Leonardo se pencha par-dessus la balustrade du pont et put à peine discerner son frère entrer en collision avec la glace avant de disparaître dans l'obscurité qui s'étendait en dessous. La tempête devenait atroce, encore plus qu'elle ne l'était déjà, et il lui était impossible de voir si Raphael essayait de se sortir de l'eau ou si la rivière noire l'avait avalé.

Leo ne voulait rien de plus que sauter après lui, mais à la place, il se projeta en arrière, n'ayant pas vu l'attaque de l'élite mais sachant pertinemment qu'il ne resterait pas sans rien faire alors qu'il faisait une cible facile. La hache s'enfonça dans la neige à l'endroit exact où il s'était tenu, et il était clair que l'élite devrait utiliser ses deux mains s'il voulait la déloger de la glace.

C'était sa seule chance. Tandis que l'élite essayait de soulever la hache, Leo courut droit vers lui, faible et désarmé. Mais il n'avait pas besoin de puissance son poids et la glace qui s'étalait sous leurs pieds étaient suffisants pour faire perdre son équilibre à l'ennemi, et l'élite fut la troisième personne à tomber du pont, partiellement parce qu'il avait refusé de lâcher sa hache. Leo faillit tomber avec lui, mais ses jambes percutèrent la rambarde, lui permettant de rester du bon côté. Il ne s'arrêta pas pour regarder l'élite tomber, mais se retourna, récupéra son épée tombée dans la neige et la rengaina prestement. D'une main tremblante, il déboutonna sa veste, se débarrassant de ses vêtements aussi vite que possible. Le vent était absolument sans pitié, et Leo savait que ce qu'il faisait était stupide, mais c'était de sa faute. Il était venu ici malgré sa faiblesse, avait été désarmé si facilement, et Raph avait dû lui venir en aide, offrant à l'élite une chance de l'avoir par surprise et de le faire tomber.

Leo jeta un regard par-dessus la balustrade, plissant les yeux afin d'apercevoir les deux endroits où Raph et l'élite avaient traversé la glace. Rien ne bougeait, ce qui signifiait que Raph était toujours sous l'eau. Le cœur de Leo tomba dans sa poitrine. C'avait été une mauvaise idée de faire tomber l'élite à cet endroit, où Raph se trouvait toujours, mais il ne pouvait pas pu le laisser sur le pont non plus. Don et Mikey étaient encore là, occupés par leur propre combat, et Leo ne savait pas quelle était la gravité de leur situation ; empêcher l'élite de les atteindre était la seule chose qu'il pouvait faire pour les protéger.

Sans aucune hésitation, il se jeta par-dessus la balustrade et se prépara au choc. Mais rien ne pouvait le préparer à quelque chose d'aussi froid, même après avoir été en proie au vent sans ses vêtements d'hiver, même après s'être constamment senti gelé ces derniers jours – être submergé dans de l'eau glaciale lui coupa le souffle, le paralysant momentanément et le rendant presque inutile.

Presque.

Leo lutta contre le froid et agita les jambes, tentant de se diriger vers le fond. Il faisait trop sombre pour y voir quoi que ce soit, alors sa meilleure chance était de se contenta de nager droit vers le bas le courant n'était pas assez puissant pour avoir emporté Raph, même s'il était trop blessé pour nager, alors il ne pouvait pas être très loin. Il sentit quelque chose contre son visage, s'élevant des profondeurs – des bulles ? Leo agita les bras aveuglément devant lui, espérant, priant pour trouver quelque chose de solide dans l'eau, quelque chose de familier –

Sa main entra en collision avec quelque chose, un matériau doux, et il l'attrapa immédiatement en reconnaissant un vêtement. Pendant une seconde, il eut peur qu'il ne s'agisse de l'élite, mais il sentit rapidement la forme familière d'une carapace et attrapa fermement Raph des deux mains. Il battit des jambes, mais rien ne se passa ils ne remontaient pas. Une vague de terreur le submergea. Etait-il faible à ce point ? Le courant paresseux avait été contre lui lorsqu'il s'était dirigé vers le fond, alors il aurait dû l'aider à présent, à moins que… à moins que Raph ne soit coincé. Les habits trempés qu'il portait avaient été suffisamment lourds pour que Raph soit entraîné vers le fond, mais ils n'étaient pas censés être assez pesants pour l'empêcher de remonter. Raph était encore conscient, et le fait qu'il se débatte toujours était à la fois une source de soulagement comme de frustration pour Leo en effet, ce dernier s'était repositionné afin de pouvoir tâter les jambes de Raph et vérifier s'il était réellement coincé, mais les battements violents de son frère rendaient ce travail difficile.

Après quelques difficultés, il se rendit compte que l'autre jambe de Raph ne bougeait pas beaucoup quelque chose ressemblant à un filet s'était enroulé autour. Probablement un déchet jeté dans la rivière. Raph tirait dessus, essayant de dégager sa jambe, mais il n'y arrivait pas vraiment. Leo dégaina son épée, et comme toujours, il était difficile de couper quelque chose sous l'eau. Le liquide résistait à chacun de ses mouvements, et il découvrit rapidement qu'il était bien trop épuisé pour cela. Jusque-là, c'était l'adrénaline qui l'avait guidé et lui avait permis de faire l'impossible, mais à présent, son corps avait décidé que c'en était trop. Il avait déjà utilisé toutes les forces qu'il n'avait plus pour atteindre le pont, et les muscles de ses bras finirent simplement par l'abandonner il pouvait à peine garder son épée en main, et n'avait plus aucun espoir de libérer Raph. Leo serra les dents, parcouru de tremblements incontrôlables – il avait tant lutté pour atteindre ses frères, et c'était maintenant que son corps l'abandonnait ?

Il se sentait déjà étourdi, ses poumons brûlants du manque d'air, l'eau glacée poignardant sa peau comme un millier de petites aiguilles. Et pourtant, rien de tout cela n'était pire que la douleur de l'échec dans lequel il avait précipité Raph et lui-même – il ne voulait pas abandonner, ne pouvait pas abandonner, mais son corps l'écoutait à peine. Il ordonna à son bras de bouger, mais il se sentait si apathique, pris de vertiges-

Raph lui attrapa le bras, et Leo réalisa qu'il avait lâché Raph et était presque en train de s'éloigner de lui, emporté par le courant. Le leader secoua la tête, l'idée de laisser Raph seul dans l'obscurité l'emplissant de terreur. Il ne pouvait pas faire ça. Mais que pouvait -il faire ?

Il s'était beaucoup trop reposé sur ses frères, ces derniers temps, mais il semblait qu'il doive en demander encore plus. Leo chercha la main de Raph, la trouva, et pressa fermement la garde de son épée contre la paume de Raph. Celui-ci se figea, et Leo put sentir sa confusion. Le leader guida la main de Raph, lui fit tâter le piège dans lequel sa jambe était emprisonnée, puis le lâcha, confiant que Raph ait compris ce que Leo attendait de lui. Il ne savait pas non plus si Raph en avait la force, il avait été submergé plus longtemps que Leo, mais il n'avait pas d'autre choix. Leo savait qu'il en avait terminé.

Et pourtant, il y avait encore quelque chose qu'il pouvait faire il trouva les boutons de la veste de Raph, mais ses doigts étaient trop engourdis pour les détacher. Il tira une petite lame cachée de sa ceinture, la seule que Raph n'avait pas trouvé quand il avait pris les armes de Leo plus tôt, et coupa les boutons. A présent, les habits trempés n'alourdiraient plus Raph, et il serait capable de remonter plus vite. Le courant balaya la lame des mains faible de Leo, mais il ne la regretta pas tout son corps s'engourdissait, et Leo pouvait à présent sentir Raph bouger, l'informant que son frère était enfin libre. Il essaya de garder une prise sur son frère, mais ses doigts glissaient lentement. Cela ne l'horrifia pas plus que ça il n'avait de toute façon plus la force de nager, et ignorait si Raph serait capable de les ramener tous les deux à la surface.

Malgré tout, il ne put empêcher l'éclair de panique qui le parcourut lorsqu'il perdit son frère, emporté par les eaux noires, se perdant lentement au froid.


