Et sinon, j'ai commencé à publié une nouvelle petit fic (sur le fandom d'HQ), des chaps très courts et je pense la mettre à jours 2x semaines, elle sera vraiment régulière celle-ci puisque hé, faut pas déconner, elle est tellement plus simple à écrire que celle-là mais j'tiens le bon bout !
(mais oui, j'tiens trois fics (1 sur SNK) en même temps et c'est pour ça que celle-ci n'avance pas aussi vite qu'elle le devrait et OUI je sais que vous me détestez pour ça ok ?)
Bonne lecture ! :D
Dimanche 20 novembre
Fatigué et las, Matsukawa s'arrêta devant la porte de l'appartement de son amant. Il était venu sans réfléchir, sans prévenir non plus. Il était censé passer son dimanche "en famille". Famille qu'il n'avait plus vraiment.
Le cœur au bord des lèvres, il ouvrit la porte, qui n'était même pas fermée à clef et entra. La différence de température avec l'extérieur le fit frissonner. La fragrance de bois et le parfum d'Hanamaki lui chatouillèrent les narines, tandis que la télé du salon chuchotait jusqu'à lui.
Il s'avança sans bruit, jusqu'à apercevoir les pieds de son amant dépasser du canapé. Ce dernier ne s'était même pas relevé à son arrivée.
Il s'approcha silencieusement du sofa et observa son visage. Il dormait comme un bienheureux, le visage décontracté, la respiration régulière.
Matsukawa se mordit la lèvre, baissa la tête, ferma les yeux et colla son front contre le dossier. Il en avait marre.
Une main se posa dans ses cheveux et commença à jouer avec ses mèches. Il resta ainsi quelques minutes, avant de briser le silence.
— Je croyais que tu dormais.
— L'odeur de ton shampooing m'a réveillé.
— Tu te moques de moi…
Il entendit le sourire d'Hanamaki dans sa réponse :
— Même pas. J'adore tes cheveux, tu sais ?
D'un geste souple, il se dégagea, passa par-dessus le canapé et s'allongea sur son amant. Il posa sa tête aux creux de son cou et soupira. Lui, il adorait l'odeur de sa peau.
Hanamaki reprit ses caresses, apaisantes. Matsukawa tenta d'arrêter de penser, de réfléchir, rien n'y fit.
L'homme qu'il avait entre ses bras était peut-être un meurtrier, un mafieux, les mains couvertes de sang. Il le trompait probablement et allait le tuer un jour si c'était le cas. Même s'il n'avait rien pour le prouver, il avait vu deux fois Hanamaki partir à des horaires étranges, avec des prétextes idiots. Bien évidemment, il n'avait jamais pu le suivre à ces moments-là.
Est-ce qu'il le tuerait s'il arrivait à connaître la vérité ? Probablement. Très probablement.
Matsukawa serra les dents.
Hanamaki le sentit.
— Qu'est-ce qui ne va pas ?
"Mon patron veut que je te fasse tomber en deux semaines, je m'y refuse et je réfléchis sérieusement à mourir de ta main en me disant que ça ne doit pas être si terrible...", pensa Matsukawa.
Les larmes lui montèrent aux yeux à sa propre pensée moqueuse.
Il entoura les épaules d'Hanamaki et se serra un peu plus fort contre lui. Ce dernier lui rendit son étreinte en fronçant les sourcils :
— Hé, Mattsun…
Ce surnom stupide. Il n'y avait qu'Hanamaki qui pouvait l'appeler ainsi.
D'un geste réconfortant, il glissa ses mains dans son dos tandis qu'il fourrait son nez dans sa chevelure ébène.
— Tu ne veux pas me dire ce qu'il se passe ? demanda-t-il à nouveau.
Matsukawa resta silencieux quelques secondes, avant de prendre une grande inspiration et de se relever un peu.
— Rien, le taf. Je…
Une pause.
— Tu ?
Nouveau souffle :
— Je vais essayer de le quitter, je pense.
Voilà. C'était dit. Hanamaki ne comprendrait certainement pas l'allusion à sa double vie, mais Matsukawa venait enfin d'avouer à haute voix ce qu'il voulait depuis plusieurs mois désormais : retrouver une vie normale, quitter la police, quitter ce monde de mensonge. Tout arrêter.
Hanamaki le considéra quelques instants et le reprit dans ses bras en riant.
— Alors t'attends quoi pour le faire ? sourit-il : après tout, on a qu'une vie, c'est con de te prendre autant la tête pour ça ! Trouve-toi quelque chose qui te plaît plus et pose ta démission ! Oh, tu peux même faire l'inverse… D'ailleurs, qu'est-ce que tu aurais envie de faire à la place ? C'est vrai que le travail de bureau doit être chiant… Je ne pense pas que j'arriverai à faire ça un jour. C'est étonnant que tu aies tenu jusque-là !
Matsukawa sourit au monologue de son amant. Il haussa les épaules et tenta de s'asseoir, sans succès, il était pris au piège des bras d'Hanamaki.
— Tu ne veux pas me lâcher ?
