Donatello était étalé sur le sol à côté du lit, avec Leonardo au-dessus de lui. L'ainé avait le poing levé, prêt à frapper, mais Don lui tenait facilement le poignet, l'empêchant de porter son coup. Ils n'avaient même pas l'impression que Leo essayait vraiment : ils pouvaient voir comment il tremblait à cause du simple fait de se maintenir au-dessus de Don, ses muscles tendus et raidis par la douleur qu'il ressentait clairement.
« Leo, ce n'est que moi- tu es en sécurité, » Don parlait d'un ton calme malgré la situation, essayant de rencontrer le regard de Leo, mais le leader serrait les paupières, laissant échapper un son ressemblant à un grognement, mais qui se transforma vite en gémissement douloureux.
« Peux pas- laisser- » Dit Leo d'une voix hachée à travers des dents serrées, entourant la gorge de Don avec la main dont il s'était jusqu'alors servi pour se soutenir. Sans le soutien, il s'effondra sur Don, mais garda sa prise sur sa gorge.
« Don ! » Raph fut le premier à se secouer de la surprise induite par l'impossibilité de la scène, et se précipita près de ses frères au sol. Don lui jeta un œil, ne semblant pas secoué malgré le fait que Leo ait une main autour de sa gorge.
« Je vais bien, Raph, » Se hâta de dire Don. « Il n'a pas la force de me blesser. Sa main est simplement posée. Je crois qu'il est en train d'halluciner, ce doit être la- »
Leo retira soudainement ses deux mains, les ramenant à sa poitrine tandis qu'il luttait pour respirer, essayant de se recroqueviller sur lui-même pour échapper à la douleur, mais il était impossible d'échapper à une souffrance provenant de l'intérieur. Les mains de Raphael se posèrent autour de Leonardo, et il le traîna prudemment loin de Don afin que celui-ci puisse se relever.
Les yeux de Leo s'ouvrirent d'un coup quelqu'un le maintenait par derrière, lui faisant ignorer la douleur dans sa poitrine tandis qu'il recommençait à se débattre, essayant de se libérer de son ravisseur. Raph ajusta sa prise afin de pouvoir presser les bras de Leo contre ses côtes et ainsi l'empêcher de réessayer de frapper quelqu'un. Même s'il n'avait pas la force de blesser Don, ils savaient que Leo pouvait balancer des coups de poings aussi soudains que douloureux, même dans un état pareil, s'il avait l'impression qu'il – ou que quelqu'un d'autre – était en danger.
« Leo, c'est nous ! Faut que tu te calmes, frangin ! » Mikey s'était agenouillé près de Leo, l'entourant de ses bras pour l'étreindre. « Personne n'essaie de nous faire du mal ! »
Leo cessa de lutter, et regarda autour de lui d'un air hébété.
« Non ? » Demanda faiblement Leo d'une voix rauque. Don s'était relevé du sol et rapproché, et à présent, il levait prudemment la main afin de toucher la joue de Leo, dans le but que celui-ci tourne la tête et se concentre sur le visage de Don.
« Non, Leo. Nous sommes en sécurité, » Le rassura Don. Mikey se recula, soulagé de voir que Leo s'était calmé.
Leonardo ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais la referma rapidement, ne laissant échapper qu'un sifflement discordant. Les trois autres se tendirent immédiatement, pensant que Leo voyait encore quelque chose qui n'était pas réel – mais Leo repoussait sa tête contre Raph, qui le tenait toujours, au lieu de se débattre contre lui. Il remuait malgré tout.
« F'mal… » Leo gémit faiblement, sa tête tombant. Raph, qui ne l'avait déjà pas tenu en utilisant beaucoup de sa force, radoucit malgré tout son étreinte sur son frère.
« Ta poitrine, n'est-ce pas ? » Demanda Don avec inquiétude, et Leo hocha faiblement la tête, laissant échapper un souffle tremblant.
« Il pourrait s'agir d'une pneumonie, » Dit gravement Don, et les yeux de Mikey s'écarquillèrent. Il l'avait eu une fois, lorsqu'il n'avait été qu'un enfant, et le souvenir lointain n'était pas agréable. Il ne se rappelait pas de grand-chose, heureusement, mais il se souvenait d'à quel point le simple fait de respirer avait été difficile, se souvenait de combien sa poitrine l'avait fait souffrir. Et se souvenait définitivement d'à quel point Maître Splinter et ses frères avaient été inquiets.
« Mais- c'est pas- » Commença Mikey, clairement inquiet, mais Don lui offrit un regard rassurant.
« Ça ne signifie pas que sa vie est en danger. Nous avons des médicaments et du matériel que nous n'avions pas lorsque nous étions enfants, » Expliqua Don, pensant lui aussi clairement à leur enfance. Ils remirent Leo au lit, et Don le recouvrit d'une couverture. Raph et Mikey remarquèrent qu'une bouteille de médicaments avait été renversée, probablement lorsque Leo avait réussi à tomber du lit avec Don. Le contenu de la bouteille avait été légèrement renversé, mais heureusement pas suffisamment pour que ce ne soit problématique.
« Heu, » Commença Don, jetant un œil à Raph et Mikey après avoir ramassé la bouteille. « Tout cela a commencé lorsque j'ai essayé de lui faire prendre le médicament- alors, est-ce que vous pourriez le maintenir immobile au cas où il… ? »
« Bien sûr, » Dit Raph, mais Mikey ne bougea pas, se contentant de détourner le regard. Don le remarqua, et lui jeta un regard interrogatif, ce qui eut pour effet de faire se tortiller nerveusement Mikey.
« Je, heu, je sais pourquoi il ne te laisse pas lui donner ça, » Dit Mikey, le regard toujours ailleurs. Don jeta un œil à Raph, mais il semblait aussi perdu que lui.
