OOC : Bonjour à tous. Voici un nouveau chapitre. J'espère que ça vous plaira. Bonne lecture !

Warning : scène suggestive, inceste.

« Hm... ? »

Allongé sur son lit, le mouvement à son chevet fut la chose qui le réveilla.

Au début, il crut qu'il s'agissait d'un gardien. Un gardien de l'ORM qui était entré dans sa cellule sous haute sécurité pour lui apporter son repas, ou bien pour lui annoncer une nouvelle lugubre.

Comme le rejet de son appel en grâce... une décision qu'il attendait depuis des mois, maintenant...

Jour et nuit, il ne pensait plus qu'à ça. Et si le Président de l'ORM, Reeve Tuesti, était tout aussi impitoyable que l'ancien Président Shinra lui-même ?

Après tout, il avait fait partie de la Shinra...

Qu'adviendrait-il de son sort ?

Tremblant de peur, l'ancien officier tourna la tête sur le côté pour accueillir le nouveau venu.

Il ne s'agissait pas d'un gardien.

Il n'y avait personne dans cette pièce... Par réflexe, il jeta un œil en direction de la caméra de surveillance qui était accrochée en hauteur, dans un coin de la cellule.

Pourtant, il sentait bel et bien une présence ici.

Une présence malveillante, malfaisante...

Quelqu'un qui ne lui portait pas de bonnes intentions...

Terrifié, l'ancien officier voulut crier, appeler un gardien... Néanmoins, tout son resta bloqué dans sa gorge quand il aperçut le nuage de ténèbres se matérialiser sous ses yeux.

Il comprit.

Il comprit à qui il avait affaire.

A Deepground, son premier réflexe aurait été de courir pour sa vie...

Mais où s'enfuir ici ?

Je suis mort, pensa-t-il, blême.

Il n'y aura pas d'exécution. Son heure était venue.

Le Tsviet sombre, communément appelé Nero le Sable, se présenta devant lui. Quand il croisa ses yeux magenta, l'officier sentit un frisson lui traverser l'échine.

Il avait cru qu'il était mort...

Tout le monde avait répété que les Tsviets avaient été décimés...

Mais lui... il était encore vivant ?

C'était le pire scénario pour lui !

A Deepground, Nero le Sable avait toujours le visage caché par un masque qui restreignait ses pouvoirs monstrueux... Pour montrer combien il était dangereux et instable, il était toujours enfermé dans une camisole, les bras solidement attachés sur sa poitrine.

Et ses ailes mécaniques... Ces ailes qui auraient pu lui donner une apparence d'ange déchu provenant tout droit de l'enfer... des ailes qui pouvaient éventrer le premier venu qui s'approchait trop près de lui...

Mais ici, son apparence était bien différente. Nero avait le visage découvert. Il ne portait plus sa camisole, mais une simple combinaison noire qui ressemblait davantage aux habits humains et qui lui permettait d'avoir un usage libre de ses bras...

Et ses ailes... Ses ailes n'étaient plus.

Cela aurait pu être une personne différente. Mais il s'agissait bel et bien de lui. Ses ténèbres l'en attestaient. Lorsque Nero le dévisagea, l'officier crut que son cœur s'était arrêté de battre.

« ... Toi. »

Les yeux de Nero se plissèrent. L'officier poussa un gémissement plaintif et se couvrit la tête dans une main.

Il avait gardé son masque à gaz, typique de ce qu'il portait à Deepground.

Il avait... refusé de le retirer. Il espérait que Nero le Sable s'en rende compte et qu'il en déduise qu'il était toujours fidèle à Deepground, même s'il était enfermé.

Non. Il s'en moquait bien ! Il était enfermé. Il faisait partie des faibles !

Il allait mourir !

- Pitié, arriva-t-il seulement à balbutier.

Ne me tuez pas, je vous en supplie...

Nero garda simplement le silence. Mais le mépris fut apparent dans ses yeux et cela ne cessa pas d'effrayer l'officier, qui tremblait de tout son être.

- J'aurais cru rencontrer des survivants plus courageux que cela, se contenta-t-il de commenter en soupirant. Tu m'as l'air bien faible, pour quelqu'un de Deepground.

- Pitié...

Que pouvait-il dire d'autre ?

Nero leva les yeux au ciel et se contenta de marcher en cercle autour de lui, l'inspectant sous toutes les coutures.

Sous son regard froid et insoutenable, l'officier oublia de respirer.

- Peu importe, décréta-t-il. On fait avec les survivants qu'on a.

- ... « On » ?

L'officier porta à nouveau son attention vers la caméra.

- Je l'ai désactivée, l'informa simplement Nero le Sable.

A nouveau, l'officier se figea.

Il avait effectivement tout prévu...

- L'Empereur de Deepground, Weiss l'Immaculé, est vivant. Il est revenu.

Weiss...

L'officier manqua de défaillir.

Weiss était vivant...

L'idée même lui glaçait le sang, réalisant ce que cela impliquait.

- Il a ordonné la reconstruction de Deepground. Je recherche les survivants. Les soldats qui nous ont loyalement servis. Est-ce que tu en fais partie ? Ou dois-je t'absorber tout de suite ?

