Coucou :')
Je poste ça et j'me casse, ahah :')
Bonne lecture !


Samedi 27 août

Bien. Que pouvait-il ajouter d'autre, se demanda-t-il en s'observant dans le miroir de l'entrée. Pas grand-chose répondit son subconscient, et il avait probablement raison. Vêtu modestement d'un t-shirt agrémenté de mots anglais, d'un jean taille basse noir avec une ceinture blanche et de converse de même couleur. Le tout surmonté avec un collier lâche en argent.

Il en était certain, s'il ajoutait autre chose, ce serait trop, et s'il enlevait quelque chose, ce ne serait pas assez. Clairement. Son téléphone s'alluma au même moment, il le déverrouilla et vit le snap d'Oikawa. Ce dernier lui confirmait également sa tenue, bingo, il avait bien joué. Bien entendu, il ne nota pas la pose de son ami derrière son « ok » écrit en gros et blanc.

D'un geste rapide, il se saisit de ses clés et de son porte-feuille et sortit rapidement de son appartement, sans plus de regard vers son miroir. Qu'est-ce qu'il adorait et détester cet objet parfois. On pouvait y passait des heures et se trouvait moche, comme se voir quelques instants et se trouvait magnifique. Fichu Homme et paradoxe.

A contrario de son ami et collège, il habitait un appartement situé près du centre, assez grand et bien isolé, il n'avait que faire du loyer et tous les avantages qu'il recherchait y était. Si on excluait qu'il habitait au troisième sans ascenseur. Ça, c'était pénible. Mais bon, ce n'était pas tout le monde qui avait vu sur la ville comme lui. À part ses voisins, quasi inexistants soit dit en passant. Il n'était même pas sûr que la vieille femme du second soit encore en vie, il ne la croisait plus depuis deux semaines.

Claquant ses semelles sur les vieilles dalles, il arriva dans le hall avec un petit bond et poussa la lourde porte après avoir tapé son code. Il n'était pas encore dix-neuf heures quand l'air chaud et lourd l'entoura et lécha chaque parcelle de sa peau.

Les rayons du soleil continuaient de taper dans tout ce qu'il pouvait et ce dernier était loin de se coucher. Il adorait l'été, sa senteur particulière et sa lumière, mais il regrettait souvent sa chaleur. Comme beaucoup de monde, dommage.

Bon, de toute manière, il n'avait pas de quoi se presser, son rendez-vous se trouvait dans le parc juste à côté, et il n'était pas en retard. Pas très en avance non plus.

Il alla tout droit en sortant de son bâtiment et tourna à droite à la première intersection. Longeant les bâtiments anciens et neufs, il continua sa marche sur une centaine de mètres tandis que les voitures se succédaient les unes aux autres, aussi dépareillées que les bâtisses l'entourant. C'était étrange de voir la différence, comme si deux mondes résidaient en un seul, mais séparaient par une multitude d'autres petits mondes, d'autres petits secteurs.

– Hanamaki ?

Il releva la tête. Il n'était plus qu'à quelques mètres du parc lorsqu'il entendit son nom. Dans un mouvement tranquille, il se retourna et put pleinement voir Matsukawa non loin. Ce dernier marchait à une bonne allure, et il avait beau scruter l'homme sans vergogne, il lui était impossible de voir ne serait-ce que la trace d'un problème au niveau de sa jambe gauche. C'était déroutant quand on savait qu'il avait une prothèse. Et qu'on était médecin. Et que l'on connaissait la démarche habituelle des personnes avec une jambe en moins.

Impressionnant, vraiment.

– Matsukawa, répondit-il gaîment.

Le brun vint jusqu'à lui, mais s'arrêta tout de même à quelques pas.

– Moi qui espérais que tu m'embrasserais... reprit rapidement Makki.

– Je pourrais, mais jamais au premier rendez-vous, sourit-il.

Ils se regardèrent, les yeux dans les yeux, le noir perdu dans le marron foncé.

– Et que fait-on à un premier rendez-vous alors ?

Matsukawa lui sourit, se détourna et commença à marcher vers le parc.

– Pour le moment, j'espérais marcher un peu en ta compagnie, avant de t'emmener voir un film bateau pour finir par un petit restau'. Rien d'étonnant.

– Ce qui, finalement, me paraît étonnant justement, lança-t-il en suivant le pas.

Issei haussa un sourcil.

– Eh bien, tu n'es en rien « normal » et tu nous donnes un rendez-vous « normal », ce qui est au final, n'est en rien « normal » venant de toi... ? explicita Hanamaki après un silence.

