OOC : Bonjour à tous. Voici un nouveau chapitre. J'espère que ça vous plaira. Bonne lecture !

Cela était arrivé si vite.

« Général ! » répéta Reeve à s'en perdre la voix tandis qu'il se ruait en direction du corps du Général MacKurie.

Shelke le suivit presqu'instinctivement, livide. Tout le groupe était horrifié par la scène qui venait de se dérouler.

Mais c'était déjà trop tard. Le Général baignait dans son sang, mort. La lame de ténèbres lui avait transpercé le cœur. Le coup avait été immédiat et fatal.

Quand Reeve le toucha, le cadavre était encore chaud.

« Non... »

Le Général MacKurie avait fait partie de leur équipe depuis l'apparition des premiers Chiens de l'Enfer...

Et Charon venait de le tuer sans aucune hésitation. Pourtant, le Général MacKurie n'avait pas constitué une menace particulière.

Il s'agissait d'un acte purement gratuit.

Impitoyable, le Nocher n'avait pas bougé. Il se contenta d'observer la scène sans aucune émotion tandis que les Chiens de l'Enfer aboyèrent en sa présence. Un signe de reconnaissance.

Ils étaient tous choqués de son apparence. Bien sûr. A part Nero et Shiro, personne n'avait vu Charon sous sa véritable forme. Ils s'étaient attendus à un vieil homme, comme l'avait décrit l'ancien Tsviet.

Pas à un enfant...

Vincent sentit une boule dans sa gorge quand il détailla les cheveux noirs et les yeux rouges de l'enfant.

Il aurait pu constituer une autre des expériences de la Shinra, basée sur les propres travaux de Grimoire Valentine. Les travaux de son père. Une expérience similaire à la sienne et à celle de Nero, liée au Mako Stagnant.

Mais il savait pertinemment que ce n'était pas le cas. C'était bien pire que cela.

Chaos était le père d'Erebus et Nyx... Les parents de Charon.

C'était douloureux pour Vincent de savoir qu'il était indirectement lié à cet enfant qui semait la terreur sur Gaïa. Oui, Chaos était le grand-père de Charon. Vincent n'avait aucun lien propre à lui. Mais même en tant que simple Hôte, cela n'atténuait pas ce qu'il ressentait.

Un sentiment de responsabilité.

Même s'il savait que les dieux avaient une mentalité différente de celle des humains, est-ce que Chaos possédait également ce sentiment ?

- Pourquoi faire ça ? s'écria Reeve Tuesti, perdant son calme. Pourquoi avoir fait cela ?

Il tenait toujours le corps du Général contre lui.

Charon garda simplement le silence, nullement affecté par ses actes qui venaient de causer une vive douleur au sein groupe.

- Cela te plait, hein ? cracha Cid tandis qu'il s'avançait à grands pas dans sa direction. Cela te plaît de détruire la Planète pour tes caprices ? Elle n'a pas suffisamment souffert comme ça pour en rajouter ? Qu'est-ce que tu as foutu de Nero, maudit gamin ?

Au nom de Nero, les yeux de Charon se plissèrent.

- J'ai absorbé Nero. Et bientôt, il va mourir.

- Pardon ? s'énerva Barret à son tour.

Charon fronça les sourcils. Il parut déconcerté par l'attitude des humains qui se trouvaient face à lui.

- J'ai besoin de son corps pour qu'il devienne un avec mon père. Il est son réceptacle. Néanmoins, je n'ai pas besoin de son âme.

- Et faire de lui une coquille vide ? Une marionnette ? Mais quel genre de démon es-tu ? s'exprima Vincent, le ton froid.

Charon se tourna vers lui.

Pendant un instant, son expression changea. Une faible lueur s'alluma dans ses yeux rouges.

Est-ce qu'il sentait Chaos en lui ? Est-ce qu'il sentait le lien entre l'Hôte et son grand-père ?

Mais cette lueur disparut aussi rapidement qu'elle n'était apparue. Ils auraient très pu ne pas la remarquer.

- Pourquoi vous en soucier ? grinça Charon. Je vous débarrasse simplement d'un problème. Vous pourriez m'en remercier.

- T'en remercier ? répéta Barret, ahuri.

- Il a failli détruire la Planète autrefois. Et il le refera encore pour ramener son frère, sans aucune considération pour ses habitants. Au moins, son corps servira à mon père. Il ne vous causera bientôt plus aucun problème.

Le groupe fut déconcerté par les intentions de Charon.

- Ne mérite-t-il pas d'être puni pour ses crimes ? A la place, vous le laissez libre. Vous le laissez errer sur Gaïa après tout ce qu'il a fait.

