux semaines ! Des bisous,
Zodiaaque.