OOC : Bonjour à tous. Voici un nouveau chapitre. J'espère que ça vous plaira. Bonne lecture !

« Pff... »

Installée sur le canapé, Yuffie avait la télécommande en main. Toutes les trente secondes, elle changeait de chaîne. Le programme d'aujourd'hui ne lui plaisait pas. Elle finit par reposer la télécommande avant de s'appuyer sur le dossier du canapé, agacée.

« Je m'ennuie. Shelke, tu n'as pas une idée de ce que je pourrais faire ? »

Derrière elle, assise à sa table, Shelke ne lui accordait aucune attention. Elle était concentrée sur son ordinateur, à remplir divers rapports concernant les attaques des chiens de l'enfer afin de les envoyer le plus rapidement possible à l'ORM. L'attitude de la ninja l'irritait un peu, alors qu'elle était supposée travailler.

- Je l'ignore. Fais ce que tu désires. Mais je suis occupée.

- On pourrait se faire un entraînement dans la salle de simulation, non ? soupira Yuffie. Juste toi et moi. Ou alors, tiens ! Chercher des Matérias. Je suis sûre qu'il doit y en avoir pleins qui doivent être cachées à l'abri des regards. Peut-être même des puissantes !

- Yuffie. Je ne suis pas aussi obsédée par les Matérias que toi.

Elle continua d'écrire son rapport sans prêter attention à elle.

Depuis que Yuffie avait emménagé dans son appartement, avec toutes ses affaires, Shelke n'était plus habituée au calme et à la solitude. Bien sûr, elle s'y attendait. Surtout avec quelqu'un du tempérament de Yuffie. Et elle devait avouer, quand bien même elle ne l'admettrait jamais devant Yuffie, que cela changeait de nombreuses choses d'avoir quelqu'un qui l'attendait le soir quand elle rentrait, après avoir fini son service au bar. Néanmoins, l'attitude de Yuffie était parfois... compliquée à gérer. Shelke intériorisait ce qu'elle ressentait, tout le contraire de la Ninja qui, lorsqu'elle avait quelque chose en tête, ne pouvait pas s'empêcher de s'exprimer. Du programme de télévision ennuyeux à l'envie de s'entraîner, de manière totalement aléatoire. Des soupirs déçus quand Shelke refusait ses propositions. Des envies de danser ou d'aller chercher des Matérias. A nouveau des soupirs désappointés au moindre refus.

L'appartement était petit et elles y vivaient à trois. Shelke ne possédait plus autant de moment où elle pouvait avoir son espace à elle, seule. Où elle avait sa propre sphère intime. Parfois, elle le tolérait. Mais durant des jours comme celui-ci, elle s'en voulait presque d'avoir demandé à Yuffie de s'installer chez elle, le temps de s'occuper de Lorraine jusqu'à ce que Reeve Tuesti lui déniche une famille d'accueil.

Non loin d'elles, la petite regardait par la fenêtre tandis qu'elle écoutait de la musique sur son baladeur. Plongée dans ses pensées, sa peluche de Moogle sur les genoux, elle ne paraissait pas faire attention à ce que les deux jeunes femmes se racontaient. De temps en temps, quand Citron s'approchait d'elle, Lorraine lui donnait une caresse distraite.

- Je sais ! s'extasia Yuffie. Je n'ai qu'à l'emmener chercher des Matérias !

- Yuffie, je ne veux pas que Lorraine manipule des Matérias. Elle est encore trop jeune.

- Il n'y a pas d'âge pour manipuler des Matérias !

- Sérieusement. Je pense qu'elle a autre chose à faire.

Se concentrer sur ses cours, ses rendez-vous chez le psychologue pour enfants notamment...

Un autre point qui différenciait les deux jeunes femmes. Yuffie prenait trop les choses à la légère, en particulier la situation de Lorraine. Shelke essayait, tant bien que mal, de lui faire comprendre qu'il y avait un temps pour tout. S'amuser, être sérieux... Cependant, la Ninja lui reprochait d'être trop stricte avec elle et de ne pas laisser Lorraine souffler. Peut-être. Mais Shelke n'avait jamais été quelqu'un qui s'attardait sur les « à côté ». Pour avoir traversé elle-même une situation traumatisante, Shelke se concentrait sur la guérison psychique de Lorraine tout en faisant de son mieux pour ne pas laisser le souvenir terrible de la mort de ses parents et de sa sœur aînée lui ruiner la vie. Alors, Shelke s'assurait qu'elle fasse ses devoirs, qu'elle se concentre sur ses cours pour qu'elle pense à autre chose et qu'elle assiste à tous les rendez-vous concernant sa thérapie.

Le reste... Le reste passait après.

- Tu ne la laisses jamais s'amuser, bouda Yuffie.

- Et toi, tu n'es pas assez sévère. La preuve, quand elle fait une bêtise, elle ne t'écoute pas. Avec moi, je sais que je ne plaisante pas.

- Dis-moi, finit par lui demander la Ninja, s'accoudant sur le bras du canapé, Shalua était comme ça avec toi ?