Le regard de Vincent s'assombrit.

Oui, Nero posait problème. Oui, ils pensaient tous qu'il méritait d'être puni.

Cloud lui rétorqua sèchement :

- Ah, parce que tu te crois mieux ? En envoyant tes créatures attaquer ces mêmes habitants de Gaïa ?

- Je ne fais que cela dans le but de faire réagir mon père.

- Ne me raconte pas d'histoire ! Tu n'auras pas d'excuse parce que ton père n'était pas là ! cracha Cid, véhément.

Charon soupira tandis qu'une flaque de ténèbres apparut sous ses pieds.

- Charon ! cria Vincent alors qu'il effectua un pas vers lui pour l'arrêter. Je t'en prie, rappelle tes créatures !

Le Nocher le fixa sans aucune émotion tandis qu'il commençait progressivement à disparaître.

- Non.

- Quoi ? s'exprima Cloud, la voix blanche.

- Vous m'avez dit que je « n'avais pas d'excuse parce que mon père n'était pas là », rétorqua Charon, perfide. Moi, je trouve que j'ai toutes les excuses au monde. Alors, si les humains ne le comprennent pas, vous n'avez qu'à gérer vous-mêmes mes créatures...

L'ex-AVALANCHE en eut le souffle coupé.

Il allait vraiment... laisser ces créatures détruire les habitants de Gaïa ? Par simple provocation ? Cid tendit son bâton, furieux :

- Espèce de sale—Tu vas rappeler tes soldats et foutre le camp de notre Planète !

D'un coup sec, Cid envoya son bâton en direction de la tête de Charon, prêt à le transpercer.

Cela n'eut aucun effet. Charon avait déjà disparu dans les ténèbres.

Pourtant, les créatures des ténèbres... Les Chiens de l'Enfer, les spectres... Eux restèrent là. Et Cloud émit un sursaut de surprise quand il en remarqua davantage apparaître aux quatre coins, fondant sur eux pour les encercler.

- On n'y arrivera pas... soupira Red XIII, désemparé.

- On n'a pas le choix, grinça Cloud en reprenant la Buster Sword. Il faut qu'on continue de se battre.

- Je suis d'accord ! approuva Barret. On n'abandonne pas !

Reeve baissa la tête. D'une main tremblante, il ferma les yeux du Général MacKurie avant de le reposer délicatement au sol.

Peut-être avait-il déjà rejoint ses frères dans la Rivière de la Vie...

Il aurait les plus belles funérailles. Des funérailles d'un protecteur de la Planète.

- ... Je vais appeler des renforts.

Vincent échangea un regard inquiet avec Shelke, réprimant un soupir de désarroi.

Sans hésiter davantage, il récupéra Cerbère avant de charger vers les créatures des ténèbres.

Ils avaient raison.

Même si tout était perdu, ils devaient continuer de se battre.


« Mais… est-ce qu'il acceptera son sort ? »

Ils ignoraient depuis combien de temps ils combattaient.

Ils ignoraient depuis combien de temps le Début et la Fin dansaient ensemble.

Les coups plurent. Le sang gicla. Aucun ne savait à qui ce sang appartenait. Peut-être leurs sangs s'étaient-ils mélangés...

Ils n'avaient jamais été frères de sang.

Ils avaient toujours été unis par les gènes, mais pas par le sang.

Peut-être que cette fois-ci, cela signifiait qu'ils pourraient être de vrais frères. Peut-être que cette fois-ci, ils constitueraient une véritable famille.

« Paradis » avait glissé par terre, formant une longue traînée de sang qui décora l'éternel blanc. Quelques mètres plus loin, « Terre » était entreposée en croix sur la Rapière.

La lumière qui illumina le corps de Weiss dépérissait.

Au-dessus de l'Empereur de Deepground, le visage défiguré, le sang coulant de sa mâchoire, G le maintenait au sol. Il leva le poing en l'air, le frappant encore et encore.

Weiss luttait pour garder les yeux ouverts.

Sur son visage, un sourire presque paisible.

La situation ne s'y prêtait pas. Pourtant, c'était ce qu'il ressentait.

Weiss avait cru que la colère, la rage, la rancœur qu'il ressentait à l'encontre de G ne disparaîtrait jamais.

Mais maintenant... c'était comme si ce duel à mort avait ôté toute la douleur qu'il avait encaissé tout ce temps, depuis qu'il avait été rejeté par la Rivière de la Vie.

Il en voulait encore à G...

Weiss se sentait encore trahi...

Mais il avait obtenu ce qu'il désirait. Un combat contre l'un des Trois Soldats Légendaires.

