Quelqu'un gravissait les escaliers – rampait le long des marches, faisant traîner ses longues griffes pointues contre la rambarde de métal, l'horrible écho faisant siffler ses oreilles. Il tenta de reculer, voulant, devant y échapper, mais son corps résista. Ses muscles semblaient lourds, comme si quelque chose l'empêchait de bouger, comme si quelqu'un était assis sur sa poitrine, rendant sa respiration impossible. Il brûlait, sa peau était en ébullition - il leva une main et vit la peau fondre, ne laissant visible que ses muscles à nu. Il essaya de crier, mais aucun son ne sortit – seulement la douleur, la douleur dans ses poumons, la douleur partout tandis que le monstre respirait, penché au-dessus de lui, lui volant le reste de son air-

« Leo ! »

Pas de monstre, seulement Raphael hurlant son nom, le maintenant au sol tandis qu'il se débattait. La pièce était plongée dans la pénombre, une faible lumière émanant de quelque part, mais cela n'avait pas vraiment d'importance. L'impression de danger s'effaça, estompée par la présence de Raphael. La peur disparut, mais il ne pouvait toujours pas respirer. Raph avait l'air si effrayé, le regardant avec des yeux écarquillés – Mikey était à côté de lui, s'accrochant au bras de Raph, son visage enfoui contre son épaule. C'était suffisant pour que Leo oublie tout le reste, sa propre incapacité à respirer incluse, et il tenta de se concentrer sur les yeux de Rap. Il avait besoin de savoir ce qui n'allait pas, pourquoi Raph était effrayé – mais ses vertiges le submergeaient, tout devenait flou, ses poumons le suppliant de leur donner de l'air.

« -Je suis désolé, Raph- Je savais pas quoi faire, je- »

Des excuses. Mikey s'excusait pour quelque chose, et Leo voulait le regarder et lui demander ce qui n'allait pas, tout autant qu'il voulait savoir pourquoi Raph appelait à nouveau son nom, la panique toujours présente dans sa voix. La voix de Raph n'était jamais paniquée, quelque chose ne tournait vraiment pas rond, ses frères avaient besoin de lui – et pourtant, tout ce qu'il pouvait faire était fermer les yeux, sa vision tournoyant et le rendant trop nauséeux pour les garder ouverts.

Les sons qui l'entouraient se brouillèrent, bloqués par le bourdonnement présent dans ses oreilles, et pourtant, il pouvait encore deviner la longue litanie d'injures qui sortait de la bouche de Raph. Leo se sentit être soulevé, sentit une main derrière sa tête, de la même manière que Don l'avait maintenue tout à l'heure – et Leo réalisa qu'il n'avait pas entendu la voix de Don. Don n'était pas là. Si quelque chose lui était arrivé-

Son corps fut penché vers l'avant, et une quinte de toux douloureuse quitta sa gorge. C'était une amélioration, malgré la souffrance – il n'avait toujours pas d'air, mais à présent, sa gorge n'était plus bloquée, et dès qu'il parvint à arrêter de tousser, il put enfin faire entrer de l'air dans ses poumons. C'était supposé être un soulagement, mais c'était tout sauf ça. Ses poumons et sa gorge le brûlaient – tout le brûlait. Il grinça des dents, respirant trop vite, mais au moins, il respirait.

Il bascula en arrière afin de reposer sa tête sur le sol et Raph le laissa faire, continuant malgré tout à le tenir fermement. Leo ouvrit les yeux, regardant Mikey et détestant à quel point il semblait effrayé. Mais il était là, et ne semblait pas blessé. Son regard se déplaça sur Raph, et il vit de l'inquiétude accompagnant la peur qu'il avait entendue plus tôt. Mais cela ne dura qu'une seconde – Raph cacha ses émotions dès que leurs yeux se rencontrèrent.

Raph semblait épuisé, Leo continuant de fixer son visage d'un regard fatigué. Il n'eut pas le loisir de l'observer bien longtemps avant que Raph ne pose sa tête contre son torse, le serrant doucement dans ses bras. Raph portait encore ses vêtements, mais le tissu mouillé ne gênait pas Leo. Raph était froid malgré le fait qu'il porte une veste, il était donc évident qu'il venait de rentrer. Leo avait encore chaud, alors quoi que ce soit de froid contre son visage était plus que bienvenu.

« Mon dieu, Leo, » Murmura Raph en resserrant son étreinte. Leo resta immobile dans ses bras, n'ayant toujours pas le contrôle de ses membres. Il se contenta de gémir contre la veste de Raph, sa respiration haletante et saccadée, ce qui poussa Raph à le serrer encore plus fort contre lui.

Raph avait eu assez de frayeurs pour aujourd'hui – d'abord Don, puis revenir dans l'appartement pour y trouver Mikey et Leo allongés sur le sol. Son cœur était tombé au fond de son estomac, et s'y trouvait probablement toujours. Mikey s'était réveillé lorsqu'il l'avait secoué, et s'était précipité dans ses bras en commençant à marmonner des propos incohérents portant sur le froid et les médicaments et Leo – Leo avait été si surpris, lorsqu'il était parvenu à le réveiller, qu'il avait commencé à convulser, essayant de crier, mais sans qu'aucun son ne sorte de sa bouche. Et il s'était écoulé tellement de temps avant qu'il ne parvienne à respirer de nouveau. Les minutes n'avaient jamais semblées aussi longues.

