Hello à tous !
On se retrouve pour une petite traduction d'une histoire dans l'univers des Tortues Ninja ! (promis, j'oublie pas mes autres travaux, et cette traduction est déjà presque finie ! )
L'histoire en anglais est disponible sur AO3 ! Cherchez "Derelict" de Pebr. (J'ai bien entendu son accord pour traduire sa fic !)
Bonne lecture à tous, et comme toujours, n'hésitez pas à commenter ! :D
« Je ne comprends toujours pas pourquoi on ne pouvait pas simplement rester au repaire, » Se plaignit Michelangelo, raffermissant son emprise sur la main de Leo. « Il fait tellement froid. »
« Tu sais pourquoi, » Dit calmement Donatello, ses yeux fixés sur l'écran de son portable. « Cette tempête ne ressemblera à rien qu'on ait vu auparavant – nous n'avons aucune idée de combien de temps elle durera, et de la quantité de neige qui tombera. Si on restait dans le repaire, on pourrait rester bloqués pendant un long moment. Et quand la neige fondera enfin, il y aura des inondations, et alors nous seront vraiment piégés, et... »
« J'ai pigé, j'ai pigé. »
Durant les derniers jours, la tempête hivernale n'avait pas cessé de recouvrir la ville d'une chape blanche, et les amas de neige étaient déjà deux fois plus gros qu'à l'accoutumée. La neige entrait rarement dans les égouts, la majorité ne faisant que fondre en de l'eau glacée avant de ruisseler aux sous-sols, mais le froid était maintenant omniprésent. Le vent hurlait au-dessus d'eux, et tandis qu'ils passaient une bouche d'évacuation, le vent fit souffler de la poudreuse sur les tortues. Mikey et Raph grognèrent tous les deux face au froid, et Don s'arrêta un instant pour lever les yeux vers la bouche d'évacuation, se protégeant les yeux de la neige tombant toujours sur eux. Leo…
Leo ne sembla même pas le remarquer. Il marchait – ou du moins, essayait - entre Mikey et Raph, ses deux bras autour de leurs cous afin de les aider à le soutenir. Il avait la tête basse, et devait se concentrer sur chacun de ses pas afin de faire en sorte que ses jambes continuent à bouger. Il avait pris froid à peine quelques jours plus tôt, et ça n'avait pas été pire qu'un simple rhume jusqu'au matin même. Le leader avait même eu du mal à sortir de son lit à cause de la douleur dans ses muscles – et malgré le fait que sa chambre ait été plus chauffée que d'habitude grâce au chauffage supplémentaire qu'avait installé Don, il avait eu très froid. Et s'il avait eu froid alors, à présent, il était gelé.
Ils portaient tous leurs habits d'hiver, et même s'ils étaient un peu trop grands, ils les protégeaient quand même du froid. Ou du moins, d'habitude cet hiver était rude et cruel, la température glaciale s'infiltrant à travers les couches de vêtements, essayant de voler toute la chaleur qu'il leur restait. Même s'il n'y avait pas eu autant de neige, ils auraient dû quitter le repaire malgré tout cet hiver aurait été trop froid pour eux. Ils avaient un chauffage totalement fonctionnel, grâce à Don, mais le repaire était trop grand pour être gardé assez chaud dans ces conditions. Ils étaient à sang froid ils ne pouvaient pas rester dans le repaire glacé ou ils finiraient par mourir de froid.
« L'Hiver, ça craint, » Grogna Mikey.
« T'étais super excité, il y a pas quelques semaines, » Se moqua Raph.
« Ouais, eh ben, j'aime la neige, pas le froid. Il n'était pas censé faire aussi froid ! » Bouda Mikey, ajustant le bras de Leo atour de son cou. « Imagine de la neige chaude. Don, c'est possible d'avoir de la neige chaude ? »
« Certaines des ruelles ne sont pas couvertes de neige, » Remarqua Don, semblant surpris, alors qu'il ignorait complètement Mikey. « Je pensais qu'elles en seraient toutes recouvertes. Cela rend certainement les choses plus faciles pour nous. »
« Pour une fois, » Grommela Raph. Leur attention fut attirée sur Leo lorsqu'il toussa, d'abord faiblement, puis plus fort, jusqu'à ce qu'ils doivent s'arrêter afin qu'il puisse reprendre son souffle. Mikey lui massa la carapace afin d'essayer de le réconforter tandis que sa toux se calmait lentement.
« On est déjà proches, Leo, » Dit Don en regardant son frère avec des yeux inquiets. Leo hocha la tête sans la relever.
