Let me die.
*tousse* *renifle* *retousse*
Je suis maladeuuuuuh, complètement malaaaaaaaaaaaaaaaaaaaadeuuuuuuuuuuuh !
(Voilà, mtn je prie pour que vous ayez cette chanson dans le crâne pendant les trois semaines à venir!)
Samedi 10 septembre
Il enfila rapidement son pull et se dirigea vers l'entrée d'un pas nonchalant. S'il n'y allait pas maintenant, il finirait en retard, et cela, c'était hors de question.
– Akaashi ! lança-t-il avec son accentuation bien spécifique.
Le jeune homme soupira.
– Oui ?
Bokuto arriva derrière lui, une moue mécontente collée au visage.
– J'veux pas que tu partes !
– Bokuto... J'y suis obligé.
– T'es jamais obligé de rien, c'est toujours toi qui le dis.
Il soupira, parfois, son amant utilisé de bien vil technique puéril.
– J'y vais, lança-t-il alors sans plus de conviction.
Bokuto l'attrapa par le bras, refusant encore qu'il s'en aille, il n'avait plus le choix.
– Je t'ai dit que je partais, lâcha-t-il froidement.
L'agacement commençait dangereusement à pointer le bout de son nez. Surtout, il ne fallait pas qu'il s'énerve. Faire du mal à Bokuto serait la pire chose à faire et surtout, il le regretterait. L'un de ses rares points faibles, c'était lui. Cependant, s'il refusait de l'avouer à quiconque, il devait bien reconnaître qu'il ne pouvait se mentir à soi-même. Faire cela, ç'aurait été comme creuser sa propre tombe.
Si l'on connaît ses faiblesses, on est à même de pouvoir les vaincre, ainsi que prévoir les coups portés. Surtout, anticiper. C'était le mot d'ordre de sa vie, toujours, tout le temps, dans n'importe quel moment, dans n'importe quelle action, dans n'importe quel choix.
– Je t'ai dit que je voulais que tu restes un peu plus longtemps... Reprit Bokuto.
Plantant ses yeux d'orages dans ceux d'or et grand ouvert, il s'approcha et baisa furtivement ses lèvres.
– Je ne peux pas, je dois y aller.
Dégageant rapidement son bras, il mit ses chaussures et ouvrit la porte.
– Pourquoi c'est toujours toi qui as le dernier mot ? lança Bokuto, contrarié.
– Je ne l'ai pas tout le temps, rétorqua-t-il.
– Non, tu ne l'as pas quand tu ne veux pas l'avoir ! Sinon, je me plie toujours à toutes tes demandes, tous tes emplois du temps et tes foutues conventions ! Ou j'peux même pas me montrer vu qu't'as honte de moi.
Akaashi se détourna. Expliquer une nouvelle fois, essayer de lui faire comprendre et avouer à demi-mot qu'effectivement, qu'un futur haut représentant s'affiche avec un roturier et homme qui plus est, ce n'était certainement pas bien vu. Pas parmi la crème de la société, pas devant les médias, pas devant la famille.
Une image était à tenir malheureusement, et elle valait presque tout autant que son couple. Mais, peut-être se mentait-il à soi-même, quand il pensait qu'elle n'était pas même égale voir plus forte que son amour.
Anticiper, c'était le mot d'ordre. Et là, il savait que parler, ce serait le mettre en retard, que cela ne servirait à rien pour le moment. Parce qu'il n'en avait pas envie et, malgré qu'il sache pertinemment comment serait la réaction de Bokuto, il fit son choix en quelques instants.
Sans un regard en arrière, ni chercher à s'expliquer ou à nier les faits, il sortit rapidement et fit en sorte de disparaître dans les escaliers, sans laisser le temps à Bokuto de répliquer ou de l'appeler.
De toute manière, ce dernier était bien trop affligé pour essayer de le retenir. Il n'en pouvait plus ; de cette situation, de ce pseudo-couple où il faisait tous les efforts, de toutes ces choses qu'il faisait pour lui. Il avait juste l'impression d'être utilisé comme un vulgaire objet qu'il jetterait dès qu'il en aurait marre.