L'officier se raidit.

Son ton était poli tout en le menaçant.

Sans hésiter, il se laissa tomber de son lit, se plaçant à genoux devant Nero le Sable.

Il ne se montrerait pas clément à son égard s'il jugeait qu'il n'était pas un fidèle membre du Deepground.

Fidèle à Weiss l'Immaculé, surtout...

Il devait survivre !

- Je suis un loyal serviteur de Weiss l'Immaculé et de Deepground. Je suis à vos ordres.

Sa voix était secouée par la terreur.

- Oui. J'ai des doutes, grinça Nero.

- Je vous l'assure !

- Officier « East », n'est-ce pas ?

Il cracha presque son titre, le ton venimeux. Un titre qu'on lui avait donné quand il avait été gradé instructeur.

- Je suis Tsviet, Commandant ! l'implora Officier East. Je peux vous être utile.

- Tu m'as l'air d'être un parfait froussard.

- Je... Je...

Le cerveau d'Officier East tournait si vite qu'il n'arrivait même pas à réfléchir correctement, à présenter des arguments pour convaincre Nero le Sable de le laisser vivre, quitte à rejoindre Deepground.

Dire qu'il se trouvait en présence d'un gradé SSS.

Si vous les voyez, fuyez.

Finalement, Nero ferma les yeux. Il se détourna de l'Officier, réprimant un soupir dépité.

- Pitié ! répéta l'Officier East.

Le Tsviet sombre marqua un temps qui lui parut être une éternité, avant de répondre :

- Je vais te conduire à l'Empereur. Il jugera si tu lui es utile ou non.

Officier East sentit quelque chose lui lécher les pieds. Il abaissa le regard et manqua de pousser un nouveau cri.

Les serpents des ténèbres...

- Enfin... si tu survis, bien sûr, entendit-il Nero susurrer, le ton amusé tandis que tout devenait noir autour de lui.

Officier East hurla en même temps que les ténèbres surgirent sur lui, l'absorbant.


A quelques kilomètres de la maison, rassemblés dans une clairière au milieu de la forêt, Weiss observa tour à tour une dizaine de soldats du Deepground agenouillés devant lui, le regard rivé au sol.

Mécontent, il s'adressa à Nero, se tenant debout à ses côtés.

« Il n'y en a pas d'autres ? »

Nero secoua la tête. Weiss réprima un soupir de frustration. Il aurait cru qu'il y aurait davantage de soldats survivants. Plus qu'une dizaine, du moins.

Le reste avait été décimé alors que Deepground était supposé être l'élite secrète de l'Ombre de la Shinra.

Son plan ne fonctionnait pas comme il l'espérait...

Weiss était déçu.

- Je crois que beaucoup ont préféré la mort plutôt que vous décevoir, Weiss, suggéra Nero alors qu'il croisait les bras sur sa poitrine.

En privé, Nero et Weiss se comportaient comme les frères de Deepground.

Ici, il n'y avait que l'Empereur du Deepground et son bras droit. Nero reprenait sa digne place de commandant en second.

Il s'agissait de montrer aux soldats que même si Deepground était tombé, Weiss demeurait leur Empereur. Qu'il avait droit de vie ou de mort sur eux.

Ils avaient toutefois suivi le conseil de son frère. Nero avait envoyé Shiro dans sa chambre, un clone à sa porte, afin de s'assurer qu'il ne se rende pas dans la clairière et qu'il assiste à cette réunion.

« Réunion... »

Hojo parlait de réunion, lui aussi.

- Ou alors, ils se sont échappés, soupira Weiss en adressant un regard rempli de sous-entendus à la milice de Deepground.

- Si c'est le cas, je les traquerais selon votre volonté, proposa Nero en s'inclinant. Mais même s'ils sont peu nombreux, ils demeurent des combattants hors pair susceptibles de surveiller le périmètre nuit et jour, le temps de recruter davantage de membres.

Weiss ferma les yeux, pensif.

- Lorsque le plan sera mis en place, décréta-t-il, on marchera vers la Shinra. On se vengera d'eux. Le Président, Restrictor, Reeve Tuesti... Ils payeront pour tout cela. Ils n'auront qu'à regarder la nouvelle Midgar, Edge, brûler.

Mais pour cela, ils devaient être plus nombreux qu'une dizaine.

Nero avait raison. Cela prendrait plus de temps que prévu.

- Avé, Weiss, répondit Nero.

En chœur, les soldats l'imitèrent.

- Avé Weiss !

« Avé Weiss »...

Il repensait à Azul, à Rosso...

Ce salut n'était qu'un script. Mais il s'agissait d'un point de repère pour les soldats que Weiss ne pouvait pas négliger.

Sans les autres Tsviets, ils étaient bien vulnérables. Weiss avait eu idée de recruter Shelke. Même si elle n'était pas une couleur, elle avait été un atout essentiel dans le cadre de leur rebéllion. Mais Nero lui avait expliqué que c'était sans espoir. Elle avait rejoint l'ORM. Elle avait mal pris la trahison des Tsviets qui l'avaient laissée être exécutée sans merci, quand bien même Weiss n'avait pas été celui qui avait eu l'initiative de l'ordre.

