Il était encore étrange de se réveiller dans l'appartement d'April au lieu du repaire. Ils étaient déjà restés dormir auparavant, mais pas très souvent quatre tortues prenaient beaucoup de place, même si l'appartement était plus grand que certains des précédents d'April. Les tortues dormaient rarement autre part que dans les sous-sols, alors le fait de se réveiller et de pouvoir regarder par la fenêtre et voir le ciel, c'était… différent. Il était étrange d'entendre le vent au lieu de l'eau courant dans les tuyaux, étrange d'être aussi proche du monde extérieur.
Le ciel était plus clair, et il ne neigeait plus. Donatello posa ses mains sur le rebord de la fenêtre en regardant dehors, mais les enleva rapidement lorsque la surface s'avéra plus froide qu'il ne s'y était attendu. Il frissonna avant de se diriger vers la cuisine pour faire du café.
Encore plus étrange que de se réveiller dans un appartement différent était le fait de ne pas sentir l'odeur du thé dans la cuisine. Leonardo faisait toujours du thé le matin. Parfois, son entraînement matinal se prolongeait et il était en retard pour le petit-déjeuner, ce qui expliquait l'absence d'odeur de thé, mais ce n'était certainement pas le cas aujourd'hui. Leo s'était endormi pendant le film, et ne s'était pas réveillé, même s'ils n'avaient pas exactement été silencieux. On pourrait penser que Mikey, un ninja, soit capable d'être silencieux ne serait-ce que pour une journée, mais non. Il ne le pouvait pas. Mais Leo ne s'était pas réveillé, et ils l'avaient laissé dormir sur le canapé – ce qui était préférable à Leo s'entraînant et ralentissant possiblement sa guérison – mais c'était quand même étrange. La cuisine semblait vide.
« Hé. Fais-en pour moi, aussi. » Raphael apparut dans la cuisine et s'assit dans l'une des chaises de la cuisine, posant sa tête contre la table.
« J'y comptais. Bien dormi ? » Donatello sortit deux tasses du placard et s'assit en attendant que le café soit prêt.
« J'pourrais encore dormir plus, » Grommela Raph, ses yeux fermés. « J'ai rien fait à part dormir, et pourtant je suis à nouveau presque endormi. »
« C'est le froid, » Dit Don en cachant un bâillement derrière sa main. « Ça me rends toujours somnolent. »
« Ouais, » Raph acquiesça en un grognement. « J'espère que tu fais un café bien fort. »
« N'est-ce pas toujours le cas ? »
Ils avaient presque fini de manger lorsque Michelangelo se traîna dans la cuisine, trouvant une chaise sans même ouvrir les yeux. Il posa sa tête contre la table, de la même manière que Raph lorsqu'il était entré dans la cuisine.
« Les gars, » Mikey marmonna contre la surface de la table. « Je crois que je suis mourant. Je suis trop fatigué pour ouvrir le frigo. »
« C'est juste le froid qui nous affecte tous, Mikey, » Dit calmement Don en poussant le pain et la confiture vers lui. « Bois quelque chose de chaud, ça t'aidera à te secouer. »
Mikey leva la main en direction de la nourriture, mais sa main retomba mollement sur la table.
« Je ne vais pas m'en sortir, » Souffla Mikey d'une voix dramatique, sa main tremblant tandis qu'il essayait d'atteindre le pain. « C'est la fin. Je ne reverrais plus jamais la maison, je suis- »
« Manges, crétin, » Grommela Raph en faisant claquer le pot de confiture contre la table devant son visage afin que Mikey puisse l'atteindre. Sa faim l'emporta sur sa fatigue, et Raph leva les yeux au ciel.
« Je pensais que Leo serait debout avant Mikey, » Commenta Raph. Don n'était pas le seul à être gêné par l'absence de l'odeur persistante du thé. « Vu qu'il était debout, hier, et tout. D'habitude, il ne sait pas se reposer. »
« Toi non plus, » Dit Don en se versant une autre tasse de café. « La dernière fois que tu as été blessé, on a dû verrouiller ta porte de l'intérieur, et tu as presque enfoncé cette pauvre porte. Les marques de Saïs sont encore là. »
« J'avais pas besoin de me reposer ! » Se défendit Raph en s'adossant contre le dossier de sa chaise, croisant les bras sur son torse.
« Bien sûr que non, » Dit calmement Don en sirotant son café. Son regard vagabonda du côté de la chambre d'ami. La porte était entrouverte. Leo s'était-il déjà levé ?
Don posa sa tasse sur la table et repoussa sa chaise afin de se lever. Il s'approcha silencieusement de la porte, ne voulant pas réveiller Leo au cas où il dorme encore. Mais le lit était vide, alors il était debout. Comment cela se faisait-il qu'il ne l'ait pas vu ? La porte était clairement visible depuis la cuisine.
Don jeta un œil dans la salle de bain, mais elle était également vide. L'appartement n'était pas grand, Leo ne pouvait pas être loin – et pourtant, Don ne pouvait le trouver dans aucune des pièces.
« Les gars ? Je ne trouve pas Leo, » Dit Don en revenant dans la cuisine, incapable de ne pas avoir l'air inquiet. Raph et Mikey levèrent tous les deux les yeux vers lui.
« Qu'est-ce que tu veux dire ? » Demanda Mikey, puis ses yeux s'écarquillèrent. « Tu ne penses pas qu'il est encore sorti ?! »
« Eh ben, j'espère bien que non. Tous nos habits sont là, donc j'en doute. La fièvre est retombée… »
« Tu es sûr d'avoir vérifié partout ? » Demanda Raph en finissant son café d'une grande gorgée avant de se lever.
« Oui ! Je ne l'ai pas vu depuis qu'on l'a laissé dormir sur le- oh. » Donatello se passa une main sur le visage avant de se retourner pour se diriger vers le canapé. Il se pencha par-dessus le dos du sofa et baissa les yeux. Le bleu du bandana de Leo et le sommet de sa tête étaient les seules choses visibles il s'était enterré sous les couvertures, et Don ne l'avait pas remarqué, même lorsqu'il était passé devant le canapé.
Mais à présent que Don l'observait, il se rendit compte que Leo était dans la même position exacte que lorsqu'ils étaient partis au lit en le laissant dormir ici, et les couvertures posées sur lui ne bougeaient pas au rythme de sa respiration. La peur le submergea et il saisit les couvertures, les tirant violemment avant de maintenir sa main devant le visage de Leo.
Il pouvait sentir le souffle chaud de Leo, et sa tête retomba sous le coup du soulagement. Parfois, c'était frustrant à quel point Leo était silencieux et immobile quand il dormait. Ce n'était pas la première fois qu'il faisait peur à Don.