Même s'il s'agissait de son frère, quel combat avait-ce été.

L'un des meilleurs... voire le meilleur qu'il n'ait jamais fait dans sa vie.

C'était la seule consolation qu'il en retirait... Même s'il savait qu'il serait détruit, même s'il savait qu'il ne rejoindrait jamais la Rivière de la Vie...

Même si son frère allait le tuer...

Un autre coup le frappa en plein visage.

Weiss sentit l'obscurité l'entourer, tandis qu'une vive chaleur montait à la tête.

Au-dessus de lui, G tenait le poing levé, prêt à lui donner le coup de grâce.

Weiss le considéra, hagard. Il se mit à tousser, crachant du sang mêlé à de la salive.

Tout ce temps, il garda le sourire.

« ... Vas-y », articula faiblement Weiss, la voix rauque.

Pourtant, le coup ne vint jamais.

G ne bougeait pas.

Il garda la même position. Le poing levé, prêt à tomber comme un couperet.

Weiss sentit une goutte tomber sur son front.

Etait-ce du sang ?

Non... Quand Weiss releva faiblement le regard, cela fut pour apercevoir les larmes rouler sur les joues de G, se mélangeant au sang qui coulait sur son visage.

Son poing se mit à trembler.

« ... Ne me dis pas... ne me dis pas que ces larmes sont pour moi... ? »

Le visage de G se déforma sous les pleurs.

Lentement, il abaissa son bras. Il demeurait toujours au-dessus de Weiss, immobile. Son corps criait souffrance. Il était grièvement blessé.

Malgré cela, il pleurait. Il se couvrit le visage d'une main gantée, étouffant un sanglot.

Weiss pouvait en profiter pour l'achever.

Mais G ne l'avait pas achevé. Alors que c'était sa mission.

Pourquoi ?

Parce que Weiss et lui étaient de la même famille ?

Cela n'avait pas empêché cette trahison.

G se laissa tomber sur lui. Weiss étendit les bras pour le réceptionner, entourant ses épaules dans une étreinte tremblante.

« ... Pas mal », put simplement souffler la Fin dans l'oreille du Début. « Tu combats bien... »

C'était peu.

G put simplement articuler en guise de réponse, tandis qu'il glissa sur le côté, se retrouvant allongé à côté de son frère.

« ... Toi aussi. »

Weiss aurait ri s'il n'avait pas aussi mal.

« Je suis l'Empereur de Deepground. »

Il ne put lutter plus longtemps. Weiss se sentait partir.

« ... Je vais... seulement fermer les yeux », murmura-t-il dans un souffle.

Il devina G hocher la tête à côté de lui.

- ... Je sais que tu ne me pardonneras jamais, entendit-il lui chuchoter.

Tandis qu'il se laissait glisser dans les bras de l'inconscience, Weiss répondit seulement :

- ... Il n'y a aucune chance, mon frère. Aucune chance.

Mon frère...

Il avait tellement envie d'être auprès de Nero.

Alors qu'il lui soufflait ces mots, Weiss ne remarqua pas que G avait disparu.


A l'intérieur de la voiture, Shiro demeura immobile, tétanisé par la peur.

Flottant à quelques centimètres au-dessus du sol, le spectre demeura à son emplacement. Silencieux, dénué d'expression faciale, il observa l'enfant. Quand le regard de Shiro dériva sur le côté, il réalisa que le spectre n'avait pas abaissé son arme.

Shiro n'osa pas bouger. Le spectre n'avait pas encore émis de signe d'agression. Au contraire, il paraissait évaluer la situation. Envahi d'un semblant d'espoir, Shiro se disait que peut-être que le spectre ne l'avait pas vu. Qu'il n'avait pas remarqué que Shiro et Tifa étaient à l'intérieur du véhicule.

S'il attendait, peut-être qu'il partirait.

Mais le spectre ne s'en allait pas. Shiro attendit de longues minutes. Il n'y eut aucune réaction de la part de l'être des ténèbres. Aucun signe qu'il était prêt à partir, prêt à les laisser.

Au loin, les soldats de l'ORM combattaient les Chiens de l'Enfer aux côtés des Turks afin de les éloigner du bus rempli d'enfants. Shiro voulut faire un geste de la main, leur indiquer de loin qu'ils étaient en danger.

Mais personne ne parut les remarquer... les Chiens de l'Enfer étaient nombreux. Et leurs armes humaines étaient inefficaces. Plus ils les faisaient reculer, plus les Chiens de l'Enfer revenaient à la charge.

Il sentit la sueur perler ses cheveux.