« Mikey ? » Dit doucement Don. « Ce n'est pas la première fois qu'il fait ça ? »
« Quand- quand on se cachait… j'ai dû faire en sorte que Leo reste silencieux- j'ai dû le forcer à rester silencieux et- »
Don replaça la bouteille sur la table et fit un geste de la main à Mikey pour lui indiquer de s'approcher. Mikey le regarda du coin de l'œil, avant de s'asseoir avec hésitation sur le lit aux côtés de Don, qui posa une main rassurante sur le bras de Mikey.
« Tout va bien, Mikey. Tu n'as rien fait de mal, tu n'as fait que le protéger. »
« Mais il n'y avait aucun danger, rien ne nous menaçait, » Protesta Mikey, la tête basse.
« Tu ne le savais pas, » Don plaça un bras autour de Mikey et le tira vers lui. En retour, Mikey entoura Don de ses deux bras, ayant grand besoin de réconfort. C'avait été une longue journée.
Si Don avait su que l'état de Leo se dégraderait à ce point, il ne les aurait certainement pas laissés seuls. Ce n'était pas comme s'il avait eu le choix, mais quand même – l'expérience semblait avoir pas mal secoué Mikey. Don ne savait toujours pas tout ce qu'il s'était passé pendant qu'il avait été absent, mais il savait qu'il ne voulait pas encore faire paniquer Leo. Leo et Mikey avaient tous les deux besoin de repos.
Après un moment, Mikey se recula avec hésitation, et Don lui offrit un sourire avant de reporter son attention sur Leo. Il s'approcha doucement avant de lui secouer légèrement l'épaule tout en appelant son nom. Les yeux de Leo s'ouvrirent, et il semblait aussi hébété qu'avant.
« Leo, j'ai un médicament qui va aider. Tu penses que tu peux le prendre ? »
Leo avait l'air de ne pas tout à fait comprendre, ou peut-être était-il trop fatigué pour réagir d'une quelconque manière, alors Don versa un peu du médicament dans la cuillère, espérant que cette fois-ci, Leo ne la lui ferait pas lâcher. Il approcha sa main du visage de Leo, et au moins, celui-ci ne se reculait pas. Il finit par ouvrir la bouche avec hésitation, et Don lui maintint la tête relevée tout en lui donnant le médicament.
Ils restèrent silencieux un moment, se contentant d'observer Don placer une nouvelle serviette sur le front de Leo. La forte fièvre était préoccupante, mais au moins, Leo n'hallucinait plus. Pas pour le moment, en tout cas. Don laissa échapper un soupir.
« Nous allons avoir besoin d'antibiotiques. » Don caressa la joue de Leo avec précaution. Il aurait aimé pouvoir faire quelque chose quant aux difficultés qu'avait Leo à respirer. « Et devinez ce que nous n'avons pas. »
Raph grogna en croisant les bras sur sa poitrine. Ils allaient encore devoir sortir ?
« Mais, » Continua Don en se tournant pour regarder Raph et Mikey. « Personne ne va nulle part, ou en tout cas, pas avant un bon moment. Il faudra aller en chercher avant le matin, mais on devrait se reposer quelques heures. On est tous debout depuis ce matin, et je ne sais pas vous, mais moi, je suis crevé. Il n'en sortira rien de bon si l'on y va maintenant. »
Après avoir évalué leurs niveaux de fatigue respectifs, Raph et Mikey devaient tous les deux admettre qu'un peu de repos leur ferait le plus grand bien.
« À part pour moi et Leo, » Mikey ne put s'empêcher de plaisanter sur la situation. « On est resté pas mal allongés. » Don haussa un sourcil il ne savait pas que Raph avait trouvé Mikey et Leo au sol, et tout ce qui leur était arrivé. Raph ne fit qu'envoyer un regard aride à Mikey, attrapant les bouts de son bandana et le rapprochant légèrement de lui en tirant dessus.
« Hé ! » Protesta Mikey, même si Raph ne lui faisait pas vraiment mal.
« T'a encore pas mal de choses à expliquer, Mikey, » Dit Raph en adressant à Mikey un long regard. Mikey avait l'air d'aller mieux qu'avant, mais il avait vraiment inquiété Raph.
« J'aimerais aussi savoir tout ce qu'il s'est passé, » Dit Don en regardant ses frères du coin de l'œil. Même s'ils voulaient tous dormir, il leur restait encore des choses à faire. « Mais d'abord, nous devrions descendre les provisions de nourriture au magasin. Vu que le courant est coupé, le frigo ne marche pas, mais le magasin devrait être assez froid pour nos vivres. »
Raph se leva et se dirigea vers la porte afin de se mettre au travail, mais Don l'arrêta.
« Pas toi, Raph, » Dit-il, faisant hausser un sourcil à Raph. « Je vais m'en occuper avec Mikey. Toi, tu restes là avec Leo. »
« Pou- pourquoi pas toi ? Tu sais quoi faire si quelque chose se passe, et- »
Donatello jeta un coup d'œil au bras de Raphael. Le bandage que Don avait fait plus tôt s'était un peu défait, et le sang l'avait traversé. Raph grimaça. Il avait espéré que Don aurait oublié sa blessure, mais bien évidemment, ce n'était pas le cas.
Enfin, pour dire vrai, Raph était assez soulagé qu'il s'en souvienne. La douleur ne l'avait pas quitté, il l'avait simplement ignorée vu qu'il n'avait pas eu le temps d'y faire quoi que ce soit. Maintenant que tout était redevenu calme, la douleur s'était rappelée à lui, et Raph n'avait donc pas spécialement hâte de soulever quoi que ce soit.
