OOC : Bonjour à tous. Voici un nouveau chapitre. J'espère que ça vous plaira. Bonne lecture !

« J'espère que tu as une bonne raison de me faire venir, Charon. »

Agenouillé devant la Déesse, la tête baissée dans une position de complète soumission, le Nocher garda le silence.

Après ce qui était arrivé à sa famille, après que la Déesse les ait tous appelés pour qu'ils puissent accomplir leurs prétendus rôles pour lesquels ils étaient destinés, après les avoir vus disparaître les uns après les autres pour devenir un avec leur tâche, Charon aurait été enclin à limiter ses contacts avec la Déesse. Bien sûr, il savait que Gaïa était toute puissante et qu'il ne pourrait jamais la fuir, quand bien même il le souhaiterait. Il ne serait jamais plus qu'un larbin au bon vouloir de la Planète. Une position qui lui coupait les ailes, qui avait porté un coup fatal à sa fierté. Encore plus parce que c'était la faute de Minerva s'il avait perdu toute sa famille.

En temps normal, Charon n'aurait jamais essayé de demander une entrevue avec Gaïa.

Malheureusement, même si Minerva lui avait pris sa famille, elle était également la seule à pouvoir la lui rendre. Du moins, en partie. Elle était également quelqu'un de fier. Alors, s'il souhaitait parvenir à ses objectifs, il devait se montrer obéissant et respectueux malgré la rancœur qu'il lui portait.

- Pardonnez-moi, Minerva, répondit-il avec la plus haute déférence dont il saurait faire preuve.

Minerva ne changea pas d'expression. Elle garda le visage fermé et sévère. Peut-être connaissait-elle déjà les sentiments de Charon à son égard. Bien sûr. Ils n'avaient jamais été un secret pour personne.

- La Rivière de la Vie est en grand danger, Charon. La calamité des cieux menace de détruire la Planète ainsi que toute forme d'être vivant qui y réside. Il y a intérêt à ce que tu me demandes soit important.

- Cela l'est, avoua Charon. C'est très important.

Minerva se tut, le laissant s'exprimer. Charon se mit à réfléchir à ses mots.

Sa dignité en serait entachée. Mais son objectif était plus important que sa fierté personnelle. Alors, il devait se montrer le plus honnête quand il présenterait ses doléances.

- Il y a un problème dans la Rivière de la Mort, avoua-t-il.

Minerva le toisa, le visage dur comme de la pierre.

- Quel genre de problème ?

- Je n'arrive plus à assurer ma fonction, déclara-t-il, prenant une expression penaude et honteuse pour marquer sa culpabilité quant aux évènements qui se produisaient. Conduire les âmes dans la Rivière de la Mort, sélectionner ceux qui sont dignes de monter à bord de ma barque, forcer les âmes damnées à affronter leur passé et à supplier l'absolution pour leurs crimes... Je ne suis plus en mesure de le faire seul.

Minerva le dévisagea de la même manière qu'une mère mécontente dévisagerait son enfant désobéissant.

- Tu as été choisi pour cette fonction, Charon. Tu dois t'acquitter de ta tâche. Tel est ton rôle.

Charon ne cilla pas.

- Erebus t'a laissé la charge de la Rivière de la Mort. Il a confiance en toi.

- Je le sais, mais je n'y arrive plus. C'est trop dur pour moi. Je ne sais plus si ceux que je choisis sont vraiment dignes de traverser la Rivière de la Mort. Plusieurs fois, j'ai accepté une âme qui ne possédait aucun moyen de me payer. Plusieurs fois, j'ai laissé une âme quitter la Rivière de la Mort sans même qu'elle n'ait été pardonnée de ses crimes, sans même que sa colère ait été allégée pour qu'elle puisse se dissoudre dans la Rivière de la Vie. Je commets trop d'erreurs. Des erreurs qui sont indignes de moi et de mon rôle.

Il marqua une pause, endurant le regard insoutenable de Gaïa.

- Je pensais pouvoir y arriver seul, mais tout était plus facile quand Erebus était présent pour me diriger, pour me donner des ordres.

Minerva secoua lentement la tête. Charon sentait qu'elle n'appréciait pas ses excuses.

- Erebus est présent dans la Rivière de la Mort. Il est le satellite de la Rivière de la Vie. Tu es le Nocher. Tu as un rôle clé. Mais Erebus est toujours là. Les Ténèbres existeront toujours et les âmes damnées y sont absorbées. Elles ne disparaîtront jamais. La lumière, la Planète, la vie... toutes ces choses ne peuvent exister sans leurs parts d'ombre.

Il s'agissait toujours des mêmes mots.

Erebus était toujours présent.

Nyx veillait sur lui.

Ether, Hemera, Eleos, Epiphron... ils n'étaient jamais partis.