A côté de lui, Tifa laissa sa tête retomber sur le côté, embrassée par l'inconscience. Ce seul geste fit tressaillir Shiro. Il manqua de peu d'appeler Tifa, de crier son nom par inquiétude pour elle.

Le temps lui était compté...

Et il n'y avait rien qu'il pouvait faire.

Après de longs instants insoutenables, le spectre se décala lentement sur le côté. Shiro le suivit du regard, terrorisé.

Peu à peu, le spectre quitta son champ de vision.

Il s'éloignait...

Il n'avait pas attaqué Shiro et Tifa.

L'enfant poussa un soupir de soulagement. Il demeura en alerte pour être sûr que le spectre soit définitivement parti.

Mais à l'extérieur, il n'y eut plus aucune trace de l'être des ténèbres.

C'était comme s'il s'était volatilisé.

Shiro se retourna d'un bond vers Tifa.

« Tifa ! S'il te plaît ! »

Il prit son visage dans ses petites mains, l'incitant à rester éveillée.

Quand il ôta ses mains, Shiro vit qu'elles étaient recouvertes de sang.

« S'il te plaît ! » cria-t-il plus fort. « Réveille-toi ! Tifa ! »

Shiro n'eut pas le temps de prononcer autre chose.

L'instant d'après, le véhicule fut violemment ébranlé par une secousse. Shiro hurla, s'accrochant à Tifa tandis que la voiture bougeait dans tous les sens. Il crut qu'il s'agissait d'un tremblement de terre. Mais quand il releva la tête, il se rendit compte que la secousse provenait du toit de la voiture.

Comme si quelqu'un était monté sur la voiture et frappait dessus encore et encore avec une arme lourde.

Shiro sentit son cœur remonter jusqu'à sa gorge quand il remarqua des trous se former progressivement, pile au-dessus de sa tête.

Une lame acérée...

Une faux !

« A l'aide ! » voulut-il appeler.

Cela parut énerver la créature qui redoubla d'agressivité, ses coups devenant de plus en plus erratiques et aléatoires. Shiro se couvrit la bouche, tétanisé.

Tifa... Tifa qui ne se réveillait toujours pas...

Shiro serra les poings. Il fallait qu'il les sorte de là. Il eut l'idée de sortir et s'enfuir.

Mais s'il s'en prenait à elle ?

Les pensées fusèrent tandis que le spectre continuait d'ouvrir le toit de la voiture à coups de faux. Les ténèbres étaient puissantes. Shiro les sentait déjà. Dans quelques secondes, elles les aspireraient. Au-delà de son fleuret, il chercha dans la voiture quelque chose qui lui permettrait de se sortir de ce pétrin.

Quelque chose qui...

Rude avait laissé les clés sur le contact.

Shiro écarquilla les yeux.

Il n'hésita pas deux fois. Il glissa en avant, s'efforçant d'ignorer les à-coups provoqués par la créature de ténèbres. Il s'installa au siège du conducteur, posant ses mains tremblantes sur le volant.

Il ne savait pas conduire et en plus ses pieds atteignaient à peine l'accélérateur.

Elle allait rentrer...

Derrière lui, la créature allait rentrer.

S'il pouvait attirer l'attention...

Shiro appuya de toutes ses forces sur le klaxon.

Le bruit lui vrilla les tympans. Shiro ferma les yeux sous l'intonation tandis qu'il continuait à klaxonner à répétition pour attirer l'attention des soldats ou des Turks.

« Hé ! » entendit-il au loin.

Cela fonctionna. Il vit Reno foncer vers le véhicule, bâton à la main, prêt à en découdre avec le spectre. Sans hésiter, il balança une bombe électromagnétique en direction de l'entité.

On est sauvés !

La scène se passa très vite. Shiro n'eut que le temps de voir Reno se faire projeter en l'air, repoussé par l'onde de choc que provoquait les ténèbres de la créature. Le spectre se rua vers lui et tendit ses longs bras, envoyant des tentacules de ténèbres vers le Turk.

Reno cria. Alors qu'elles chargeaient, il voulut les repousser avec son seul bâton, mais ce fut inefficace.

Les ténèbres lacérèrent le visage de Reno, le traversant de part en part. Shiro se couvrit la bouche, horrifié par un tel spectacle. Le Turk cria de douleur. Il n'était pas mort, mais l'attaque l'avait envoyé au sol. Reno se couvrit le visage, se tordant dans tous les sens comme s'il endurait une douleur insupportable.

Shiro reconnaissait ces pouvoirs...

Nero avait les mêmes.

Le spectre était en train de briser son esprit en le torturant mentalement.

