OOC : Bonjour à tous. Voici un nouveau chapitre. J'espère que ça vous plaira. Bonne lecture !
Warning: inceste, scène suggestive.
« Non. Pas comme ça. Je te l'ai déjà répété plusieurs fois. Les gunblades se tiennent d'une autre manière. »
Weiss se plaça derrière Shiro et s'abaissa pour poser ses fortes mains sur ses poignets, corrigeant sa posture.
Shiro le savait. Il savait que les gunblades n'étaient en rien similaires au fleuret qu'il utilisait quotidiennement. Il essayait de s'appliquer, mais pour une raison inconnue, il continuait de répéter des erreurs bêtes. La manière dont il tenait l'arme, la manière d'effectuer un enchaînement...
Et Weiss s'en rendait compte. Il ne manquait pas de le lui faire savoir. Le ton agacé, il lui demanda.
« Est-ce que Nero doit te répéter à chaque fois les mêmes choses quand vous vous entraînez ensemble ? A moins que tu n'écoutes pas. A Deepground, on t'aurait mangé vivant. »
Shiro se maudissait. Lui qui avait voulu faire un pas vers lui, il avait l'impression de tout gâcher par ses erreurs.
Surtout que Weiss le considérait comme son héritier... du moins, le prétendait-il.
Intérieurement, il se demandait même si Weiss était ravi d'être là, avec lui, à lui apprendre cette leçon.
Après tout, c'était lui qui le lui avait proposé...
Weiss finit par se redresser. Il tendit la main vers Shiro.
- Rends-les-moi. C'est assez pour aujourd'hui.
Shiro baissa la tête et les rendit à Weiss. L'Empereur les récupéra et les rangea dans leurs fourreaux, avant de s'asseoir sur les marches des escaliers de la maison pour reprendre son souffle. L'enfant resta à son emplacement, hésitant à le rejoindre. Il avait peur de se prendre de nouveaux reproches.
Peut-être devrait-il retourner dans sa chambre et se faire oublier ?
Weiss releva la tête vers lui. L'air détaché, il lui adressa :
- A Deepground, il fallait que tu sortes de ta zone de confort. C'est la même chose ici, si tu souhaites y gagner ta place.
Shiro soupira tristement.
Oui. Cette phrase « gagner sa place » continuerait de le poursuivre à chacun de ses échanges avec lui.
- Oui, je sais, finit-il par répondre. Papa Nero... il me dit la même chose. Il me dit à chaque fois que je dois apprendre à utiliser tout type d'arme. Avant, je préférais utiliser les armes à feu.
- ... « Papa » Nero... répéta-t-il, songeur.
Que pouvait-il faire d'autre ?
Weiss lui avait clairement dit qu'il ne souhaitait pas qu'il l'appelle papa.
Malgré tout, Shiro garda ses pensées pour lui. A chaque fois qu'il posait son regard sur celui qui devait être son père, les mots se noyaient dans sa gorge.
Weiss avait cette aura... On ne lui refusait rien et on ne le critiquait pas.
L'Empereur croisa les bras sur sa poitrine, pensif.
- Je dois avouer que j'ai encore du mal à m'y habituer.
Shiro fronça les sourcils à cette remarque.
Il avait du mal à s'habituer à sa présence ? Au fait qu'il avait un fils ?
Weiss remarqua son changement d'expression et précisa.
- Voir Nero être aussi protecteur envers quelqu'un d'autre. Il a toujours été quelqu'un de froid, de distant envers les autres. Alors... je ne sais pas ce que tu as fait, mais il s'est pris d'affection pour toi.
Oh...
Peut-être pouvaient-ils aborder un sujet qu'ils connaissaient tous les deux ?
Shiro s'assit par terre, faisant face à Weiss.
- Au début, c'était par rapport au fait qu'on se ressemblait. Parce que j'étais ton fils... enfin. Votre héritier.
Weiss émit un sourire pincé à cette réponse.
Il n'avait pas l'air ravi.
- Cela ne m'étonne pas de lui.
- Mais... par la suite, on a passé trois ans ensemble. On était seuls dans la même dimension, à vivre par nous-mêmes.
Shiro prit une inspiration pour se calmer. Sa voix commençait à trembler et montait dans les aigües.
- Je l'appelle « Papa Nero » parce qu'il a refusé que je l'appelle « papa ». Il ne souhaitait pas prendre ta place, lui avoua Shiro. Il attendait ton retour.
Toujours cette expression indéchiffrable...
Weiss se pencha en avant, s'accoudant sur un genou tandis qu'il fixait le vide.
- Le connaissant, tu n'as dû manquer de rien.
Il marqua un temps avant de le toiser.
- Il a dû te protéger beaucoup. Cela se voit, quand je vous vois ensemble.
- Oh...
Shiro ne sut pas ce qui lui prit.