- Erebus règne en Maître et s'acquitte de son rôle. S'il juge que tu n'y arrives plus, il te le fera savoir. Je me fie à son jugement. Ces erreurs que tu me décris, ce sont des erreurs volontairement initiées. N'est-ce pas, Charon ? Ce sont les mêmes erreurs que tu commettais pour forcer Erebus à demeurer séparé de son rôle afin que vous continuiez à parler et à jouer ensemble. Tant que tu commettais ces erreurs, Erebus ne pouvait pas devenir un avec les Ténèbres.

Le Nocher tressaillit à cette remarque. Toutefois, il ne répondit rien qui confirma les accusations de la Déesse.

Minerva se contenta de fermer les yeux, poussant un profond soupir. Elle ne paraissait aucunement surprise. Ni même en colère.

C'était comme si elle l'avait déjà anticipé.

- Je sais que tu as toujours été celui qui avait du mal à rentrer dans le rang, Charon. Même Epiphron a accepté de devenir la Prudence, alors qu'il questionnait la raison d'être de nos rôles. Toi, tu ne l'as pas encore accepté. Tu as du mal à comprendre que notre fonction doit passer avant nos propres sentiments personnels. Autrement, la Planète et tout ce qu'elle protège ne demeurera plus. Tu ne nous écoutes pas quand on te répète que ta famille est avec toi, qu'elle n'a pas disparu comme tu l'imagines.

Charon releva doucement la tête vers Minerva, demeurant dans sa position d'humilité.

- Comment puis-je le savoir ? Mon père, mes frères et sœurs demeurent silencieux à mes appels. Je tente de communiquer avec eux, mais je n'obtiens aucune réponse de la part de ma famille. Seule ma mère me parle et encore, cela n'arrive presque jamais. Un peu, durant un court laps de temps avant de se taire définitivement. J'ai l'impression qu'ils m'ont tous oubliés et c'est certainement le cas. La vie qu'on avait avant notre rôle ne signifie plus rien alors qu'on était une famille.

Minerva rouvrit les yeux. Elle toisa Charon avec une expression qu'il haïssait.

La pitié.

- Ils ont peut-être peu de souvenirs de leur vie d'avant, de leur vie en tant qu'habitants du Jardin. C'est ce qui arrive quand on devient un avec son rôle. Cela est nécessaire pour se détacher de ce qu'on était avant. Mais crois-moi, ils se rappellent qui tu es. Ils savent ce que tu représentes pour eux. Ils ne cesseront jamais de t'aimer, Charon. Quand le réaliseras-tu ?

- Si j'avais pu disparaître à mon tour, j'aurais certainement pu le réaliser. Mais je ne suis pas un concept abstrait. Je ne suis pas immatériel.

- Cela n'aurait rien changé. Tu te serais encore accroché à ta vie d'antan. Je t'ai choisi comme le Nocher pas parce qu'il s'agissait d'une punition. Ce rôle est nécessaire.

Charon secoua la tête avec véhémence.

Pourtant, il ne désirait qu'une seule chose. Une chose chère à son cœur.

- Je n'ai pas le temps pour cela, décréta la Déesse. Je n'ai pas le temps d'écouter tes protestations concernant nos rôles.

- Je ne remets pas en question mon rôle, Minerva. Ni celui de mes parents. Tout ce que je désire, c'est juste de les avoir avec moi. D'avoir un moyen de communiquer avec eux, comme avant. Est-ce trop égoïste, comme revendication ?

Non. S'il avait sa famille avec lui, il accomplirait décemment son rôle. Il serait fier d'être le Nocher.

Mais seul ? Seul pour l'éternité tandis que les humains avaient le luxe de rejoindre la Rivière de la Vie ?

Non. Il ne l'accepterait pas.

Minerva parut pensive par rapport à sa remarque.

- Non, ça ne l'est pas. Mais malheureusement, ta demande est difficile à accueillir. Il existe peu de moyens pour t'accorder ton souhait.

- Donc, il existe bel et bien un moyen, conclut Charon.

- Oui.

Minerva se tourna vers lui, les bras croisés sur la poitrine.

- Tu peux revoir ta famille. Tu désires qu'ils redeviennent comme avant. Qu'ils aient un corps pour te parler, pour jouer avec toi, pour te serrer dans leurs bras, pour te dire qu'ils t'aiment... n'est-ce pas ?

- Je veux revoir ma famille. Pas la Nuit, pas les Ténèbres, pas le Ciel, le Jour... Juste eux. Comme ils étaient autrefois, approuva le Nocher. Je désire seulement cela. Un père, une mère, des frères et sœurs. C'est tout. Même s'ils continuent de remplir leur rôle et que leur fonction passe avant moi, je veux seulement les voir physiquement.

- Et tu t'acquitterais de ta tâche si on te donnait tout cela ? Si on t'apportait cette présence ?

Charon acquiesça.

Il ne désirait rien de plus.

- ... Il n'existe qu'un seul moyen, déclara Minerva. Afin de répondre aux besoins de la Planète et à tes propres besoins.

- Lequel ?

