Mercredi 5 octobre
Hanamaki n'était pas certain que laisser Oikawa seul avec Iwaizumi était la meilleure idée du monde. Ce ne devait pas l'être du tout, même, mais il n'avait pas le choix. D'une part, la fraicheur qui s'imposait ces derniers jours ne lui plaisait guère malgré les rayons du soleil, d'une seconde part, sa journée avait été bien trop longue, et d'une troisième part, il était certain qu'un très bon accueil l'attendait à son appartement.
Il sourit à cette pensée.
Il n'était pas comme Oikawa, un cœur d'artichaut, et, contrairement à ce dernier, il était certain que sa rencontre avec Matsukawa était intentionnelle. Malgré tout, comment résister à cet homme au corps séduisant ? Difficilement, et Hanamaki n'avait pas eu envie de faire le moindre effort pour refuser quoi que ce soit. Au contraire, il en jouissait pleinement. Trop, puisque lui-même s'était perdu dans les méandres du plaisir et de la vie de couple. Les jours se ressemblaient sans être les mêmes avec Matsukawa, et il n'avait pas envie de changer ça.
Pourtant, depuis quinze jours, le comportement de son amant se modifiait. Parfois. C'était des détails, peut-être insignifiants, sauf pour Hanamaki. Hanamaki se considérait innocent. À partir de cette pensée, si lui-même y croyait, personne ne pouvait douter. De ce fait, il en avait fait sa force, et, presque deux semaines auparavant, avait donné un double de ses clefs à Matsukawa. Ce dernier bougeait librement dans ses appartements depuis.
À partir de ce moment, l'attitude de Matsukawa se dissociait. Lorsqu'ils faisaient l'amour, il se perdait dans ses pensées, dans l'odeur de sa peau. Quand ils dinaient, Hanamaki le surprenait à l'observer, égaré. Depuis quelques jours, le marque-page du livre qu'il avait entamé n'avait pas bougé alors qu'il l'ouvrait tous les soirs avant de se coucher.
Le doute s'installait.
Le cœur rempli de joie, Hanamaki entra dans le vieil immeuble. Laissant derrière lui les derniers rayons du soleil, il se remémora les demandes de Shimizu. Elle pensait Matsukawa coupable d'espionnage ou au moins d'enquêter. Hanamaki aussi. Ce qu'elle ignorait, c'est que son but premier n'était pas de découvrir la vérité, mais de le rallier à sa cause : défendre la veuve et l'orphelin !
Hanamaki retint un rire de justesse alors qu'il entrait dans son appartement à pas de loup. L'odeur des crêpes lui emplit les narines, et il se dirigea vers la cuisine.
La télé crachotait des informations inaudibles tandis que le portable de Matsukawa, posait non loin, diffusait un air calme de jazz.
– Tu ne me dis pas bonjour ? demanda-t-il sans même se retourner.
Quel culot, pensa Hanamaki. Toujours souriant, il s'approcha alors que Matsukawa déposait la dernière crêpe sur une assiette déjà pleine, et éteignit le feu.
Glissant ses bras autour de ses hanches, Hanamaki lui déposa un baiser dans le cou.
– Si j'avais su, je serai rentré plus vite.
– Rien que pour les crêpes et pas pour moi ? Tu me brises le cœur, susurra Matsukawa.
– Oh, permets-moi de m'excuser convenablement, alors…
Poussant délicatement son amant, il logea sa jambe entre les siennes tandis qu'il bloqua son corps contre le plan de travail.
Allouvi*, il ravit sa bouche avant que Matsukawa puisse se plaindre pendant que ses mains passaient sous son pull. Miam.
– Makki ! T'as les mains froides !
– C'est bien pour ça que je les mets là… Tu veux pas me réchauffer ?
La phrase trop culte pour être romantique, le fit rire. Profitant de cet instant d'inattention, Hanamaki fit tomber son pantalon avant de l'asseoir sur le plan de travail.
– Heureusement que je nettoie directement après avoir fait la cuisine, râla-t-il.
– Si j'étais arrivé plus tôt, j'aurais pu t'enduire de pâte à crêpes.
– Non merci.
– Ta maniaquerie n'a pas que des bons côtés, finalement, s'amusa Hanamaki
– C'est surtout que la pâte à crêpes pas cuite, c'est mauvais.
Soudainement curieux à la remarque, Hanamaki délaissa sa nuque pour l'observer.
– Je pourrais avec de la chantilly alors ?
– On en a pas, et j'ai froid.
