OOC : Bonjour à tous. Voici un nouveau chapitre. J'espère que ça vous plaira. Bonne lecture !
« ... Plusieurs détenus de la prison de l'ORM, qui étaient sous haute surveillance, sont portés disparu. »
Assis derrière son bureau, Reeve Tuesti faisait face aux membres de l'ex-AVALANCHE qu'il avait contacté pour une réunion de crise. Tifa, qui était sortie de l'hôpital il y a peu, était assise sur une chaise, une main posée sur son ventre. Cloud se tenait derrière elle, le regard sombre.
- Quel genre de détenu ? lui demanda-t-il.
Reeve Tuesti adressa un coup d'œil à Shelke. Cette dernière se raidit, comprenant tout de suite à quoi il faisait référence.
La dernière fois, lui et Vincent s'étaient tuent quand ils avaient appris que Nero le Sable était revenu. Ils n'en avaient parlé à personne, parce que Nero n'avait pas agi à l'encontre des humains. Quelques temps après, il avait massacré presqu'entièrement une famille pour se venger de l'un des scientifiques de la Shinra.
Il ne ferait pas la même erreur deux fois. Il devait être transparent envers son équipe, qui était devenue depuis longtemps sa famille.
- Des survivants du Deepground, déclara Reeve Tuesti, le ton grave.
Cette nouvelle fut accueillie avec choc et effroi.
- Allons bon, soupira Cid, une cigarette à la bouche qu'il écrasa dans un cendrier situé sur le bureau de Reeve Tuesti.
- Comment ça se fait ? s'exclama Barret, livide.
L'expression de Reeve fut suffisamment éloquente.
Ce fut Shelke qui s'exprima :
- Les caméras ont été désactivées. Et quand elles ont été réactivées, les détenus avaient disparu.
- Pourtant, les gardes ont été clairs : personne n'est entré ni sorti.
- Une chambre close, en somme, grogna Red XIII.
Reeve le confirma d'un signe de tête.
- Ils étaient tous des survivants de Deepground. Des officiers, des soldats... Ils ont été emprisonnés et attendaient leur jugement. Certains d'entre eux ont été condamnés à mort et ont effectué une demande en grâce. D'autres ont écopé d'une peine moins sévère.
Vincent finit par poser la question qui lui brûlait les lèvres.
Une question à laquelle tout le monde pensait.
- Tu penses que cela peut être lié à Nero ?
Reeve l'observa, l'air grave.
Depuis la dernière attaque à Edge, il n'y avait plus aucun signe de créatures des ténèbres.
Ils ignoraient encore si c'était réellement terminé ou s'il s'agissait d'une accalmie temporaire. Mais Nero et Shiro n'avaient plus donné de signe de vie depuis cette invasion.
Ils s'étaient tout simplement volatilisés.
De tous, Vincent avait été celui qui était le plus inquiet par rapport à leur disparition. Il le cachait, mais Reeve le connaissait bien. La dernière fois qu'il avait été vu, Shiro avait quitté le véhicule accidenté et avait été pris en chasse par l'un des spectres.
Il avait peur que Shiro ait péri. Et quelque part, même si cela était moindre, Vincent avait suffisamment fréquenté Nero durant tout le temps où il avait respecté le marché qui le liait à Reeve Tuesti et à Rufus Shinra...
Et à Général MacKurie...
Reeve ferma les yeux, sentant l'émotion monter à la pensée de leur camarade tombé. Les funérailles avaient été discrètes, sans cérémonie. Un militaire recevait les meilleurs honneurs, mais ce n'était pas ce qu'avait voulu Général MacKurie, quand bien même Reeve lui avait discerné la plus haute distinction à titre posthume.
Si cela pouvait être lié à Nero...
Il avait posé la bonne question.
Si personne n'était entré ou sorti...
Cela pouvait signifier l'usage de portails.
Et des survivants de Deepground...
A qui cela pouvait-il profiter ?
- C'est une possibilité, approuva Reeve.
- Est-ce que cela signifierait aussi que Shiro soit en vie ? suggéra Tifa, l'espoir évident dans son ton.
- On l'ignore encore, lui déclara Shelke.
Vincent croisa les bras sur sa poitrine. C'était imperceptible, mais Reeve devinait que la possibilité que Shiro ait pu survivre le soulageait.
- Mais cela ne signifie rien de bon, remarqua Cloud. S'ils sont en vie et que Nero enlève les survivants du Deepground...
- Vous croyez qu'il sait si la crise est réellement terminée ? l'interrompit Barret, boudeur. S'il sait qu'il n'y a plus ces horreurs des ténèbres ?
- Qui sait ? se contenta de répondre Shelke.
Cid leva les yeux au ciel.
- S'il n'y a plus ce cinglé de Charon ou peu importe son nom, cela signifie que le marché n'a plus de raison d'être, n'est-ce pas ?
- L'objectif serait considéré comme atteint, acquiesça Reeve.