Mais il avait l'impression que Weiss lui tendait une perche. Ainsi, sa réponse fut instantanée.
- Il est parfois un peu trop surprotecteur.
Contre toute attente, cela fit glousser Weiss.
- Cela ne m'étonne pas. Il l'était déjà envers moi, à Deepground.
Il s'agissait de la première fois qu'il le voyait rire.
Peut-être qu'il y avait quelque chose qui s'amorçait... un signe que Shiro devait continuer dans cette voie...
- Il refusait que je quitte la dimension, avoua Shiro.
- Il refusait que je quitte son champ de vision, répliqua Weiss en se redressant. Enfin... quand on était autorisés à rester ensemble.
- Quand j'essayais de lui désobéir, il me rattrapait tout de suite.
- Tu lui désobéissais ?
Shiro se recroquevilla.
- ... Oui. Je voulais sortir. Découvrir le monde extérieur.
Weiss haussa un sourcil à cette remarque. Cette réaction dissuada immédiatement Shiro d'en dire plus.
Etait-il allé trop loin ?
Est-ce qu'il allait le critiquer parce qu'il désobéissait ?
La veille encore, il avait désobéi. Il était parti rejoindre le campement des survivants. Est-ce que Nero avait changé d'avis et avait fini par le dire à Weiss ?
Si Weiss était au courant, comment réagirait-il ?
- ... C'est une attitude que je peux comprendre, finit par déclarer Weiss. Moi aussi, quand je le pouvais encore, j'étais du genre à entraver les règles à Deepground. Mon objectif était de monter à la surface.
Shiro ne put s'empêcher de repenser aux mots de East.
Lui aussi était intéressé par le monde extérieur, autrefois. Son but était de libérer Deepground d'un tyran et de faire en sorte que l'on accède à la surface.
Mais alors que Shiro souhaitait l'interroger pour qu'ils poursuivent sur cette voie, que Weiss lui en dise plus à ce propos, l'Empereur changea de sujet.
- Et sinon... A part ne pas écouter les consignes, à part forcer les autres à réexpliquer plusieurs fois la manière dont tu dois tenir une gunblade... Qu'est-ce que tu peux faire ?
L'enfant ne comprit pas.
- Il y a-t-il quelque chose que tu sais faire ? Ou autrement... que tu aimes faire ? le questionna Weiss, son regard froid rivé sur Shiro.
Ce qu'il savait faire ?
Ce qu'il aimait faire ?
Shiro se remit debout. Il s'adressa à Weiss, sans essayer de camoufler sa gêne.
- ... J'aime bien dessiner en écoutant de la musique.
Le commentaire de Weiss fut immédiat.
- Eh bé. On dirait que tu passes la plupart de ton temps à te divertir.
Encore une fois, cela heurta l'enfant.
- A Deepground, tout cela était secondaire, avoua Weiss, amer. Tu pouvais te divertir de beaucoup de manières... mais de ce que me disaient les gens qui venaient de la surface, tu perdais le luxe que t'accordait le monde des humains que tu affectionnes tant. Je ne vois pas comment tu aurais pu tenir un jour à Deepground avec cette mentalité.
Il avait l'impression que tout ce que faisait Shiro décevait Weiss.
Ou que rien de ce qu'il faisait n'était bien...
La vision de Shiro s'embua. La gorge nouée, il laissa les cheveux lui cacher le visage.
- C'est ce que j'aime faire.
- Mes félicitations. Je suis ravi pour toi, grinça Weiss alors qu'il se remettait debout.
Shiro sentit ses poings se serrer avant de se desserrer.
Laisse-lui une chance.
Il devait garder son calme.
- Tu as déjà essayé ? l'interpella Shiro avant même que Weiss ne quitte la terrasse.
L'Empereur de Deepground s'arrêta net.
Il allait le regretter, pensa Shiro. Il allait regretter d'avoir osé poser cette question.
- Ecouter de la musique, du moins ? Tu en as déjà écouté ?
Weiss lui jeta un coup d'œil par-dessus son épaule, intrigué.
- Pas vraiment. Ou très peu. Cela arrivait que les scientifiques jouaient de la musique quand ils faisaient ces expériences sur nous. Je ne vois pas en quoi c'est si génial et si intéressant.
Shiro effectua un pas.
Peu importe, il était lancé...
- Est-ce que je peux te montrer ?
Weiss lui fit face, incrédule.
- Je possède tout un répertoire de disques. C'est un de mes amis, Denzel, qui me les as prêtés durant... notre séjour dans le monde des humains, lui avoua Shiro. Je m'en sers pour dessiner. Je peux te le montrer, si tu le désires.
- Crois-moi, lui répondit Weiss, le ton sourd, je doute que ce qui te sert de divertissement me plaise. Encore plus si cela provient de l'un de tes amis « humains ».
A nouveau, l'enfant se tendit.