Mais il devait hausser un sourcil à l'immobilité de Leo. Dormir dans la même position pendant aussi longtemps ? Leo allait avoir des courbatures lorsqu'il se réveillerait. D'une certaine façon, une telle immobilité était étrange, même pour Leo il était naturel de bouger ne serait-ce qu'un peu en dormant. Don posa une main sur son front, mais il n'y avait aucun signe de fièvre. Son front n'était pas chaud. En réalité, il n'était pas chaud du tout, et semblait presque froid contre la main de Don.
« Leo, » Appela doucement Don. À présent que la fièvre était tombée, le réveiller ne devrait pas être difficile, mais Leo ne fit pas un geste à ses mots. Don l'appela à nouveau, un peu plus fort, cette fois. Il toucha l'épaule de Leo, le secouant doucement. Pas de réaction. La peur qu'il avait ressenti tout à l'heure revint lentement.
Raph s'approcha en entendant Don hausser la voix, et il se pencha contre le canapé pour les observer.
« Qu'est-ce qui ne va pas ? » Demanda-t-il, son regard alternant entre Don et Leo.
Il n'eut pas vraiment besoin d'une réponse Don secouait Leo, appelant son nom, une lourde inquiétude transparaissant dans sa voix. Raph se redressa et alla se placer près de Don, lui indiquant de se décaler pour lui laisser la place. Raph hésita un moment, mais finit par gifler le visage de Leo. Eh bien, c'était thérapeutique. Leo avait été si frustrant lorsqu'il délirait à cause de la fièvre.
Mais la satisfaction ne dura pas. La seule inquiétude présente dans la voix de Don aurait dû être assez pour réveiller Leo – chacun d'entre eux réagissait toujours s'ils avaient l'impression que l'un d'entre eux avait des ennuis, mais la gifle aurait vraiment dû le réveiller. Leo, qui pouvait être réveillé pas une plume tombant sur le sol, ne se réveillait pas après avoir été giflé ? Raph jeta un œil à Don. Quelque chose n'allait vraiment pas. Raph se retourna vers Leo, le giflant à nouveau tout en grognant son nom, mais sans succès.
« Sa peau semble plus froide qu'elle ne devrait l'être, » Dit doucement Don en se penchant pour soulever une des paupières de Leo tandis que son autre main se pressait contre son cou pour relever son pouls. Raph balaya les mains de Don, certain que sa méthode était plus utile à l'heure actuelle. Mikey apparut à côté d'eux, et se colla à Don tandis que Raph levait la main pour gifler Leo une fois de plus.
La troisième gifle retentit dans la pièce, faisant grimacer les deux plus jeunes tortues. Raph hésitait clairement, sa main toujours levée en l'air il ne voulait pas frapper leur frère une quatrième fois. Don essayait de se rapprocher, s'appuyant prudemment sur Raph pour mieux y voir, lorsque Leo grogna avant de lever une main pour se protéger de davantage de coups. Raph sourit de soulagement, mais le mauvais pressentiment persista. Il garda malgré tout le sourire aux lèvres en regardant Don. « Et voilà comment on fait. »
Don sembla également soulagé, et à présent, il poussait Raph au lieu de se contenter de le faire se décaler, reprenant sa place auprès de Leo. Raph fut encore plus repoussé lorsque Mikey se fit de la place, et Raph se contenta de grogner au traitement qu'il recevait.
« Leo, comment tu te sens ? » Demanda prudemment Don, ne s'attendant pas à grand-chose comme réponse, mais ayant besoin de l'entendre parler. Pour se remettre de sa frayeur, et pour pouvoir déterminer son état. Raph croisa les bras tandis qu'ils observaient Leo reprendre lentement ses esprits.
Leo prit une profonde inspiration et ouvrit les yeux, clignant des yeux pour y voir clair. Il fixa ses frères, levant une main pour se tâter la joue.
« …Comme si quelqu'un venait de me gifler trois fois, » Répondit-il en jetant un regard accusateur à Raph tout en se frottant la joue. Raph ne fit que hausser les épaules en souriant.
« Tu ne te réveillais pas, » Dit Mikey à voix basse. Les yeux de Leo se posèrent sur lui et il grogna en se redressant afin de s'asseoir, ses muscles endoloris exprimant leur désaccord.
« Vraiment ? En tout cas, je suis réveillé, maintenant. » Leo se frotta les yeux. « Même si j'ai l'impression de ne pas avoir dormi du tout. »
Don hésita, mais parla quand même. « Ce doit être le froid. »
Il n'y avait pas grand-chose à faire. Don n'avait pas son labo, et Raph n'avait pas son sac de frappe, mais Mikey s'éclatait avec les quelques jeux-vidéos qu'il avait stockés dans la boîte où April gardait ses films. On ne savait jamais quand ses frères voudraient avoir une réunion ennuyeuse chez April, ou quelque chose comme ça, alors mieux valait être préparé. Il avait réussi à persuader Raph de jouer avec lui vu que la tortue rouge s'ennuyait aussi, et vu que Don lui avait interdit de faire quoi que ce soit qui demande un effort à son bras encore en voie de guérison.
Mikey ne s'était plus plaint de sa tête, et vu la façon dont il hurlait et sautait partout en jouant, cela devait vouloir dire que son mal de tête devait aller mieux. Don gardait malgré tout un œil sur lui – sur eux tous.
Chaque fois qu'il prenait la température de Leo – ce qui était souvent -, elle était un peu plus basse que la fois précédente. C'était un symptôme du rhume, et Don n'était pas certain de pourquoi il était aussi inquiet qu'elle baisse. Il ne pouvait simplement pas s'empêcher de penser au temps qu'il avait fallu pour réveiller Leo. Ils avaient tous été épuisés, et Leo avait été très malade, alors c'était compréhensible. Mais l'appartement était chaud, Leo avait eu beaucoup de boissons chaudes – et pourtant, la température de Leo ne remontait pas. D'abord, elle refusait de descendre avec sa fièvre, et maintenant, elle descendait trop… pourquoi ne pouvait-elle pas simplement rester là où elle le devrait ?
« Encore, Don ? » Demanda Leonardo tandis que Donatello s'asseyait près de lui. Leonardo avait reçu l'ordre de continuer à se reposer, et ne pas recevoir de protestations à ce sujet avait sans aucun doute été alarmant, mais à part ça, il n'y avait pas vraiment de raisons de s'inquiéter. Le léger sifflement dans ses poumons était encore audible lorsqu'il expirait profondément, et Don savait que le meneur avait tenté de cacher le son en contrôlant sa respiration.