A nouveau, le prix était lourd à payer...

Tout cela à cause d'Hojo.

Il se demandait ce que Shelke avait ressenti. Une trahison telle qu'elle avait rejoint l'autre camp. Weiss l'avait mal pris, mais sa décision avait été pragmatique.

Peu importe. Pour l'instant, il se contenterait d'une milice, avec seulement trois gradés qui prendraient le commandement des missions.

- Je dois cependant m'assurer que tous ceux que tu m'as ramené du monde des humains me soient encore loyaux, décida Weiss après un silence.

- Il y a trois officiers gradés, fit Nero alors qu'il lui présentait lesdits officiers l'un après l'autre. Je pense que tu reconnaîtras certains d'entre eux.

L'une d'entre eux s'avança, portant le masque à gaz propre à Deepground. Weiss la détailla longuement.

Ah. Effectivement. Il la reconnaissait.

- Avé Weiss. Officier Este-D. Instructrice, fit cette dernière alors qu'elle effectua le salut militaire.

L'Empereur lui adressa un signe de tête.

- Tu étais spécialisée dans le domaine médical, n'est-ce pas ?

Este-D s'empressa de le confirmer.

- J'ai des compétences d'infirmière, votre Altesse. Je serais prête à user toutes mes capacités et à donner ma vie pour vous si vous me l'ordonnez.

Nero et Weiss s'échangèrent un bref regard, partageant la même pensée.

Parfait.

Au moins, ils avaient un docteur. Si quelque chose devait arriver à Shiro, ou à n'importe lequel d'entre eux, ils auraient quelqu'un pour les soigner.

Ils n'auraient plus à compter sur les humains.

Brusquement, cet échange avec Este-D fut interrompu par un vif mouvement dans le groupe de soldats qui s'étaient prosternés devant Weiss.

L'un des gradés s'était levé sans autorisation.

Un qui ne portait pas son masque à gaz. Un homme d'une vingtaine d'années, blond et à l'attitude arrogante et fière.

A Deepground, ce manque de respect pouvait coûter la mort.

Il s'avança vers Weiss et immédiatement, Nero quitta son emplacement pour venir à sa rencontre, les ténèbres s'agitant autour de lui. Néanmoins, avant qu'il ne puisse l'atteindre et l'envoyer dans les ténèbres pour son insolence, Weiss lui attrapa le poignet pour l'arrêter. Nero le toisa, incrédule, tandis que Weiss passa devant lui.

Le gradé lui fit face, une colère noire sur son visage.

- Quel est ton nom ?

- Je n'ai pas de nom, articula l'officier. On me l'a enlevé quand j'ai été envoyé à Deepground.

Weiss se contenta de lui sourire, provocateur.

- Ton titre, alors ?

- Officier West-7. Je ne dirais pas « Avé, Weiss ». Je ne vous saluerais pas.

- Comment oses-tu t'adresser à Weiss de cette façon ? siffla Nero, la rage apparente sur son visage.

Weiss le coupa d'un geste, reportant son attention sur West-7. Son sourire ne disparaissait pas.

- Tu t'es pourtant incliné, tout à l'heure. J'imagine que tu ne t'es pas encore rendu compte de la situation dans laquelle tu te trouves.

- Vous nous avez kidnappés, gronda West-7. Contre notre volonté. Vous vous attendez à ce qu'on lèche vos bottes alors que vous avez passé toutes ces années à nous torturer, à nous laver le cerveau, à tuer nos camarades... Vous nous avez fait subir un enfer sur Terre que personne ne méritait.

Il ne s'en démonta pas. Détaché, Weiss se contenta de répliquer :

- Vous croyez que c'était de ma faute ? De notre faute ? Ce n'était pas moi qui contrôlais Deepground quand on vous a envoyés là-bas.

- Vous n'avez pas essayé d'intervenir, d'arranger les choses.

Il n'en crut pas ses oreilles.

Comment osait-il ?

- Donc, selon vous, ma rébellion n'était rien du tout ? Je n'ai pas essayé de libérer Deepground d'un tyran ?

- Un tyran à la place d'un autre. Vous auriez mieux fait de me laisser dans ma cellule, cracha West-7.

- Et vous laisser être exécuté ? rétorqua Weiss, une lueur mauvaise dans ses yeux. Mais je vous en prie.

West-7 serra les poings à cette réponse.

- Ou tu te prosternes, ou tu en subis les conséquences, l'avertit Nero, le ton menaçant.

Même s'il changeait d'avis, Weiss avait déjà son jugement. Cet officier-là ne lui servirait à rien. Il ne lui serait pas fidèle.

- Vous avez un droit de vie ou de mort sur nous, gronda West-7. Je n'arrive pas à croire qu'il y ait encore des imbéciles qui vous soient fidèles.

- Comment oses-tu dire ça ? L'Empereur nous a libérés ! cracha l'un des miliciens dans le groupe.