« Prépares-toi à des points de suture, » Le prévint Don avant de s'en aller.
Raph chercha la bouteille contenant des antalgiques, en avalant quelques-uns avant de se rasseoir sur le lit, s'appuyant contre le pied de lit de façon à être à moitié allongé. Il savait que s'il s'allongeait totalement, il s'endormirait, et il ne pouvait pas encore se le permettre.
Il pouvait entendre Mikey et Don se déplacer dans les escaliers, ainsi que le vent au-dehors, mais il entendait principalement Leo luttant pour continuer à respirer. Il respirait rapidement, le souffle court, afin d'éviter de respirer trop profondément. Raph ne pouvait que supposer que prendre de profondes inspirations lui faisait mal à la poitrine.
« Une pneumonie, hein… » Dit Raph à voix basse après un moment, se déplaçant sur le côté afin de poser une main sur l'épaule de Leo. Il le fit avec précaution afin de ne pas surprendre son frère, s'attendant un peu à ce que Leo l'attaque, ou quelque chose comme ça, mais son frère ne réagit pas au contact. Raph espérait que c'était parce que Leo avait retrouvé ses esprits, et non parce qu'il était trop épuisé pour faire quoi que ce soit. Il ne savait même pas si l'ainé des tortues était éveillé ou non.
« Quand tu tombes malade, tu tombes vraiment malade, » Marmonna Raph en frottant doucement l'épaule de Leo. « Tu fais jamais les choses à moitié, hein ? » À sa grande surprise, Leo ouvrit les yeux, sa tête se tournant vers lui. Il ne dit rien, se contentant de le regarder avec des yeux fatigués.
Avant que Raphael ne puisse ajouter quoi que ce soit, Donatello revint avec un kit médical dans une main et un verre d'eau dans l'autre. Il posa le verre sur la table avant de grimper sur le lit à côté de Raph. Pendant que Don préparait l'aiguille, Raph garda sa main posée sur l'épaule de Leo, ne la bougeant pas avant que les yeux du leader ne se soient refermés.
Don sortit l'aiguille, ajustant la lampe de poche afin de mieux y voir, puis enleva les bandages et se mit au travail. Raph regarda par la fenêtre, mais il ne pouvait rien voir à part leurs reflets sur la vitre.
« Je me demande combien de temps va durer la coupure, » Marmonna Raph en essayant de se concentrer sur n'importe quoi à part l'aiguille sur sa peau. « Je ne dirais pas non à un peu d'eau chaude. »
« Je suis d'accord, » Dit Don. Il était heureusement assez réchauffé pour ne plus trembler, ou bien il n'aurait pas pu suturer la plaie de Raph sans lui causer de souffrances inutiles.
« Où est-ce que t'as laissé Mikey ? »
« Il essaie de nous faire quelque chose à manger, mais c'est un peu compliqué vu qu'on ne peut pas réchauffer ou cuire quoi que ce soit. Une bonne soupe chaude nous aurait fait du bien. » Il n'avait pas très faim, mais quoi que ce soit de chaud aurait été le bienvenu.
Raph pouvait se rendre compte que Don avait presque terminé. Don était capable de travailler vite tout en faisant correctement le travail. Se faire suturer la peau n'était jamais agréable – Raph était donc heureux que Don ait appris à le faire aussi rapidement. Raph pouvait encore se souvenir des quelques premières fois. Même à l'époque, Don avait été doué, mais il s'était véritablement amélioré.
« J'en conclus que tu as déjà pris des antalgiques ? » Demanda Don en enroulant un bandage autour de la plaie suturée avant de remettre l'équipement dans le kit médical. Don rangea le kit avant d'aller de l'autre côté du lit pour prendre le verre d'eau qu'il avait apporté tout à l'heure.
« Ouaip, » Répondit Raph en remuant un peu son bras pour tester les bandages. Les antalgiques commençaient à agir, et il en était soulagé.
« Leo, » Dit Don à l'attention du leader en se penchant vers lui avant de lui toucher prudemment le menton. « T'es réveillé ? »
D'après sa respiration rapide, Don s'attendait à ce que ce soit le cas, mais il posa malgré tout la question, ne serait-ce que pour attirer son attention. Les yeux de Leo s'ouvrirent, et Don lui offrit un petit sourire. « Tu penses que tu pourrais boire un peu ? »
Les yeux de Leo se déplacèrent sur le verre d'eau dans la main de Don, et après un moment d'hésitation, il secoua faiblement la tête.
« Ton corps a perdu beaucoup de fluides- »
Mais Leo avait déjà refermé les yeux et détourné la tête. Don soupira son grand frère trouvait souvent les pires moments pour se montrer têtu.
« Leo… » Don essaya de le persuader, une main toujours posée sous son menton afin qu'il puisse facilement faire revenir le visage de Leo vers lui. « Juste un peu. Ce n'est que de l'eau, cette fois. »
Leo rencontra hâtivement le regard de Don vu qu'il ne pouvait pas empêcher Don de lui faire tourner la tête. Leo sembla considérer l'offre, son regard allant vers le verre d'eau et l'examinant comme s'il s'agissait d'un ennemi. C'aurait été amusant si la situation avait été différente.
Don était patient. Il était épuisé après tout ce qu'il s'était passé, mais à présent, ils n'étaient pas pressés. Personne n'irait dehors avant un moment, et avec un peu de chance, le vent se serait calmé lorsqu'ils auraient à sortir. Et Leo n'irait évidemment nulle part. Peut-être que l'état de Leo s'améliorerait avec un long repos ininterrompu. Alors il attendit que Leo se décide, sachant que Leo devrait finir par accepter son destin et boire le verre d'eau.
