Mikey n'avait même pas réalisé qu'il s'était endormi avant qu'il n'ouvre les yeux. Il fut immédiatement accueilli par une migraine, oh, il les détestait - et le froid. La pièce était froide, il avait froid – tout était froid. Sauf ce sur quoi il était allongé.
Leo. Il était sur Leo, et ils étaient tous les deux par terre. C'était… déroutant. Mikey essaya de bouger, parvenant à soulever son poids de Leo, mais il finit par trébucher. Le haut de son corps était chaud, probablement grâce à Leo, mais ses jambes étaient froides et engourdies.
Réfléchir à ce qu'il s'était passé ne faisait que lui donner mal à la tête, alors il se tourna vers son frère, qui était clairement inconscient. La fièvre, il se rappela soudain, mais le fait de s'en rappeler lui coûta une vive douleur à l'arrière du crâne. Il l'ignora, et secoua Leo. Leonardo se réveilla lentement, ayant l'air d'immédiatement regretter cette décision. Mikey comprenait bien ce sentiment.
Maintenant qu'il n'était plus pressé contre Leo, la froideur de la pièce commençait à se faire sentir, et il posa ses mains contre la peau chaude de Leo. « Leo, i-il fait vraiment froid, » Balbutia Mikey, expriment inutilement l'évidence. Leo était agréablement chaud Mikey était presque jaloux, et ne voulait que se coller à nouveau contre lui et oublier tout le reste. Mais le sol n'était probablement pas le meilleur endroit pour ça, alors un changement d'environnement leur réussirait. Mikey commençait à réaliser qu'ils étaient descendus dans le magasin d'April – comment, il n'en avait pas la moindre idée. Leo n'avait-il pas été sur le canapé, tout à l'heure, et Mikey avec lui ?
Les lèvres de Leonardo formèrent muettement le nom de Mikey, Leo ne se rappelant pas qu'il ne pouvait pas parler avant qu'il n'ouvre la bouche. Son monde était réduit à une impression de brûlure et de douleur, et il attrapa le bras froid de Mikey, essayant d'y trouver du réconfort. Il n'avait pas de pensées claires, juste une sorte de brouillard épais embrumant son esprit, et la peau froide de Mikey sous ses doigts n'aida pas à calmer son esprit fiévreux.
Mikey essaya de se lever, mais ses jambes lui firent défaut. Il les plia et les étira pendant un moment afin que le sang recommence à circuler, et grimaça quand elles retrouvèrent leurs sensations. Il se releva et fit quelques pas prudents avant de se retourner vers Leo. Il s'agenouilla pour l'aider à se lever, se sentant faible, mais réussissant quand même à supporter le poids de Leo. Son frère n'avait pas l'air content d'être bougé, un petit gémissement lui échappant.
« Pardon, Leo, » Croassa Mikey, surpris d'à quel point sa voix était devenue rauque.
Après être parvenu à pousser Leo à utiliser ses propres jambes, il commença à le traîner vers les escaliers. Il leur fallut longtemps pour les gravir, et les priva efficacement de toute leur force restante. Ils s'effondrèrent tous les deux sur leurs genoux dès qu'ils atteignirent le premier étage. Mikey réalisa qu'il tremblait, et qu'il avait la nausée, et il ne voulait plus jamais se relever. Le sol n'était pas confortable, mais le premier étage était beaucoup plus chaud, et il était bien, ici.
Il réalisa que l'appartement était sombre, la seule source de lumière provenant des lueurs des lampadaires au-dehors. Mikey grogna, ne voulant toujours pas bouger, mais il se força à le faire malgré tout. Leo s'était à nouveau évanouit, alors il dut le traîner vers le centre de la pièce. Avec des muscles douloureux, Mikey enleva les couvertures du canapé et les étendit sur Leo. Sa tête lui faisait trop mal, et il n'avait pas l'énergie de soulever Leo, alors ils devraient à nouveau se contenter du sol. Le chauffage avait rendu l'appartement chaud, et même le sol semblait être un lit chaud comparé au magasin. Cela suffirait.