Non. Il ne devait pas abandonner.
- Juste... te faire écouter ? insista Shiro.
- Je n'en ai pas envie.
- C'est juste pour... essayer.
Le silence tomba entre eux. Weiss laissa les bras tomber le long de son corps. Il dévisagea Shiro, amer.
Il avait juste à accepter. C'était tout ce que désirait l'enfant.
Weiss se contenta de pousser un long, profond soupir.
- ... Tu ne me lâcheras pas tant que je n'aurais pas dit « oui », n'est-ce pas ? Ce n'est vraiment pas comme ça que tu vas gagner ta place.
- Cela ne durera pas longtemps.
Shiro lui désigna sa chambre d'un geste de la main, l'invitant à le suivre.
Weiss demeura immobile quelques instants, comme s'il hésitait. Finalement, au plus grand bonheur de Shiro, il lui emboîta le pas, abdiquant.
- Deux minutes, l'avertit Weiss. On m'attend au campement.
- Très bien.
Shiro écarta les portes coulissantes de sa chambre, permettant à Weiss de rentrer à l'intérieur. Alors que Weiss restait debout, dans l'entrebâillement de la chambre, Shiro se rua son baladeur et le petit sac contenant les disques que lui avait prêté Denzel un jour, tandis qu'ils revenaient de l'école.
Ce baladeur... il l'avait acheté la première fois qu'il s'était rendu dans le monde des humains... dans le train qui le conduisait à Edge...
Il s'en souvenait encore... les premières musiques qu'il avait écouté avaient été l'univers de Junon...
Il n'aurait pas imaginé qu'il le montrerait un jour à Weiss...
Shiro choisit un CD contenant des compositions plutôt calmes. Il le plaça dans le baladeur avant de refermer le boîtier. A côté, Weiss montrait des signes d'impatience.
- Shiro...
- Oui.
Branchant les écouteurs, Shiro vérifia que la musique jouait.
Sans faire attendre Weiss plus longtemps, Shiro s'avança vers l'Empereur, lui tendant les écouteurs.
Weiss le récupéra du bout des doigts et le plaça dans son oreille tandis que Shiro augmentait le son.
Le silence tomba.
Plus personne ne prononçait un mot.
Une minute passa...
Puis, deux minutes.
Enfin, trois minutes.
Weiss ne retira pas l'écouteur. Il ne mit pas un terme à l'échange. Il ne fit aucun commentaire sur la composition qui jouait. Il ne disait pas que c'était sans intérêt, qu'il perdait son temps...
Non... Il écouta la musique jusqu'au bout.
Tout du long, Shiro l'observa. Quand bien même son visage ne trahissait aucune émotion, aucune de ses pensées, l'enfant espérait que ses actions parlent plus que des mots.
Que c'était bon signe.
Lorsque la musique se termina enfin, Weiss retira l'écouteur de son oreille et le rendit à Shiro. Il ne prononça pas un mot.
Shiro leva la tête vers lui.
- ... Alors ? lui demanda-t-il d'une petite voix.
Weiss ouvrit la bouche pour dire quelque chose, avant de se raviser.
Il se contenta de hausser les épaules.
- C'est vrai que ce n'était pas mal.
- Vraiment ? s'exclama Shiro, une lueur s'allumant dans ses yeux.
Un seul regard de l'Empereur le dissuada de dire davantage.
- Je veux dire... ce n'était pas mal, déclara Weiss. Mais tu ne pouvais pas me demander de me concentrer sur la musique à Deepground, alors qu'on disséquait nos corps pour une expérience « révolutionnaire ».
Le visage de Shiro se décomposa à cette réponse.
- Ici, c'est un autre contexte. Il n'y a plus d'expérience, ajouta Weiss alors qu'il se préparait à quitter la chambre de Shiro.
- J'en ai d'autres que tu apprécieras peut-être plus.
- Shiro. Je n'ai pas le temps.
- Mais si tu pouvais—
- J'ai dit non ! Et tu ne me donnes pas d'ordre !
Le ton de Weiss avait brusquement monté. Cette fois-ci, la colère était apparente dans ses yeux. Pris au dépourvu, l'enfant sursauta. Au même moment, le baladeur, que Shiro tenait par les écouteurs, se détacha brusquement et tomba lourdement au sol.
La chute avait causé un léger fracas. Incapable de bouger, les mains tremblantes, Shiro baissa la tête, ses yeux rivés sur le baladeur à ses pieds.
Shiro avait seulement voulu lui montrer.
Weiss n'en avait écouté qu'une... Il ne pourrait pas comprendre pourquoi Shiro aimait tant ce « divertissement » avec une seule musique.
Il avait essayé de faire ce geste envers Weiss et il avait lamentablement échoué...
Il avait envie de pleurer.
Comment cela pouvait-il marcher ?
- ... Shiro.