« Juste… mon dieu. »

Il entendit un changement dans la respiration de Leo, et suspecta qu'il s'était évanoui sous le coup de l'épuisement. Mais il respirait plus facilement, à présent, et Raph continua à le serrer dans ses bras, soulagé de sentir sa poitrine se soulever et s'affaisser. Mais il savait qu'il ferait mieux de ne pas soupirer de soulagement ; pas moyen qu'il s'agisse d'une fièvre normale. Ils avaient besoin d'antibiotiques ou de quelque chose – non, ils avaient besoin de Don.

Raph se tourna vers Mikey, gardant son bras autour de Leo. Habituellement, Mikey n'aurait pas arrêté de le taquiner sur le fait qu'il tenait Leo dans ses bras, maintenant que le danger était passé, mais Mikey semblait vraiment choqué par tout cela. Leo leur avait tous les deux fait peur, mais quelque chose n'allait pas. Mikey s'était excusé, tout à l'heure, mais il n'avait alors pas eu le temps de se concentrer sur ses mots.

« Ça va, Mike ? » Demanda Raph en glissant ses mains sous le corps de Leo afin de le soulever et le poser sur le canapé. C'était un meilleur endroit pour un malade. A quoi jouaient-ils, à rester allongés immobiles sur le sol ? Ils avaient pas mal de choses à expliquer.

« O-ouais, » Répondit Mikey d'une petite voix, n'ayant vraiment pas l'air d'aller bien. Raph lui offrit une main pour l'aider à se relever, et Mikey la saisit. Une fois qu'il fut sur pieds, Raph plaça une main sur son épaule, fronçant les sourcils à la froideur de sa peau. En regardant convenablement son frère, Raph remarqua la bosse sur sa tête. Mais qu'est-ce qu'il s'était passé, ici ?

« Tu n'as pas l'air d'aller bien, » Dit Raph. Merde. Il avait besoin d'explications, devait s'assurer que Mikey allait vraiment bien – mais il devait aller chercher Don. « Contente-toi de t'asseoir, je reviens vite- »

« Reviens ? »

« Don est toujours dehors, » Raph essaya de pousser Mikey dans une des chaises aux alentours, mais Mikey repoussa ses mains, le fixant avec des yeux écarquillés. Raph n'aimait pas ce regard, ne voulait pas laisser Mikey seul quand il était dans cet état, mais il n'avait aucun autre choix. « Je ne sais pas pourquoi il n'est pas encore là, et je dois- »

« Tu ne vas pas encore t'en aller, » Refusa immédiatement Mikey. « Est-ce que tu sais comment- »

« Don est dehors, Mikey ! Et c'est de ma faute si on a été séparés- »

« Emmène-nous avec toi, ou quelque chose comme ça, mais t'en va pas- »

Raphael eut un rire sec. Les emmener avec lui ? « Mikey, est-ce que t'as vu Leo- »

« Si je l'ai vu ? Oh oui, je l'ai vu – Je l'ai vu me traîner tout en ayant une putain de fièvre qui le rends incapable de respirer, et tout ce que j'ai fait a été de m'effondrer sur lui et tomber dans les pommes, et quand je me suis réveillé, je ne pouvais même pas le faire bouger du sol, je ne lui ai même pas donné de médicaments, je- je ne savais pas si Don et toi alliez bien, vous ne répondiez pas au téléphone, pourquoi ne répondiez-vous pas au téléphone- »

Mikey colla ses mains contre son crâne et gémit. Son soudain emportement avait réveillé la douleur dans sa tête. Raph fut un peu pris de court par la manière dont Mikey avait craché ses mots, et reposa une main prudente sur son épaule.

« Mikey, je suis désolé, » Dit Raph avec précaution en rapprochant le cadet de lui. « Je suis désolé qu'on ait pas répondu. » Mikey entoura Raph de ses bras, lui faisant un câlin. Voir Leo se débattre de cette façon en gémissant de douleur – c'était quelque chose que Mikey n'avait encore jamais vu auparavant, et il pouvait toujours sentir l'arrière-goût de la peur qui l'avait saisi. Il ne voulait simplement pas qu'on le laisse à nouveau seul, pas lorsque Leo était dans cet état. Et s'il avait à nouveau des difficultés à respirer ? Que pouvait-il faire ?

« … Non, c'est moi qui suis désolé, » Soupira Mikey après un moment de silence, lâchant Raph avec hésitation. « Tu as raison. Il faut que t'ailles chercher Don. » Il détestait ça, mais il savait que Raph avait raison. Il fallait qu'il parte.

« Hé, ça ira, Don saura quoi faire, » Raph essaya de réconforter Mikey, lui tapotant brièvement la carapace avant de se détourner, réfléchissant déjà au temps qui s'était écoulé depuis la dernière fois qu'il avait vu Don. Où pouvait-il être ? S'il était encore dehors, laissé seul dans le froid avec les Dragons Pourpres déambulant dans les rues – la culpabilité le frappa violemment, mais mieux valait bouger au lieu de rester là à culpabiliser.