- Donc, cela signifierait que Nero aurait été emprisonné avec un procès à la clef. Et s'il considère que la crise est définitivement réglée, vous croyez qu'il va attendre sagement qu'on vienne lui passer les menottes ?
Le silence tomba sur le groupe.
Tifa baissa la tête.
- Au moins... nous ne serions plus en danger avec les êtres des ténèbres.
- Mais les problèmes sont loin d'être résolus. Si Nero ramène sa clique de Deepground, ça va commencer à bien faire pour la Planète ! cracha Barret en frappant le mur de son poing. Surtout qu'il y a un enfant piégé dedans.
Cloud prit une profonde inspiration.
- Il y a de quoi être pessimiste par rapport à Shiro. Si tenté qu'il soit en vie, il est susceptible de devenir comme eux. Il prendrait les armes contre nous.
- Et nos craintes seraient réalisées, avoua tristement Reeve Tuesti. On a tout fait pour éviter d'en arriver là.
Vincent se redressa, sa cape rouge flottant derrière lui.
- Moi, je n'abandonne pas. Si Shiro est bel et bien en vie, je ne le laisserais pas devenir un membre du Deepground.
Il marqua une pause avant de soupirer.
- Il a une mère qui s'inquiète pour lui. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour lui ramener Shiro.
- Je pense que c'est notre objectif, approuva Tifa. Protéger la Planète et ses enfants.
- Et qui sait ? Peut-être que Nero a d'autres objectifs, déclara Vincent, amer. Peut-être que son but n'est pas celui qu'on imagine.
- Pardonne-moi, mais tout pointe que son but est bel et bien de recréer le Deepground, cracha Cid.
- On n'est pas dans sa tête.
Reeve s'accouda sur son bureau, songeur.
- Il n'y a qu'une dizaine de membres de Deepground qui ont été enlevés. Même si ce sont des combats hors pair, ils sont nettement moins nombreux qu'il y a trois ans, où on avait toute une armée à affronter. Ils n'iront pas loin avec dix membres.
- Ils vont peut-être enlever d'autres personnes contre leur volonté. Répéter ce que faisait la Shinra, grinça Shelke.
- Oui. Il faut s'y attendre.
Reeve finit par se mettre debout.
- Je vais ordonner aux soldats de l'ORM d'être en alerte maximale. Même si le Deepground n'a pas encore agi, je vais prévenir la population qu'il y a danger imminent et instaurer les mesures adéquates.
- C'est plus sûr, mais la population va être en émoi, répondit Barret, la mâchoire serrée.
- En attendant, déclara Reeve, puis-je compter sur vous ? Au cas où le pire se concrétiserait ?
La réponse de l'équipe fut instantanée.
- Tu sais que tu peux toujours compter sur nous, Reeve, lui sourit doucement Tifa tandis qu'elle prenait la main de Cloud qui l'aidait à se lever de sa chaise.
- A qui d'autres refilerais-tu le sale boulot ? ricana Cid, le ton mi-amusé, mi-sérieux.
Alors qu'ils sortaient du bureau de Reeve, Cid se rapprocha de Vincent. Il attendit que Shelke soit suffisamment éloignée pour lui souffler à l'oreille :
- Est-ce que cela valait le coup ? De passer ce marché ? De donner une seconde chance à quelqu'un qui a tenté d'annihiler la Planète ? Regarde où cela nous a menés, maintenant.
Vincent n'afficha aucune expression. Cid poussa un grognement de frustration tandis qu'il s'écartait de lui.
- J'étais contre ce marché, à la base. On aurait trouvé d'autres moyens pour lutter contre ce nouveau fléau. Pour moi, certaines personnes sont irrécupérables. Avoir un passé horrible, avoir une famille ne justifie rien et n'absout personne. Je maintiens que Shiro aurait été bien mieux sans lui.
L'ex-Porteur de la Protomatéria demeura silencieux. Il préféra ne pas répondre à Cid, par crainte de tomber dans un débat sans fin.
Ils avaient eu besoin de Nero pour lutter contre les créatures des ténèbres.
Ils avaient pris la décision la plus pragmatique. Et peut-être aussi pour ne pas dégoûter Shiro du monde des humains.
Mais peut-être que Cid avait raison...
Certaines personnes étaient simplement irrécupérables, peu importe le nombre de fois où on essayait de les aider.
Allongé sur son futon, Shiro fixait le plafond.
Il n'arrivait pas à dormir.
Le repas du soir avait été lugubre. Ils avaient mangé tous les trois ensembles. Et contrairement aux autres fois où Nero, qui pourtant, n'avait jamais été très bavard, essayait de faire la conversation pour deux, n'avait pas desserré la mâchoire tout au long du dîner. Mais les coups d'œil affligés qu'il adressait à Weiss n'avaient pas échappé à Shiro.
Après tout, ils passaient beaucoup de temps ensemble, sans que Shiro ne soit présent. Notamment pour gérer les survivants de Deepground.
Il se demandait si quelque chose s'était produit entre eux.
En parlant des survivants...
Celui qui était venu à la maison. Cet officier que Shiro avait croisé. Il s'était enfui dès qu'il l'avait vu.