Un coup, le craquement d'un os, un autre coup, pas de son- attendez, pas de son ? Michelangelo pausa, jetant un œil autour de lui. Il avait abattu le dernier ninja, et avait frappé le vide lorsque personne ne s'était présenté pour prendre le coup. Il n'y avait plus autour de lui que des corps inconscients ou grognant légèrement, et Mikey ne put s'empêcher de cligner les yeux d'un air surpris. La neige tombant toujours l'avait empêché de voir tous ses ennemis en même temps, alors ce n'était qu'à présent qu'ils étaient tous à terre qu'il réalisé combien il en avait battus. Le nombre de ninjas du Foot comme le fait qu'il commençait à ne plus sentir ses doigts engourdis lui indiquait qu'il avait été là pendant un bon moment. Il avait, à l'occasion, entendu et aperçut Donnie, et savait en tout cas qu'il allait bien il y a un petit moment, mais Raph n'était pas revenu après avoir suivi le gars avec la mallette.

Le vent hurla misérablement dans ses oreilles, le faisant frissonner. Mikey enjamba le ninja plaintif le plus proche avant de se mettre à courir. Tout son corps le faisait souffrir, en particulier la jambe qu'il avait blessée tout-à-l'heure, mais il devait courir, devait trouver ses frères. La neige tombait de plus en plus drue, et il était difficile d'y voir quoi que ce soit. Mikey leva sa main pour protéger ses yeux du vent avant de laisser échapper un glapissement bruyant lorsqu'il entra en collision avec quelque chose. Il tomba par-dessus et ils glissèrent sur la glace avant de s'immobiliser.

« Donnie ! » Mikey cria de joie en reconnaissant ce qu'il avait frappé, adressant un grand sourire à la silhouette coincée sous lui. Don grogna il lui fallut un moment pour ouvrir les yeux, mais lorsqu'il le fit, il sembla soulagé. Il essaya ensuite de s'extraire de sous le plus jeune.

« C'est bon de te revoir aussi, » Dit Don en prenant la main que Mikey lui offrit. « Mais la prochaine fois, essaie de ne pas me foncer dessus. »

« J'essaierais, » Promis Mikey, toujours souriant, en aidant Don à se relever, enlevant même la neige qui couvrait sa veste pour se faire pardonner. Il était tellement soulagé de voir Don, encore plus lorsqu'il ne remarqua aucune blessure sérieuse sur lui. Malgré tout, Don utilisa son Bō comme soutien après l'avoir ramassé là où il l'avait fait tomber, il était donc sans doute légèrement blessé. Au moins, il ne saignait pas et se tenait debout, mais un de leurs frères était encore manquant, et possiblement blessé. « Tu as vu Raph ? »

« J'espérais que tu l'aies vu, » Soupira Don, avant de grimacer lorsqu'il bougea. « Il est allé dans cette direction. »

Ils coururent, sachant tous les deux que trop de temps s'était écoulé depuis la dernière fois qu'ils avaient vu Raph. Il n'aurait pas dû rencontrer de difficultés avec le ninja qu'il poursuivait, alors quelque chose devait être arrivé. La neige avait déjà recouvert leurs traces, alors il n'y avait rien à suivre leur seul espoir était de trouver des indices leur permettant de savoir où leur frère s'était dirigé.

Un ninja habillé de noir était facile à remarquer contre le sol blanc. Il était à genoux, essayant de se relever, mais finit par retomber dans la neige. La mallette était accrochée dans son dos, et Mikey s'approcha, penchant la tête en observant le ninja inerte. Il n'hésita que brièvement avant de se baisser et de saisir la valise sans difficultés afin de l'accrocher sur son propre dos. Aucune chance qu'il la laisse ici après toutes les difficultés qu'elle leur avait créées.

Le ninja ne tenta pas de récupérer la mallette, allongé immobile dans la neige. Il y avait du sang sous lui il avait probablement reçu un coup à la tête, ou bien son cou avait été touché – peu importe. Etait-ce Raph qui avait fait ça ? Si oui, où était-il ? Ils pouvaient voir que le ninja avait réussi à ramper dans la neige avant de s'effondrer ici, alors ils suivirent sa piste jusqu'à atteindre un endroit où la neige avait été fortement perturbée. La neige fraiche était encore en train de recouvrir ces preuves, ce qui signifiait qu'un combat venait d'y avoir lieu. Du coin de l'œil, Mikey remarqua du mouvement – il semblait qu'une silhouette était en train d'enjamber la balustrade, et Mikey n'en crut pas ses yeux lorsqu'il le reconnut.

« Non ! » Hurla-t-il désespérément, mais il était trop tard. Leo tomba, et tous deux se précipitèrent vers la rambarde pour regarder en contrebas, sans pouvoir distinguer quoi que ce soit. La neige tombait trop vite.

Mikey était déjà en train de lever une jambe, prêt à sauter après lui. Seule la main de Don sur son bras l'arrêta.

« Non, » Dit Don d'un ton dur, le forçant à descendre de la rambarde. Il ne lâcha pas le bras de Mikey, le traînant derrière lui en recommençant à courir.

« Don ! Qu'est-ce que tu fais, t'as pas vu, c'était- »

« J'ai vu ! Arrête de lutter et cours ! »

« On peut pas partir- »

« On ne part pas ! »

Don sauta par-dessus la balustrade une fois qu'ils ne furent plus au milieu du pont, entraînant toujours le cadet après lui. Ils atterrirent sur la pente menant à la rivière, dérapant dans la neige jusqu'à ce qu'ils atteignirent la berge. Don le lâcha enfin, et mit quelque chose de doux dans ses mains. Des habits, et Mikey réalisa que Leo s'était tenu sur la rambarde sans aucuns vêtements sur lui. C'était les habits de Leo, Don les avait ramassés.

Don posa un pied prudent sur la glace, la tâtant de son Bō. Il osa s'avancer, et Mikey suivit, déterminé à marcher dans les pas de Don. La glace ne céda pas sous leurs pas précautionneux, mais Mikey osait à peine respirer, ayant l'impression qu'elle pourrait lâcher sous leur poids à tout moment.

Le vent était moins violent ici-bas, et il ne projetait pas constamment de la neige dans leur visage comme il le faisait sur le pont. Cette meilleure vision leur permit de voir deux trous dans la glace, et l'élite était agenouillé devant eux, sa hache dans les mains, semblant attendre quelque chose. La rage submergea Mikey l'élite attendait que Leo réapparaisse à la surface pour l'achever.

Ils n'avaient aucune idée de comment l'élite était arrivé ici, mais cela n'avait pas d'importance. Ils se précipitèrent en avant, ne faisant plus attention à leurs pas. Les nunchakus de Mikey s'enroulèrent autour du bras de l'élite, le tirant en arrière, et le bâton de Don percuta son menton. Le vent leur avait permis de le prendre par surprise, mais l'élite fit décrire un grand arc à sa hache, forçant Mikey à battre en retraite. L'élite le suivit, et Mikey dut sauter en arrière pour éviter un sale coup de la hache. La glace recouverte de neige était encore plus glissante que le pont ne l'avait été, et Mikey trébucha. Sa carapace percuta la glace, et le craquement qui se fit entendre sous lui le fit se figer. L'élite l'avait également entendu, et Mikey pouvait voir son hésitation.

Don, par contre, n'hésita pas. Il attaqua l'élite par le côté, son Bō frappant l'arrière de ses jambes, le projetant vers l'un des trous dans la glace. L'élite lutta pour retrouver l'équilibre, évitant de peu de retomber dans l'eau. Il fit volte-face, hésitant à nouveau. Ils pouvaient voir que ses habits étaient trempés, alors il avait dû aussi faire trempette dans la rivière glacée. Et peut-être ne voulait-il pas risquer de retomber, ou bien le froid le fit se décider, car il recula avant de disparaître dans la tempête de neige faisant rage autour d'eux.

Mikey était toujours allongé sur sa carapace, essayant de bouger aussi prudemment que possible, priant pour que la glace supporte son poids. Don se précipita vers le trou, et Mikey sentit la terreur le submerger – c'est vrai, Leo était toujours dans l'eau. S'il faisait froid ici, alors à quel point faisait-il froid là-dessous ?