– Je t'ai laissé ton pull, rétorqua Hanamaki, plein de ressource alors qu'il s'éloignait dangereusement de son amant.
De sa jambe valide, Matsukawa le retint contre lui.
– N'essaie même pas, lança-t-il comme mis en garde en connaissant pertinemment l'idée qu'Hanamaki avait en tête, et sache que mon pull n'est pas sous mes fesses.
Les mains à plat sur ses cuisses, Hanamaki le fixa, malicieusement. Tant pis pour le pot de Nutella, ce ne serait pas pour aujourd'hui, pensa-t-il avant de répondre :
– Non, c'est vrai que tu as ton caleçon, sous tes fesses. Ce qui est fort dommage si tu veux mon avis.
Avant qu'il ne puisse bouger, Matsukawa tira sur son pull et le força à le retirer. Un frisson parcourut Hanamaki, l'obligeant à se blottir un peu plus contre son amant.
– Tu vois, il fait froid, lança Matsukawa en suivant des doigts sa colonne vertébrale.
– Si ça me permet de faire ça à chaque fois, je veux bien avoir froid tous les jours, riposta Hanamaki, le sourire présent alors que ses mains dérapaient involontairement vers l'aine de son amant.
Matsukawa lui attrapa les mains et colla son front au sien.
– Ma prothèse.
C'était un murmure. Presque inaudible.
Matsukawa n'aimait pas la garder dans leur intimité, sauf en cas de besoin. Même si c'était une très bonne prothèse, ce n'était jamais agréable de la porter toute la journée.
Hanamaki lui sourit, et en joua. Il se baissa et embrassa les deux cuisses à sa portée. Délicatement, il défit le carbone de sa jambe, ainsi que le latex.
L'air frais qui passa sur sa cuisse lui donna la chair de poule, encore plus fortement quand Hanamaki souffla dessus avant de la mordre.
Grimaçant, Matsukawa passa ses doigts dans les cheveux de son amant et l'obligea à revenir vers lui. Mécontent, Matsukawa prit sa bouche en otage pendant quelques secondes tandis qu'il pinça une de ses hanches. Tout ce qu'il obtint fut un rire étouffé de la part d'Hanamaki, qui ne lui plut davantage.
Toujours coincé contre lui, Hanamaki réussit à loger sa tête dans le creux de son cou. Sans sourire, cette fois. Il savait que Matsukawa n'aimait pas particulièrement sa blessure, même s'il l'avait accepté.
– Désolé, chuchota Hanamaki, c'est juste que… Ca me contrarie.
– Tu vas devoir faire avec, on m'a certifié qu'elle ne repousserait pas, ce qui m'a aussi contrarié pendant un moment d'ailleurs, affirma Matsukawa, moqueur.*
Frustré, même si la remarque l'amusa, Hanamaki planta dans ses yeux dans les siens.
– C'est pas de ça dont je parle, tu le sais.
Matsukawa posa sa main sur la sienne, appuyé sur sa jambe amputée. Bien sûr qu'il savait à quoi il faisait référence : son histoire. Comment ne pas comprendre.
Lentement, Hanamaki fit des ronds avec son pouce.
– J'espère qu'un jour, tu me raconteras.
Sans rien connaitre des attentes ou envies d'Hanamaki, Matsukawa répondit, une once d'espoir dans la voix :
– Moi aussi, j'espère.
Même s'il s'y attendait, la réponse ne lui plut guère à Hanamaki. Il avait encore un long travail à mener avant que Matsukawa accepte de lui faire confiance.
En règle générale, Hanamaki adorait les défis. C'était un leitmotiv dans sa vie, pour autant, celui-là, il aurait préféré sans passer.
*Allouvi = avide
*Je me trouve tellement violente mais en même temps j'ai tellement rit… Pardon si j'ai vexé quelqu'un.
Arf, ceci est un chapitre que j'ai du réecrire suite à UN PROBLEME DE MERDE QUI M'A FAIT PERDRE DES FICHIERS DE MES CO/ et omg, j'avais tellement galéré à pas faire une scène de sexe la dernière fois mais là, c'est pire ! Ok, j'me suis contenue, on est pas là pour ça mais geeeennnnre, j'étais allé un peu moins loin la première fois… Les premiers jets sont souvent les meilleurs de toutes façon… Pour ma part, hein. Bref.
Sorry pour ceux qui ont du mal avec ça mais pour moi, (et l'histoire hein) c'était important pour ce chapitre puisque leur relation est vraiment la base pour ce qui l'ont pas compris !