Cela avait beaucoup intrigué l'enfant. Quand Nero ou Weiss évoquaient Deepground, Shiro avait toujours cru qu'il s'agissait de machines de guerre qui subissaient un entraînement très strict. Le fait que Nero ait interdit à Shiro de s'approcher des survivants n'avait fait que conforter la vision de l'enfant aux cheveux blancs.
Mais cet officier... Shiro ne cessait pas de penser à lui, à son attitude.
La rencontre avec ce survivant l'avait fait réfléchir.
Même si Nero ne l'avait pas autorisé à s'approcher d'eux, Shiro avait l'impression qu'il pouvait trouver un début de réponse à ses questions. Sur Deepground, sur Weiss... Des réponses que Nero ou Weiss refuseraient de lui donner.
S'il pouvait trouver des réponses en s'approchant des survivants, cela pourrait peut-être l'éclairer sur la manière de parler à Weiss. Peut-être pourrait-il le convaincre d'abandonner ses idées obscures concernant la reconstruction de Deepground ? Concernant le monde des humains ?
Shiro laissa échapper un rire sec.
Si seulement c'était possible... Weiss ne paraissait écouter personne. Sauf ceux qui partageaient son point de vue.
C'était trop optimiste. Surtout qu'il n'arrivait même pas à avoir une conversation longue avec lui.
Il était inabordable.
Shiro croisa ses bras en-dessous de sa tête, songeur.
Et si cela n'était pas un plan totalement bancal ?
Trouver des réponses, oui. Cela était même hautement probable. Mais encore devait-il s'approcher des survivants.
Surtout que Nero le lui avait interdit...
Il se souvenait des mots de Tifa. Ce qu'elle lui avait dit une fois.
Tu devrais savoir maintenant que ton oncle n'a pas toujours raison
Et puis... n'avait-il pas déjà désobéi à Nero ? Plusieurs fois, même ? Il se ferait punir, mais au final, le jeu en valait la chandelle. Et que pouvait-il faire, autrement ? Rester ici ? Dans cette maison, seul, à ne rien faire tandis que Weiss et Nero recréaient Deepground ?
Surtout que... n'était-il pas l'héritier de l'Empereur ?
Pour Shiro, cela lui paraissait presqu'inévitable de rencontrer les soldats, s'il était réellement l'héritier de Weiss.
Longuement, l'enfant pesa le pour et le contre.
Shiro finit par se redresser de son futon.
Tout en faisant attention à ne pas réveiller Nero ou Weiss qui dormaient dans la pièce d'à côté, Shiro enfila ses chaussures. Il prit des jouets, des peluches, afin de créer une silhouette à peu près ressemblante qui dormait dans son futon au cas où quelqu'un viendrait vérifier qu'il dorme.
La journée, Nero le surveillait avec ses clones...
S'il s'y rendait pendant la nuit... peut-être qu'il ne s'apercevrait de rien.
La main posée sur les portes coulissantes, prêt à sortir dans la nuit, Shiro hésita.
Et s'il se trompait ?
Si les survivants réagissaient mal en le voyant... s'il n'obtenait pas les réponses à ses questions, que se passerait-il ?
S'il était destiné à rester ici, dans cette dimension, au milieu de Deepground, sans jamais retourner un jour au monde des humains ?
Shiro ne le supporterait pas.
L'enfant aux cheveux blancs inhala, exhala.
Sa décision était prise.
Il ouvrit les portes coulissantes et pénétra à l'extérieur.
Shiro descendit les marches et, à pas de loups, il s'élança dans la forêt.
Alors qu'il s'enfonçait un peu plus dans les bois, Shiro aperçut une lumière au loin. L'enfant aux cheveux blancs poussa un discret soupir. Depuis la maison, il avait su repérer et donner une localisation approximative du campement des survivants.
Apparemment, il s'en approchait.
En bougeant, une branche craqua sous ses pieds. Par réflexe, il s'immobilisa.
Comment pouvait-il les aborder ?
Y aller silencieusement ou montrer sa présence ?
Il n'eut pas le temps de réfléchir davantage.
Derrière lui, il entendit des bruits de pas précipités qui s'alourdissaient au fur et à mesure que l'individu s'approchait.
Shiro se figea. Instantanément, il se retourna.
Une lumière rouge apparut devant ses yeux.
Il se rendit qu'il s'agissait d'une silhouette, qui était en train de lui foncer dessus, un revolver à la main.
L'un des survivants...
« Non ! » cria Shiro.
Tout de suite, il leva les mains en l'air. Il avait emmené son fleuret au cas où, mais il n'essaya pas de le saisir.
Mais la personne ne l'écouta pas. Par automatisme, il appuya sur la gâchette et tira sur Shiro.
Immédiatement, Shiro esquiva et se téléporta derrière lui. Avant même que son tir n'atteigne l'endroit où l'enfant se tenait quelques instants plus tôt, Shiro envoya un coup de pied dans son dos, le projetant à terre.