Au lieu d'accepter de boire, Leo leva à nouveau les yeux vers Don, et c'était comme s'il… le suppliait presque du regard. Don pencha la tête sur le côté face à ce regard, déplaçant sa main du menton de Leo vers son épaule afin de tenter de le rassurer. Il observa attentivement le visage de Leo, essayant de comprendre ce qu'il se passait dans sa tête. Parler lui avait été très difficile tout à l'heure, et Don ne s'attendait pas à ce que Leo retente l'expérience – ni ne le voulait, d'ailleurs.
Le regard de Leo ne resta pas longtemps posé sur lui il détourna le regard comme s'il avait honte.
« Leo ? » Essaya de demander Don, ne voulant toujours pas que l'autre parle, mais ne comprenant pas tout à fait pourquoi Leo refusait l'eau aussi obstinément. « Je comprends que ta gorge te fasse mal, mais après avoir bu ça, je te laisserais te reposer. Juste un verre, d'accord ? »
Don relevait déjà la tête de Leo, approchant à nouveau le verre. Au lieu de détourner la tête, Leo gémit en signe de protestation, ce qui fit hésiter Don. Leo semblait si faible… Il était tellement rare que Leo exprime sa douleur – et à présent, il le faisait clairement, regardant Don avec le même regard suppliant que tout à l'heure.
Don jeta un regard impuissant à Raph, se demandant s'il y avait autre chose qu'il devrait savoir concernant l'état de Leo. Quand ils avaient déplacé leurs affaires avec Mikey, il avait obtenu une version raccourcie des évènements de la journée, et il n'avait pas du tout aimé ce qu'il avait entendu. Mikey et Leo avaient eu de sérieux problèmes, tous les deux évanouis dans le froid – Don était vraiment content que Raph soit revenu à temps.
…Et pas seulement pour Leo et Mikey, mais aussi pour lui. Il frissonna au souvenir de la ruelle froide et enneigée.
Raph lui renvoya un regard tout aussi perdu, et tous deux reportèrent leur attention sur Leo, qui regardait à présent le verre d'eau d'un air presque anxieux.
« Allez, Leo, c'est que de l'eau, » Dit Raph, et Don décida qu'ils seraient encore assis là au matin s'il ne faisait pas boire l'eau à Leo maintenant. Et tant pis pour sa patience. Il colla le verre aux lèvres de Leo, et lorsque Leo essaya d'y échapper en détournant la tête, Raph aida Don à l'immobiliser. Leo ne put que marmonner ses protestations quand ses frères firent équipe contre lui, mais Don était déjà en train de pencher le verre, forçant Leo à avaler le liquide. Pendant un moment, il craignit que Leo garde simplement la bouche fermée, mais il finit par abandonner et boire l'eau. Don le fit boire lentement, laissant Leo prendre de courtes pauses. Il était clair que Leo avait des difficultés à avaler – son corps entier était tendu alors qu'il buvait, ses mains serrant les draps. Raph envoya un regard inquiet à Don, mais le verre était à présent presque vide. Don fit boire le verre entier à Leo, avant de lui reposer avec précaution la tête sur l'oreiller lorsqu'il eut fini.
Leo haletait, comme si boire l'eau lui avait demandé plus d'efforts que s'il avait parcouru le réseau entier des égouts en courant. Leo leva une main vers sa poitrine, l'appuyant contre son plastron, mais cela ne semblait pas vraiment le soulager. A présent, Donatello avait également l'air inquiet, rendant à Raphael son regard avant de reporter son attention vers Leonardo. Boire un verre d'eau n'aurait pas dû lui demander autant d'efforts, et cela n'aurait certainement pas dû le laisser essoufflé et tremblant. Don posa le verre vide et prit le linge mouillé posé sur le front de Leo. Il était chaud, à présent, et lorsque Don posa sa main sur Leo, il fronça les sourcils. La fièvre était-elle en train de remonter ?
Leo semblait se calmer, respirant encore trop violemment, et il détourna la tête dans une tentative de s'éloigner de ses frères tout en gardant les yeux fermés.
« Pardon, Leo, » Dit Don en plaçant sa main sur celle de Leo, qui était toujours posée sur sa poitrine, afin de la ramener doucement sur le lit. Leo ne réagit pas, et Don soupira. « L'eau t'aide à te rafraichir de l'intérieur. Prépares-toi à un autre verre dans un moment. »
Leo tira la couverture par-dessus sa tête, rendant son opinion sur le sujet plutôt claire. Malgré son inquiétude, Don leva les yeux au ciel, avant de tapoter les couvertures là où il supposait que l'épaule de Leo se trouvait.
« Essaie de dormir un peu. »
Ils restèrent avec lui jusqu'à ce qu'il s'endorme, entendant toujours le sifflement que produisait sa respiration, mais incapables d'y faire quoi que ce soit pour le moment. Après s'être assurés que Leonardo était aussi confortable que possible, ils quittèrent la chambre à la recherche de Michelangelo dans l'espoir d'un peu de nourriture.
« Je peux rien réchauffer, mais la bouffe, c'est de la bouffe, chaude ou pas ! » Dit Mikey dès qu'il les vit, sa bouche déjà pleine de pain et de confiture.
« Oui, mais garde la couverture autour de toi, » Lui conseilla Don en resserrant le tissu autour de Mikey, qui était trop occupé à mâcher son repas pour s'apercevoir que la couverture avait commencé à glisser de ses épaules.
« Toi aussi, Don, » Marmonna Raph en jetant une couverture à Don, vu qu'il avait plus ou moins lâché celle qu'il avait tout à l'heure lorsque Leo avait décidé que projeter Don au sol était une bonne idée.