Deux grands halètements se firent soudain entendre, surprenant Don au point qu'il faillit tomber sur la glace glissante. Leo et Raph avaient crevé la surface de l'eau – attendez, Raph aussi était tombé ?! Peu importe, peu importe – les détails seraient pour plus tard – Mikey se hâta de se lever pour se précipiter vers ses frères, oubliant la glace fragile sous ses pas. Celle-ci fut clémente, pour une fois, supportant son poids, et il put atteindre le trou. Il se dépêcha d'attraper Raph, essayant de le soulever afin que les bords tranchants de la glace brisée ne le coupent pas. A côté de lui, Don aidait Leo, et une fois que leurs frères furent hors de l'eau, ils s'effondrèrent tous les quatre dans la neige, essayant de reprendre leur souffle.

« T-t'es le, » Raph respirait lourdement, inspirant l'air froid d'une façon douloureuse évidente, mais il se força malgré tout à parler. « Le plus gros c-crétin que je connaisse, Leo. Et ça- ça vient d'un mec qui v-vit avec Mikey. »

Il n'y eut pas de réponses, et des regards alarmés furent jetés en direction de Leo. Mais il respirait, il était conscient, luttant seulement pour lever la tête et jeter un regard noir à Raph.

« J-je vis avec lui au-aussi, crétin, » Répondit Leo d'une voix rauque, tremblante et à peine audible. Mais évidemment, il était très important qu'ils se disputent maintenant, et en particulier à propos de quelque chose d'aussi significatif. Mikey ne pouvait que les fixer, se sentant soulagé de voir ses frères, mais aussi un peu ébahi qu'ils soient réellement en train de se chamailler. Leo leva les yeux afin de regarder Mikey et Don, et plissa les yeux. « Crétins. Vous t-tous. »

Et il perdit connaissance.

Mikey était encore hébété, ne réalisant même pas qu'il devrait se sentir offensé par les mots de Raph. Pour une fois, Don aussi était sans voix, fixant leurs frères épuisés. Ce n'était pas tous les jours que deux de vos frères sortaient d'un trou dans la glace et commençaient immédiatement à se chamailler avant que l'un d'entre eux ne tombe dans les pommes. Raph ne semblait pas en être loin non plus, sa tête baissée et respirant toujours lourdement.

Connaissant leurs frères, ils n'auraient probablement pas dû être trop surpris.

« J'ai tellement de questions, » Mikey parvint à articuler après un moment, se forçant enfin à se relever. « Mais j'ai le sentiment qu'à cette allure, on va devenir des tortues congelées. »

Don luttait pour se relever, et pointa d'un doigt les vêtements que Mikey avait lâchés avant d'attaquer l'élite. Mikey hocha la tête et les ramassa. Ils n'apporteraient aucune chaleur, mais ils offriraient une protection contre le vent ? Ils les enroulèrent autour de Raph et Leo, qui ressemblaient à des stalagmites sous leurs doigts. Don et Mikey n'étaient pas beaucoup mieux, mais le froid irradiait presque des deux ainés.

« Allez, Raph, il faut se relever, » Mikey poussa Raph à bouger. Son bras était une horreur ensanglantée, et Mikey voyait bien qu'il était à peine conscient. Leo n'était pas blessé, mais il n'avait pas meilleure mine pour autant – comment le pourrait-il, alors qu'il avait été à peine réveillé lorsqu'ils l'avaient quitté ? Comment était-il arrivé là, comment- plus tard, plus tard. Les questions devront attendre. Mikey se concentra sur ce qu'il faisait, c'est-à-dire relever Raph et supporter son poids. Il grimaça un peu, mais il pouvait s'en sortir. L'appartement d'April n'était pas trop loin, mais dans ces conditions, le voyage prendrait une éternité. Mikey jeta un œil à Don, qui luttait pour maintenir Leo debout – pourraient-ils seulement y arriver ?

Leur seule option était d'essayer. Michelangelo mit de côté son propre épuisement et les mena loin de la rivière.


« Je sais exactement ce qu'on v-va faire, » Grogna Mikey en forçant ses jambes engourdies à lui obéir. "A-après qu'on soit rentrés. »

« Te scotcher la b-bouche ? » Suggéra Raph d'une voix faible. Pendant le voyage, Raph avait recouvré ses esprits, mais très peu de ses forces. Il était à nouveau avec eux, étant même d'encore plus mauvaise humeur à cause du froid, mais il s'appuyait encore lourdement sur Mikey.

« Hey, tiens-toi bien ou bien je te fait tomber dans la neige ! »

C'était une menace en l'air, mais au moins Raph resta silencieux un moment, utilisant plutôt ses forces pour marcher. Mais il ne resta pas silencieux très longtemps.

« Je ne peux pas croire, » Commença-t-il avant d'être interrompu par un frisson, « que j'ai été poussé dans une putain de rivière. Par ce temps. Par ces putains de Foot ! »

« Je peux le croire, » Dit Don, recevant un regard noir de Raph. « Il était évident que les bords étaient glissants, je ne sais même pas pourquoi tu t'en es approché- et toi. » Le regard tranchant de Don était dirigé vers Leo, même s'il était difficile de le fixer lorsqu'il était aussi proche de lui, Don supportant la majorité de son poids. « A quoi tu pensais ? »

Leo ne dit rien, ce qui répondit assez bien à la question.

« Comme je disais, » Mikey continua, « A propos de ce qu'on fera. La baignoire ! De l'eau chaude, non, bouillante ! Oh, mec, on y est bientôt ? »

« Preum's pour la baignoire, » Grogna Raph à présent que Mikey le mentionnait, et ce dernier haleta dramatiquement.

« Pas question ! C'était mon idée ! Je vais mourir gelé, tu veux ma mort, Raph ?! »

« Et qui se les gèle le plus, à ton avis ? » Siffla Raph, ses dents claquant toujours tandis qu'il parlait.

« Et qui est-ce qui t'a porté pendant tout le trajet- »

« Arrêtez, les gars » Don soupira d'un air épuisé. « Je pense que c'est Leo qui sera Preum's pour la baignoire. »

Ils jetèrent tous un coup d'œil à Leo, qui avait été silencieux pendant toute la durée du trajet. Son état alternait entre la conscience et l'inconscience, et Don le portait presque complètement.

« Je dis juste que la baignoire est assez grande pour nous quatre, » Mentionna Mikey, et Raph renifla à cela.

« Je ne rentrerai pas dans ce bain avec toi, Mikey. »

« Tu vas y entrer avec Leo, Raph, » Dit calmement Don. Raph grommela en réponse, trop fatigué pour continuer à argumenter à ce sujet.

Ils réussirent à le faire ils atteignirent l'appartement. Mikey ne savait pas comment il avait mal partout, il avait froid et était fatigué, et il ne supportait même pas tout le poids de Raph. Don, d'un autre côté, luttait déjà pour garder l'équilibre avant même d'aider Leo. Les escaliers vers le premier étage furent l'épreuve finale et une fois que la chaleur de l'appartement les accueillit, Mikey s'effondra au sol. Au grand déplaisir de Raph, vu qu'il tomba avec lui. Raph grogna bruyamment, mais était trop fatigué pour ne serait-ce que tenter de frapper son frère.

« Mikey, la baignoire était une bonne idée, » Dit Don avec fatigue, posant Leo au sol d'une manière beaucoup plus douce. « Tu pourrais aller faire couler l'eau ? »

Mikey voulait rester ici pour toujours, mais Don semblait totalement épuisé, et il savait que Leo et Raph étaient inutiles. Il ne voulait pas laisser Don s'occuper de tout, alors il acquiesça, restant immobile encore un petit moment pour rassembler ses forces. Il se releva finalement, aidant Raph à s'asseoir avant de disparaître dans la salle de bain. Raph essaya de s'extirper du peu de vêtements qu'il avait sur lui, mais le processus était misérablement lent avec ses doigts engourdis et désobéissants.

« Eh, bien, ça explique comment Leo nous as trouvés, » Soupira Don en montrant le portable qu'il avait sorti d'une des poches de la veste de Leo. L'écran était toujours allumé pour traquer les autres portables, mais à présent, les quatre points étaient réunis au même endroit. Il semblait que Leo n'avait pas été à ce point à l'ouest quand ils étaient partis, mais à présent, c'était définitivement le cas, et il était terriblement silencieux à l'endroit où Don l'avait laissé.