- Il vous a lavés le cerveau ! lui répliqua West-7. Tous ces monstres ont ruiné votre vie ! Et vous continuez à leur baiser les pieds !

Il pointa Weiss d'un doigt accusateur.

L'Empereur le laissa poursuivre, l'expression indéchiffrable.

- Vous allez détruire la Planète. Vous allez tous nous annihiler comme la dernière fois. Vous et toute votre famille, vous êtes pires que les Restrictors ! Vous mériteriez de subir le même sort et que vos cadavres nourrissent les chiens de l'en- !

Il ne termina jamais sa phrase.

Weiss s'était déjà téléporté. Dégainant « Paradis », il avait agrippé l'officier prétentieux et lui avait transpercé la gorge avec sa lame.

Un geyser de sang émana de sa carotide, recouvrant le visage de Weiss. Ce dernier retira sa lame et repoussa l'officier qui tomba au sol. Rapidement, le sang se répandit, formant une piscine autour de lui.

L'officier se tenait la gorge pour essayer tant bien que mal d'arrêter l'hémorragie. Mais cela fut inutile. Quelques instants après, l'officier expira. Nero utilisa ses ténèbres pour absorber le cadavre, le faisant disparaître de leurs yeux.

L'un des gradés déglutit à cette vision. Weiss poussa un soupir tandis qu'il rangeait « Paradis » dans son fourreau.

- Bon, eh bien... On est passé de trois à deux officiers gradés en un quart d'heure. Est-ce que d'autres partagent son avis ? s'adressa-t-il au groupe de soldats.

Immédiatement, les miliciens s'inclinèrent. Signe de déférence absolue. Weiss les détailla longuement, l'un après l'autre. Peut-être il y avait-il d'autres révoltés dans le groupe ?

Non. Weiss lisait l'esprit des gens. Ces soldats lui étaient totalement dévoués. La preuve, à part West-7, ils avaient refusé de retirer leurs masques à gaz, même en prison. Ils ne s'en prendraient pas à eux.

Et puis de toute façon, que pouvaient-ils faire contre lui ? Contre Nero ?

- Bien, décréta Weiss. Je pense qu'il est nécessaire de réitérer mon discours quand j'ai été sacré Empereur de Deepground, puisque certains l'ont peut-être oublié. Je ne désire pas faire comme Restrictor et organiser des combats d'arène pour en retenir le plus fort. J'ai seulement besoin qu'on soit sur la même longueur d'onde. Et aux vues de notre nombre, si on désire accomplir notre vengeance, on ne peut plus se permettre de se livrer au libre meurtre, comme à Deepground. On ne peut plus se permettre de pourchasser, exterminer, taillader, étrangler, massacrer, battre, poignarder, pulvériser, asphyxier, empaler, fusiller et exécuter sans pitié nos cohortes. Gardez ça pour la Shinra. Je vous promets que cela n'en sera que plus réjouissant. Celui qui me désobéit aura un sort pire que celui de l'officier West-7.

Les soldats obtempérèrent avec plus d'empressement que d'habitude.

L'instinct de survie prévalait sur tout.

- Chacun sera sous l'ordre d'un officier gradé. Je vous laisse vous répartir entre vous, ce n'est pas à moi de vous tenir la main. Pour l'heure, l'essentiel est qu'aucun intrus ne pénètre en ces lieux. Aucun humain, aucun soldat de l'ORM. Si cela arrive, vous avez ordre de les exécuter. On échangera avec les officiers pour organiser vos campements.

Les missions arriveraient très vite...

- Avé Weiss, répondirent les soldats.

Alors que Weiss leur ordonna de se disperser, il remarqua l'autre gradé restant essayer de s'éloigner discrètement. Quand l'Empereur porta son regard froid sur lui, l'officier se figea de terreur. Sans attendre, Weiss lui ordonna de venir.

- Tu désires peut-être rejoindre l'officier West-7 ?

Il ne le préfèrerait pas.

- N-non, votre Altesse.

L'officier se dépêcha de s'incliner, un genou au sol en signe de déférence. Weiss le détailla avec curiosité.

Lui aussi lui disait quelque chose.

- On ne se serait pas croisés à Deepground ?

L'officier demeura muet face à cette question, quand bien même il se mit à trembler comme une feuille.

Oui. Ils s'étaient croisés.

- Quel est ton nom ? Ou ton titre ?

- ... Officier East, Votre Altesse.

- Hm. Tu étais instructeur, n'est-ce pas ?

Officier East hocha timidement la tête.

Weiss se rappelait vaguement d'un instructeur qui était en charge des nouvelles recrues destinées à devenir Tsviet. Un gars qui n'arrivait pas à aligner deux mots et qui tenait toujours un bâton pour se sentir important...

- Je...

On dirait qu'il allait faire une crise cardiaque et tomber raide mort à ses pieds. Ah non pitié. Il n'avait pas envie que le nombre de gradés passent à un seul. Il était terrifié et il ne cherchait même pas à le camoufler dans son attitude. Weiss leva les yeux au ciel, l'incitant à compléter sa phrase. Derrière eux, Nero fixait la scène avec curiosité.