« Désolé, » Marmonna-t-il d'une voix faible. Ils savaient tous que Leo se blâmait d'être tombé malade à un moment pareil, et ils avaient tous un peu envie de le gifler pour sa façon de penser. Ce n'était pas comme si Leo avait demandé à tomber malade. Raph aurait volontiers fait rentrer un peu de bon sens dans son crâne au moyen d'une paire de baffes, s'il n'avait pas eu l'air aussi misérable.
Même s'ils devaient admettre que le timing aurait pu être meilleur.
Don soupira, refermant son portable. Raph regarda Don par-dessus Leo, ses yeux seuls lui posant une question. Don secoua la tête. « Ils ne répondent toujours pas. J'espère qu'ils sont en sécurité. »
« Hé, tu leur as parlé ce matin. Tu crois qu'un peu de neige va les arrêter ? » Demanda Mikey, et Don sourit un peu pour cacher son inquiétude.
« J'espère que je m'inquiète pour rien, » Soupira-t-il. Il avait en effet parlé avec April ce matin-là, lui demandant s'ils pouvaient aller s'abriter dans son – ou plutôt leur appartement, April et Casey vivaient ensemble ces jours-ci – jusqu'à ce que la tempête passe. Les deux humains avaient décidé de prendre un peu de temps pour eux, et étaient allés vers le nord, à la maison de campagne. Personne n'avait pensé que l'hiver deviendrait aussi rude s'ils l'avaient su, ils ne seraient certainement pas partis. Don était inquiet car la maison était au nord, et que la tempête serait sans doute encore plus violente là-bas. Le fait qu'ils n'aient pas eu de nouvelles d'eux depuis ce matin l'inquiétait encore plus.
« Eh bien, je suis content que la maison d'April ne soit pas très loin. Il fait toujours tellement plus chaud, là-bas ! »
« Garde ton attitude positive, Mikey, » Dit Don, regardant à nouveau à travers la bouche d'évacuation. « On ne sait pas à quel point la tempête va empirer. »
« On ne devrait pas sortir par-là ? » Demanda Raphael après un moment, s'arrêtant sous une bouche d'égout qu'ils utilisaient souvent.
« Non, » Dit Donatello en continuant à avancer. Il regardait à nouveau son portable, exécutant un programme qui suivait les mouvements de la tempête. « Il y a probablement beaucoup de neige ici, nous devons trouver une ruelle plus étroite, avec moins de neige. »
« Mais… ça veut dire qu'on va devoir marcher plus à la surface, » Gémit Mikey, mais il ne put se plaindre davantage, car ses gémissements se transformèrent en un glapissement surpris. Leo s'était effondré sur lui, ses jambes incapables de soutenir son poids plus longtemps. Raphael grogna, furieux contre lui-même de ne pas l'avoir remarqué, tirant Leo vers lui avant de l'aider à s'asseoir avec précaution.
Leo gémit au contact du sol froid des égouts, gardant ses yeux étroitement fermés. C'était un signe clair qu'il souffrait, Leo n'étant jamais très vocal quant à sa douleur. Don et Mikey s'agenouillèrent immédiatement devant lui.
« Leo, comment tu te sens ? » Demanda Don, enlevant son autre gant pour toucher le front de Leo avant de la poser sur sa joue. Leo suivit le contact, laissant échapper un souffle tremblant. Même si les doigts de Don n'étaient pas aussi chauds que d'habitude, ils l'étaient toujours plus que la peau de Leo.
« Froid, » Murmura-t-il, clignant des yeux vers Don. Garder les yeux ouverts faisait s'empirer son mal de tête, alors il les referma et baissa la tête.
Don jeta un œil à l'écran de son portable avec un froncement de sourcils. Il savait qu'ils devaient bouger plus vite ou il serait impossible de sortir des égouts par une des bouches, et prendre une sortie alternative prendrait un long moment. Leo n'était pas en condition pour voyager plus qu'il n'était nécessaire. Il se sentait mal de presser Leo, mais il savait que plus ils attendaient, plus Leo ralentirait. Ils devaient continuer.
Comme s'il avait lu dans ses pensées, Raph s'agenouilla également, plaçant une main sous les genoux de Leo et l'autre sous sa carapace, le soulevant comme une mariée. Leo ouvrit les yeux, alerté et prêt à protester, mais Raph le réduisit au silence avec un regard dur.
« J'aurais dû faire ça dès le début, » Marmonna Raph. Leo n'était pas très facile à porter, aucun d'eux ne l'était à cause de leurs carapaces, mais ce serait plus rapide malgré tout.
Leo avait envie de se débattre, détestant être un tel fardeau. Et puis, se faire porter par Raph… c'était embarrassant. Il savait qu'il en entendrait parler quand il irait mieux, la manière dont Raph avait porté le pauvre Leo malade. Malgré tout, être porté avait calmé certaines de ses douleurs sa vision était toujours trouble, mais il n'avait pas besoin de lutter pour marcher. En étant collé contre lui, il pouvait aussi ressentir un peu de la chaleur qui émanait de Raph. Il avait toujours froid, et il se sentait plus malade que jamais, mais après un moment, il laissa ses yeux se fermer et pressa sa tête contre Raph. Son mal de tête le forçait à ravaler sa fierté.