Bokuto avait envie de vomir.
Il s'éloigna de la porte et retint difficilement quelques larmes, à en juger par ses yeux qui le piquaient affreusement.
S'affalant dans le canapé, il tira jusqu'à lui un coussin et enfouit sa tête dedans. Pour autant, les larmes ne coulèrent pas. Son cœur était serré, son estomac aussi, mais aucune bile ne vint jusqu'à ses lèvres. Il était tellement mal moralement qu'il le ressentait physiquement. Son psychique déteignant sur son corps, il allait finir par mourir, mourir d'amour. Mourir par connerie, mourir parce qu'il ne se voyait pas vivre sans lui, mourir parce qu'il ne savait quoi faire d'autre.
Plus que tout, il avait tenté mille et une fois de lui faire entendre raison, tenter de comprendre, tenter de trouver des solutions.
Mais que pouvait-il bien faire pour qu'Akaashi l'accepte ? Pour qu'ils puissent enfin vivre librement, loin de cette connerie qu'était la haute sphère et de la famille de son amant. Loin de toutes ses prérogatives et de toute cette connerie qu'étaient les lois et les mœurs.
Qu'est-ce qu'il devait faire ?
Cette question, il l'avait déjà posée des milliers de fois, oralement ou mentalement. La seule réponse et envie qu'il avait trouvée, c'était de détruire.
Akaashi, lui, avait une réaction plus nuancée. Il suffisait de prendre le pouvoir et de faire sa propre loi, ça, c'était sa réponse au monde.
Et ceci, en arrivant chez lui, il se le répéta quinze fois avant de passer le lourd portail.
Marchant toujours sous l'accablant soleil, il écoutait crisser les cailloux à chacun de ses pas. Mais ce son, il l'entendait comme un requiem plus qu'autre chose, la douce musique qui le conduisait vers sa mort. Sa mort sentimentale.
Tout ne serait bientôt que profit et masque. L'humanité n'avait pas sa place dans ce domaine, dans cette maison, dans cette famille, dans ce paraître.
Il n'eut même pas besoin de pousser la porte d'entrée qu'elle s'ouvrit d'elle-même alors qu'il n'était qu'à quelques mètres.
Son père se tenait dans l'encadrement, droit et fier, les yeux tout aussi gris. Robotique.
– Tu es en retard.
– De deux minutes et quarante secondes, oui, affirma Akaashi.
– Je laisse passer pour cette fois.
Il hocha la tête en guise de remerciement. Ce soir serait une grande soirée en l'honneur de leur société, son père devait être d'excellente humeur.
– Je ne le tolérerais pas lors de l'ouverture, par contre.
– Dans ce cas-là, je vais me changer de ce pas, répondit-il sans une once d'émotion, de la même manière que son paternel.
D'un pas, ce dernier se décala tandis que Keiji entrait d'une marche certaine. Son père pouvait bien dire et faire ce qu'il voulait, il ne l'impressionnait plus. Cela, depuis un long moment.
Son innocence avait disparu il y a bien longtemps, avec sa naïveté et sa gentillesse.
Dorénavant, il ne subsistait que la ruse, la perversité, la dissimulation et la mystification. Bien des choses dans lesquelles il excellait.
Mais surtout, dans lesquelles il deviendrait le meilleur.
Malaaaaaaaaadeuuuuuuuuuuuh Complètement maladeuuuuuuuuuuuuuh ! Je suis malaaaaaaaaaaaaade !
/PAN/
Ils sont pas mignons mes chéris à se prendre la tête ? Et sinon, vous avez aimé ? Vous vous inquiétez pour nos chouchoux ? Ils sont si cute après tout...
J'attends vos avis, et impression, et je vous dit... JE SUIS MALAAAAAAAADEUUUUH COMPLETEMENT MALADEUUUUUUUH !