« Hé ! »
Affalé au sol, l'officier lâcha son arme. Shiro se précipita pour ramasser l'arme avant qu'il ne la récupère, pointant le pistolet sur la tête de l'officier.
L'officier se retourna, faisant face à l'enfant.
« Mais qu'est-ce que... »
L'homme qui était sur le point de riposter fixa silencieusement Shiro à travers son masque à gaz.
- ... Toi...
Shiro reconnut la voix.
Il poussa un soupir de soulagement. Par chance, il s'agissait du même officier qu'il avait rencontré chez lui. Ses doutes furent confirmés quand l'officier leva les mains en l'air, tremblant de tous ses membres.
La même attitude...
- Pitié ! Pitié ! Je vous jure que je ne vous avais pas reconnu ! Je vous en supplie, ne me tuez pas !
Shiro abaissa l'arme qu'il tenait.
Il recula de quelques pas, laissant l'officier se redresser. L'instant d'après, il s'était agenouillé devant Shiro, la tête rivée au sol.
Hein ?
Son attitude stupéfia Shiro. Il n'en avait pas l'habitude. Pourquoi s'agenouillait-il devant lui ?
- Pitié... je ne le savais pas. Ne me punissez pas, je vous en prie ! J'avais pour ordre de tirer à vue sur les intrus qui s'aventuraient dans le coin.
- Mais... je ne suis pas un intrus, lui répondit Shiro. J'habite ici. On s'est déjà rencontrés en plus. Là-haut. La maison.
- Bon sang... bon sang...
L'officier était complètement terrorisé. Il alignait à peine quelques mots.
- Je suis mort... mon heure est venue... vous allez le dire à l'Empereur. Vous allez le dire au Commandant. Ainsi soit-il. Je vais mourir, n'est-ce pas ?
- Mais... commença Shiro.
L'officier l'interrompit.
- J'ai toujours couru pour ma vie... mais maintenant, c'est fini. S'il vous plaît, si je dois mourir, autant que ce soit rapide. Appuyez sur la gâchette, dans ce cas.
Il rejeta la tête en arrière, comme s'il était prêt à recevoir le tir.
Shiro haussa un sourcil. Il était allumé, ce type.
- Mais ça ne va pas ? s'exclama Shiro tandis qu'il lui rendait l'arme. Je ne vais pas vous tirer dessus. Je ne vais pas vous punir.
- C'est ce que tout le monde ferait à Deepground pour une erreur. Non seulement, j'ai pénétré en terrain interdit, en me rendant là-haut, au domaine de l'Empereur. Et... j'aurais pu vous tuer par accident ! glapit l'officier. Mais c'est de votre faute, aussi ! Quel gamin s'aventurerait sur un champ de bataille ? On ne vous a pas dit que c'était dangereux par ici ? Pardon ! Je n'aurais pas dû dire ça ! Ne le dites pas à l'Empereur que je vous ai réprimandés ! Je ne suis qu'un simple officier qui lutte pour sa vie dans ce monde dangereux ! Je suis fidèle à Weiss !
Il parlait beaucoup...
Il avait si peur de Weiss que ça ?
L'officier demeura à genoux devant l'enfant. Shiro plaça ses mains sur les hanches, perplexe.
- Pourquoi vous vous agenouillez ?
- Mais... c'est évident, déglutit l'officier. Si vous habitez dans le domaine de l'Empereur, vous devez être quelqu'un de haut placé. Et... vous lui ressemblez tellement...
- Je suis son fils. Je m'appelle Shiro.
- Son... son...
L'officier se frappa le visage. A nouveau, il s'aplatit au sol, posant cette fois-ci les deux mains à plat dans la terre, pour montrer encore plus sa déférence.
- Mes excuses, votre Altesse ! Mes excuses ! Je vous en supplie ! J'accepterais le juste châtiment que vous souhaiterez m'infliger.
- Mais ça suffit ! s'énerva Shiro, las. Relevez-vous. D'ailleurs, c'est quoi votre nom ?
- Pitié ! geignit l'officier.
Il s'appelait « Pitié » ?
- Officier East, votre Altesse, se corrigea-t-il, faisant un salut de la main. Avé Weiss. Je suis un loyal soldat du Deepground et je donnerais volontiers ma vie pour la vôtre et celle de votre père, bien sûr.
- D'accord...
- Vous... vous allez me punir ? ne me faites pas souffrir trop longtemps. Mon corps ne tiendra pas, de toute manière.
Shiro poussa un léger soupir.
Bon... Il souhaitait réellement qu'il soit puni ? Il ne se calmerait pas s'il ne le faisait pas. Il tremblait tellement qu'il avait l'impression qu'il était en train de faire une attaque.
Autant commencer avec un seul officier, alors. Un seul... c'était déjà beaucoup pour cette nuit. Surtout si les autres étaient comme lui.
- Ok. Très bien. Je vais te punir, déclara-t-il, prenant une grosse voix menaçante.
Officier East poussa un gémissement terrifié.
- Pitié...