« Oui, encore, » Dit Don en levant le thermomètre. Leo leva la main, signalant qu'il pouvait le faire lui-même, et Don lui tendit l'appareil.
Ils attendirent le résultat en silence, et lorsque l'appareil émit un bip, Leo n'eut même pas le temps de le sortir lui-même de sa bouche. Don l'arracha de ses lèvres si rapidement que le thermomètre cogna contre ses dents, et Leo grogna en s'affaissant dans le lit avant de resserrer les couvertures autour de lui.
« Ne t'inquiète pas tant, Donnie, » Dit Leo, ses yeux déjà à moitié fermés. « 'suis juste fatigué. »
C'était Don qui avait ordonné à Leo de se reposer, et pourtant, il se sentait nerveux à l'idée de laisser Leo dormir. Ils étaient tous affectés par le froid, mais ils n'étaient pas épuisés comme Leo, juste un peu somnolents, et cela disparaissaient s'ils se levaient et s'activaient. Ce n'était pas la première fois qu'ils avaient expérimenté une certaine somnolence pendant l'hiver, mais la météo devenait rarement aussi extrême. Il était normal que leurs corps réagissent au froid, surtout vu que Leo était malade, alors la peau froide et la fatigue ne devraient pas être alarmantes. Mais il n'aurait pas non plus dû être aussi difficile de réveiller Leo tout à l'heure. Il n'était pas normal de devoir être giflé pour se réveiller.
« Juste… Don toucha doucement l'épaule de Leo, essayant d'attirer son attention afin d'empêcher le sommeil de l'emporter. Leo le regarda, et Don détestait le fait que Leo semble avoir besoin de faire autant d'efforts pour garder les yeux ouverts. « Reste éveillé un moment, d'accord ? Je peux aller te chercher un livre, ou je pourrais lire pour toi, ou… »
« Don, » Dit Leo, sa voix adoptant à nouveau ce ton épuisé, posant sa main sur celle de Don. « Je vais bien. Je me sens beaucoup- »
« Qui veut du chocolat chaud ?! » Mikey ouvrit la porte avec fracas, surprenant à la fois Don et Leo. « April avait même des chamallows dans ses placards ! »
« Mikey, tu ne peux pas simplement les prendre sans demander… » Murmura Don en se retournant pour regarder son frère cadet. Mikey tenait un plateau avec trois tasses fumantes posées dessus.
« Trop tard, ils sont déjà dans les boissons ! À moins que tu veuilles que je les sortes et les remettes dans le paquet. Et, ben, Raph a déjà mangé les siens – même si je lui ai dit que ce serait meilleur s'il les mangeait en buvant, mais non, il fallait qu'il les prenne et les mange un par un – dooonc ça sera encore plus difficile… »
Don secoua la tête, prenant la tasse que Mikey lui offrait. « Merci, Mikey. Espèce de petit voleur de nourriture. »
« Hé, je suis sûre que ça ne l'embête pas ! »
Don sourit à cela c'était très probablement vrai. April adorait gâter Mikey de sucreries, ne comprenant pas pourquoi le reste des frères grognait toujours quand elle ramenait des bonbons. Elle n'avait pas à vivre avec Mikey lorsqu'il avait une montée de sucre. Et puis, ils s'assureraient de remplacer tout ce qu'ils utiliseraient une fois que la tempête serait passée. Don ajouta les chamallows à sa liste mentale de ce dont ils auraient besoin de se procurer.
Il avala une gorgée prudente, soupirant au bon goût de la boisson chaude. Les chamallows fondaient sur sa langue, et pour une fois, Don était heureux que Mikey soit un petit voleur avec un penchant pour les sucreries.
Don regarda Mikey aider à se redresser, mais il ne put s'empêcher de remarquer la façon dont les mains de Leo tremblaient en prenant la tasse chaude. Mikey sembla également le remarquer vu qu'il garda sa main de l'autre côté de la tasse, aidant Leo à soulever la boisson.
« Merci, Mikey, mais je peux le faire tout seul, » Murmura Leo contre le bord de la tasse, clairement embarrassé par la façon dont ses mains tremblaient.
« J'aide juste un peu, » Dit Mikey en haussant les épaules, ne retirant pas sa main. Leo lui envoya un regard, mais il dut accepter le fait que la main de Mikey n'irait nulle part, et prit une gorgée. D'après son expression, ils pouvaient voir que Leo appréciait la boisson autant qu'eux, et malgré le fait qu'ils soient inquiets à propos des mains tremblantes de Leo, ils sourirent à cette vision. Don était content que Mikey ait décidé de venir en apportant des boissons c'était une excuse pour le garder éveillé. Même si c'était juste pour un peu plus longtemps.
« Je vais aller jeter un œil à mon ordi, » Dit Don, espérant que Mikey parviendrait à garder Leo éveillé aussi longtemps. Il voulait toujours surveiller la tempête, et à présent que la journée s'était calmée, il pourrait peut-être même réussir à contacter à nouveau April et Casey.
« J'sais pas pourquoi il continue à surveiller la tempête, » Dit Mikey en faisant un geste de la tête vers la fenêtre. « Je veux dire, tout ce qu'il a à faire, c'est regarder dehors pour voir comment c'est. »
« Son site lui dit si cela va s'empirer, » Dit Leo, même si Mikey savait déjà ça.
« Ouais, mais en quoi ça va aider ? Qu'est-ce qu'on peut y faire, si c'est le cas ? Et puis, ça à l'air d'aller beaucoup mieux, aujourd'hui. »
Leo souffla sur sa boisson sans répondre. Depuis le début de la tempête, il avait été assez inutile, laissant Don à s'inquiéter à propos des nombres. Il savait qu'il ne pouvait pas s'en vouloir d'être tombé malade, mais il allait mieux, maintenant, il devrait être avec Don, à formuler des plans au cas où la tempête empire vraiment.
« Mais on est en sécurité, ici. On a des jeux-vidéos et du chocolat chaud ! » Mikey semblait assez confiant à ce propos, et Leo sourit un peu, espérant qu'il avait raison. Une nouvelle vague d'épuisement le submergea et il raffermit sa prise sur sa tasse afin de ne pas accidentellement la lâcher.
« Mec, t'as l'air à deux doigts de t'endormir, » Observa Mikey, essayant de paraître amusé, mais cela ne marcha pas vraiment. Don prenait constamment la température de Leo, et faisait toute une histoire de son état, et Don ne faisait jamais toute une histoire de quoi que ce soit à moins qu'il n'y ait une raison de s'inquiéter. Enfin, bon, d'accord, parfois, mais Mikey avait vu les efforts que lui et Raph avaient dû déployer pour réveiller Leo tout à l'heure.