« Je ne vais pas lâcher cette couverture avant la semaine prochaine, » Frissonna Don en s'asseyant à côté de Mikey avant de saisir le pain. « La dernière chose dont on ait besoin, c'est de tous tomber malades. »
« Hé, être malade, ça signifie qu'on peut s'allonger et lire des comics. Pas d'entraînement ! »
Raphael était sur le point de lui donner un coup, mais il arrêta son geste lorsqu'il se souvint que Mikey s'était cogné la tête plus tôt.
Le vent hurlait au dehors tandis qu'ils mangeaient, ne les laissant jamais oublier ce à quoi ils devraient faire face plus tard. Mais il leur fallait d'abord se reposer, et ils décidèrent de se relayer au chevet de Leo. Raph prit le premier quart, prenant un des comics de Mikey avec lui afin d'avoir quelque chose pour l'empêcher de s'endormir. La plupart des comics avaient été laissés dans les sacs abandonnés, mais au moins, Mikey en avait quelques-uns. Avec un peu de chance, ils suffiraient pour l'empêcher d'être trop ennuyeux, au cas où ils seraient forcés de rester ici plus longtemps que prévu.
Raph était en train de tourner une page lorsqu'il entendit Leo remuer, et il releva la tête. La pièce était plongée dans la pénombre, la seule source de lumière étant la lampe de poche, mais Raph pouvait voir la façon dont Leo se recroquevillait sur lui-même. Ou du moins essayait il avait repoussé les couvertures, et Raph pouvait voir la manière dont il se tenait la poitrine, luttant pour respirer.
Le comic fut abandonné quand Raph alla s'asseoir à côté de Leo, remontant ses couvertures et lui frottant doucement le haut de la carapace.
« Détends-toi, » Dit doucement Raph en jetant un œil au verre posé sur la table. Don lui avait dit de faire boire Leo pour le garder hydraté, mais Leo avait semblé tellement souffrir la dernière fois qu'ils l'avaient fait boire que Raph hésitait. La déshydratation était un problème bien plus sérieux que l'était une douleur en buvant, mais Raph détestait l'idée de causer encore plus de douleur à Leo alors qu'il était évident qu'il souffrait déjà beaucoup.
Raphael glissa sa main derrière la tête de Leonardo, et l'ainé ouvrit immédiatement les yeux. Ça y est, c'était au tour de Raphael d'être l'ennemi imaginaire – mais Leo n'attaqua pas, et se contenta de résister à la main de Raph, détournant la tête afin de presser son front contre le bras de Raph.
« Me force pas, » Murmura Leonardo d'un ton pitoyable, et Raph cilla, essayant de comprendre. Il n'avait même pas encore pris le verre – oh. Peut-être que Leo s'y était attendu lorsque Raph avait placé sa main derrière lui, vu qu'ils relevaient toujours sa tête quand il fallait qu'il boive.
« Tu ne devrais pas parler, » Fut tout ce que Raph trouva à répondre, ne sachant pas quoi faire. Il savait que Leo avait besoin de boire, mais le forcer, c'était… Raph regarda le verre. Ce n'était que de l'eau. « Un verre, Leo. Allez, assieds-toi. »
Il força Leo à s'asseoir malgré ses marmonnements de protestation, le maintenant d'une main et attrapant l'eau de l'autre. Franchement, Leo pouvait abattre une armée entière de ninjas du Foot à lui tout seul, mais pas boire un verre d'eau.
Leo grimaça, mais il ne pouvait pas y échapper. Sa dernière option était de garder la bouche fermée, et ce fut exactement ce qu'il fit. Même lorsque Raph amena le verre à ses lèvres, il garda la bouche fermée.
« Allez, tu l'as bu quand Don te l'as demandé, pourquoi pas maintenant ? Sois pas un sale gosse, c'est le boulot de Mikey, » Grommela Raph en poussant le verre contre les lèvres de Leo. Le leader leva une main et repoussa celle de Raph, et celui-ci le laissa faire.
« Je vous ai… entendu parler, » Dit Leo en forçant les mots hors de sa gorge abusée.
« Essaie pas de changer de sujet, » Marmonna Raph en faisant taire Leo en remontant sa main avant de ramener le verre vers lui. « Contentes-toi de boire. »
Leo n'obéit pas, et Raph commença à perdre patience.
« Ecoutes, Leo, je ne veux pas te forcer mais tu ne me laisses pas le choix- »
Leo ne fit que détourner la tête. Raph grogna – si Leo voulait être difficile, alors très bien ! Raph n'abandonnerait pas avant que le verre ne soit vide. Il attrapa le menton de Leo, le prenant par surprise lorsqu'il tira son visage d'un coup sec vers lui.
« Attends, Raph- » Essaya Leo, mais Raph avait déjà relevé sa tête et appuyé contre les côtés de sa mâchoire, forçant Leo à ouvrir la bouche. Leonardo attrapa les poignets de Raph, mais il n'avait pas la force de les forcer à le lâcher. Raph pencha le verre, et Leo n'eut pas d'autre choix que de boire à moins de vouloir renverser de l'eau partout. Raph essaya de faire attention, laissant Leo faire des pauses, mais la tâche ne semblait malgré tout pas facile pour Leo.
Une fois que ce fut terminé, Raph se sentit soulagé, ou du moins jusqu'à ce que Leo s'affaisse et commence à tousser violemment, une main devant la bouche. Raph lui frotta à nouveau la carapace, attendant que la quinte de toux se calme.
« Hé, t'as réussi, » Dit Raph d'un ton qui se voulait optimiste une fois que Leo se fut calmé, avant de l'aider à se rallonger. Leo se contenta de lui envoyer un regard aride.
« Ça n'était, » tousse, « pas nécessaire, » Marmonna Leo.
« T'as voulu utiliser la manière forte, » Dit Raph en replaçant la couverture sur lui.
