-flemme de faire une intro bonjour-


Vendredi 26 août

Oikawa s'étira. Son dernier patient venait de quitter la pièce dans un « au revoir » doux et avait claqué la porte de la salle d'attente. La journée avait été plus ou moins longue, même si elle avait extrêmement bien commencé. Enfin, « bien » était un grand mot. Cela avait été amusant, surtout.

– Tu es prêt ?

Il releva les yeux sur la porte qui menait à la salle de son collègue.

– Prêt pour ?

– On devait aller au café, ce soir.

Tooru eut un long soupir. Cela lui était totalement sorti de la tête.

– C'est vrai. Je range ma blouse et on y va.

– Je vois que cela te rempli de joie, taquina Hanamaki.

Il eut droit à un regard noir.

– Du tout, j'ai simplement pas envie de travailler encore ce week-end, râla Oikawa.

– On ne fait jamais rien le week-end voyons... chantonna-t-il.

Le châtain lui passa devant et l'ignora, lui laissant le soin de fermer à clé et de le suivre.

Au pire des cas, il savait parfaitement où se trouvait le café de leurs amis et comment y aller, il n'était qu'à quelques rues, dans le centre-ville dédié aux piétons. Cependant, il ne valait mieux pas quitter son ami d'une semelle, il serait capable de l'attendre et de râler après lui à cause de cela.

Sérieusement, s'il n'était pas aussi facile à embêter, Hanamaki se demanderait sûrement pourquoi il restait proche de lui. Et pourquoi il l'était devenu. Oh et puis, finalement, le faire attendre ne serait pas une mauvaise idée.

Il prit consciemment son temps jusqu'à retrouver la chaleur estivale, dans laquelle Oikawa l'attendait déjà. Le pied tapant contre le sol à un rythme régulier, il ne manqua pas de lui lançait une moue boudeuse.

– Va encore plus lentement, la prochaine fois !

– C'est noté, répliqua Makki, le sourire aux lèvres.

Oikawa s'insulta mentalement. Il était certain que son ami ferait exprès d'être long quand ils devraient sortir, rien que pour le contrarier.

Malgré plus de cinq ans d'amitié, c'était étonnant qu'il ne sache toujours pas tenir sa langue ou faire de phrasés corrects lorsqu'il s'adressait à Takahiro. Avec tous les coups bas qu'il lui avait fait à cause de cela, Tooru aurait dû en tirer des leçons. À croire que non, il en était incapable quand il s'agissait du rouquin.

Ils entamèrent leur marche d'un bon pas, priant pour que cela n'ait rien à voir avec les travaux habituelles pour la part d'Oikawa, et s'interrogeant plus sur les différentes raisons pour Hanamaki. Il était bien curieux de savoir pourquoi ils voulaient les voir absolument ce soir, cela semblait urgent. Ou assez pressant, du moins.

Ils tournèrent à gauche au bout de cinq cents mètres et à droite après trois cents mètres. Passant par les petites rues, ils rencontrèrent tout de même quelques personnes, c'en était presque trop, mais en cette saison et avec cette chaleur, ce n'était pas surprenant que la populace profite de ce soleil et de la joie de l'été.

Même si, tout près du port, ce n'était pas tant l'euphorie estivale qui était présente, mais plutôt les clochards et les pauvres qui travaillent tant bien que mal sous un soleil de plomb tandis que les pécheurs et autres usines se portaient bien.

Tooru secoua la tête, ce n'était pas le moment de penser à cela. Ils étaient arrivés.

Une belle façade en bois ornait la devanture, en lettre peinte d'or, on pouvait lire : L'oiseau Noir, le tout, surmontés de corbeaux s'envolant et de néons bleu nuit juste au-dessus.

Des tables et des chaises étaient installées sur le trottoir, où des passants s'étaient assis pour fumer et prendre le soleil tranquillement autour d'un verre.

Les deux compères n'y prirent pas garde et entrèrent directement, sans faire attention aux clients. Même s'ils reconnurent quelques habitués au passage, ils ne firent qu'un vague signe de la main. C'était déjà trop pour Oikawa, toutefois, il n'en dit rien et fit comme d'ordinaire, le tout, accompagné d'un délicieux sourire.

Au bar, Daichi essuyait quelques verres. Avant qu'ils n'aient pu l'interpeller, Kuroo se matérialisa devant eux, comme par magie.

– Ne refais plus jamais ça, grogna Tooru.

– Allons bon, notre diva est de mauvaise humeur ? rit-il.

– Je le crois, ou alors, elle n'avait plus de pain au lait ce matin, rajouta Hanamaki.

Il les ignora et s'avança dignement vers Sawamura, copropriétaire du café, mais aussi patron de Kuroo et il s'installa sur le tabouret face à lui.

