OOC : Bonjour à tous. Voici le deuxième chapitre de « Rejoins-moi » après un petit hiatus (dont j'avais probablement besoin je pense). J'ai vu Intergrade et je ne donnerais aucun spoiler dans cette histoire pour ceux qui ne l'ont pas vu. Donc, vous pouvez lire en toute tranquillité.

Sur ce, bonne lecture !

Nero observait la scène nerveusement.

Ensemble, à l'intérieur du Simulateur de Réalité Virtuelle, l'entraînement commençait pour Shiro. Après avoir réglé le niveau de difficulté, Nero se plaça sur le côté pour contempler l'enfant se préparer.

« Garde ton calme. Prends une inspiration et concentre-toi. »

Tels étaient les conseils qu'il avait donné à l'enfant. Au combat, garder son calme était primordial. Sans cela, il était impossible de gagner et survivre. A Deepground, Nero s'était permis le luxe de s'emporter et de se laisser aller à ses massacres perpétuels avec ses ténèbres, inlassablement. Mais il avait attendu d'être au rang des Tsviets pour se l'autoriser. Avant cela, il avait beaucoup de mal à garder son calme, même en-dehors d'une bataille. Et il avait dû l'apprendre, car la moindre émotion qu'il ne refoulait pas lui valait instantanément une réprimande musclée. Soit de Restrictor, soit des scientifiques.

Shiro avait huit ans. Il devait l'apprendre dès maintenant. Son fleuret à la main, Shiro s'échauffa. Nero l'observa suivre les conseils de son oncle, d'un œil attentif. L'enfant aux cheveux blancs inspira, expira.

Puis enfin, donnée après donnée, le robot apparut devant lui. Un robot rouge et doré, sans aucune expression faciale, à peine plus grand que Nero. Il était néanmoins très imposant, avec deux bras et une roue en guise de jambes. Shiro se mit en garde. Il toisa le robot avec une expression de défi, avant d'inhaler une nouvelle fois.

Nero croisa les bras sur sa poitrine, la mâchoire serrée. Il n'y avait rien à craindre. De toute façon, Nero s'était donné la règle d'or d'être toujours présent quand Shiro s'entraînait. Il n'allait rien lui arriver. Du moins, pas dans ce Simulateur...

Le robot s'avança vers Shiro, les bras en avant.

Shiro gronda. Enfin, l'enfant s'élança, fleuret en l'air.

Trop tôt, jugea Nero.

Shiro effectua un saut en avant, tenant son fleuret à deux bras pour trancher la tête du robot. Mais Nero s'était attendu à ce qui allait s'ensuivre. Le robot avait déjà prédit ses mouvements et se retourna d'un trait, avant de balancer un coup de poing massif en plein dans le ventre de Shiro. L'enfant vola à travers le Simulateur, lâchant son fleuret alors qu'il tomba lourdement au sol, son dos le heurtant violemment.

Nero se fit violence pour ne pas intervenir. Il poussa un soupir avant de reculer de quelques pas. Il fallait qu'il laisse Shiro se débrouiller.

L'enfant se releva presqu'instantanément, fusillant le robot du regard.

« Ah, tu veux jouer à ça ? »

Il effectua une roulade au sol pour esquiver les roues du robot. Au même moment, il ramassa son fleuret et se retourna d'un trait vers son assaillant. A nouveau, il courut vers lui, souhaitant l'attaquer par-derrière.

Le robot anticipa à nouveau son attaque. Il roula sur le côté et leva un de ses bras, prêt à envoyer une attaque magique. Probablement une attaque de glace. Le robot n'avait pas le niveau pour en envoyer d'autres.

Shiro évita le jet de justesse, et fonça vers le robot. A nouveau, il sauta en l'air. Mais contrairement à la première fois, il n'utilisa pas son fleuret.

Non. A la place, il balança un coup de pied en pleine tête de la création virtuelle. Le robot recula et répliqua par un coup de poing. Shiro le para à peine avec son fleuret et il ne put éviter l'autre bras qui se referma sur lui. Puis, il utilisa ses deux bras pour emprisonner l'enfant dans une violente étreinte, déterminé à l'étouffer.

« C'est tout ce que tu... sais... faire ? » articula Shiro alors qu'il se mit à tousser.

Nero fronça les sourcils. Est-ce qu'il avait trop haussé le niveau ? Non. Hors de question. Il allait s'en sortir.

La respiration de Shiro se fit plus rauque. Mais alors que le robot pressait le corps de l'enfant contre le sien, il se fit violemment propulser en arrière dans une violente lumière blanche et jaune, lâchant l'enfant qui retomba à plat ventre, avant de se relever. Nero en sursauta presque.

Il avait usé une Matéria Brasier qu'il avait placé sur son fleuret.

D'où la sortait-il ?

Shiro rabaissa son fleuret, reprenant une énième fois son souffle.

« Allons, je m'échauffe à peine ! »

Le robot lui fit face. Shiro s'était déjà précipité sur lui. A défaut d'un coup de pied, il lui envoya un coup de poing en pleine figure, laissant un impact sur le métal composant l'assaillant.