« Ça fait mal, Raph, » Dit Leo en toussant faiblement avant de continuer. « Ça brûle. Tu ne voudrais pas boire non plus si- »
Leo fut interrompu par une nouvelle quinte de toux, et Raph garda sa main sur son épaule, grimaçant en entendant à quel point sa toux était violente.
« Tu ferais mieux d'arrêter de parler, » Dit Raph lorsque Leo fut capable de l'entendre. Le leader fixa le mur avec des yeux flous, épuisé par sa toux violente.
« Vous n'irez nulle part, » Dit Leo d'une voix têtue après s'être repris. Il repoussa sa couverture, mais Raphael la ramena immédiatement sur lui. Leonardo fronça les sourcils, repoussant à nouveau les couvertures, mais Raphael les maintint en place, un peu amusé d'avoir autant de contrôle sur Leonardo. Surtout quand il s'agissait de quelque chose d'aussi insignifiant que la hauteur des couvertures.
« De quoi tu parles ? » Demanda Raph, essayant d'avoir l'air de ne pas avoir la moindre idée de ce dont parlait Leo. Apparemment, Leo avait entendu leur conversation de tout à l'heure, mais cela ne le surprenait pas vraiment. Enfin, peut-être un peu, ils pensaient que Leo avait été endormi. Leo grogna, ne voulant pas parler mais s'y forçant malgré tout.
« Tu sais de quoi je parles, » Murmura-t-il.
« Nan, aucune idée, » Dit Raph en tirant la couverture par-dessus la bouche de Leo pour le faire taire momentanément. « Et tu ferais mieux de retourner dormir. »
Leo marmonna encore quelque chose. Il n'aimait jamais qu'on lui dise quoi faire, même si c'était pour son propre bien. Raph reçut un regard noir, mais il n'enleva pas la couverture avant que Leo ne cesse de l'assassiner du regard. Raph laissa la couverture retomber au niveau du menton de Leo, mais garda malgré tout le bord de la couverture en main, ne laissant pas Leo repousser les couvertures et le piégeant au lit. La respiration de Leo finit par se calmer, indiquant qu'il s'était endormi. S'il pouvait rester endormi, cette fois, au lieu d'écouter leurs conversations…
Raph était sur le point de reprendre le comic qu'il avait lâché tout à l'heure lorsque la porte s'ouvrit doucement. Don entra en se frottant les yeux.
« Comment va-t-il ? » Murmura Don en s'approchant, et Raph haussa les épaules.
« Je viens de lui donner de l'eau. Il a vraiment résisté, par contre. »
Donatello regarda Leo, mais il n'osa pas interrompre son sommeil. Au lieu de cela, il se retourna vers Raph en se frottant la nuque.
« J'ai réfléchi à qui devrait m'accompagner pour aller chercher les antibiotiques, » Commença Don en chuchotant toujours. « Mais je ne sais pas. Mikey a une commotion, je crois – rappelle-moi de le réveiller bientôt pour vérifier son état – et ton bras est blessé. Je préfèrerais vous laisser vous reposer tous les deux. »
« Il est hors de question que tu sortes tout seul, » Dit Raph d'un ton tranchant, se plaçant rapidement entre Don et la porte comme si ce dernier avait l'intention de sortir de la pièce en courant.
« Je n'irais pas seul, » Don rassura Raph en soupirant. « Mais je ne suis pas sûr- »
« Personne… n'y va, » Dit Leo d'une voix rauque depuis le lit, faisant sursauter Don. Raph ne fit que grogner.
« Comment tu fais ça ? Je croyais que tu dormais ! »
« Je peux sentir… les décisions stupides, » Leonardo eut un petit rire faible, mais cela ne fit que provoquer une nouvelle quinte de toux. Raphael secoua la tête tandis que Donatello s'assit à côté de Leonardo, l'aidant à se pencher en avant pour faciliter sa toux.
« Ce n'est pas une décision stupide, Leo. Tu as besoin de ces antibiotiques avant que ça n'empire, » Dit Don d'une voix sévère, arrangeant les coussins afin qu'ils soient plus confortables pour que Leo s'y allonge.
« Non. » Leo avait l'air de vouloir continuer, mais il n'en eut pas l'énergie, alors il se contenta d'un « non » ferme. Il essaya d'avoir l'air autoritaire, mais ses frères n'y crurent pas une seconde.
« Désolé, Leo, mais tu es malade. Les leaders malades ne peuvent pas prendre de décisions. »
« Ça n'a aucun sens – il y a du danger, Don. Je l'ai vu, je le sais- »
Pendant un moment, Leo avait semblé lucide, essayant de reprendre le contrôle de la situation en ne les laissant pas aller dehors, mais à présent, il reparlait de ses hallucinations. Il y a un instant, ses yeux avaient été vifs, leur ordonnant de ne pas y aller, mais à présent, son regard était redevenu flou, et il recommençait à bredouiller.
Donatello tira la couverture sur la bouche de Leo afin de le faire taire, et Raph ne put s'empêcher de rire. Il avait utilisé exactement la même méthode pour faire en sorte que Leo se taise. Don tourna la tête pour hausser un sourcil en direction de Raph, mais la tortue rouge se contenta de sourire à Leo, qui avait suffisamment retrouvé ses esprits pour lui envoyer un regard ironique.
« Essaie de dormir un peu, Leo, » Dit Don en reportant son attention sur la tortue malade. Leo leur envoya à tous les deux un regard noir, vu que c'était la seule chose qu'il pouvait faire. Don était sur le point de se lever, mais il hésita en regardant son frère. Si la fièvre de Leo montait encore, il devrait y faire quelque chose avant de partir. Ce n'était pas comme s'il pouvait faire grand-chose avec ce qu'ils avaient sous la main, mais Leo ne serait pas capable de se rafraîchir comme ça.