Il s'allongea à côté de Leo, se collant aussi près que possible. Lorsqu'ils furent enfin tous les deux sous les couvertures, et entourés de chaleur, Mikey recommença à se sentir somnolent. Il savait, quelque part dans son esprit, qu'il ne devrait pas s'endormir alors qu'il se sentait encore engourdi et que sa tête lui faisait mal, mais il ne pouvait pas résister à l'appel du sommeil. Il se sentait chaud et confortable, s'il ignorait la douleur dans sa tête, mais en même temps, il savait que Leo avait toujours besoin de quelque chose pour sa fièvre, et que lui-même avait probablement besoin de quelque chose pour sa migraine. Il ne savait juste pas quoi, et il n'avait envie que de dormir.
La respiration de Leo était sifflante, et Mikey gémit en l'écoutant. Il voulait aider, mais il savait qu'il était inutile il serra Leo plus fort, se pressant contre lui, et s'abandonnant à sa migraine et sa fatigue.
« Don ! » Hurla à nouveau Raph, son cœur tambourinant dans sa poitrine. Le fracas lui avait vrillé les oreilles, et maintenant, tout était trop silencieux. Il savait à quel point la chute était importante, savait que Don avait été pris dans le câble, savait que ledit câble avait dû le faire chuter avec lui. Mais Don ne pouvait pas, non, non-
« Toujours là, Raph ! »
La voix de Don ne provenait pas du fond du conduit mais de là où Don se trouvait avant que les câbles ne lâchent. Raph pressa son front contre le mur, prenant des inspirations profondes et calmantes. Un de ces jours, il aurait une crise cardiaque.
« Arrête de me faire peur comme ça, » Grogna Raph, son cœur battant toujours à tout rompre. Mais à présent, il avait réalisé que la voix de Don lui semblait plus distante qu'avant, ce qui signifiait que quelque chose était arrivé. « Tu es tombé ? Tu vas bien ? »
« Ça va, » Dit Don, et Raph put l'entendre recommencer à grimper. Tandis que Raph écoutait ces bruits, il nota que Don avait dégringolé une bonne distance, alors il lui restait beaucoup à grimper. « J'ai réussi à me libérer du câble avant de toucher le fond. C'était quand même un peu trop juste à mon goût… »
« Ouais. M'en parle pas, » Marmonna Raph, toujours pas sûr d'avoir surmonté la panique qu'il avait ressentie. Il était encore tendu, prêt à ce que quelque chose d'autre tourne mal vu qu'il semble qu'il n'y ait aucune accalmie pour eux, aujourd'hui.
« Bon sang, » Grogna Don. Sa voix se rapprochait progressivement. « Ces câbles ne sont pas facile à réparer. Je vais devoir régler un sacré désordre quand on reviendra… »
Raph rit un peu. Cela faisait du bien de rire. Ça faisait du bien de penser à leur retour, de penser à lorsque tout cela sera fini. Même s'il ne laisserait personne approcher de cet ascenseur avant un bon moment. « Voilà ce qui se passe quand on fait un travail aussi merdique en attachant des câbles d'ascenseur. »
Aussitôt que les mots eurent franchi ses lèvres, il grimaça. Même dans l'obscurité, il sentit Don tressaillir, et Raph eut envie de se frapper. « Non, Don, je ne voulais pas dire- »
« Je sais, » Dit doucement Don. « Allons-nous-en simplement d'ici. »
Les portes de l'ascenseur étaient bien fermées. Raph sortit son Saï de sa ceinture, l'utilisant pour forcer les portes. Le mouvement réveilla la douleur dans son bras blessé, le surprenant tellement qu'il laissa échapper un cri de ses lèvres. La douleur avait été comme un bruit de fond, jusque-là, oubliée lorsque l'ascenseur était tombé, mais maintenant, elle se faisait définitivement connaître.
« Raph ! Qu'est-ce qui ne va pas ? » Demanda Don d'un air inquiet, d'en-dessous de lui. Un liquide épais goutta sur son plastron et ses bras, et il fronça les sourcils, approchant sa main de son visage pour le sentir. Surpris, il éloigna sa main.