Un grand sourire aux lèvres, Shiro leva son fleuret.

Il frappa le robot en plein centre. Il n'eut pas le temps d'en faire davantage que le robot tourna sur lui-même pour le projeter en l'air. Néanmoins, cette fois-ci, Shiro se prépara à l'impact. Il atterrit par terre sur ses pieds, tandis qu'une lumière blanche aveuglante se forma dans un cercle autour de lui.

Pas possible... Pas à son âge...

Shiro ne changea pas d'expression. Alors que le robot se dirigeait hâtivement vers lui, bras en avant, prêt à l'écraser, Shiro s'élança en l'air, la lumière quittant le sol avec lui.

Puis, lorsqu'il retomba à pieds joints, un violent tremblement secoua toute la pièce du Simulateur, faisant basculer le robot. Nero n'en fut que moyennement affecté, ayant utilisé ses ténèbres juste à temps pour éviter de le suivre dans sa chute.

Un peu sonné, le robot n'eut pas le temps de se relever.

Shiro était déjà sur lui.

Il lui adressa un uppercut, laissant un nouvel impact sur le métal dur tandis que des étincelles se formaient autour de l'endroit où l'enfant avait frappé.

Puis, un autre coup de poing.

Et un autre.

C'était fini.

« Le coup de grâce ! »

Shiro leva sa lame.

Et cette dernière transperça la tête du robot. Un bruit de moteur s'arrêtant de tourner atteignirent leurs oreilles. Les bras du robot rouge et doré retombèrent lourdement au sol, le désactivant définitivement.

Puis, les données se désagrégèrent. Le robot virtuel s'effaça progressivement tandis que l'environnement disparaissait autour d'eux.

Nero ne put s'en empêcher.

Alors que Shiro se redressait, l'ancien Tsviet se mit à l'applaudir. Cela fit plaisir à l'enfant qui lui adressa un salut avant de ranger son fleuret dans son fourreau.

« Tu as vu ? Tu as tout vu ? »

Nero sourit, attendri par l'enthousiasme de l'enfant.

- Oui. Oui, j'ai tout vu, Shiro. C'était formidable. Tu as bien progressé, ces derniers mois.

Et ces nouvelles attaques...

Shiro avait encore du progrès à faire, mais cela n'était qu'une question de temps avant qu'il n'atteigne le niveau le plus bas d'une recrue à Deepground.

- Shiro.

- Hm ?

- Juste un conseil : évite de trop parler à l'ennemi durant un combat.

- Mais toi, tu le fais pendant les sessions !

Nero haussa les épaules.

- Moi, j'ai le niveau. Je me le permets.

- Je n'ai pas le droit de me moquer d'un robot ?

L'ancien Tsviet réprima un soupir.

Le portrait craché de Weiss...

- D'ailleurs, quel niveau m'as-tu...

Les scores s'affichèrent sur un écran situé contre un mur au fond de la pièce. Nero et Shiro s'approchèrent pour lire.

Nero était sur le point de complimenter l'enfant une nouvelle fois quand il vit le visage de Shiro se décomposer à la lecture du niveau de l'ennemi qu'il avait affronté.

Il se tourna vers son oncle, incrédule.

- C'était un robot de niveau 5 ?

Nero regarda ailleurs, feignant l'innocence.

- Papa, tu n'as plus ton masque, je te rappelle.

- Papa Nero. Et oui, j'avoue. Je plaide coupable, admit-il, sans aucune honte.

- Pourquoi ? s'écria Shiro, perplexe. La dernière fois, mon ennemi était de niveau 9 ! J'avais réussi à l'avoir ! Pourquoi tu as abaissé le niveau ?

Oui. Peut-être qu'il aurait dû préciser la chose à l'enfant avant qu'il ne combatte la simulation.

- Parce que la dernière fois, expliqua calmement Nero, je trouvais que c'était limite.

- Mais j'ai réussi à le vaincre !

- Et tu t'es cassé le poignet, Shiro. Plus la lame de ton fleuret.

Cela réduisit l'enfant au silence. Pourtant, le concerné n'était aucunement ravi. Lui qui était si fier de sa victoire. A présent, elle parut lui laisser un goût amer dans la bouche.

- Mais tu sais que c'est inévitable, à l'entraînement. Il faut toujours que tu me ménages.

- Estime-toi heureux, répondit simplement Nero.

- A Deepground, on ne m'aurait pas ménagé ! J'aurais repoussé mes limites encore et encore. Tu voulais que je prenne la tête de Deepground, alors pourquoi tu ne m'entraînes pas comme on t'a entraîné ?

Nero demeura silencieux.

Oui. Il le devrait. Et peut-être que si leur situation n'avait pas changé, s'ils étaient restés dans leur dimension, loin des humains, Nero aurait fait cela.

Mais leur situation avait changé. Depuis la destruction de leur dimension, depuis que le vieil homme responsable des chiens de l'enfer les avait attaqués. Shiro avait failli y passer. Nero avait failli le perdre.