- J'ai combattu contre vous une fois, Votre Altesse.

Weiss cligna des yeux, choqué.

- Et tu as survécu à un combat contre moi ?

Si c'était le cas, il s'en rappellerait. Officier East le confirma, avant d'ajouter, d'un ton inaudible :

- ... J'ai couru pour ma vie.

Il avait... couru pour sa vie ?

D'accord. Et ça, c'était un gradé ? Il avait le choix entre Este-D et ce... soldat qui était au bord du malaise et qui survivait en courant pour la vie ? Super. Merci pour la perspective.

Deepground était vraiment TRES LOIN d'être reconstruit.

- On dirait que les froussards sont ceux qui survivent le plus longtemps, grinça Weiss, amer.

- Pitié, Votre Altesse ! supplia Officier East, sa voix montant dans les aiguës. Ne me tuez pas comme Officier West-7 ! Je peux vous être utile !

Bah voyons. Comme s'il avait le choix.

- J'ignore encore ce que je vais faire de toi, soupira Weiss. Tu as la tête du lâche qui est prêt à nous vendre pour sauver sa peau.

- Non, Sir ! Je vous jure que je vous suis on ne peut plus fidèle ! Je détestais Restrictor et j'attendais votre avènement avec impatience !

- Tout le monde détestait Restrictor. A part des imbéciles qui le soutenaient encore et dont nous nous sommes personnellement chargés.

Il put deviner qu'Officier East blêmissait sous son masque.

Bon.

Même si c'était un trouillard qui, de toute évidence, ne pensait qu'à sa survie, il devait admettre que sans ses instructions pour forcer les recrues à adhérer à leur cause, la rébellion aurait été encore plus difficile à mener.

Qui sait ? S'il avait survécu à Deepground, il avait certainement des compétences qu'il ignorait.

- Si tu sais courir, on s'entraînera tous les deux à la chasse, déclara Weiss avec un petit sourire en coin.

- Sir...

Weiss ricana. C'était une bonne blague. Il lui ordonna de se relever.

- En attendant, exécute-bien mes ordres. Gare à toi si tu me trahis. Je le saurais, de toute manière, articula-t-il, menaçant.

- Oh. Sir, je ne vous trahirais pas ! Jamais. Vous nous avez sauvés ! Vous nous avez libérés d'un tyran !

Il garda les yeux rivés au sol tandis qu'il se recroquevillait sur lui-même, prononçant timidement ces mots :

- Et puis... Je serais prêt à donner ma vie pour vous, Sir. Vous le méritiez amplement.

Derrière son épaule, Weiss sentit Nero tiquer vivement. Il comprit qu'il était temps de mettre un terme à la conversation s'il ne voulait pas qu'il y ait un autre meurtre.

- Bien, bien. Tu peux te retirer.

- Avé, Weiss !

Officier East s'inclina et se dépêcha de rejoindre les autres soldats qui s'étaient éloignés dans la forêt. Nero se rapprocha de Weiss, observant dans la même direction.

- Cela n'aurait pas été mon premier choix.

- Je le sais mais on fait avec ce qu'on a, soupira Weiss alors qu'il se détournait de lui. Le plus dur, ce sera de trouver des recrues hors Deepground.

- Je suis sûr qu'il existe à l'extérieur des gens qui sont si désespérés qu'ils nous rejoindraient facilement.

- J'espère que c'est le cas. On n'ira pas loin avec seulement dix soldats.

A son tour, Weiss se dirigea vers la forêt. Il était prêt à rentrer quand Nero l'interpella.

- Le sang sur ta joue...

De sa paume, Nero effleura d'une main délicate la joue de Weiss qui avait été marquée du sang de l'Officier West-7.

- Je ne veux pas que Shiro te voie comme ça.

Weiss se détacha de lui en soupirant.

- Tu es vraiment très protecteur. Trop protecteur, même.

S'il le désirait tellement, il irait se laver dans le lac.

- Il paraît que vous avez passé du temps ensemble, la dernière fois au lac, fit Nero alors que Weiss reprit sa marche, cette fois en prenant une direction opposée à celle de leur maison.

Son ton indiquait qu'il était ravi par cette perspective. Laquelle ? Qu'ils passent du temps ensemble ?

- Comment cela s'est passé ?

Weiss se contenta de répondre, évasif :

- Cela s'est passé. C'est tout. Il n'y a rien à dire.


Las de rester dans sa chambre, Shiro ouvrit les portes coulissantes pour sortir sur la terrasse. Sans un mot, l'enfant se laissa tomber sur les marches d'escaliers, observant l'horizon avec amertume.

C'était aujourd'hui que Nero revenait.

C'était aujourd'hui qu'il rencontrait les survivants de Deepground. Et manifestement, ils allaient vivre ici.

Au loin, il les entendait déjà.

Il les entendait s'entraîner, des voix criant des ordres à d'autres.

Le plan de Weiss se mettait doucement en place.

Ne m'appelle pas Papa.

Shiro prit la tête dans ses mains, laissant les mèches tomber sur son visage, cachant ses yeux.

Comment pouvait-il empêcher cela ?