« … Alors, que dit le site ? » Demanda Mikey après un moment de silence, jetant un œil par-dessus l'épaule de Don pendant qu'ils marchaient. Des chiffres différents illuminaient à nouveau l'écran, et Mikey ne s'embêta pas à regarder très longtemps vu qu'il n'avait aucune idée de ce qu'ils signifiaient.
« Il neigera bientôt encore plus fort, » Dit Donnie. Il se mordit la lèvre, perdu dans ses pensées. « Il me reste des choses dont j'ai besoin au repaire… Je pensais juste que nous aurions plus de temps... »
« Attends – tu es en train de dire qu'on n'a pas le temps d'y retourner ? J'ai pas pris mes comics ! Et mes casse-croûtes ! Et- »
« On a combien de temps ? » Demanda Raph, ignorant Mikey, qui continuait à paniquer à propos de ses DVD et de ses jeux-vidéos.
« Je dois d'abord voir la surface, » Donnie se gratta la tête, jetant un œil aux sacs qu'il portait en bandoulière. Mikey et Raph ne portaient pas grand-chose, vu que leur travail était d'aider Leo. Don avait vraiment compté sur la possibilité d'un aller-retour, puisque eux trois auraient pu porter plus dans leur second voyage. Ses sacs contenaient des médicaments, de la nourriture et des affaires de son laboratoire, mais pas grand-chose d'autre.
Il referma à nouveau son portable, le plaçant dans sa ceinture. Mais afin d'atteindre celle-ci, il dut relever le bas de sa veste et faire passer sa main dans son pantalon, faisant pouffer Mikey.
« Oh, Donnie, contiens-toi, nous sommes en public, » Plaisanta Mikey, recevant un regard aride de Don. Aucun d'entre eux n'était habitué aux habits, et ils avaient seulement l'impression qu'ils les gênaient. Mais sortir par ce temps sans eux serait suicidaire.
« Tu sais que tu as des poches maintenant, tu n'as pas à le mettre dans ta ceinture, » Fit remarquer Raph, et Don ne s'embêta pas à tenter un face palm, et se contenta de fermer les yeux en signe de défaite tandis que Mikey pouffait.
Ils arrivèrent sous la bouche d'égout qu'ils allaient utiliser, et Mikey grimpa le premier. Il prit du temps à pousser le couvercle, une bonne quantité de neige recouvrant déjà la ruelle. Dès que le couvercle fut bougé, le vent projeta de la neige au visage de Mikey, le choc du froid le faisant presque tomber de l'échelle.
« Eh bien, » Toussa Mikey, essuyant son visage de la neige, « au moins on pourrait avoir une sacrée bataille de boules de neiges, là-haut. »
Il faisait encore jour, alors ils devaient être prudents en surface. Les gens seraient très probablement chez eux ou bien en train d'essayer de rentrer pour échapper à la tempête, mais on ne savait jamais qui pourrait traîner dehors. Le ciel était rempli de nuages gris, alors il faisait déjà assez sombre, leur rendant les choses un peu plus faciles. La ruelle était vide, donc Mikey finit de grimper le reste des barreaux. En sortant, il fit accidentellement tomber de la neige dans la bouche d'égout, et ce fut au tour de Don de se prendre de la neige plein la figure.
« Merci, Mikey, » Marmonna-t-il, secouant la tête pour se débarrasser de la substance froide.
« Je peux lui fourrer de la neige dans sa veste pour toi, » Offrit Raph avec un sourire. Don le lui rendit à moitié, puis regarda Leo.
« Leo ? Tu penses que tu peux grimper ? » Demanda Don en lui touchant doucement le bras. « Leo ? »
Lentement, la tête de Leo se tourna vers lui, mais il ne recevait aucune réponse. Son frère malade dut lutter pour ouvrir les yeux et localiser le visage de Don. Leo avait probablement alterné entre la conscience et l'inconscience, mais il ne tremblait plus autant qu'avant. Quand Don passa une main sur son visage, il comprit pourquoi sa peau commençait à être chaude au lieu de froide. Il jura dans sa tête si seulement la fièvre avait pu attendre un peu plus longtemps…
« Leo, Raph va te poser. Tu peux te lever ? »
Raph abaissa Leo pour qu'il puisse placer ses pieds sur le sol, et Don prit l'autre bras de Leo pour l'aider à garder son équilibre. Il se tenait debout de lui-même, s'appuyant un peu contre Donatello, mais semblait capable de supporter son propre poids. Don guida les mains de Leo sur l'échelle, tenant toujours son bras.