« J'ai aussi l'impression que c'est le cas, » Admit Leo avec un soupir, mais il sourit un pue. « C'est étrange. D'habitude, je serais déjà en train de m'entraîner, n'est-ce pas ? »
« Ça c'est sûr, » Dit Mikey, ne lui retournant cette fois pas son sourire. Leo remarqua son ton plat, et soupira derechef.
« Ecoutes, Mikey, je ne sais pas pourquoi Don surréagit, mais il le fait. Je suis certain que j'irais mieux une fois que je serais reposé. Pourrais-tu me faire une faveur et essayer de le faire penser à autre chose ? »
Mikey regarda Leo dans les yeux, n'aimant pas leur aspect vitreux.
« C'est lui le doc, Leo, » Dit Mikey. « S'il est inquiet- »
« Tu te souviens de cette fois où tu t'es blessé le doigt sur cette scie quand tu étais en train de l'aider ? Il a cru que tu t'étais sectionné le doigt, et même lorsqu'il fut clair que ce n'était pas le cas, le bandage qu'il t'a fait était ridicule. »
« Hé, moi aussi, j'ai cru que je me l'étais coupé, » Mikey défendit Don en riant au souvenir. Bon, d'accord, il avait tout fait à part rire lorsque c'était arrivé – il y avait eu tellement de sang ! – mais à présent, le souvenir était simplement drôle et idiot. Il avait paniqué, Don avait paniqué, et il avait même regardé par terre, à la recherche du doigt qu'il pensait avoir perdu. « Mais oui. C'était ridicule. Mon doigt entier était immobilisé tellement il avait abusé avec les bandages ! »
Leonardo sourit. Ses mains ne tremblaient plus autant qu'avant, alors Michelangelo l'autorisa à tenir sa boisson tout seul.
« Je verrais ce que je peux faire à son propos, » Dit Mikey en se retournant pour attraper sa propre tasse. Aider Leo avait donné un peu de temps à la boisson pour se refroidir, pas trop, mais juste assez pour qu'il ne se brûle pas la langue. Il était souvent trop impatient pour attendre que ses boissons se refroidissent, mais peut-être que cette fois-ci, sa langue serait épargnée. « Peut-être que j'arriverais à le persuader de jouer à quelques parties d'Astrozone avec moi. »
« Ça me paraît bien, » Dit Leo d'une voix beaucoup plus basse qu'il y a quelques instants, et Mikey lui jeta un regard. Leo était encore assis, mais ses yeux étaient fermés. Une partie de lui voulait le laisser dormir, une autre… ne le voulait simplement pas. Mikey baissa les yeux vers sa boisson, se sentant un peu nerveux. Il y avait quelque chose dont il voulait parler, quelque chose dont il avait besoin de parler, et parler était une façon de garder Leo réveillé.
« Leo, » Commença Michelangelo, mais il n'était pas certain de comment continuer. S'il restait silencieux, peut-être que Leo s'endormirait et ils pourraient parler plus tard, ouaip, c'était la meilleure option, après tout-
« Oui ? » Demanda Leo, et Mikey soupira. Peut-être était-il préférable de s'en débarrasser dès maintenant.
« Je… tu as dit que tu avais du mal à te souvenir de la nuit dernière, pas vrai ? »
Leo sembla réfléchir un moment, avant d'expirer doucement.
« Oui… et je n'ai pas vraiment eu le temps de réfléchir. Je veux dire, j'ai toutes ces… images, mais je ne sais pas si elles sont vraiment arrivées ou si je les ai juste rêvées. Je veux dire, elles semblaient assez… »
« …Quoi que ce soit à propos de fenêtres, là-dedans ? » Demanda Mikey, ne sachant pas s'il avait le droit d'être amusé.
« …Ce n'était vraiment pas un rêve ? » Demanda Leo, ayant l'air un peu horrifié, ses yeux à présent ouverts. Mikey ne put s'empêcher de pouffer un peu – d'accord, ça n'avait vraiment pas été cool de la part de Leo de faire ce qu'il avait fait, s'échapper par la fenêtre dans la nuit, mais à présent que c'était derrière eux, c'était amusant.
« Ouais, mec. Ta fièvre était vraiment haute, et t'étais là, à sortir tranquillement par la fenêtre. »
« Ça veut dire que j'ai… oh, Raph, je dois m'excuser… » Leo bougea dans l'intention de se lever du lit, mais son corps épuisé résista, et il dut se rallonger contre la tête du lit en toussant. Mikey posa leurs tasses sur le côté et frotta le bras de Leo d'une manière réconfortante, attendant que la toux s'arrête.
« Je pense que ça peut attendre, » Dit Mikey, mais il ne put s'empêcher d'être curieux. « Raph ne nous a pas dit ce qu'il s'est passé. Oh, attends, si, il a dit que tu as essayé de le combattre. »
Leo grogna en fermant les yeux. « Je suppose que oui. J'ai essayé de combattre Don aussi, pas vrai ? » Il soupira à nouveau. « Ça me semble tellement stupide, maintenant, de ne pas avoir réalisé que ce que j'ai vu n'était pas… réel… »
Mikey avait le sentiment qu'il ne devrait pas poser de questions à propos des hallucinations, alors il ne le fit pas. À la place, il tira à nouveau les couvertures par-dessus Leo, laissant sa main reposer dessus.
« De quoi d'autre tu te… souviens ? » Michelangelo demanda prudemment. Leonardo resta silencieux pendant un long moment, et Mikey commençait à croire qu'il s'était vraiment endormi, cette fois, mais il finit par parler.
« … D'être resté allongé sur le sol du magasin, » Leo pouffa, mais son sourire disparut rapidement. « Je suis désolé, Mikey, j'aurais dû- »
« Tu es désolé ? » Mikey rit, mais ce n'était pas un rire joyeux. Il ne pouvait pas croire que Leo s'excusait alors qu'il avait été sur le point de le faire – mais là encore, il pouvait le croire. Leo se blâmait toujours pour tout. Et là, tout de suite, ça le rendait furieux.
« C'est moi qui t'es tombé dessus au magasin, et quand je me cachais de rien, je t'ai empêché de respirer, et – tu étais si malade, Leo, et je ne pouvais pas- »
Leo utilisa les forces qu'il lui restait pour se redresser des oreillers et attraper les épaules de Mikey afin de le rapprocher de lui. La peau de Leo était froide, ne faisant qu'augmenter la culpabilité de Mikey, mais il ne put s'empêcher d'entourer Leo de ses bras et de le serrer contre lui.