« Rude... Rude ! » entendit-il Reno articuler.

Shiro blêmit, cherchant Rude du regard.

Son partenaire voulut le rejoindre, mais la seconde d'inattention lui coûta cher. Rude se fit piétiner par trois Chiens de l'Enfer qui avaient attaqué ensemble, synchronisés. Rude tenta de se lever avec peine en même temps qu'il repoussait les créatures à bout de bras.

Shiro donna de nouveaux coups de poing dans le klaxon pour attirer l'attention des soldats. Trois d'entre eux se tournèrent vers le véhicule et remarquèrent Reno en difficultés, le spectre flottant au-dessus de lui de façon menaçante. Les trois firent feu et Shiro plongea, la tête contre contre son siège, au cas où il recevrait une balle perdue.

Tifa...

Des hurlements résonnèrent derrière lui. En dépit de la peur, Shiro risqua sa tête pour observer avec effroi les soldats dans la même position que Reno. Ils étaient en proie aux douleurs mentales et aux souvenirs les plus atroces.

Il n'y avait rien qu'ils pouvaient faire contre la créature...

Ce n'était pas la même chose que les Chiens de l'Enfer.

Le spectre s'arrêta auprès de Reno. Il leva sa faux tandis que l'obscurité s'immisçait sur le terrain.

Il allait le tuer !

Ils allaient tous mourir si le spectre n'était pas anéanti !

Mais qu'est-ce qu'il pouvait faire ? Shiro ne contrôlait pas ses pouvoirs. Aucune arme humaine ne pouvait lutter contre les Chiens de l'Enfer.

Alors, contre un spectre...

Mais il ne pouvait pas rester sans réagir ! S'il restait dans la voiture, il allait s'en prendre à lui et à Tifa.

Shiro pesa rapidement le pour et le contre.

En même temps que le spectre abaissa la lame pour trancher le cou du Turk, Shiro ne réfléchit plus. Il sortit en trombe de la voiture, tenant son arme à la main.

Sans hésiter, Shiro ramassa le premier objet qu'il trouva. Une pierre. Son bras effectua un arc de cercle avant de le lancer en direction de la créature.

Il l'atteignit, quand bien même les ténèbres absorbèrent la pierre dès l'instant où elle le toucha. Cela attira l'attention du spectre qui se détourna rapidement de Reno pour se concentrer sur Shiro.

Cela marcha.

Shiro prit une longue inspiration.

« Viens me chercher ! »

Il ne pouvait que compter sur son extrême rapidité pour fuir...

En espérant que cela soit suffisant et que le spectre le suive !

Shiro disparut de son emplacement. Il s'était téléporté en quelques secondes à une cinquantaine de mètres du véhicule, de Tifa, de Reno et des soldats de l'ORM.

Cela fonctionna !

Le spectre le prit en chasse. Prenant les jambes à son cou, Shiro redoubla de vitesse pour tenir le spectre le plus éloigné possible du champ de bataille.

Alors qu'il courait, une douce lumière bleutée l'éclaira.

Le spectre était derrière lui.

Vas-y. Vas-y, essaie de m'attraper !


Autour d'eux, les coups de feu n'en finissaient pas. Dans le bus, les cris et les pleurs jaillirent. Sous les instructions des professeurs, les enfants s'étaient baissés pour éviter une balle perdue.

Prostrée en avant, Lorraine serrait contre elle sa peluche Moogle. Elle gardait les paupières closes, refusant de voir ce qui se produisait à l'extérieur.

Papa... Maman... Mitsuko...

Elle répétait ces noms dans son esprit, comme un mantra. Le fait de penser à eux la rassurait.

« On n'a bientôt plus de munitions ! » entendit-elle au loin.

« Ils ne font que se multiplier ! On n'y arrivera jamais ! »

« Ils vont entrer ! Ils vont entrer dans le bus ! Campez sur vos positions ! »

Papa... Maman... Mitsuko...

Les larmes aux yeux, Lorraine se mit à prier silencieusement.

Un miracle...

Pitié... donnez-nous juste un miracle.

« Laissez passer la Fleur du Wutaï ! »

Lorraine rouvrit les yeux.

Cette voix...

Une ombre sauta dans les airs. Un brasier dessina le ciel, fondant droit sur les créatures les plus proches du bus.

Stupéfaite, Lorraine se redressa pour regarder.

Yuffie était intervenue. La petite fille comprit qu'elle avait utilisé une Matéria. D'un mouvement vif avec son seul Shuriken, Yuffie trancha en une seule fois une dizaine de créatures, dont le nuage se dissipa sous l'impact avant de s'enfuir un peu plus loin. Yuffie récupéra son Shuriken qui revint à elle et agrippa une arme que Lorraine n'avait jamais vu en sa possession jusqu'à présent.