Comment les convaincre que ce qu'ils faisaient n'était pas la bonne solution ? Recréer Deepground, s'isoler encore du monde des humains ?

Et surtout, même si le but de Weiss était de se venger de la Shinra, que comptait-il faire du monde des humains ? Il ne voulait pas que Denzel, Marlène, Lorraine et les autres soient en danger...

C'était répéter les mêmes erreurs...

Ce n'était pas parce que cette fois-ci, ils n'étaient plus isolés avec Nero et livrés à eux-mêmes, qu'il y avait d'autres personnes qui pouvaient les protéger d'attaques comme celles de Charon, que cela résolvait le problème. Il ne pouvait même pas parler aux soldats. Nero lui avait expliqué que ce n'était pas le bon moment et qu'il valait mieux qu'il reste à distance d'eux.

Encore une fois, le même schéma se répétait.

Non pas qu'il en avait envie car il s'agissait d'anciens du Deepground.

Shiro détestait cette perspective. Et il doutait que Weiss l'écoute. Son père limitait leurs conversations au strict nécessaire. Oui, ils avaient passé du temps au lac. Weiss lui avait montré comment nager.

Mais cela ressemblait davantage à une session d'entraînement qu'à un moment avec son père.

Il n'y avait même pas de relation entre eux.

Il faudra que tu gagnes ta place, comme tout le monde.

Oui. Seul Deepground comptait à ses yeux, n'est-ce pas ?

Dire que Nero lui avait demandé de donner une chance à cette nouvelle vie, mais Shiro n'était vraiment, vraiment pas emballé par l'idée de vivre ici. Nero avait eu peur de l'issue du procès que lui aurait réservé Reeve Tuesti après la crise liées aux créatures des ténèbres. Mais peu importe ce qui s'était passé, Shiro était certain que Reeve se serait montré clément et aurait tenu compte de ses efforts.

Aujourd'hui, en plus, il aurait dû aller à l'école...

« Excusez-moi... »

Shiro se figea. Il se retourna et fit face à un homme, portant un masque à gaz sur le visage, tenant un bâton à la main.

Il se raidit et tout de suite, tourna les talons avant de se mettre à courir.

« Hé ! »

Shiro se leva. L'homme accéléra sa course.

- Pardon ! Pardon ! s'excusa-t-il. Je n'aurais pas dû venir ici ! Ne me tuez pas !

- Mais attendez !

Shiro utilisa sa vitesse surhumaine mais il abandonna rapidement. L'homme avait déjà détalé comme un lapin dans la forêt.

L'un des survivants ?

Il ne les imaginait pas du tout comme ça.

Il avait l'air si... effrayé.


Le soir même, Weiss se dirigea seul vers le lac. Le soleil était en train de se coucher derrière les montagnes, le ciel prenant une teinte orangée parsemée de rouge. Les survivants avaient établi leurs campements à quelques kilomètres de là et Weiss profitait d'un moment de quiétude pour nettoyer le sang de West-7.

Alors qu'il se couvrait ses mains d'eau et frottait sur sa joue pour retirer le sang, il entendit des pas s'approcher de lui. Sur le qui-vive, Weiss se retourna pour faire face à Nero qui sortait des bois.

« Ce n'est que moi », le rassura Nero, amusé.

Weiss soupira avant de se remettre à sa toilette. Nero le dévisagea avec curiosité.

- Tu n'aurais pas été autant sur les nerfs quelques jours plus tôt. C'est à cause des survivants ?

- Non... Je suis sur les nerfs pour autre chose.

- Hm.

Nero balaya le lac du regard. Sans un mot, il se plaça au bord et alors que le sang avait disparu de la joue de Weiss, l'Empereur étant sur le point de rentrer, il remarqua que Nero avait posé un sac par terre.

- Qu'est-ce que tu fais ?

Nero ne répondit pas. Il se contenta d'attraper son haut et de le retirer avant de le poser sur son sac.

Surpris, Weiss garda le silence. Nero s'assit et retira ses bottes, puis son pantalon. Peu à peu, son corps tout entier se dévoila, libéré de sa combinaison, laissant les ténèbres assombrir l'atmosphère autour de lui, les nuages le suivant tandis qu'il se dirigeait vers le lac. Cela n'avait jamais dérangé l'Empereur de Deepground qui prit un instant pour détailler les marques des ténèbres peignant le corps entier de son frère, tels des tatouages dessinés avec précision.

Ses épaules, sa poitrine, son ventre, son dos...

Il les avait toujours trouvés magnifiques. Son corps n'avait aucun secret pour Weiss. Mais le revoir après tant d'années... c'était tellement étrange.

- Après toi et Shiro, j'avais envie d'essayer, lui expliqua Nero avec un petit sourire en coin.

Nero se laissa plonger dans le lac, ses cheveux noirs s'éparpillant dans l'eau tandis qu'il fermait les yeux, s'habituant à la température.

Il paraissait tellement détendu.

- C'est agréable, non ? lui demanda Weiss, souriant à sa réaction.

- Tellement.

Jamais il n'avait eu une telle attitude à Deepground.