« Tu as pris soin de moi, Mikey, » Dit doucement Leo. « Je ne me rappelle pas de tout, mais… je suppose que tu voulais aller chercher Don et Raph – tu prenais soin de nous tous, mais parfois, des choses inévitables arrivent, et… » Leo dut prendre une inspiration avant de continuer malgré le fait que sa poitrine aille mieux, il avait encore des difficultés à parler autant.
« Je me souviens avoir senti ta présence, entendu ta voix… » Les yeux de Leo se fermèrent tandis qu'il s'affaissait contre Mikey, la chaleur émanant de son frère le rendant encore plus somnolent. « Ça m'a aidé à me débarrasser des hallucinations. Merci d'avoir pris soin de moi, Mikey. »
Mikey serra Leo encore plus fort. Il avait déjà entendu de la part de Raph comme de Don qu'il n'avait rien fait de mal, mais l'entendre de Leo, qui était celui qu'il avait l'impression d'avoir laissé tomber, c'était… un grand soulagement, même si Mikey se sentait toujours coupable. Il pouvait sentir la faiblesse de Leo, et il se mordit la lèvre, faisant de son mieux pour garder ses émotions sous contrôle. Il avait déjà trop fait parler Leo, tout ça parce qu'il se sentait aussi coupable et ne pouvait pas le taire.
« Bien sûr, frangin, » Dit Mikey en reniflant un peu. D'accord, il n'avait jamais été très bon à faire taire ses émotions pour s'en occuper plus tard, alors voilà. En entendant ce son, Leo se recula, et Mikey essaya de détourner la tête, mais Leo avait déjà posé sa main sur sa joue, le regardant avec ses yeux inquiets de grand frère.
« Mikey, » Dit doucement Leo, semblant presque triste. « Si j'avais su que tu t'en voulais à ce propos- »
« Non, c'est bon, » Dit Mikey en s'essuyant le coin de l'œil du revers de la main. « Je me sentirais mieux une fois que tu iras mieux, Leo. »
« Et je me sentirais mieux une fois que tu auras compris que j'apprécie tout ce que tu as fait. »
« Même d'avoir cogné ta tête dans les escaliers lorsque je t'ai traîné hors du magasin ? » Plaisanta Mikey, et Leo sourit.
« Pour ça, je pourrais bien me venger… » Menaça Leo, et Mikey couina lorsque l'ainé des tortues le fit tomber sur le lit, ne montrant aucune pitié tandis qu'il chatouillait les côtes de Mikey. Mikey riait tout en se tortillant sous l'emprise de Leo, mais il ne lui fallut pas longtemps pour réaliser que Leo était bien plus faible que lui, et il parvint à attraper les poignets de Leo pour mettre fin à son tourment.
« C'est pas juste, » Leo eut un sourire fatigué, Mikey le lâchant une fois que Leo se fut rallongé. « Tu ferais mieux de faire attention lorsque je serais… »
Une faible toux interrompit Leo, et Mikey recouvrit une nouvelle fois son frère des couvertures. Il décida qu'une sieste ne lui ferait pas de mal non plus, alors il s'allongea à côté de Leo, se blottissant contre lui. Ouais, il restait complètement pour la sieste, et certainement pas parce qu'il était réconfortant de dormir à côté de Leo.
« Argh, t'as la peau si froide, » Se plaignit Mikey, se collant malgré tout encore plus près de Leo. « Dépêches-toi d'aller mieux. »
Leo ne fit qu'acquiescer d'un son, déjà confortable sous les couvertures, entouré par la chaleur de Mikey. Pour une fois, Mikey avait assez de doigts pour compter quelque chose il ne fallut pas à Leo plus de quelques secondes pour s'endormir. Ce devait être un genre de record. Mikey le suivit de près, s'endormant avec ses bras drapés autour de Leo.
Un vieux film passait à la télé, n'intéressant réellement ni Don ni Raph, mais d'une manière ou d'une autre, ils avaient été happés par l'intrigue et avaient besoin de voir comment le film se terminerait. Don n'avait pas été en mesure de contacter April, mais il lui avait laissé un message lui demandant de l'appeler dès qu'elle le pourrait. Il avait été sur le point de retourner dans la chambre d'ami après avoir laissé le message, mais il avait entendu ses frères parler, et avait décidé de les laisser tranquilles.
Don soupira en s'appuyant contre Raph, s'étirant un peu les jambes. Habituellement, Raph l'aurait probablement repoussé vers sa propre place sur le canapé, mais la proximité ne semblait gêner aucun d'entre eux, pour le moment. La chaleur était agréable, mais après tout ce qu'il s'était passé, il était simplement bon de rester proches l'un de l'autre. Raph resserra les couvertures autour d'eux, faisant se rapprocher Don encore davantage.
« C'est la cinquième fois que tu soupires en moins d'une minute, » Dit Raph sans détourner les yeux de l'écran. Don soupira à nouveau, pour ce qui était donc la sixième fois.
« Je sais. Trop de pensées. J'aimerais juste avoir mon labo. »
« Ça ira, pour lui. »
Don ne répondit pas, et le silence retomba tandis qu'ils se concentraient sur l'intrigue du film. L'histoire arrivait à sa fin, et les deux tortues grognèrent à l'évidence de scénario. Ç'aurait pu être bien, mais le dénouement s'était avéré être un gros cliché.
« Même les trucs que choisit Mikey sont mieux, » Grogna Raph en s'asseyant. Don remarqua le tressaillement de Raph lorsqu'il s'étira les bras, et le docteur de la famille se mit immédiatement à inspecter le bras blessé de Raph.
« Je pense que je devrais défaire les bandages pour jeter un œil- »
« Don, relax. Je vais bien, Leo va bien, on va tous bien. Même sans ton labo, tu te surmènes. »
Don secoua la tête, avant de réaliser que c'était peut-être exactement ça. Sans son labo, sans pouvoir prendre un échantillon du sang de Leo – enfin, il pouvait prendre son sang, il n'avait simplement pas l'équipement pour le tester, alors ce serait complètement inutile – ou l'examiner d'une autre manière, il se sentait inutile. S'inquiéter était la seule chose qu'il pouvait faire.
« Peut-être qu'il reste un peu de mon équipement dans le magasin d'April, datant de lorsqu'on l'avait déplacé- »
Donatello se leva, même s'il avait déjà passé en revue le magasin (deux fois), mais la main de Raphael sur son bras l'arrêta.