- Et ta punition, ce sera de m'accompagner au lac.
Les bras lui en tombèrent.
- Au... au lac ? répéta Officier East, l'incompréhension prenant le pas sur la peur.
Shiro lui adressa un petit sourire moqueur tandis qu'il tournait les talons, se dirigeant à petit pas vers la destination proposée.
Officier East se laissa tomber par terre. Shiro se retourna et réalisa rapidement que l'officier était tombé dans les pommes.
Il se frappa le visage, désespéré.
Ce n'était pas gagné.
« Bon. Vous vous êtes remis ? » lui demanda Shiro, agacé, une fois qu'ils furent assis sur un tronc d'arbre, à quelques mètres du rivage.
Officier East était recroquevillé sur lui-même. Manifestement, ce n'était pas le cas.
- Pardon, Sir. Mais... imaginez ce qui se serait passé si je vous avais tiré dessus ! L'Empereur Weiss ne vous avait pas interdit de vous aventurer dans ce coin ? Il y a des sessions d'entraînement et si un autre que moi vous avait tiré dessus dans le noir—
Shiro l'interrompit.
- Deux secondes. Il n'a pas dit qu'il avait un héritier ?
Officier East se raidit face à sa question.
Shiro le toisa, une expression amère sur son visage.
- Euh... disons que... il nous a formellement interdits de monter là-haut, dit-il en désignant la maison dans laquelle ils habitaient. Et... il a parlé de la présence d'un enfant en ces lieux. Il nous a strictement ordonné de ne pas vous approcher mais... il ne vous a pas... désigné... en tant que tel.
Super.
Shiro poussa un soupir. « Gagner sa place », hein ?
Ce n'était pas parce que Shiro était son héritier qu'il aurait un traitement de faveur. Weiss avait été clair à ce sujet.
Remarquant que l'expression de Shiro s'était assombri, l'officier East s'empressa d'ajouter, probablement pour noyer le poisson :
- Mais je suis sûr que beaucoup ont déjà fait le rapprochement ! Un enfant, habitant dans la maison de l'Empereur... Moi-même, j'ai compris quand je vous ai aperçus la première fois. Vous lui ressemblez tellement ! Les mêmes cheveux blancs, les mêmes yeux... L'Empereur ne peut pas vous renier. Vous êtes son portrait craché !
Ne m'appelle pas Papa.
- Si, chuchota Shiro, je crois qu'il peut me renier malgré tout.
- Ne dites pas ça. Et... imaginez ce que je risque, rien qu'à vous parler.
Shiro abaissa le regard, morose.
- C'est moi qui aie désobéi, le rassura l'enfant. Weiss... Enfin, Nero m'avait interdit de m'aventurer dans ce coin. Mais j'y suis allé quand même.
- Mais ça aurait pu être dangereux, Sir ! s'offusqua Officier East. Vous ne vous rendez pas compte qu'il s'agit d'une zone de guerre ?
Il y avait une légère réprimande dans son ton apeuré.
- Bof, grinça Shiro. Ce n'est pas la première fois que je me mets en danger, alors... une fois de plus, une fois de moins, je commence à en avoir l'habitude.
- Oh...
Officier East croisa les bras sur sa poitrine, songeur.
- Imaginez la peur que vous auriez pu infliger au Commandant ou à l'Empereur ? Cela ne vous a pas trotté l'esprit ?
- Je sais que Nero aurait peur.
Un bref silence tomba.
Officier East joignit ses mains, se penchant pour détailler l'enfant avec curiosité.
- Comment est-ce arrivé ?
- De quoi ? lui demanda Shiro.
- Oh, pardon, Sir ! Je pose trop de questions. Des questions qui ne devraient pas avoir lieu ! Punissez-moi comme il se doit !
- Vas-y, pose-la, l'invita Shiro. Cela fait du bien, de parler à de nouvelles têtes.
Officier East se redressa, détournant la tête.
Il paraissait...gêné par l'attitude de Shiro. Pourquoi ? Shiro était poli et patient avec lui.
- Je... je me demande comment c'est arrivé... Nous ne savions pas que Weiss attendait un héritier à Deepground.
- Il ne le savait pas non plus, lui répondit simplement Shiro. C'est Nero le Sable qui m'a trouvé quand j'avais cinq ans et qui a su que j'étais son fils. Il m'a emmené avec lui et il m'a élevé pendant trois ans. Weiss l'a su par la suite et on est venus ici. Tu connais la suite.
Officier East balaya l'horizon du regard, silencieux.
- C'est un très bel endroit, Sir. Beaucoup mieux que l'ancien Deepground... Nous y étions enfermés, sans possibilité de sortir de notre gré. Ici, nous pourrons prendre un nouveau départ.
- Oui... Je le sais. C'est ce que dit Nero.
- Vous ne paraissez pas convaincu, Sir... L'endroit ne vous plaît pas ?
Honnêtement ?
L'endroit était magnifique.
- ... Ce n'est pas ça. C'est juste que j'ai habité un temps dans le monde des humains. Et que tous ceux que j'ai fréquenté me manquent déjà.