Nero sortit sa tête de l'eau.

- Et tu sais ce qui serait encore plus agréable ?

Weiss pencha la tête sur le côté.

- Que tu me rejoignes, susurra Nero.

L'Empereur de Deepground hésita.

Il s'était déjà baigné ici... et maintenant qu'il y avait les soldats, quand bien même ils patrouillaient à quelques kilomètres de là, il n'avait pas franchement envie qu'ils les surprennent dans un endroit pareil, à la vue de tous.

- S'il te plaît, l'implora Nero d'une petite voix alors que Weiss était sur le point de quitter le lac.

L'Empereur de Deepground s'arrêta.

Il finit par se retourner vers son frère, dont le visage laissa transparaître un sourire quand Weiss retira sa veste, la posant près des affaires de Nero.


« Hmm... »

Assis dans l'eau, l'un à côté de l'autre, Weiss et Nero observèrent le ciel laissant place à l'obscurité de la nuit, les étoiles apparaissant au-dessus d'eux.

- On comptait observer les étoiles, murmura Nero. Ensemble. Tu t'en souviens ?

Weiss hocha la tête.

- Oui.

- J'avais fait la promesse à Shiro qu'on les verrait tous les trois.

Weiss ne refusa pas.

C'était seulement voir les étoiles, après tout.

Cela ne l'engageait en rien.

- Il s'agit d'une promesse facile à honorer, chuchota Weiss alors qu'il se retourna pour s'accouder contre la roche.

Nero l'imita, prenant la même position que son frère aîné.

- Shiro regarde un film à la maison. Mes clones le surveillent. On pourrait le faire sortir et observer les étoiles depuis la terrasse quand on rentrera.

Le sujet de Shiro ne cessa d'embarrasser Weiss, qui préféra changer de sujet.

- Pourquoi une telle attitude envers Officier East ?

Nero se retourna vers lui, intrigué.

- Quoi ? Quelle attitude ?

- Tu étais énervé contre lui, lui fit remarquer Weiss.

Le Tsviet sombre soupira.

- C'est un froussard. Je n'aime pas les froussards.

- Tu étais surtout jaloux, commenta Weiss. Ne le nie pas. Ton attitude est suffisamment éloquente. Je te connais suffisamment. Je sais quand tu es jaloux de quelqu'un.

Nero fronça les sourcils tandis qu'il se recroquevillait.

- Je marque mon territoire, c'est tout.

- Jaloux d'un officier ? Il a seulement dit qu'il donnerait sa vie pour moi, comme l'a fait Este-D.

- Je devine facilement quand quelqu'un est intéressé, Weiss. Il n'a pas vraiment cherché à le cacher.

Weiss ricana.

- Toi, alors... Tu ne changeras jamais.

- Et non, s'amusa Nero alors qu'il s'enfonçait dans l'eau.

- Pourtant, tu avais des opportunités. Tu n'étais pas si malchanceux à un moment donné, malgré nos conditions, sourit Weiss alors qu'il se rapprochait de Nero, lui donnant un petit coup de coude dans les eaux.

Cela surprit le plus jeune.

- Que veux-tu dire ?

- J'avais la malchance de me coltiner Restrictor, grinça Weiss. Mais toi... Tu avais au moins Scarlet et ses courbes.

Amusé, il appuya ses dires en dessinant la silhouette fine de Scarlet dans ses mains.

Nero leva les yeux au ciel.

- Passe-moi le savon.

- On a une salle de bain, tu sais, fit Weiss alors qu'il tendait le bras vers le sac de Nero pour le sortir.

Nero ouvrit le flacon et commença à en déverser sur son corps, avant de frotter sa main dessus pour étaler le savon. Weiss l'observa faire, un petit sourire en coin.

- Tu désires que je te lave le dos ?

Il remarqua la rougeur sur les joues de Nero. Il s'empressa d'acquiescer et Weiss se rapprocha de lui, attrapant le flacon pour en mettre sur le dos de son cadet.

Alors que Weiss lui massait le dos et les épaules pour étaler le savon, Nero laissa les bras tomber le long de son corps, arrêtant son ouvrage.

- Hm...

Weiss ne le voyait pas mais il devinait qu'il avait fermé les yeux. Cela l'incita à continuer et il descendit les mains pour lui frotter les hanches en mouvement de cercles. Il avait toujours apprécié le contact. Peu importe qu'il s'agisse d'un tir, d'une blessure, d'un câlin ou d'un massage, pour Nero, un contact était un contact.

Et voilà un contact qui n'était pas dangereux pour lui.

Tandis qu'il le lavait, Weiss ne put s'empêcher de redessiner les tatouages de Nero du bout des doigts. C'était quelque chose qu'il adorait faire, autrefois.

Maintenant qu'il en avait l'occasion... il n'allait pas se priver de recommencer.

- Voilà... lui souffla Weiss. Tu n'as plus qu'à te rincer.

- Je peux te laver le dos aussi ? lui proposa Nero en se retournant.

Weiss haussa les épaules en guise de réponse. Il avait déjà pris son bain...