« On dirait pas qu'il peut, » Marmonna Raph, doutant de la capacité de Leo à grimper l'échelle. La dernière chose dont ils avaient besoin, c'était que Leo tombe de l'échelle. Mais Leo plaça ses pieds sur l'échelon, se poussant obstinément vers le haut. Il serra ses dents tandis que la nausée l'envahissait, mais plutôt aller en enfer que d'échouer à faire quelque chose d'aussi simple que ça, surtout après avoir été porté.
Il réussit à grimper, mais il pouvait sentir Raph grimper juste après lui, craignant qu'il ne tombe. Dès qu'il approcha de la surface, il sentit les mains de Mikey le saisir et l'aider à se relever. Il s'attendait à ce que la bise glaciale le fasse trembler, mais en réalité, elle était plutôt agréable contre sa peau soudainement rougie. IL ne remarqua pas qu'il s'appuyait contre Mikey jusqu'à ce que son frère doive utiliser ses deux mains pour le soutenir.
Leo retrouva son équilibre, se sentant à nouveau embarrassé. Il sentit Raphael attraper son autre bras.
« Je vais bien, maintenant, Raph, » Dit-il faiblement, fatigué que quelqu'un le soutienne constamment. Mais sa voix faible ne paraissait même pas convaincante à lui-même Raph ne fit que rire sèchement.
Ils atteignirent la maison d'April sans voir aucun humain, et le vent avait alors véritablement forci. La neige avait commencé à tomber davantage, et ils étaient tous contents de pouvoir se mettre à l'abri.
Après s'être assurés que la maison était en ordre et qu'il n'y avait aucuns visiteurs indésirables dans le magasin, – ce qui n'était pas si rare, l'activité des gangs n'était pas aussi importante qu'auparavant, mais April avait encore parfois quelques invités indésirables essayant de forcer l'entrée de son magasin – ils se déplacèrent au premier étage, aménageant un lit pour Leo sur le canapé. Mikey et Raph aidèrent Leo à se débarrasser de ses habits hivernaux tandis que Don trifouillait le chauffage, et après que Leo soit confortablement installé sur le sofa, Raph et Mikey allèrent vérifier la cuisine.
« Ils n'ont pas laissé grand-chose, ici, » Informa Raph à Don, reprenant des mains de Mikey un paquet de chips qu'il avait trouvé. Ils ne voulaient pas prendre les affaires d'April sans sa permission, mais pour le moment, ils n'avaient pas trop le choix. Ils rachèteraient tout ce qu'ils auront utilisé après que la tempête soit passée.
« C'était à prévoir, » Dit Don. « Ils n'avaient pas l'intention de revenir avant au moins quelques semaines. »
« On ne va pas durer longtemps avec… des boîtes de thon et de la soupe, » Marmonna Raph. « Il faut retourner au repaire. »
Don soupira, se dirigeant vers Leo maintenant que le chauffage était en marche. Leo transpirait et grinçait des dents, alors Don traîna son sac près de lui, cherchant la boîte de premiers secours qu'il avait apporté avec lui.
Pendant qu'il ouvrait une boîte d'antidouleurs, Mikey lui apporta un verre d'eau, et Don plaça précautionneusement une main sous la tête de Leo. « Tu te sentiras mieux après avoir pris ça, » Dit Don, poussant Leo à prendre les médicaments.
Leo s'endormit rapidement après cela, et les trois autres regardèrent au dehors avec des expressions sinistres.
« Alors, on y va ou pas ? » Pressa Raph, tapant du pied sur le sol.
« … Il le faut. Et le plus tôt sera le mieux, » Dit Don après un peu d'hésitation, avant de se tourner vers Mikey. « Garde un œil sur Leo, Mikey. On n'en aura pas pour longtemps. »
Mikey sembla surpris, et leva ses mains en protestation. « Quoi ? Je viens pas avec vous ? Mais Leo ne fait que dormir ! Je sais que vous ne savez pas quels comics prendre ! »
« Mikey, » Le mit en garde Raph. Raph détestait le froid, et voulait en finir avec ça le plus vite possible. Il n'était pas d'humeur, et Mikey soupira. « D'accord… au moins, prenez-en quelques-uns, s'il-vous-plaît ? »
« On le fera, » Promit Don, tapotant l'épaule de Mikey avant qu'ils ne retournent dans le froid.
Donatello avait à nouveau les yeux collés sur l'écran, alors même qu'ils courraient en petites foulées vers le repaire.
« Oh non, » Dit-il soudainement en s'arrêtant.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » Demanda Raph, s'arrêtant également pour regarder son frère.