Raph jeta un regard à la fenêtre et grimaça ; le vent hurlait, faisant même trembler les vitres. La dernière chose dont il avait envie était de ressortir, mais il était encore pire d'imaginer que Don soit encore dehors. Raph se pencha pour ramasser la lampe de poche qu'il avait lâchée un peu plus tôt, lorsqu'il réalisa quelque chose.

Il se précipita vers les sacs qu'ils avaient amenés avec eux tout à l'heure, fouillant l'un d'entre eux à la recherche de son téléphone, tentant de se souvenir d'où il l'avait laissé.

« Raph ? » Demanda prudemment Mikey en essayant de voir ce qu'il faisait.

« J'essaie de trouver – merde, il est pas là – Mikey, où est ton portable ? »

« Oh, il est là, et le tien aussi, » Dit Mikey en jetant un regard accusateur à Raph. Il n'avait pas le temps de se sentir coupable pour avoir oublié son portable, alors Raph se contenta de le prendre des mains de Mikey avant de l'allumer, espérant que Don avait suffisamment chargé son téléphone pour qu'il soit encore allumé.

Quatre petits points apparurent sur l'écran. Trois d'entre eux étaient ensemble, et le quatrième était proche, à seulement quelques rues d'ici. Raph s'autorisa enfin à être soulagé – avant de se rendre compte que le point ne bougeait pas.

Non, s'il-vous-plaît, si le point était immobile parce que Don avait accidentellement fait tomber son portable-

Une seule façon de le savoir.

« Reposes-toi, Mikey. Si l'état de Leo change, tu peux m'appeler, maintenant, » Raph leva son téléphone pour prouver à Mikey qu'il l'avait vraiment, cette fois. Il ne mentionna pas le fait que le signal de Don ne bougeait pas. Je n'en aurai pas pour longtemps. »

Mikey tressaillit, détournant la tête. Raph était confus ; ils savaient tous les deux qu'il devait y aller. « Ecoutes, Mikey, tu sais que- »

« C'est pas ça, » Dit doucement Mikey. « C'est ce que Don a dit quand vous êtes partis, la dernière fois. »

Raph resserra sa prise sur son portable, fixant le point immobile.

« Ça ne prendra pas longtemps, » Répéta-t-il plus fermement. C'était ce qu'il espérait.

Sur le chemin, il composa le numéro de Don, priant pour qu'il réponde. Il était possible que Don soit encore en train de l'attendre là-bas, ne comprenant pas pourquoi Raph ne revenait pas, ou s'abritant simplement du froid – mais Raph savait que Don ne serait pas resté stationnaire aussi longtemps. Mais il devait imaginer des pensées réconfortantes, ou bien l'inquiétude le rendrait fou.


Le portable de Donatello sonna, et la sonnerie n'était rien d'autre qu'une série de bips pathétiques noyés par le bruit du vent. Don l'entendit malgré tout, mais ne réagit d'aucune façon. Le Dragon Pourpre s'était lassé d'attendre, et avait dit qu'il ne voulait pas s'embêter à l'achever. Il avait dit que le froid ferait le sale boulot, et Don commençait à présent à le croire. Personne ne le trouverait.

Ses yeux n'étaient qu'à moitié ouverts, et ici, dans la ruelle, la neige n'était pas directement soufflée dans son visage. Non, elle tombait doucement sur lui sous la forme de magnifiques flocons, qui rendaient au moins sa lente fin agréable à regarder. Pas qu'il y ait qui que ce soit pour regarder, mais au moins, Don pourrait dire à ses frères que la neige avait été jolie. A quoi pensait-il ? Il ne parlerait plus jamais avec ses frères. S'il mourrait ici, il ne ferait plus jamais rien.

Son esprit embrumé ne réalisait pas cela, évidemment. La seule chose qui lui traversait l'esprit était Ne t'endors pas, même maintenant. Il se répétait toujours ce refrain, le jouant dans son esprit comme un disque rayé. Raph arrive lui traversait aussi occasionnellement l'esprit, et lorsque cela arriva à nouveau, il sourit amèrement. Oh Raph ne viendrait pas. Personne ne viendrait. C'était une pensée amère que de savoir que quelque chose comme le froid pouvait les achever si facilement.

Il était trop gelé pour sentir son corps, même son visage était engourdi. Il décida de reposer ses yeux un moment.

Mais dès qu'il le fit, il entendit des cris, une voix exigeante – il n'avait pas envie d'ouvrir les yeux. Le sommeil était si proche, ne l'avait-il pas combattu assez longtemps, à présent ? Quelqu'un l'attrapa et Don grogna – si le Dragon Pourpre était revenu, juste pour lui enfoncer la tête dans la neige une nouvelle fois-

« Don, allez, ouvre les yeux. Allez, » Raph était en train de lui parler, et Don se sentait un peu stupéfait. Il ouvrit lentement les yeux, cillant en direction de son frère. Ouais, c'était vraiment Raph.

« T'es venu, » Croassa-t-il, sentant Raph essuyer la neige fondue sur ses joues.