C'était plus fort que lui. Cela lui coûtait de voir l'enfant se prendre des coups. Même si Nero y était né et y avait vécu, il était hors de question qu'il agisse de la même manière perverse que les scientifiques ou les entraîneurs de Deepground faisaient pour « repousser les limites » des recrues et voir qui survivrait jusqu'au lendemain.

Non. Nero ne le ferait pas. Il essaya toutefois de l'apaiser.

- Tu as bien combattu, Shiro. N'est-ce pas cela, le plus important ?

- Sérieusement, pourquoi tu dois toujours me couver ?

Ah non. Il n'était pas d'humeur pour une dispute.

- Bon, l'entraînement est terminé, décida Nero, d'une voix sans appel.

De toute manière, il n'était plus l'heure de jouer à ça. Shiro était fatigué et il s'était bien dépensé. Demain, il se levait aux aurores. Nero appela le gardien par le biais de l'interphone pour lui signaler qu'ils en avaient fini. Toutefois, Shiro n'était pas satisfait. Il serra son fleuret contre lui.

Nero put lire ses émotions. Il pouvait imaginer que l'enfant s'était senti dupé. Mais ce n'était pas l'intention de son oncle.

Non, loin de là.

- Si tu veux combattre, déclara Nero, le ton lent, si tu veux réellement apprendre à combattre... Tu dois déjà apprendre à connaître tes propres limites. Tu es au niveau 5. Tu t'amélioreras au fil du temps.

- Mais j'étais au niveau 9 la dernière fois ! Selon ton point de vue, j'ai régressé.

Shiro, s'il te plaît... reste avec moi. Ne me laisse pas.

Non... Il ne devait pas penser à cela.

- A Deepground, répliqua Nero, le ton sombre, on se moquait bien que tu régresses ou que tu t'améliores. Si tu n'arrivais pas à vaincre l'ennemi que tu devais combattre, tu étais mort. Il n'y avait pas de deuxième chance possible.

Tout comme il n'aurait pas de deuxième chance avec le vieil homme, s'il venait à réapparaître... Non. Il allait réapparaître, un jour ou l'autre. Cela n'était qu'une question de temps.

Mais Nero serait là pour l'accueillir. Il serait là pour protéger Shiro. Jamais plus il ne le toucherait. Le vieil homme, peu importe son objectif, peu importe qui il était, ce qu'il était...

Il ne s'en sortirait pas. Pas après l'avoir menacé de lui prendre Shiro. Et ce qu'avait subi Jin Satsu serait un conte de fée à côté de ce que lui réservait l'ancien Tsviet.

Oui. Nero se l'était juré.

Alors qu'ils remontaient à leur appartement, escortés par le gardien qui les dévisageait d'un œil méfiant, Shiro garda le silence. Les mots de son oncle parurent avoir fait mouche.

Pourtant, une fois que l'ascenseur atteignit leur étage, Shiro éleva la voix, lui demandant timidement :

- ... Je veux être plus fort. Pour pouvoir vous aider.

Nero se retourna vers lui, surpris.

- Nous aider ?

- Enfin, t'aider à combattre les chiens de l'enfer. Car on aura besoin de toute l'aide disponible pour en venir à bout !

- ... Shiro.

Nero attendit qu'ils soient rentrés à l'intérieur de leur appartement pour lui répondre. Il n'avait aucune envie qu'une oreille externe les écoute. C'était leur moment privé, leur moment à eux.

Doucement, son oncle s'abaissa à sa hauteur, posant la main sur l'épaule de son enfant.

- Shiro. On en a déjà parlé. Ce n'est pas ton combat.

- Mais... Ils nous visent tous ! Ils ont détruit notre maison, ils ont attaqué les civils et—

Nero se rapprocha doucement de lui, posant son menton sur la tête de Shiro, l'incitant silencieusement à se calmer.

- Non. Il est hors de question que tu t'en mêles. C'est à moi qu'incombe cette punition. C'est mon marché avec la Shinra. Mais toi, tu n'as pas à en pâtir.

- On est une équipe, non ? N'est-ce pas ce que tu disais ?

- En effet.

Nero se détacha de lui, levant la main pour la remonter vers la joue de Shiro, le forçant à le regarder.

- Mais si tu souhaites réellement m'aider... Reste en vie.

- Nero...

- C'est...

La voix de l'ancien Tsviet se perdit. Il se reprit rapidement, avant de compléter, la gorge serrée :

- C'est toi qui m'aides à tenir, Shiro.

Il était si précieux.

C'était grâce à lui qu'il était encore là.

- Je suis sérieux. Sans toi, j'aurais tout laissé tomber depuis longtemps. Et si je te perdais aussi, je... Je ne sais pas ce que je ferais.

L'enfant plongea son regard dans le sien, avant de lui sourire tristement. Il comprenait ce qu'il voulait dire. A son tour, il étendit les bras pour étreindre son oncle, en signe de compréhension mutuelle.