« Don, » Soupira Raph. « Reposes-toi un peu. Je vais faire quelque chose à manger, est-ce que tu peux rester immobile pendant ce temps ? »
Don jeta un œil à son frère, ayant l'air un peu amusé. « Toi ? Faire à manger ? »
« C'est pas si difficile, » Marmonna Raph en tirant sur la main de Don, et le génie fut forcé de se rasseoir sur le canapé. « Arrêtes de faire cette tête ou t'en auras pas. »
« Et ce serais une mauvaise chose ? » Continua de le taquiner Don, et Raph renifla dédaigneusement en se levant afin de se dirigea vers la cuisine.
« Très bien, je ferais simplement en sorte que ta part soit super épicée. »
Don savait qu'il s'agissait d'une menace en l'air, mais au loin, les taquineries amicales l'avaient fait se sentir un peu mieux. Peut-être que Raph avait raison, peut-être que Leo allait bien et qu'il réfléchissait trop, vu que son esprit n'avait rien d'autre à faire. Leo avait été très malade, bien sûr qu'il lui faudrait du temps pour s'en remettre. Peut-être que sa guérison semblait plus lente parce qu'ils n'avaient pas le dojo, où Leo se rendait habituellement après s'être remis. Il n'y avait vraiment pas grand-chose à faire à part réfléchir… trop réfléchir. À présent que Don s'en rendait compte, il s'autorisa à calmer son inquiétude. Pour se changer encore plus les idées, il saisit le livre qu'il avait essayé de lire avant de s'intéresser au film, espérant pouvoir se concentrer dessus à présent que son esprit était un peu plus clair.
Un bruit sourd et quelques jurons se firent entendre depuis la cuisine. Il fallait aussi espérer que Raph ne détruirait aucune des affaires d'April.
Leonardo se réveilla en haletant, sa main se ruant vers son plastron. Son cœur battait à toute allure, et il garda sa main plaquée contre lui dans une tentative désespérée de contrôler le martèlement contre sa poitrine. Il avait trop chaud, et il repoussa la couverture, essayant de s'échapper de cette chaleur inconfortable. Il respira lourdement pendant un moment, s'autorisant à se calmer. Lentement, très lentement, son cœur ralentit, et la chaleur disparut en même temps, le laissant frissonnant. Le contraste entre les deux ressentis était trop important d'abord il avait l'impression de brûler, et maintenant, il gelait. Leo se recroquevilla en s'entourant de ses bras, essayant de donner un sens à la situation. Était-il à nouveau fiévreux ?
Leo s'assit en chancelant légèrement. Il était sûr d'avoir dormi, mais une fois encore, il avait l'impression de ne pas avoir dormi depuis des jours. Il jeta un œil à côté de lui et vit que Mikey était encore endormi. Des frissons remontèrent le long de sa colonne vertébrale, et Leo se mit encore plus en boule. Quelque chose n'allait pas, mais ses pensées lui échappaient, et il ne pouvait penser à rien d'autre qu'au froid qu'il ressentait. Il voulait se rallonger et se recouvrir des couvertures, mais quelque chose l'empêchait de faire cela.
Il resta assis, immobile, fixant la fenêtre devant lui sans vraiment voir quoi que ce soit.
Lorsque la porte de la chambre d'ami s'ouvrit, Don leva la tête de son livre, jetant un œil derrière lui juste à temps pour voir Leo refermer la porte derrière lui. La porte se ferma, mais Leo resta immobile devant elle, son dos tourné vers Don.
« Leo ? » La voix de Don était pleine d'espoir il savait que Leo avait été endormi vu qu'il n'avait pas entendu les voix de Leo ou de Mikey pendant un moment, mais à présent, il était debout, et il n'avait pas eu besoin que qui que ce soit le réveil. C'était bon signe. « Comment tu te sens ? »
Leo ne réagit pas du tout à ses mots il se détourna lentement de la porte, et Don ne put s'empêcher de remarquer la façon dont il trébuchait de temps à autre en marchant. L'inquiétude revint à la charge.
« Leo ? »
Leonardo tourna la tête vers lui comme s'il l'avait seulement entendu maintenant.
« O-oui ? »
« Tu es sûr que tu te sens assez bien pour être debout ? » Demanda Don en posant son livre sur le côté tandis qu'il regardait son frère s'approcher. Celui-ci s'assit sur le canapé à côté de lui.
Leonardo soupira, sa tête tombant tandis qu'il fermait les yeux.
« Je… vais bien, » Dit Leo, parlant plus lentement que d'habitude. Il ne balbutiait pas, les mots se suivaient simplement plus lentement. « Juste fatigué. »
C'était la même réponse que Don avait déjà reçu tant de fois, et il pouvait voir que Leo ne mentait pas en disant qu'il était fatigué. Il avait l'air à peine capable de rester assis.
« Alors… pourquoi tu ne dors pas ? »
« Je dormais, » Dit Leo en ouvrant les yeux pour fixer l'écran de la télé d'un regard vide. « Ça n'aide pas. »
« Tu n'as pas assez dormi, » Le corrigea Don en observant soigneusement son frère. « Tu es sûr que tu ne ressens rien à part de la fatigue ? Une quelconque douleur, ou même des courbatures, ou- ? »
« J'en suis sûr, » Dit Leo en se relevant déjà alors qu'il venait juste de s'asseoir. « J'dois me débarrasser de cette somnolence… »
Donatello regarda Leonardo commencer à faire les cent pas, ses mouvements semblant mous comme s'il n'avait pas complètement le contrôle de son corps. Don aurait aimé le forcer à retourner au lit, mais peut-être que c'était ce dont Leo avait besoin. Bouger pour que son sang se remette à circuler et qu'il se réchauffe.
Don reprit son livre, y reportant son attention avec hésitation. Il put retourner à sa lecture, mais malheureusement, il était très bon pour faire deux choses en même temps. Même en lisant, son esprit continuait à travailler c'était une bonne chose que Leo soit réveillé – même si ce n'était qu'à peine – mais d'habitude, lorsque Leo voulait se changer les idées ou se réveiller, il s'entraînait, même si tout ce qu'il pouvait faire en ce moment se résumait à des katas basiques. Il serait au minimum en train de méditer, pas… de faire les cent pas.
« Leo ? » L'appela à nouveau Donatello, incapable de garder les yeux sur son livre. « Est-ce que… quelque chose te tracasse ? »
Son grand frère n'était pas facile à lire. Il n'était pas seulement un maître dans l'art de se cacher dans les ombres, il était également très bon lorsqu'il s'agissait de cacher sa douleur et ses inquiétudes. Mais lorsque Leo sortait de ses habitudes, c'était un signe évident que quelque chose tracassait le meneur. Leo n'était pas simplement fatigué, il y avait autre chose. Il devait y avoir autre chose.