« On ne peut pas laisser sa fièvre monter davantage, » Dit Don en se tournant vers Raph. « Allons chercher des serviettes. »
Pendant qu'ils trempaient les serviettes dans de l'eau froide, Leo resta immobile sans pour autant s'endormir. Ses deux frères suspectaient qu'il ne dormait pas par simple obstination, mais Don était surpris que la maladie ne l'ai pas fait perdre connaissance. Même son entêtement devait avoir une limite.
La serviette toucha le côté de la tête de Leo et les yeux de la tortue fiévreuse s'ouvrirent d'un coup, son visage cherchant à fuir le froid. Leo leva une main pour se protéger la joue, mais Don l'écarta facilement, pressant à nouveau la serviette contre le visage de Leo. L'ainé émit un sifflement de douleur, envoyant un regard confus à Don.
« C'est pour t'aider à te refroidir, » Expliqua Don. Il était doux avec la serviette, mais il savait qu'elle devait sembler horriblement froide contre la peau rougie de Leo. Leo avait l'air de ne pas savoir si la sensation de froid était bienvenue ou pas, mais Don supposait que le froid lui apportait un certain soulagement vu qu'il brûlait de fièvre. Un instant, Leo gémissait qu'il avait trop froid, et le suivant, il pressait sa joue contre la serviette. Il ne savait clairement pas si le froid le soulageait ou pas.
Les marmonnements occasionnels de Leo, ou plutôt ses tentatives à former des mots, devenaient de plus en plus difficiles à comprendre. Don fronça les sourcils la fièvre commençait à monter dangereusement. C'était déjà le cas, Leo avait eu des hallucinations, tout à l'heure, et il semblait qu'il recommençait à délirer. Les serviettes rafraîchissantes étaient plus une aide temporaire qu'une solution, et Don savait qu'il fallait qu'ils aillent chercher les antibiotiques, maintenant.
Il toucha doucement une dernière fois la joue rougie de Leo avant de se lever du lit et de faire un geste à Raph lui indiquant de le suivre hors de la chambre. Les yeux de Leo s'étaient refermés, alors ils espéraient qu'il était enfin endormi. Et s'il ne l'était pas, il valait mieux parler de l'expédition là où Leo ne pourrait pas les entendre, même s'il n'était pas en état d'y faire quoi que ce soit. Ce qui le perturbait le plus semblait être l'absence de ses frères, alors mieux valait qu'il ne les entende pas parler de s'en aller.
Michelangelo ne fut pas ravi d'être réveillé, mais au moins, il se réveilla normalement, ce qui était une bonne chose considérant sa possible commotion. Même si, dans le cas de Michelangelo, se réveiller « normalement » impliquait de nombreux refus avant de ramener la couverture au-dessus de sa tête. Raphael dut le traîner hors du lit afin que Don puisse vérifier son état convenablement.
« Donc. Il faut que l'un d'entre vous vienne avec moi, » Commença Don une fois que Michelangelo fut au moins à moitié réveillé. Mikey grogna en s'adossant contre le dossier de sa chaise.
« Je pense que ce sera moi, » Marmonna le cadet en se passant une main sur le visage. « Je veux dire, Raph a le bras suturé et… je suis pas vraiment bon avec cette histoire de fièvre. »
« Tu t'es bien occupé de lui, Mikey. Ce n'est pas ta faute si tu t'es fait frapper par… quoi que ce soit qui t'a frappé. Je pencherais pour de la neige tombant du toit, » Dit Donatello en regardant la bosse de Mikey d'un air pensif.
« Ouais. Peut-être, » Dit Mikey en baissant les yeux. Don posa une main sur son épaule.
« Ne t'inquiète pas à ce propos, Mikey. Tout ce qui importe, c'est que toi et Leo alliez bien, » Le réconforta Don.
« J'ai pas eu l'impression que Leo allait bien, » Marmonna le cadet en levant les yeux vers son frère. Don le regarda d'un air rassurant.
« Il ira mieux une fois qu'il prendra ces antibiotiques. Tu es sûr que tu peux venir avec moi ? Comment va ta tête ? »
« Mieux. Juste une douleur sourde. Je suis plus inquiet à propos du froid ! » Michelangelo s'entoura de ses bras en claquant des dents d'un air mélodramatique.
« D'accord. Alors. Raph, tu vas rester. Assure-toi simplement de garder Leo au lit, fais-le boire s'il est réveillé, et garde ces serviettes sur lui. Cette fièvre est encore bien trop haute, » Don énuméra ses instructions tout en prenant son sac. « Essaie de lui faire manger quelque chose si tu peux. Mais… surtout, essaie de faire en sorte de le refroidir. Utilise de la glace, s'il le faut. »
« Eh ben, ça promet d'être amusant, » Grogna Raph. Si Leo ne voulait même pas boire, comment était-il censé le faire manger ? Et comment était-il supposé refroidir Leo quand sa peau semblait en ébullition, en prenant une poignée de neige et la lui jetant dessus ? Un instant, il essayait de réchauffer ses frères, et le suivant, il projetait de les balancer dans la neige…
« J'ai déjà froid, » Se plaignit Mikey en regardant par la fenêtre. Le vent s'était calmé, et il ne neigeait même plus, mais ils savaient que la température serait malgré tout glaciale.
« Raph, ta veste n'était pas aussi mouillée que la mienne, pas vrai ? » Demanda Donatello en se dirigeant déjà vers la salle de bain où leurs habits séchaient. « Mikey, tu prends les habits de Leo, ils devraient être plus secs que les tiens. »
« Devraient… » Soupira Mikey en suivant Don. Raphael les regarda faire, les bras croisés et son pied tapant nerveusement le sol.