- Il faut trouver un réceptacle.

Charon fronça les sourcils à cette information.

- Un réceptacle ?

- Un Hôte, précisa Minerva. Pour certains êtres, tel qu'Omega, ils sont nécessaires. C'est par le biais de ces Hôtes que tu pourras parler à ta famille. Que tu obtiendras la présence que tu désires. Mais ils ne seront pas aisés à trouver. Il ne peut exister qu'un ou deux êtres au monde qui puisse contenir une entité comme Nyx, Erebus ou Chaos. Et certains Hôtes n'existent pas encore. Il faut une compatibilité entre l'Hôte et le pouvoir qu'il contient.

- Cela serait un humain ? demanda Charon pour être certain de bien comprendre.

Minerva répondit par l'affirmative.

- Cela peut aussi être un animal ou tout autre être doté de conscience. Dans tous les cas, l'Hôte doit être prêt à lâcher prise et à laisser ton père, ta mère ou tes frères et sœurs prendre le contrôle de son corps. Ce qui faisait de l'existence de l'Hôte disparaîtra au profit de la divinité. Néanmoins, l'être humain est égoïste et passera toujours ses sentiments personnels avant les tiens. Et il n'est même pas certain que ta famille valorise autant leur vie d'avant pour se limiter dans le corps d'un Hôte. Ils se sont détachés de leur ancienne vie et n'ont que quelques bribes de souvenirs.

Charon hocha lentement de la tête.

Sacrifier l'existence d'un être doté de conscience pour laisser place à sa famille ? Charon n'aurait jamais pensé que cela serait aussi simple. S'il l'avait su, il aurait tout mis en œuvre pour trouver ces Hôtes.

- Mais tu devras chercher cet Hôte par toi-même. Tu devras peut-être même attendre longtemps avant de le trouver, si nécessaire.

- J'attendrai, accepta Charon. Je trouverais ces Hôtes et je ferais tout pour qu'ils nous cèdent. Je ferais tout pour reconstruire ma famille.

Minerva ne changea pas d'expression.

- En attendant, tu accompliras ton rôle. Utilise les moyens que tu souhaites pour trouver ces Hôtes, mais je t'interdis de mettre la Planète en danger. Si tu me désobéis, tu seras lourdement châtié, Charon. Ne l'oublie pas.

Charon demeura à genoux. Quand Minerva l'autorisa à se remettre debout, il obtempéra avec grâce.

- Je suis à votre service, Minerva.

Il allait déjà commencer par chercher l'Hôte pour son père. Son réceptacle.

Ensuite, il ramènerait Erebus. Il ramènerait Nyx. Ether, Hemera, Eleos, Epiphron... Charon était patient.

Ils seraient bientôt tous réunis.


Charon avait longtemps cru que Vincent Valentine serait l'Hôte d'Erebus. Il y aurait eu une compatibilité entre lui et les Ténèbres.

Mais il s'était avéré que Vincent Valentine était déjà l'Hôte d'une entité puissante. Chaos, l'Ecuyer d'Omega. C'était son propre grand-père qui sommeillait en lui.

Cela fut plus tard qu'il apprit qu'il existait en réalité un autre Hôte qui contenait les Ténèbres depuis sa naissance.

Nero le Sable, une abomination créée par la Shinra et qui baignait dans la terre corrompue. Charon l'avait longtemps observé. Il l'avait observé subir l'enfer à Deepground. Il l'avait observé obéir à celui qui aspirait à devenir Omega en massacrant les « purs » et les « impurs » dans le but de faire revivre ce frère qu'il aimait d'un amour impur et égoïste. Il avait été prêt à provoquer un cataclysme qui aurait provoqué la fin de l'humanité. Il l'avait ensuite observé être rejeté par la Rivière de la Vie après avoir fusionné avec Weiss, avant de prendre sous son aile un enfant qui n'était pas le sien. Il l'avait observé l'emporter dans cette dimension parallèle, loin des hommes pour l'y élever comme son propre fils.

A partir de ce moment-là, Charon n'avait plus eu de doute.

Nero était bel et bien l'Hôte d'Erebus. La compatibilité était plus qu'évidente. Surtout qu'il ressemblait tellement à Erebus tel que Charon l'avait connu.

Charon aurait peut-être dû montrer un peu de compassion à l'égard de Nero qui aurait sa conscience effacée pour laisser place à son père. Mais honnêtement, il ne ressentait rien pour le réceptacle.

Il n'était que cela, après tout. Un réceptacle. Et après tous les crimes qu'il avait commis contre la Planète soi-disant pour faire revivre son frère adoré, il considérait que la punition était méritée. Cela ne faisait que renforcer sa détermination dans son objectif. Faire disparaître une pourriture pour laisser la place à son père et le ramener avec lui dans la Rivière de la Mort, c'était pour ce à quoi il avait œuvré.