Don mit le téléphone de côté, ayant remarqué que Raph se débattait avec ses vêtements, et vint se placer devant lui afin de l'aider. Raph grogna, mais il était trop fatigué pour être frustré de ne pas pouvoir se déshabiller tout seul. Une fois qu'il fut débarrassé de ses vêtements, il regarda Mikey et Don traîner Leo dans la salle de bain avant qu'ils ne reviennent avec des bandages. Raph savait ce qui allait venir, et il n'en avait pas vraiment hâte. Le froid avait caché la plupart de ses douleurs, mais à présent, son bras lui faisait plus mal que jamais.

Une fois que son bras fut nettoyé et pansé, ses frères l'aidèrent à atteindre la salle de bain. A la seconde où il entra dans la pièce, il comprit pourquoi Don y avait emmené Leo avant de s'occuper de son bras. La vapeur chaude s'élevant de l'eau avait réchauffé toute la pièce, et même si le reste de l'appartement était chauffé, c'était encore mieux ici. Malgré le confort que la pièce lui offrait, il ne put s'empêcher de jeter un regard inquiet vers Leo ce dernier avait été adossé contre le côté de la baignoire, mais sa tête était baissée, son menton posé contre son torse. Aussi silencieux et immobile qu'avant.

« Est-ce que Leo- ? »

« Il va bien, » Lui dit Don. « Pas toi. Est-ce que tu peux seulement sentir tes doigts ? »

La chaleur de l'appartement avait déjà commencé à ramener ses membres à la vie, mais ses mouvements étaient encore raides et douloureux. Il baissa les yeux vers sa main tout en faisant bouger ses doigts, et grimaça à la sensation déplaisante qui en résulta.

Mikey et Don aidèrent Raph à entrer dans la baignoire, et celui-ci ne put empêcher ses yeux de se fermer momentanément. La chaleur était si agréable, et immédiatement, il s'enfonça davantage dans l'eau en soupirant de contentement. Mais il avait encore Leo à l'esprit, et Raph força ses yeux à se rouvrir pour voir que Don était déjà en train de relever Leo du sol, sans que l'ainé ne réagisse au contact d'une quelconque façon. Il n'y avait aucune chance qu'il soit conscient, ou bien il aurait tenté de bouger tout seul.

Don souleva Leo tandis que Mikey tenait ses jambes, et une fois qu'il fut dans la baignoire, Raph attrapa le bord de sa carapace et l'attira contre son plastron afin de laisser Leo s'adosser contre lui. Il fallait qu'il maintienne son autre bras hors de la baignoire à cause des bandages qui le recouvraient, mais il pouvait maintenir Leo assis avec une seule main.

« Tu vois, Don ? Il y a assez de place pour nous aussi ! » Dit Mikey en tirant Don par la main, le regardant comme s'il attendait sa permission pour entrer dans le bain. Il était vrai que la baignoire était grande, mais pas à ce point. Mais peut-être qu'un autre rentrerait.

« Eh bien, tu peux essayer de rentrer, » Dit Don en haussant les épaules. « Ne me blâme pas si Raph te fiche dehors. »

« Nan, il le fera pas. » Et Mikey avait raison Raph avait l'air de ne même plus les écouter, se décontractant dans la chaleur du bain, les yeux fermés. Le cadet enleva le reste de son équipement avant de se tourner vers Don. « Toi aussi, Donnie. Je sais que tu as aussi froid que moi, et bon sang, j'ai super froid. »

Don jeta un autre regard à la baignoire déjà occupée. Ils seraient vraiment à l'étroit… Mais est-ce que ça lui importait ? Il était épuisé et gelé malgré la vapeur remplissant la pièce. Un sourire se dessina sur son visage lorsqu'il regarda Raph et Leo Leo était toujours inconscient, mais il respirait de façon régulière, et le bras de Raph était enroulé autour de son plastron pour l'empêcher de glisser dans l'eau. La tête de Raph était posée contre le dos de l'épaule de Leo, et Don était assez certain qu'il somnolait déjà. Don savait que Raph nierait, plus tard, avoir partagé un bain avec Leo, et nierait même toutes les embrassades et les câlins qui s'étaient produits dernièrement, mais pour l'instant, il semblait détendu et satisfait. Don pouvait imaginer à quel point l'eau chaude était agréable après avoir fait trempette dans de l'eau glacée, et il frissonna à cette simple pensée. Mikey l'attira plus près de la baignoire.

« D'accord, d'accord, » Don finit par accepter, se protégeant le visage de ses mains lorsque Mikey sauta dans le bain, éclaboussant de l'eau partout. Raph ne laissa échapper qu'un faible grognement lorsque des gouttes d'eau le touchèrent, trop fatigué et confortable pour seulement ouvrir les yeux.

Don se glissa dans le bain à son tour, ne sachant pas vraiment comment se positionner dans la baignoire bondée. A sa surprise, les mains de Mikey s'enroulèrent autour de lui, le tirant dans une position ressemblant à celle dans laquelle Leo se trouvait. Sa carapace était contre le plastron de Mikey, et lorsqu'il jeta un œil par-dessus son épaule pour regarder Mikey, le cadet lui sourit.

« Relaxe, » Dit Mikey tandis que Don ne montrait pas d'indications d'être très confortable. « Tu peux t'adosser contre moi, ça m'embête pas. »

« Garde tes jambes pour toi, » Marmonna Raph en donnant un coup dans les jambes de Mikey sous l'eau. Mikey se contenta de pouffer, n'essayant même pas de les bouger, et ferma les yeux en posant sa tête contre le bord de la baignoire.

« Tu te souviens de la fois où on n'avait plus d'eau chaude au repaire ? » Mikey marmonna d'une voix ensommeillée, son sourire s'agrandissant lorsque Don s'adossa enfin contre lui. Don avait vraiment travaillé dur, ces derniers temps, et s'il n'avait pas accepté d'entrer dans le bain de lui-même, Mikey l'y aurait traîné.

Don autorisa la tension dans ses muscles à s'évaporer, même s'il ouvrait occasionnellement un œil pour s'assurer que la tête de Leo soit toujours au-dessus de l'eau. Peut-être était-ce une mauvaise idée qu'ils soient tous les quatre dans l'eau alors qu'ils étaient si somnolents, mais le génie était simplement trop fatigué pour y faire quoi que ce soit. Il se sentait en sécurité et confortable, choses qu'il n'avait pas ressenti depuis un moment.

« Je m'en souviens, Mikey, » Répondit Don d'une voix aussi endormie que celle de la tortue contre laquelle il était allongé. « On a du te maintenir tous les trois pour te donner un bain. »

Mikey pouffa, mais le son semblait lointain. Don savait qu'il devrait rester éveillé pour s'assurer que personne ne glisse accidentellement sous l'eau, mais le sommeil le gagnait déjà, et il ne pouvait pas résister éternellement. La chaleur autour de lui et les respirations calmes de ses frères le bercèrent jusqu'à ce qu'il s'endorme.


D'habitude, le silence était considéré comme essentiel pour pouvoir dormir, mais ce n'était pas le cas de Leo, pas en ce moment. Cela ne faisait pas si longtemps qu'il s'était réveillé, seul dans le lit, sentant et sachant que ses frères étaient partis. Ils n'avaient pas été endormis à ses côtés, et il n'avait pas entendu leurs voix venant de l'autre pièce. Le même silence le réveilla à nouveau, mais sa fébrilité mourut instantanément. Don et Mikey étaient juste devant lui, et il pouvait sentir le bras de Raph entourant son plastron. Il était soulagé de les voir, mais ne s'était pas attendu à se réveiller dans la baignoire… et encore moins tous les quatre à l'intérieur. Il cligna des yeux, regardant l'eau, mais ne considéra même pas un seul instant de bouger. Il avait l'impression de se réveiller d'un petit coma son corps était lourd, et il avait beaucoup de mal à se rappeler de comment ils étaient retournés à l'appartement. Malgré sa confusion générale, il se sentait satisfait et réchauffé, mais fronça les sourcils malgré tout Don était penché en avant, dangereusement près de glisser sous l'eau. Les jambes de Don étaient collées à celles de Leo dans l'espace confiné, et Leo donna un petit coup à son frère avec ses pieds. Pas assez fort pour le réveiller, mais suffisant pour que cela le gène assez et qu'il change de position. Cela fonctionna.