Weiss s'était avancé vers lui. Shiro n'osait pas affronter son regard. Il ne voulait pas essuyer une critique de plus.
De manière inattendue, Weiss se baissa pour ramasser le baladeur. Il lui tendit d'une main ferme.
L'écran s'était fissuré. Hésitant, Shiro le récupéra et appuya sur les boutons pour le redémarrer.
Rien ne s'afficha.
Non... il n'était quand même pas cassé ?
- Passe, lui ordonna Weiss, qui observait par-dessus son épaule.
Shiro le lui tendit. Weiss réitéra le geste de Shiro, essayant de l'allumer. Mais l'écran resta figé. Il observa par terre, au cas où il y aurait des pièces détachées.
Rien.
- ... Désolé, s'excusa Shiro.
- Tu es un peu maladroit, n'est-ce pas ?
Mais il n'y avait aucune critique dans son ton.
Contrairement aux fois précédentes, il y avait... une forme d'inquiétude dans son ton.
Ou peut-être que Shiro voyait seulement ce qu'il souhaiterait voir.
- Ce n'est pas le rôle des soldats. Je ne les ai pas recrutés pour ça mais il y a peut-être quelqu'un au campement qui saurait le réparer, envisagea Weiss, songeur.
Shiro se retourna vers lui, abasourdi.
- S'ils n'y arrivent pas, je le ferais moi-même. Ou je demanderais à ce qu'on t'en trouve un autre, fit Weiss en se redressant.
- C'est...
Shiro ne compléta pas sa phrase.
Son baladeur était spécial... l'un des premiers objets qu'il avait collecté du monde extérieur...
Mais Weiss semblait vouloir résoudre le problème. Alors, Shiro ne fit aucun commentaire.
- ... D'accord, répondit-il, le ton à peine audible.
Weiss rangea le baladeur dans sa veste.
Quelqu'un au campement...
Une idée germa dans l'esprit de l'enfant. Weiss était sur le point de quitter sa chambre. Shiro l'interpella avant qu'il ne disparaisse complètement :
- Tu pourras m'emmener au campement ? Un de ces jours ?
Sa requête fut accueillie par un froncement de sourcil.
- ... Nero n'est pas d'accord pour que tu y ailles. Il dit que tu es trop jeune.
- Je pense qu'il changera d'avis, répondit simplement Shiro.
- Et pourquoi souhaiterais-tu y aller ?
Shiro prit une inspiration.
J'ai surtout envie que tu deviennes son fils. Pas son héritier. Son fils. Je préférerais que vous passiez plus de temps ensemble, même si Deepground devient secondaire.
- Tu as dit que je dois gagner ma place. Je ne la gagnerais pas si je reste ici, à l'écart. Et puis... si je suis ton héritier, je dois apprendre à connaître les survivants.
Weiss haussa un sourcil à cette remarque.
Cela parut... le surprendre. Dans le sens positif du terme.
- Il faut que j'en parle à Nero. Je vais y réfléchir.
Il avait l'impression qu'à l'heure actuelle, Weiss considérait aussi que Nero était le seul père de Shiro. Et que Weiss, lui-même, n'était qu'un étranger qui devait demander l'autorisation à son père pour l'emmener au campement.
Peut-être était-ce réellement le cas.
Shiro opina du chef.
- D'accord. A ce soir.
Weiss lui tourna le dos.
- A ce soir, lui répondit-il à titre de « au revoir ».
Quand Shiro retourna à la terrasse, Weiss avait déjà disparu dans la forêt.
Le soir venu, Nero rentra du campement des survivants et se dirigea vers la chambre de Weiss. Les rapports n'étaient pas bons. Les survivants de Deepground avaient délimité et ratissé les périmètres phares lorsqu'ils avaient attaqué Midgar, il y a trois ans.
Rien n'en restait. Ils avaient pu seulement ramener quelques armes encore performantes, mais pas de signe de survivants ou de potentielles recrues qu'ils pouvaient user à leur avantage.
Nero poussa un soupir. Il avait envie de blâmer l'incompétence des soldats. Même à Deepground, les exécutions à titre d'exemple parce que les missions n'avançaient pas étaient récurrentes. Mais aujourd'hui, ils ne pouvaient plus se le permettre. Et il savait très bien qu'il y avait plus que la mollesse des soldats qui était en jeu.
Il fallait recruter plus de monde.
Recréer un Empire tombé en ruines n'était pas simple.
Réprimant un soupir, Nero écarta les portes coulissantes. Il fut accueilli par le lit Queen-size qu'ils avaient récupéré de l'ancienne chambre de Restrictor, qui était devenue par la suite celle de Weiss l'Immaculé. Au-delà de ce lit, d'autres matériaux avaient été collectés quand Nero avait quitté la dimension pour revenir au monde extérieur. La chambre de l'Empereur avait été rapidement remplie, contrairement à leurs premiers jours ici. Même les futons avaient été retirés.