Si Matsukawa était étonné, il n'en laissa pas paraître grand-chose. Au contraire, un sourire naquit sur ses lèvres et il eut un léger rire. Toujours à ses côtés, Hanamaki l'observa tandis que le sourire de son ami le contaminait. Il le trouvait déjà beau, mais l'entendre et voir rire le ferait presque fondre.

– Tu n'oserais tout de même pas te moquer de moi ? demanda-t-il tout de même, incertain.

– Non, je ne me moque pas de toi... Juste de ta logique, ajouta Matsukawa après un court laps de temps.

Makki fit la moue.

– Ma logique te semble illogique au point d'être risible... ?

– Que tu parles bien.

Le rouquin sourit.

– N'essaie pas de détourner ma question par des flatteries.

– Des éloges, même, amplifia-t-il.

– Cela ne me dit pas si j'avais tord, bouda presque Hanamaki.

Ils reprirent leur marche naturellement, continuant leurs taquineries dans le passage ombragé des arbres.

– Ce serait trop simple si je te répondais réellement.

– Et alors ? Tu aimes faire compliquer ?

– Non, mais je suis certain que tu aimes le challenge, sourit Matsukawa.

Songeur, Makki détourna les yeux vers la cime des bois. Peut-être. Lui-même n'était pas certain de la réponse, alors comment un presque inconnu aurait pu le savoir ? Bien que parfois, le monde semble être plus apte à comprendre les autres sans se comprendre soi-même, c'était tout de même étonnant.

– Je mentirais sûrement si je disais que je n'aime pas les défis, s'entendit-il répondre sans même savoir comment.

Il eut droit à un regard entendu d'Issei, qui semblait adhérer totalement à cette idée.

– Et toi, tu n'aimes pas les défis ?

– Je n'aime pas ce qui ne m'intéresse pas, lâcha-t-il, un poil énigmatique.

– Ça ne veut pas dire grand-chose, lui reprocha le rouquin.

– Ou alors, ça veut tout dire en même temps.

Les cigales chantaient encore. Même en pleine capitale, ses bestioles semblaient être là dès que l'été se présentait dans le monde entier.

– Ça dépend, je ne sais même pas à ce que tu t'intéresses... Du coup, ça ne veut rien dire pour moi.

– Nous partons dans des sujets bien philosophiques...

– J'essaie de te comprendre, c'est forcément philosophique.

Matsukawa leva les yeux au ciel et enfonça les mains dans ses poches.

– Je ne connais pas tes passions, reprit ce dernier.

– Qui te dit que j'en ai... ?

– Allons, à part embêter le monde, tu dois bien aimer faire autre chose, taquina Matsukawa.

– Trop de politesse.

– Ton collègue aurait dit « faire chier », c'est ça ?

– Mes amis en général, tu veux dire.

Ils se sourirent.

– Je ne sais pas si tous tes amis semblent aussi... Susceptibles ?

– Non, du tout... sourit Hanamaki, mystérieux.

– Je ne comprends pas vraiment comment ils peuvent te trouver pénible, alors.

– Oh, pas pénible ! Juste usant selon avec qui je suis... C'est quoi, le film que tu veux voir ?

La discussion était close sur ce sujet, semblait-il. Du moins, c'est ce que comprit Matsukawa. Passer du coq à l'âne comme cela, c'était souvent pour distraire l'autre, ou alors parce qu'on était incapable de se concentrer sur une chose à la fois. Il observa encore un peu l'homme et ne sût pas se décider. Il était clair qu'Hanamaki était loin d'être idiot, du moins, de ce qu'il lui faisait croire alors pourquoi n'arrivait-il pas à choisir ?

Il mit cette question, cette action et ce sujet dans un coin de sa mémoire, ce serait sûrement utile plus tard

– Un nouveau film de science-fiction sans vraie promo', sûrement un navet.

Makki haussa un sourcil.

– Tu veux vraiment aller voir ça ?

– Pourquoi pas ? Je me suis dit qu'au pire, on critiquerait toutes les scènes à deux en ennuyant tous le reste des personnes présentes, ironisa-t-il.

Un large sourire se dessina sur les lèvres d'Hanamaki, remontant jusqu'à ses yeux et plissant ses derniers dans une lueur amusée. Il le fixa quelques secondes avant de s'exclamer :

– Vendu !

Il s'écarta un peu et avança en sautillant, tout heureux.

– Ca t'amuses tant que ça de faire chier ?

Il se retourna vivement, faussement choqué.