- Je le sais. Mais parfois, j'aimerais faire plus.

- A Deepground, c'était tout ce qui était nécessaire. Rester en vie.

Les mêmes règles s'appliquaient encore, même à l'extérieur de Deepground.

Le reste n'était que du superficiel.

- ... Je resterai en vie, alors.

- Tu as intérêt, répondit Nero, le ton léger.

- Toi aussi, alors.

L'ancien Tsviet enveloppa ses épaules de ses bras, le serrant tendrement contre lui.

Ce n'était pas prévu au programme qu'il meure, de toute manière. Il fallait qu'il reste en vie.

S'il n'était pas là... Qui protégerait Shiro ?

Il fronça les sourcils à cette pensée. Oui... Vincent, Cloud, Tifa... Les humains avec qui il avait passé le marché s'assureraient certainement de sa sécurité à sa place.

Mais il n'avait aucune confiance en eux pour qu'il le ramène à Weiss. Pour qu'il ramène le fils à son père.

Cela faisait partie du marché entre lui et Rufus Shinra.

Cet instant dura de longues secondes. A chaque fois, Nero se disait qu'il ne s'en lasserait jamais. Shiro était encore un enfant. Est-ce que, plus tard, il continuerait à accepter de recevoir ses étreintes ?

Alors qu'ils se séparèrent, Nero regarda l'heure. Puis, l'état de Shiro.

- Au bain et au lit.

- Euh. Papa Nero ?

- Hm ?

- Pour mes devoirs de maths ? La maîtresse veut qu'on les rende.

Ah.

Billy Bob et sa mort par noyade. Quelle plaie. Nero leva les yeux au ciel. Il avait presqu'oublié cette idiotie.

- J'écrirais un mot. Je dirais que tu étais malade.

- Tu es sûr qu'elle te croira ?

- Et j'ajouterais que c'est complètement idiot de vous donner des problèmes comme ça, à votre âge. Malheureusement, elle ne peut pas s'adresser à moi. J'ai interdiction de franchir un certain périmètre, même pour me rendre à l'école.

Il n'avait pas abordé le problème de sa retenue pour s'être battu en cours. Tifa se prenait trop la tête. Cela allait se calmer. Shiro ne faisait que prouver sa dominance à ses camarades. Les autres enfants n'avaient qu'à se montrer plus forts.

Sans un mot, il laissa Shiro se rendre à la salle de bain pour revenir au balcon. En bas, le rouquin chargé de sa surveillance brandissait le carnet de maths de l'enfant en effectuant de grands gestes énervés. Comme s'il lui ordonnait de descendre pour le reprendre.

Apathique, l'ancien Tsviet le toisa. Pas question qu'il le récupère. Nero rentra à l'intérieur et ferma la fenêtre.

Vincent, Tifa ou quelqu'un d'autre se débrouillera avec la maîtresse.

Oui, il n'aurait qu'à faire cela.


Les sons ressemblaient à une berceuse. A un appel lointain. Des échos calmes, tranquilles, sereins...

Comme s'il n'y avait plus aucune peine. Plus aucune douleur. Plus aucune obligation de combattre.

Plus personne qui le soumettrait à sa propre volonté.

Les yeux fermés, sa bouche bougea. Aucun son n'en émana.

Au fil du temps, tu perdras ta conscience.

Entends-moi...

Tu perdras tes souvenirs.

Entends-moi.

Tu perdras ta personnalité, ce qui faisait de toi en tant qu'être humain.

Réponds.

Il continuait d'appeler, encore et encore.

Mais juste... le silence bercé par les échos.

Réponds !

Tu seras Omega.

Réponds !

Tu devras devenir cet être.

Bon sang, pourquoi est-ce qu'il n'obtenait aucune réponse ?

Il essaya encore une fois.

Il essaya de l'appeler, de prendre contact.

Tu devras devenir Lui.

Il crut... il crut entendre...

Non.

Rien. Rien du tout.

Il réprima un soupir de frustration. Il cessa d'appeler. Il cessa de se concentrer. Il rouvrit les yeux et arrêta brutalement toute tentative.

Weiss se leva d'un bond. Il tourna les talons pour ramasser son manteau blanc avant de l'enfiler. Il récupéra ensuite ses deux épées plantées dans le sol, avant de les ranger dans leurs fourreaux.

Il était fatigué. Enervé. En colère aussi ! La mâchoire serrée, il contempla l'endroit autour de lui.

Il commençait à être las de cette vision. De cet environnement. Ce même espace sans vie, blanc, vide. Haha ! Quelle ironie. Blanc comme son nom. Weiss devait aimer un environnement blanc, n'est-ce pas ?

Rien. Juste rien. Weiss avait été conduit ici et il ne savait pas depuis combien de temps il y était enfermé. Il ignorait depuis combien de temps il tentait d'appeler Omega, d'entrer en contact avec lui. G lui disait que c'était la première étape avant de pouvoir fusionner. Que l'Hôte apprenne à connaître Celui qu'il devrait porter.