« Raph, est-ce que tu saignes ? »
Raph grogna pour toute réponse, ignorant la douleur afin d'ouvrir les portes. Il en avait assez, de cette cage d'ascenseur, et voulait juste sortir d'ici.
Le garage était sombre et inquiétant, mais Raph était content d'avoir un sol ferme sous ses pieds. Il rangea son Saï, se retournant pour aider Donnie à sortir du conduit. Donatello attrapa sa main, et ne la lâcha pas, même lorsqu'ils furent en sécurité et loin de l'ascenseur.
« Tu es blessé, » Dit Don ce n'était plus une question. Raphael pouvait être tellement buté, ne lui disant même pas qu'il avait été blessé.
« C'est rien, » Dit Raph, retirant son bras. Raph voulait retrouver Mikey et Leo, son bras pouvait attendre jusque-là.
« Ce n'est pas rien si tu saignes, » Dit Don, et le changement dans sa voix fit savoir à Raph qu'il en pourrait pas éviter les mains avides de Docteur Don. Il abandonna et grogna, attendant que Don sorte sa lampe de poche d'un des sacs.
« Bras gauche, » Marmonna Raph.
Don attrapa prudemment son bras, touchant le bord de la plaie. Après avoir vu la blessure, il le lâcha, mais lui envoya un regard noir dans l'obscurité. Sans un mot, il se dirigea vers leur camion de combat, le Battle Shell, stationné dans le garage, trouvant le kit de premiers secours qu'ils gardaient là. Il revint avec des bandages, fixant toujours Raph d'un regard noir. Il lui fit tenir la lampe de poche avec son bras indemne tandis qu'il traitait la plaie.
« Tu aurais pu me le dire, » Dit Don.
« On était pas mal occupé, là-dedans, » Fit remarquer Raph.
Ils restèrent silencieux tandis que Don travaillait, l'atmosphère lourde. Don ne disait rien, et Raph ne savait pas quoi dire. Ils étaient fatigués, agacés et inquiets, alors il était peut-être préférable de ne rien dire.
Après s'être occupé du bras de Raph, ils traversèrent le garage, écoutant le vent hurler et se préparant mentalement au froid. Quand ils arrivèrent à la sortie, Don éteint la lampe de poche, et s'agenouilla pour attraper le bas de la porte, jetant un regard à Raph quand il ne l'imita pas, même s'il ne pouvait pas vraiment le voir à présent que la lampe de poche était éteinte.
« Ecoute, Don… » Dit Raph, et Don sentit Raph attraper son bras, lui demandant implicitement de se relever. Don s'exécuta, ayant presque envie de rallumer la lampe pour voir le visage de Raph, tant celui-ci semblait sérieux.
« A propos de ce que j'ai dit. Que t'avais fait un travail merdique, » Commença Raph, d'un ton gêné. Don pouvait presque imaginer la tête qu'il faisait en parlant, et la façon dont il évitait son regard, même dans l'obscurité. Il ne pouvait voir que les contours du visage de Raphael. « Tu sais que je le pensais pas. Si tu ne nous avais pas emmenés ici, on serait probablement encore coincés dans les égouts sans moyens d'en sortir. »
Don pouffa un peu. C'était vrai qu'il s'en voulait, surtout que Raph avait probablement été blessé par la chute des câbles… ce qui avait été de sa faute. Maintenant qu'il y réfléchissait un peu plus, il savait que les câbles avaient presque certainement lâchés à cause du changement extrême de températures, comme il l'avait brièvement suspecté, mais il avait l'impression qu'il aurait dû le savoir. Il était toujours celui qui devait savoir.
« Je sais que tu ne le pensais pas, » Dit doucement Don, un peu amusé que Raphael s'inquiète à propos de ce qu'il avait dit, et prenne le temps de s'assurer que Don ne s'en veuille pas. Il savait que son frère ne le blâmait vraiment pas. Raph disait toujours un tas de choses sans réfléchir – ils savaient qu'il ne les pensait pas, mais parfois, cela faisait quand même un peu mal. « C'est juste difficile de ne pas avoir l'impression que c'est de ma faute. Mais on devrait probablement y aller, on- »
Raphael l'interrompit en l'enveloppant soudain dans ses bras. Don fut complètement pris au dépourvu, et pendant un instant, il ne sut pas quoi faire. Raph ? Lui faire un câlin ? Est-ce que le câble lui avait aussi frappé la tête ?
