OOC : Bonjour à tous. Voici un nouveau chapitre. J'espère que ça vous plaira. Bonne lecture !

Autour de lui, cet espace vide. Cette prison infinie qui n'en finissait jamais.

Quand bien même il portait cette couleur, de par son nom et son titre, Weiss s'était mis à haïr le blanc qui l'entourait.

Le blanc qui était pourtant l'une de ses principales caractéristiques... Weiss ne pouvait plus le supporter.

Dire qu'ils s'attendaient à ce qu'il erre ici pour l'éternité, seul et oublié de tous.

Alors que plus Weiss demeurait ici, plus il sentait la rage et ses pulsions meurtrières monter en lui.

Mais au-delà de cette colère, de cette envie de tuer, de massacrer, de torturer, d'utiliser n'importe quel moyen d'assouvir ses besoins primaires nés à Deepground, Weiss faisait face à un autre sentiment insupportable.

La trahison.

A Deepground, Weiss avait rencontré des traîtres. Beaucoup d'entre eux, même. Des traîtres à la cause, des traitres qui avaient craché leur venin, qui avait dénoncé son complot simplement pour bien se faire voir par Restrictor ou pour obtenir un rang au titre de Tsviet.

« Tu crois vraiment que tu as des alliés, en ces lieux ? A Deepground ? » lui susurrait Restrictor. « Tu penses réellement qu'ils vont te suivre ? Tu me déçois, Weiss. Moi qui te croyais plus intelligent que cela. Sache qu'il n'y a aucune équipe à Deepground. Ils te tourneront le dos dès l'instant où leur vie sera menacée. Tu ne peux pas leur en vouloir. C'est l'instinct de survie qui prime ici. Ta rébellion, tes plans, ta cause... Tu es tout seul, Weiss. Personne n'aura jamais assez de cran pour te suivre. Personne ne t'est loyal ici. »

Même s'il avait fini par réussir à donner tort à Restrictor, à gagner la loyauté de ses sujets, la trahison plongeait toujours Weiss dans une colère noire. Et les traîtres, les félons, les fourbes, Weiss s'en était toujours personnellement occupé. Qu'il s'agisse d'un règlement de compte dans l'arène, durant lequel Weiss prenait son temps à mutiler le traître avant de l'achever, ou d'une exécution traditionnelle durant laquelle il laissait ses cohortes Tsviets s'occuper du lâche tour à tour, Weiss les avait toujours fait payer.

Même s'il n'était plus à Deepground, même si la rébellion contre Restrictor et la Shinra n'était plus en jeu, le même schéma se reproduisait ici.

Et les mêmes sentiments.

Weiss finit par se lever. Il était hors de question qu'il laisse passer cela. Weiss se moquait qu'il s'agisse de divinité ou non. Il se moquait même qu'il s'agisse de sa soi-disant famille.

C'était même pire. Weiss n'avait jamais été trahi par sa propre famille.

La trahison n'en était que plus abjecte.

Sans un mot, il dégaina ses épées. Il dégaina « Paradis » et « Terre » en un seul mouvement.

G allait venir. Peut-être était-il déjà là.

Il eut raison quand, quelques minutes plus tard, G se matérialisa devant lui. Weiss se retourna lentement dans sa direction.

Lui qui avait tendance à intérioriser ses émotions... Cette fois-ci, Weiss ne cacha aucunement la haine et le ressentiment qu'il portait à son égard.

G se tenait droit, la Rapière rangée sur son dos. Le Gardien de la Planète le dévisagea d'une expression froide, détachée. Weiss ne put aucunement deviner à quoi il pensait.

Même si je t'ai déçu, même si je vous ai déçus toi et les Tsviets... je te considère comme la seule famille que j'ai à présent. Sincèrement. Même si tu me détestes.

Peu importe s'il ressentait du regret ou non. Cela n'atténuerait pas la furie de Weiss.

« ... J'ai perdu le jeu », articula Weiss, le ton bas.