Shelke se raidit légèrement au nom de sa sœur, avant de soupirer.

- Oui. Après, elle n'avait pas le choix. Le peu que cela a duré, elle était comme ça.

Avant d'être emmenée à Deepground...

Maintenant, c'était devenu moins douloureux de parler de sa sœur. Elle avait accepté sa mort et fait son deuil. Bien sûr, Shalua ne cesserait jamais de lui manquer. Mais elle pouvait l'évoquer sans couper court à la conversation et quitter la pièce.

- Les frères et sœurs... souffla Yuffie.

- Tu n'as pas de frère ou sœur.

Shelke s'arrêta d'écrire quand elle remarqua l'expression de Yuffie changer. Elle ne souriait plus. Cela étonna un peu l'ancienne Tsviet, quand bien même elle n'insista pas et ne lui posa aucune question.

- Hé.

Lorraine retira son écouteur et pointa quelque chose vers la fenêtre.

- Qu'est-ce qu'il y a, ma chérie ? s'étonna Yuffie alors qu'elle s'approchait d'elle pour regarder ce qu'elle montrait.

- Pourquoi il reste dehors ?

Shelke oublia son rapport et s'approcha à son tour.

Dehors, non loin de leur appartement, un mendiant, appuyé contre un mur, une canette vide posée à côté de lui qu'il devait probablement utiliser pour ramasser des pièces.

- Cela fait des jours qu'il est là, souffla Lorraine. Je ne l'ai pas vu bouger ou rentrer chez lui. Pourquoi ?

Shelke fronça les sourcils.

- Lorraine. Ce n'est pas poli de surveiller les gens comme ça.

- Elle ne fait rien de mal, déclara Yuffie. Et pour répondre à ta question, Lorraine... Malheureusement, il ne doit pas avoir de maison.

- Pourquoi ? demanda Lorraine innocemment.

Shelke croisa les bras sur sa poitrine. Elle avait remarqué que Lorraine posait beaucoup de questions sur les choses qui l'entouraient. Des questions anodines, comme pourquoi la Terre tournait autour du soleil, où était la Rivière de la Vie, pourquoi les gens polluaient... Elle était curieuse pour son âge.

Néanmoins, Shelke savait que ce n'était qu'une façade. Elle posait ces questions pour se concentrer sur autre chose. Pour éviter de sombrer dans son passé. Malheureusement, les mauvais souvenirs, les pensées parasites étaient souvent rapides à revenir.

- La crise, la guerre, répondit Yuffie. La maladie. Malheureusement, tu finiras par apprendre que tous n'ont pas la même chance de posséder une maison.

- C'est injuste, fit Lorraine. Il a l'air malheureux.

Elle se recroquevilla sur elle-même tandis qu'elle considérait le mendiant. Un silence tomba, avant que Lorraine ne propose :

- Alors, pourquoi on ne le laisse pas venir s'abriter chez nous ?

Yuffie se contenta de sourire tristement en guise de réponse. Elle leva la main pour caresser les cheveux noirs de la petite fille.

Shelke observait silencieusement le mendiant supplier les passants de lui donner une pièce pour manger.

Une colère froide monta en son être.

Lorraine avait raison. C'était injuste.

- ... C'est triste.

- A qui le dis-tu ? renchérit Yuffie.

- Pendant que des gens se retrouvent sans toit, des gens bien qui n'ont pas mérité ce qui leur arrive... D'autres sont logés et nourris. Alors qu'ils méritent d'être à leur place. Voire pire.

Yuffie la toisa d'une expression d'approbation mélangée avec de la mélancolie. Elle savait très bien à qui Shelke faisait référence et elle ne le cachait pas.

- Il y a un enfant dans l'histoire, lui rappela la Ninja. Malheureusement, on ne pouvait pas le laisser à la rue.

- Cela reste quand même injuste. Ce pauvre mendiant doit avoir des enfants aussi.

- De qui tu parles, Shelke ? l'interrogea Lorraine d'une petite voix.

- ... Personne.

Shelke se contenta de se rasseoir à sa place, devant son ordinateur. Elle se remit à pianoter sur son clavier, essayant d'évacuer la rancœur qu'elle ressentait tandis que le sentiment d'injustice écrasait son être.

Yuffie rompit le silence. Joviale, elle s'adressa à Lorraine, un sourire un peu trop excité aux lèvres :

- Et si on allait aider l'humanitaire de l'ORM ? Il y a un food-truck à quelques kilomètres qui distribuent des soupes aux sans-abris. Cela te dit d'aller aider, Lorraine ?

Cela laissa Shelke perplexe. Elle n'avait pas pensé à cela, à une telle idée. Elle dévisagea Lorraine, curieuse de sa réaction.

Cela laissa apparaître un sourire ravi sur le visage de la petite fille.

- Je peux y aller ?

Elle demandait toujours l'autorisation à Shelke quand elle souhaitait aller quelque part. Shelke jeta un coup d'œil à l'heure avant de hausser les épaules.