« J'ai cru que t'étais tombé, » Dit doucement Raph, et Don comprit immédiatement. Il plaça ses mains sur la carapace de Raphael, et lui rendit son étreinte.
« Je suis là, Raph, » Murmura-t-il contre l'épaule de son frère.
Ils restèrent immobiles un moment, se réconfortant mutuellement par la présence de l'autre. Ils passaient presque tous les jours à deux doigts de perdre l'un d'entre eux, mais parfois, c'était juste- quand Raph avait été plongé dans l'obscurité, et cru qu'il avait perdu Don- peu importe la fréquence à laquelle cela arrivait, ce n'était pas quelque chose à laquelle on pouvait simplement s'habituer. Ils s'en étaient sortis, tout ce qu'il restait était le chemin du retour. Mais ce n'était pas un assez grand réconfort – il avait besoin de tenir Don, ne serait-ce que pour un instant.
Un violent coup de vent à l'extérieur les fit se séparer, et ils reportèrent leur attention vers la porte.
« Okay, allons-y, » Dit Raph, voulant que le réconfort reste, mais que tout ce sentimentalisme soit oublié. Il grogna tandis qu'ils levaient la porte du garage, habituellement destinée pour que le Battle Shell sorte. La porte était lourde de neige et de glace, et pendant un instant, ils eurent peur qu'elle ne s'ouvre pas. Elle finit par le faire, et ils furent immédiatement accueillis par le vent. C'était similaire à recevoir une claque humide et douloureuse sur la joue, et ils se dépêchèrent de commencer le voyage. Ils étaient un peu choqués de la violence du temps, mais s'ils s'étaient attendus à ce que ce soit mauvais. Simplement… pas à ce point.
Il faisait déjà sombre, mais quelques-uns des lampadaires semblaient fonctionner. Ils ne pouvaient qu'espérer que leurs vêtements et le vent les cachaient assez bien. Aller sur les toits aurait été plus que stupide, le vent était assez fort pour les empêcher de sauter de toit en toit. Ils avaient rarement l'occasion de marcher dans les rues, et c'aurait pu être agréable sans la neige et le froid.
« Le trajet jusqu'à l'appartement d'April n'a jamais semblé aussi long, » Hurla Raph après qu'ils aient marché – ou plutôt pataugé la neige leur arrivait aux genoux – pendant un moment. Il lui fallait crier afin d'être entendu par-dessus le hurlement du vent.
Le froid commençait à se faire ressentir, et Don n'était pas sûr de ce qui les ralentissait le plus, la neige ou le froid. Il frissonna, et était sur le point de répondre à Raph, lorsque quelqu'un attrapa son bras et le fit se retourner.
« Toi, donnes-moi ton portefeuille, ou- » L'homme qui l'avait attrapé se tut lorsqu'il vit le visage de Don. Son écharpe couvrait la moitié de son visage, mais l'humain l'avait quand même reconnu.
« Tortue ! » Cria-t-il, surpris, et le groupe de malfrats derrière lui se saisirent de leurs armes. Certains d'entre eux avaient des tatouages violets sur le visage, révélant qu'ils étaient des Dragons Pourpres. C'aurait été dur de le savoir autrement, vu qu'ils portaient tous des habits épais et couvrants. Ce qui ne les rendait pas très intimidants.
« Sérieux, vous pouvez même pas faire une pause quand le ciel nous tombe sur la tête, les losers ? » Grogna Raph, jetant ses sacs sur le côté avant de saisir ses Saïs.
« Raph, on a pas le temps ! » Protesta Don en frappant le gars qui l'avait attrapé. Il dut malgré tout sortir sa propre arme lorsque le reste du gang attaqua.
« Tu veux que je fasse quoi, alors ? » Demanda Raph, déjà ravi à l'idée de combattre. Ils avaient été coincés dans le repaire trop longtemps à cause de la rudesse de l'hiver participer à un vrai combat lui avait manqué. Pas que les Dragons Pourpres ne posent un vrai challenge, mais, hé, c'était déjà quelque chose.