« Les piles sont mortes, » Dit Don d'un air choqué, comme s'il s'agissait de quelque chose qui ne pouvait possiblement arriver.
« J'suis pas surpris, » Dit Raph, croisant ses bras sur son plastron. « T'a fixé ces nombres toute la journée. »
« Ce sont des nombres importants. »
« Ce ne sont que des nombres, Don. Ce qui arrive, arrive, on doit juste faire face. »
« Ils nous aident à faire face, Raph. Avec eux, je peux prédire combien de temps nous avons, et lorsque la tempête empirera, et – donne-moi simplement le tien. »
« T'aurais pu juste demander, » Marmonna Raph, fouillant à la recherche de son portable. Sauf qu'il n'était pas dans sa ceinture. Ou dans l'une des poches qu'il avait à présent. « ...Oups. Je suppose que je l'ai laissé avec le reste des affaires qu'on a déjà ramené chez April... »
Don prit une profonde inspiration. Il lui en fallait habituellement beaucoup pour l'énerver, mais la pression de la situation commençait à lui monter à la tête, et la négligence de Raph lui tapait sur le système – c'était comme s'il ne prenait pas la situation au sérieux. Il ne réalisait probablement pas à quel point la tempête allait empirer, pensant que ce n'était pas un drame. Comment Leo avait-il jamais réussi à le faire écouter ?
« Oups ? Raph, comment tu as pu le laisser, surtout maintenant qu'on est séparés de Mikey et Leo ? Tu es supposé l'avoir constamment sur toi – et si on se faisait séparer par ce temps, et qu'on ne pouvait pas te localiser- »
« Le temps pressait ! » Essaya de se défendre Raph, un peu surpris par l'irritabilité de Don. Mais là encore, Don ne prenait jamais leur sécurité à la légère. Aucun d'entre eux ne le faisait, mais Don n'était habituellement pas aussi dur à ce propos. Le génie semblait sur le point de renchérir, mais Raph plaça une main sur son épaule.
« Et il presse toujours. Tu pourras hurler plus tard. »
Ils coururent en silence, et la frustration de Don ne fit qu'augmenter. Seulement, cette fois, il était furieux contre lui-même, car il avait peur que chaque seconde qu'ils gâchaient leur coûterait, d'une manière ou d'une autre. Et il était là, à perdre du temps en se perdant dans une stupide dispute avec Raph… n'était-ce pas le travail de Leo ? Au moins, Leo aurait été celui à réaliser qu'ils n'avaient pas le temps de se disputer, mais là, ç'avait été Raph, ce qui ne faisait que le faire se sentir encore plus stupide. Penser à Leo l'amena à s'inquiéter pour lui un simple rhume ne le mettait jamais dans cet état, il était toujours beaucoup trop têtu pour ne pas rester debout à faire quelque chose. Il ne restait au lit que lorsqu'il avait de la fièvre, et parfois, ils devaient même le forcer à y rester. Bien sûr, ils ne courraient habituellement pas dans les égouts en plein hiver si l'un d'entre eux était malade. C'était plus que stupide, mais ce n'était pas comme s'ils avaient eu le choix.
Et si ce n'était pas qu'une simple fièvre, s'il avait attrapé quelque chose de pire ? La marche dans les égouts aurait pu facilement aggraver son état. Don aurait dû être celui à rester avec Leo si son état s'aggravait, ils n'auraient aucun moyen de le savoir puisque ni l'un ni l'autre n'avaient leur portable, ils n'avaient aucun moyen de dire à Mikey comment le traiter si sa maladie empirait et- Don suspendit ses pensées. Ils ne seraient pas partis longtemps, l'état de Leo ne changerait pas aussi rapidement. Il devait se concentrer sur ce qu'il faisait.
Le repaire était silencieux, le hurlement du vent laissé loin derrière eux. Raph alla à la cuisine tandis que Don vidait son laboratoire des choses dont il pensait avoir besoin. La moitié des objets qu'il touchait était lâchée au sol dans son empressement, et il s'arrêta une seconde pour se calmer. S'il se dépêchait comme ça, il oublierait probablement quelque chose d'important, et il ne pouvait pas se le permettre. Il était impossible de savoir quand ils pourraient revenir. Le reste de l'hiver sera-t-il aussi froid, ou bien la météo se calmera-t-elle ? À quel point les inondations seront-elles sévères ? Pourraient-elles atteindre le repaire ? Celui-ci pourrait-il les supporter, et empêcher l'eau de pénétrer ? Ils débranchèrent tous les engins électroniques, et essayèrent de les protéger au cas où l'inondation les atteindrait. Ils devront préparer mentalement Mikey s'ils perdaient toutes leurs télévisions et consoles de jeu, s'ils ne voulaient pas l'entendre geindre pendant des semaines.