- Le mal du pays ?
Shiro haussa les épaules, détaché.
Peut-être, oui.
Mais il y avait plus que ça en jeu.
- Je viens du monde des humains, s'empressa de répondre Officier East. Je vous comprends tout à fait. Quitter le monde des humains et venir à Deepground... il y a tout un processus à accomplir. Beaucoup de changement ! Mais aujourd'hui, regardez ! Je suis tellement ancré dedans que le monde des humains ne me tente même plus.
- Cela ne vous manque pas ?
- Pas du tout, Sir ! Vous vous y habituerez, je pense. C'est même certain !
Mouais...
Officier East disait cela pour consoler l'enfant. Mais ce n'était pas ce que Shiro souhaitait. Il voulait conserver les souvenirs de ce monde. Il voulait revoir ses amis.
Il n'y a pas d'amis à Deepground.
- ... J'aurais pu y rester avec ma mère, avoua Shiro à voix basse. Si elle avait accepté de me rencontrer... j'aurais peut-être pu rester plus longtemps dans le monde des humains.
- Elle vous manque, Sir ?
Shiro voulut répondre que non.
Mais à quoi cela servait de le cacher ?
Qui pouvait-il tromper ?
- ... Un peu.
- Ne vous inquiétez pas. Si vous êtes le fils de Weiss, vous ne devez pas manquer d'affection. Nero le Sable a dû s'en assurer.
Cela fit légèrement sourire Shiro.
- Oui, c'est vrai.
- Après tout, vous êtes comme votre père, commenta Officier East à voix haute. Lui aussi était intéressé par le monde extérieur, autrefois. Son but était de libérer Deepground d'un tyran et de faire en sorte que l'on accède à la surface. Vous êtes comme lui ! Et vous avez hérité de sa beauté !
- Hein ?
Shiro se retourna vers lui, perplexe. Officier East sursauta, agrippant son bâton tandis qu'il se recroquevillait sur lui-même, penaud.
- Je... je veux dire... pitié, ne le répétez pas à l'Empereur.
- Sous votre masque, je suis sûr que vos yeux brillent, fit Shiro, blasé. On dirait que vous êtes amoureux de lui.
- P-pas du tout !
Mes ses actions parlaient plus que les mots.
Cela donna à l'enfant une idée.
- Si vous l'appréciez tant, vous devriez pouvoir me conseiller sur la façon dont je pourrais l'aborder, finit par lui dire Shiro.
- Hein ? Sir, je ne veux pas d'ennuis !
Shiro leva les yeux au ciel.
- Non... Je veux dire que mon père ne me parle pas. Il est complètement inaccessible. Je sais que Nero s'attend à ce qu'on ait une relation, à ce qu'on passe du temps ensemble... Mais ses objectifs pour Deepground, son attitude... Je ne suis pas sûr de désirer tout cela.
- Vous savez, Sir...
Officier East déglutit avant de répondre :
- Votre père n'était pas accessible non plus à Deepground. Sauf pour les combats dans les arènes, la plupart du temps, il demeurait sous sédation, enchaîné à son trône.
Shiro fronça les sourcils à cette information.
Il était vrai que Nero lui parlait des traitements inhumains dont ils étaient victimes à Deepground...
- Je l'ai affronté une fois, fit Officier East. J'ai... remporté le combat en courant pour ma vie.
- Pourquoi cela ne m'étonne pas ? soupira Shiro.
- Mais... ce que je veux dire... c'est que... Nero a toujours été la seule personne qu'il aimait. Alors, avoir un enfant... il ne l'avait certainement pas prévu. Je ne suis pas certain de pouvoir vous aider sur la manière dont...Oh, je n'ai pas les mots.
- Avoir un minimum de relation avec mon père ? Alors qu'il me dit de ne pas l'appeler « Papa » ?
- Peut-être que c'est pour cette raison que votre mère vous manque, Sir ! Vous avez des soucis avec votre père et c'est beaucoup plus simple d'apprécier le parent absent que vous ne connaissez pas.
Shiro le dévisagea, ahuri.
- Pardon, Sir! s'excusa Officier East.
- Non, le coupa doucement Shiro. Non. Vous avez peut-être raison.
Après tout, il avait toujours voulu rencontrer son père et sa mère.
Passer des moments avec eux, comme une famille normale.
L'un contre l'autre, ils l'avaient déçu.
- Je veux simplement dire que... même s'il est légitime que votre mère vous manque, au moins, votre père ne vous a pas totalement rejeté. Même s'il vous voit avant tout comme son héritier... C'est déjà un signe, non ? Votre père est très froid, mais ne le prenez pas pour vous. Il est comme ça avec tout le monde.
Officier East inhala, exhala. Il essayait de se calmer, de paraître naturel. Etrangement, malgré son attitude de trouillard, il était facile de parler avec cet officier.
C'était plutôt une bonne chose.
- Vous devriez passer du temps avec lui, Sir. Vous pouvez vous entraîner ensemble, suggéra Officier East. Cela forgera les liens, avec un peu de chance.