« Bien sûr que oui, » Souffla Raph. Don avait-il pensé le contraire ? Raph se maudit de n'être pas revenu avant. Non, il se maudit d'être parti pour commencer. Pourquoi n'écoutait-il jamais ?

Don essaya de lutter contre ses liens, mais ses mains bougèrent à peine. Elles étaient trop engourdies. Raph remarqua le léger mouvement, et se déplaça pour couper les cordes. Cela prit du temps, à cause du fait qu'elles soient aussi gelées, et en les sciant, il eut le temps de jurer et de marmonner quant à la façon dont il tuerait chacun des Dragons Pourpres – et pendant qu'il travaillait, Don avait laissé ses yeux se refermer. Raph était là, et Don se sentit mal d'avoir pensé qu'il ne viendrait pas – Raph venait toujours. Leo n'était pas le seul grand frère à veiller sur lui.

La présence de Raphael le poussa dans un faux sentiment de sécurité, son corps commençant à se relâcher puisqu'il n'était plus seul. Ses pensées commencèrent à se brouiller tandis qu'il succombait au sommeil, il-

« Don ! Ne t'endors pas, ne- Don ! »

Des mains sur ses joues, le secouant, l'embêtant-

« 'Suis occupé, » Marmonna Don, essayant de détourner la tête. Raph laissa échapper un rire étranglé, le secouant encore plus fort.

« Occupé ? Ouais, et tu fais quoi ? »

« C'pas tes affaires, » Continua Don, balbutiant à cause du froid. Les secousses ne cessèrent pas, alors il dut ouvrir les yeux, et il jeta un regard noir à celui qui l'empêchait de dormir. Ah, c'est vrai, c'était toujours Raph.

« Je te l'ai dit, » Dit Raph en faisant se redresser Don en position assise dans la neige. « Tu es pire que Mikey sans ses comics quand quelque chose t'empêche de dormir. »

Don ne pouvait pas se rappeler de ce à quoi Raph faisait allusion, mais ça devait être drôle vu que Raph souriait. Cela ne dura pas ; Don grogna. Bouger le faisait souffrir.

« Tu es glacé, » Dit doucement Raph en lui massant les bras. « Essaie de bouger tes doigts. Il faut que le sang se remette à circuler… »

Don essaya, mais cela faisait mal, alors il arrêta. « Je peux pas, » Dit-il en refermant les yeux.

« Je sais que ça craint, mais il le faut, » Continua Raph en aidant Don à s'asseoir contre le mur avant de bouger pour les frotter les jambes. Il fronça les sourcils. « Don, qu'est-ce qui s'est passé ? Tu étais attaché – si c'est un piège, alors il est plutôt lent. »

Don haussa les épaules, ou du moins, essaya. Ses muscles froids protestaient même contre ce petit mouvement. Il ne pouvait pas s'en souvenir – non, attends, il le pouvait. « Il m'a dit que le froid finirait le travail. »

Raph grogna. La ruelle étroite était préférable comparée à la rue où le vent soufflait de toutes ses forces. C'était probablement la seule raison pour laquelle Don n'était pas en hypothermie profonde. Don grinça des dents. Encore une fois, il avait presque perdu Don, et cette fois-ci, c'était complètement de sa faute. La culpabilité revint, et ce sentiment était pire que le froid.

« Je connais ce regard, » Dit faiblement Don. Raph n'avait pas réalisé que Don le regardait, alors il durcit rapidement son visage, et se contenta de renifler dédaigneusement.

« Ouais, c'est le regard que j'ai quand tu fais ton difficile, » Marmonna Raph en déplaçant les jambes de Don afin de s'asseoir contre le mur avec Don. Cela prendrait un moment avant qu'ils ne puissent se lever, Don ayant besoin de retrouver ses sensations dans ses jambes avant cela. Il pouvait porter Don, mais avec son bras blessé… Il prit les mains de Don dans les siennes, l'aidant à ouvrir et fermer les doigts vu qu'il ne le faisait pas de lui-même.

Quand Donatello parvint à nouveau à bouger son bras, il leva sa main, la posant derrière la tête de Raph afin de le rapprocher de lui. Raph se raidit, n'aimant vraiment pas l'idée d'avoir un cœur-à-cœur – encore – mais lorsque sa tête fut posée contre la poitrine de Don, Raph se sentit soudainement vulnérable. Son dégoût de lui-même fut écarté, et il savait qu'il reviendrait à un moment ou à un autre, mais pour l'instant, il avait disparu, laissant la place pour autre chose. Perdre Don dans le conduit sombre de l'ascenseur et trouver Mike et Leo inertes sur le sol, puis presque perdre Don au froid-

Ouais, lorsque Don l'entoura de ses bras, Raph le laissa faire.

Mais il avait promis à Mikey qu'il ne prendrait pas longtemps, alors il dut soulever Don avant que ses jambes ne marchent correctement. Cela signifiait que la majorité du poids de Don était sur lui, mais ils y arrivèrent. Ils n'étaient pas loin, de toute façon.