Sauf qu'il n'avait jamais dit que cela serait simple. Non. Weiss avait beau appeler, Omega refusait de répondre.

Ras-le-bol.

« Je croyais que tu devais entrer en contact avec Omega. »

Weiss se retourna d'un trait.

Le vieil homme. Bien sûr.

- J'essaie, tu vois, grinça le concerné.

- Je n'en ai pas l'impression, répliqua le vieil homme. Tout ce que je vois, c'est toi en train de contempler ton espace.

- J'adore la vue, répondit ironiquement Weiss. C'est tellement... riche ici. Tout ce blanc, tout ce qu'il contient... Quel intérêt.

Le vieil homme lui adressa un regard dédaigneux. Il ne l'aimait pas. Tant mieux, c'était réciproque. De toute façon, Weiss n'avait jamais aimé beaucoup de personnes dans sa vie. Mais ce qui l'agaçait le plus était que l'homme n'avait pas pris la peine de lui donner son nom. Il ignorait comment s'adresser à lui.

Donc... Juste le vieil homme. Ou « toi », quand l'envie lui prenait.

- Ne te moque pas de moi, Weiss. Je t'observe mais il n'y a aucun résultat. Alors qu'on t'a assigné une mission.

- Tu crois que j'essaie de faire quoi, depuis mon entrée ici ? soupira l'ancien Leader du Deepground. J'essaie de l'appeler, de le contacter, comme vous me dites de faire. Mais Omega demeure sourd. Il ne me répond pas.

- Je constate surtout que tu ne fais aucun effort.

Les yeux de Weiss se plissèrent.

Alors, cela serait l'un de ces jours, hein ? Le vieil homme s'ennuyait donc il venait le provoquer ?

- Peut-être que je ne suis pas fait pour être l'Hôte d'Omega. Tout simplement. Autrement, la fusion devrait être plus fluide, non ? grogna Weiss.

- Tu abandonnes rapidement. Cela ne devrait pas m'étonner. G tarissait d'éloges sur le fait que tu n'abandonnais jamais à Deepground. Pour te venger de la Shinra. Mais là, tu abandonnes rapidement alors que, si ça se trouve, tu n'as même pas trouvé la bonne méthode pour entrer en contact avec ton Maître.

Décidément, où qu'il aille, cela serait toujours le même refrain.

Il serait soumis au caprice d'un autre. D'abord la Shinra, Restrictor... Puis Omega, G, ce vieil homme répondant au doux nom de « toi ».

Weiss se demandait vraiment quand ce calvaire prendrait fin.

- Ce n'est pas mon Maître, répliqua Weiss. Je ne suis plus le serviteur de qui que ce soit.

- Omega est ton Maître. Tu es juste le récipient. L'Hôte, cracha le vieil homme. Donc, tu es son Serviteur ! Tu n'as aucun libre-arbitre, aucune volonté. Tu es juste un chien. Et que crois-tu ? Qu'Omega va se montrer aussi facilement ? A une vermine comme toi ?

Weiss fit un pas vers lui.

Puis un autre, un sourire menaçant lui barrant le visage.

- ... Tu n'oserais pas, Weiss, répliqua le vieillard sans reculer, conservant la même expression de défi dans son regard. Tu sais que tu perdrais.

- Cela ne me dérange pas de combattre une divinité, fit Weiss, l'air de rien. Cela ne m'a jamais fait peur à Deepground. Omega est peut-être l'être suprême mais moi... Moi, j'étais l'Empereur de Deepground. Je ne recule devant rien.

- Dans ce cas, si tu es si important, ne recule pas et continue d'appeler Omega !

Weiss cessa de marcher. Il plongea son regard dans celui du vieillard. Un air blasé traversa le visage de l'ancien Tsviet.

Que pouvait-il faire de plus ?

- J'en ai marre de cet endroit. J'aimerais surtout aller ailleurs. Au moins pour m'aérer les idées. Même à Deepground qui était un enfer sur terre, j'avais des quarts d'heures de répit parce que j'étais considéré comme important. Ici, je n'en ai aucun et je suis enfermé dans cet espace-temps.

- Tu n'as vraiment aucune volonté, grogna le vieillard.

Allons, donc.

- Et non. Tu ne sors pas d'ici.

- Qu'est-ce que vous vous seriez entendu avec Restrictor, ricana Weiss, le ton haineux.

- De toute manière, seul Omega est important. Tu ne l'es pas. Tu ne l'as jamais été et tu ne le seras jamais. Tu n'es rien.

Il souhaitait réellement le faire sortir de ses gonds, hein ?

Moi, pas important ? Et lui, alors ? Qui était-il pour le regarder de haut ?

- Continue de me traiter de « rien », l'avertit doucement Weiss. Même si je ne peux pas tuer une divinité, cela ne m'empêchera pas de te torturer. Tu es sûr que la raison pour laquelle tu ne veux pas m'affronter est parce que tu as peur de perdre ?

- ... Tu ne peux pas me tuer.

- Toi non plus, à ce que je sache.