- Même si je ne suis pas d'accord par rapport à Deepground ? l'interrogea Shiro avec curiosité. Vous pensez que cela a des chances de fonctionner ?
Derrière tout cela, il y avait toujours cet enjeu...
Il y avait toujours Deepground.
- Vous n'avez pas essayé, lui rappela East. Vous ne pouvez pas dire que cela ne fonctionnera pas si vous ne faites pas le premier pas.
- Hm.
Shiro leva la tête vers le ciel.
Peut-être devrait-il faire plus, effectivement...
Il était clair qu'en restant dans son coin, la situation ne changerait pas.
- Je vais essayer, acquiesça Shiro.
- Bravo, Sir ! Il s'agit de la bonne décision !
Officier East lui adressa un pouce en l'air. Sa réaction arracha un sourire à l'enfant et l'Officier East abaissa le bras, posant son bâton sur ses genoux.
- C'est mieux de vous voir comme ça, Sir.
- Merci en tout cas.
L'officier sursauta.
- M-merci ? bredouilla-t-il, ahuri.
- C'est ce qu'on dit aux gens qui nous aident, non ?
Apparemment, Officier East ne comprenait pas ce concept.
- Personne ne m'a jamais dit merci...
Shiro le considéra avec compassion.
Si c'était le cas, c'était triste.
- Comment oses-tu ?
Une voix provenant de derrière eux les sortit immédiatement de leur torpeur. Tout de suite, Officier East et Shiro se retournèrent d'un bloc vers les bois.
Un nuage de ténèbres se matérialisa, laissant transparaître la silhouette de Nero. Shiro sursauta en le voyant tandis qu'immédiatement, Officier East bondit du tronc pour se planquer derrière l'enfant, serrant son bâton dans les mains comme s'il s'agissait d'une bouée de sauvetage.
Furieux, le Tsviet sombre s'avança d'un pas lent dans leur direction.
- Papa Nero... attends...
- Comment oses-tu t'approcher de lui ? gronda Nero en s'adressant à l'Officier East.
Officier East joignit les mains, comme pour prier.
- La prière ne te sauvera pas.
Shiro se redressa et tendit le bras vers lui, essayant de lui expliquer cette étrange situation.
- Attends, Papa Nero... ce n'est pas ce que tu crois.
- On leur avait interdit de s'approcher de toi. On leur avait interdit de venir ici, répliqua Nero, la mâchoire serrée, sans cesser d'avancer vers eux. Toi, sors de là et viens m'affronter.
- Pitié, Sir...
Shiro soupira.
Il allait devoir désamorcer la situation...
Il ne souhaitait pas qu'Officier East soit puni.
- C'est moi qui suis venu, lui assura Shiro. Je suis le seul à blâmer. J'ai quitté ma chambre pour rejoindre leur campement. J'ai demandé à Officier East de m'accompagner.
L'expression enragée de Nero ne changea pas.
- Oui, j'ai vu. J'ai vu que tu étais sorti en douce, dit-il avant de lui fit apparaître des ténèbres sa peluche de Moogle brossée du balai serpillère qu'il avait enfoui sous les draps pour faire croire que c'était lui qu'il dormait.
Shiro baissa la tête, honteux.
- Tu continues encore et encore à me désobéir, siffla Nero, agacé. A nous désobéir. Ce n'est pas possible. Tu ne changeras donc jamais ?
- Sir... commença Officier East.
- Qui t'a donné l'autorisation de parler à ton Commandant ? lui adressa-t-il, le ton froid.
Officier East s'affala, cherchant à paraître beaucoup plus petit que Shiro pour pouvoir disparaître derrière lui.
- Je voulais juste les rencontrer, déclara Shiro. Les survivants. Après tout, Weiss me dit que je suis son héritier. C'est légitime que je rencontre les soldats, non ?
- Tu aurais pu te faire tirer dessus ou pire, cracha Nero. Surtout qu'on leur a donné l'ordre de tirer à vue sur les intrus.
- C'est exactement ce que je lui ai dit ! répondit East. Un enfant ne doit pas se balader tout seul sur un champ de bataille !
Nero dériva son regard vers lui, un peu surpris par son intervention.
Shiro soupira.
- Je sais. J'ai désobéi mais regarde. Cela s'est bien passé. East ne m'a fait aucun mal. Je ne suis même pas blessé. On a même créé des liens.
- Peu importe. Ton père ne sera pas content de savoir que tu lui as désobéi, Shiro.
- Il refuse que je l'appelle Papa, répliqua Shiro, le ton sombre.
Le visage de Nero se décomposa.
Il fit disparaître les jouets de Shiro dans les ténèbres avant de laisser les bras tomber le long de son corps. Il avait l'air abattu.
- Sir... ? intervint East, d'une petite voix.
- ... Officier. Retourne dans ton campement et restes-y.
Sa réponse parut surprendre East. Shiro devina pourquoi. Il avait cru que Nero le tuerait pour avoir parlé à Shiro.