Assis à un bureau de bois blanc, Weiss lui tournait le dos. Il était penché sur quelque chose, un ouvrage qui quémandait toute son attention. Debout dans l'entrebâillement, Nero le contemplait tristement.
Ce n'était plus sa chambre.
Depuis la fois où Weiss avait fait un cauchemar, depuis la fois où ils avaient partagé un bain au lac, Weiss n'avait pas eu besoin de dire à Nero qu'il ne souhaitait plus qu'ils partagent un même espace pour dormir. Nero avait accompli sa volonté et avait déménagé ailleurs, dans une autre chambre toute aussi luxueuse.
Mais il n'en était pas satisfait.
Il lui manquait quelque chose d'important.
Qu'est-ce qu'il avait fait de mal ?
Cela le blessait énormément de voir son frère adoré prendre des distances par rapport à lui. Le pire était qu'il ne lui avait donné aucune explication. C'était ce qu'il lui causait même le plus de mal.
Alors qu'ils avaient été si proches, auparavant...
Comme Weiss ne l'avait toujours pas remarqué, Nero décida d'agir, élevant la voix :
« Que fais-tu ? »
Weiss se retourna vers Nero. Il paraissait... exténué. Tandis que Nero s'approchait, Weiss s'écarta du bureau. Son cadet remarqua qu'il tenait un outil à la main.
- ... Shiro a cassé son baladeur, soupira Weiss en balançant le tournevis sur le bureau, à bout de patience.
Nero écarquilla les yeux, stupéfait.
- Comment ça se fait ? Il adore ce baladeur...
Weiss ne répondit pas. Il s'accouda sur le bureau, las.
- Tu étais en train de le réparer ? Pourquoi ? s'empressa de l'interroger Nero alors qu'il observait l'ouvrage de Weiss par-dessus son épaule.
Weiss haussa les épaules.
- Parce que nos soldats sont incompétents, manifestement. Ils savent réparer des canons, mais pas des baladeurs qui appartiennent à un gosse de huit ans. Cherche l'erreur.
Nero plissa les yeux en remarquant les pièces éparpillées partout sur le bureau de Weiss. Apparemment, lui non plus n'y arrivait pas.
Mais le fait qu'il essaie lui fit chaud au cœur.
- Tu vas y arriver, dit Nero alors qu'il se penchait vers lui. Tu n'as jamais abandonné.
- C'est juste une petite chose, soupira Weiss. On peut très facilement lui en chercher un autre.
- C'est celui-ci qu'il chérit. Et même si c'est une petite chose, tu n'as jamais abandonné.
Nero croisa les bras sur sa poitrine, un léger sourire sur son visage tandis qu'un doux souvenir remontait à la surface.
- Le premier canon que j'ai tenu. L'arme s'est enrayée dès les premières séances. A l'époque, je ne savais pas du tout quoi faire. Je croyais que Restrictor allait me punir parce que j'avais cassé l'arme. Tu t'en souviens ?
Weiss s'arrêta dans son geste.
Nero devina un discret sourire sur son visage.
Il s'en souvenait.
- Tu avais passé toute une après-midi à essayer de résoudre le problème. A l'époque, Argento n'était pas encore là, mais cela ne t'a pas empêché de réparer l'arme de tes propres mains. Le lendemain, elle était opérationnelle pour l'entraînement dans le Simulateur.
- Tu avais peur, lui répondit Weiss. Il s'agissait de mon rôle, de te rassurer.
- De me protéger.
Nero s'écarta tandis que Weiss se leva du bureau. Il lui fit face, un air inexpressif sur son visage.
- Mais ici, il n'y a pas Restrictor.
- Le concept est le même, lui répondit Nero, le ton léger.
- Je ne le pense pas.
- Tu as passé du temps avec lui aujourd'hui, devina Nero, ne cachant pas la joie qui lui anima le visage.
Mais son frère ne la partageait pas.
Weiss se passa une main sur son visage. Il paraissait si désemparé.
- Il souhaite m'accompagner au campement.
Cela surprit Nero. Il releva la tête vers Weiss, interrogateur.
- Ce n'est pas moi qui lui aie demandé, ajouta Weiss avant que Nero ne lui pose la question. Il me l'a proposé.
Promets-moi que tu nous avertiras à l'avenir, si tu souhaites rencontrer les soldats.
- Et que lui as-tu dit ? lui demanda Nero, d'une petite voix.
- Que j'allais réfléchir. J'allais t'en parler.
Nero baissa la tête à cette réponse.
L'enfant lui disait que sa place se trouvait au monde des humains.
En dépit de tout cela, Shiro prenait à cœur son rôle en tant qu'héritier de Weiss...
Nero devrait être ravi, mais... il aurait aimé que Shiro réfléchisse davantage à leur conversation.