Il était clément.

Avant, il n'aurait même pas pris la peine d'avertir. Il tuait à la moindre insolence et avec le sourire aux lèvres.

Le vieillard grommela quelque chose avant de reprendre ses insultes :

- Pourriture génocidaire. Tu vas condamner l'univers pour ta petite personne ?

- Je suis habitué aux insultes, vieillard. Trouve autre chose. Mais je ne continuerais pas tant que je n'aurais pas quitté cet endroit, fit Weiss, les bras croisés comme un gamin faisant un caprice.

- Tu es un lâche.

Cela mit le feu aux poudres.

Weiss le fusilla du regard, sidéré par une telle insulte.

- De quoi m'as-tu traité ?

- De lâche, gronda le vieillard.

- Je suis peut-être beaucoup de choses, mais certainement pas un lâche.

- Si ! explosa le vieil homme. Il n'y a qu'un lâche qui abandonnerait au premier essai ! Il n'y a qu'un lâche qui a osé s'en prendre à des personnes innocentes ! Des personnes qui ne pouvaient pas se défendre ! Des personnes que tu as massacré tout en prenant avantage de ta puissance !

L'ancien Empereur ne répondit rien.

Il le fixa d'une expression indéchiffrable, silencieusement.

- Mais que crois-tu être, Weiss ? Important ? Tu te crois être un héros ? Une victime ? Un martyr ? Non ! Tu es un sadique boucher, oui, mais par-dessus tout un lâche !

- ... Tu as fini ?

- ... Ton frère aussi était un lâche.

Weiss tiqua à la mention de son frère.

- Pardon ? répliqua-t-il, le ton bas.

- Nero était un lâche ! Un lâche qui se cachait dans les ténèbres et attaquait les gens dans leur dos ! Une pourriture sadique, souillée, qui ne méritait aucunement de vivre !

Il sentit ses poings se serrer.

Non. Il n'allait pas se faire avoir. Le sourire de l'ancien Tsviet s'agrandit tandis que l'étincelle meurtrière s'accentuait dans ses yeux.

- Une bête ! Une pourriture qui a tout sacrifié pour son frère, sans aucune considération pour autrui ! Ah ça, il a bien mérité son sort ! Pour tout ce qu'il a fait, ce n'est pas cher payé !

- ... Au moins, mon frère... Quand il avait quelque chose à dire à quelqu'un, il le lui disait en face.

Il y avait de la colère dans le ton du vieillard.

Weiss avait déjà entendu les autres insulter Nero à Deepground. Mais quand bien même il y avait du mépris dans le ton du vieillard, il y avait surtout de la rage, de la rancœur.

- C'est tellement courageux d'insulter quelqu'un qui est mort, commenta Weiss, la gorge serrée. De tout lui mettre sur son dos. Pas de représailles, hein ? Les méchantes ténèbres ne vont pas s'en prendre à toi, n'est-ce pas ?

Dire qu'il faisait tout cela pour être avec Nero et quelqu'un l'insultait encore une fois, gratuitement.

- Il a été manipulé par le dingue qui a pris possession de mon corps. Si vous voulez vous en prendre en quelqu'un, prenez-vous-en à celui qui désirait faire un avec Omega en premier lieu.

- Cela n'excuse rien, rien du tout ! Mais tu prendras toujours le parti de ton frère, hein ? Tu l'as toujours fait. L'amour rend aveugle. Aveugle et bête !

Weiss en eut assez.

Il dégaina ses armes, prêt à les utiliser sur le vieillard. S'il ne pouvait pas sortir d'ici, au moins, il se défoulerait d'une autre manière.

Mais avant même qu'il ne puisse franchir la distance les séparant, quelqu'un d'autre apparut en face d'eux.

Allons, bon...

- Vous êtes obligés de vous disputer dans un endroit pareil ? soupira G, l'expression presqu'éreintée.

Weiss et le vieillard le fixèrent, à court de mots.

- Weiss n'a aucunement l'intention d'éveiller Omega ! L'Hôte de la Fin a envie de faire une pause parce qu'il est fatigué ! se moqua le vieillard.

- Ouah. ça sonne moins impressionnant, dit de cette façon, le railla Weiss en réponse.

G leva les yeux au ciel.

- Vous êtes deux entités mystiques et puissantes. Dignes des Titans. Capables d'éradiquer un univers tout entier. Mais là, j'ai l'impression de voir deux enfants qui se chamaillent.

- Je te signale que je n'ai pas bougé depuis mon entrée ici ! Je tente bien d'appeler Omega, mais c'est Lui qui ne veut pas me répondre.

G toisa Weiss sans changer d'expression.

- Essaie encore.

- D'abord, je veux quitter cet endroit. Au moins pour une heure ou deux.

- Ce n'est pas négociable.

- Très bien, Restrictor 2. Mais ne compte pas sur moi pour faire plus d'efforts que je n'en fais déjà.

Le vieillard explosa.

- Un gamin serait plus mature que toi !