Mikey semblait aller bien derrière Don, complètement détendu et plongé dans un sommeil profond. Leo se dévissa le cou, mais ne parvint pas à voir dans quelle position Raph se trouvait. Malgré cela, il pouvait sentir la joue de Raph contre son épaule, ainsi que ses bouffées d'air contre sa peau. Raph allait bien. Leo bougea à nouveau la tête, remarquant le bras pendant en dehors du bain. Leo grimaça le bras de Raph avait déjà été couvert de bandages auparavant, et à présent, encore plus de bandages le recouvraient. Il pouvait se souvenir avoir vu beaucoup de sang quand il avait trouvé Raph sur le pont. Leo toucha prudemment le poignet de Raph, là où il n'y avait pas de bandages. Sa peau n'était pas froide, mais un peu fraîche, vu que sa main n'avait pas trempé dans l'eau. Leo versa soigneusement un peu d'eau chaude sur les doigts de Raph, puisqu'ils semblaient être la seule partie de son bras qui ne soit pas blessée.

Ses pensées se tournèrent à nouveau vers la rivière. Il était évident que Raph était parvenu à le rattraper puisqu'il était ici, et vivant, mais il ne pouvait pas se rappeler de quoi que ce soit après avoir donné son épée à Raph. Il avait perdu ses deux épées, à moins que Raph n'ait réussi à ramener l'autre. Leo en doutait, et supposait que le katana reposait à présent au fond de la rivière glacée.

Mieux valait les épées qu'eux.

La chose suivante à réveiller Leo fut un coup de pied dans sa jambe. Il ouvrit un œil, à moitié endormi, se doutant que Mikey était le coupable vu que le cadet était en train de changer de position tout en marmonnant dans son sommeil. Ses frères étaient encore endormis, mais Leo commençait à ressentir les effets de rester dans la même position trop longtemps. L'eau était encore à peu près chaude, mais Leo voulait sortir pour s'étirer les muscles. Aussi agréable qu'était l'eau, l'idée de s'allonger dans un véritable lit où il pourrait dormir convenablement était de plus en plus attirante.

Il bougea prudemment le bras de Raph afin de ne pas le réveiller et sortit du bain en essayant de ne pas projeter d'eau partout. Immédiatement, sa faiblesse se rappela à lui, un vertige le prenant par surprise. Il se tint la tête jusqu'à ce que le vertige passe, forçant ses membres pesants à se réveiller. Il serait bientôt au lit. Après avoir attrapé une serviette, il se tourna vers la porte avant d'hésiter et de jeter un regard à ses frères. Il ne pouvait pas dire qu'il avait veillé sur eux jusqu'ici, puisqu'il avait aussi dormi, mais il ne voulait pas les laisser là. L'eau ne ferait que se refroidir, de toute façon, alors il ferait mieux de les réveiller.

Leo plaça sa main sur le rebord de la baignoire, en plein conflit avec lui-même. Il ne voulait pas les réveiller, pas alors qu'ils étaient si détendus. Ils méritaient ce repos, et même s'il savait qu'un lit serait mieux, il se contenta de rester debout à les regarder. Ils avaient traversé tellement de choses pendant qu'il avait été inconscient et malade. Comment était-il parvenu à être malade à ce point, à courir dans tous les sens en hallucinant ? Il avait vraiment été totalement hors du coup. Ses fièvres avaient toujours eu tendance à être assez sévères lorsqu'elles frappaient, mais il n'avait jamais vécu quelque chose de semblable jusqu'à maintenant.

Raph bougea légèrement, et Leo vit que sa main intacte semblait tenter d'attraper quelque chose. Lorsqu'elle ne trouva rien, Raph se réveilla en sursaut. La main de Leo atterrit immédiatement sur son épaule, et Raph se détendit lorsqu'il leva les yeux vers lui. Il ouvrit la bouche pour parler, mais Leo posa un doigt sur sa bouche, son regard se portant sur leurs frères cadets. Raph se leva, silencieux, et Leo l'aida à sortir du bain.

Raph s'appuya sur Leo tandis que celui-ci le guidait vers la chambre. C'était un changement bienvenu de ne pas être celui devant s'appuyer sur quelqu'un, de ne pas être celui étant à peine capable de garder les yeux ouverts. Cela ne signifiait pas, cependant, qu'il avait plus de forces que Raph, alors ils devaient y aller doucement. Leo parvint à amener Raph jusqu'au lit sans que l'un d'entre eux ne trébuche ou ne tombe, ce qu'il considéra comme une petite victoire. Il se détourna du lit pour aller chercher Don et Mikey, mais une main attrapant son poignet l'arrêta.

« T'es vraiment un crétin, Leo, » Marmonna Raph depuis l'endroit du lit où Leo l'avait déposé. Leo le fixa, se souvenant de leur petite dispute de tout-à-l'heure, mais cette fois-ci, le ton de Raph était différent. Plus doux.

« Ouais, » Leo acquiesça, cette fois. Raph cligna des yeux, confus, ce qui amusa son frère. Il ne s'était clairement pas attendu à ce genre de réponse. « Je sais que je n'ai fait que te gêner, là-bas. Je suis déso- »

« Arrête. Si t'avais pas été là, j'aurais une hache plantée dans le torse, tu te souviens ? »

Leo baissa la tête. S'il ne pouvait pas se sentir coupable de l'avoir gêné, il pouvait se sentir coupable de ne pas avoir été là en premier lieu de ne pas avoir été à son meilleur niveau, de ne pas avoir été capable de combattre aux côtés de ses frères. Peut-être qu'alors, Raph n'aurait jamais été en danger d'être frappé par cette hache – mais cette pensée lui fit froncer les sourcils. Ils n'auraient pas dû combattre tout court, pas sans lui, et certainement pas par ce temps !

« C'était ton idée de partir, n'est-ce-pas ? » Leo releva la tête, le regard à présent dur. Raph évita son regard, et cela lui en dit suffisamment. « A quoi tu pensais ? Avec ce temps, et les blessures que vous aviez déjà, je n'avais aucune idée de ce qu'il s'était passé- »

Leo se tut, détournant le regard. Ce qu'il avait ressenti lorsqu'il s'était réveillé seul… Il serra les poings. Raph amorça un autre geste vers lui, à la surprise de Leo. Son frère abordait une expression inhabituelle. Du regret, peut-être ?

« Je… » Commença Raph, mais il ne semblait pas savoir comment continuer. Leo soupira avant de s'asseoir sur le bord du lit. Ils échangèrent un regard pendant un moment, sachant tous les deux qu'ils avaient fait des choix stupides aujourd'hui, mais sachant également qu'ils s'étaient sauvé la vie l'un de l'autre. Leo avait jeté les shurikens et arrêté la hache, mais Raph avait été poussé dans la rivière en défendant Leo. Leo avait sauté après lui, et sans lui et son épée, Raph n'aurait pas pu se libérer – mais si Raph n'avait pas attrapé Leo et nagé jusqu'à la surface avec lui, Leo se serait noyé dans les eaux sombres.

Ce n'était pas une situation si éloignée de leur vie habituelle, mais lorsqu'ils manquaient de peu de perdre l'un d'entre eux, cela leur faisait toujours quelque chose. Ils en parlaient rarement, mais à présent, ils regardaient l'autre juste un peu plus longtemps, avec juste un peu plus de douceur.

« J'ai eu tellement peur de ne pas pouvoir t'atteindre, » Leo admit doucement. « Tellement peur de ne pas pouvoir t'aider à sortir de la rivière. »

« Crétin, » Dit Raph une fois de plus, et Leo fronça les sourcils. « Pourquoi tu m'as lâché, putain ? Après m'avoir donné ton épée ? Tu crois que moi, je n'ai pas eu peur ? »

« Je ne voulais pas, » Leo murmura doucement. « Il faisait juste… si froid. »

Raph sembla comprendre et ne renchérit pas, même s'il ne semblait pas très content. Leo ferma les yeux, se rappelant clairement qu'il avait essayé de s'accrocher à Raph, mais en avait été incapable. Il chercha la main de Raph et la prit dans la sienne. Raph leva un sourcil.

« Alors maintenant, tu arrives à me prendre la main, hein ? » Raph le taquina avec un petit sourire. Leo l'ignora et se contenta de serrer fort la main de Raph. Le sourire de Raph vacilla et il détourna le regard.