G secoua la tête.

Weiss ne put s'empêcher de lui adresser un sourire mauvais face à sa réaction.

- Je le savais. Je savais que tu ne serais pas dupé par un mensonge. On ne peut pas mentir aisément aux divinités.

G se plaça en position défensive, sans changer d'expression.

- J'imagine que tu as tout vu. Tu connais déjà l'issue du jeu. Avec Charon. Et j'imagine que tu sais déjà ce qu'il m'a dit.

Le Gardien ne cilla pas. Weiss fut le seul à parler, mais il s'en moquait. Il tenait à ce qu'il entende ce qu'il avait à dire.

- Je comprends mieux pourquoi tu comptais y mettre un terme. J'ai appris beaucoup de choses. Des choses très intéressantes.

Un silence lourd tomba.

Weiss secoua la tête, révolté. Il n'allait rien dire, alors ?

- Tu ne vas pas te défendre. Dommage. J'aurais aimé entendre des explications venant de ta part, notamment sur la raison pour laquelle tu as osé me mentir...

- Que souhaites-tu que je te dise ?

Son ton était neutre.

Il cachait ses sentiments.

- Oh, je ne sais pas, rétorqua Weiss, sarcastique. La raison pour laquelle tu m'as dit que Nero était mort alors qu'il vit actuellement encore sur Gaïa ?

Son ton monta.

G ne fléchissait pas. Il le laissait s'exprimer.

- Mon frère est vivant, répéta Weiss, atterré. Mon frère est vivant et tu as osé me mentir par rapport à lui.

G demeurait stoïque.

Son silence l'agaçait profondément !

- Explique-toi ! cracha Weiss, reprenant son ton impérieux qui ne laissait place à aucune discussion. Réponds, au moins ! Comment as-tu pu ?

Je comprends totalement ta rancœur envers moi, envers Minerva, envers la Planète.

On n'a jamais eu le temps de faire connaissance.

Les poignets qui tenaient ses armes se mirent brusquement à trembler.

- Tu disais que tu me considérais comme la seule famille que tu avais. Le seul qui te restait. Mais en fin de compte, ce n'était que des histoires.

- Ce ne sont pas des histoires, se contenta de clarifier G.

Weiss renifla de mépris.

- Oh si. Non seulement tu m'as menti par rapport à Nero, mais en plus, tu as caché le fait que j'avais un fils. Un fils dont je n'avais jamais entendu parler jusqu'à présent. Et c'est Charon qui me l'a avoué sous la contrainte de la règle divine. Sans ce jeu, je n'aurais jamais su la vérité.

- Parce que tu ne devais pas le savoir. Même si c'était quelque chose auquel tu aurais pu potentiellement t'y attendre. N'était-ce pas la raison de ces programmes d'imprégnation ? Créer la prochaine génération ?

Weiss resserra son emprise sur ses lames.

On ne lui avait jamais dit et dans un sens, Weiss aurait préféré ne pas le savoir. Cela n'aurait constitué qu'une charge supplémentaire. Un moyen de plus de la part de Restrictor et des scientifiques qu'ils pouvaient utiliser contre lui.

Weiss n'aurait pas pu se concentrer sur sa survie, sur celle de Nero et sur la prise de Deepground s'il avait dû également protéger un enfant qu'il n'avait pas désiré.

Avec les expériences, Weiss s'était seulement dit que même si les femmes tombaient enceintes, la grossesse n'aboutirait jamais. Et quand bien même elles aboutiraient, l'enfant serait simplement tué à Deepground par plus fort que lui.

- Par curiosité, comment s'appelle-t-il ? grinça Weiss.

G ferma les yeux pour éviter de regarder Weiss.

Avait-il honte, finalement ?

- Il s'appelle Shiro.

Weiss garda la mâchoire serrée.

Shiro...

- ... Ils ne se sont pas foulés par trouver son nom.