Est-ce que cela le rendait vraiment heureux ?
- Si c'est ce qu'il souhaite, finit-il par répondre à contrecœur. Il semble ouvert à l'idée de découvrir ton monde, cher Weiss.
- Donc, tu n'es pas contre ?
- Tu es son père. C'est à toi de le décider.
Le visage de Weiss s'assombrit à cette idée.
Il se détourna de son cadet, raide.
- On sait toi et moi que si quelqu'un est son père ici, ce n'est pas moi. D'où la raison pour laquelle je t'en parle.
- Weiss...
Les mots de Nero se noyèrent dans sa gorge.
- Même si on est liés comme tels, tu le connais mieux que moi, fit Weiss alors qu'il s'asseyait sur le lit, épuisé.
- Tu n'as même pas essayé, lui rétorqua Nero, attristé. On a attendu que tu rentres. Je t'ai gardé la place au chaud, le temps que tu reviennes pour assumer ton rôle en tant que tel.
- De la même manière que tu as gardé ma place de leader au chaud à Deepground ?
Oh non...
Ils n'allaient pas avoir cette conversation... Pas encore.
- ... Tu as tellement changé, mon frère, constata Nero. Avant, tu étais si confiant, si sûr de toi. Avant... on était si proches, toi et moi.
Weiss baissa la tête.
Il espérait qu'il comprenne le message.
Nero finit par soupirer. Sans un mot, il s'approcha de Weiss. Il s'assit sur le lit, à côté de lui, son regard rivé sur le mur devant eux.
- Je n'ai pas été un parfait parent de substitution, Weiss.
- Je n'ai jamais dit que tu devais être un parent de substitution, Nero. Je dis juste que tu es plus apte que moi à ce rôle.
Il marqua un temps avant d'ajouter :
- Je ne t'en ai jamais voulu. Je ne t'en veux pas s'il t'appelle « Papa Nero ». C'est la suite logique. Tu as été là pour lui, il a été là pour toi quand moi, je n'étais pas là.
- Il n'empêche que j'ai échoué lamentablement à ce rôle, répondit Nero en s'accoudant sur son genou.
Weiss se tourna vers lui, perplexe. Silencieux, il l'invita à continuer.
- J'ai commis... des tas et des tas d'erreurs, fit Nero. Je l'ai enfermé seul, dans cette dimension. Je disais que c'était notre maison, mais c'était une prison. Une prison pour l'empêcher d'accéder au monde extérieur. C'était... le même principe que la prison dans laquelle nous enfermait Restrictor. Je l'ai mis en danger. J'ai commis les mêmes erreurs que lorsque j'étais à Deepground.
Il repensait encore aux souvenirs...
A tout ce que Charon lui avait montré...
- Tu as tort de te comparer à Restrictor, Nero. Je ne pense pas que tu aurais été capable de faire ça, refusa Weiss en secouant la tête. Tu n'as jamais eu de mauvaise intention envers ceux que tu aimes. Si tu as fait cela, c'était pour le protéger. Comme moi, tu m'as protégé. Je le devine, quand je vous regarde.
- Ça l'a rendu malheureux.
Nero posa ses mains sur ses genoux, le regard baissé.
- Je me dis que tu aurais pu faire mieux que moi. A chaque fois, je me disais : « qu'est-ce que ferait Weiss à ma place ? ».
- Je n'aurais pas fait mieux que toi, Nero. La preuve. Je n'arrive pas à le comprendre. Ses divertissements, sa manière de penser, son attachement au monde des humains... toutes ces choses me sont complètement étrangères.
- Je lui ai dit que vous devriez apprendre à vous connaître davantage. Pour l'instant... il s'agit du seul conseil que je puisse te donner. Peut-être que vous vous trouveriez des points communs.
Cela réduisit Weiss au silence.
- Je l'ignore.
Nero se rapprocha de lui, leurs épaules s'effleurant presque.
- Je suis son « Papa Nero », c'est vrai. Mais on pourrait être deux pères. Rien ne nous empêche de l'élever ensemble. Tu sais que tu pourras toujours compter sur moi. Et même si Shiro t'est étranger, je serais là pour toi, pour t'épauler. Juste... laisse-lui sa chance.
Laisse-lui une chance...
Il avait dit la même chose à Shiro par rapport à Weiss.
Il s'aperçut que son frère s'était légèrement détendu. Apparemment, les mots l'avaient atteint. L'idée qu'il l'aide, qu'ils l'élèvent ensemble... cela paraissait le rassurer.
- Une famille de trois, compléta Nero.
Il céda à une pulsion.
Nero tendit le bras vers Weiss et posa délicatement sa main sur celle de son frère, la serrant dans la sienne.
C'était une preuve de loyauté, d'affection...