Il avait froid, et était fatigué, mais l'adrénaline déferlant soudainement en lui le lui fit oublier. Les Dragons Pourpres auraient mieux fait de rester bien au chaud à l'intérieur.
Trois des Dragons Pourpres furent facilement terrassés d'un mouvement du Bō de Don. Cependant, cela le fit presque tomber, la neige empêchant de se déplacer correctement, surtout qu'il portait toujours ses propres sacs. Le froid l'affectait également plus que les humains, tout comme Raphael, et Don se le vit prouver lorsqu'une chaîne s'enroula autour de son bras, le tirant violemment et l'envoyant dans la neige.
Raphael grogna, abattant un des voyous avec un coup de poing dans le visage. Il détestait les vêtements – ils ne faisaient que le ralentir. Un autre délinquant s'effondra, puis un troisième – de vrais lâches, essayant de voler les gens avec un groupe aussi énorme. La police avait sans doute beaucoup d'autres chats à fouetter avec un tel temps, alors ce gang pathétique en avait évidemment profité. Presque personne n'était dehors par ce temps, alors le gang avait probablement été sur le point d'entrer par effraction quelque part.
Il envoya un autre coup de poing, mais lorsqu'il jeta un regard à Don, il le vit à terre, les Dragons l'encerclant. Raph se précipita vers lui, mais fut arrêté par deux des voyous.
« Hors de mon chemin, » Grogna-t-il en guise d'avertissement, mais quelqu'un l'attrapa par derrière, le soulevant facilement du sol.
Il se débattit, essayant de bouger la tête pour voir qui avait été capable de le soulever. L'homme était presque aussi grand que Hun, et ne prêtait aucune attention aux tentatives de Raphael à le frapper. « Lâches-moi, bordel ! »
Don était parvenu à se relever en taclant les voyous les plus proches, mais il s'était pris quelques coups dans le processus. Sa lèvre saignait, et la chaîne était toujours autour de son bras, mais il avait réussi à assommer son utilisateur d'un grand coup de son bâton. Se lever et bouger lui étaient difficile à cause du poids additionnel. Heureusement, il était habitué à porter des choses en combat.
Presque la moitié des Dragons Pourpres étaient déjà hors d'état de nuire. Ils savaient que les tortues n'étaient pas si faciles à battre, pourquoi n'étaient-ils pas déjà en train de s'enfuir ? Est-ce que cela valait vraiment le coup de se battre par ce temps ?
Il obtint sa réponse quand il entendit Raph hurler de frustration, et qu'il se retourna pour le chercher du regard. Au début, il crut que celui qui tenait Raph était Hun- mais non, il n'était pas aussi énorme que lui. Mais apparemment, assez énorme pour soulever Raph du sol et l'écraser contre son torse.
Les arrogants membres du gang étaient faciles à battre à présent que Don était à nouveau sur pieds – quelques grands coups flanqués par son Bō, et ils s'écroulaient dans la neige. Cela ne prit pas longtemps, mais le temps qu'il en finisse avec eux, il pouvait entendre Raph hurler de douleur.
Quand il se précipita pour aider son frère, il vit que la situation avait changé le grand homme tenait Raph par son bras blessé, et enfonçait ses doigts dans la blessure que Raph avait obtenue plus tôt, dans la cage d'ascenseur.
« La pauvre petite chose était déjà blessée, » Sourit le gars. « Blessons-la encore plus. »
« N'y compte pas, » Cracha Don, et l'homme se retourna vers lui, le regardant d'un air surpris. Le Bō de Don siffla à toute allure vers sa tête, mais le gars parvint à l'attraper d'une seule main. Ce fut au tour de Don d'être surpris, et cela lui coûta cher l'homme resserra son emprise sur le Bō, l'arrachant des doigts gelés de Don avant de le jeter dans la neige.
« Une autre tortue, » Dit l'homme d'un air amusé. Il devait être nouveau, par ici.