- Je sais que tu es en colère contre moi, déclara G, le ton sans émotion. Je sais que j'ai commis un très lourd mensonge.

- Sans rire ?

Weiss avança d'un pas.

G ne recula pas.

- C'est bien de t'en rendre compte. Mais cela ne répond pas à ma question, renchérit-il, froidement.

Qu'est-ce qui t'a poussé à me trahir de la sorte ?

- Ou peut-être que je peux deviner, chuchota Weiss dans un souffle. Tu voulais faire en sorte que je n'ai plus rien à perdre ? Pour que je n'ai plus de raison de vivre ? Tu m'as dit que Nero était mort pour que je puisse le rejoindre dans la Rivière de la Vie ? Ainsi, je fusionnerais avec Omega et j'endosserais ce « rôle » que je n'ai pas demandé.

- Ne me fais pas passer pour le méchant, Weiss.

G se redressa, le toisant de toute sa hauteur.

- Si tu avais su que ton frère était vivant, si tu avais su que tu avais un fils... Tu aurais usé de tout moyen pour quitter cet endroit. Pour fuir tes responsabilités.

- Je n'ai pas demandé ces responsabilités ! gronda Weiss.

Sa vision se troubla tandis que la fureur prit le dessus.

- C'est bien ce que je te reproche, acquiesça G. Tu aurais fui tes responsabilités. Tu aurais rejoint ton frère et ton fils. Et ensemble, vous auriez recréé Deepground. Vous aurez décimé tout sur votre passage, humains compris. Et vous auriez mis la Planète en danger tôt ou tard. N'ai-je pas raison ?

Weiss se contenta de le fixer avec un sourire dur.

- N'ai-je pas raison, Weiss ? répéta G.

Il se contenta d'éclater de rire.

Un rire tonitruant dont il avait le secret, qui résonna autour d'eux.

Il supposait bien.

- En effet, répondit Weiss. Tu as raison. C'est précisément ce que j'aurais fait. Et même ce que je vais faire. Quitter cet endroit, rejoindre Nero, décimer tout sur mon passage. La Planète, les humains que vous désiriez protéger... Ils vont payer pour vous.

- Alors, je ne regrette pas ce que j'ai fait, décréta G tandis qu'il se positionnait en garde. Et tu ne t'en prendras pas à la Planète, ni aux humains, Weiss.

Weiss pouffa.

- Pour ça, il aurait fallu ne pas me mentir. Ni même me trahir, mon « frère ».

- Tu ne sortiras pas d'ici, fit G. Tu ne le peux pas, de toute manière.

- Je trouverais un moyen. Après tout, votre système divin n'est pas infaillible. Si j'ai pu gagner le jeu de Charon, alors que vous répétiez que c'était impossible... Je trouverais un moyen de me libérer de ma prison, fit-il avec confiance. Je l'ai toujours fait.

Peut-être utiliser Chaos une nouvelle fois.

Ou peut-être pouvait-il contacter Nero... S'il était en vie, il saurait trouver un moyen de le contacter. Nero voyageait entre les dimensions. Il saurait le retrouver et de le sortir d'ici !

G lui adressa un regard glacial tandis qu'il dégainait la Rapière.

- Mais avant cela, déclara Weiss, je vais te le faire payer. Les liens de famille... cette fois-ci, ils ne sauront te protéger de moi, G. J'aurais dû t'achever quand tu étais affaibli. Ainsi, tu n'aurais pas été en mesure d'accomplir ta soi-disant mission de « Gardien de la Planète » après avoir été guéri et pardonné par Minerva.

- C'est moi qui t'aie créé, Weiss, lui rétorqua G. Tu sais très bien que tu ne gagneras pas contre moi.

- Oh. Je n'en serais pas aussi certain à ta place, mon « frère ».

Weiss inclina la tête sur le côté, provocateur.

- J'ai une idée de jeu. On se bat. Et si je gagne, tu me fais sortir d'ici.

- Non. Je ne jouerais pas.