C'est à ce moment que le portable de Raphael bipa, lui annonçant qu'il avait reçu un nouveau message. Pendant un instant, Raph eut presque peur de regarder. Il avait détesté l'idée d'à nouveau quitter Mikey, et si Leo était en train d'avoir un cauchemar – ou des hallucinations, Raph ne savait pas vraiment si Leo avait été endormi ou non lorsqu'il s'était débattu – ou que son état s'empirait, ils devraient se dépêcher. Il savait que Mikey pouvait calmer Leo, il avait juste été choqué, la dernière fois, mais si son état s'était aggravé d'une autre façon…

Il maintint Don debout d'une seule main, grimaçant lorsqu'il dut utiliser son bras blessé pour attraper le portable dans sa poche afin de lire le message. Raph fronça les sourcils aux fautes ; soit Mikey avait oublié comment écrire, soit il avait été pressé lorsqu'il avait écrit le message.

« faut qye tu reviennrs »


Mikey caressait doucement la joue de Leo, ressentant une forte impression de déjà-vu. C'était exactement comme ça que toute cette histoire avait commencé ; il était à nouveau seul avec Leo, seulement, cette fois, l'état de Leo était encore pire.

Mikey était content que Leo soit endormi, cela semblait être plus facile pour lui que d'être éveillé, mais il n'osait pas quitter son chevet. Quand Raph les avait trouvés et l'avait réveillé, Mikey avait été tellement soulagé – mais ensuite, Leo… il détestait y penser, détestait penser que cela pouvait à nouveau arriver. Aucun d'entre eux n'avait jamais eu une fièvre aussi sérieuse, qui affectait leur respiration à ce point, et qui menait à des hallucinations.

La respiration de Leo était sifflante lorsqu'il expirait, et même si Mikey n'aimait pas ce son, cela lui permettait de savoir que Leo respirait encore. Il s'adossa contre le canapé, vérifiant l'écran de son téléphone de son autre main. Il lui montrait que Raph avait rejoint Don, mais ils ne bougeaient pas encore. Mikey prit une grande inspiration, s'empêchant de penser à quoi que ce soit – son esprit commencerait simplement à créer toutes sortes de scénarios, et il en avait assez de s'inquiéter. Raph avait promis de revenir, il fallait juste qu'il attende.

Quelqu'un toqua à la porte du magasin et le souffle de Mikey se bloqua dans sa gorge. Il regarda l'écran, mais les deux points étaient à quelques rues d'ici, alors il ne pouvait pas s'agir de Raph ou de Don.

« Ce doit être mon imagination, » Mikey eut un petit rire nerveux et attrapa sa tête. Ou bien il s'agissait des effets secondaires de s'être frappé la tête – même s'il ne pouvait pas se souvenir de ce qui l'avait frappé. Un instant il s'était tenu dehors, et le suivant, il était de retour à l'intérieur avec Leo au-dessus de lui-

La porte s'ouvrit d'un coup, frappant contre le mur avec un grand bruit. Mikey se figea.

Une voix étouffée venant du magasin lui parvint, et Mikey se libéra de sa peur paralysante, attrapant Leo et le faisant se redresser. Le réveil violent poussa Leo à attraper les bras de Michelangelo dans sa panique à demi-endormie, pensant que quelqu'un les attaquait à nouveau, et il essaya de repousser Mikey.

« Calme-toi, Leo, ce n'est que moi, » Murmura prestement Mikey, et une fois que Leo réussit à concentrer son regard flou sur Mikey, il reconnut son frère. Mikey hissa Leo sur ses pieds, mais il ne fit que s'effondrer contre lui. Les yeux de Leo étaient à nouveau fermés puisqu'il n'y avait pas de danger, seulement Mikey. Sauf qu'il y en avait, et Leo ne le savait simplement pas.

« Allez, il faut que tu y mettes du tien, » Dit Mikey en chuchotant sévèrement, entendant les bruits de pas venant du magasin se rapprocher des escaliers. Il ne pouvait pas porter le poids mort de Leo, alors il dut se contenter de le traîner.

Dans sa hâte, Mikey décida de se cacher dans la salle de bain, verrouillant la porte derrière eux. Il plaça Leo sur le sol avec précaution, avant de revenir vers la porte et d'y presser son oreille pour écouter. Il sortit son téléphone de sa ceinture, le réglant sur silencieux avant d'envoyer à Raph un message avec des doigts tremblants. Il voulait appeler, entendre Raph lui dire qu'ils étaient déjà en route – mais il devait être silencieux. Les marches des escaliers grincèrent tandis que quelqu'un les montaient. Mikey déglutit ; s'ils essayaient d'ouvrir la porte de la salle de bain, ils sauraient immédiatement que quelqu'un s'y cachait. Mais qui étaient « ils » ?

Leo gémit, et le faible son sembla beaucoup plus bruyant dans le silence. Mikey se précipita vers son frère et plaqua une main sur sa bouche. Leo sembla à nouveau surpris, regardant Mikey avec des yeux écarquillés, cette fois sans le reconnaître. Il lutta contre le poids de Mikey qui le clouait au sol, essayant de tourner sa tête sur le côté, mais Mikey garda sa main fermement plaquée contre la bouche de Leo.