« Toi aussi, tu auras un réceptacle. Je trouverais le tien après avoir ramené Père », déclara Charon alors qu'il marchait à travers le Jardin.

Il crut qu'elle ne lui répondrait pas. Qu'elle garderait le silence, comme d'habitude.

Je ne désire pas de réceptacle.

Charon se figea.

Surpris, il releva la tête vers le ciel étoilé. Assimilant les mots de sa mère, passée la surprise, il ne comprit pas sa réponse.

« ... Tu accomplirais ton rôle. Et tu serais avec moi. Tu serais avec ta famille. Tu serais avec nous. Tu serais avec ton âme sœur et tes enfants. N'est-ce pas ce que tu désires ? »

Oui. Elle devait le désirer. Charon ne faisait que lui donner ce qu'elle souhaitait.

Je suis la Nuit, Charon. Je ne désire pas être limitée à une enveloppe matérielle.

« Mais pourtant... Pourtant, tu adorais jouer avec nous. Tu adorais nous embrasser, tu adorais nous prendre dans tes bras. Cela ne te manque pas ? »

Ton père ne voudra pas être limité à un réceptacle. Encore moins tes frères et sœurs.

... Pourquoi disait-elle cela ?

Ce que tu ressens, c'est un besoin d'attention. Tu n'as pas confiance en nous. Tu as toujours cru que la Déesse nous avait enlevés, mais c'est nous qui avions choisi d'endosser notre rôle. De notre propre gré. Tu as toujours cru que tu étais seul alors que nous étions toujours là.

« Ce n'est pas la même chose. »

Tu refuses de nous laisser partir. Tu refuses de prendre tes responsabilités.

Ce ton de reproche...

« Pourquoi me dis-tu cela ? » s'exclama-t-il à destination du ciel étoilé. « Je fais juste cela pour réunir notre famille ! C'est ce que vous auriez dû faire, en tant que parents ! Vous auriez dû veiller sur nous. Sur vos enfants ! Vous auriez dû faire en sorte que nous ne soyons pas forcés à accepter des rôles que nous ne désirions pas. »

Tu es le seul qui ne le désirait pas.

Nous sommes des dieux, Charon. Nous avons été créés pour un rôle particulier au contraire des humains.

« Ce sont des foutaises ! Je n'ai jamais demandé à être seul ! » s'écria Charon. « Tu as tout oublié de notre vie d'avant, toi aussi ! Maintenant que tu es la Nuit, plus rien n'a d'importance ! Tu ne nous aimes plus ! Tu ne m'aimes plus ! »

Tu sais que je t'aime, Charon. Autrement, cela ferait longtemps que la Déesse t'aurait châtié pour tes multiples fautes. Tu as détruit le Jardin que tu disais tant aimer. Je l'ai reconstruit pour toi.

« Alors, comprends-moi ! Pourquoi est-ce que tu refuses tant mon offrande ? Pourquoi refuses-tu même l'idée d'un réceptacle ? Parce que cela serait sacrifier un humain ? Mais depuis quand les dieux doivent se préoccuper des humains ? »

Si tu as détruit ce Jardin, qui ne nous dit que tu ne nous détruiras pas ? Nous ? Les membres de ta famille ? Je ne te suivrai pas dans ta folie, Charon. Tu as semé ces créatures des ténèbres partout sur Gaïa. J'ai persuadé Minerva que tu savais ce que tu faisais. Mais je n'en suis plus aussi sûre. Parce que rien ne nous assure que tu ne feras pas pire par la suite. Cette fois-ci, je ne pourrais plus rien faire pour toi. Alors, renonce à cette folie pendant qu'il est encore temps.

Charon serra les poings.

Cela la confortait dans son idée.

« Tu ne m'aimes pas. »

Il tourna les talons, marchant d'un pas lourd dans la terre tandis qu'il sentait les larmes monter aux yeux.

« ... Cela ne fait rien. Si tu ne désires pas de réceptacle, je forcerais à ce que tu me reviennes. Quitte à user d'autres moyens pour te faire réagir. »

Mais pour l'instant, il devait faire revenir son père.

Peut-être que lui-même la convaincrait ? Il réussirait à convaincre son âme sœur de lui revenir.

Oui.

Il ne devait pas perdre espoir.


Coup de pied qui envoya son arme voler dans les airs.

L'ancien Tsviet ne s'arrêtait pas. Tandis que Shiro ramassait son arme pour revenir à la charge, Nero ne le laissa même pas s'approcher. L'enfant n'eut pas le temps de cligner des yeux que Nero l'avait déjà éjecté du terrain en le prenant par les épaules pour le projeter dans le mur, son dos le heurtant douloureusement.

L'enfant voulut récupérer son arme, mais Nero l'avait déjà aspiré dans les ténèbres. Shiro en eut assez et décida d'attaquer son oncle à mains nues. Il effectua une roulade au sol pour éviter une attaque de ténèbres de Nero, avant de continuer sa course vers lui.