– Que de vulgarité ! lança-t-il une main devant la bouche.

Matsukawa lui passa devant sans même un regard, juste son éternel sourire presque ennuyé.

– Je sais, je le suis souvent, ironisa-t-il.

– Oh et encore plus au lit, je suis sûr...

Le sourire du brun s'agrandit.

– Ça, tu ne le sauras pas ce soir...

– Oh, vraiment ?

– Voyons, tout le monde sait qu'on ne le fait jamais le premier soir.

– C'est un défi ? railla Hanamaki.

– Peut-être. Vu comme je sais à quel point tu les aimes...

Ils atteignirent l'orée du parc, la sortie n'était plus qu'à quelques minutes.

– Ne serait-ce pas là une perche que tu me tends ?

– Si je voulais te tendre une perche, ce ne serait pas celle-là.

La réplique le surprit. Réellement. À un point qu'il ne put qu'en rire. D'un rire doux, mais soudain comme une pluie diluvienne de printemps. Pourtant, il n'était pas le seul ; surpris. Matsukawa non plus, n'en revenait pas. Bien qu'habituellement, il faisait ce genre de blague ou de sous-entendu sans problème, ce n'était pas aujourd'hui qu'il devait se laisser aller. Son naturel ne devait pas prendre le dessus, s'il continuait à dire des choses sans réfléchir, il n'irait pas bien loin. Enfin, si. Il irait sûrement loin avec l'homme à ses côtés, mais certainement pas là où il voulait aller. Et ça, ce serait échouer. Ce n'était pas une option.

– Je le savais !

La voix d'Hanamaki le sortit de ses songes, il reprit contenance comme si rien ne s'était produit.

– Quoi donc ?

– Que tu n'étais clairement pas aussi sage que tu le laissais paraître.

– Un instant de faiblesse, sourit mystérieusement Issei.

Un regard moqueur, mais plein d'une témérité et d'une vivacité, Hanamaki s'interposa dans sa route.

– Ce ne sera pas le seul, pas face à moi en tout cas...

Sans autre chose, il se détourna et continua sa marche, comme si de rien n'était, les deux mains dans le dos, droit et fier.

Sans effort, Matsukawa revint à ses côtés, de nouveau perturbé par ce garçon. Vraiment, il avait l'habitude des gens spéciaux, mais au point de le désarçonné, c'était rare.

Trop rare pour qu'il ne puisse pas cacher sa stupeur pendant quelques instants. Ce que n'avait pas dû rater Hanamaki.

– Si je ne m'abuse, le ciné' ne doit être qu'à quelques rues, non ?

– Hum, d'ici cinq minutes on y sera.

Un portable sonna, celui d'Hanamaki. D'un mouvement vif, il le déverrouilla, ouvrit le message et le supprima. Du moins, de ce que vit Matsukawa. Il n'avait même pas eu le temps de lire le contenu que l'icône de la poubelle était déjà apparu.

– Une pub' ? tenta-t-il sans curiosité apparente.

– Ou ma maîtresse, peut-être ?

– Tu n'oserais tout de même pas faire double jeu avec moi ?

Hanamaki sourit, d'un sourire étrange, sans joie ni tristesse. Vide.

– Qui sait... ?

– Toi.

– Certes... bouda-t-il un poil.

– Tu espérais une autre réponse ?

– Un peu moins conventionnel, oui... explicita Makki.

– Je suis conventionnel, toi non, lâcha Matsukawa, presque las.

Hanamaki arrêta sa marche, les yeux plongés dans ceux noirs et abyssaux, il eut en plus un rictus au coin de la bouche.

– C'est vrai. Si j'étais conventionnel, tu ne te serais pas intéressé à moi. Si j'étais conventionnel, tu n'aurais certainement pas cherché à me revoir. Si j'étais conventionnel, tu n'essaierais pas de me connaître. Si j'étais conventionnel, je n'aurais pas deviné que tu essaies tant bien mal de te cacher. Si j'étais conventionnel, je t'aurais demandé ce qui est arrivé à ta jambe. Mais si t'étais vraiment conventionnel aussi, c'est ce qui te ferait fuir loin de moi et pas l'inverse.


Alors ? :D
Vous en pensez quoi ? :D J'aime bien cette fin, pour une fois :') Et j'attends avec impatience vos avis ! o/
Kiss kiss mes loupiots ! o/ Et à la semaine pro' ! o/
(Ouais, ajd c'est court mais j'ai la fleeeeeeeeeeeeeeeeeeeemme :'))