- Très bien. Mais ne rentrez pas trop tard. Tu as école demain.

- Héhé tu me connais ! Je la ramènerai à l'heure, s'exclama Yuffie.

- Justement. La dernière fois, tu l'as ramenée sur le coup de huit heures.

- Il y avait une séance sur les aventures Moogle au cinéma.

- Pas plus tard que sept heures.

- Entendu, chef. Allez, viens, Lorraine !

Lorraine retira ses écouteurs et se redressa pour suivre Yuffie et mettre ses chaussures. Ce fut à ce moment-là que le portable de Shelke sonna. Un message.

L'ancienne Tsviet essaya de ne pas réagir, mais malheureusement pour elle, la Ninja Wutaïenne était trop curieuse.

- Qui c'est ?

- Personne.

- Vincent ?

Shelke soupira et répondit par la négative.

- Non.

- Alors, qui... Oh !

Les yeux de Yuffie s'allumèrent.

Tout de suite, elle s'élança sur Shelke, se plantant devant elle.

- Un garçon !

Le visage de Shelke vira au rouge.

- Ta réaction est suffisamment éloquente ! Il s'appelle comment ? Je le connais ? Dis-moi tout !

- Cela ne te concerne pas.

- Oui, Shelke ! Dis-nous tout ! renchérit Lorraine.

- Non ! Et non !

- On mènera l'enquête, compte-nous là-dessus.

Yuffie et Lorraine se frappèrent dans la main. Shelke leva les yeux au ciel et les invita poliment à se sauver.

- C'est bien, commenta Yuffie alors qu'elle ouvrait la porte, laissant Lorraine sortir. Tu as réussi à oublier Vincent.

Shelke ferma les yeux.

Elle ne l'avait pas oublié. Pas totalement, du moins.

- Comme toi, je pense.

- Je... Vincent est un ami, bredouilla Yuffie, devenant subitement toute gênée.

Elle se gratta la tête, le regard fuyant.

- Je... Il me rappelle seulement quelqu'un que j'ai connu autrefois.

Shelke inclina la tête sur le côté, étonnée de sa réaction.

- Bon. On y va, Lorraine ? Je vais te donner des fèves du Wutaï !

- Non ! Tu ne lui donnes pas ça, la réprimanda Shelke.

- Trop tard !

Yuffie claqua la porte derrière elles. Shelke se laissa tomber contre le dossier de sa chaise, le visage dans les mains.

Incorrigible.


« Je cherche une mère pour mon enfant. »

Nero écrivit la phrase dans la barre de recherches. Son ordinateur portable sur les genoux, il s'était assis au sol, contre le mur de la salle de simulation tandis que Shiro s'entraînait contre des robots de niveau 7. Il entendit au loin les attaques magiques utilisées par son neveu et les bruits de lame s'entrechoquant contre le métal. D'ordinaire, il ne manquerait aucun entraînement de l'enfant aux cheveux blancs pour rien au monde, notamment après ré-haussé le niveau des adversaires. Mais aujourd'hui, il n'y accordait pas une grande attention, ses yeux étant rivés sur son écran.

Tifa n'avait pas cessé de lui demander quand est-ce qu'il utiliserait cet ordinateur. Voilà une occasion en or. Il allait enfin s'en servir pour une bonne raison.

Nero observait les différents résultats. Des sites prônant l'adoption, etc. etc. Pas du tout ce qu'il recherchait.

Mères sexy à contacter, afficha un site. Intrigué, Nero cliqua dessus. A l'écran apparut une femme dévêtue en petite robe rose qui fixait sa caméra avec intérêt.

Nero choisit de se connecter.

« Coucou, mon coquin. Prêt à t'amuser ? » lui lança la femme qui passa la langue sur les lèvres dès que la tête de Nero s'afficha sur l'écran à côté du sien.

Cela le laissa complètement indifférent. Nero quitta le site sans chercher plus loin. Il poussa un soupir et prit sa tête dans une main.

Durant de longues minutes, il fixa l'écran, impuissant.

Chercher une mère pour Shiro... Comment pouvait-il lui trouver cela ?

Et ce n'était même pas ce que Nero, lui-même, désirait rechercher en particulier. Il baissa les yeux avant de supprimer la demande de la barre de recherches.

Sans réfléchir davantage, il y écrivit autre chose à la place :

« Je cherche mon grand frère. »

« Qu'est-ce que tu fais ? »

La voix de Shiro le fit à peine sursauter. Nero se retourna vers lui. L'enfant avait son fleuret en main. Il le dévisageait, une expression déçue sur son visage. Derrière lui, les robots avaient été fracassés et gisaient au sol tandis que le programme les effaçait progressivement.

- Très bien, Shiro ! le complimenta Nero en lisant les résultats.

- Tu ne m'as pas regardé.

- Je suis navré, Shiro. J'étais seulement en train de faire des recherches.

- Des recherches ?

Nero ferma l'ordinateur.

- Par rapport à... notre conversation. Dans le parc. Le fait que tu désirais une mère.