— Etrangement… Non, plaisanta Hanamaki.
— Même si j'ai soif ?
À la question, il l'observa quelques secondes avant de répondre :
— Pour ce cas-là, exceptionnellement, je peux aller te chercher un verre…
— Tu sais que proposé comme ça, je vais accepter.
Ils se sourirent mutuellement et Hanamaki se leva :
— Qu'est-ce que je te sers ? Sachant que nous sommes dimanche… En fin d'après-midi… Une tisane ou un whisky ?
Matsukawa grimaça.
— Tu veux savoir si tu sors avec un vieux ou avec un jeune, c'est ça ?
Il lui tira la langue en guise de réponse, alors Matsukawa reprit :
— Je veux juste de l'eau.
— Quel choix si plat ! Tu m'as habitué à mieux.
— Parce que tu prendrais quoi, toi ?
— Oh, j'ai vécu ma journée comme un petit vieux, donc après ma sieste, c'est une tisane qu'il me faut !
Matsukawa s'adossa au canapé et s'étala un peu plus dans ce dernier tout en gardant son regard sur le dos de son amant. Il se déplaçait fluidement, connaissant par coeur sa cuisine et ses rangements. Quelques minutes après, il revint avec deux thés et un verre d'eau.
— Ne te plains pas si je ne le bois pas…
Hanamaki lui sourit avant de répondre :
— C'est un spécial détente, alors je suis certain que tu vas le boire.
Matsukawa haussa un sourcil, Hanamaki reprit :
— Mais je peux faire autre chose pour te détendre si tu le souhaites…
— Non merci.
D'un geste théâtral, Hanamaki s'allongea sur le canapé, la main sur le cœur.
— Ça y est, le feu de nos débuts s'est éteint… Ô désespoirs ! Quelle tristesse !
Matsukawa tenta de cacher son rire, sans succès. L'œil vif, Hanamaki ne le rata pas et arrêta ses manières pour l'observer.
— Heureux de m'avoir fait rire ? lâcha Matsukawa.
— Je te trouve magnifique quand tu ris.
La réponse le prit de court. Il sentit ses joues rougir bêtement tandis qu'il piquait le nez dans son thé. Finalement, Hanamaki avait raison, il allait le boire. Mais pas tout de suite. Il reposa sa tasse, s'approcha de son amant et le bascula sous lui.
Hanamaki passa ses bras autour de ses épaules à son tour.
— Si ça peut te rassurer, commença Matsukawa : Je te trouve magnifique tout court.
— Ohoh… Serait-ce une déclaration ?
Ils se fixèrent quelques instants, les yeux dans les yeux. Ils n'y en avaient jamais eu réellement. Le côté provocant d'Hanamaki revint au galop. Ça y est, il avait un nouvel objectif, poussé Matsukawa à lui déclarer sa flamme en premier.
— Je sais exactement à quoi tu penses, lâcha ce dernier.
— Vraiment.
— Oui, et tu peux rêver.
— Tu sais, je rêvais d'être dans tes bras et j'y suis alors…
— Tu es le premier qui à craquer, objecta Matsukawa.
— Je n'en suis pas aussi certain que toi.
Matsukawa se rassit à la remarque et reprit son thé. Il souffla dessus sous le regard amusé d'Hanamaki. Maintenant qu'il avait un nouveau jeu en tête, rien n'allait l'arrêter ! Mais pour aujourd'hui… Il pourrait attendre. Il n'avait aucune raison de se presser.
— Maintenant que tu es là, je te garde à dîner et pour moi toute la nuit, lança-t-il en se levant. Il retourna dans la cuisine et observa ce qu'il lui restait dans son réfrigérateur.
Matsukawa le rejoignit et s'accouda à l'îlot central. Comme s'il pouvait refuser une soirée avec Hanamaki. Ce dernier continuait de fouiller dans ses tiroirs pour trouver de quoi les sustenter alors que Matsukawa repartait dans ses pensées.
Tandis que la télé crachotait, il observait son homme, son nouvel amour. En fin de compte, ce n'était pas la chaleur de cet appartement qui le réchauffait, mais Hanamaki. Son sourire, ses bras, ses blagues, ses demandes, son corps, son odeur… Sa vie le faisait mourir à petit feu, cette rencontre l'avait ranimé, lui donnait l'espoir de quelque chose de normal, de possible.
— Hum… Bon, eh bien, soit on commande pizza, soit c'est le classique pâte bolo'… lança Hanamaki en se retournant.
Oui, une vie commune, un quotidien sans surprise, peut-être qu'il pourrait en avoir un. Peut-être qu'il pourrait abandonner tous ses cauchemars, ses faux-semblants, cet horrible passé et ses choix douloureux.
Peut-être qu'avec Hanamaki, tout ça serait possible ? Peut-être qu'il pourrait réellement l'aimer ? Et profiter d'une vie entière, ordinaire.
Son cœur se serra, tout comme son estomac.
— Issei ?
Il releva les yeux, la vision floue.
Une pointe d'inquiétude perça dans la voix d'Hanamaki :
— Pourquoi tu pleures ?