– Suga-chan n'est pas là ?

– Si, dans le bureau, répondit-il en relevant les yeux, il devrait pas tarder. Vous êtes un peu en avance.

Tooru soupira, alors que les deux acolytes se pressaient à ses côtés.

– Allons bon, tu aurais au moins pu me dire bonjour !

– Tu es très impoli, Oikawa.

– Je ne dis pas bonjour aux gens qui me font peur, répliqua ce dernier.

Kuroo eut un rictus.

– Je travaille ici, quoi de plus normal que je sois dans les parages. Avoue, tu étais simplement perdu dans tes pensées et tu ne m'as pas vu.

– Du tout, mon cerveau a dû refuser de t'apercevoir, railla-t-il.

– Un aussi bel homme que moi, ça m'étonnerait.

– Pas autant que moi, alors c'est normal que je ne te vois pas, répondit-il du tac au tac.

Une main sur le cœur et l'air outré, Tetsurou fit mine de déprimer sous le regard amusé d'Hanamaki.

– Je te trouve très bien, moi, ne t'inquiète pas, minauda-t-il.

– Tu me rassures, j'avais bien peur qu-

– À ce propos, coupa Tooru, le patient de ce matin, je vous ai entendu vous dire « à samedi » quand il est parti... Tu comptes sortir avec un client ?

– Patient, tu voulais dire, non ? sourit Hanamaki.

– T'as saisi...

– Oh, tu serais jaloux ? Faut avouer qu'il était plutôt pas mal.

Il se retourna dans son siège et s'accouda au bar, dos à ce dernier et à Daichi, qui fut étonné.

– Et comment s'appelle l'heureux élu ?

– Matsukawa. Matsukawa Issei, et je peux t'assurer qu'il est vraiment pas mal.

– Pire qu'une chienne en chaleur.

– Allons bon, tu vas me vexer, Too-chan.

L'air se glaça.

– Je n'oserais pas, Makki-chan.

– Oh, pourtant, j'en ai bien l'impression...

Un claquement de main les fit sursauter.

– Bonsoir !

Sugawara venait d'arriver, il se plaça près de Sawamura, un sourire faux collé au visage. Commençait une dispute avec Kôshi non loin n'était peut-être pas une bonne idée, lui qui détestait cela.

– Je vois que vous êtes en pleine forme, sourit-il un peu plus.

– Comme toutes personnes un vendredi soir, ironisa Kuroo.

– Toi, tu n'as pas le droit de te plaindre, tu ne travailles pas tant que ça en semaine, le rabroua Sugawara.

– Oui, puis il y a sûrement d'adorables clients qui attendent que tu ailles les servir, se moqua Oikawa.

Ils s'affrontèrent du regard pendant quelques secondes, puis, le noiraud se leva et disparut sur la terrasse, derrière quelques plantes.

– Alors donc, continua Oikawa comme si de rien n'était, tu voulais nous voir ?

– Ca commençait à faire longtemps, vous me manquiez !

– Tu es beaucoup trop adorable pour dire la vérité, répondit-il en posant sa tête au creux de sa paume.

Kôshi fit la moue quelques secondes, mais se reprit bien vite.

– Ne soit pas si méchant, comment c'est passé votre soirée ?

– Excellement, on ne pouvait rêver mieux ! s'esclaffa Hanamaki

– On serait pas là si ça avait pas été le cas, compléta Oikawa.

Sugawara sortit deux tasses.

– C'est merveilleux, demain, nous allons voir Shimizu, Daichi et moi.

Les deux kinésithérapeutes se regardèrent.

– Laisse-moi deviner, tu veux qu'on t'accompagne, termina Tooru.

– Ce serait chouette, à vrai dire, l'un des enfants c'est fait mal et refuse de voir des médecins, vous pourriez le voir comme ça !

– D'ici demain, ce sera peut-être trop tard.

Il versa la tisane dans la première tasse.

– Oh, Shimizu pense qu'il s'est simplement foulé la cheville, donc ce ne doit pas tant l'être.

Il tendit la boisson à Oikawa tandis que le café finissait de couler.

– On viendra, alors.

– Ne décide pas pour moi, répliqua Tooru.

– Oh, tu n'as rien à faire, ce n'est pas toi qui à rendez-vous demain soir, riposta Makki dans un grand sourire.

Le salaud, pensa-t-il.

– À ta place, je ferais attention, sermonna-t-il simplement à la place.

– Venant de toi, je le prendrais comme une blague...

– Je peux savoir pour quoi ? siffla Oikawa.

– Je suis ravi de savoir que vous venez ! coupa Kôshi.

– Dans le calme et la bonne humeur, termina Daichi.