- Et tu cherchais sur Internet ? l'interrogea Shiro.

Son expression perplexe fut plus que suffisante pour indiquer à Nero que, de toute évidence, il ne s'agissait pas de la bonne méthode.

- Ce n'est pas ce que tu voulais ?

- Si, mais... Je ne crois pas que tu trouves ce genre de chose sur Internet.

Shiro s'assit à côté de lui pour reprendre sa respiration. Il fixa son oncle avec attention, une expression un peu coupable sur son visage.

- Tu sais... Tu n'es pas obligé de faire cela.

Nero croisa les bras, se recroquevillant sur lui-même.

- Tu as dit que c'était ce que tu désirais. C'est normal que j'essaie de combler tes besoins, Shiro.

- Mais je ne veux pas te forcer à faire quelque chose que tu ne désires pas vraiment.

- Que veux-tu dire ? Pourquoi me forcerais-tu ?

Ce qu'il désirait ou non n'avait aucune importance.

Cela avait toujours été la volonté de Weiss qui lui était essentielle. Et aujourd'hui, il devait s'assurer que Shiro ne manquait de rien.

Shiro paraissait gêné de lui répondre.

- Bah... Tu n'es pas obligé de me trouver une maman et la ramener à la maison. On est bien tous les deux. Entre copains.

- Mais tu me disais que c'était ce que tu désirais.

- Je veux dire... Je veux une maman mais... si tu l'épouses et que—Enfin, tu comprends ce que je veux dire ?

Nero secoua la tête. Non. Il ne voyait pas où l'enfant voulait en venir. Il se sentait perdu. Pourquoi devrait-il épouser la mère de Shiro ?

- De toute façon, soupira l'enfant aux cheveux blancs, je ne sais même pas si quelqu'un acceptera d'être ma maman.

- Je peux être persuasif, répondit son oncle.

- Les autres mamans me trouvent bizarre à l'école.

Un de ces jours, il braverait cet interdit et irait voir de ses propres yeux ce qui tourmentait Shiro à ce point. Il ne voulait pas que son garçon soit malheureux. Et si l'école le mettait dans cet état, il n'avait aucune raison de laisser Shiro y rester. Ou alors, il se chargerait personnellement de ces enfants qui l'embêtaient. Peu importe si c'était des enfants. Nero finit par reposer son ordinateur à côté de lui.

- Alors, que désires-tu, Shiro ? Réellement ?

- Ce que je veux dire, c'est que j'ai avant tout besoin... D'un lien familial. Un lien comme toi et moi, répondit l'enfant. Tu comprends ?

Bien sûr qu'il comprenait. Mais cela laissait encore plus de questions à résoudre pour Nero.

- Je récapitule, fit Nero après avoir marqué une pause. Tu veux une maman avec qui tu as un lien familial ?

- Je crois que je préfère commencer par rechercher ma vraie maman. Celle qui m'a mis au monde, tu vois ? Pas une... inconnue. Parce que c'est comme si tu cherchais quelqu'un pour être mon père qui n'est pas Weiss.

Oui, c'était bien ce qu'il pensait. Nero n'avait aucune envie de laisser un autre que Weiss devenir le père de Shiro. Il en était hors de question et cette seule éventualité le rendait fou de rage.

Mais chercher la véritable mère de Shiro... Cela n'allait pas être simple. Cela serait même encore plus compliqué que de chercher n'importe quelle femme sur les réseaux.

Surtout que cette femme avait été un sujet à Deepground. Elle avait participé au programme d'imprégnation.

- Tu as dit que tu connaissais seulement le nom de ma maman, lui rappela Shiro.

Nero répondit par l'affirmative.

- Elle s'appelle Ophelia. Mais... Shiro, je ne sais même pas si elle est en vie. Je ne veux pas te donner de faux espoirs mais à Deepground, les chances de survie étaient extrêmement minces. Elle est peut-être décédée.

- Oui. Je le sais.

Shiro baissa la tête.

- Mais... je dois savoir. D'où je viens. Je dois savoir qui était ma mère.

Nero poussa un profond soupir. Il l'avait compris.

Dans ce cas, il n'y avait qu'une chose à faire.

- On sait au moins qu'elle est à Deepground. Son nom est certainement dans la base de données. Cela nous donnerait déjà une piste.

Peut-être allait-il devoir refaire appel à Shelke ? Comme quand il lui avait demandée de rechercher Jin Satsu.

La seule idée de demander à nouveau l'aide de Shelke le rendait morose. La dernière fois, elle n'avait pas le choix et Nero avait exercé la pression pour qu'elle coopère. Mais actuellement, comment la convaincre si ce n'était par la menace ?

- On pourrait la chercher ensemble, proposa Shiro. Comme ça, je te serais utile. Je t'aiderais. Tu te donnes toujours le maximum pour t'assurer que je sois heureux tout le temps.

- C'est normal, dit simplement son oncle, le ton bas.