On aurait dit une faux.

« Inclinez-vous devant moi et allez vous faire voir en enfer ! » cracha la Ninja alors qu'elle tourna sur elle-même avant de charger.

Elle manqua de tomber à la renverse mais elle parvint à récupérer son équilibre, découpant en deux les créatures de ténèbres qui lui bondirent dessus.

Contrairement aux autres, les créatures s'écroulèrent au lieu de s'enfuir.

A la différence du Shuriken, la faux paraissait fonctionner sur eux.

Lorraine réprima un soupir de soulagement.

Elle avait eu son miracle.

Ils étaient sauvés...

« Faites-les sortir ! » cria Yuffie en direction des soldats de l'ORM. « Encerclez les enfants et amenez-les en sécurité ! »

Lorraine entendit un soldat grommeler qu'elle n'était pas sa supérieure.

- Vous préférez peut-être que je vous utilise comme Shuriken ? lui cracha Yuffie. Emmenez les enfants en lieu sûr ! Ordre du Seul Président de l'ORM Reeve Tuesti, pauvre abruti !

Le soldat prétentieux sursauta et se hâta d'obéir aux ordres.

Lorraine sourit tandis que les soldats montèrent dans le bus pour évacuer les passagers. Serrant sa peluche Moogle contre elle, elle remercia les dieux d'être intervenus.

Non... Il ne s'agissait pas des dieux.

Il s'agissait de Yuffie et Shelke.

Yuffie et Shelke veillaient sur elle.

Elles veillaient toujours sur elle.

- Dépêchez-vous ! leur cria leur maîtresse tandis qu'ils descendirent tour par tour du bus, se plaçant en file indienne.

Lorraine descendit à son tour.

En voyant la Ninja lutter vaillamment contre les créatures, elle ne put s'empêcher de se sentir fière.

Elle était si fière que Yuffie soit celle qui s'occupe d'elle.

- Reno ! cria un homme chauve avec des lunettes noires.

Il se dépêcha de se lever pour rejoindre au loin un homme aux cheveux rouges qui peina à se relever, tout comme d'autres soldats de l'ORM. Hâtivement, l'homme aux lunettes noires conduisit hâtivement son collègue en direction d'une voiture cabossée, arrêtée au milieu de la route.

- Tata Yuffie ! appela Lorraine.

Yuffie fit une pause pour se tourner vers la petite fille, un grand sourire sur son visage.

- Je t'avais dit que je viendrais t'aider, Lorraine ! Désolée, Tata Shelke n'a pas pu se déplacer même si l'envie ne lui manquait pas.

Lorraine hocha la tête tout en séchant ses larmes.

- Vous avez fait du mal à ma princesse ? cracha Yuffie en direction des créatures.

Les entités grognèrent en guise de réponse.

- Ça va barder ! De la part du Wutaï !

Yuffie poussa un hurlement de guerre avant de se ruer vers les créatures.

- Restez dans les rangs ! leur adressa l'un des soldats qui entouraient la classe.

- Les enfants, restez ensemble !

Lorraine jeta un coup d'œil à Yuffie par-dessus son épaule.

Elle souhaitait lui dire tellement de choses...

La petite fille se hâta de suivre le groupe. Elle entendit par bribes qu'ils se rendaient au centre-ville pour les mettre en sécurité au QG de l'ORM.

L'ORM...

L'endroit où elle avait habité pendant un temps avant d'être recueillie par Yuffie et Shelke, pensa amèrement Lorraine.

Cela lui procurait une sensation très étrange d'y retourner...

« Regardez ! »

L'un des enfants pointa le ciel au-dessus de leurs têtes.

Lorraine leva le regard.

La vision qui s'offrit à eux fut stupéfiante.

Il faisait nuit quand ils avaient été attaqués par les créatures...

Mais maintenant, le ciel était bleu clair comme en plein jour.

Comment était-ce possible ?

Alors qu'elle talonnait ses camarades, l'attention de la petite fille fut soudainement attirée par une lumière qui apparut au coin de son œil.

Lorraine se retourna.

Cela provenait de l'autre bout de la rue.

Une lumière bleutée... qui se déplaçait très vite...

Depuis l'endroit même où il y avait cette lumière, un hurlement résonna, atteignant ses oreilles.

Un hurlement d'enfant.

« Attendez-moi ! »

Lorraine sursauta.

Cette voix...

Elle lui était familière.


Il fallait qu'il rejoigne le QG de l'ORM...