« Je ne sais pas, » Dit Leo, surprenant Don par la détresse dans sa voix. Une autre surprise était le fait que Leo n'ait pas simplement dit que tout allait bien – d'habitude, c'était ce qu'il se passait, vu que Leo était trop têtu pour dire ce qui le gênait. « C'est juste cette… fébrilité. »
Leonardo n'élabora pas, mais Donatello attendit patiemment. Il savait d'après le ton de sa voix que Leo essayait de comprendre, et Don tenta de guider ses pensées en exprimant son inquiétude.
« D'habitude, tu aurais déjà repris ton entraînement. Pas que ça m'embête que ce ne soit pas le cas – je t'aurais juste ordonné de retourner au lit, mais je pensais que tu essaierais, au moins. »
Leonardo tressaillit à ses mots, cessant de faire les cent pas, et Donatello réalisa son erreur. S'il avait réussi à culpabiliser Leo de ne pas s'entraîner pendant quelques jours – à quoi pensait-il ? C'était Leo. Bien sûr qu'il se sentait coupable.
« Je… tu as raison. Je devrais m'y remettre, » Dit Leo d'une voix qui donnait l'impression qu'il venait de se faire sermonner. Exactement comme Don l'avait suspecté, et il se gifla mentalement. Il voulait aussi gifler Leo pour toujours penser de cette façon.
« Non, Leo, tu as besoin de repos, » Don essaya de se corriger. « Et pour une fois, tu sembles aussi le réaliser. Repousser tes limites n'est pas ce dont tu as besoin, en ce moment. Je crois que tu ne devrais même pas être debout, tu es à peine capable de rester éveillé. »
Leo se tut. Il croisa les bras derrière sa carapace et recommença à faire les cent pas.
« Alors… est-ce que quelque chose te tracasse ? Quoi que ce soit dont tu aimerais parler ? » Essaya à nouveau Don, mais Leo secoua la tête, et Don vit qu'il fronçait les sourcils pour lui-même.
« C'est juste que quelque chose… »
Une fois encore, Don attendit que Leo élabore, lui donnant cette fois plus de temps pour continuer.
« Je ne sais pas comment le décrire, » Dit Leo après un long silence, n'ayant pas seulement l'air frustré, mais aussi confus. Don pencha la tête. Il voulait aider, mais Leo ne lui donnait pas grand-chose avec lequel travailler.
« Eh bien je pense que tu es toujours malade, » Dit doucement Don. « Ta température est encore basse. » Ce qui lui rappelait qu'il devrait vérifier à quel point elle était basse. Cela faisait plusieurs heures depuis la dernière fois qu'il l'avait fait, et avec la rapidité avec laquelle la température de Leo baissait tout à l'heure…
« Il faut que tu te reposes. »
« Je sais, » Dit Leo, et la défaite dans sa voix était légèrement surprenante. Après ses propos sur son entraînement, il s'était attendu à ce que Leo s'y remette, mais il semblait avoir accepté que ce n'était pas encore une bonne idée. Don s'était même attendu à ce que Leo dise qu'il en avait assez de ne pas faire d'exercice, et que c'était pour cela qu'il se sentait fébrile – en fait, Don l'avait espéré.
« Mais me reposer me fait me sentir si… » Leo ne put trouver le mot, et il soupira. Maintenant, même son soupir semblait frustré.
« Tu te sens fébrile parce que tu es resté trop longtemps au lit ? » Suggéra Don, espérant toujours que ce pouvait être le cas. Il était tellement habitué à forcer Leo à retourner au lit que faire allusion à son entraînement semblait… étrange. Leo ne semblait pas d'accord avec la suggestion, mais il haussa les épaules d'un air défait.
« Je suppose que ça pourrait être ça, » Dit-il. « Désolé, ça n'a pas apporté de réponses à qui que ce soit. »
« Ce n'est pas grave, » Dit rapidement Don. Il était inquiet, Leo semblait fatigué et fébrile, mais le fait que Leo essaie au moins de dire ce qui le gênait était une bonne chose. Au lieu de le garder pour lui-même comme d'habitude. « J'aurais juste aimé pouvoir faire plus pour t'aider. »
« Tu en as fait plus qu'assez, » Sourit Leo, en cessant enfin de faire les cent pas. Don regarda Leo réunir quelques couvertures avant de s'asseoir à côté de lui, et bientôt, le leader était enfoui sous la chaleur des couvertures. Don sourit à cette vision, espérant que Leo parviendrait à se rendormir. Il laissa son attention se reporter sur son livre. Le sujet n'était pas si intéressant, et il connaissait déjà la plupart des choses que le livre avait à offrir, mais à présent qu'il pouvait sentir Leo respirer de manière régulière à côté de lui, il avait plus de chances de parvenir à se concentrer sur le livre et rien d'autre.
Après quelques pages, il sentit Leo remuer, et il leva les yeux lorsque Leo repoussa les couvertures et se leva. Une vague de déception parcourut la tortue de génie pendant un moment, il avait cru que Leo s'était endormi, mais il semblait que son agitation n'avait pas faiblit. Il était sur le point de questionner Leo à ce sujet, mais il s'aperçut qu'il avait disparu dans la chambre. Oh, c'est vrai, la télé était encore allumée – peut-être que Leo pourrait mieux dormir dans un endroit plus silencieux. Don attrapa la télécommande et coupa le son de la télé.
Mais Leo ne fut pas parti longtemps il revint vers le canapé, portant davantage de couvertures dans ses bras. Après les avoir jetées sur le canapé, Don haussa un sourcil, se déplaçant légèrement pour que toutes les couvertures puissent tenir. Il n'y avait pas de place pour Leo, et Don, assez amusé, était sur le point de le faire remarquer à Leo, mais celui-ci semblait penser différemment. À la surprise de Don, le meneur parvint à déplacer les couvertures juste assez pour s'y enfouir parfaitement, comme si elles avaient été faites pour lui.
La vision était amusante il pouvait à peine voir Leo. Il avait fait un véritable château de couvertures. Don aurait taquiné le leader à ce propos, mais quelque chose l'arrêta. Leo avait son propre sens de l'humour, mais ça n'avait rien à voir. Il se serait attendu à ça de la part de Mikey, pas de Leo. Leo avait-il si froid qu'il ressentait le besoin de s'ensevelir sous une telle montagne de couvertures ?
Donatello se pencha vers lui, devant pousser quelques couvertures afin de voir Leo. Don toucha son front, et sa peau se révéla froide. Sa température baissait encore.