- Je veux dire... Tu peux aussi penser à toi de temps en temps. Weiss ne t'a jamais demandé de penser à toi-même ?

Penser à lui-même...

Nero se releva, sans intégrer cette dernière phrase qu'il oublia l'instant d'après.

- J'aimerais à présent voir tes prouesses au combat, Shiro. Histoire de me rattraper pour ne pas t'avoir surveillé.

Le sourire de l'enfant s'élargit alors qu'il se mettait en garde.

- Je ne pensais pas que tu me le demanderais.

- Seulement si tu le désires.

- Je le désire.

- Alors, plaçons-nous. Amusons-nous un peu.

Shiro hocha la tête avant de s'exécuter avec hâte. C'était comme si c'était fait.

Et Nero lui-même avait envie de s'amuser avec son jeune neveu.


« ... Je n'ai même pas réussi à te toucher », soupira Shiro alors qu'il pénétrait dans l'appartement, boudeur. « Tu triches avec tes ténèbres. »

Nero ricana. Il ne voyait pas ce qu'il y avait de drôle ! Leur combat n'avait même pas été un combat. Shiro avait réussi à vaincre tous les robots de la simulation. Mais Nero avait été imbattable. Il ne l'avait même pas laissé l'approcher.

- Continue de t'entraîner comme cela et tu seras au même niveau que ton père.

Shiro leva les yeux au ciel.

- Oui, mais ce n'est pas près d'arriver.

- Tu es toujours aussi impatient. C'est un point qui te différencie de Weiss. Lui savait prendre son temps pour arriver à ses fins. Je sais de quoi je parle. En particulier pour la rébellion contre Restrictor.

Shiro ne savait pas pourquoi, mais cela le réconforta. Nero avait toujours été très fier et en extase des ressemblances entre Weiss et lui. Mais le fait que Nero parle de ce qui le différenciait de Weiss le rassurait sur l'une des craintes qu'il avait eu durant les trois ans où il avait été enfermé dans cette dimension parallèle.

Nero paraissait mieux accepter le fait que Shiro n'était pas Weiss et ne le serait jamais. Il n'était plus une extension de son père aux yeux de son oncle.

- Oui. Tu as raison.

Tandis que Shiro se dirigeait vers la salle de bain, Nero fut surpris d'entendre son téléphone résonner. Shiro s'arrêta tandis que Nero décrocha.

Est-ce que c'était à nouveau les chiens de l'enfer ?

- C'est Vincent ?

- Non. C'est un numéro que je ne connais pas. Allô ? répondit Nero, le ton agacé. Quoi ? Qui ? Vous voulez parler à Shiro ?

Shiro fronça les sourcils.

Qui désirait lui parler ?

- Non, je ne vous le passerais pas. Je veux savoir qui c'est. Qui ? Non. Denzel qui ? Je ne connais pas de Denzel.

Au nom de Denzel, Shiro se précipita vers son oncle pour lui tirer la manche, le forçant à l'interrompre avant qu'il ne raccroche au nez de son ami.

- Mais si ! Tu sais ! Denzel ! Celui avec qui je fais parfois le trajet !

Nero cligna des yeux. Il haussa les épaules avant de lui tendre le téléphone pour qu'il prenne l'appel.

- Allô, Denzel ?

- Salut, Shiro. Dis. Avec Marlène, on a appris ce qui s'est passé à l'école et que tu avais été en retenue.

Son ton était inquiet. Shiro remarqua que Nero l'observait attentivement. Il posa sa main sur le combiné, se mettant à chuchoter.

- Ce n'est rien. Je vais bien.

- Cela te dit de sortir ? Marlène aimerait te voir. Cela te remonterait le moral. On irait dans la salle d'arcade où on était allés, tu sais. Avec le jeu de danse.

Cela fit sourire l'enfant aux cheveux blancs. Marlène et Denzel pensaient toujours à lui. Ils essayaient tout le temps de le rendre heureux sans jamais rien demander en retour.

Amis, avait dit Marlène.

- Alors ? Tifa et Cloud ont dit qu'on pouvait, à condition qu'on ne rentre pas tard et qu'on reste ensemble.

- Je demande à mon Papa Nero, fit Shiro avant de reposer la main sur le combiné, s'adressant à son oncle. Est-ce que je peux sortir avec Denzel et Marlène ce soir ?

- Non.

La réponse fut sans appel.

- Mais... Tifa et Cloud ont donné la permission de Denzel et Marlène. Je peux y aller, s'il te plaît ?

- J'ai dit non, Shiro.

- Mais pourquoi ?

- Parce que je ne veux pas que tu sortes seul et encore moins le soir.

Cela frustra l'enfant aux cheveux blancs.

- Mais je ne serais pas seul ! On sera ensemble avec Denzel et Marlène. Et je te promets qu'on ne rentrera pas tard ! On y restera que deux heures.

- Non.

- ... Une heure ?

- Non.

- Une demi-heure ?

- Shiro. La réponse restera la même.

Un « non » ferme et définitif. Shiro soupira et reprit l'appel.