Raphael profita du fait que l'attention de l'homme soit sur Don, et frappa le gars dans les côtes aussi fort qu'il le pouvait. Il fut libéré, mais l'homme ne fit que grogner, le coup ne l'ayant pas autant blessé que Raph l'aurait souhaité.
Raph s'éloigna de lui en trébuchant, ne voulant pas se faire à nouveau attraper. Si son bras l'avait fait souffrir auparavant, la douleur était à présent doublée. Il serra les dents, cherchant le Saï qu'il avait lâché. La neige rendait ses recherches difficiles, mais il finit par toucher le manche de son arme. Ses doigts étaient engourdis par le froid, mais il prit malgré tout l'arme avec son bras indemne.
Il faisait déjà sombre, mais les lumières des lampadaires vacillèrent soudainement, avant de disparaître complètement. A présent, ils étaient dans une obscurité presque totale, et Raph sourit, prêt à attaquer. Il n'en eu pas la chance lorsqu'une main à trois doigts saisit son bras indemne et le traina loin du combat.
« Hé ! » Il cria, mais suivit Don malgré tout. Il ne savait pas si Don avait été blessé, et il devait bien admettre que la douleur dans son bras n'avait pas l'air de se calmer. Ils couraient aveuglément dans la neige, mais ils étaient habitués à se déplacer dans l'obscurité. Les rues étaient familières, pas autant que les toits, mais ils réussirent à se repérer. De plus, la neige blanche était plus facile à voir que l'asphalte noire ne l'aurait été.
Ils ne savaient pas si quelqu'un les avait suivis le bruit du vent était assourdissant, à présent. Ils bifurquèrent dans une allée, retenant leur souffle pour tendre l'oreille. Personne ne venait.
« Allons-y, » Marmonna Raph. Il commençait à claquer des dents.
« Tu saignes à nouveau. On ne peut pas prendre le risque qu'ils nous suivent, » Dit Don, se félicitant d'avoir apporté les bandages avec lui. Il banda à nouveau la blessure de Raph, sentant son frère tressaillir sous ses doigts. Il compatit si quelqu'un enfonçait ses doigts dans sa blessure…
Raph grogna soudain. « Les sacs- je les ai laissés là-bas. »
« Peu importe, » Dit Don. « On est proche, rentrons. Je suis gelé. »
« Non, toi, vas-y. Je vais les chercher, » Argumenta Raph.
« Non, on ne se sépare pas maintenant, » Dit fermement Don. « Tu sais qu'ils nous cherchent. »
Raphael se retourna, repoussant la main de Don qui tentait de l'attraper. « J'ai pas fait tout ce chemin jusqu'au repaire pour rien. »
Raph se mit à courir, sachant qu'ils ne s'étaient pas trop éloignés de là où ils s'étaient battus, et espérant que les Dragons Pourpres aient décidé qu'il serait préférable de rentrer chez eux. Il ne savait pas si Don le suivait ou pas, il voulait juste attraper les sacs et se mettre à l'abri du froid. Il savait qu'il ne pouvait plus combattre, il pouvait à peine sentir ses doigts.
Maintenant qu'il s'était rapproché de l'endroit, Raph se déplaçait silencieusement, même s'il savait que le vent le cachait presque totalement. Il pouvait entendre les voyous parler, sortir leurs amis inconscients de la neige, mais personne n'avait touché aux sacs que Raph avait jeté sur le côté. Ils ne les avaient probablement pas encore remarqués, vu que même Raph dut les chercher un moment, tâtonnant à travers la neige, avant de leur mettre la main dessus. Il trouva même le Bō que Don avait lâché, et le prit avec lui.
Donatello ne pouvait pas croire que Raph avait décidé de faire demi-tour alors qu'ils étaient si près du but. Il trembla, frottant ses bras glacés. Il n'était pas gonflé à bloc par l'adrénaline autant que Raph, alors quand il restait immobile, le froid était d'autant plus violent.