« ... Tu penses m'attaquer comme ça ? » susurra Nero, le ton dangereux.

Shiro ne se fit pas avoir. Il esquiva un uppercut de la part de son oncle et sauta en l'air, fondant droit sur son oncle, prêt à le viser au visage.

Son poing entra en collision avec sa joue... et avant même qu'il ne puisse pousser un cri de joie à l'idée de l'avoir enfin touché, il réalisa avec déception qu'il ne s'agissait que d'un clone dès que Nero explosa en un flot de ténèbres au simple toucher de Shiro.

L'enfant évita de justesse le vrai Nero qui avait manifestement décidé de jouer à la traîtrise, étant donné qu'il attaqua par-derrière. Shiro plongea au sol tandis qu'une rafale de ténèbres passa au-dessus de sa tête. Il se releva immédiatement.

« Rends-moi mon arme ! » lui cria l'enfant.

Nouveaux tentacules noirs. Shiro garda la mâchoire serrée.

Aujourd'hui, il allait le toucher !

Shiro attendit que Nero fonde sur lui, sautillant sur place. Mais avant même qu'il ne puisse porter un coup de poing à la gorge de son oncle, ses pieds décollèrent du sol. Shiro fut agrippé par le col, Nero le soulevant à bout de bras.

« Je t'ai attrapé », chantonna Nero.

Shiro hurla alors que Nero le faisait danser sur lui-même avant de lâcher l'enfant qui tomba comme une pierre au sol.

Il était déchaîné aujourd'hui... Et quelque part, Shiro se disait que c'était de sa faute. Dès l'instant où Nero avait su que Charon était venu lui rendre visite dans sa chambre pendant la nuit, il était sorti de ses gonds. Mais cette fois-ci, il l'avait exprimé en laissant tout tomber pour emmener Shiro dans la salle d'entraînement.

Puisque Charon les avait menacés, Nero avait redoublé les sessions d'entraînement. Pas seulement pour que Shiro soit en mesure de se défendre, mais également pour pouvoir travailler ensemble leurs pouvoirs. Shiro espérait que, de cette manière, il puisse ré-utiliser la « lame immaculée » avant la prochaine attaque des Chiens de l'Enfer. Et quelque part, cela permettait à son oncle de se défouler d'une manière qui ne mettrait pas en danger les humains résidant dans leur périmètre suite à un coup de rage de Nero à cause de Charon.

Quelque part, Shiro devrait être content que Nero ne prenne pas peur pour sa sûreté et ne décide de l'enfermer pour le protéger, comme il aurait eu tendance à le faire il y a six mois. Peut-être que son oncle avait décidé que cela ne servirait à rien et qu'il valait mieux appliquer la doctrine de Deepground : s'ils étaient menacés, ils devaient combattre. Et quelque part, cela rassurait l'enfant aux cheveux blancs.

Mais là, c'était beaucoup trop...

« Aïe ! Tu ne me laisses même pas te toucher, Papa Nero ! » geignit Shiro.

Nero lui adressa une expression moqueuse.

« Penses-tu qu'à Deepground, je t'aurais laissé m'aborder aussi facilement ? »

Virage à 180 degrés. Son oncle Nero, d'ordinaire si surprotecteur, qui était du genre à abaisser le niveau de difficultés du combat pour éviter que Shiro ne se blesse durant l'entraînement, était en train de jouer à la balle avec son propre corps. Ils n'étaient plus sur le terrain de jeu, ils étaient à Deepground. Ou plutôt, un aperçu de Nero à Deepground quand il était en entraînement. Tandis qu'il fut envoyé au plafond, Shiro frappa dans le vide avant de retomber lourdement par terre.

Avant même que Nero ne puisse l'immobiliser, Shiro se releva avec rapidité. Il sauta en l'air et envoya une attaque qui fit trembler le sol autour de lui. Son oncle disparut dans les ténèbres avant d'être touché.

Alors qu'il chercha du regard un moyen de bloquer les attaques de Nero, il remarqua du coin de l'œil quelque chose par terre.

Un revolver. L'un de ceux de son oncle. Alors qu'il s'attardait dessus, se demandant s'il était tombé de sa ceinture, Shiro fut violemment frappé dans le dos par un coup de pied retourné. Il laissa échapper un cri de surprise mêlé à celui de la douleur. Il releva la tête. Nero était en train de préparer une attaque de ténèbres dans ses mains. Il roula sur le côté au moment où l'attaque frappa l'endroit même où Shiro se tenait quelques instants plus tôt.

Et sans hésiter, il récupéra le revolver et le pointa en direction de Nero.

Immédiatement, l'ancien Tsviet s'arrêta, amusé.

- Il n'est même pas chargé.

Shiro lui sourit en retour.

Sans hésiter, il tira.

Nero disparut dans les ténèbres. Shiro se plaça immédiatement sur ses gardes, le cherchant hâtivement.

Il réapparut à seulement quelques centimètres de lui. Shiro ne put qu'entrevoir son sourire narquois.