Il ne voyait pas d'autres endroits dans lesquels se réfugier... Shiro sentit la fatigue monter en lui. Pourtant, ses jambes continuaient de fendre l'air, sa rapidité étant son seul avantage.

Que pouvait-il faire de plus contre un spectre ?

Shiro sentit l'air changer.

Sans se retourner, il comprit instantanément que le spectre était en train de le rattraper. Shiro se fit violence, redoublant de vitesse pour échapper à l'entité démoniaque.

Sa vision se brouilla tandis que l'air lui déchira le visage.

Il ne devait pas faiblir...

Il devait continuer de courir...

Jusqu'à ce qu'il atteigne la porte des QG de l'ORM...

Au loin, il put voir un attroupement... Malgré sa vision floue, il reconnut l'uniforme des soldats de l'ORM.

Il allait y arriver !

Encore quelques mètres...

Seulement quelques mètres...

Shiro usa de ses dernières forces dans les derniers mètres qui le séparaient du groupe.

Les bras tendus, il appela une deuxième fois.

« Attendez-moi ! »

Il y était presque !

Puis, tout devint sombre.

Des tentacules de ténèbres barrèrent sa vue avant même qu'il ne puisse rejoindre les soldats.

Shiro voulut lutter. Il tenta de les chasser d'un revers de main, criant désespérément de le laisser tranquille.

Les tentacules cessèrent de bouger...

Et fondirent sur lui, lui traversant le visage.

Il n'était plus dans les ruelles d'Edge.

Il n'était plus à l'extérieur.

Non... Il se tenait debout dans une salle. Tout était blanc autour de lui.

Cela sentait le désinfectant... Le médicament aussi.

Tandis qu'il effectua un pas en avant, une autre odeur familière effleura ses narines.

Une odeur de fumée...

Shiro pâlit.

En la reconnaissant, son estomac se tordit. L'enfant manqua de vomir tandis que les larmes lui montaient aux yeux.

Non ! Pas cette odeur.

Non ! Non ! Pitié ! Pitié !

Shiro toussa. Il voulut crier. Il voulut appeler à l'aide. Il voulut appeler son Papa Nero.

Aide-moi !

Je t'en prie, viens m'aider !

L'odeur horrible provenait de derrière lui.

Un son s'ensuivit. Un son avec lequel il était plus que familier.

Pitié...

Pitié, non...

Le son d'un briquet qu'on utilisait pour allumer une cigarette.

Shiro n'osa pas se retourner.

Il ne voulait pas... il ne voulait pas le voir !

« ... Aujourd'hui, nous allons filmer une nouvelle expérience. »

Shiro crut qu'il ne respirait plus.

C'était lui...

Monsieur Cigarette...

L'enfant aux cheveux blancs ne put se contenir plus longtemps et se mit à sangloter.


« G... »

Lorsque G s'était matérialisé devant Minerva, elle avait été horrifiée de voir dans quel état il se trouvait.

Le corps couvert de sang, le visage défiguré...

Alors qu'il tituba vers elle, Minerva oublia pendant un instant l'aura sacrée qu'elle devait garder en toute circonstance auprès de ses serviteurs.

Elle s'empressa de le recueillir avant qu'il ne tombe, l'allongeant par terre, la tête sur ses genoux.

« Qu'est-ce qui s'est passé... ? »

G cracha du sang en réponse.

Il peina à garder les yeux entrouverts.

- ... Pardonnez-moi. Je... Je vous ai failli.

Minerva écarquilla les yeux, angoissée par ce qu'elle venait d'entendre.

Pourtant, à l'heure actuelle, elle était bien plus préoccupée par son état. Elle posa sa main délicate sur le front de G, fermant les yeux pour se concentrer sur la guérison de ses blessures.

- ... Je croyais... je croyais vraiment à ce que je faisais... articula G à travers les écoulements de sang qui tombaient sur les vêtements de Minerva. Mes erreurs vous souillent...

- Cela suffit.

Il ne s'agissait pas d'un ordre, mais d'une supplication.

Peu importe ce qui était arrivé, elle ne pouvait pas se résoudre à perdre le Gardien de la Planète.

« J'ai eu tort. »

Minerva se retourna.

Ses inquiétudes empirèrent quand elle réalisa qui était la personne qui venait de se matérialiser sous ses yeux.

Une femme aux cheveux couleurs lilas, enveloppée dans une belle robe d'un noir étoilé...

Impossible.

- Nyx... Toi ici...

Nyx hocha la tête, l'expression grave.