« J'suis désolé. Pour être parti sans rien dire. » Le regard de Raph revint vers son frère, prudent. « J'ai pas réfléchi. »

« Quand le fais-tu ? » Leo soupira, mais à présent, il plaisantait aussi. Il lâcha Raph et tira les couvertures par-dessus sa tête, souriant en entendant ses marmonnements de protestation. Il avait eu envie de faire ça depuis que Raph l'avait fait taire avec une couverture. Don avait aussi fait ça, maintenant qu'il y réfléchissait. Eh bien, il n'y avait qu'une seule façon de se venger – en allant chercher le frère en question.


Lorsque Don rouvrit les yeux, l'eau était, au mieux, tiède, ce qui lui indiqua qu'il avait dormi un moment. Une fois que ses yeux se furent ouverts totalement, il réalisa qu'il ne pouvait voir ni Leo, ni Raph, et il s'assit si vite que l'eau déborda des bords de la baignoire. Il plongea une main paniquée dans l'eau pour essayer d'y attraper ses frères avant de réaliser qu'ils n'avaient pas glissé sous l'eau, mais n'étaient simplement plus ici.

« Eugh… ils auraient au moins pu me réveiller… » Marmonna Don en secouant la tête pour lui-même. Il semblait qu'il était encore un peu tendu, redoutant toujours le pire. Il regarda Mikey par-dessus son épaule et s'éloigna de lui maintenant qu'ils avaient plus de place. Ses mouvements firent murmurer et gigoter Mikey, et lorsqu'il se repositionna, sa carapace commença à glisser et glisser contre la baignoire, son corps comme tiré vers le bas… Don attrapa ses épaules avant que le visage de Mikey ne finisse sous l'eau avant de soupirer. Mieux valait qu'ils sortent aussi.

Don sortit du bain en grognant contre ses muscles douloureux. La chaleur l'avait aidé à se détendre, mais il était toujours épuisé par le combat. Il avait des ecchymoses partout, et elles le faisaient souffrir lorsqu'il bougeait. Le simple fait d'attraper une serviette tirait sur ses muscles, mais il ne voulait pas aller au lit en étant trempé, alors il l'endura. Après s'être séché, il tapota doucement l'épaule de Mikey.

« Debout, la marmotte. Mieux vaut que tu dormes dans un lit plutôt qu'ici. »

Don n'était pas sûr que Mikey soit totalement réveillé, même lorsque Don parvint à le faire sortir de la salle de bain, mais au moins, il n'eut pas besoin de le porter comme il avait dû le faire avec Leo. Ce qui lui faisait penser au frère en question. Raph était-il parvenu à le porter jusqu'au lit ? Son bras avait été en assez mauvais état, il n'aurait pas été capable de supporter son poids si le leader avait encore été inconscient.

La chambre d'ami était assez chauffée, à présent, alors il aurait plus de place s'il dormait là-bas avec Mikey. Ce qui signifiait que Raph et Leo seraient dans l'autre chambre, quelque part où il ne pourrait pas les voir, et l'anxiété qui accompagnait cette pensée le surprit. Ils étaient tous en sécurité, à présent, il n'avait plus besoin de garder un œil sur eux. Il semblait qu'il s'était trop habitué à ce qu'ils dorment tous ensemble, même si ce n'était pas toujours très confortable.

Don n'hésita qu'un instant. Sa décision prise, il guida Mikey vers la chambre où il supposait que Raph et Leo se trouvaient. Avant qu'il ne puisse saisir la poignée, la porte s'ouvrit et Leo faillit le percuter.

« Oh, j'étais sur le point de venir vous réveiller, » Dit Leo en se décalant sur le côté afin que Don entre dans la pièce, avant de l'aider à soutenir le poids de Mikey. Ils le posèrent ensemble sur le lit et Mikey alla immédiatement se blottir contre Raph, attiré par sa chaleur. Raph ne fit que grommeler, mais laissa Mikey rester. Il ne fallut pas longtemps pour qu'il enroule son bras intact autour du cadet.

« Je ne m'attendais pas à te voir réveillé, » Dit Don à Leo tandis qu'ils s'asseyaient sur le bord du lit. Le leader lui sourit.

« En fait, je me sens beaucoup mieux. » Il haussa les épaules. Il était épuisant de bouger, mais être assis lui allait. « Je suppose que faire trempette dans la rivière m'a aidé à m'éclaircir les idées. »

Leo semblait amusé, mais Don ne l'était pas. « Ouais, non, » Dit Don d'une voix devenue sérieuse. « Ce que tu as fait était vraiment stupide, Leo. Nous rejoindre, déjà, puis sauter dans la rivière… Tu savais très bien à quel point tu avais été malade. »

Leo soupira. Il avait l'impression que tout le monde avait le droit de le traiter de crétin, maintenant.

« Je sais. Je sais que c'était stupide, » Admit-il à nouveau, mais il ne comptait pas en rester là. Il avait déjà réprimandé Raph, mais n'avait pas pu dire grand-chose. Ils avaient tous besoin d'un sermon. « Mais qu'est-ce que vous pensiez que je ferais en me réveillant tout seul ici ? Que je me contenterais d'attendre ? Qu'est-ce qui vous a pris de sortir par un tel temps ? Vous savez très bien qu'il fait beaucoup trop froid pour nous, et à quel point c'est dangereux ! Et j'allais déjà beaucoup mieux quand vous êtes partis, vous auriez pu – non, vous auriez me prévenir. »

« Désolé, Leo, mais tu n'étais pas en état de venir avec nous, » Fit remarquer Raph en levant la tête de l'oreiller. « Et puis, on n'avait pas le temps, et on ne pouvait pas se contenter de rien faire alors qu'ils étaient sur notre territoire ! »

Il y a seulement un instant, Raph s'était excusé d'être sorti et avait dit qu'il n'avait pas réfléchi, mais maintenant, soudainement, ses actions étaient à nouveau justifiées.

« Ouais, on ne pensait pas qu'ils seraient aussi nombreux ! » Continua Mikey d'une voix moins dure que celle de Raph, mais essayant également de justifier leurs actions.

« On avait nos habits d'hiver, le froid n'était pas le problème, » Termina Don, mais Leo n'avait pas l'air convaincu.

« Et la meilleure chose à faire était de les prendre en chasse sans avoir aucune idée de ce qu'ils tramaient, en espérant que je ne me réveillerais pas avant que vous ne reveniez ? Leo croisa les bras et secoua la tête. « Je sais que je n'aurais pas été d'une grande aide dans l'état où j'étais, mais vous savez que j'aurais pu vous aider à formuler un plan. Enfin, j'aurais surtout probablement essayé de vous empêcher de partir – ce qui aurait été l'option la plus sage ! Nous les aurions affrontés une fois que je me serais senti mieux et que ton bras aurait guéri, Raph. Prendre un tel risque simplement pour protéger notre « territoire » ne vaut pas le coup. Et, » Leo regarda tour à tour chacun de ses frères, et son ton désapprobateur disparut, « je n'avais aucune idée de ce qu'il vous était arrivé, de pourquoi vous aviez soudainement disparu. »

Raph évitait à nouveau son regard, et même si Leo n'aimait pas reparler de ça avec Raph, il avait vraiment besoin que la tête brûlée comprenne à quel point son besoin de défendre leur « territoire » avait été dangereux. Même si Don et Mikey avaient accepté de venir avec lui, c'était lui qui avait pris cette décision. Leo resta silencieux un moment, repensant encore une fois au moment où il avait réalisé qu'il était seul dans l'appartement. Il avait été complètement paniqué avant qu'il ne reprenne le contrôle de ses pensées affolées et se rende compte qu'il pouvait traquer ses frères avec son portable. Il voulait être en colère contre Raph pour lui avoir fait ça, mais il était encore plus en colère que Raph ait mis en danger ses frères et lui-même. Ils avaient déjà tellement de malchance avec tout – si le hasard était contre eux, mieux valait ne pas empirer les choses et attirer encore plus d'ennuis.

« Vous vous êtes mis en grand danger, en sortant comme ça. Les gars, vous êtes bien plus malins que ça. »

Les tortues ne s'étaient pas attendues à se faire sermonner si tôt et restèrent silencieuses, sachant que leur leader avait raison. Il n'y avait rien d'inhabituel à ce qu'ils fassent des choses aussi stupides que risquées et s'en tirent de peu, mais cette nuit, ils en avaient vécues un peu trop. Et ils savaient tous qu'ils auraient détesté être dans la position dans laquelle ils avaient mis Leo se réveiller seul, en n'ayant aucune idée d'où étaient les autres. Même si leur leader avait tendance à surréagir lorsqu'il ignorait où se trouvait le reste de l'équipe, ils ne connaissaient que trop bien le sentiment de peur écrasante qui résultait du fait de redouter le pire.