« Stupide Raph, » Marmonna-t-il, commençant à courir à petites foulées après lui. « Je vous jure, je- mmfhp ! »
Quelqu'un plaqua une main sur sa bouche, et Don ne pouvait pas croire que ce soit la deuxième fois en si peu de temps que quelqu'un parvenait à se glisser derrière lui sans qu'il ne le remarque. Il leva son poing pour assommer son assaillant, mais sa main fut attrapée et forcée dans son dos, avant d'être douloureusement tordue. Il cria contre la main sur sa bouche, essayant de donner des coups de pieds, mais quand ce fut aussi inutile, il comprit que c'était l'énorme gars de tout à l'heure qui le tenait.
« Je savais que tu serais dans les parages, » Rit l'homme à l'oreille de Don, le forçant à tourner la tête. « Où est l'autre ? »
La main disparut de sa bouche, mais Don ne dit rien, se contentant de lutter contre son emprise.
« Très bien, on va simplement attendre. »
Raph était sur le chemin du retour, courant non pas parce qu'il pensait en avoir la force, mais parce qu'il était certain de geler autrement. Don ne l'avait pas suivi, ce qui étonnait Raph. Enfin, ils n'avaient aucune idée de comment allaient Mike et Leo, alors Raph comprenait pourquoi il avait décidé de le devancer chez April. Est-ce qu'il avait aussi mentionné qu'il faisait un froid d'enfer ? Enfin, enfer n'était peut-être pas le bon mot. Mais il comprenait le choix de Don. Peut-être était-t-il simplement trop habitué à ce que quelqu'un le suive quand il décidait de partir en coup de vent.
Raphael emprunta un raccourci qu'il avait manqué plus tôt, quand ils couraient aveuglément. Cela le fit arriver plus rapidement chez April.
Il n'y avait pas d'empreintes de pas devant le magasin d'April. Raph jeta un œil derrière lui pour voir à quelle vitesse ses propres empreintes se faisaient recouvrir par la neige tombant sans relâche. Pas assez rapidement pour que les empreintes de Don aient disparu aussi vite. Don était-il toujours dehors, le cherchant, ne sachant pas que Raph avait emprunté le raccourci ? Raph se passa une main sur le visage Don pouvait toujours être là-bas, pensant que les voyous devaient l'avoir vu. Don pouvait se retrouver accidentellement impliqué à nouveau avec le gang s'il pensait que Raph avait commencé un nouveau combat. Il regarda la rue derrière lui, plongée dans l'obscurité. Elle n'avait jamais semblée plus sombre et longue.
« Bon sang. Merde, » Jura Raph, pataugeant vers la porte du magasin. Il allait juste vérifier comment allaient Mikey et Leo, et poser les sacs, puis il irait chercher Don-
La porte était ouverte. Toujours pas d'empreintes fraiches, alors ça ne pouvait pas être Don. Mais la porte était ouverte, et il n'y avait pas moyen que ses frères l'aient juste laissée ouverte. Ça signifiait qu'ils étaient partis en catastrophe, ou bien que quelqu'un était entré par la force. Et s'ils étaient partis, ils étaient toujours dehors, ce qui voulait dire que ses trois frères étaient tous dehors, quelque part, dans le froid. Et s'ils n'étaient pas partis, cela signifiait qu'ils n'avaient pas pu fermer la porte.
La gorge de Raph se serra douloureusement à la pensée de ces deux options – penser à un Leo fiévreux, incapable de se défendre, ou à Mikey, faisant face seul aux intrus-
Il donna un grand coup de pied dans la porte, la faisant s'ouvrir complètement, tâtonnant le mur à la recherche de l'interrupteur. Il le trouva, mais aucune lampe ne s'alluma. Il jura derechef, attrapant sa lampe de poche et regardant autour de lui. Le vent avait fait entrer de la neige, et une petite quantité avait fondu en flaques d'eau. Il suivit l'eau à l'intérieur, et vit la pile mouillée que constituaient les vêtements de Mikey. Ils étaient un peu déchirés – on les avait enlevé avec empressement. Merde, si Mikey était dehors sans ses vêtements…
L'appartement était silencieux, il était impossible qu'il y ait quelqu'un ici, plus maintenant. A moins que les intrus aient su qu'ils étaient quatre en tout, et attendaient à présent à l'étage pour attaquer le reste. Si quelqu'un était là, il savait qu'ils l'avaient entendu frapper la porte, alors il n'avait plus l'effet de surprise.