Si Nyx se montrait alors qu'elle devait s'assurer de la Nuit, c'était que quelque chose de grave s'était produit. La Déesse sentait bien qu'elle se contenait, mais elle ne souhaitait pas se montrer indigne de sa présence.

- Tout est de ma faute.

Sans hésiter, elle se plaça à genoux devant Minerva.

La honte était apparente sur son visage.

- ... Je croyais sincèrement que Charon savait ce qu'il faisait.

- Charon ?

Nyx ferma les yeux, la mâchoire serrée.

- Il disait qu'il ne s'en prendrait pas à Gaïa en faisant appel aux créatures des ténèbres... Je croyais sincèrement qu'il aurait suffisamment d'honneur pour ne pas s'en prendre à vous, Minerva. Mais maintenant, je ne suis plus certaine que Charon ait suffisamment de jugement pour se contrôler et empêcher de tout détruire. Il ne faut pas le laisser continuer.

Minerva en demeura sans voix.

Nyx lui avait assurée que Charon se contrôlait...

Elle lui avait assurée que Charon ne s'en prendrait pas à la Planète...

Maintenant, elle disait qu'il était capable de se retourner contre la Planète elle-même ? Avec les créatures de la Rivière de la Mort ?

Mais tout cela pour quoi ? Pour... pour revoir ses parents ?

- Je suis désolée, Minerva, se lamenta Nyx, la voix teintée par les tremblements. Je suis vraiment, vraiment désolée quant aux actions de Charon. J'en suis responsable. Je suis responsable de ses insultes à votre égard, de ses crimes. J'en ai honte. Tellement honte.

Minerva secoua la tête.

Elle ne pouvait pas en vouloir à Nyx. Peu importe ce qu'elle disait, elle n'était pas responsable des actions du Nocher qui avait rejeté son rôle pour ses satisfactions personnelles.

- Il faut trouver un moyen, répondit simplement Minerva, le visage fermé. Il faut trouver un moyen de l'arrêter.

Si Charon en voulait à quelqu'un, c'était à elle.

C'était à Minerva d'intervenir.

- Non, Minerva ! protesta G en lui attrapant la manche de son bras.

Il avait déjà deviné ses pensées, ses intentions.

- Laissez-moi m'y rendre, insista le Gardien de la Planète.

- Tu es trop faible, G.

Nyx demanda la permission de se remettre debout. Minerva le lui accorda.

- C'est à moi, déclara la Nuit. C'est à moi de m'occuper de Charon. Il n'y a que moi et son père qui pouvons lui faire entendre raison, si tenté qu'il ne l'ait pas déjà perdue.

- Mais tu as un rôle à tenir, Nyx. Tout comme Erebus. Il ne peut pas se permettre de quitter la Rivière de la Mort quand Charon est démissionnaire.

- Je le sais.

Nyx ferma les yeux, résignée.

- C'est pour ça que je suis venue. Je dois le faire. Je ne peux pas le laisser continuer à tout décimer sur son passage. Erebus est en peine. Il en sera incapable, alors j'en porte la responsabilité pour qu'il n'ait pas à le faire.

- Nyx... Saurais-tu vivre avec cela sur la conscience ? Tu sais très bien ce qui se passera pour Charon si tu me le ramènes...

La Nuit baissa la tête.

Elle le savait déjà.

- Mais les Créatures des ténèbres, reprit Nyx, le timbre calme, je ne pourrais pas les arrêter. Je n'en ai pas le pouvoir. Seuls Charon et mon mari le possèdent.

- Alors, que pouvons-nous faire ? demanda Minerva, le ton sévère.

Nyx releva le menton vers elle.

- Il y a bien une solution.

Son expression était suffisamment éloquente.

Minerva ne tarda pas à comprendre ce qu'elle avait en tête. Et l'idée même la révulsa.

- Avez-vous perdu l'esprit ?

- Omega pense que c'est la seule solution, lui assura Nyx. Si on ne peut pas faire appel aux pouvoirs des ténèbres, il nous reste la lumière. Et actuellement, une seule personne maîtrise ces pouvoirs afin de purifier les créatures d'Erebus.

Minerva refusa de manière véhémente.

C'était hors de question. Cela impliquerait de le laisser quitter sa prison alors qu'il avait refusé d'endosser son rôle.

- On n'a pas d'autres choix, insista Nyx.

- Si on fait cela, on est susceptible de perdre l'Hôte d'Omega de manière définitive. Et plus que tout, il a menacé de détruire la Planète s'il était libéré à son tour. Vous tenez réellement à en prendre le risque ?

« Nous avons peut-être un autre Hôte pour Omega. »

Ce fut l'Arme de la Planète elle-même qui s'exprima.