Sans doute. Mais c'en était trop. Il ne serait plus un Serviteur. Il en avait assez.

Ils désiraient quelque chose de lui ? Ils avaient besoin de lui ? Soit. Mais il n'était pas question qu'il continue de subir. Il avait assez donné.

- Ne me compare pas à lui, rétorqua calmement G. Ce n'est pas moi qui peux prendre la décision de te laisser sortir.

- Ah oui ?

- Je dois en parler à la Déesse. Si elle accepte, tu auras ta liberté. Une liberté conditionnelle, oui. Mais une liberté.

- Il y a liberté ou emprisonnement.

Il n'y avait pas d'entre-deux.

- Cela reste quelque chose, non ?

- Hm.

Weiss croisa les bras, boudeur. Bon. G n'avait pas refusé ni accepté. C'était déjà mieux que rien du tout.

- Weiss.

- Quoi ? grogna ce dernier.

- Est-ce qu'on peut compter sur toi ? Pour appeler Omega ? Tu n'es pas revenu sur ta décision, n'est-ce pas ?

Pff. G était devenu stupide en plus d'être devenu mou.

Dire que c'était le seul « frère » qui lui restait. Weiss haïssait ce terme pour désigner G. Il le haïssait plus que tout.

- Je n'ai pas le choix, soupira Weiss.

- Alors, réessaie. Autant de fois s'il le faut. Moi, je vais en parler à la Déesse.

- Sage décision.

- Et tu lui accordes ? grogna le vieillard. Il fait un caprice et tu cèdes ?

G leva les yeux au ciel.

- Ce n'est que pour une heure ou deux. Cela ne sera pas permanent. Et toi...

Le vieillard se redressa quand G s'adressa à lui.

- Tu as une mission à accomplir.

- Puis-je savoir de quoi il s'agit ?

Le vieillard se retourna violemment vers lui, la mâchoire serrée.

A nouveau, la rancœur réapparut dans son regard quand il s'adressa à Weiss.

- Bientôt, tu perdras tout. Tu ne seras plus Weiss. Juste un récipient vide qui sera oublié et que personne ne cherchera à retrouver. Alors, ma mission devrait être le cadet de tes soucis.

Weiss ne répliqua pas et laissa le vieillard s'effacer progressivement avant de disparaître complètement de l'horizon.

Dommage que G soit intervenu. Il aurait adoré voir la couleur de son sang.

Cela aurait mis de la couleur dans cet espace blanc...

Les couleurs... les Tsviets...

Sentant l'amertume le regagner, Weiss se rassit au même emplacement, sentant le regard de G lui brûler le dos.

A contrecœur, il ferma les yeux, inhalant, exhalant pour faire le vide dans son esprit.

... Bientôt, j'en aurais terminé, pensa-t-il.

Bientôt, tout serait fini. Je pourrais être libéré. Définitivement.

A nouveau, ces brefs échos...

Entends-moi...


« Des gamins seraient plus matures qu'eux. »

Minerva faisait dos au Gardien de la Planète. Ils étaient installés dans le grand jardin, sous la nuit étoilée et infinie. G gardait son épée plantée dans le sol, s'appuyant dessus tandis qu'il contemplait la Déesse sous ses yeux.

Il ne se lassait pas de cette vue.

Elle serait toujours aussi majestueuse, éblouissante...

- Mais... Weiss est-il vraiment enclin à devenir un avec Omega ?

- Il a donné sa parole, répondit G. Mais il est obstiné.

- Têtu, plutôt.

G ne pouvait pas lui en vouloir complètement.

Pas forcément à cause de leur lien, du seul lien familial qui leur restait, mais qui trouverait facile le fait d'abandonner son identité pour devenir un avec un être infini ?

- Il souhaite sortir.

- C'est dangereux, répondit Minerva. Tu lui as raconté des choses qui n'étaient pas réelles. S'il apprend la vérité, cela risque de compliquer nos objectifs.

Oui.

Il avait raconté à Weiss que Nero était mort.

Et par-dessus tout, il avait gardé le silence sur le fait qu'il avait un fils. Un fils qu'il avait eu lors d'une expérience et que son frère avait recueilli.

Un fils qu'il n'avait jamais connu mais qui pouvait compliquer les choses.

Ici, dans cette prison blanche, il n'était au courant de rien.

Même si...

- ... Une heure. C'est tout ce que Weiss demande.

- Il en demandera plus à l'avenir.

- Sauf s'il contacte Omega avant.

Minerva lui adressa un air curieux.

- Dis-moi... Tu as de l'empathie pour lui ? Parce qu'il a été créé à partir de toi ?

G ouvrit la bouche.

Il ne répondit pas immédiatement, tellement la question de Minerva le prit au dépourvu.

Non.

Il n'avait aucune pitié pour Weiss. Aucune sympathie pour lui par rapport à ses actes.

- Je ne souhaite plus m'apparenter aux comportements de la Shinra. C'est tout.

- G... J'espère que tu sais ce que tu fais.

G baissa la tête.

