Samedi 24 septembre
La nuit était tombée depuis quelques heures. Matsukawa l'avait attendu, longuement lui semblait-il quand, enfin, elle avait daigné venir et étendre son manteau.
Il était bientôt deux heures du matin quand il se faufila dans le jardin.
Toutes les lumières étaient éteintes, et rien ne bougeait. Aucun animal ou humain à l'horizon.
L'herbe verte ne bruissait sous son pas. Marchant lentement, il s'avança naturellement jusqu'à la porte d'entrée.
Iwaizumi lui avait dit qu'il existait une alarme à code, et lui avait même donné les chiffres correspondants. Si Oikawa s'était montré aussi imprudent, il ne devrait certainement pas trouver quoi que ce soit chez lui, mais qui ne tente rien, n'a rien.
Il arriva à la porte. Restant debout, il inséra une clé passe-partout prévue spécifiquement pour l'occasion, et entra comme si de rien n'était.
Ses gants déjà enfilés, il tapa la série de chiffres et referma derrière lui.
La maison était calme, sombre, mais néanmoins vivante. Contrairement à ses appartements sans âme, on voyait dès le premier regard les cadres photos, les vêtements ou affaires qui traînaient et qui rendaient le lieu animé.
Il s'approcha des commodes et observa de plus près les images. Sans les toucher, il se pencha et vit les mêmes visages que chez Hanamaki à quelques exceptions près, tel que Kenma. Hanamaki le connaissait, mais Oikawa avait des photos avec lui. Preuve qu'ils étaient plus proche que ce que Matsukawa pensait. Malgré qu'ils soient issus du même milieu, Oikawa et Kenma, n'avaient pas l'air d'être amis, Oikawa devait tenir à lui plus qu'il n'y paraissait.
Matsukawa se releva, et s'approcha rapidement de l'ordinateur. Il s'alluma sans bruit, et sans demande de mot de passe, à son étonnement. Non, vraiment, Oikawa lui semblait bien trop laxiste pour une personne qui devait avoir des choses à cacher. Tout le monde avait des secrets, mais cet homme paraissait se moquer qu'on les trouve.
Comme prévu, la recherche dans le disque dur complet fut infructueuse, ainsi que pour la tablette et les clouds.
Il soupira, il n'avait plus qu'à chercher tous les papiers possibles parmi les dossiers qu'il avait aperçus dans le bureau. Et qui semblait désorganisé. Il en avait mal à la tête par avance.
Après avoir vérifié que les volets étaient bel et bien fermés, il alluma la lumière et commença sa délicate, cependant essentielle, recherche.
Au bout d'une heure et demie, son courage commença à l'abandonner. Il n'y avait rien, rien du tout. En-dehors de tout ce qui concernait leur cabinet, les factures, les remboursements et fiche de paies, il n'y avait rien.
Il reposa la pile et regarda la porte avec envie. Il voulait juste s'en allait… jusqu'à ce qu'une tache blanche attire son attention, glissée près de la sortie, sous une étagère.
Se levant avec une grâce féline, il s'accroupit et tira la feuille. Pliée, c'était une facture concernant un patient inconnu, mais… sur le haut à droite se trouvait une date déjà passée, et un « Y ».
Et si sa mémoire ne le trompait pas, il s'agissait d'un rendez-vous dont ils avaient eu échos, sur les quais, mais qu'ils n'avaient pas pu prouver.
Étonnant de trouver cette date, sur un morceau de papier qui semblait être tombée là, comme si elle avait glissé d'une pile alors qu'on sortait de la pièce.
Il prit en photo le papier et le reposa à sa place, peut-être était-ce un leurre, ou juste un rendez-vous auquel il devait penser ce jour-là, mais étrangement, il n'avait noté aucune heure. Et pourquoi un « Y » ?
Il se leva, et retourna à ses piles de papiers. Oikawa devrait songer à les trier correctement.
Cependant, avec toute la concentration qu'il put mettre, il ne trouva rien malgré trois heures de recherche, si ce n'est cette date écrite.
Dans un geste souple, il s'étira. Vérifiant que tout était à la même place que lorsqu'il était entré, il fit deux pas en arrière et sortit, sans un bruit.
Le salon l'accueillit, sombre, mais toujours chaleureux. Il jeta un nouveau regard sur les photos. Il aurait aimé avoir autant de véritables photos, et non des falsifiées. Une vie réelle, non fausse, basée sur le mensonge.
Il prit une grande inspiration, et, priant pour que tout se passe bien pour Iwaizumi, il sortit de la maison.