Mais bon. Nero voulait toujours lui rendre la pareille. Qui était-il pour refuser ? Sans attendre, Weiss se détacha de lui et lui présenta son dos.

Derrière lui, il entendit Nero ouvrir le flacon pour verser le savon, avant de s'approcher de lui pour en placer sur son dos, imitant ce qu'avait fait son frère pour lui quelques minutes plus tôt.

A son tour, le service de Nero se transforma en massage. Alors qu'il remontait les mains vers ses épaules, Weiss le sentit froncer les sourcils.

- Tu es tout tendu...

Il n'avait pas tort. Nero commença à lui masser les épaules de manière insistante, déterminé à lui retirer les nœuds de tension. Weiss ne les avait pas sentis depuis son retour. Mais au contact de Nero, il se rendait compte à quel point la situation le stressait.

- Tu gardes toujours tout pour toi, lui souffla Nero dans le creux de l'oreille, ne cessant pas de le masser, ses mains effectuant des cercles autour de ses épaules. Tu sais que je suis là. Si tu as besoin de parler de ce qui s'est passé... je peux tout entendre venant de toi, cher Weiss.

Weiss garda le silence.

Il se contenta de fermer les yeux. C'était agréable... Il était en plein air, dans un lac, sous les étoiles, et Nero prenait soin de lui...

Que pouvait-il demander de plus ?

Il sentit que le massage de Nero faisait son effet. Il sentit ses épaules se décontracter à son contact. Les cheveux noirs de son cadet lui chatouillaient le dos tandis qu'il se rapprochait de lui, sa poitrine se collant presque contre le dos de Weiss.

- Aah... laissa échapper Weiss, les yeux toujours clos.

Les mains de Nero quittèrent les épaules de son aîné pour revenir à son dos.

Le massage se transforma en douces caresses, les mains de Nero s'avançant également entre les bras de Weiss pour lui caresser la poitrine et le ventre, son menton se posant délicatement sur l'épaule tout juste détendue de l'Empereur de Deepground.

- Je pourrais le faire toute la journée, chuchota Nero, sa bouche se rapprochant de son oreille. A prendre soin de toi... à te faire plaisir... après tant de temps séparés, c'est la moindre des choses que je puisse faire. Tu as juste à me dire ce que tu veux.

Il le savait.

Il savait que Nero accomplirait la moindre de sa volonté sans se poser de question. Et il le ferait avec joie.

- Hmm...

Le front de Nero se posa sur le dos de Weiss tandis qu'il continuait de le caresser.

- Tu es toujours aussi beau, fit Nero, la voix presqu'inaudible. Tu sens si bon, aussi...

Nero posa ses lèvres froides sur l'oreille de Weiss. Le contact durant quelques secondes avant que les lèvres de Nero ne descendent vers le cou de Weiss, plaçant un baiser dans sa nuque.

Weiss laissa sa tête retomber en arrière, mais n'arrêta pas Nero. Le Tsviet sombre réitéra son geste plusieurs fois, laissant des petits baisers sur la peau humide de Weiss. Au bout d'un moment, ses lèvres s'entrouvrirent, la langue de Nero touchant le cou de Weiss pour le lécher avec appétit.

- Aaaah... Hmm...

Nero se détacha de lui. Weiss devina le sourire sur son visage.

- Je me fiche bien que les soldats nous voient, Weiss... je suis tellement heureux d'être là, avec toi... enfin réunis...

« Enfin réunis... »

« Je ne te quitterai plus jamais... »

« Je n'ai que faire de toi. »

Brusquement, Weiss rouvrit les yeux.

De manière inattendue, il se détacha de Nero. Son attitude surprit son cadet qui tomba dans l'eau, par terre. Il fixa Weiss, perplexe, tandis que son frère aîné revenait vers le rivage pour sortir.

- Weiss !

Weiss ne le regardait pas.

Les mèches lui cachant le visage, il se contenta de se rhabiller tandis que Nero le rejoignait. Il paraissait... déçu, heurté par l'attitude de Weiss.

- Ai-je fait quelque chose de mal ? s'empressa de lui demander son cadet. Parce que ce n'était pas du tout mon intention !

Sans cesser ce qu'il faisait, Weiss ne desserra pas la mâchoire.

- Pourquoi ? Pourquoi agis-tu comme ça ? Depuis que tu es revenu, tu es...

- Ce n'est pas ta faute.

Il était conscient qu'il lui causait énormément de douleur avec cette attitude distante et réservée, alors que Weiss et Nero étaient si proches autrefois.

Il voulait seulement le rassurer. Lui dire que quoi qu'il arrive, ce n'était pas à cause de Nero.

Au contraire... S'ils en étaient à ce point, c'était bel et bien à cause de Weiss.

- Alors, pourquoi ? répéta Nero, le ton douloureux.

Weiss baissa la tête.

A la place de Nero, il ne lui poserait même pas la question. Il n'essayerait même pas de se rapprocher de lui.

- ... Je rentre. Je suis fatigué.

Weiss quitta le lac, laissant Nero seul.

Cette nuit, ils n'honorèrent pas la promesse.

Ils n'iraient pas voir les étoiles tous les trois.