L'instant d'après, les coups plurent. Shiro lâcha son revolver et cria, suppliant à Nero d'arrêter. Ce fut seulement quand il fut plaqué au sol, la tête face contre terre, Nero gardant son bras immobilisé derrière son dos, que Shiro ne put pousser qu'un glapissement de douleur.

- ... D'accord, je me rends, déclara-t-il, résigné.

Nero demeura immobile pendant quelques instants, avant de relâcher Shiro et de l'aider à se relever. Shiro se laissa retomber contre lui, reprenant longuement son souffle, les muscles endoloris.

- Je n'arriverais jamais à réactiver la « lame immaculée », fit Shiro, las.

Nero secoua la tête, glissant sa main dans ses cheveux pour le serrer dans ses bras.

- Cela ne fait rien.

- Mais cela aiderait grandement que—commença Shiro.

- Je le sais. Mais cela ne fait rien.

Nero marqua une pause, avant d'ajouter, plus sinistre.

- Charon est à moi. Je me le réserve. Il a osé te menacer et dire que tu n'étais pas éternel. Mais crois-moi, il ne le restera pas longtemps.

Shiro ferma les yeux, essoufflé.

- Il va payer, renchérit son oncle avant de resserrer son étreinte. Mais... c'était quand même du bon travail, Shiro. Tu t'es bien entraîné.

- Merci, Papa Nero.

Il poussa un bref soupir de découragement.

- J'aimerais juste tellement en faire plus.

- Tu en fais déjà beaucoup. Et j'ai hâte de recommencer.

- Euh... Moi aussi, mais je ne suis pas sûr dans quel sens je dois le prendre, vu que tu as adoré me malmener.

Nero se contenta de glousser avant de se détacher de lui.

Ils furent soudainement interrompus par la sonnerie d'un téléphone. Ils échangèrent un regard confus et Nero le sortit de sa poche.

Ils réalisèrent que c'était Shelke.

- Allô ? répondit Nero dès qu'il décrocha, prenant un ton sèchement poli.

- On a avancé les recherches avec Vincent Valentine et Reeve Tuesti sur la Nuit, les Ténèbres et leurs enfants.

Ils poussèrent un soupir de soulagement.

Quand Shiro et Nero avaient contacté Vincent, Shelke et Reeve suite à ce qui s'était produit avec Charon, ils leur avaient posé des questions sur ce que pouvait signifier la Rivière de la Mort, la Nuit et les Ténèbres auxquels Charon faisait référence. Ce fut à ce moment-là que Shelke leur avait révélé qu'ils avaient déjà effectués des recherches de leurs côtés par rapport à ce sujet.

Cela avait surpris l'ancien Tsviet et l'enfant car aucun des deux ne leur avaient déjà évoqués l'existence de Charon auparavant, encore moins celle de la Rivière de la Mort. Quand Nero leur avait demandé, suspicieux, pour quelle raison ils avaient déjà effectué ces recherches, Shelke avait prétendu, de manière vague, que c'était par rapport aux Chiens de l'Enfer.

Pour l'ancien Tsviet, Shelke ne disait pas toute la vérité. Il la connaissait. Il savait quand elle mentait. Néanmoins, l'heure n'était pas à cela. C'était au cours de ces dites recherches que Shelke leur avait parlé d'Erebus, de Nyx et de leurs enfants personnifiant le Jour, le Ciel Supérieur, la Pitié, la Prudence...

Et le Nocher.

- On a trouvé les noms, leur rapporta Shelke. Les noms des enfants d'Erebus et Nyx.

- Et donc ?

- Ils s'appellent Ether, Hemera, Eleos, Epiphron...

Elle marqua une pause, avant de citer le dernier nom :

- Et Charon.

Cela laissa Nero et Shiro sans voix.

Les deux se regardèrent, perplexes.

- Tu es sûre ? lui demanda Nero.

- Affirmatif. Charon le Nocher.

- Donc... ce serait ce même Charon qui envoie les Chiens de l'Enfer ? s'écria Shiro tandis qu'il ouvrit une bouteille d'eau pour prendre une gorgée.

Nero laissa le téléphone en suspens.

- Et Charon croirait que je suis son père parce que je lui rappelle Erebus ?

- Peut-être parce que tu as le pouvoir des Ténèbres. Erebus était les Ténèbres, après tout. Mais je dois avouer que rien n'est certain, concernant ce sujet-là.

- Mais il n'est pas lié à moi ? N'est-ce pas ? l'interrogea Nero, pour en être sûr.

Un silence.

- Pourquoi le serait-il ? Charon est aussi vieux que la Planète elle-même. Voire plus.

Shiro vit son oncle déglutir à cette information. Il comprit qu'il était soulagé. Qu'il était soulagé que celui qui les attaque ne soit pas son fils. Shiro était sûr que cela lui aurait coûté beaucoup de l'affronter avec cette vérité, même s'il disait que la sécurité de Shiro passait avant toute chose.