« Shhh, » Fit Mikey, et il aurait utilisé son autre main pour essayer de le calmer, mais il devait tenir le poignet de Leo afin qu'il ne le frappe pas. L'autre main de Leo tentait inutilement d'attraper la main plaquée sur sa bouche, mais il n'avait pas la force de la repousser. Il pouvait sentir la manière dont Leo gémissait contre sa main, combattant l'ennemi imaginaire qu'il pensait que Mikey était, et Mikey se sentait mal de faire croire à Leo qu'il était une menace. Sa main étouffait la voix déjà faible de Leo. Il ne pouvait pas risquer que les intrus l'entendent.

« Pardon, Leo, pardon, » Chuchota Mikey en baissant la tête, espérant que sa voix calmerait son frère. Leo cessa de se débattre, mais Mikey savait que c'était parce qu'il devait être épuisé, et pas parce qu'il s'était calmé. Et – et l'estomac de Mikey se noua lorsqu'il le réalisa – c'était parce que sa main empêchait très efficacement Leo de respirer. Il enleva rapidement sa main afin de laisser Leo respirer à nouveau.

« Pardon. Pardon, » Murmura encore Mikey, sa voix se brisant presque lorsque Leo lutta pour prendre une inspiration. Leo avait déjà des problèmes pour respirer – au lieu d'aider, il causait encore plus de dégâts. Et pourquoi paniquait-il ? Que les intrus soient des Dragons Pourpres ou des soldats du Foot, ou juste des voleurs, il pouvait tenir bon face à eux. La seule raison pour laquelle il s'était dépêché de se cacher était parce que Leo n'était pas en état de se battre, et Mikey ne savait pas contre combien d'ennemis il serait. Il pouvait se défendre, mais il n'était pas sûr de pouvoir les défendre tous les deux.

Son portable vibra silencieusement sur le sol, là où il l'avait jeté dans sa hâte de faire taire Leo.

« on arrive. ca va ? pourquoi t'as envoyé un sms ? »

« y a quelqu'un dans la maison, » Se dépêcha de répondre Mikey. Le portable lui tomba des mains ; Leo toussa et Mikey dut replacer sa main sur sa bouche, un nœud se créant dans son estomac lorsque cette fois-ci, Leo n'essaya même pas de l'en empêcher.

Mikey réalisa que l'appartement était devenu silencieux ; avaient-ils entendus Leo tousser ? Si c'était le cas, ils savaient que quelqu'un se cachait. Mikey enleva sa main de la bouche de Leo, mais la garda à proximité au cas où il aurait encore à faire taire Leo s'il faisait à nouveau du bruit. Son autre main s'était déplacée à sa ceinture, prête à sortir son arme.


Raph fronça les sourcils lorsqu'il lut le message de Mike. À quel point étaient-ils malchanceux, exactement ? Raph savait que Mikey se cachait quelque part avec Leo, et que c'était pour cela qu'il avait envoyé un message au lieu de l'appeler. Il savait également que Mikey ne savait pas qui était dans l'appartement, ou combien ils étaient, autrement, il le lui aurait dit.

De plus, l'appartement était petit. Il ne faudrait pas longtemps à Mikey et Leo pour être trouvés.

Marcher avec Don s'appuyant lourdement contre lui était difficile, surtout vu qu'il portait les sacs que Don avait portés tout à l'heure. Mais ils n'étaient pas loin ; le magasin d'April était déjà visible.

« Restes là, » Chuchota Raph à Don en le laissant à l'extérieur du magasin, s'assurant de le protéger du vent en le laissant dans une ruelle. Donatello protesta, mais dès que Raph cessa de le soutenir, il ne put s'empêcher de glisser lentement en position assise. Raph lui donna son Bō avant de se diriger vers la porte menant au magasin.

Elle était fermée, juste comme il l'avait laissée, mais il y avait au sol des empreintes de pas qui n'étaient pas là avant. Leurs propres empreintes de pas avaient déjà été brouillées par la neige tombant toujours, et la neige était de toute façon trop profonde pour laisser de véritables marques, mais Raph savait que les nouvelles traces étaient celles d'un humain.

Et un seul humain, d'ailleurs. Il était difficile d'en tirer quoi que ce soit d'autre, mais un humain ne devrait pas être un problème. Raph poussa prudemment la porte et entra à l'intérieur.

Tout semblait être à sa place ; les vêtements de Mikey étaient toujours étendus sur le sol du magasin, et tout était silencieux, exactement comme la dernière fois que Raph était entré. Il détestait ce sentiment qui accompagnait le fait de rentrer dans un appartement vide ; cela ne signifiait jamais rien de bon.

Il tendit l'oreille, mais ne pouvait rien entendre. Alors, l'humain savait qu'il était là et attendait quelque part, prêt à frapper. Raph sortit son Saï de sa ceinture tout en gravissant les marches de l'escalier.

Il atteignit le premier étage sans que rien ne se passe. Il faisait toujours sombre, et à présent, même les lampadaires n'éclairaient plus l'appartement. Raph se tenait au milieu de la pièce, se maudissant de ne pas avoir pris la lampe de poche avec lui.