Leo sembla sentir la culpabilité dans l'air car il soupira et laissa ses bras retomber le long de son corps. « Tout ce qui compte, c'est que vous soyez sains et saufs, » Dit-il d'une voix plus douce. Il avait voulu dire plus, avait vraiment voulu que ses frères comprennent à quels point ils avaient été stupides… mais il était juste soulagé qu'ils aillent tous bien. Malgré tout, il leur adressa un dernier regard ferme. « Et que vous ayez tiré une leçon de tout ça. »

« Ouais, ouais, toujours se référer à Leo, toujours écouter Leo, » Se moqua Raph, mais il n'y avait aucune méchanceté derrière ses mots.

« Ne jamais faire quoi que ce soit avant qu'il ne l'autorise, » Don le joignit dans sa tentative pour détendre l'atmosphère.

« Ouais, et n'oubliez pas de demander la permission pour aller aux toilettes, » Ajouta Mikey en gloussant sous les couvertures.

Leo leva les yeux au ciel, doutant lourdement du fait qu'ils aient appris quoi que ce soit. Il ne voulait pas gâcher la bonne humeur qui c'était installée, mais il avait encore une chose sur le cœur dont il tenait à parler.

« Je suppose que je n'ai pas vraiment le droit d'être en colère contre vous, » Commença-t-il doucement. « Je sais que je n'ai pas été très facile à gérer quand j'étais malade – et vous avez même dû me ramener ici en me portant. Je ne regrette pas de vous avoir suivi, mais… je sais que j'ai été un fardeau. Merc- »

« Non, non, non, » L'interrompit Mikey, et Leo leva les yeux, surpris. « Tu ne nous remercie pas de nous être occupés de toi pendant que tu étais malade. Faut que tu chilles. En fait, non, attends, chilles pas – les choses ont été suffisamment chill*, ces derniers temps. Heh. »

Raph et Don soupirèrent au jeu de mot. Leo sourit, se sentant un peu mieux, mais ayant malgré tout le sentiment qu'il aurait dû récupérer plus tôt. Il sentit Don se rapprocher de lui et une main se posa sur son épaule.

« Tu es vraiment sûr que tu te sens mieux ? » Don fronça les sourcils en le regardant. « Tu étais à peine capable de rester éveillé quand nous sommes partis… »

« J'ai l'esprit bien plus clair- mon corps, pas vraiment, mais… c'est beaucoup mieux qu'avant. » Leo haussa les épaules. « Je ne serais pas là à discuter si ce n'était pas le cas, non ? »

« Tu as peut-être raison, alors, » Dit Don d'une voix pensive en regardant son frère. « Peut-être que le choc de la rivière glacée t'as réellement fait reprendre tes esprits. Je veux dire… que ça a fait reprendre ses esprits à ton corps, lui faisant comprendre qu'il ne devait pas entrer en brumation- » Don pausa en voyant la confusion sur le visage de Leo. « Oh, c'est vrai, j'étais censé te l'expliquer. »

Leo reçut enfin l'explication de la théorie de Don, mais le génie passa sous silence la plupart des détails sordides. Il ne voulait pas y repenser tout de suite, et ne voulait pas non plus que ses frères y pensent. Il pouvait affirmer sans trop s'avancer que le pire était derrière eux, mais Don ne voulait malgré tout pas le dire à haute voix. Juste au cas où, pour ne pas porter la poisse.

« Comme si ça ne suffisait pas que le monde extérieur soit contre nous, nos propres corps le sont aussi, » Dit Leo d'un air quelque peu sombre.

« Ouais, mais au moins, maintenant, on connaît le remède, » Dit Mikey, son commentaire lui valant des regards confus de ses frères. Il soupira, levant les yeux au ciel comme si la réponse était évidente. « Il suffit de sauter dans la rivière ! »

Le reste de la fratrie maugréa et Raph lui planta le visage dans les coussins. Le cadet protesta bruyamment, et même si la scène amusait Leo, il se tourna vers Don. Au lieu de dire quoi que ce soit, il se contenta de l'examiner du regard. Don se rendit rapidement compte que l'attention de Leo était sur lui et se tourna pour lui faire face, penchant sa tête en une question silencieuse. Leo détourna le regard, sachant que ses frères ne voulaient plus l'entendre s'excuser. Mais…

« Je te connais, Don, » Dit Leo en reportant son regard sur lui. « Je sais que tu t'es surmené en essayant de trouver une solution à mon état. Je sais que je n'y pouvais rien, mais… »

« Ça n'a plus d'importance, » Dit Don en s'asseyant suffisamment près de l'ainé pour pouvoir s'appuyer contre lui. « Mais si tu ressens quoi que ce soit d'étrange, il faut me le dire, d'accord ? »

« Je le ferais, » Promis Leo, avant d'ajouter, « merci d'avoir installé ces lampes. C'était agréable de me réveiller avec elles. »

Don acquiesça tout en s'installant confortablement contre Leo. Il n'accepterait aucun remerciement pour s'être occupé de lui, parce que ce n'était pas quelque chose pour lequel on s'excusait ou remerciait les gens. Veiller les uns sur les autres était une évidence, ça l'avait toujours été. Mais il pouvait accepter ses remerciements pour les lampes.

Leo n'aurait pas pu se sentir mieux, avec tous ses frères à ses côtés et la sensation qu'il était enfin libéré de sa maladie. Il était encore faible, mais certain que du repos suffirait. Il avait l'impression d'avoir déjà suffisamment dormi pour un an, mais peut-être récupérerait-Il plus vite une fois qu'il n'aurait plus besoin de s'inquiéter à propos de ses frères.

« Attendez une seconde, les gars ! » S'exclama soudainement Mikey avant de repousser vivement les couvertures. Raph grogna lorsqu'elles atterrirent sur son visage. Le cadet sauta du lit et se précipita hors de la pièce. Avant que qui que ce soit n'ait le temps de poser la moindre question, il était de retour, la mallette dans les mains.

« Oh, c'est vrai ! » Don se redressa de là où il s'était appuyé contre Leo. « On ne sait toujours pas ce qu'il y a dedans. »

Leo semblait hésitant. « Vous avez pris ça au Clan du Foot, c'est ça ? Vous êtes sûrs qu'on devrait l'ouvrir ici ?

Mais Michelangelo se débattait déjà avec la serrure, et Leonardo était maintenant certain que ses frères n'avaient rien appris de son dernier sermon. Quand le faisaient-ils ?

La serrure s'ouvrit en un claquement, et même Raph s'était approché pour voir. Ils retinrent leur souffle tandis que la mallette s'ouvrait lentement, s'attendant à moitié à ce qu'elle explose, mais la mallette ne fit rien. Un unique objet se trouvait à l'intérieur, objet que trois des quatre tortues ne reconnurent pas. Don, lui, eut un grand sourire.

« Je ne peux pas le croire ! C'est exactement ce dont j'ai besoin ! » Le génie attrapa l'objet des deux mains et le souleva afin de l'admirer. « Je suppose que c'était destiné à être une source d'énergie pour un genre d'arme, mais je vais l'utiliser pour quelque chose de bien mieux ! »

« La barbe, » Soupira Mikey en se laissant retomber sur le lit. « J'aurais au moins voulu que ce soit de l'argent. J'ai vraiment envie de commander des pizzas… »

« Je doute qu'ils livrent par ce temps, » Dit Leo en tapotant l'épaule de Mikey avant de froncer les sourcils. « Tu as une idée du genre d'arme qui pourrait être créé avec ça, Don ? »

« Rien que nous ne serions pas en mesure d'arrêter, » Le rassura Don. « Ce n'est pas une si grosse source d'énergie, mais ça reste impressionnant. »

« De l'argent aurait été impressionnant, » Marmonnait encore Mikey.