- Désolé, Denzel. Je ne peux pas. La tour dans laquelle j'habite est gardée par un redoutable dragon.

- Dis donc, Shiro, le réprimanda Nero.

- Tu veux qu'on vienne te libérer avec Marlène ? On a des armures et des Matérias, plaisanta Denzel.

- Désolé, s'excusa encore Shiro piteusement.

- Ne le sois pas. Une prochaine fois, peut-être ? Au revoir.

Shiro raccrocha. Il fixa le téléphone, dépité.

« Une prochaine fois » ?

Avec Nero, il n'y aurait jamais de prochaine fois.

- Pourquoi je ne peux pas sortir avec Denzel et Marlène ? lui demanda Shiro. Ce sont mes amis.

Ses seuls amis... Maintenant qu'il ne pouvait plus voir Lorraine...

- Ils sont plus âgés que toi. Tifa et Cloud font ce qu'ils veulent avec eux. Mais toi, tu as huit ans, déclara Nero, laconique.

- Mais si je pouvais sortir une fois—

- Shiro. On a eu un marché. Tu ne sors que pour les cours et tu rentres. Accompagné.

Bien sûr. En fait, Shiro avait eu de l'espoir quand ils avaient emménagé dans leur nouvel appartement. Il croyait pouvoir être davantage libre que lorsqu'il habitait dans cette dimension parallèle, loin des humains.

Malheureusement, Nero ne changerait jamais. Il serait toujours surprotecteur. Même quand Shiro expliquait que sortir le rendrait heureux, Nero avait toujours peur qu'un humain s'en prenne à lui.

Shiro poussa un soupir. Denzel et Marlène étaient si gentils avec lui. Il aimerait bien pouvoir passer du temps avec eux, sans que Nero ne s'inquiète. Juste une fois. Rien qu'une fois.

Alors qu'il entrait dans la salle de bain, une idée naquit dans l'esprit de l'enfant.

Et s'il le pouvait ?

S'il pouvait passer du temps avec ses amis sans que son oncle ne s'inquiète ?

Shiro hésita. Un plan commençait à se dessiner dans sa tête.

Il osait ?

Ou il n'osait pas ?

Shiro se mordit la lèvre. Si c'était une fois et que cela marchait, peut-être pouvait-il...

Et s'il n'essayait pas ? Après tout, la seule raison pour laquelle il avait à présent accès au monde des humains était parce qu'il avait essayé. Il avait écouté son instinct.

S'il pouvait profiter de Denzel et Marlène et rassurer Nero, tout serait bien plus simple pour lui.

Une fois qu'il fut couché et une fois que Nero l'eut bordé, le plan de Shiro fut déjà achevé dans sa tête.


Entends-moi...

Réponds-moi.

Entends-moi...

Réponds-moi.

Pour la première fois depuis que Weiss essayait, quelque chose se produisit. Quelque chose d'inattendu, d'imprévisible.

Weiss sentit le vent capturer ses cheveux. L'ancien Empereur de Deepground gardait les yeux clos, assis, les bras tendus tandis qu'il se concentrait sur son souffle, sa respiration.

On lui répondit.

Il avait entendu quelqu'un lui répondre.

Il n'avait pas de voix. Mais il avait entendu ses mots.

Quand Weiss rouvrit les yeux, cela fut pour se retrouver baignant dans le courant de la Rivière de la Vie.

Ces sons, ces échos, toutes ces personnes qui avaient rejoint la Planète... La Rivière de la Vie dans laquelle n'existait aucune souffrance, aucune douleur...

Juste une sérénité éternelle...

Quelque chose auquel Weiss n'avait jamais goûté. Et pendant un instant, il oublia ce pourquoi il était là. Il oublia Deepground. Il oublia les horreurs qu'il avait subi tout le cours de sa vie. Il oublia les scientifiques. Il oublia Restrictor. Il oublia Hojo.

C'était donc cela : rejoindre la Planète ?

Il leva la tête.

L'Être Suprême, immense, ailé, absorbait la Rivière de la Vie. Weiss s'était toujours considéré comme étant supérieur aux autres à Deepground. Beaucoup plus grand, beaucoup plus puissant que tous...

Mais ici, il se sentait si frêle, si petit par rapport à l'entité lui faisant face.

Omega.

Weiss laissa les bras retomber le long de son corps, ne détachant pas ses yeux de l'être céleste. Il n'avait pas peur. Il était juste... stupéfait.

Il avait réussi.

Omega lui avait répondu.

« Qui ose interrompre mon sommeil ? »

Weiss ne changea pas d'expression. Il avait toujours eu cette démarche confiante, assurée. Ce n'était pas aujourd'hui qu'il allait changer son attitude.

Non. Il n'avait pas peur. Jamais il n'avait eu peur.

- Mon nom est Weiss. Je suis ton Hôte. Je suis l'Hôte de la Fin.

Qu'ils en finissent. Qu'ils en finissent tout de suite.

Weiss deviendrait le réceptacle d'Omega. Et ensuite, tout serait accompli.