- Dans ce cas, il faudra m'arrêter.

Sans hésiter, l'ancien Empereur du Deepground pointa sa gunblade vers G et lui tira dessus. G eut simplement le temps de dévier les balles avec la Rapière en même temps que Weiss lui fonçait dessus.

Leurs lames s'entrechoquèrent. Weiss rapprocha son visage vers celui de G, le visage fermé.

- Je vais enfin obtenir un combat digne de ce nom avec un Soldat du trio légendaire, lui susurra-t-il. Sois-en honoré.

- Je ne veux pas te combattre, Weiss !

- Pourtant, il le faudra bien. Parce que sinon... je massacrerais la Planète et ta Déesse bien-aimée disparaîtra à son tour.

G repoussa violemment sa lame sur le côté.

Il était tombé dans le piège. Weiss avait employé des mots redoutables. Il allait combattre, même si ce n'était que pour protéger sa Déesse. Weiss recula. G et lui prirent position, prêts à se jeter l'un sur l'autre.

- Crois-tu encore que je puisse être racheté, « mon frère » ? se moqua Weiss.

Cette idée de rédemption avait toujours été ridicule à ses yeux. Mais maintenant, il était curieux de l'avis de G à ce sujet.

G secoua gravement la tête.

- Non. Pour moi, tu es irrécupérable. Et si tu l'es, tu ne peux plus être l'Hôte d'Omega. C'est terminé, Weiss.

- Je préfère ça.

Un combat à mort. S'il n'y avait pas un tel enjeu, où en était l'intérêt ?

Weiss allait s'en donner à cœur joie.

Les deux prirent leur élan.

Ce fut le signal que le combat commença. Aussi rapides que des tirs de revolver, le Début et la Fin initièrent une danse macabre qui déterminerait le destin de la Planète.


Ses oreilles sifflaient inconfortablement tandis qu'un violent mal de tête précipita son réveil. Au début, Shiro ne vit rien. Tout était flou. Il fut seulement conscient qu'il était prostré en avant et que sa tête était posée sur une surface dure. L'enfant aux cheveux blancs sentit une odeur lui effleurer les narines tandis qu'il sentait des gouttes tomber depuis son front.

Quand il se redressa péniblement, la première chose qu'il vit fut des débris de verre au-dessous de lui. Des morceaux éparpillés sur la surface sur laquelle sa tête était posée.

Quand sa vue devint plus nette, il remarqua également des traces de sang tâchant l'endroit même où sa tête se trouvait, quelques instants plus tôt.

Qu'est-ce que...

Les sifflements cessèrent.

Ce fut à ce moment-là que Shiro entendit les grognements au loin.

L'enfant aux cheveux blancs cligna des yeux.

Il était dans la voiture... Devant lui, le pare-brise avait explosé. Une odeur de fumée provenait du capot. Quand Shiro observa plus attentivement, il comprit que la voiture s'était encastrée dans un mur. Le choc avait probablement dû projeter Shiro en avant qui s'était assommé en se cognant la tête contre le tableau de bord.

Cela avait provoqué tous ces morceaux de verre, l'odeur...

Shiro écarquilla les yeux, se retournant sur le côté, l'angoisse le prenant violemment au corps.

Tifa !

Tifa était dans la même position dans laquelle Shiro se trouvait quelques instants plus tôt. Penchée en avant, sa tête était posée contre le volant, ensanglantée.

Immédiatement, l'enfant se rapprocha d'elle, lui secouant l'épaule pour qu'elle se réveille.

« Tifa ! Je t'en prie ! Réveille-toi ! »

Elle ne réagissait pas. Quand bien même l'enfant put sentir sa respiration, preuve qu'elle était vivante, elle demeurait inconsciente. Shiro blêmit.

Dire qu'elle avait un bébé dans son ventre... s'ils n'agissaient pas très vite, elle risquait de perdre Aerith. Sans plus attendre, il chercha à mettre la main sur un téléphone quand les grognements devinrent plus audibles.