Son frère aîné ne le rejeta pas. Au contraire, il la garda dans la sienne.
- Je crois savoir pourquoi tu es comme ça, lui chuchota Nero après un silence. Pourquoi tu mets de la distance par rapport à Shiro, par rapport à moi...
Weiss détourna la tête. De son pouce, Nero caressa la paume de Weiss, sans insistance.
- Je ne veux pas en parler.
- Il va bien le falloir, cher Weiss, si tu souhaites qu'on recrée Deepground. Juste... dis-moi que c'est ça. Parce qu'autrement, je ne sais pas ce que j'ai fait pour te causer autant de peine, autant de mal...
Weiss reporta son attention sur lui, amer.
- Tu souhaites reprendre le contrôle, avoua Nero. Tu souhaites montrer à tous que tu es encore l'Empereur de Deepground. Le Premier Tsviet. Le plus fort de tous. Montrer que tout ce que tu as fait, ce n'était pas pour rien. Ce n'était pas inutile. N'est-ce pas ?
- Nero...
- Hojo t'a enlevé tout cela. Il t'a pris ton corps, il t'a pris Deepground...
- ... Il a surtout pris mon frère.
La réponse de Weiss le fit sursauter.
La mâchoire serrée, son frère eut du mal à articuler les mots.
- A ta place, je ne serais même pas en mesure de me regarder. Encore moins de me parler.
- Tu...
Nero réprima un frisson.
« Je n'ai que faire de toi. »
- Tu crois que... c'est de ta faute ? S'il m'a poignardé ?
- A qui d'autre ?
- Je ne sais pas. Hojo ? répliqua Nero, sarcastique. Tu crois que je devrais t'en vouloir pour ce qu'il a fait ?
- C'était mon corps.
- Ce n'était pas toi.
- Même. J'aurais dû lutter davantage.
Weiss se pencha en avant. Immédiatement, Nero posa son autre main sur celle de Weiss, lui apportant une présence réconfortante.
- Si tu t'en veux, fit Nero, la voix tremblante, alors, tu devrais m'en vouloir aussi. J'ai obéi à cet imposteur qui avait pris ta place. J'étais tellement désespéré de te revoir... j'avais cru que je ne te reverrais jamais... j'avais cru que je t'avais perdu... Et si je ne lui avais pas obéi, il n'aurait pas fait cela.
- Ne dis pas cela, rétorqua Weiss.
- Alors, ne dis pas que c'est de ta faute. Toi, tu as été piraté. C'était hors de ton contrôle. Moi, j'ai simplement... obéi. Aveuglément, parce que je désirais te revoir, te voir ressuscité. Je n'aurais pas supporté de vivre dans un monde sans toi, Weiss.
Nero laissa sa tête se poser sur la poitrine de Weiss. Son frère ne le chassa pas. Il ne s'écarta pas de lui.
A la place, il posa son menton dans ses cheveux, les yeux fermés.
- C'est ce qui m'a fait tenir durant ces trois ans, Weiss. Parce que je croyais que tu étais vivant. Que tu étais là, quelque part. Mais peut-être que je n'ai pas été un bon frère. Un bon frère aurait su reconnaître un imposteur.
Il entendit Weiss pousser un soupir.
Mi-amusé, mi-sérieux, il lui répondit, le ton doux :
- N'ose jamais dire que tu n'es pas un bon frère, Nero. N'ose pas me dire ces choses à moi. Je n'en ai qu'un seul, de toute manière. Et je ne t'aurais jamais échangé contre un autre frère. Jamais, Nero.
- Weiss...
Les larmes aux yeux, Nero se détacha de Weiss. La gorge nouée, le Tsviet sombre plongea ses yeux magenta dans le regard céruléen de son frère adoré.
Le silence était insoutenable. Nero renifla, ravalant ses sanglots. Des mains tremblantes se nouèrent autour du cou de Weiss, l'attirant vers lui.
Weiss fut rapide à lui rendre son étreinte, enveloppant sa taille de ses bras forts et protecteurs. Le visage dans son cou, Nero huma le parfum de son frère tandis que les larmes coulaient sur ses joues.
- ... Tu m'as tellement manqué, avoua-t-il.
- Je le sais.
Weiss resserra son étreinte, son souffle chaud atteignant les oreilles de Nero, le faisant tressaillir.
- Je t'aime, Weiss. Plus que tu ne peux l'imaginer. Peu importe ce que tu crois avoir pu me faire... tu ne peux pas me demander d'arrêter de t'aimer. Je serais incapable de t'obéir.
L'Empereur ferma les yeux.
Lentement, il hocha la tête.
- Je t'aime aussi, Nero. Tu es ma moitié. Les ténèbres à ma lumière...
La réponse de Nero fut immédiate tandis qu'il s'écarta légèrement, son visage se retrouvant à quelques centimètres de celui de Weiss.