- ... Je l'espère aussi. Mais une heure, dans un lieu de mon choix, loin de la population, loin des humains de la Shinra, ne devrait pas poser de problèmes si cela lui permet de se tenir tranquille.

- Alors, je te laisse t'en occuper.

Cela fut tout.

G s'inclina et se prépara à quitter le jardin pour rejoindre Weiss.

- G, l'interpella soudainement Minerva. Concernant l'autre préoccupation...

G hocha la tête.

Il comprenait où elle voulait en venir.

- Il a interdiction de s'en prendre à Shiro. Pas directement, du moins.

- Bien. Parce que cela risque de continuer à poser problème. Il n'agit pas pour le compte de la Planète. Mais il agit pour des motifs personnels. Et cela... On se doit de le surveiller afin que cela ne dégénère pas.

La jalousie, l'envie.

Des sentiments qui animaient G autrefois. Enfin, celui qu'il avait été autrefois.

Protéger la Planète, pas les humains qui lui désiraient du mal.

G avait compris l'objectif. Minerva et lui œuvraient tous les jours dans le but de l'accomplir.

- Cela sera fait.

Cette dernière lui adressa un signe de tête avant que G ne prenne congé.

Il n'y a aucune haine, seulement de la joie,

Car la déesse te protège Héros de l'aurore, guérisseur des mondes.

Des rêves de lendemain hantent l'âme blessée.

Tout honneur est perdu, Les ailes sont arrachées, la fin est proche

- Loveless, Acte II


Ce fut vers trois heures du matin que le téléphone sonna.

Nero ne dormait pas quand cela se produisit. Il n'aurait pas su dire pourquoi. Peut-être à cause de la peur de refaire à nouveau le même rêve.

Le même rêve concernant cet enfant... Un rêve qui revenait et qu'il n'arrivait pas à expliquer.

A moins qu'il ne s'agisse d'autre chose.

Un instinct... un vieil instinct à Deepground, qui lui indiquait quand quelque chose était sur le point de se produire et qui le maintenait éveillé.

A nouveau, son instinct vit juste.

Nero lut le nom sur son téléphone.

« Vincent Valentine »

Sans un mot, il décrocha.

« Tifa est en route pour Shiro. »

Vincent n'avait pas besoin de mot. Nero avait compris ce qu'il voulait dire.

Nero raccrocha. Discrètement, il rentra dans sa chambre pour sortir ses armes.

Il plaça ses pistolets à la ceinture avant de se glisser doucement dans la chambre de l'enfant qui dormait paisiblement.

La main de son oncle sur son visage le fit tressaillir. Doucement, Shiro ouvrit les yeux. Nero s'en voulut presque de le réveiller. Mais il ne souhaitait pas que Shiro se réveille et qu'il découvre que son oncle était parti sans le prévenir.

- Je dois y aller, lui chuchota Nero.

- ... Les chiens de l'enfer ? murmura Shiro.

Nero répondit par l'affirmative.

Cela faisait partie du marché. Il se pencha doucement pour embrasser Shiro sur le front. Un geste fort pour le rassurer quand bien même il sentit la peur de l'enfant.

- Tifa va venir te garder. Tu ne seras pas seul.

- ... Tu reviens bientôt ?

Nero inclina la tête sur le côté. Il n'était pas sûr.

- Aussi vite que je peux, répondit-il simplement.

- ... Ne meurs pas.

Nero l'embrassa une nouvelle fois tandis que les ténèbres commençaient à s'épaissir autour de lui, prêt à le conduire à sa destination par le biais d'un portail.

- On ne me tue pas si facilement.

Il en était la preuve vivante.

- Je t'aime, lui déclara Shiro en guise d'au revoir.

Nero lui caressa les cheveux avant de se diriger à pas de loup vers son portail.

- Je t'aime aussi, Shiro.

Puis, la silhouette de l'ancien Tsviet disparut de la chambre de l'enfant, laissant ce dernier seul.


Je t'aime...

Des mots qui lui donnaient envie de vomir.

Deux yeux menaçants se distinguaient dans le noir. A travers la fenêtre, le vieillard observait l'enfant se recoucher dans son lit, prêt à s'endormir.

A nouveau, il se sentit trahi.

Il se sentit humilié.

Peut-être pouvait-il attaquer maintenant ? Ou même lui faire subir la torture par le biais de cauchemars ? Des cauchemars qui terrifieraient cet enfant au point de la démence ?

Ce serait l'occasion de se venger de son père. De son oncle aussi, par la même occasion. Car il ne s'agissait que de son oncle.

Pas son père.

Il jeta un coup d'œil derrière lui.

La nuit... La lune.

On dirait qu'elle l'appelait. Qu'elle l'appelait de là-bas.

Le vieillard soupira. Non. Il n'allait pas attaquer. Pas ce soir.

Mais cela n'était qu'une question de temps.

Le vieillard ferma les yeux, laissant les ténèbres l'embrasser.

Quand Shiro se retourna en direction de la fenêtre, la silhouette avait déjà disparu.