Il ne devrait pas être possible de se cacher aussi bien de lui ; un humain ordinaire ne pouvait pas faire ça, alors il devait s'agir d'un ennemi habile. Raph fit tournoyer son Saï dans sa main intacte, commençant à se sentir impatient. Il en avait assez que les gens leurs compliquent les choses, et il ne voulait certainement pas garder Don dehors plus longtemps.

« Montrez-vous ! » Raph finit par craquer, brisant le silence de son cri. Il se précipita dans la cuisine, mais il n'y avait personne ici. Du moins, personne qu'il puisse voir. Il retourna dans la pièce principale, laissant échapper un grognement.

Il sursauta violemment lorsque la porte de la salle de bain s'ouvrit avec fracas et que Mikey en sortit d'un bond, une arme dans chaque main et ayant l'air légèrement perplexe.

« Où ils sont ? Où ils sont ? » Demanda Mikey avec impatience, regardant frénétiquement autour de lui, incapable de voir à cause de l'obscurité. Il couina lorsque la main de Raphael atterrit sur son épaule, mais se calma en reconnaissant son frère.

« Je ne crois pas qu'il ait qui que ce soit, ici, » Dit Raph, sachant, même dans le noir, que Mikey avait un air offensé sur le visage.

« Tu crois que je l'ai simplement imaginé n »

« Non, j'ai vu les traces de pas dans la neige- »

« Les gars, je ne crois pas qu'il y ai quelqu'un ici. En tout cas, plus maintenant, » Ils entendirent la voix de Don provenant du magasin, et Mikey se précipita immédiatement vers les escaliers.

Don était content que Raph lui ait donné son Bō ; avec son aide, il avait pu se relever et marcher. C'avait été maladroit, mais il n'avait pas prévu d'attendre dehors.

Il avait aussi étudié les empreintes dans la neige, avait vu les traces de Raph entrant et sortant, ayant probablement utilisé les mêmes empreintes à un moment donné, et avait également vu les traces de pas de l'humain. Il était entré, et… ressorti. Don avait secoué la tête ; typique de la part de Raph, de ne pas faire assez attention pour le réaliser.

Don était en train de fermer la porte, la verrouillant, cette fois-ci. Ses frères auraient évité pas mal d'ennuis s'ils l'avaient fait avant…

Et soudainement, il était pris dans une étreinte écrasante, les bras de Mikey l'enserrant fermement.

« J't'ai dit d'attendre, Don, » Marmonna Raph depuis les escaliers.

« Mec, je suis tellement content de vous voir, tous les deux, » Dit Mikey, le soulagement évident dans sa voix. Mais aussi soudainement que sa bonne humeur était apparue, elle disparut à nouveau. Il attrapa la main de Don et commença à le traîner vers les marches. « Il faut que t'aides Leo. » Le ton de Mikey était devenu sérieux, ce qui signifiait que quelque chose ne devait vraiment pas tourner rond. Don trébucha après lui, ses jambes toujours un peu engourdies par le froid.

« Son état s'est empiré ? » Demanda Donatello, l'inquiétude à nouveau présente dans sa voix.

« Oh que oui, » Dit Raph en retournant au premier étage. Don lui jeta la lampe de poche et Raph ouvrit la marche. Raph n'avait pas encore informé Don de l'état de Leo, ayant d'abord voulu s'assurer que Don allait bien, mais Mikey était pressé de guider leur frère vers Leo. Malgré tout, le cadet semblait avoir remarqué à quel point Don était affaibli, et tenait doucement son bras tout en l'aidant à gravir les marches. Le génie fut guidé vers la salle de bain, où Don s'agenouilla soigneusement à côté de Leo, malgré le fait qu'il frissonne encore lui-même.

Alors Raph fit ce qu'il put, s'agenouillant près de Don et l'aidant à se sortir des vêtements mouillés qu'il avait toujours sur le dos avant de les jeter dans la baignoire à côté d'eux, avant de faire de même pour ses propres habits.

« Mikey, est-ce que tu pourrais apporter les sacs que Raph vient de ramener ? Prends aussi l'autre lampe de poche avec toi. Je vois que tu t'es cogné la tête, mieux vaut ne pas la cogner à nouveau. »

Mikey ne fit même pas de traits d'esprits avant de sortir de la salle de bain, et c'était assez inquiétant. Raph le suivit. Il ne voulait simplement plus quitter ses frères des yeux.

Leo réagit à la voix de Don, ses yeux s'ouvrant lentement, et Don se tourna pour regarder son visage.

« Salut, Leo, » Dit Don d'une voix apaisante. Il pouvait voir l'inconfort de Leo par la façon dont il luttait pour respirer, et le bruit qu'il faisait en respirant n'était pas bon. Don déplaça ses mains derrière la tête de Leo pour l'aider à relever le regard. Il avait l'impression qu'une éternité était passée depuis qu'ils étaient partis, depuis la dernière fois qu'il avait vu Leo. Son état avait fait tout à part s'améliorer. « Comment tu te sens ? Ne parles pas si ça te fais mal. »

Leo le fixa silencieusement avant de bouger lentement sa main pour attraper le bras de Don, clignant violemment des yeux afin d'empêcher sa vision de se brouiller. Ses yeux se déplacèrent vers Raph quand il revint dans la pièce. Il avait apporté quelques couvertures, et Leo regarda Raph en draper deux sur Don. Du coin de l'œil, il remarqua du mouvement, et tourna la tête pour voir Mikey, qui lâcha deux sacs sur le sol.