« N'oublie pas les comics. Mikey sera impossible à vivre s'il n'en a pas, » Plaisanta Don, juste pour briser le lourd silence. Raph eu un petit sourire.
« Tu seras pire si on oublie ton café, » Répondit Raph, son sourire s'agrandissant. Il s'était assuré d'en prendre pour Don. Ce n'était pas comme si Don allait pouvoir passer des nuits sur ses inventions, mais quand même.
« Personne n'est pire que Mikey sans ses comics, » Affirma Don.
Ils finirent de faire leurs bagages, jetant un dernier coup d'œil autour d'eux. Don avait expliqué que le repaire devrait être capable de survivre aux inondations, mais tout pouvait arriver, alors ils avaient essayé d'attraper tout ce qu'ils ne voulaient pas perdre. Bien sûr, ils ne pouvaient pas tout porter, alors certaines choses avaient dû être laissées derrière.
« Oh, encore une chose, » Dit soudainement Don, se hâtant vers son laboratoire. Au moment même où il disparaissait dans la pièce, un grésillement électrique retentit, et le repaire fut plongé dans les ténèbres.
Ils restèrent tous les deux immobiles pendant quelques secondes dans un silence choqué, jusqu'à ce que les injures lancées par Raphael le remplacent.
« Où sont les putain de lampes de poche ? »
« Toi et Mikey ne les aviez pas utilisé la semaine dernière ? »
Raph se frappa le front. Si, et ils les avaient utilisées pour chercher quelque chose dans le garage. C'était probablement là-bas qu'ils les avaient laissées.
« …On n'en a pas plus de deux ? » Demanda Raph avec précaution, se dirigeant maladroitement vers le laboratoire de Don. Il connaissait le repaire, pouvait s'y déplacer à l'envers et les yeux fermés, mais dans leur hâte, des choses étaient tombées à terre, alors Raph devait faire plus attention.
Don avait démarré un de ses ordinateurs, faisant en sorte que la lumière de l'écran éclaire la pièce.
« Si, » Répondit-il alors que Raph entrait dans la pièce. Il commença à taper sur son clavier, et les nombres familiers apparurent sur l'écran. « Elles devraient être quelque part par là. Cherche. »
« Génial, » Marmonna Raph.
Mikey faisait les cents pas. Il pouvait s'asseoir et regarder la télé, mais ça le faisait se sentir encore plus inutile. Il s'arrêta devant l'une des fenêtres, fixant le paysage blanc. La neige tombait drue, et le vent était de plus en plus bruyant, hurlant sur les angles du bâtiment. En regardant vers le ciel gris, il n'était même pas sûr si c'était de la neige ou de la glace qui tombait.
Il jeta un coup d'œil nerveux à l'horloge Don et Raph étaient partis depuis plus d'une heure maintenant. Ça ne devrait pas prendre autant de temps. Habituellement, il ne s'inquiéterait pas, mais Don avait dit qu'il ne restait pas beaucoup de temps avant que la tempête ne durcisse. Bien sûr, ils seraient en sécurité dans les sous-sols, mais s'ils se retrouvaient piégés là-bas…
Mikey attrapa son portable dans sa ceinture, appuyant sur le bouton qui le connectait à Don. Pas de réponse, seulement un court bip avant que l'appel ne se coupe. Mikey déglutit nerveusement. Ils n'éteignaient jamais leurs portables, donc le bip court signifiait que Don ne devait plus avoir de batterie. Ou que son portable était cassé. Mikey se dépêcha ensuite d'appeler Raph, ne voulant pas penser à la possibilité que Don soit blessé, et sursauta violemment lorsque l'appartement silencieux se remplit de la sonnerie de Raph.
Mikey se dépêcha de terminer l'appel, et le silence revint. Sauf que le son avait réveillé Leo, qui grognait sous les couvertures sous lesquelles ils l'avaient littéralement enterré. Mikey sortit le portable de Raph des sacs avant de s'agenouiller à coté de Leo, plaçant une main sur son plastron pour le laisser savoir qu'il était là. Leo respirait de façon trop rapide, et ouvrir les yeux semblait être difficile pour lui.
« Bonjour, rayon de soleil, » Sourit Mikey, sans parvenir à effacer l'inquiétude dans sa voix. Puisqu'il n'avait pas réussi à contacter Don et Raph, il ne savait pas s'ils allaient bien. Ils auraient dû être de retour, maintenant, n'est-ce-pas ? Le trajet au repaire ne prenait pas autant de temps. Mais ils ne faisaient qu'aller au repaire, qu'aurait-il pu bien se passer ?
'Avec notre chance, à peu près n'importe quoi...' pensa-t-il sombrement avant de reporter son attention sur Leo, qui regardait autour de lui avec des yeux flous en essayant de se redresser.