« Nan, Leo nous aurait forcé à le rendre à son propriétaire « légitime », » Dit Raph. « Mieux vaut oublier ça, Mike. »

« Dès que j'ai mon labo… » Don se parlait à présent à lui-même, marmonnant ses plans futurs tout en reposant soigneusement l'objet dans la mallette. Mikey était encore en train de parler de pizza, et Raph commentait de temps en temps. Leo sourit une fois de plus en les regardant, mais une vague de somnolence persistante le submergea à nouveau. Il avait le sentiment que son rétablissement ne faisait que commencer, mais plutôt mourir que de quitter ses frères des yeux ne serait-ce qu'un instant.

« Woah, Leo. » La main de Donatello saisit l'épaule du leader, et Leonardo réalisa que sa posture s'était affaissée et qu'il s'était un peu trop penché sur le côté. Il n'était pas juste fatigué, mais réellement épuisé maintenant qu'il s'autorisait à être soulagé. Son inquiétude avait été la seule chose à le faire tenir. « Je me demandais combien de temps tu parviendrais à rester debout. Ton corps n'a pas encore vraiment eu le temps de se remettre. »

Don poussa Mikey jusqu'à ce que celui-ci leur accorde de la place et les quatre tortues se retrouvèrent bientôt toutes sous les couvertures. Après quelques coups de coudes, chacun trouva sa position et se détendit, sans savoir que le vent au-dehors s'était également calmé.


Seulement quelques jours plus tard, la tempête s'était estompée, et il fallut attendre une semaine de plus pour que Donatello estime qu'ils pouvaient retourner au repaire en toute sécurité. April et Casey avaient pu revenir en ville, et l'appartement commençait à devenir vraiment trop petit pour tous les six. Tout le monde avait donc été soulagé que les tortues puissent retourner chez elles. Surtout les tortues elles-mêmes. Enfin, peut-être que la plus soulagée avait été April – vivre avec cinq gars n'était pas facile. Elle était déjà bien occupée avec un seul.

Après quelques réparations, la vie était rapidement revenue à la normale, avec malgré tout un petit changement. Mikey se plaignait souvent d'un radiateur cassé et finissait par dormir autre part que dans sa propre chambre, Raph disait que son hamac ne pouvait simplement pas accumuler de la chaleur comme un lit le faisait, et Don ne voyait pas l'intérêt de chauffer le laboratoire entier – où il dormait d'habitude, vu que sa propre chambre était pleine à craquer de gadgets et d'ordinateurs. Alors, la plupart des nuits, Leo retrouvait ses frères dans sa chambre, personne ne mentionnant vraiment leur nouvelle habitude de se blottir ensemble pour dormir afin d'échapper au froid de l'hiver. Leo était certain que cette habitude disparaîtrait une fois que le temps se réchaufferait à nouveau, et une fois qu'ils retourneraient à leurs horaires habituels où Mikey restait éveillé tard pour regarder des films, où Raph passait la moitié de la nuit dehors avec Casey, et où Don émergeait de son labo aux premières heures du matin. Ils ne pouvaient pas dormir dans la même pièce lorsque chacun d'entre eux allait au lit à des horaires si différents, alors Leo décida d'en profiter tant que ça durerait.

Ce n'était pas comme si chaque nuit était agréable – parfois, il se réveillait à cause d'un coup de coude de Raph (il bougeait beaucoup dans son sommeil), parfois, Mikey parlait en dormant (à propos de choses que personne ne comprenait), parfois Don avait une expérience en cours et se relevait constamment pour vérifier si tout allait bien (il ne devrait pas sacrifier son sommeil pour ça). Malgré le fait qu'il se réveille plusieurs fois chaque nuit, cela ne gênait pas vraiment Leo. Se réveiller en sentant leur présence lui évitait bien des inquiétudes.

Et cet horrible sentiment de somnolence et d'épuisement était à présent derrière lui. A part cette petite somnolence habituelle que leur causait les rudes hivers, il était de retour à la normale. En tout cas, la plupart du temps même si le temps avait passé, il y avait encore des moments où il se sentait mou et apathique, surtout le matin. Parfois, son attention semblait ailleurs, ou il trébuchait pendant l'entraînement, ou bien lâchait un objet par accident. Rien de trop gênant lorsqu'ils étaient au repaire, mais si ça devait arriver pendant un combat ?

« Okay, les gars, » Don annonça un jour particulièrement frisquet. « Vous vous souvenez de la pièce qu'on a pris au Clan du Foot, la source d'énergie ?

Ils se trouvaient dans le labo de Don, et faisaient face à… quelque chose, qui était présentement caché derrière un drap blanc. Don se tenait devant, les mains derrière le dos, semblant excité à l'idée de leur montrer sa dernière création.

« Ouais ! T'en a fait une arme ? Elle peut tirer des lasers ? Je peux l'essayer ? » Mikey était tout aussi excité, et Don pouffa.

« Non, c'est quelque chose d'encore mieux. » Don se retourna et tira sur le drap, révélant une énorme… lampe.

« C'est… un genre… de lampe ? » Les épaules de Mikey s'affaissèrent.

« Allons, Don, le froid t'as envahi le cerveau ? » Raph leva un sourcil en regardant l'énorme lampe.

« Raph, tu étais là quand on a lu cet article sur la brumation des tortues et l'importance des bains de soleil, » Lui rappela Don.

« Ouais, mais c'était pour des tortues domestiques. »

« Pourquoi tu n'essaies pas avant de juger ? » Suggéra Don en faisant un geste vers la chaise posée en dessous de la lampe. Leo et Raph jetèrent un œil à Mikey, lui offrant silencieusement la place de cobaye. Mikey haussa les épaules et alla s'asseoir sur le siège proposé. Don alluma un interrupteur et l'énorme moteur sous la lampe s'anima en un faible vrombissement. Les membres de Mikey s'affaissèrent visiblement, et il glissa sur la chaise sans pour autant en tomber. Raph et Leo bougèrent, soudainement inquiets de la façon dont Mikey s'était relâché d'un coup, mais Don les arrêta d'une main.

« C'est une lampe à UV modifiée, faite pour imiter un bain de soleil, » Expliqua-t-il joyeusement. « J'ai pensé à ce qui était arrivé à Leo quand il était malade, et, eh bien, les tortues normales reçoivent beaucoup de lumière solaire. Nous vivons sous terre, et quand on sort, c'est presque toujours la nuit. Avec ça, on pourrait possiblement éviter que ce phénomène de brumation n'arrive à nouveau. »

Don avait considéré l'idée d'une lampe à UV lorsqu'ils étaient encore chez April, et mettre la main sur la source d'énergie des Foot l'avait décidé à fabriquer la lampe. Mais une fois qu'ils étaient rentrés chez eux, toutes ses machines et expériences précédentes s'étaient rappelées à lui et la lampe avait été momentanément oubliée. Lorsqu'il avait commencé à remarquer que les effets de la brumation de Leo persistaient encore chez lui, il s'était souvenu de la lampe. Il espérait à présent qu'avec celle-ci, la brumation serait bientôt complètement derrière eux.

« Même sans raison, c'est juste vraiment très agréable de se mettre en dessous, » Ajouta Don.

« On dirait bien, » Dit Leo en observant la posture complètement détendue de Mikey.

« Donnie… t'es incroyable, » Mikey soupira avec bonheur, et Don rit.

« Allez, venez essayer. Je vous jure que vous allez aimer. » Don attrapa Raph et Leo par la main et les guida vers la lumière chaude. Ils n'auraient plus froid pour le reste de l'hiver. Plus jamais, s'ils restaient ensemble et se gardaient sains et saufs lorsque les jours devenaient trop froids pour une seule tortue.


* Jeu de mot difficilement traduisible basé, en anglais, sur le double sens du mot « chill », qui signifie à la fois « froid » (nom commun) et « se détendre » (verbe : « to chill (out)) ». « Chill » peut aussi signifier frisson, ce qui renvoie également à l'idée de froid.
Bref, Mikey aime les jeux de mots et moi, je galère à les traduire T.T (D'ailleurs, si quelqu'un a une meilleure idée de traduction, n'hésitez surtout pas !)


Et voilà, c'est fini ! Merci à tous ceux qui ont suivi cette traduction, et à tous ceux qui la liront par la suite ! N'hésitez pas à lâcher un commentaire si vous voulez me dire ce que vous en avez pensé (ou si vous voyez une faute :p)

A bientôt sur d'autres fics/fandoms 3