Leo ne réagit pas au contact, et Don réalisa que cette fois-ci, il était endormi. C'avait été… rapide. Don n'était pas vraiment surpris, mais cela le tracassait malgré tout. Surtout sa peau froide. La main de Don se déplaça au cou de Leo, et il releva son pouls. Il semblait normal, et Don était sur le point de retirer ses doigts lorsqu'il hésita. Non, son pouls était légèrement plus lent qu'il n'aurait dû l'être. Ce n'était pas alarmant, mais c'était inquiétant.
Don fixa le visage endormi de Leo, faisant de son mieux pour tenter de comprendre ce qui n'allait pas. Leo, ignorant tout de son inquiétude, semblait dormir paisiblement, ce qui était assez rare, maintenant que Don y réfléchissait. Beaucoup de choses étaient arrivées avant tout cela, avant la tempête hivernale, avant que Leo ne tombe malade – de longues patrouilles, beaucoup d'activité criminelle. Ils avaient été pas mal occupés, et d'habitude, le fait qu'ils aient beaucoup à faire signifiait que beaucoup de poids pesait sur les épaules de Leo.
Donatello soupira doucement. Il savait que Leonardo était probablement tombé malade à cause de la météo, mais là encore, personne d'autre n'avait attrapé de rhume. Pas encore, en tout cas. Le stress de Leo pouvait facilement avoir sa part de responsabilité là-dedans ce pouvait être la raison pour laquelle sa fièvre était autant montée. Il n'en aurait jamais la certitude, mais il en avait une forte intuition. Leo méritait un peu de repos.
Ainsi que quelque chose pour qu'il aille mieux. Mais… Leo ne faisait que dormir. Médicalement parlant, rien ne clochait chez lui, à part un pouls légèrement plus faible. Comment Don pouvait-il le traiter s'il n'y avait rien à traiter ? Comment pouvait-il l'aider s'il n'avait même pas l'équipement nécessaire pour trouver ce qui avait besoin d'être traité ?
Il pouvait déjà sentir l'odeur du dîner que cuisinait Raph, et il savait que son frère l'appellerait bientôt. Il aurait aimé que Leo mange quelque chose afin de recouvrer ses forces, mais peut-être était-il plus important qu'il se repose. Don hésita, incapable de décider s'il devrait faire manger Leo avant de le laisser continuer à se reposer. Il finit par ré enrouler les couvertures autour de Leo, espérant qu'un peu de repos aiderait. Pour le moment, la chaleur était le meilleur des médicaments.
« Leo, ne joue pas à ça. »
Donatello avait laissé Leonardo dormir pendant quelques heures avant de décider qu'il fallait qu'il mange. Il avait à nouveau repoussé les couvertures et avait essayé de réveiller Leo doucement, mais cela n'avait pas fonctionné. Rien n'avait fonctionné – Don avait tenté de le réveiller en lui parlant, en le secouant, en élevant la voix – et à présent, il l'avait déjà giflé cinq fois, certain d'utiliser la même force dont Raph avait fait preuve hier.
« Réveille, » Il le gifla, « Toi. »
La peau de Leo était froide. Ses poumons ne sifflaient plus lorsqu'il respirait, mais même cela aurait été préférable aux respirations silencieuses qui faisaient lentement monter et descendre sa poitrine. Trop de temps s'écoulait entre ses inspirations et ses expirations.
« Je t'en prie, Leo. »
La voix de Don tremblait, et son cœur était tombé dans sa poitrine. Il ne comprenait pas – pourquoi cela arrivait-il à nouveau, Leo avait semblé aller mieux, un peu de repos aurait dû aider, pas… pas encore causer une chose pareille ! Laisser Leo dormir avait été une erreur, une erreur qui était de le faute de Don, il était le docteur, il aurait dû le savoir, il aurait dû-
Don leva à nouveau la main, mais au lieu de la gifler, sa main ne fit que retomber sur la joue de Leo, le désespoir faisant tambouriner le cœur de Don dans sa poitrine, en un contraste horrible avec le pouls lent de Leo. Froid, si froid. Ses doigts allèrent se placer devant les lèvres de Leo, juste pour sentir les faibles bouffées d'air, et le cœur de Don lui fit mal. Il ne savait pas quoi faire. Il était censé savoir, mais il ne savait pas, et sa frustration menaçait de le submerger.
Non, il savait ce qu'il devait faire – il devait se calmer et réfléchir. Leo avait besoin de lui, et il ne pouvait pas se laisser vaincre par sa panique grandissante. Il avait dû stopper l'hémorragie de blessures sanglantes, avait dû s'occuper de patients paniqués, avait été dans ses situations où il n'avait pas su quelle était la meilleure action médicale – mais à chaque fois, il avait toujours au moins eu une idée de ce qui devait être fait, mais à présent, il était complètement perdu. Il avait toujours davantage été un ingénieur qu'un docteur, mais au fil des années, il avait été forcé d'apprendre beaucoup de choses sur la façon de s'occuper de blessures et de maladies. Mais il semblait que ses connaissances s'arrêtaient là. Rien n'allait mal, et pourtant, tout allait mal. Leo ne faisait pas que dormir il s'effaçait lentement, sa respiration se ralentissait, son corps se refroidissait. Comme si son corps abandonnait et était en train de s'éteindre.
Il s'approcha encore plus, ses yeux scannant le corps de Leo, ses idées se bousculant dans sa tête. La fièvre avait-elle vraiment été trop violente, avait-elle trop affaibli Leo ? Avait-elle été assez haute pour causer des dommages à ses organes internes ? Mais il avait montré des signes clairs de rétablissement, et même le sifflement de ses poumons avait disparu. Mais s'il y avait vraiment des dégâts internes, que pouvait-il faire ? Même son équipement au repaire n'était pas assez avancé pour traiter une chose pareille.
La main de Don était toujours au-dessus de la bouche de Leo, et il se figea. Il n'avait pas senti l'expiration suivante de Leo, et son cœur rata un battement sous l'effet de la peur. Il attrapa les couvertures et les arracha afin de pouvoir accéder à son frère plus facilement tout en hurlant son nom.
« Leo ! »
Ses mains paniquées palpèrent la peau froide du cou de Leo, à la recherche de son pouls. Leo était juste là, devant lui, et pourtant, Don ne pouvait rien faire pour empêcher Leo de leur échapper.
« Don ! Qu'est-ce qui se passe ? »
Le hurlement de Don avait alerté Raph et Mikey, qui se précipitèrent dans le salon. Don n'avait pas le temps de leur prêter attention, ses doigts glissant sur la peau de Leo tandis qu'il cherchait désespérément le pouls qu'il ne pouvait pas trouver.