« Tu es sûr que tu ne veux pas que j'y ailles à ta place, Mike ? » Demanda Raph. « Je préférerais faire quelque chose plutôt que simplement attendre votre retour. »
« Tu vas faire quelque chose, » Dit Don en enroulant l'écharpe de Leo autour du cou de Mikey. « Tu vas veiller sur Leo. »
« C'est ça, » Grogna Raph. « Ce qui veut dire que je vais rester assis à ne rien faire pendant qu'il dort. »
Raph resta devant la porte à observer Don et Mikey jusqu'à ce qu'ils disparaissent au coin de la rue enneigée. Avec un soupir, il se détourna et ferma la porte, avant de fixer le magasin vide. Ni Don ni Mikey n'étaient au mieux de leur forme, et à présent, ils étaient en train de patauger dans les rues enneigées. Et le matin n'était plus très loin. Au moins, Raph leur avait dit d'envoyer un message lorsqu'ils atteindraient la pharmacie. L'endroit n'était pas si loin d'ici, si tout se passait bien, ils seraient de retour dans une heure.
Il avait l'impression que tellement de temps s'était écoulé depuis qu'ils avaient effectué leur premier voyage jusqu'ici. Quelle heure était-il, d'ailleurs ? Il frissonna – le rez-de-chaussée était froid. Il ferait mieux de monter voir comment allait Leo. Avant cela, il prit un peu de nourriture avec lui, espérant réussir à faire manger quelque chose à Leo sans toute la résistance à laquelle il avait dû faire face tout à l'heure. S'il était même réveillé.
Une fois que Raph fut au premier étage, il frissonna à nouveau. Le froid semblait l'avoir suivi depuis le magasin, s'accrochant à sa peau et refusant de le lâcher. Il grommela pour lui-même tandis qu'il ouvrait doucement la porte de la chambre, ne voulant pas réveiller Leo.
L'estomac de Raph se serra lorsqu'il réalisa que le froid ne l'avait pas suivi depuis le magasin – il provenait de la chambre. La fenêtre était ouverte, et le lit était vide.
Son instinct lui fit lâcher ce qu'il avait dans les mains afin de dégainer ses armes. Leo n'avait pas pu bouger tout seul, et pourquoi l'aurait-il fait ? Raph se précipita à la fenêtre, essayant d'y voir quelque chose, mais tout était sombre. Il grogna en se retournant pour attraper la lampe de poche, rangeant un de ses Saïs afin de pouvoir tenir sa source de lumière. Raphael était sur le point de sortir par la fenêtre lorsque le froid le frappa durement. Il jura et couru aller chercher une des vestes. Elle était toujours un peu humide, mais c'était mieux que rien. Il sortit enfin par la fenêtre afin d'atteindre le toit le plus proche, regardant frénétiquement autour de lui à la lumière de la lampe de poche.
Il pouvait voir des empreintes de pas, mais seulement celles de Leo. Alors il s'était levé et était sorti par la fenêtre tout seul. La colère s'empara de Raph – à quoi pensait Leo ?
Il réalisa ensuite que Leo ne pensait probablement pas du tout. Don avait dit que sa fièvre était encore trop haute, alors il s'agissait probablement d'une autre idée brillante causée par la fièvre, ou une autre hallucination – mais Leo n'aurait pas dû être en état de bouger. Raphael grogna à la capacité qu'avait Leo de repousser ses limites, et commença à suivre les empreintes de pas. Leo ne pouvait pas être bien loin même s'il parvenait à ignorer la douleur, il ne pouvait malgré tout pas se déplacer très vite. Raph ne s'était pas absenté très longtemps, d'ailleurs – ils avaient réveillé Mikey et parlé, et Raph les avaient regardé partir, et puis il était revenu – d'accord, cela avait laissé pas mal de temps à Leo. Mais quand même, il ne pouvait pas se déplacer très rapidement. Il était trop faible pour cela.
Eh bien, il n'avait pas eu l'opportunité de balancer Leo dans la neige. Leo l'avait fait tout seul.
Les empreintes se terminaient au bord du toit, et Raph bondit au sol. La neige amortit sa chute, et il retrouva rapidement les empreintes de pas. Vu la façon dont la neige avait été déplacée, il pouvait dire que Leo était tombé lorsqu'il avait sauté du toit. C'aurait été une image mentale amusante si Leo n'était pas fiévreux et courant dans la neige sans rien pour le protéger du froid.
Raph continua à courir après les traces jusqu'à ce qu'elles s'arrêtent subitement, comme si Leo avait tout simplement disparu. La frustration le submergea il n'était pas exactement ravi de courir dans la neige, et le froid l'affectait déjà. La confusion et l'inquiétude suivirent rapidement plus il perdait du temps, plus Leo s'éloignait, et le froid faisait tout sauf faiblir. Il regarda autour de lui en plissant les yeux, essayant de voir s'il y avait quelque chose sur lequel Leo aurait pu sauter-
Quelque chose atterrit sur sa carapace, projetant la lampe de poche hors de sa main tandis qu'il tombait dans la neige. Il grogna lorsque la neige froide lui mordit la peau, essayant de se relever, mais quelqu'un avait attrapé son bras et le lui tordait dans son dos. Raphael grogna son attaquant n'était pas très fort, et pourtant, il avait osé l'attaquer par derrière.
Raph envoya un coup de pied à son assaillant, le faisant facilement tomber. Il était sur pieds avant même que l'autre n'atterrisse dans la neige, se jetant sur lui en amorçant un coup avec son Saï.
Il s'arrêta juste à temps. Quelques centimètres de plus, et il aurait enfoncé la lame de son Saï en plein dans l'œil de Leo.