Il rejoindrait la Planète.

Un silence lui répondit. La Rivière de la Vie continuait à se déverser dans le corps de l'être suprême.

Weiss se demanda si Omega lui avait entendu. Il n'aimait pas qu'on ne lui réponde pas.

- Je suis Weiss, Empereur du Deepground. Nous sommes liés. C'est moi, l'Hôte de la Fin.

Prends mon corps, si telle est ta volonté.

Enfin, Omega lui répondit.

Et la réponse ne fut pas celle ce à quoi Weiss s'attendait.

« Tu n'es pas l'Hôte de la Fin. »

Les yeux de Weiss se plissèrent.

Il n'était « pas l'Hôte de la Fin » ?

Qu'est-ce que cela signifiait ? G lui avait assuré qu'il l'était. La Déesse, le vieil homme... Tous l'avaient qualifié comme tel.

Et Omega le rejetait ?

- Je suis le Début de la Fin. Je suis l'Être Pur. Je suis celui qui provoquera la Fin de la Planète et qui guidera les âmes vers les étoiles.

« Tu es bien trop arrogant. »

Weiss en demeura tétanisé.

C'était la meilleure, ça ! Maintenant, c'était Omega qui l'insultait ? Omega qui le traitait d'arrogant ?

Il était venu pour en finir avec tout cela ! En finir avec cette mission ! Qu'est-ce qui se passait ? Pourquoi est-ce qu'Omega le rejetait ainsi ?

- Tu es peut-être Omega, mais je suis l'Empereur de Deepground. Je suis venu à toi. Je suis venu accomplir mon devoir. Je suis venu suivre le cours du destin. Permets-moi de fusionner avec toi.

Une bonne fois pour toute.

Les âmes criaient autour de lui... Ce qui était autrefois sérénité devenait agonie.

« Ton corps est peut-être pur... Mais ton âme ne l'est pas. Ton âme est noire comme du charbon, irrécupérable. Tu n'es pas digne d'être mon Hôte. Tu n'es rien du tout. »

Weiss endura les insultes. Il avait encaissé toutes celles de Restrictor, des scientifiques... Maintenant, Omega l'insultait. Et il n'était pas sûr quoi ressentir par rapport à cela.

Par rapport au fait qu'une divinité même le jugeait comme un pécheur.

« Tu es né pour tuer. Tu es un boucher génocidaire qui n'a aucune compassion, aucun intérêt pour la protection de la Planète. Tu ne mérites pas que je t'adresse la parole. Tu ne mérites pas le titre d'Hôte de la Fin. »

- Qu'attends-tu de moi, alors ? cracha Weiss, se moquant bien que l'entité même serait capable de l'écraser. Que veux-tu de moi ? Pourquoi avoir répondu à mon appel ?

S'il n'était pas digne d'intérêt, pourquoi lui avoir répondu ?

Le rythme de la chanson des âmes s'accélérait dans un tourbillon sans fin, menaçant de noyer Weiss lui-même et de l'emporter avec eux.

« Tu n'es pas prêt à devenir mon Hôte. Tu n'es pas prêt à endosser une telle responsabilité. »

Il l'était, bon sang ! Il était prêt à mourir !

- Je veux en finir ! gronda Weiss, avant de se mettre brusquement à tousser.

« Quelque chose te rattache encore à cette Planète. A cette enveloppe. Tant que tu n'auras pas lâché prise, je ne saurais être Toi et tu ne saurais devenir Moi. Tu te raccroches encore à quelque chose, de manière inconsciente. Et si tu ne t'en défais pas... Tu ne deviendras jamais l'Hôte de la Fin. »

Qu'est-ce que c'était que cette histoire ?

Il n'avait plus rien à perdre ! Il n'avait plus de raison de lien sur cette Planète ! Il voulait juste terminer tout cela ! Il voulait juste réussir là où Hojo s'était lamentablement échoué !

- Tu ne peux pas me renier ! Je t'ai appelé ! Je suis l'Hôte de la Fin ! Je suis déjà toi !

« Oublie qui tu es. Oublie ce que tu as créé et deviens quelqu'un à la hauteur de la pureté de ce corps. »

Non !

Non, il était l'Hôte ! Plus rien ne l'attachait ici ! Weiss se sentit projeté en arrière. Il s'entendit hurler tandis qu'il tendit le bras devant lui, comme une tentative vaine pour rejoindre Omega, pour fusionner avec Lui...

Tout devint noir.

Omega avait disparu. Les âmes avaient disparu. La Rivière de la Vie avait disparu.

Il y avait seulement... l'univers. L'espace. Les étoiles autour de lui.

Les étoiles... les vraies étoiles...

Weiss ne sentit plus son corps. Pourtant, il se sentait comme prisonnier de cette enveloppe. Il se sentait prisonnier d'un destin qu'il ne pouvait pas contrôler.

Enfin, il entendit des cris.

Des cris... des pleurs de bébé.

D'où cela venait-il ?

Puis des rires. Des rires d'un enfant.