Quand il releva le regard, il fut tétanisé quand il réalisa que Tifa et lui n'étaient pas seuls.

Le véhicule était encerclé par les créatures de l'enfer. Quand Shiro se redressa, il remarqua combien ils étaient nombreux. Au moins une quinzaine... Non ! Une vingtaine...

Le cœur de l'enfant se mit à battre la chamade tandis que les Chiens de l'Enfer se rapprochèrent lentement, tels des prédateurs sur leur proie.

Non, Shiro... Il ne devait pas céder à la panique. Impuissant, il regarda Tifa.

S'il n'agissait pas, ils allaient les tuer tous les deux.

Shiro eut au moins le bon réflexe de ne plus effectuer un mouvement, afin de ne pas les énerver davantage. Discrètement, il chercha son arme du coin de l'œil.

Pitié, faites qu'elle n'ait pas été éjectée du véhicule...

Fort heureusement, il la repéra bientôt, posée en évidence sur les restes du capot. Shiro déglutit, demeurant raide tandis qu'il sentait les créatures s'avancer encore plus près.

L'arme était juste là, sous ses yeux.

S'il pouvait...

Les créatures montrèrent leurs crocs. Leurs poils hérissés, elles étaient prêtes à bondir.

Mentalement, Shiro compta jusqu'à trois.

Un...

Deux...

Il se précipita en avant au même moment où les Chiens de l'Enfer bondirent sur lui, franchissant les derniers mètres qui les séparaient.

Shiro laissa échapper un cri. Au même instant, des coups de feu retentirent. Shiro eut juste le réflexe de ramasser son arme et de pointer la lame en avant pour embrocher la créature qui était sur le point de le clouer contre son siège.

Cela ne rata pas. La créature gronda de douleur avant d'exploser dans un nuage de ténèbres, ce dernier s'envolant pour se reformer plus loin.

Papa Nero ?

Shiro se dépêcha de se retourner vers la source des coups de feu.

Non. Ce n'était pas son oncle...

Les Turks. Reno et Rude. Ils se placèrent devant le véhicule, prêts à faire barrage pour empêcher les créatures d'atteindre l'enfant et Tifa.

« Yo ! Tout va bien, petit ? » lui adressa Reno, un sourire affable sur son visage. Son bâton à la main, il balançait des bombes électromagnétiques dans l'espoir de faire reculer les créatures.

Shiro hocha la tête.

- Il vaut mieux que tu ne restes pas là ! lui ordonna Rude tandis qu'il distribuait les coups de poing. L'une des créatures le mordit au poignet et Rude réagit en usant son autre bras pour le frapper à la gorge, endurant la douleur et le sang qui coulait de la plaie qui venait à peine d'être marquée.

Oui...

En temps normal, Shiro se serait enfui.

- Tifa est inconsciente ! les supplia Shiro.

- Hé ! On ne peut pas être partout à la fois ! lui rétorqua Reno.

- Mais elle est blessée ! Et...

Il déglutit avant d'ajouter :

- Elle est enceinte ! C'est peut-être grave.

Même si Rude était concentré sur le combat, Shiro le vit se retourner vers lui pour l'observer, une inquiétude évidente derrière ses lunettes de soleil.

- Pff, soupira Reno, boudeur. Il va falloir nettoyer tout ça.

Ils avaient l'impression que leurs attaques n'avaient pas fait grand-chose et que leur nombre n'avait pas diminué. Autour d'eux, les créatures des ténèbres paraissaient même s'être encore multipliées.

- L'ennui, remarqua Reno, c'est qu'à ce rythme-là, on n'en finira jamais.

Shiro balaya les créatures du regard. A côté de lui, Tifa ne s'éveillait toujours pas. Elle n'avait toujours pas réagi et plus il attendait, plus l'inquiétude montait.