- Mais je n'ai pas d'explication pour tes rêves, lui signala Shelke. Il faut que j'avance encore.

Nero hocha la tête, pensif.

- Merci, Shelke, la gratifia Shiro.

Il devina la surprise de la jeune fille à l'autre bout du fil.

- Je vous contacte prochainement, prétexta-t-elle avant de raccrocher.

Nero se laissa retomber par terre. Doucement, il enroula un bras autour des épaules de l'enfant pour l'attirer contre lui.

- Je suis content, avoua-t-il à voix basse.

- Que Charon ne soit pas ton fils ? demanda Shiro d'une petite voix.

Nero répondit par l'affirmative.

- Tu n'aurais jamais souhaité en avoir un ?

- ... Cela ne fait pas partie de mes projets.

Il caressa doucement la tête de Shiro, avant de compléter.

- Et je suis déjà bien loti avec toi. Tu me fais déjà tourner en bourrique.

- C'est comme ça que tu m'aimes, sourit Shiro.

- ... Oui. Aucun doute là-dessus.

Cela fit plaisir à l'enfant. Alors que les deux appelaient le gardien pour remonter à l'appartement, Shiro lui demanda :

- On se commande une pizza ce soir ? Avec une soirée film ?

Nero le toisa avec étonnement. Shiro haussa les épaules, rêveur. Cela faisait longtemps qu'ils n'avaient pas fait ce genre de soirée. Il avait envie d'une pizza et il avait envie d'un film. Et plus que tout, depuis que Charon était entré dans sa chambre durant la nuit, il avait... peur de dormir seul.

Il avait peur que Charon revienne et qu'il ne soit pas en mesure de se défendre. C'était idiot. L'ancien commandant en second de Deepground avait enfin accepté de l'entraîner après des années de surprotection et... maintenant, il avait peur. C'était lui qui demandait à être protégé à la place.

C'était le monde à l'envers.

- Pourquoi pas ? accepta Nero, le ton léger.

- J'ai surtout envie que tu restes avec moi, ce soir, avoua Shiro, timide.

- Bien sûr que je vais rester avec toi.

C'était tout ce dont ils avaient besoin.

D'une soirée tranquille, juste tous les deux.

Mais alors qu'ils arrivaient à l'étage de leur appartement, Nero et Shiro furent à nouveau interrompus par la sonnerie du portable de Nero.

Quand Nero lut le nom, ils réprimèrent un soupir d'exaspération.

- Vincent.

Ils savaient tous les deux ce que cela signifiait.

- Les Chiens de l'Enfer...

Shiro releva le regard vers lui.

- Cette fois, je viens avec toi !

Il vit l'hésitation dans les yeux de Nero. Shiro se dépêcha d'argumenter :

- Si la « lame immaculée » remarche, je veux être là ! Je veux être là quand elle remarchera.

- Je...

Nero ouvrit la bouche avant de la refermer. Il secoua la tête et Shiro sut immédiatement ce que cela voulait dire.

Il connaissait cette expression.

- Non, tu restes ici, Shiro. Tu restes en sécurité.

- Mais...

- Tu n'es pas encore prêt, insista Nero. Et je ne pourrais pas te défendre sur le champ de bataille.

- Mais on est une équipe !

Nero se mordit la lèvre.

- Désolé. Mais je ne vais pas te laisser aller au combat et y risquer que tu perdes la vie.

- Mais Papa Nero, je- !

- N'insiste pas. Tifa viendra te chercher et vous irez vous réfugier au Septième Ciel.

Alors, cela serait un « non » ferme et définitif. Nero ne reviendrait pas sur sa décision.

Shiro allait protester, mais finalement, il abdiqua. Ravalant sa colère, Shiro suivit Nero et les deux se dépêchèrent de redescendre pour revenir au rez-de-chaussée. L'ex-AVALANCHE était déjà sûrement en route.

Est-ce que cela se terminerait un jour ?

Shiro ferma les yeux.

Il l'espérait. Il l'espérait vraiment.


Le véhicule manqua de déraper dès que Barret freina devant eux. Derrière lui, Cloud le suivait de près avec sa moto, Tifa accrochée à lui sur le siège passager. Elle se hâta de descendre tandis que Barret passa la tête à travers la fenêtre de la voiture.

« Il y en a dans le quartier Est d'Edge », brailla-t-il. « Des Chiens de l'Enfer et des soldats de l'ORM y auraient aperçu des spectres aussi. Cela craint vraiment. »

Assis sur le siège passager, Cid paraissait dépité.

- Ces fantômes d'opérette commencent à me casser les—

- Langage, Cid ! lui cria Tifa.

Nero l'ignora et se tourna vers Shiro, la gorge nouée. Sans hésiter, l'ancien Tsviet l'attrapa contre lui pour l'étreindre fortement.