« Mikey ! » Hurla-t-il en se précipitant dans les escaliers d'un pas lourd. « Leo ! »
« Qu'est-ce qui lui prends autant de temps ? » Demanda l'homme en frissonnant. Il s'était abrité dans une allée plus étroite, parvenant ainsi à échapper au vent. Les mains et les jambes de Don avaient été ligotées, et il était allongé dans la neige à côté du grand gaillard. L'homme était appuyé contre le mur de l'allée, jurant lorsque le vent ne le laissait pas allumer sa cigarette. Il gardait son autre jambe par-dessus Don, frappant occasionnellement sa carapace d'un coup de pied, par simple ennui. Don était sur le côté, et à chaque fois que l'homme le frappait, il tombait sur son plastron. Il luttait alors pour se remettre sur le côté, car autrement, il devrait garder la tête enfoncée dans la neige. Non merci, il avait déjà assez froid.
En fait, il avait tellement froid qu'il ne pouvait plus sentir ses doigts, ou grand-chose d'autre, en fait. C'était pour cela qu'il avait abandonné ses tentatives d'échapper des cordes, ses doigts étant simplement trop engourdis pour être utilisés pour quoi que ce soit.
Etre allongé dans la neige le rendait également somnolent. Il en était arrivé au point où il ne tremblait même plus, et ne faisait que se répéter en boucle Ne t'endors pas, ne t'endors pas dans sa tête. Il était fatigué, mais il savait que le froid était la raison pour laquelle ses paupières semblaient si lourdes. S'il s'endormait, il ne serait plus capable de maintenir sa tête hors de la neige, et cela signifierait qu'il tomberait en hypothermie. Enfin, à ce train-là, il sera bientôt en hypothermie de toute façon, si ce n'était pas déjà le cas, mais rester éveillé lui donnerait plus de temps. Du temps pour quoi ? Pour que Raph vienne le sauver ?
Il se posait la même question que l'homme qu'est-ce qui prenait autant de temps à Raph ? Est-ce qu'il avait été pris dans un nouvel affrontement ? Si c'avait été le cas, et qu'il avait perdu, l'homme qui le tenait en aurait été informé. Si c'avait été le cas et qu'il avait gagné, il serait bientôt là.
Don fut à nouveau projeté sur son plastron, et laissa échapper un petit grognement. Il commença à se débattre dans la neige, en ayant assez, et voulant revenir à sa position précédente pour sortir sa tête de la neige. Mais la jambe sur sa carapace ne se leva pas, alors il dut se résoudre à endurer le froid se pressant contre son visage.
« Hum, » Marmonna Don. Il ne savait même pas quel était le but de l'homme il était évident qu'il l'utilisait comme appât pour attirer Raphael, mais ensuite quoi ? Il les tuerait ? Pourquoi est-ce qu'il n'avait pas déjà tué Don ? Est-ce qu'il allait les amener quelque part, au clan des Foot, peut-être ?
« Je ne voudrais pas me plaindre, mais- » Commença Don, relevant la tête pour parler, mais le gars leva sa jambe de sa carapace pour la presser à l'arrière de son crâne à la place, et son visage s'enfonça un peu plus dans la neige. Don pinça ses lèvres et ferma les yeux afin d'empêcher la neige d'y entrer, grimaçant quand le froid de la neige lui piqua le visage.
« Je commence à penser qu'il va pas revenir pour toi, » Dit le gars, repoussant la tête de la tortue encore plus profondément dans la neige. « Je suppose que le froid l'a poussé à rentrer. Peut-être qu'il réessaiera au Printemps. » L'homme releva sa jambe, s'éloignant du mur. Don releva la tête, haletant et envoyant un sale regard au Dragon Pourpre.
« Ils te trouveront pas avant, de toute façon, » Ajouta-t-il, riant un peu en projetant de la neige sur Don avec son pied. Don tourna la tête, ne s'embêtant pas à répliquer. Raph viendrait.
Avant le Printemps, il l'espérait.