C'était clairement une menace sous-entendue, leurs chamailleries ne seraient pas tolérées. Elles ne l'étaient déjà pas beaucoup, alors en présence d'enfants, ils n'auraient droit à aucun écart possible, apparemment.

– Rien de nouveau au cabinet, sinon ? demanda Sugawara.

– Pas grand-chose, tu sais, ça vient et ça va, généralement, expliqua Hanamaki.

– Hormis son coup de demain, railla Oikawa.

– Tu n'es qu'un jaloux, et tu dis ça parce que celui de ce matin n'a pas aimé tes propos.

– Quels propos, je ne lui ai rien dit !

Daichi et Kôshi se lancèrent un regard entendu. Ces deux-là étaient intenables ensemble, comment diable pouvait-il tenir un commerce à eux deux ?

– Mais tu aurais aimé lui dire des choses, susurra Takahiro.

– Je ne vois pas de quoi tu parles.

– Ne mens pas, je t'ai parfaitement vu le dévorer des yeux quand il partait !

– Grande nouvelle, tu m'apprends des choses sur mes propres actions !

– J'y suis bien contraint puisque tu ne le vois pas toi-même, rit le rouquin.

– Tout simplement parce qu'il n'y à rien à voir.

– Et comment s'appellerait celui-là ? demanda Sugawara.

La question eut le don de faire redescendre la tension qui grimper un peu trop vite à son goût.

– Iwaizumi Hajime.

– Il travaille dans quoi ? s'informa Daichi

– Vous vous prenez pour mes parents ?

– C'est de la curiosité, objecta Kôshi.

– Mal placé, rétorqua Oikawa.

– Quand ça vient de toi, c'est pas si mal placé, lança Kuroo non loin.

– Travaille au lieu de nous écouter !

– Je travaille, moi !

Tooru fit la grimace et Hanamaki sourit à la remarque. Sawamura n'eut même pas le temps de le corriger que le serveur avait déjà disparu. Parfois, son entourage le désespéré.

En entendant les deux énergumènes, assis en face de lui, se remettaient à se disputer, il soupira. Sugawara, lui, semblait plus s'en amuser.

Un beau jour, il devrait se décider s'il aimait ou non les chamailleries incessantes de leurs proches.

– Demain, on ira manger là-bas, lâcha-t-il d'une voix morne.

– Oh, je croyais qu'on devait juste y passer...

– Depuis quand tu décides pour les autres ? nota immédiatement Tooru.

Daichi leva les yeux au ciel.

– Depuis toujours. Vous le ferez et c'est tout.

– J'ai déjà assez d'un père, marmonna Oikawa.

– Pas assez pour t'éduquer apparemment, murmura Kuroo à son oreille.

– Arrête de faire ça ! hurla-t-il soudainement en essayant de taper le serveur.

Frappe qu'il évita habilement en déposant deux tasses vides sur le comptoir.

– T'es vraiment mauvais.

– Foutu chat, râla-t-il une nouvelle fois.

– Et sinon, j'ai entendu dire que des nouveaux cas de drogues étaient apparus au sein du gouvernement, ainsi que des soucis avec des pots de vin... ? lança Hanamaki.

Sugawara acquieça, silencieux. Ignorant le grabuge des deux autres non loin, il entama la discussion.

– J'en ai aussi entendu parler, mais il y a peu d'infos pour le moment. Même les chaînes dîtes libre n'en parle pas, l'affaire va vite être étouffé.

– Tout de même, réussir à interférer dans les affaires privées et publiques de l'État, c'est assez énorme...

Un faciès inquiétant ornait le visage d'Hanamaki, un mélange entre joie et mystère.

– Je trouve aussi... Tout comme les derniers cas de suicide.

– Oh, y'a du nouveau ?

– Trois. Des noyés, d'après ce qu'ils disent.

– Hum, étonnant sans l'être, avec tous ceux qui croulent sous les dettes.

Une grimace de tristesse passa sur le visage de Kôshi, mais aucun des garçons présents ne fit de commentaire.

– C'est vrai que la misère est encore bien présente dans nos rues, souffla-t-il comme perdu au loin.

Très loin d'eux, de la ville et du monde.


Bien, j'espère que vous vous posez des questions. Bon, en vrai, j'espère que vous vous en posez depuis le début si vous avez bien lu mais... Voilà :') Donc, d'autres perso', j'aime mettre des perso', pleins de perso', va en y avoir bcp bcp bcp ! Enfin, p-e pas autant, mais assez qd même :')
J'attends vos avis, envies, etc avec impatience comme tjrs, surtout en ce moment, ça fait un moment que j'touche pas trop à cette histoire, ahah... Oop's.

Enfin bref, à bientôt !