« Tu ferais mieux de rester immobile, Leo, » Dit Mikey, le repoussant doucement sur le canapé. Leo attrapa son bras et ouvrit la bouche pour parler, mais aucun mot n'en sortit. À la place, il commença à tousser, et Mikey dut attraper le bord de sa carapace et l'aider à s'allonger sur le côté afin de rendre sa toux plus facile.
« Là, là, » Essaya de le réconforter Mikey tandis que la quinte de toux se calmait. Il était douloureux d'entendre Leo cracher ses poumons, et une fois que ce fut fini, le silence revint. Mikey continua de frotter le bras de Leo, souhaitant vraiment que Don soit là. Don n'était pas médecin, lui non plus, mais il saurait quoi faire si l'état de Leo s'aggravait. Et d'après ce qu'il en voyait, c'était le cas.
« T'as besoin de quelque chose, frérot ? De l'eau ? Plus d'antidouleurs ? Hoche la tête si t'en veux, » Demanda Mikey, touchant doucement le visage de Leo. Il était brûlant !
« Don, Raph, » Croassa enfin Leo, bougeant sa tête pour regarder Mikey. « Où… ? »
« Ils sont allés chercher le reste de nos affaires au repaire, t'inquiète pas, » Dit Mikey. 'Je m'inquiète déjà bien assez pour nous deux,' ajouta-t-il dans sa tête, se levant pour chercher le thermomètre.
Quand il revint, Leo s'était assis, essayant à nouveau de se lever du canapé, sans succès. Mikey s'empressa d'aller arrêter ses mouvements, mais ne le repoussa pas contre le canapé, le laissant rester assis tandis qu'il se plaçait à ses côtés sur le canapé. Au moins, il était toujours aussi borné que d'habitude, quand il s'agissait d'avoir de la fièvre.
« Mec, reste tranquille, veux-tu ? » Mikey secoua le thermomètre quelques fois avant de l'offrir à Leo. « Relaxe, j'ai besoin de savoir à quel point ta fièvre a monté. »
« Peu importe, » Dit Leo d'une voix plate, se détournant du thermomètre. « Ils devraient pas être dehors – la tempête, Don a dit – que ça – ça allait empirer. On doit aller… les chercher... »
Il ne sembla pas avoir l'énergie de continuer, alors Mikey en profita et attrapa doucement le menton de Leo, tournant sa tête et pressant le thermomètre contre ses lèvres. Leo ouvrit la bouche, mais il n'avait même pas l'air de réaliser ce qu'il faisait. Ses yeux s'étaient refermés, et être assis semblait être trop fatiguant, vu qu'il commençait déjà à s'appuyer contre Mikey. Mikey soupira, enroulant la couverture autour de Leo et l'entourant de ses bras tandis qu'il attendait que le thermomètre fasse son travail.
« Ils ne sont pas dehors, Leo, ils sont au repaire. Ils vont bien, » Dit doucement Mikey, ne sachant pas lequel d'entre eux avait le plus besoin d'entendre cela. Il avait toujours peur que quelque chose soit arrivé, mais que pouvait-il faire ? Il ne pouvait pas simplement laisser Leo. Leo marmonna quelque chose contre le thermomètre, trop fatigué pour parler correctement. Mikey n'était pas sûr que Leo ait même écouté ce qu'il avait dit. Mais ce n'était pas grave, la meilleure chose qu'une personne malade pouvait faire, c'était dormir, n'est-ce-pas ?
Le thermomètre émit un son, sortant Mikey de ses pensées. Quand il vérifia le petit écran, il lâcha presque l'objet.
« 40°C ? » Haleta Mikey, repoussant Leo afin de pouvoir convenablement voir son visage. Ses joues étaient rougies, et il gémit faiblement au mouvement. Il cligna des yeux d'un air fatigué à son jeune frère.
'D'accord… Je dois juste garder mon calme. Mais qu'est-ce que je suis censé faire ?!'
« Leo, euh- comment- comment tu te sens ? » Demanda nerveusement Mikey, mais il n'obtint aucune réponse, la tête de Leo retombant tandis qu'il gémit de nouveau. Le son était faible, signifiant que Leo recommençait à souffrir. Mikey se rendit également compte qu'il tremblait à nouveau – il n'avait aucune idée de quoi faire. Devrait-il lui faire prendre un bain froid ? Est-ce que ça ferait baisser la fièvre ? Ou est-ce que ce serait trop extrême ? La panique commença à monter en lui, et Mikey aida Leo à se rallonger avant de retourner à la fenêtre. Toujours aucun signe de qui que ce soit.
