Vendredi 16 septembre
Oikawa soupira. Un bébé malade aurait été la raison d'annulation de sa cliente. Bien qu'il n'avait qu'une demi-heure à lui accordait, ce qui était peu, cela faisait déjà vingt minutes qu'il s'ennuyait.
Il aurait pu faire ses mails, ce que lui ordonnait son esprit depuis le début, mais sa procrastination avait pris le dessus, et, au final, il se retrouvait à jeter une balle en l'air. Assis sur sa chaise et la tête renversée, le ballon atterrit une nouvelle fois dans sa main.
D'un geste purement mécanique désormais, il la renvoya. Le manège durait depuis un bon moment, il n'avait même plus besoin d'y penser pour le faire.
Il songeait assez au sujet d'un brun pour que son bras puisse travailler tout seul, sans l'aide de son cerveau.
Oikawa grimaça. Il ne devrait pas se concentrer sur ce sujet, et encore moins se prendre la tête comme cela, mais il n'y pouvait rien. Il était bien trop intrigué.
Son corps réagissant avant sa réflexion, il se mit debout et posa la balle sur la table.
Que pouvait-il bien faire ?
Avant même de trouver une réponse, la porte de la salle d'attente claqua. Pas assez fort pour être un bruit dit « gênant » mais assez pour qu'il l'entende sans douter.
Un sourire prit étrangement place sur ses lèvres et il alla jusqu'à sa propre porte. Reprenant un peu son calme, il l'ouvrit.
– Iwaizumi !
Surpris de son arrivée soudaine, le brun le salua simplement.
– Je n'ai pas de patient, alors je te prends plus tôt, se justifia immédiatement Oikawa, tu entres ?
Hochant la tête, Iwaizumi passa près de lui.
Il referma la porte.
Enlevant directement son t-shirt sans rien demander, Iwaizumi s'allongea tandis qu'Oikawa venait près de lui.
– On a commencé les séances il y a quatre semaines... lança le kinésithérapeute en lui prenant le bras.
Il affirma.
– Et ?
– Et alors, tu as senti les effets, ou rien à changé depuis ?
S'il avait pu, Iwaizumi aurait haussé les épaules, à la place, il tourna la tête.
Ce n'est pas qu'il n'aimait pas mentir, il en avait l'habitude, cependant, tromper quelqu'un qu'on appréciait un peu trop, c'était toujours dérangeant.
– Ouais, c'est plus souple, lâcha-t-il.
Oikawa l'observa quelques minutes, avant de reprendre les mouvements. Parfois, Iwaizumi aurait pu jurer que son kinésithérapeute savait tout. Comme s'il pouvait lire à travers lui, ses yeux et ses gestes et qu'il était meilleur que lui à ce jeu-là.
– Pour le trek, on le fera le week-end prochain, lança-t-il en le laissant se relever.
Iwaizumi l'observa, attendant une suite qui ne venait pas.
– Un problème ? demanda alors Oikawa.
– Pourquoi le week-end prochain et pas celui-là ?
– J'ai des choses à faire, le week-end prochain ne te convient pas ?
– Si.
Notant mentalement qu'Oikawa avait éludé la question, il se leva et se mit droit.
– Tu viendras chez moi, le soir, lui annonça-t-il en lui lançant un ballon.
Iwaizumi le rattrapa sans problème.
– Pourquoi faire ?
– Parce qu'on partira tôt le matin, et que c'est plus pratique comme ça.
– J'ai mon mot à dire ? interrogea tout de même le patient.
– Non.
Une veine pulsa dangereusement près de sa tempe.
– T'as pas l'impression de te foutre de ma gueule ?
– Je le fais tout le temps quand j'te parle.
Évitant soigneusement la balle en mousse, Oikawa rit aux éclats.
L'estomac d'Iwaizumi se tordit.
– Tu vas bien ? demanda soudainement Oikawa.
– Oui !
La réponse fut dîtes trop vite, arrachant un sourire moqueur au kinésithérapeute, il s'abstint tout de même de répliquer.
– Quoi ? râla Iwaizumi, creusant sa propre tombe.
– Rien du tout.
– Tu te t'fou de moi !
– Depuis le début, s'amusa un peu plus Oikawa.
Cette fois-ci, il n'avait rien en main pour lui envoyer à la tête. Quoi que le fauteuil non loin le tentait bien, mais il se retint. Envoyé un siège dans le crâne de son médecin n'était certainement pas une bonne idée.
– Te vexe pas, c'est parce que je t'aime bien que je le fais... ajouta tout de même Oikawa.
– Va te faire foutre.
Oikawa se mordit la lèvre. La réponse qu'il aurait pu lancer n'était sûrement pas celle attendue, et ne résoudrait en rien le problème. Même si elle le tentait affreusement.
Il renvoya la balle en mousse.
– Au fait, comme équipement pour le trek, tu as de bonnes chaussures, au moins ? lança-t-il pour changer de sujet.
Et espérer qu'Iwaizumi arrêterait de faire la tête.
– Ouais.
– Ouais, ou oui ?
Il lui jeta un regard noir avant de répondre.
– Oui, répéta-t-il quand même.
– Et tu penseras à prendre une bonne veste. Bon, pour le sac de couchage, j'ai ce qu'il faut, je te prêterais l'un des miens.
– J'en ai un aussi.
– Mais ça évitera que tu te ramènes avec des kilos d'affaires à la maison, que je puisse tout préparer la veille, il ne manquera plus que tes vêtements et ton sac, que je ne peux pas faire pour toi.
Iwaizumi leva les yeux au ciel, son médecin semblait bien trop prévoyant pour une sortie de deux jours.
– T'as pas l'impression de te prendre trop la tête ?
Le regard que lui lança Oikawa le fit taire, étonnamment.
– Je ne me prends jamais la tête !
– Ça y ressemble en tout cas.
Laissant la balle de côté, Oikawa alla s'asseoir près de l'ordinateur.
– Fais plutôt une dizaine de pompes.
– Quoi ?
– Une dizaine de pompes, fais-les.
S'interdisant de rechigner, et encore plus de répliquer méchamment, Iwaizumi préféra se taire et commencer à les faire. Sans montrer de trop grand signe de faiblesse, il s'arrêta bel et bien à dix, et se releva.
– Tu peux en faire plus ?
– C'est toi le kinésithérapeute.
– C'est ton corps, je ne suis pas censé savoir ce qu'il peut faire à ta place ni te demander de te surmener, on n'est pas à l'armée... répondit Oikawa.
Ils s'entre-regardèrent, et ne sourirent pas.
Oui, je suis en vie, également sur ce fandom, même si j'avoue avoir abusé niveau pause... Haha. Sorry. J'espère que vous serez quand même au rdv, et je vais tout faire pour reprendre les choses régulièrement ! À bientôt.