Par réflexe, quand bien même il ignorait ce qui l'attendait derrière lui, la curiosité et l'inquiétude l'emporta. Weiss se retourna péniblement, cherchant la source de la voix.

Oublie qui tu es. Oublie ce que tu as créé et deviens quelqu'un à la hauteur de la pureté de ce corps.

Lorsque Weiss se réveilla, il gisait au milieu de l'éternel blanc qui n'avait aucune fin.

Il réalisa qu'il avait échoué.

Omega l'avait rejeté... et il n'y avait rien à faire. Il n'y avait plus rien à faire. Weiss n'était pas l'Hôte d'Omega.

Il ne pourrait pas rejoindre la Planète.

Il n'était rien.

Et tout ce qu'il ressentit, au-delà de la stupeur, fut une extrême lassitude.

Un dégoût de vivre... Un dégoût de ne pas avoir réussi son objectif.

Un dégoût des dieux qui avaient autorisé ce destin à se montrer si cruel à son égard. Weiss se recroquevilla sur lui-même, cachant son visage dans les mains.

Il voulait tuer... Il voulait terrasser cette Planète. Il voulait tout anéantir.

Il se moquait bien des conséquences. Si Omega ne voulait pas de lui, alors il le forcerait à l'accepter. Quitte à anéantir ce qu'Il protégeait.

Peu importe le prix...


La cloche sonna à nouveau.

Cette fois-ci, Shiro prit son temps pour ranger ses affaires avant de quitter la classe, sous les coups d'œil indiscrets de ses camarades et de la maîtresse. Lorsqu'il traversa le couloir, deux petites filles s'écartèrent immédiatement pour l'éviter, lui jetant des œillades terrifiées à son passage.

Les yeux de Shiro fixèrent droit devant lui.

Peter ne serait pas là aujourd'hui. Il était encore à l'hôpital. Les copains qui l'avaient accompagné ne viendraient certainement pas le venger. Shiro avait prouvé sa force. Il avait fait asseoir sa dominance.

Il était plus fort qu'eux et ils le savaient pertinemment.

Pourtant, la sensation d'être considéré comme un monstre, alors que Shiro n'avait rien fait pour mériter, n'en cessait pas d'être blessante.

Tout cela... à cause de ses cheveux blancs ? A cause de ses yeux ?

Pourquoi devait-il subir tout cela ?

Lorsqu'il pénétra dans la cour et se dirigea vers la grille, il fut soulagé de voir que Denzel et Marlène l'y attendaient déjà.

« Shiro ! »

Marlène fit un pas vers lui pour l'étreindre. Shiro sourit et la lui rendit, sincèrement ravi de la revoir.

- Je suis tellement content, balbutia Shiro.

Sa vision se brouilla. Denzel posa sa main sur son épaule, lui adressant un sourire rassurant.

- Hé. Pas besoin de pleurer. On est là.

- Tu as dû te sentir seul, non ? lui demanda Marlène, un sourire concerné sur son visage.

Shiro se frotta les yeux avant de rendre le sourire de Denzel.

- Peut-être. Mais je ne le suis plus. Je me sens bien mieux.

- Tu es sûr ?

- Oui, oui. Et... je vais enfin pouvoir passer du temps avec vous.

Cela apaisa Marlène qui lui adressa un clin d'œil complice.

- On est là pour cela.

- Mais tu es sûr que c'est une bonne idée ? lui adressa Denzel alors qu'il sortait son téléphone.

Shiro haussa les épaules.

- Je ne pourrais jamais passer du temps avec vous si je continue comme cela. Je... même si je ne vous le dis pas souvent, je vous considère comme des amis aussi.

Ils étaient tellement gentils... Il désirait leur rendre la pareille, même si c'était seulement une fois.

- Bon. Si tu es sûr de toi... Qu'est-ce que je lui envoie ?

Le cœur battant, Shiro dicta avec soin le message que Denzel devait envoyer à son oncle.

« Ne t'inquiète pas. Tifa a quelque chose à faire et aura un peu de retard. Je l'attends au Septième Ciel avec Denzel et Marlène. On fera nos devoirs ensemble. Je t'aime. »

- Huit ans et déjà un manipulateur, commenta Marlène, le ton mi-amusé, mi-sérieux.

- Après, Nero n'a qu'à le laisser souffler de temps en temps, rétorqua Denzel. Envoyé.

Etrangement, une fois que le message fut envoyé, Shiro se sentit tout de suite plus léger. Cela enlevait un poids de ses épaules.

- Bon ! On va où ? demanda Marlène, les mains jointes.

- A la salle d'arcade ? suggéra Denzel.

Bonne idée !

- Je vous suis ! Je vous suivrais même jusqu'au bout du monde ! s'extasia l'enfant aux cheveux blancs.

- Alors, allons-y.

Satisfaits de leur programme et impatients à l'idée de passer l'après-midi ensemble, entre amis et sans adulte pour les surveiller, les trois enfants quittèrent l'école avec précipitation et enthousiasme.