« Réfléchis, réfléchis, » Murmura Mikey pour lui-même, se mordant le doigt. Il aida Leo à prendre ses antidouleurs – il n'avait aucune idée de combien il en avait déjà pris aujourd'hui – et trempa un linge dans de l'eau froide, avant de le placer sur le front de Leo. Tandis qu'il caressait la joue de Leo, une pensée le traversa – peut-être que le couvercle de la bouche d'égout était trop alourdi par la neige et la glace, et que Don et Raph n'étaient tout simplement pas capables de le soulever, et étaient bloqués dans les égouts, attendant qu'il vienne les aider. Mikey se gifla pour ne pas l'avoir réalisé plus tôt, et se dépêcha d'aller mettre des vêtements.
« Leo, » Mikey pausa près du canapé avant de sortir. « Je serais de retour dans une minute avec Don, il peut aider – attends-nous et reste tranquille, d'accord ? »
Leonardo avait l'air de ne pas tout à fait comprendre, ses yeux flous, et Mikey lui donna une dernière tape sur l'épaule avant de se retourner. Avant qu'il ne puisse avancer plus, il sentit quelque chose tirer sur son cou, et dut se retourner vers Leo, surpris de le voir agripper le bout de son écharpe. Leo avait attrapé une bonne poignée du tissu, et réussit à tirer Mikey vers le canapé et à le faire s'agenouiller. Il y a un instant, il n'avait pas été capable de parler, et maintenant, il avait la force de traîner Mikey.
Lorsque Mikey fut à genoux et face à face avec Leo, celui-ci lâcha l'écharpe et attrapa le devant de sa veste pour garder Mikey sur place.
« Non, » Ordonna fermement Leo, son ton n'étant malgré tout que très peu ferme considérant son état.
« Quoi ? » Mikey était pris de court, ne s'étant pas attendu à ce que Leo essaie de l'arrêter. Ne s'étant pas attendu à ce que Leo soit capable de l'arrêter – enfin, pas qu'il le soit vraiment ; sa poigne n'avait pas été si ferme que ça, Mikey aurait facilement pu se dégager, et il pouvait sentir la façon dont la prise de Leo sur lui s'affaiblissait lentement. Il semblait que même la fièvre ne pouvait pas battre l'instinct de grand frère. C'était amusant, d'une certaine façon. Mikey ne savait simplement pas laquelle.
« Ils ont besoin de mon aide, Leo – je serais de retour dans une seconde. Tu ne remarqueras même pas que je suis parti ! »
« Non, si tu pars – la neige va – il fait froid, trop froid, c'est... » Leo s'exprima en un débit saccadé, avant de pauser pour réfléchir à ce qu'il disait, jusqu'à ce que la confusion soit claire sur son visage. « Est-ce qu'il fait froid ? Il- fait assez bon- chaud, même- j'ai chaud, je... »
Leo était perdu dans son délire, ses yeux de nouveau flous. Mikey réalisa qu'il perdait du temps à l'écouter, Leo n'ayant aucune idée de ce qu'il se passait autour de lui, et ne sachant pas qu'il n'y avait pas de temps à perdre si Don et Raph étaient dehors dans le froid.
« Bon sang ! » Soupira Mikey, enlevant facilement les mains de Leo cramponnées au-devant de sa veste avant de se lever. Il savait que même dans son état fiévreux, Leo essayait toujours de le protéger, mais pour l'instant, il aiderait plus s'il restait allongé. Mikey espérait juste que Leo n'essaierait pas de se relever après qu'il soit parti. Ce n'était pas comme s'il pourrait aller loin, mais il était quand même préférable que le leader reste tranquille et se repose.
Il couvrit à nouveau Leo d'une couverture, qui semblait avoir perdu conscience. Il n'avait aucune idée de si c'était une bonne ou une mauvaise chose, mais au moins, il n'essaierait probablement pas de se lever de sitôt. Le plus tôt il trouvait Don, le plus tôt il pourrait aider Leonardo.
Il faisait plus froid dans le magasin puisqu'il n'était pas utilisé, et tout le chauffage était concentré sur le premier étage. Plongé dans l'obscurité, le magasin fichait un peu les jetons le vent hurlait au-dehors, essayant de s'infiltrer par chaque interstice. Personne de sain d'esprit ne voudrait sortir par ce temps.
Dès qu'il ouvrit la porte, le vent faillit la refermer. Et comme il s'y était attendu, il tombait réellement de la grêle. Les grêlons lui picotaient la peau, presque douloureux s'il faisait face au vent. Il tourna son dos à celui-ci, refermant la porte du magasin.
Il n'eut même pas le temps de se détourner de la porte ; un énorme morceau de neige durcie et gelée qui pendait du bord du toit se détacha et tomba au claquement de la porte. Mikey ne sut jamais ce qui le frappa ; il était inconscient avant même de tomber dans la neige.