« Tous- » Commença Leo, forçant sa voix perdue à revenir, mais il ne pouvait pas le faire sans douleur. Il ferma les yeux, sa prise sur le bras de Don se raffermissant.

« Tout va bien, Leo, tu n'as pas besoin de parler, » Dit calmement Don en plongeant une main dans un des sacs que Mikey avait apportés, cherchant quelque chose.

« Saufs ? » Leo souffla la fin de sa phrase, essayant de la faire sonner comme une question. Don pausa un instant avant de comprendre, et lorsque ce fut le cas, il ne put s'empêcher de placer sa main sur la joue de Leo avant de lui offrir un regard rassurant.

« On est tous là, et sains et saufs, Leo, » Dit chaleureusement Don, leur faisant tous ressentir un léger pincement au cœur ; Leo était à peine conscient, et il était évident que parler le faisait souffrir, et pourtant, c'était quelque chose dont il devait s'assurer. Même s'il pouvait tous les voir autour de lui, il avait quand même besoin de l'entendre.

« Idiot… » Marmonna Raph, se rapprochant de la tête de Leo afin qu'il la maintienne relevée pendant que Don sortait un stéthoscope.

« Comment t'as su qu'il fallait en prendre un ? » Marmonna Raph en regardant le stéthoscope dans les mains de Don.

« J'ai eu un pressentiment, et ça ne prenait pas beaucoup de place, alors… » Don haussa les épaules. « Mikey, tu peux m'aider à déplacer Leo sur le côté ? »

Michelangelo obéit, et pendant ce temps, Don lui jeta un rapide coup d'œil. « Tu vas bien, Mikey ? »

Mikey releva la tête, légèrement surpris, avant hocher rapidement la tête. Don pouvait voir qu'il était bouleversé, mais il reporta son attention sur Leo, écoutant ses poumons à l'aide du stéthoscope. Même sans l'utiliser, le sifflement dans la respiration de Leo pouvait être entendu. Et comme Don l'avait suspecté, un léger craquement pulmonaire était également audible. Il rangea le stéthoscope en fronçant les sourcils.

« Alors ? » Raph était – et semblait – impatient. Il l'était toujours lorsque ses frères étaient blessés, ressentant de l'impatience s'il ne pouvait pas aider d'une quelconque manière.

« Alors, je pense qu'il ne devrait pas rester par terre, » Dit simplement Don, avant de frissonner et de resserrer les couvertures autour de lui. « Aucun d'entre nous ne le devrait. »

Après qu'ils aient déplacé Leo dans la chambre et dans un vrai lit, Don fit une rapide visite dans la cuisine, fouillant dans les placards afin de trouver quelque chose pour la toux de Leo. Sa recherche fut couronnée de succès, et il revint avec ses trouvailles, les mettant de côté tandis qu'il continuait à vérifier l'état de Leo. Une fois que Raph se fut assuré que Don gardait la couverture autour de lui afin de se réchauffer, il retourna dans le salon avec Mikey, la question de l'intrus les gênant encore tous les deux.

« Alors tu es sûr de n'avoir vu personne ? » Demanda Mikey en promenant son regard dans la pièce. « Parce que je suis certain que quelqu'un était là. »

« Don a vu les traces de pas s'éloigner, alors peu importe qui est venu, ils sont partis avant qu'on n'arrive, » Dit Raph. « Mais on ne dirait pas qu'ils aient cassé quoi que ce soit, ou pris quelque chose… »

L'attention de Mikey fut attirée par un papier sur la table de la cuisine. Il se rapprocha, le lisant à la lumière de sa lampe de poche. Tandis qu'il lisait, il laissa échapper un rire, et dut se couvrir la bouche d'une main.

« Quoi ? T'as fini par perdre la boule ? » Demanda Raph en plaisantant seulement à moitié. Vu la façon dont Mikey s'était collé à son bras en sanglotant des excuses lorsque Leo n'avait pas réussi à respirer, Raph ne serait pas surpris si Mikey était un peu à l'ouest, en ce moment.

« C'était juste une amie d'April, » Dit Mikey d'un ton vide. « Elle a laissé une note. Elle dit qu'elle passait dans le coin, essayant de rentrer chez elle avant que la tempête ne devienne vraiment impossible, et a vu toutes les traces de pas devant la porte. Elle avait peur que quelqu'un ait tenté de rentrer par effraction et a décidé d'aller vérifier. »

Mikey pressa une main contre son visage. Toute cette panique, le fait de se cacher, de forcer Leo à être silencieux- pour rien.

Il sentit Raph poser une main sur son épaule, et Mikey soupira. Peu importait ; tout allait bien se passer, à présent. Don s'occupait de Leo-

Le hurlement de Don emplit l'appartement et la note fut oubliée tandis qu'ils se précipitaient vers la chambre.

Il avait été trop tôt pour penser que tout irait bien.