Il serra les poings. Il ne réfléchissait plus. Sans hésiter, Shiro agrippa son fleuret d'une poigne ferme avant d'ouvrir la portière pour s'extraire du véhicule, se plaçant près de Reno, arme au poing.

- Hé ! Mais tu—commença Reno, ébahi.

- Il faut que Tifa soit soignée ! lui cria Shiro, sans détourner le regard des créatures. S'il vous plaît !

- Mais tu es un gosse ! Tu crois sincèrement qu'on va laisser un enfant se lancer à corps perdu au combat ? Tu nous prends pour qui ? le réprimanda sévèrement Rude.

Shiro haussa simplement les épaules.

- Pour la Shinra.

Qu'est-ce que cela devrait leur faire, au juste ? Ils obéissaient aux ordres du Président Shinra. Ils avaient eu connaissance de ce qui était arrivé aux enfants qui se retrouvaient entre les mains de la Shinra.

Pourquoi devaient-ils s'en soucier aujourd'hui ?

Shiro était déterminé à protéger Tifa. S'il pouvait utiliser ses pouvoirs purificateurs, s'il pouvait activer la « lame immaculée », cela serait déjà une grande aide.

- Je suis le fils du plus puissant des Tsviets, fit Shiro. Je vais participer aussi et vous ne m'en empêcherez pas ! Mais s'il vous plaît : sauvez Tifa ! Et sauvez Aerith aussi !

C'était la seule chose qu'il leur demandait.

Il put voir Rude blêmir à vue d'œil. Reno serra la mâchoire. Apparemment, il n'appréciait pas qu'un enfant lui donne des ordres.

- Yo. Rude, occupe-toi d'elle. Moi, je vais m'occuper de ces crevards.

Il joignit le geste à la parole et envoya de nouvelles bombes électromagnétiques à destination des créatures. Shiro vit Rude hocher la tête avant de se précipiter pour détacher Tifa du siège et l'allonger au sol, vérifiant l'étendue des blessures tout en levant le poing pour frapper une des créatures qui s'était jeté sur eux.

Shiro réprima à peine un soupir de soulagement.

Ils étaient du même côté... ils devaient essayer de tenir. Du moins jusqu'à ce que le renfort arrive...

Ou que ses pouvoirs se réveillent.

Shiro inhala, exhala.

Il protégerait Tifa. Il protégerait Aerith aussi. Même s'il était faible, il n'allait certainement pas rester ainsi sans réagir !

Enfin il prit son élan et se jeta dans la mêlée, poussant un hurlement de guerre.


Ce fut une véritable scène de guerre.

Tout fut si lent et si rapide à la fois. Au loin, Nero entendit les cris d'horreur tandis que les humains couraient dans la rue dans l'espoir d'échapper aux créatures des ténèbres et de fuir le champ de bataille.

L'attaque était arrivée si vite que l'ORM n'avait pas eu le temps de sécuriser le périmètre pour permettre à ses soldats de combattre.

Et si encore il n'y avait que cette zone-là d'attaquée... Mais les nouvelles fusèrent et quand ils arrivèrent sur place, la situation empirait de minute en minute.

« Comment ça, la Place du Marché est attaquée aussi ? »

« Envoyez des soldats au coin Nord ! »

« Ce n'est pas possible ! Je n'arrive pas à avoir Tifa ! Quelqu'un peut la joindre au Septième Ciel ? »

« S'il vous plaît ! Ma fille ! Ma fille a disparu ! J'ignore où elle se trouve... Aidez-moi ! Je vous en prie ! »

Quand bien même Nero se moquait éperdument de ce qui pouvait à ces humains et à leurs proches, au point même de les juger faibles pour ne pas savoir se défendre et de devoir compter sur l'aide d'abominations de la Shinra, il devait admettre que cela fut pire que tout ce qu'ils avaient pu voir jusqu'à présent. Il n'y avait pas seulement les Chiens de l'Enfer dans tous les coins, mais également des spectres qui les lâchaient sur les civils tout en dégainant leurs armes, attaquant chacun sans distinction.