- Tout de suite, Sir !
Il s'inclina avec empressement. Alors qu'il s'éloignait, Nero ajouta, le ton menaçant :
- Si Shiro est terrifié à cause de ce que tu as pu dire ou faire, je te jure que je t'anéantis.
East s'inclina une nouvelle fois avant de filer dans les bois, laissant Shiro seul avec son oncle.
Nero finit par se diriger vers le tronc pour s'asseoir à côté de Shiro. Il fixa le lac d'un air vague.
- Je suis désolé. Mais... Il était sympa. L'officier East, le rassura Shiro. Ne t'inquiète pas. Il ne m'a fait aucun mal.
Le Tsviet sombre lui adressa un coup d'œil oblique.
- ... Tu as raison, finit-il par admettre. Tu es l'héritier de Weiss. C'est légitime que tu rencontres les soldats qui te serviront un jour.
- Donc, tu ne m'en veux pas ?
Nero ferma les yeux, avant de secouer la tête.
- Je ne dirais pas à Weiss que tu es sorti. Mais... je ne veux pas que tu t'embarrasses avec cette question d'héritage, de reprise de flambeau. Pas maintenant, en tout cas. Avant de devenir l'héritier de Weiss, j'aimerais que tu profites encore un peu de cette innocence que tu as... si tenté que tu l'aies encore après tout cela.
Shiro fronça les sourcils à cette déclaration.
- ... Tu voulais que je devienne son héritier. Que je reprenne le flambeau de Deepground. Tu le disais tout le temps, quand on le cherchait.
- C'est vrai. Je le pensais aussi.
Il marqua une pause, avant de compléter :
- Mais maintenant, j'ai surtout envie que tu deviennes son fils. Pas son héritier. Son fils. Je préférerais que vous passiez plus de temps ensemble, même si Deepground devient secondaire. Je pensais que cela se produirait naturellement, mais manifestement, vous avez besoin de temps tous les deux.
Shiro se rapprocha de son oncle, posant la tête contre son épaule.
- Je sais qu'on t'a imposé cette nouvelle vie, Shiro. Je sais que je t'ai demandé de lui donner une chance.
- Tu sais que ma place est dans le monde des humains, Papa Nero. Ma place est avec eux.
Nero le regarda tristement.
- Ta place est avec ta famille, Shiro. Et j'aimerais vraiment qu'on devienne cette famille.
- Mais Weiss n'est intéressé que par Deepground.
- Non, ce n'est pas vrai.
- Je ne me sens pas à ma place.
Shiro remarqua les poignets de son oncle trembler. Cela fut bref. Mais cela ne lui avait pas échappé.
- Et toi non plus, tu n'as pas l'air heureux, Papa Nero. Tu es triste. Je le sens.
Nero inhala l'air, reprenant son calme.
- Il a besoin de temps. Il a besoin de temps avant de comprendre que les choses ont changé. Laisse-lui une chance, Shiro.
Laisse-lui une chance...
Nero partageait le même avis que East.
C'était à lui de venir à Weiss.
- D'accord, approuva Shiro tandis que Nero se levait.
- Il te protégera.
Shiro le suivit, les deux prenant le chemin pour rentrer à la maison.
- Dis-toi simplement qu'il te protégera, Shiro. Même s'il ne montre rien. Il l'a toujours fait pour moi.
Shiro opina du chef avant de prendre la main de son oncle qui la serra dans la sienne.
- Mais promets-moi que tu nous avertiras à l'avenir, si tu souhaites rencontrer les soldats.
- C'est promis, Papa Nero.
Le soleil était déjà haut dans le ciel quand Shiro sortit de sa chambre, refermant les portes coulissantes derrière lui.
Sur la terrasse, Weiss était déjà en train de s'entraîner.
Il le faisait tous les matins, à des horaires variés. Doucement, Shiro s'avança pour s'asseoir, observant l'Empereur effectuer des enchaînements défensifs avec « Terre ».
C'était à lui de venir à Weiss.
Shiro ouvrit la bouche avant de la refermer.
Weiss ne l'avait même pas remarqué. Il continuait de poursuivre son ouvrage.
Il avait envie de venir, s'entraîner à ses côtés. Lui montrer des mouvements appris avec son fleuret.
Mais quelque chose l'immobilisait, l'empêchait de s'approcher.
Et s'il le dérangeait encore ? Comme la dernière fois ?
Il choisit d'abandonner. Il se leva de son emplacement et était sur le point de revenir à sa chambre quand la voix de Weiss s'éleva, de manière inattendue :
« Tu aimerais que je te montre comment on utilise une gunblade ? »
Shiro se retourna.
Essoufflé, Weiss avait planté « Terre » dans le sol. Son regard ne se détachait pas de lui.
- Cela aurait pu être ta première arme. Tu souhaites que je t'en apprenne les bases ?
Shiro cligna des yeux.
Finalement, c'était Weiss qui venait à lui.
- ... Oui, accepta-t-il d'une petite voix.
- Alors, viens.
