Disclaimer : Riviera est l'oeuvre de Neil Jordan.
Résumé : Peu après les événements qui ont mené à l'arrestation de Negrescu, Georgina tient à rassurer Christos sur un point : ce que lui a dit sa mère n'est qu'un ramassis d'horreur en lequel il ne doit pas croire. [Riviera]
Note de l'auteur : Cette façon a été écrite lors de l'atelier d'écriture du Discord « La Fabrique à Plumes » de Kinaï en date du 06/08/2021 sur le thème des phrases cultes de Kaamelott. Prompt 3: C'est d'la merde !
Liste des dettes du Discord « Défis Galactiques » : De secondaire à principal – Christos Clios + Quatre aspects de... Stella (Winx) : Blonde : écrire sur Cersei Lannister ou sur un personnage blond
Un ramassis de mensonges
- C'est vrai ce que ta mère a osé te dire ? Demande Georgina à Christos un soir alors qu'elle boit un verre près de la piscine de la villa
Son beau-fils, lui, tourne au jus de fruits depuis son retour de la cure de désintoxication.
- Comment ça, ce qu'elle a osé me dire ? Répond-il
- Ada m'en a parlé.
Le jeune homme a un sourire amer et ses yeux rivés sur l'eau qui ondule sont la réponse dont l'américaine a besoin. Cela lui glace le sang. Quel parent ose dire à son enfant que sans lui, il n'est rien ? Que son succès, il ne le doit pas à son travail ou à ses compétences mais à lui, celui qui l'a mis au monde ? Qu'il l'a fait et que donc, sans lui, il n'est rien ? Qu'il serait juste un putain de junkie misérable ? Quand elle est entrée dans cette famille, la curatrice a remarqué le côté dysfonctionnel du clan Clios. Elle n'a rien dit, elle-même venant d'un schéma familial compliqué et sombre. Mais plus elle en apprend, plus elle comprend Christos. Et plus elle le plaint. Constantine et Irina sont responsables de toute sa souffrance et malgré tout, leur fils les aime, il reste alors que le bateau a failli couler et qu'ils lui ont tout pris. Ils lui ont volé son enfance, ses rêves, il a été torturé par les associés paternels pour une chose qu'il n'avait pas, on se moque de lui en permanence. Il a été trahi, la femme qu'il aime a été ramenée dans son pays d'origine et maintenant, sa propre génitrice a voté contre lui, lui dérobant la seule chose qu'il lui reste : son travail. Le fait qu'il ne se soit pas pendu est un miracle. Georgina ne comprend pas cet acharnement. Certes, le jeune homme est loin d'être parfait. Mais il est surtout une victime. Victime de la masculinité toxique de son père, de la domesticité tyrannique parentale, de leurs abus psychologiques parce qu'il n'est pas un bloc d'argile malléable. Une fois les murs érigés autour du vrai lui abattus, elle découvre quelqu'un de plutôt sympathique, gentil même, quelqu'un qui a énormément à offrir mais qui est constamment refoulé. Quelqu'un qui se soucie réellement de son travail, d'impliqué. Quelqu'un de résilient surtout. Il plie mais ne se brise pas. Sa force surprend tout le monde parce que personne n'essaye de le connaître vraiment. On lui demande d'être un autre, on sous-entend que qui il est ne mérite pas d'apparaître sur ses traits.
- Je veux que tu saches une chose. Reprend-elle. Ce que ta mère t'a dit, c'est d'la merde. Ce que tu as accompli, tu le dois à toi-même. Parce que c'est toi qui as fait le travail, pas un autre. Tu n'es pas mon fils. Mais je suis fière de toi. Très fière de toi.
Il a un sourire, un vrai sourire et elle sent combien cela le touche. C'est étonnant, cette relation qu'ils arrivent à avoir alors qu'un mois auparavant, il croyait encore qu'elle n'était qu'une croqueuse de diamants et une briseuse de ménage. Alors que l'écart d'âge entre eux n'est pas si grand, en fait, Constantine aurait pu être son propre père. Cependant, le tsunami qu'ils ont vécus, la tempête qu'ils ont traversée, ont permis de mettre les choses à plat.
- Merci, Georgina.
Ils trinquent et profitent du vent discret et bienvenu qui rafraîchit la chaude journée d'été qui s'achève.
FIN