Shiro...

D'ordinaire, Nero aurait donné son cœur pour regoûter à ces instants de sang, de larme, de douleur, de mort... Pourtant, il ne s'agissait pas seulement d'une zone d'Edge qui était affectée, mais de la ville toute entière.

A partir de ce fait, Nero ne pensait qu'à une chose. A son enfant.

Et si Shiro n'était pas en sécurité au Septième Ciel ?

Et s'il avait commis une grave erreur en se séparant de lui ?

Surtout que Tifa ne répondait pas...

Nero fixait la scène, son visage ne trahissant aucune émotion. Un hurlement atteignit ses oreilles, provenant de son dos. Sa vue s'embua et il eut juste le temps de se retourner pour voir l'un des Chiens de l'Enfer bondir sur lui par-derrière, la gueule grande ouverte.

Nero étendit le bras et bloqua son attaque en l'aspirant dans les ténèbres. L'Ancien Tsviet dirigea ensuite ses tentacules pour faire le ménage en s'en prenant aux créatures les plus proches de lui.

Au même moment où les créatures disparaissaient, Nero se sentit défaillir. Il vacilla et s'appuya, un genou au sol, une violente envie de vomir le frappant une nouvelle fois.

Non.

Cette fois, il ne s'écouterait pas. Cette fois-ci, il n'écouterait pas son corps. Il se redressa, une lueur meurtrière brillant dans ses yeux magenta.

Tant pis s'il s'effondrait.

Tant pis si cela risquait de lui coûter la vie.

Il n'y aurait pas de prochaine attaque de Chien de l'enfer ou de spectre.

Il n'y aurait plus aucune attaque.

Il allait les anéantir. Aujourd'hui. Une bonne fois pour toute. De manière définitive.

Il s'en faisait le serment.

Attends-moi, Shiro. J'arrive.

Nero se rua sans hésiter vers l'un des spectres, ses tentacules plongeant dessus.

Comme ceux qu'ils avaient affronté auparavant, le spectre réagit en bloquant ses attaques. Nero redoubla d'effort pour le repousser en même temps qu'il dégainait ses revolvers pour tirer dessus à répétition, s'avançant tranquillement, pas à pas.

Le spectre empoigna son arme, prêt à contre-attaquer. Nero ne bougea pas, quand bien même il rechargea pour tirer sur lui jusqu'à ce qu'il ne possède plus de munition.

Il attendit, un sourire en coin.

« ...Perdu », lui lança-t-il, sinistre. « Je t'ai attrapé. »

Il venait de conduire le spectre pile à l'endroit même où il désirait qu'il soit.

Avant même que le spectre ne puisse le décapiter, une faux se leva et vint le fendre en deux en un seul coup net. Le spectre s'effondra en poussant un bruit étranglé.

Derrière la créature, Cloud se tenait debout, la faux des ténèbres en main.

« Cela marche bien », commenta-t-il, reprenant son souffle.

Nero ne lui adressa aucun mot de gratitude.

« Bien sûr que cela marche. »

Il s'agissait de la seule arme qui pouvait les arrêter de manière définitive.

Mais malheureusement, ils n'en avaient qu'une à l'heure actuelle.

Peu importe. Ils feraient avec les moyens qu'ils avaient.

Nero prit son élan et cibla un autre spectre, ignorant grandement les Chiens des Ténèbres. Pour lui, quand bien même ils pouvaient causer des dommages importants, ils n'étaient rien à côté des spectres.

Il allait seulement tout donner.


Lancé à corps perdu dans la bataille, Nero ne remarqua pas une silhouette debout sur le toit d'un immeuble.

Charon les observait décimer les créatures des ténèbres en silence.

Le Nocher ferma les yeux, prenant une longue inspiration.

Ils étaient là où ils devraient être.

Enfin, il allait pouvoir mettre son ultime plan à exécution.