- ... Et toi, ma seule lumière.
La lumière et les ténèbres...
Blanc et noir. Parfaits opposés.
Les frères de Deepground.
Le pouce de Weiss se posa délicatement sur le visage de Nero, écartant une larme qui roulait sur sa joue.
Alors que son visage se rapprochait encore du sien, Nero ferma les yeux, n'hésitant plus.
Leurs lèvres se rencontrèrent.
Il s'agissait d'un contact chaste, mais la manière dont leurs lèvres s'accordaient était si naturelle pour eux.
Ils avaient toujours été destinés l'un à l'autre.
Comme deux pièces d'un puzzle.
Deux moitiés complémentaires...
Les lèvres de Weiss étaient chaudes, douces. Ce parfum si pur...
Cela lui avait tellement manqué.
- Hmm... hmm...
Nero gardait les yeux fermés tandis que Weiss lui rendait son baiser, ses doigts caressant son dos, remontant lentement vers les épaules avant de redescendre plus bas. Leurs lèvres se séparèrent, brisant le baiser, avant d'en initier un autre immédiatement après. Lorsque Weiss entrouvrit la bouche, sa langue effleura doucement les lèvres de Nero.
Son cadet ne perdit pas de temps à ouvrir la bouche. Leurs langues se touchèrent, et le baiser se transforma en quelque chose de bien plus passionné.
- Hmm... Aaah... haleta Nero.
Le contact de Weiss devint bien plus insistant, ses caresses descendant jusqu'au postérieur de Nero. Ses mains agrippèrent ses fesses, les massant avec envie.
- Aaah...
Ils rompirent leur baiser, reprenant leur souffle. Weiss plaqua ses lèvres avides sur celles de Nero, plongeant ses doigts dans la chevelure noire de son cadet, les mèches s'enroulant autour de son index.
Nero fut basculé en arrière, sa tête atterrissant sur l'oreiller. Weiss se tenait au-dessus de lui. Les yeux cachés par ses mèches blanches, ses lèvres descendirent pour embrasser le cou de Nero.
- Aaah... Ah... Weiss... Hmm...
Weiss laissa une traînée de petits baisers, ses lèvres descendant de plus en plus bas. Complètement enivré par ce qu'il ressentait, Nero posa ses doigts autour du col de Weiss. Quelques secondes après, la veste de Weiss glissa et tomba au sol, dévoilant ses épaules nues.
- Hmm...
Weiss s'éloigna de Nero, lui adressant un sourire malicieux tandis que Nero massait les pectoraux de son frère, effectuant des mouvements de cercle, ne laissant aucun doute sur ses intentions. En même temps, Weiss caressait ses cuisses, les écartant doucement pour se placer entre elles.
- Je t'aime... lui répéta Nero, le ton bas.
- Je t'aime aussi, Nero.
Weiss se pencha pour déposer un autre baiser avide sur les lèvres de Nero tandis qu'il soulevait son haut, prêt à le lui retirer.
Quand il posa sa main chaude sur son torse, Nero sentit Weiss se raidir. Le Tsviet sombre se redressa sur ses coudes, essayant de l'embrasser encore.
Weiss ne répondit pas. Il s'était figé, le regard rivé sur l'emplacement de sa main.
Encore imbibé par les émotions qui l'assaillaient, Nero ne comprit pas immédiatement. Ce fut quand il abaissa le regard qu'il réalisa quel était le problème.
L'endroit même où Hojo l'avait poignardé.
Weiss retira sa main comme si elle avait été brûlée. Le cœur battant, Nero voulut lui dire de ne pas y faire attention. Il voulut lui dire que ce n'était pas grave, que ce n'était pas lui...
Il souhaitait continuer. Il désirait être à Weiss. Il désirait que Weiss soit sien.
Mais malgré les tentatives de Nero, malgré les caresses, les baisers insistants et répétés sur les lèvres de Weiss pour détourner son attention, il comprit avec douleur qu'il n'y aurait rien de plus.
Il n'y aurait rien ce soir.
Weiss se redressa. Le regard voilé, il ramassa sa veste pour l'enfiler.
C'était comme si rien ne s'était passé.
- J'ai besoin de temps, dit-il simplement.
Nero se contenta de s'incliner, cachant ses larmes qui menaçaient de réapparaître.
Il comprenait.
Il comprenait que ce n'était pas contre lui...
- Je vais faire à manger. Prends le temps qu'il te faudra.
Nero se leva tandis que Weiss se rasseyait à son bureau. Nero était sur le point de quitter sa chambre.
Il adressa cette dernière question à Weiss.
- ... Si tu es l'Empereur de Deepground, est-ce que tu laisserais Hojo gagner ?
Weiss ne réagit pas, quand bien même Nero vit ses épaules monter et descendre.
Sans attendre de réponse, Nero referma les portes coulissantes derrière lui.