Il ne changerait pas d'avis. Il savait que Shiro était déçu, mais les spectres risquaient de s'en prendre à lui s'il l'accompagnait.

Quoique... était-il en sécurité quelque part ?

Nero se maudissait de ne pas savoir quelle était la meilleure solution. Il se maudissait de ne pas pouvoir le protéger davantage.

Comme il aurait dû protéger davantage Weiss...

- Fais attention à toi, lui souhaita Nero.

- ... Toi aussi, répondit Shiro avec un demi-sourire.

Nero désirait que le contact dure plus longtemps.

Malheureusement, le temps pressait. Surtout s'il y avait des spectres... Nero devina que Charon devenait de plus en plus sérieux.

Nero se détacha à contrecœur de Shiro en même temps que Reeve Tuesti quittait son QG, fusil à pompe à la main, entourés de soldats de l'ORM et du Général MacKurie qui le suivait à la trace. Nero n'avait même pas le temps de faire attention à lui.

- Je viens aussi, décida Reeve Tuesti.

- Ce n'est pas risqué ? Tu ne peux pas envoyer ton imbécile de chat robot à la place ? cracha Cid.

- Pitié, soupira Red XIII.

- Non. Cette fois, je vous accompagne.

- Tifa, lui cria le Général MacKurie alors qu'il lui lançait des clés de voiture. Mon véhicule est garé à l'angle de la rue. Vous n'avez qu'à me l'emprunter.

Tifa accepta.

- Tifa, l'appela Cloud.

La femme aux cheveux noirs se tourna vers lui, le regardant avec curiosité et avec une certaine attente.

Cloud ouvrit la bouche, avant de répondre à la place :

- ... Attention à toi.

Tifa sourit en guise de réponse, masquant une certaine déception, avant de prendre la main de Shiro.

- Je le ferais. Prenez garde à vous.

Avant de monter dans le véhicule, Nero adressa un dernier regard à Shiro.

Alors que Tifa l'entraînait au loin en direction de l'endroit où était garé le véhicule du Général, l'enfant se retourna vers lui pour lui adresser un signe de la main.

Nero lutta avec violence pour ne pas le rejoindre. Il s'assit à côté de Vincent Valentine et ferma la porte derrière lui en même temps que Barret démarrait.

- Nero ? lui adressa Vincent.

Nero tourna la tête vers lui, hagard.

- ... Après cela... Il faudra qu'on parle. J'ai quelque chose à te dire.

L'ancien Tsviet plissa les yeux.

- Et tu ne peux pas me le dire maintenant ?

Vincent secoua la tête.

- Non. Cela peut attendre plus tard.

Il ne fit plus attention à lui.

Nero observa par la fenêtre Shiro et Tifa disparaître dans l'angle d'une ruelle.


Installé sur le siège arrière dans la voiture du Général MacKurie, Shiro s'agrippa sur le siège avant tandis que Tifa était au volant. Le carrefour était désert. Avec un peu de chance, ils arriveraient rapidement au Septième Ciel.

« Cela va aller, Shiro », lui déclara Tifa tandis qu'elle donnait un coup de volant à droite. « On est bientôt arrivés. »

Shiro hocha la tête, posant délicatement sa main sur le fleuret rangé sur son dos.

- Tu ne seras pas seul, sourit Tifa. Tu seras avec moi, avec Denzel, avec Marlène... On veillera les uns sur les autres. Et Nero rentrera bientôt. Tu peux me faire confiance.

- Et s'il a des problèmes en utilisant ses ténèbres ?

Shiro ne l'avait pas oublié.

Si Nero faisait un nouveau malaise suite à l'absorption des Chiens de l'Enfer et des spectres...

S'il ne se réveillait pas cette fois-ci ?

Tifa regardait la route, le visage fermé. Le compteur de vitesse affichait 70 km/h.

- ... Cela n'arrivera pas. Les autres seront présents, Shiro. Même si Nero croit le contraire, on est là pour veiller sur toi.

Elle marqua une pause avant de se corriger, quand bien même elle camoufla à peine son air sombre.

- ... Sur vous deux, en réalité.

Shiro sourit discrètement à cette remarque.

- J'ai voulu chercher ma mère.

- Je le sais, admit doucement Tifa.

- Mais... tu as fait bien plus pour moi que ma mère Ophelia n'aurait pu le faire, Tifa. J'aurais dû m'en rendre compte. Denzel et Marlène ont de la chance de t'avoir et... je suis sûr qu'Aerith sera chanceuse aussi.

Il vit les yeux de Tifa s'éclairer, manifestement attendrie par ses mots.

- Shiro, je-

Il n'entendit pas la suite de sa phrase.

La scène se déroula à toute vitesse.

Une ombre se plaça au milieu de la route et Tifa eut juste le temps de dévier sur la gauche tout en écrasant le frein.

Shiro se sentit partir en avant.

Il entendit hurler...

Il entendit quelqu'un appeler son nom.

L'instant d'après, tout devint noir.